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Web et presse

  • De la fantasy à la pelle

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    C’est bien connu : dans la jungle des blogs culturels, les pépites sont souvent à chercher dans quelques-unes des innombrables niches. La fantasy est un genre devenu particulièrement en vogue depuis l’adaptation du Seigneur des Anneaux par Peter Jackson et surtout la série Game of Thrones. Jessica Lefrançois, aux manettes de son blog Fantasy à la Carte, baigne dans ce genre depuis des années et s’y déplace comme si elle voyageait dans un territoire familier.

    Les publications de fantasy sont légion et Fantasy à la Carte n’a pas pour d’autres ambition que d’être une boussole – ou plutôt un "Portoloin" – afin de se mouvoir dans les univers innombrables d’une littérature de plus en plus populaire. Ce blog, qui est parvenu à se forger une petite notoriété dans le milieu, ne s’interdit rien : guerriers sans peur et sans reproche, dragons de toute nature, fées bienveillantes, sorciers maléfiques ou vampires sexy y trouvent leur place, tant il est vrai que l’imaginaire se veut un genre pluriel capable plus que n’importe quelle littérature de faire tomber les frontières et de se décliner dans des sous-genres particulièrement prolifiques – heroic fantasy, fantasy urbaine, bit-lit, steampunk ou dark fantasy.

    Bien entendu, Fantasy à la Carte réserve une bonne place aux grands classiques de l’imaginaire, que ce soit Tolkien, JK Rowling, GRR Martin ou Robin Hobb. Des chroniques riches et passionnantes reviennent sur les pionniers d’un genre longtemps décrié et considéré comme peu sérieux. Une injustice que la chroniqueuse répare, avec une belle acuité. Ainsi, un article sur Marion Zimmer Bradley rappelle que cette auteure américaine, "une pionnière en littérature fantasy et science-fiction [a] beaucoup surfé entre deux genres: la space fantasy et la science fantasy." Les lecteurs du site feront des découvertes étonnantes : celle par exemple de Lord Dunsany, un précurseur à la littérature fantasy avec notamment son œuvre la plus aboutie, La Fille du roi des Elfes.

    Un genre longtemps décrié et considéré comme peu sérieux

    Mais Fantasy à la carte n’est pas seulement tourné vers le passé et n’entend pas s’endormir sur les grands classiques ou se contentant de chroniquer des ouvrages aussi populaires que Game of Thrones, L’Assassin royal ou Le Seigneur des Anneaux. Il est aussi un site en perpétuelle évolution, tourné vers les publications les plus récentes, preuves que ce genre, l’un des plus en vogue, est aussi celui qui sait le plus évoluer. La fantasy française y trouve une place de choix, faisant de ce blog spécialisé l’un des meilleurs baromètres du genre. Les dernières chroniques portaient par exemple sur le roman jeunesse de Nadia Coste, Jivana (éd. ActuSF), et son monde féerique (celui des Feydelin), sur le troisième volume du cycle de L'Héritier d'Asgard de Bertrand Crapez (éd. Zinedi), "une trilogie qui a permis à une belle plume de sortir de l'ombre",  mais aussi sur la deuxième et dernière partie d’Olangar de Clément Bouhélier (éd. Critic), un "récit qui distille à doses thérapeutiques le suspense nécessaire pour donner l'envie de continuer cette histoire."

    Mais Fantasy à la carte ne se cantonne pas aux livres. Outre ses focus sur les salons incontournables, le blog s’ouvre également à l’art – les illustrations pour l’essentiel –, aux films et aux séries. Dans ce domaine, les visiteurs du blog pourront trouver de quoi passer des week-ends de binge-watching dans des univers extraordinaires. Outre des chroniques sur des créations récentes (The Magicians), le plaisir régressif est de mise avec ce rappel de séries rares ou au contraire devenues cultes, que ce soit Charmed, La Caverne de la Rose d’Or ou Buffy contre les Vampires.

    Un site passionnant par une passionnée, et qui offre à la fantasy l’une de ses vitrines les plus pertinentes.

    http://fantasyalacarte.blogspot.com

    Voir aussi : "Vous reprendrez bien un peu de fantasy ?" 
    "Buffy, vingt ans, tueuse de vampires"

  • Ce trimestre, dans Hexagone

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    Le bloggeur chronique sur Hexagone, le magazine trimestriel de la chanson.

    Dans le numéro de cet automne, vous retrouverez une chronique sur le dernier EP de Fabian Tharin, Fosbury, et une critique de l'album de Dick Annegarn, 12 Villes 12 Chansons.

  • Été Arte

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    Cet été, comme l’an dernier, la chaîne Arte propose sur Instagram sa série de l’été. Un feuilleton à la fois intime et rafraîchissant dans lequel l’internaute et lecteur suit les pérégrinations d’Olivia. Une Olivia qui balance entre deux hommes, Julien et surtout Abel.

