Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Philosophie

  • Ainsi chantait Zarathoustra

    Il y a au moins deux manières de parler d’Anahita, l’album de la musicienne franco-iranienne Ariana Vafadari.

    La première est de parler du texte tiré de l’Avesta, issu de la tradition sacrée de Zarathoustra, vieille de près de 3700 ans : "Anahita rêve du temps où son village était vert. Le ventre d’Anahita est vide et sec comme les arbres desséchés du village. Anahita parcourt le monde en errance dans les déserts et les terres en feu. Désespérée, Anahita prie la grande déesse tutélaire dont elle porte le nom, la déesse des eaux et de la fécondité célébrée dans cette prière zoroastrienne. Elle prie à nouveau dans une incantation aux Eaux Divines. Après avoir répondu aux tourments d’Anahita, la déesse prend vie en elle. Cette incantation apaise la jeune femme qui sera dès lors plus sereine. Anahita se met en marche vers la source sacrée au confins du désert. Anahita arrive devant la Montagne de Nikbânou en Iran, la montagne s’ouvre sur une grotte, la source apparaît : « L’eau est là ! »"

    L’autre manière est de s’arrêter sur les 10 morceaux de cet album peu commun, en ce qu’il mêle récits millénaires, musique actuelle et une voix de mezzo-soprano unique, avec un savant mélange de pop, de musique traditionnel, de jazz, de classique et de contemporain : une vraie passerelle entre cultures occidentales, orientales et persanes. Tout au long de l'album, la chanteuse est accompagnée de Julien Carton au piano et aux arrangements, de Driss El Maloumi à l'ud, de Leïla Soldevila à la basse, et d'Habib Meftah Boushehri aux percussions.

    Ce qui nous fait dire qu’Anahita n’a pas la facture d’un simple album de world music est le parti-pris de la musicienne de servir les textes de l’Avesta, une compilation de textes sacrés zoroastriens, et de mettre en musique les paroles de Zarathoustra. Un parti-pris intellectuel et mystique autant qu’artistique, si l’on pense au dépouillement extrême de certains morceaux ("Anahita", "Le chant de l’eau"), ou au contraire aux arabesques instrumentales du titre "Sur les pas", capable de mêler modernité et traditions classiques.

    Un pays de conteurs, de légendes et de fillettes au cœur pur

    L’album aux sons polyphoniques nous transporte des siècles plus tôt, dans un pays de conteurs, de légendes et de fillettes au cœur pur ("Le rêve d’Anahita", "Anahita"). La musicienne choisit la retenue et les sons traditionnels pour raconter un voyage initiatique qui n’est pas sans résonance contemporaine sur notre environnement ("L’arbre"). Outre le piano ("Âtash", "Sur les pas"), Ariana Vafadari fait le choix d’instruments traditionnels (ud, percussions) pour cet opus résolument intemporel. Pour le morceau "Tchak Tchak", Ariana Vafadari a invité le percussionniste Habib Meftah Boushehri dans un morceau envoûtant qui narre celui de l’arrivée au but de l’aventure initiatique : "l’eau".

    En fermant les yeux, l’auditeur se laissera happer par la mélancolie et l’onirisme de "Rôyâ" d’"Ardvi Sura" et d’"Incantation" : "zénitude" garantie, même si l’artiste aurait très certainement à redire sur ce terme certainement trop contemporain.

    Produite par Ariana Vafadari et Vincent Joinville, cette création musicale a été jouée en mars dernier au Musée du Quai Branly, avec la participation de Fanny Ardant en récitante.

    Ariana Vafadari, Anahita, Quart de Lune, 2020
    https://www.arianavafadari.com
    https://www.facebook.com/arianavafadari.mezzo
    "Ariana Vafadari au Musée du Quai Branly"

    Voir aussi : "Maya Kamaty, la diva du maloya"

    Tenez-vous informés de nos derniers blablas
    en vous abonnant gratuitement à notre newsletter.

    Likez, partagez, twittez et instagramez les blablas de Bla Bla Blog !

    Suivez aussi Arsène K. sur Twitter et Facebook

  • Pépin pratique

    La philosophie mise à l’honneur de manière à la fois intelligente, conviviale et cool : on ne pouvait qu’applaudir sur Bla Bla Blog.