    Rien de tel que deux mois de vacances pour faire le point. Deux mois de totale liberté, mais qui vont être marqué par un événement tragique : le décès Suzanne, sa grand-mère. Olivia à Florac, le village de son enfance. La jeune femme y découvre un secret que cachait la respectable vieille dame.

    Ce mélodrame, à suivre sur Instagram, suit les traces d’Olivia, dans un récit où se mêle histoire d’amour, féminisme et secrets de famille.

    Été, de Thomas Cadène, Joseph Safieddine & Camille Duvelleroy,
    dessin & couleur : Erwann Surcouf,
    musique de Santoré, ARTE / Bigger Than Fiction

    https://www.instagram.com/ete_arte/?hl=fr

    Voir aussi : "Cet @ete"

  • Également chez Hexagone

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    Retrouvez également le bloggeur dans le magazine Hexagone, le magazine trimestriel de la chanson.

    Pour le numéro de cet été, je signe une première chronique sur le dernier album de Barcella.

  • Séries à gogo

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    Voilà un hors-série estival qui devrait intéresser pas mal de passionnés de séries télé. Bien entendu, tout le monde ou presque connaît les séries mythiques Breaking Bad, Soprano, Game of Thrones ou, plus loin de nous, Le Prisonnier, La Quatrième Dimension ou Chapeau Melon et Bottes de Cuir. Mais qui a déjà entendu parler de John from Cincinnati (une saison, 2007), la version britannique de House of Cards (une seule saison, 1990) ou encore la comédie satirique Grosse Pointe, supprimée en pleine gloire en 2001, après seulement 17 épisodes ?

    Première propose cet été, dans un hors-série qui ravira les sériephiles – souvent amnésiques – et qui nous rappelle que ce genre très en vogue n’est pas né avec HBO. D’ailleurs, un chapitre ("Old Cool") est consacré à quelques-uns de ces authentiques monuments historiques qui peuvent avoir le goût d’une madeleine de Proust : Automan créé par Glen A. Larson (1983-1984), la série anglaise d’épouvante Thriller (six saisons entre 1973 et 1976) ou Sapphire & Steel (six saisons entre 1979 et 1982), autre création britannique avec Joanna Lumley (une des "madame bottes de cuir") et David McCallul et véritable précurseur de Stranger Things.

    Un certain Steven Spielberg

    Les rédacteurs de Première parviennent à dénicher d’authentiques joyaux autant que des pièces rares de futurs grands réalisateurs et showrunners. Ainsi, durant les trois saisons de Night Gallery (1969-1973), Rod Sterling, le créateur de Twilight Zone, parvient à faire signer un certain Steven Spielberg , 22 ans en 1969. Ce sera Eyes, un épisode avec Joan Crawford. Au début des années 2000, c’est dans Los Angeles : Division Homicide que Michael Mann s’essayait à la série télé. En 2000, l’ancien journaliste David Simon ne sortait de terre qu’une seule saison de The Corner. Une fin sèche mais qui allait annoncer son chef d’œuvre The Wire (Sur Écoute).

    La France fait figure de parent pauvre – à juste titre. Au contraire de la Grande-Bretagne qui a droit à un chapitre consacré ("Ils sont fous ces Anglais"), peu de séries trouvent grâce aux yeux de nos spécialistes : Noires sont les Galaxies (une seule saison en 1981), Au-delà des Murs (une saison franco-belge en 2015) et l’étonnante série autofictionnelle Inside Jamel Comedy Club, créé par Blanche Gardin et Fabrice Éboué en 2009 (une seule saison là aussi). Première a droit à une interview de ces deux artistes surdoué·es qui reviennent sur la genèse et la fabrication étonnante de ce format d’un autre genre.

    J’oubliais une dernière chose importante : le hors-série Première explique comment voir chacune de ses séries, histoire de ne pas sortir complètement frustrés et de se souvenir que dans la vie d’une série seuls les diffuseurs ont droit de vie et de mort sur les plus géniales de ces créations audiovisuelles.

    "Les 100 meilleures séries que vous n’avez pas vues,"
    in Première, hors-série, juillet-août 2018
    http://www.premiere.fr

    Voir aussi :
    "C’est pas de la télé, c’est HBO
    "Une chose venue d’un autre temps"

  • À pleines dents

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    Question : quel film de Steven Speilberg, classé comme l’un des 100 meilleurs films de l’histoire du cinéma par l’American Film Institute, le réalisateur américain tenta-t-il de faire retirer, au motif qu’il ne le sentait pas digne d’y figurer ? E.T. l'extra-terrestre ? La Couleur pourpre ? La Liste de Schindler ? Vous n’y êtes pas. Le long-métrage mythique et adulé que Spielberg considère comme une œuvre traumatisante est Jaws, sorti en France sous le titre des Dents de la Mer au cœur de l’été 1975.

    François Grelet signe dans le magazine Première Classics un article solide et bien documenté ("Le jeune homme et la mer") sur ce film qui marqué l’histoire du cinéma, en même temps qu’il a inventé le concept du blockbuster. C’est peu de dire que l’auteur de la saga Indiana Jones n’assume toujours pas un film qui a définitivement lancé le jeune réalisateur sur une voie royale, après Duel (1971) puis le flop de Sugarland Express (1974) : "L’ex wonder-boy a continué malgré tout d’entretenir un rapport quasi traumatique à son premier succès comme s’il avait voulu le rayer de sa mémoire."

    Il est vrai que le tournage des Dents de la Mer a été en soi une aventure infernale, commencée dans les couloirs d’une maison de production, la Zanuck/Brown Company, tout juste auréolée du succès de L’Arnaque (avec Robert Redford et Paul Newman) et qui mise en 1974 sur un certain Steven Spielberg, mais dont la sortie de Sugerland Express n’a pas eu le succès escompté, loin s'en faut. Or, voilà qu’un roman atterrit dans les bureaux des producteurs : Jaws (Mâchoires) de Peter Benchley. Les droits ont été achetés mais le film s’avère "infaisable" (nous sommes à des lieues des effets spéciaux d’aujourd’hui).

    Pour Speilberg, ce challenge est excitant et bientôt le roman donne naissance à un premier scénario. La réécriture sera intensive, nous apprend François Grelet, avec plusieurs plumes s’acharnant à donner vie au requin tueur, malgré un roman qualifié de "sombre merde mal écrite" d’après Robert Shaw en personne, celui-là même qui endossera finalement le rôle de Quint, le chasseur de requins. Quelques noms étaient pressentis pour tenir le rôle du shérif Brody – Charlton Heston et Robert Duvall – mais c’est finalement Roy Scheider qui sera choisi.

    "Sombre merde mal écrite"

    Impossible de parler du tournage de Jaws sans s’arrêter sur le requin, qui sera l’un des personnages principaux de l’histoire. Comment montrer de la manière la plus réaliste la bête, alors que les effets numériques n’existent pas à l’époque ? Ramener un authentique squale de sept mètres dans les eaux américaines ? Filmer un animal depuis une cage minuscule avec un cascadeur de moins d’un mètre cinquante ? (sic) Spielberg choisit finalement les effets spéciaux et la construction d’un requin mécanique construit Bob Mattey, le concepteur du Nautilus pour le 20 000 Lieues sous les Mers de Richard Fleischer (1954). Un engin qui coûtera 600 000 dollars et qui ne fonctionnera qu’épisodiquement.

    François Grelet décrit un tournage cauchemardesque sur l’île de Martha’s Vineyard, au sud de Boston : entre les régates estivales qui gênent les prises de vue, les critiques de Richard Dreyfuss pour un réalisateur encore novice de 25 ans, un budget qui a triplé, un tournage interminable et surtout les dysfonctionnements à répétition de "Bruce", le surnom du capricieux requin.

    Jaws ne sera un film catastrophe que s’il ne rapporte pas d’argent, se lamente Spielberg au moment de la sortie du film. Sauf que les idées géniales du réalisateur, les astuces scénaristiques du film mais aussi la musique du film, avec  les deux notes de musique les plus terrifiantes de l'histoire du cinéma, vont faire des Dents de la Mer un triomphe hors du commun : 250 millions de dollars aux Etats-Unis et 450 millions dans le monde. Du jamais vu. Ce pur film de divertissement parviendra jusqu’aux Oscars, mais sans décrocher toutefois la récompense du meilleur film (attribué cette année-là à 1976 : Vol au-dessus d'un nid de coucou de Miloš Forman). Spielberg concourt la même année que Stanley Kubrick et son Barry Lyndon.

    Après avoir lu ce focus sur Jaws, il ne reste plus qu’à voir et revoir l’histoire de l’animal le plus célèbre de l’histoire du cinéma, mis en image par Spielberg et en musique par John Williams. Ta ta… Ta ta... Ta ta ta ta ta ta ta...

    François Grelet, "Le jeune homme et la mer", in Première Classics, juillet-septembre 2018
    Steven Spielbert, Les Dents de la Mer, avec Roy Scheider, Robert Shaw, Richard Dreyfuss, Lorraine Gary et Murray Hamilton, Universal Pictures France, 1975, 2004, DVD, 120 mn

    Voir aussi : "Les deux notes de musique les plus terrifiantes de l'histoire, au Grand Rex"

  • La chatte et la gagne de "La Desch"

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    Et si c’était lui, l’homme du Mondial ? Alors que la France s’apprête à jouer sa troisième finale de coupe du Monde de football en Russie (le record depuis vingt ans pour une équipe nationale), l’hebdomadaire Marianne met à l’honneur le sélectionneur Didier Deschamps, vêtu en couverture, pour l’occasion, du costume présidentiel. "Deschamps Président !" proclame le magazine habituellement plus tourné vers des sujets politiques.