    L’initiative vient d’un homme qui n’est pas tout à fait un inconnu : Charles Pépin, qui avait fait l’objet d’une chronique par le passé au sujet de son essai sur l’échec, tient cette fois les manettes d’une série de podcasts.

    Ses émissions, sobrement mais précisément intitulées "Une philosophie pratique", sont enregistrées en public, sauf bien sûr en période de confinement. Chaque jeudi à partir du 15 octobre, sur Spotify, le philosophe, traite de sujets qui entendent nous questionner sur des problématiques actuelles.

    "Les derniers seront-ils les premiers ?", "Notre cerveau : allié ou ennemi ?", "Que faire de nos fantasmes ?" ou encore "La bêtise rend-elle méchant ?" : voici quelques-uns des sujets proposés, dont certains seraient dignes de figurer à une épreuve de bac de philo.

    S’appuyant sur des exemples et des références culturelles, littéraires et bien sûr philosophiques, Charles Pépin déroule des pistes pour aller au-delà de ces interrogations et nous proposer d’y réfléchir. Le podcast intitulé "Les derniers seront-ils les premiers ?" prend ainsi pour point de départ une exhortation chrétienne, avant de proposer une réflexion sur l’échec, la réussite et finalement la compétition.

    "Les derniers seront-ils les premiers ?"

    Pour le numéro intitulé "Yoga, sexe, réunions : à quoi bon être pleinement présent ?", le philosophe s’arrête sur les notions de bien-être, de bonheur et de développement personnel à la télé, dans les magazines ou sur Instagram : l’injonction à la pleine présence est partout. Mais n’existe-t-il pas une autre façon d’être présent, qui laisse la place à la créativité, aux souvenirs ou la rêverie ?

    Le public présent lors de ces émissions est invité à s’exprimer et à débattre en fin d’émission.

    De plus, Charles Pépin propose en fin d’épisode des exercices pratiques aux auditeurs. Par exemple, à la fin du premier épisode qui interroge l’injonction contemporaine à la pleine présence, le philosophe propose à ses auditeurs de cuisiner leur plat préféré tout en écoutant leur album favori. Et leur pose une question : faire ces deux actions en même temps entrave-t-il le plaisir ou le décuple-t-il ?

    "La philosophie c’est cela avant tout : une discipline actuelle, vivante, qui se partage dans la passion et sans jargon, qui permet de mieux se comprendre soi-même, de mieux comprendre les autres, de mieux comprendre le monde", commente Charles Pépin.

    Une dernière questions pour terminer cette chronique, et qui fait l’objet d’un autre podcast ? "Couple, argent, nombre de likes : sait-on vraiment ce qu’on désire ?" Vous avez 1 heure 10. C’est d’ailleurs la durée de chaque émission.

    Charles Pépin, "Une philosophie pratique", podcast sur Spotify
    https://open.spotify.com
    https://www.facebook.com/CharlesPepinPhilosophie

    Voir aussi : "Échoue encore, échoue mieux"

    charles pépin,philosophie,philosophe,podcast,spotify,philosophie pratique

    Tenez-vous informés de nos derniers blablas
    en vous abonnant gratuitement à notre newsletter.

    Likez, partagez, twittez et instagramez les blablas de Bla Bla Blog !

    Suivez aussi Arsène K. sur Twitter et Facebook

  • En tongs avec Platon

    Pour ne pas bronzer idiot, Hélène Soumet propose cet été une biographie passionnante autant qu’intelligente sur Platon (Platon à la Plage, éd. Dunod).

    Une biographie sur Platon : le concept est à la fois pertinent et d’une sacrée audace, tant la vie du philosophe athénien est aussi obscure que ses concepts restent encore aujourd’hui lumineux.

    Hélène Soumet allait-elle nous laisser une biographie parsemée de trous et faire de cet essai une nouvelle synthèse sur ses concepts ? Il n’en est rien. Car, tout en assumant les lacunes de l’historiographie, à commencer par ses dates de naissance et de mort, l’auteure nous fait entrer dans la vie de cet Athénien exceptionnel, né entre -428 et -422 et mort en 347 avant J.C. Ses premières années servent à Hélène Soumet à faire un tableau social de la démocratie grecque, affaiblie depuis la mort de Périclés, peu de temps avant la naissance du "divin Platon."