    Le foot est-il un sujet futile et réservé à une masse abrutie ? Pas du tout, écrit le journaliste Éric Couty, qui rappelle une citation d’Albert Camus : "Il n’y a pas d’endroits dans le monde où l’homme est plus heureux qu’un stade de football" et une autre de l’ex-entraîneur de Liverpool, Billl Shankly : "Le football n’est pas une question de vie ou de mort, c’est quelque chose de beaucoup plus important que ça."

    Et Didier Deschamps dans tout cela ? Éric Couty énumère les qualificatifs d’un coach que plus personne n’ose contester : simple, modeste, courageux, laborieux, antihéros, généreux et surtout compétiteur dans l’âme. Là est sans doute le secret d’une équipe et d’un sélectionneur, outsiders au début de la coupe du monde, loin derrière l’Allemagne, l’Espagne, le Brésil et même l’Argentine. Une équipe jeune, peu expérimenté, dotée de l’atout d’une attaque puncheuse, mais fragilisé par une défense que l’on disait peu fiable – et qui, paradoxalement, aura été l’un de ses points forts. Les mauvaises langues parlent aussi, au début du mondial, d’une certaine "chatte," avec des matchs de poules largement à sa portée (l’Australie, le Pérou et le Danemark). Mais avec aussi une moitié de tableau coriace et des équipes au-dessus du lot : l’Argentine de Messi, l’Uruguay de Cavani et la Belgique de Hazard.

    Capitaine à vingt ans

    Le sens de la gagne : voilà ce qui caractérise Deschamps et ses hommes. La finale perdue en 2016 contre le Portugal en Coupe d’Europe a été une gifle que personne ne veut revivre, et encore moins celui que l’on surnomme affectueusement "La Desch."

    Dans Marianne, Étienne Girard et Hadrien Mathoux ("La Desch, taille patron") tracent un portrait passionnant du sélectionneur français, dont l’aura et l’autorité a marqué l’histoire du foot français dès ses débuts de joueur. Si ses qualités techniques ne valent pas un Zidane, un Platini ou un Papin, il s’impose rapidement comme un patron, pour ne pas dire "un chef de meute" capable de galvaniser ses coéquipiers. À vingt ans, Dédé devient capitaine de l’équipe du FC Nantes, rappellent les deux journalistes. Deschamps n’abandonnera jamais ses oripeaux de leader. Un exemple ? Lors de sa période marseillaise, le joueur parvient à convaincre l’emblématique Bernard Tapie de ne pas le vendre au PSG afin de réussir à l’OM. Bien lui en prend : le club marseillais gagne en 1993 la Champion’s League.

    Ce ne sera que le début d’un chapelet de titres, d’abord avec la Juventus de Turin de 1994 à 1999 (une nouvelle ligue des Champions, plusieurs titres de Champion d’Italie), puis avec l’équipe de France : Champion du Monde en 1998 et Champion d’Europe deux ans plus tard. Devenu entraîneur, Didier Deschamps ne s’arrête pas en si bon chemin : sitôt devenu coach de l’AS Monaco, il emmène, en 2004, son équipe jusqu’en finale de la Champion’s League – mais pas jusqu’au titre, hélas. C’est fort logiquement que La Desch devient sélectionneur de l’équipe de France en 2012, après la parenthèse Laurent Blanc, un ancien coéquipier de la Bande à Zizou. L’équipe de France a beaucoup à se faire pardonner : peu inspirés et sans performances majeures, les joueurs traînent surtout avec eux une réputation calamiteuse (la grève et le bus de Knysna en 2010, l’affaire de la sextape de Valbuena ou le scandale Zahia avec Benzema et Ribéry).

    Comme cette époque semble lointaine. La belle histoire d’amour entre l’équipe de France et son pays atteint son paroxysme ce dimanche 16 juillet, victoire ou non. Il ne reste plus qu’à espérer que la gagne et la chatte seront avec les hommes de La Desch.

    Marianne, 13 juillet 2018

  • Inst-art-gram

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    De jeunes artistes se révèlent sur Instagram, nous apprend Le Monde dans son édition du 26 juin dernier (Roxana Azimi, "Les jeunes artistes se révèlent sur Instgram"). On savait les réseaux sociaux à l’affût de la moindre occasion de s’immiscer dans l’économie réelle ; on se doutait moins que les artistes pouvaient s’emparer d’un réseau social plus connu pour les frasques des Kardashian que pour la création contemporaine.

    Et pourtant. Et pourtant, le célèbre quotidien du soir mentionne l’artiste nantaise Ariane Yadan qui a vendu une photo sur Instagram ou de Jean-Baptiste Boyer qui a vendu des œuvres sur Internet, avant sa première exposition à la galerie Laure Roynette (Paris 3e).

    Verrait-on l’émergence d’une nouvelle forme de collections d’art ? Il est probable que oui, si l’on en croit une étude faite par Artsy datant de 2015 – autant dire une éternité à l’ère du numérique. D’après le site spécialisé, il y a déjà 3 ans, 51,5% des collectionneurs d’art avaient acheté au moins une œuvre sur Internet. Et aujourd’hui, Instagram représente un milliard d’utilisateurs et s’avère être un média d’une grande efficacité. Au point, ajoute Le Monde, que la galerie Perrotin a confié sa publicité à l’agence BETC et peut se féliciter d’avoir vu son nombre d’abonnés doubler et ses ventes augmenter. La recette magique ? Les algorithmes, les likes et, plus généralement, la visibilité.

    Le quotidien regrette, à juste titre, que l’outil puissant qu’est Instagram ne mette en avant que les sujets les plus tendances, voire les plus stéréotypés (les visages plutôt que les paysages ou le bleu plutôt que le rouge). L’art sur Instagram, oui, mais sous certaines conditions. Et aussi le danger d’une uniformisation de l’art contemporain.

    Roxana Azimi, "Les jeunes artistes se révèlent sur Instgram", in Le Monde, 26 juin 2018
    Instagram "#artcontemporain
    "

    https://www.artsy.net
    http://arianeyadan.com
    http://www.galerie-art-paris-roynette.com

    Voir aussi : "La brodeuse masquée a encore frappé"

    © Ariane Yadan
    © jean-Baptiste Boyer

  • Deus ex machina

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    Attention : spoils pour celles et ceux qui n’auraient pas vu la première saison de Westworld...

    Les robots – pardon, les hôtes – du célèbre parc de Robert Ford sont de retour, bien décidés à prendre leur destin en main, guidés par une Dolorès (Evan Rachel Wood ) métamorphosée en prophétesse impitoyable. 

    La série Westworld, l’une des meilleures du moment, a remis HBO au centre des attentions et prouve que la chaîne câblée n’a rien perdu de son audace, après les succès historiques de Soprano, Rome ou Game of Thrones.

    Pour cette nouvelle saison, la série créée par créée par Jonathan Nolan (le frère de) et Lisa Joy ouvre des perspectives scénaristiques ahurissantes.

    Des perspectives scénaristiques ahurissantes

    Westworld est l’adaptation télé du roman, mais aussi du film Mondwest, écrit et réalisé par Michael Crichton en 1973. Westworld est ce parc d’attraction imaginé autour de l’univers de western, et dans lequel des robots plus vrais que nature sont destinés à satisfaire les plus bas instincts des visiteurs humains : se battre, tuer ou violer. Dans un futur plus ou moins proche, la technologie parvient à créer des androïdes quasi parfaits mais surtout soumis à des ingénieurs qui peuvent les programmer et les rebooter à volonté. Seulement, un bug est découvert par Bernard, l’un des scientifiques de Westworld (Jeffrey Wright). Et voilà nos robots bien décidés à prendre leur destin en main.

    Les ramifications promises à la toute fin de la première saison se développent au-delà des espérances, et ce en dépit de quelques longueurs, de dialogues denses ou d’intrigues complexes. L’ambivalence des personnages – et en premier lieu de Dolorès et de Maeve (Thandie Newton) – est le vrai must, tout comme le choix d’enrichir le parc de nouveaux univers.

    L’histoire mêle interrogations métaphysiques, va-et-vient entre le passé et le futur, condamnation de ces Prométhée modernes incapables de maîtriser leurs créations, sans oublier une bonne ration de violence et de sexe.

    La saison 2 de Westworld est l’événement télé de ces dernières mois, mais sans doute aussi un authentique fait sociologique autour des dangers de l’intelligence artificielle – et naturelle.

    Westworld, saison 2, créé par Jonathan Nolan et Lisa Joy,
    avec Evan Rachel Wood, Thandie Newton, James Marsden,
    Ed Harris et Jeffrey Wright, HBO, 10 épisodes, 2018, sur OCS
    https://www.hbo.com/westworld

    Voir aussi : "C'est pas de la télé, c'est HBO"

  • La brodeuse masquée a encore frappé

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    La Brodeuse Masquée sévit sur Internet, via ses comptes Facebook et Instagram, et elle mérite que l’on s’y intéresse.

    Qui est cette mystérieuse femme, œuvrant dans l’ombre avec un sens de l’humour décalé dans un créneau jusque-là has-been, celui de la broderie ?

    Pour se présenter, notre Brodeuse Masquée use d’une phrase pompée avec malice dans le jargon complotiste : "Qui est-elle ? Quels sont ses réseaux ? Seuls ceux qui savent savent…" Quelques indices sur ses créations – un hommage au club de football de l’AS Nancy Lorraine et un autre au régional de l’étape, Michel Platini – laissent à penser que c’est en Meurthe-et-Moselle qu’il faut chercher la trace de cette artiste d’un autre genre.

    L'affaire Gregory au point de croix

    Mais au fait, que propose-t-elle exactement ? Ni plus ni moins que des broderies à l’ancienne, kitsch à souhait avec cadres à l’avenant. Oubliez par contre les thèmes classiques chères à nos grands-mères : chez elle, il n’y ni compositions florales, ni paysages minimalistes, ni bestiaires dignes des calendriers de La Poste, ni arabesques plus ou moins baroques, mais des phrases, des citations ou de simples mots claquant comme des slogans, des provocations ou des références à une actualité récente, avec un corbeau noir en guise de signature.