    Le futur philosophe, prénommé Aristoclès, reçoit une éducation "presque parfaite" pour un jeune aristocrate, comme l’écrit Hélène Soumet. La cité athénienne est traversée de soubresauts, en conflit avec Sparte, mais c’est la rencontre avec Socrate qui scelle définitivement le destin du jeune Platon, qui s’imagine à l'époque athlète et poète. Il est bien loin en tout cas, nous rappelle l’auteure, de cette image d’intellectuel rêveur et hors du monde. La rencontre avec "le marginal de génie" qu’est Socrate est décisive pour Platon. Son œuvre sera toute entière consacrée à cet homme ("la raie torpille") : si la maïeutique, l’art d’accoucher les esprits, l’ironie socratique et sa condamnation à mort pour "perversion de la jeunesse" sont connus c’est grâce aux dialogues, ouvrages fondamentaux dans l’histoire de la philosophie. À ce sujet, un chapitre entier est à consacré au Banquet de Platon.

    Grand voyageur devant l’éternel

    Platon à la Plage devient tout simplement captivant lorsque précisément à la mort de son maître il choisit de voyager dans le bassin méditerranéen, afin de confronter la philosophie et sa vision de la politique (le "philosophe roi") avec le monde dit "réel" : l’Égypte, Cyrènes (dans l’actuelle Libye), Crotone, Syracuse (par trois fois) : Platon est bien un philosophe universel, grand voyageur devant l’éternel, ayant eu à corps d’éduquer les hommes d’État, y compris des tyrans.

    Les dernières années de sa vie sont consacrées à son école, l’Académie, et c’est pendant cette période qu’il rencontre un autre penseur capital : Aristote, jeune homme exubérant, zozotant (sic), mais surtout douée d’une exceptionnelle qualité de raisonnement.

    Hélène Soumet ponctue sa biographie vivante et illustrée de passages sur les concepts platoniciens qui ont contribuer à modeler l’histoire universelle de la pensée : les Idées, le Bien, les concepts sur la République, la démocratie ou la justice, les critiques du sophisme ou la recherche de la vérité. On est cependant moins dans un ouvrage didactique que dans une biographie pouvant se lire les doigts de pied en éventail, sur la plage, avec Platon donc.

    Hélène Soumet, Platon à la Plage : L'Invention de la Philosophie dans un Transat,
    éd. Dunod, 2020, 240 p.

    https://helene-soumet.fr

    Voir aussi : "Gros big up pour Clémence Pouletty"

    Tenez-vous informés de nos derniers blablas
    en vous abonnant gratuitement à notre newsletter.

    Likez, partagez, twittez et instagramez les blablas de Bla Bla Blog !

    Suivez aussi Arsène K. sur Twitter et Facebook

  • Fin de saison pour le café philo de montargis

    café philo,montargisLa crise sanitaire a contraint le café philosophique de Montargis a mettre prématurément fin à ses débats.

    Les conditions n’ont pas été réunies ces dernières semaines pour organiser une nouvelle séance.

    Qu’à cela ne tienne : les organisateurs donnent déjà rendez-vous pour la prochaine séance, qui sera la première de la saison 12, le vendredi 18 septembre 2020 au Belman (à confirmer). Le débat commencera à 19 heures, et le sujet sera celui qui avait été choisi il y a plusieurs mois par les participants du café philo : "Peut-on réussir sans aucun effort ni aucun talent ?"

    La participation sera libre et gratuite.

    Café philosophique de Montargis
    http://cafephilosophique-montargis.hautetfort.com

    Tenez-vous informés de nos derniers blablas
    en vous abonnant gratuitement à notre newsletter.

    Likez, partagez, twittez et instagramez les blablas de Bla Bla Blog !

    Suivez aussi Arsène K. sur Twitter et Facebook

  • Gros big up pour Clémence Pouletty

    Focus aujourd’hui sur la chaîne Youtube d’une passionnée de littérature, de philosophie ou de cinéma : voilà qui ne pouvait qu’intéresser Bla Bla Blog.