    Avec un humour noir certain, la Brodeuse Masquée se sert de faits divers, que ce soit l’affaire Gregory et son mystérieux corbeau, celle d'Omar Raddad ou encore les crimes de Francis Heaulme, en reprenant au point de croix des phrases emblématiques, fautes d’orthographe et de syntaxe incluses : "Je suis jamais allée à Lépanges," "Bernard, il est innocent", "Omar m’a tuer" ou "Montigny, c’est pas moi." Tout récemment, c’est Pierre Belmare, le regretté "chroniqueur judiciaire à moustaches," qui a eu les honneurs de notre artiste, avec cette épitaphe : "R.I.P. petit ange parti trop tôt."

    Des phrases devenues légendaires sont recyclées au profit d’objets détournés et appelés à devenir uniques, sinon cultes. Maintenant, rien ne vous empêche d’installer ses broderies sur votre guéridon ou bien au-dessus de votre commode de salon, juste à côté du napperon défraîchi de tante Janine : effet garanti et, n’en doutons pas, propre à susciter la jalousie de vos voisins et – pourquoi pas – futurs corbeaux.

    Sublime, forcément sublime.

    https://www.facebook.com/labrodeusemasquee
    https://www.instagram.com/labrodeusemasquee

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  • Un DJ à la maison

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    Soondy est le site qui pourrait bien révolutionner le milieu de la fête. Le principe ? Mettre à la disposition des particuliers, du grand public et des entreprises de nouveaux talents et des artistes de renom comme DJ Black, DJ Ekill, Antoinette ou encore Bagô. De la deep-house aux musiques généralistes en passant par le rap ou encore le bollywood, les créateurs de cette plateforme spécialisée promettent un vaste choix d’artistes et de styles pour une fête privée, un mariage, une soirée entre amoureux ou un anniversaire.

    Après avoir créé un compte gratuitement sur Soondy, l’organisateur de sa soirée sélectionne l’artiste de son choix. Une fois que le DJ valide sa prestation, la commande peut être finalisée. Le jour J, que le DJ soit à distance via une webcam ou sur place, il peut adapter ses choix musicaux à l’ambiance mais aussi aux demandes en direct des participants.

    Avec Soundy, finies les playlists interminables à créer avant la fête anniversaire de son meilleur ami. Soondy propose clé en main le DJ de vos rêves.

    www.soondy.com

  • C’est l’heure de la recréation sonore

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    La musique aussi peut se faire participative. C’est du moins le point de départ de Culture Box. Le 8 mars, le groupe Synapson avait 21 jours pour créer un titre inédit avec les contributions des internautes.

    Durant cette période, Synapson présentait aux internautes les idées d’un titre qu’il souhaiterait créer avec eux (sons, textes ou voix). Les internautes souhaitant participer à cette œuvre collective pouvaient se rendre sur le site des Recréations sonores pour déposer leurs contributions.

    Toutes les contributions sont écoutées ou lues par l’équipe des Récréations Sonores. Les meilleures contributions sont retenues par les artiste, ainsi leurs créateurs deviendront les co-auteurs-compositeurs de cette œuvre musicale et percevront un pourcentage sur les droits d’auteurs générés par ce titre inédit.

    Les Récréations Sonores, c’est également une pépinière de talents. Les talents identifiés par l’équipe des Récréations Sonores seront accompagnés dans leur professionnalisation par la Sacem.

    Le 29 mars, le titre finalisé par Synapso était diffusé en en direct sur Culturebox. Ce direct de 45 minutes, toujours visible sur le site de Culture Box, clôturait la Récréation Sonore de Synapson, avant d’être proposé sur Spotify.

    Camp Claude, Oxmo Puccino et Feu ! Chatterton devraient être les prochains artistes à jouer le jeu, pour le grand plaisir des auditeurs et des internautes.

    https://culturebox.francetvinfo.fr/recreations-sonores

  • Binge-watching de spectacles avec Opsis TV

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    Il y a un an, Opsis TV sortait sa plateforme de streaming dédiée à l’univers théâtral. Sa vocation ? Diffuser des captations de pièces de théâtre en illimité, sur simple abonnement mensuel : aujourd’hui le catalogue de ce service comprend plusieurs centaines de spectacles, en replay ou en direct.

    Classique, comédies, théâtre contemporain, musicaux ou spectacles pour enfants sont proposés pour des soirées ou des week-end pouvant aller jusqu’au binge-watching – qui n’est désormais plus réservé aux séries télé.

    La plateforme Opsis TV veut se donner la possibilité pour tout public d’accéder à la culture théâtrale plus facilement et à petit prix, notamment pour les provinciaux souhaitant assister à des représentations parisiennes, les seniors, les personnes handicapées, les scolaires ou les Français de l’étranger. Opsis TV promet également des expériences d’immersion qui promettent des séances plus vraies que nature via la réalité virtuelle.