    Clémence Pouletty partage ses lectures avec insouciance mais aussi avec une sacrée qualité à vulgariser des sujets parfois ardus : L’amour et Sartre, L’art d’avoir toujours raison de Schopenhauer ou L’art d’être heureux du même Arthur.

    Avec beaucoup de passion, mais aussi, mine de rien, un vrai travail de mise en scène et de montage, Clémence Pouletty déroule ses vidéos avec quelques digressions, lorsque par exemple la youtubeuse imagine des dialogues entre elle-même et les auteurs qu’elle chronique (Imitations d'écrivains - La nuit pour adresse de Maud Simonnot).

    Je vous invite à remonter le fil de ses publications (18 à ce jour, depuis deux ans) et à découvrir des auteurs parfois exigeants mais toujours présentés avec beaucoup de pertinence, de précision et de légèreté : Pierre Michon (Passion), Mémoire de fille et Passion simple d'Annie Ernaux, Tenir jusqu'à l'Aube de Carole Fives ou trois livres d’Arnaud Cathrine.

    Le cinéma n’est pas en reste avec une émission sur Chien de Samuel Benchetrit, Curiosa de Lou Jeunet ou à propos de trois films de Michel Houellebecq (Near Death Experience, L’Enlèvement de Michel Houellebecq et Rester vivant) – un artiste qui, au passage, inspire particulièrement la chroniqueuse.

    Clémence Pouletty est une vraie curiosité : à découvrir de toute urgence.

    Clémence Pouletty sur Youtube
    @clemencepouletty
    https://www.facebook.com/clemence.pouletty

    Voir aussi : "Schopenhauer révélé"

    Photo : Clémence Pouletty

    Tenez-vous informés de nos derniers blablas
    en vous abonnant gratuitement à notre newsletter.

    Likez, partagez, twittez et instagramez les blablas de Bla Bla Blog !

    Suivez aussi Arsène K. sur Twitter et Facebook

  • Les mots de Thoreau et de High Square County dans un Bordeaux déserté

    Faisons un petit tour à Bordeaux pour découvrir le clip d’un groupe local, vu déjà plus de 14 000 fois. Le groupe bordelais High Square County a composé, joué et réalisé un nouveau titre, The Poet's Delay, enregistré et mixé par par Julien Pras (Calc, Mars Red Sky). Et quand je dis réalisé, il convient de préciser qu’en cette période de confinement, la chose devient forcément inédite.

    C’est un Bordeaux déserté dès les premiers jours de la crise sanitaire que les High Square County ont choisi comme décor de leur morceau. Les paroles de The Poet's Delay ont été écrites par l’écrivain et philosophe américain Henry David Thoreau. Un auteur qui n’a jamais été autant cité qu’aujourd’hui : "Shall I then wait the autumn wind, / Compelled to seek a milder day, / And leave no curious nest behind, / No woods still echoing to my lay?"

    High Square County, The Poet's Delay, 2020
    https://www.facebook.com/highsquarecounty

    Voir aussi : "Séverine de Close sera ce soir aux Bains Rock de Haguenau (si si)"

    Tenez-vous informés de nos derniers blablas
    en vous abonnant gratuitement à notre newsletter.

    Likez, partagez, twittez et instagramez les blablas de Bla Bla Blog !

  • Annulation du café philosophique de Montargis prévu le 20 mars 2020

    Logo simple.jpgLe café philosophique de Montargis informe que suite aux mesures de précautions prises au niveau national en raison de la crise du Covid-19, le café philo prévu le vendredi 20 mars est annulé.

    http://cafephilosophique-montargis.hautetfort.com

     

  • Schopenhauer révélé

    schopenhauer,philosophe,allemagne,goethePour qui n’est pas familier de Schopenhauer, l’essai synthétique d’Ugo Batini est parfait pour découvrir le philosophe le plus lu au XIXe siècle. L’auteur du Monde comme Volonté et comme Représentation (1819), ouvrage majeur s’il en est, s’est pourtant fait connaître sur le tard. Il a 60 ans lorsqu’une revue anglaise s’intéresse à cet "iconoclaste dans la philosophie allemande." C’est le point de départ d’une notoriété qui ne s’arrêtera plus, jusqu’à son décès sept ans plus tard en 1860. Arthur Schopenhauer, "philosophe autant qu’artiste", a laissé l’image tenace et largement galvaudée d’un intellectuel aigri, pessimiste et vouant un mépris pour les hommes (il leur préfère largement ses chiens, dit-on).

    Cette légende, Ugo Batini entend la démystifier grâce à son essai, mêlant la biographie et et l’essai de philosophie. Et l’on découvre un homme prenant chair, dans une époque troublée. Né à Dantzig l’année précédant la Révolution française, Arthur Schopenhauer vit dans une Europe abîmée par les guerres napoléoniennes. Issu d’une famille de la petite bourgeoisie allemande, le jeune homme sera toute sa vie hantée par un père qu’il a toujours vénéré et une mère intellectuelle, tenant un salon réputé. Elle sera aussi la célébrité de la famille grâce à des succès éditoriaux.

    En suivant ses parents en voyage à Toulon puis à travers l’Allemagne, et en touchant au commerce et à la médecine, Arthur Schopenhauer bâtit peu à peu un système philosophique, inédit par ses influences comme par ses concepts : "[Il] développe une véritable Natur-philosophie, qui cherche à expliciter la totalité des phénomènes de la nature sans les réduire à la simple opposition de la matière et de l’esprit."

    Ugo Batini parle des influences de philosophes et de courants de pensée : Platon, le scepticisme (Gottlob Ernst Schulze) et Kant, qu’il étudie avec passion, avant d’en critiquer les idées. Schopenhauer met en jeu la question de l’intuition et de l’expérience, contre l’idéalisme sous toutes ses formes (critique, subjectif ou absolu).

    Une influence inattendue : celle du bouddhisme

    En pleine guerre napoléonienne, Arthur Schopenhauer rencontre Goethe, qui salue en lui "un homme remarque et plein d’intérêt." Ensemble, ils travaillent sur un Traité des Couleurs, en 1810, qui marque à la fois une rupture entre ces deux génies et qui constitue aussi le ferment du Monde comme Volonté et comme Représentation : "Schopenhauer a besoin pour établir son système de rapatrier les couleurs dans l’œil alors que le tempérament réaliste de Goethe ne pouvait l’empêcher de les laisser aux mains de la nature."

    Le lecteur trouvera dans cet essai biographique un chapitre passionnant sur une influence inattendue : celle du bouddhisme. Au début du XIXe siècle, les sciences orientales sont en pleine renaissance, et le philosophe allemand y trouve une puissante inspiration : "[Il] n’en retient spécifiquement que trois éléments : sa conception non-individuelle des âmes ou métempsychose (…), l’appréhension purement négative de la délivrance… [et] l’idée un peu réductrice d’une religion athée." La référence au brahmanisme est au cœur du Monde comme Volonté et comme Représentation.

    Son essai majeur est publié en 1819, ne suscitant que peu de réactions, jusqu’à la parution de cet article anglais élogieux, trente ans plus tard. Ugo Batini consacre les cent dernières pages de son essai à expliquer la portée de son système de pensée. Le lecteur est pris par la main pour découvrir les concepts développés par le philosophe : la conscience meilleure ("un négatif de la conscience empirique"), la contemplation esthétique (car Schopenhauer peut être vu autant comme un philosophe que comme un artiste), l’irréalité du monde (cette "fragilité de la représentation"), l’"intrication intime du sujet et de l’objet" et la place centrale de la volonté. Ugo Batini avance pas à pas pour nous faire saisir les concepts novateurs - et parfois complexes - de Schopenhauer. "Ainsi, le monde entier nous apparaît bien comme une représentation, mais il se trouve qu’au sein de toutes nos représentations il en existe une singulière dont nous saisissons la face cachée : le corps."

    "Quelle est la clef de l’énigme de l’essence du monde" ? Quel est le lien entre corps et volonté ? Peut-il y avoir une métaphysique de la nature ? Quid de l’art et de l’expérience esthétique ? Ce sont autant de questions qu’aborde ce Schopenhauer.