    Théâtres privés et publics, festivals culturels et institutions publiques sont partenaires de cette plateforme inédite en la matière. L’INA a signé un partenariat pour l'ajout d'archives théâtrales avec une nouvelle pièce chaque mois.

    En avril 2017, Opsis TV a été récompensé du 2ème Prix de l’initiative numérique culture, communication et médias du Groupe Audiens. Dorénavant, si vous ne pouvez aller au Festival d’Avignon, le Festival d’Avignon ira à vous.

    http://www.opsistv.com

  • Michel Foucault, l’archéologue du savoir

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    Philosophie Magazine a eu l’excellente idée de sortir un hors-série sur Michel Foucault. C’est l’occasion ou jamais de s’intéresser au philosophe français disparu en 1984 et dont le quatrième tome inédit de l’Histoire de la Sexualité sort en ce moment. Foucault reste l’un des Français contemporain le plus connu à l’étranger et aussi l’un des intellectuels les plus influents de ces cinquante dernières années. Il faut dire aussi que les apports de Michel Foucault ont largement dépassé le cercle des initiés, comme l’ont prouvé ses cours au Collège de France, prisés par un large public.

    Comment expliquer le succès de cet intellectuel hors-norme, aux idées et aux travaux d’une pertinence toujours très grande en 2018, alors même que les théories de son contemporain Jean-Paul Sartre sont largement critiquées ?

    Sartre est du reste largement mentionné dans le hors-série de Philosophie Magazine. Une frise chronologique et comparative évoque les divergences et les rivalités de deux personnalités qui se sont affrontés, et dont l’un des paroxysmes fut la sortie de La Raison dialectique de Sartre en 1960 : "Magnifique et pathétique effort d’un homme du XIXe siècle pour penser le XXe siècle," étrille Foucault au sujet de l’ouvrage "hégélien" et "marxiste" de son confrère. Les événements de mai 68 permettent tout de même aux deux intellectuels de se rapprocher, sans pour autant que le fossé idéologique entre ces deux géants ne soit jamais comblé. Au cœur de cette rivalités, celui-ci fait figure de fossoyeur de l’existentialisme, au profit d’une "philosophie de l’histoire des sciences", comme l'analyse Frédéric Worms.

    Mais de quelles sciences parlons-nous au juste ? Une expression revient : "archéologie du savoir." Dans son ouvrage fondamental Les Mots et les Choses (1966), Michel Foucault s’efforce en effet de retrouver un socle commun aux sciences, un "inconscient du savoir" et une épistémè qui "ordonne secrètement le discours." Le philosophe se fait l’observateur critique de l’humanisme, jusqu’à oser cette phrase, en conclusion des Mots et les Choses, qui fera grand bruit : "L'homme est une invention dont l'archéologie de notre pensée montre aisément la date récente. Et peut-être la fin prochaine."

    L'homme est une invention récente

    Le hors-série revient sur des thèmes phares dans l’œuvre de Foucault : la folie et l’enfermement. Il en fait des objets d’analyse beaucoup plus proches de nous que ce que nous aurions pensé. Il les analyse sous le biais du pouvoir et du savoir, jusqu’à proposer une théorie lumineuse et bluffante : le concept du bio-pouvoir. Il écrit ceci : "Nous sommes sous le signe de la garde à vue. On nous dit que les prisons sont surpeuplées. Mais si c’était la société qui était suremprisonnée ?" Cette déclaration, écrite dans un manifeste du GIP (Groupe d’Intervention sur les Prisons) et datant de 1971, est d’une actualité criante. Il date bien avant le développement de l’informatique et des caméras de surveillance ou des réseaux sociaux. Antoinette Rouvray propose une relecture contemporaine de Surveiller et Punir (1975), à l’heure de Facebook, des algorithmes omniprésents et de l’individualisme. La philosophe ose un commentaire étonnant en expliquant en quoi ce que prônait Foucault s’est paradoxalement réalisé : "Ne pas être gouverné par autre chose que par soi-même. Et bien, on y est… et c’est l’horreur !"

    Un autre domaine phare a été étudié par Foucault, même s’il restera à l’état de projet du fait de sa mort du SIDA : l’histoire des sexualités. Le sexe doit-il se limiter au plaisir physique ? questionne le philosophe. Non, répond-il : le sexe est "une force créatrice que l’individu peut se réapproprier." Peut et doit. Du sujet le plus ancien, le plus débattu et le mieux universellement partagé, l’archéologue du savoir l’analyse finalement comme un domaine relativement récent dans l’histoire de l’humanité, à la fois tabou et utilisé par le bio-pouvoir : dressage des corps, contrôle de la société via les sexualités ou la régulation démocratique. Son Histoire de la Sexualité, commencé en 1976, reste l’un de ses ouvrages majeurs, resté inachevé mais dont le quatrième volume inédit, Les Aveux de la Chair, vient de sortir, plus de 30 ans après la mort de son auteur.