    Hugo Batini réussit à faire du philosophe non plus ce vieillard acariâtre mais un homme sachant parler de la nature, de la compassion, de l’amour et des arts. Un Schopenhauer enfin révélé.

    BC

    Ugo Batini, Schopenhauer, éd. Cerf, coll. Qui es-tu ?, 2020, 200 p.
    https://www.editionsducerf.fr/librairie/livre/18941/schopenhauer
    https://www.schopenhauer.fr

    Voir aussi : "Dante, voyage au bout de l'enfer"

    Tenez-vous informés de nos derniers blablas
    en vous abonnant gratuitement à notre newsletter.

    Likez, partagez, twittez et instagramez les blablas de Bla Bla Blog !

  • La femme est-elle un homme comme les autres?

    café philo,féminismeLe café philosophique de Montargis proposera une séance exceptionnelle au Hanger de Châlette-sur-Loing le vendredi 6 mars à 19 heures, dans le cadre d'une représentation des Monologues du Vagin. Cette pièce de théâtre emblématique sera proposée par la Compagnie Je Est Un Autre.

    Le café philosophique de Montargis proposera avant cette représentation une séance autour du droit des femmes. Le débat portera sur cette question : "La femme est-elle un homme comme les autres ?"

    La question de la place de la femme dans la société et de l'égalité homme-femme sont des sujets toujours brûlant, spécialement depuis les mouvements #MeToo ou Balance Ton Porc. Le café philosophique de Montargis proposera de débattre autour de la question de l’égalité hommes-femmes et du sexe. Comment définir un homme et une femme ? Quels rôles leur attribue-t-on ? Ces rôles sont-ils interchangeables ? Une égalité du genre doit-elle conduire à une indifférenciation des rôles ? Quid du féminisme ?

    Ce sont autant de points qui seront discutés et débattus le vendredi 6 mars, à partir de 19 heures au Hanger de Châlette-sur-Loing.

    La participation sera libre et gratuite.

    Café philo "La femme est-elle un homme comme les autres ?"
    Hanger de Châlette-sur-Loing (Loiret)
    Vendredi 6 mars, 19 H
    http://cafephilosophique-montargis.hautetfort.com

    Tenez-vous informés de nos derniers blablas
    en vous abonnant gratuitement à notre newsletter.

    Likez, partagez, twittez et instagramez les blablas de Bla Bla Blog !

  • Peut-on mentir ?

    Logo simple.jpgLe café philosophique de Montargis proposera sa prochaine séance au café Le Belman le vendredi 21 février 2020 à 19 heures. Le débat portera sur cette question : "¨Peut-on mentir ?"

    Le mensonge : voilà une pratique universellement réprouvée, pour ne pas dire condamnée. Mentir serait cacher, tricher, abuser, falsifier, duper et induire en erreur. En un mot, ce serait ne plus tenir la vérité comme une valeur indépassable. Le mensonge serait une faute aux effets potentiellement dévastateurs. Pour autant, puis-je mentir sans pour autant que l’on me condamne ? Mentir signifie-t-il montrer une volonté de nuire ? Tous les mensonges sont-ils blâmables ? Puis-je mentir de bonne foi, voire par devoir ? Le mensonge par humanité est-il concevable ? Ne sommes-nous pas tous des menteurs face à autrui ?

    Ce sont autant de questions qui seront débattues au cours de la séance du 21 février prochain au Belman (entrée par l’Hôtel de France).

    La participation sera libre et gratuite.

    "Peut-on mentir ?", séance Café philosophique de Montargis
    Le Belman, Montargis, vendredi 21 février, 19H
    http://cafephilosophique-montargis.hautetfort.com

    Photo : Leah Kelley - Pexels

    Tenez-vous informés de nos derniers blablas
    en vous abonnant gratuitement à notre newsletter.

    Likez, partagez, twittez et instagramez les blablas de Bla Bla Blog !

  • Au sujet de George Steiner

    Alors que nous venons d'apprendre le décès du philosophe autrichien George Steiner, les lecteurs de Bla Bla Blog pourrons trouver sur ce lien un article qui lui a été en partie consacré, il y a quelques années de cela.

    "Machines : 1 – Humains : 0.", Bla Bla Blog, 13 septembre 2014

    Tenez-vous informés de nos derniers blablas
    en vous abonnant gratuitement à notre newsletter.

    Likez, partagez, twittez et instagramez les blablas de Bla Bla Blog !

  • Quand on partait de bon matin, quand on partait sur les chemins...

    Savez-vous quel est le podcast le plus téléchargé ? Ne chezchez plus : il s’agit des Chemins de la Philosophie, l’émission de France Culture proposée par Adèle Van Reeth. Voilà qui prouve que cette discipline, loin d’être réservée à quelques élites, a toute sa place dans l’espace public et peu intéresser bien plus de monde que ce que l’on peut dire.

    Adèle Van Reeth officie quotidiennement depuis 2011 pour Les Chemins de la Philosophie, après avoir pris la suite de Raphaël Enthoven : c’est dire comme le challenge était relevé...

    S’il y avait un secret à cette vraie réussite, disons qu’on pourrait le dénicher dans cette manière d’appréhender la philo : avec un mélange d’exigence, d’ouverture à des sujets les plus variés et sans a priori : "Littérature, vie quotidienne, cinéma, musique, actualité, expérience personnelle : la philosophie ne connaît ni contraintes, ni limites"(site de France Culture).

    Entrer dans Les Chemins de la Philosophie c’est déambuler librement, simplement guidé par une Adèle Van Reeth pédagogue sans être dirigiste, précise sans être chiante, et toujours à l’écoute de ses invités – puisque chaque émission est avant tout la rencontre avec un ou une spécialiste autour d’un sujet.

    Une série sur le lit, une autre sur Léonard de Vinci ou un focus sur le cycliste et philosophe Guillaume Martin

    Parlons des sujets justement. Évidemment, en pleine grève, Radio France n’a pas pu assurer toute sa programmation. Il n’en est pas moins vrai que ces dernières semaines Les Chemins de la Philosophie ne se sont pas arrêtés pour autant, allant même jusqu’à proposer début janvier une série d’émissions sur la grève ! "Aristophane et la première grève du sexe", "Marx, au piquet !" ou "Ayn Rand, les libéraux font de la résistance" : bonne idée qu’en cette période sociale mouvementée pendant laquelle la mauvaise foi le disputait à la violence, la philosophie soit conviée à prendre sa place dans l’espace public. À côté de sujets plus ardus (un ensemble d’émissions sur l’école de Francfort), Adèle Van Reeth propose souvent des chemins atypiques pour philosopher : récemment une série sur le lit (avec notamment un passionnant entretien autour de Frida Kahlo), une autre sur Léonard de Vinci ou un focus sur le cycliste et philosophe Guillaume Martin.

    Les dix dernières minutes de l’émission ne sont à surtout pas rater : Le Journal de la philo de Géraldine Mosna-Savoye est une chronique brillante et enlevée sur un concept ou une question, qu’elle soit d’actualité ou non : "Le « retour à l'essentiel »", "Pourquoi je suis en paix avec la querelle de l’art contemporain" ou "Faire grève", justement.  
    Les Chemins de la Philosophie c’est tous les matins sur France Culture, mais aussi en podcast, n’importe où et n’importe quand.

    Les Chemins de la philosophie, émission d’Adèle Van Reeth
    Sur France Culture, du lundi au vendredi de 10H À 10H55
    https://www.franceculture.fr/emissions/les-chemins-de-la-philosophie
    https://www.facebook.com/adelevanreethofficiel

    Voir aussi : "Histoire sensible"

    Tenez-vous informés de nos derniers blablas
    en vous abonnant gratuitement à notre newsletter.

    Likez, partagez, twittez et instagramez les blablas de Bla Bla Blog !

  • Peut-on faire le bonheur des autres malgré eux ?

    Logo simple.jpgLe café philosophique de Montargis proposera sa prochaine séance au Belman le vendredi 24 janvier 2020 à 19 heures. Le débat portera sur la question : "Peut-on faire le bonheur des autres malgré eux ?"