    Dans son engagement pour les libertés et la lutte en faveur du "soi", Michel Foucault s’est lui-même fait "expérimentateur et non pas théoricien." Et c’est un intellectuel attaché à l’éthique qui s’assume dans ses choix de vie (il est gay dans une France encore très homophobe dans les années 70 et 80).

    L'expérience du LSD en 1975

    "Me changer moi-même" et "se dépendre de soi-même" écrit-il, appelant à l’introspection pour ne pas esclaves de ses désirs, autant que pour expérimenter. À ce sujet, le hors-série relate un témoignage étonnant et édifiant. En 1975, Foucault est en Californie et découvre la Vallée de la Mort dans un road-trip psychédélique avec deux amis américains. Cette expérience n’est pas si anodine que cela : Simeon Wade, qui l’accompagne, témoigne de cette découverte du LSD et de l’impact que cette drogue a eu dans la vie comme dans l’œuvre de Foucault. Voilà qui peut donner une autre clé de lecture aux travaux du philosophe.

    Chercheur invétéré de la vérité, comme le rappelle le magazine dans une partie qui est consacrée à ce sujet, Michel Foucault n’a pas été sans aveuglement dans ses prises de position. L’exemple le plus criant est son soutien au renversement du Shah d’Iran et surtout au retour dans son pays de l’Ayatollah Khomeini en 1979. En théorisant sur cette révolution théocratique, "une spiritualité politique" comme Foucault le commenta non sans enthousiasme, l’intellectuel s’est fourvoyé dans un combat à la fois incertain et d’une utopie angélique.

    Finalement, c’est moins dans ses engagements politiques que l’archéologue du savoir est le plus notable mais dans ses réflexions sur la société, le bio-pouvoir et le rapport éthique à la vie et à la vérité. Le hors-série se termine par le rapport exigeant qu’avait Michel Foucault face à la mort, qu’il a eu le temps de voir venir. Comme souvent, il a vécu la mort comme une expérience, avec le même visage lumineux, un rire tonitruant et un sourire confiant à l’heure du dernier moment.

    Philosophie Magazine, hors-série, Foucault, Le Courage d’être Soi,
    Février 2018, 146 p.

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    Bla Bla Blog s’est laissé séduire par une revue qui a fait des contes et des légendes son sujet d’enquêtes et de quêtes. C’est du reste les quêtes initiatiques qui sont le sujet d’un passionnant hors-série de Contes & Légendes.

    La revue spécialisée nous replonge dans un domaine à la fois familier et inattendu. Car à côté de sujets plutôt pointus, comme une étude de la géographie du sacré, la découverte du peuple africain des Sénoufos ou les pratiques thérapeutiques des sorciers, le lecteur se plongera avec un plaisir enfantin, voire régressif, dans des mondes familiers de son enfance : Cendrillon, le Petit Chaperon Rouge ou le Petit Poucet.

    La conteuse Isabelle Genlis nous parle d’Andersen et de La Petite Théière, une de ses histoires, sans doute pas la plus connue. La chroniqueuse en dévoile les secrets et les interprétations : "La vie ne tient qu’à un fil, qu’Andersen manipule en marionnettiste habile, en maître du genre."

    Un domaine à la fois familier et inattendu

    L’histoire de Cendrillon est non seulement également décortiquée par Bernadette Bricout, professeure de littérature orale à l’université Paris-Diderot, mais aussi reproduite dans la célèbre version de Charles Perrault. Un bon moyen de découvrir ou relire un texte fondamental de la littérature et voir autrement Cendrillon, "une vieille avant l’heure." Le Petit Chaperon Rouge, La Belle au Bois Dormant, Barbe Bleue (adaptée en 2009 pour la première par une femme, Catherine Breillat, comme nous le rappelle Jack Zipes), La Petite Sirène ou le Petit Poucet ont également droit à leur focus.

    Mais Contes & Légendes s’arrête aussi sur d’autres cultures et d’autres histoires, toujours en rapport avec la nature et les quêtes initiatiques : Le Conte du jeune Homme Saule et Kaguya Himé, la fille du coupeur de bambou (Japon), une légende amérindienne sur la légende des peaux (Canada), la recherche par un homme des arbres dans un monde où ils n’auraient pas existé (Vietnam) ou les contes enchantés des pays slaves.

    La Bretagne, terre mystérieuse aux légendes extrêmement riche est traitée, est également abordée par le musicien Gérard Lomenec’h qui s’intéresse à la place de la forêt. Les ethnologues Yvonne Verdier et Geneviève Massignon se posent quant à elle cette question : Que sont venues faire les filles perdues en forêt ?

    Les amateurs de contes, à l’origine de la fantasy moderne, seront dans cet élément avec cet hors-série de Contes & Légendes passionnant.

    Contes & Légendes, hors-série "Contes – La nature, une quête initiatique", janvier 2018