    Tous les hommes cherchent à être heureux, disait Blaise Pascal. Le bonheur est un élan universellement partagé tout en étant une aspiration individuelle. Faire le bonheur d’autrui a-t-il donc du sens ? Comment appréhender le bonheur de l’autre ? Est-il possible de rendre heureux un autre sujet heureux "malgré lui" ? En ai-je la possibilité et le droit ? Chacun ayant sa propre conception du bonheur, un bonheur collectif a-t-il du sens ? Le bonheur peut-il être affaire commune ?

    Ce sont autant de questions qui seront débattues au cours de la séance du 24 janvier prochain au Belman (entrée par l’Hôtel de France).

    La participation sera libre et gratuite.

    Café philosophique de Montargis
    "Peut-on faire le bonheur des autres malgré eux ?", Le Belman, Montargis
    Vendredi 24 janvier 2020, 19 heures
    http://cafephilosophique-montargis.hautetfort.com

    Voir aussi : "Dépend-il de nous d'être heureux ?"

    Tenez-vous informés de nos derniers blablas
    en vous abonnant gratuitement à notre newsletter.

    Likez, partagez, twittez et instagramez les blablas de Bla Bla Blog !

  • L'art doit-il se prendre au sérieux ?

    Logo simple.jpgLe café philosophique de Montargis proposera sa prochaine séance le vendredi 6 décembre 2019 à la Médiathèque de Montargis, à partir de 18 heures. Le débat portera sur cette question : "L'art doit-il se prendre au sérieux ?"

    Cette séance a été organisée pour venir en écho de l’exposition "Girodet face à Géricault ou la bataille romantique du Salon de 1819" qui se déroule au Musée Girodet jusqu’au 12 janvier 2020. Les participants du café philo s’interrogeront sur l’art en général et plus particulièrement sur ses intentions.

    Peut-on qualifier l’art de sérieux, d’utile ou de ludique ? Quelle est sa fin ? L’art peut-il être qualifié comme un jeu ou bien un travail comme un autre ? Parce que l’art serait une activité humaine faisant appel à l’imaginaire, au rêve ou au futile d’un créateur ou groupe de créateurs, en quoi peut-il avoir sa place dans une société humaine ?
    Ce sont autant de questions qui seront débattues pour cette séance spéciale à la Médiathèque de Montargis, le vendredi 6 décembre 2019.

    La participation sera libre et gratuite.

    http://cafephilosophique-montargis.hautetfort.com

    Soutenez Bla Bla Blog et tenez-vous informés des derniers blablas
    en vous abonnant gratuitement à notre newsletter

    Likez, partagez, twittez et instagramez les blablas de Bla Bla Blog !

  • Dépend-il de nous d'être heureux ?

    Logo simple.jpgLe café philosophique de Montargis proposera sa prochaine séance le vendredi 15 novembre 2019 à 19 heures au Belman (entrée : côté Hôtel de France). Les participants du café philo seront invités à débattre autour de cette question : "Dépend-il de nous d’être heureux ?"

    Le bonheur : voilà sans doute ce qui guide principalement nos vies. Vivre à l’abri du besoin, réaliser ses rêves, connaître l’amour et, pourquoi pas, la fortune matérielle : voilà des aspirations que plus d’une personne recherche. Mais qu’est-ce qu’être heureux, au juste ? Est-ce ma volonté qui permet l’accession à ce bonheur ou bien le hasard, autrui, voire une forme de déterminisme ? Une bonne santé, qui est la condition nécessaire mais pas suffisante de mon bonheur, n’est-elle pas conditionnée par des facteurs qui me sont souvent étrangers ? Désirer être heureux n’est-ce pas un combat perdu d’avance ? Nos désirs dépendent-ils de nous ? Être heureux est-ce répondre à mes désirs ou bien sont-ils, au contraire, les véhicules de mon malheur ?

    Ce sont autant de questions qui pourront être abordés lors de la séance du vendredi 15 novembre 2019, à 19 heures, au Belman.

    La participation sera, comme d’habitude, libre et gratuite.

    http://cafephilosophique-montargis.hautetfort.com

    Soutenez Bla Bla Blog et tenez-vous informés des derniers blablas
    en vous abonnant gratuitement à notre newsletter

    Likez, partagez, twittez et instagramez les blablas de Bla Bla Blog !