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Beaux-arts musées expositions

  • Quand on arrive en ville

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    Guillaume Chansarel expose cette semaine à la Galerie Detais / Sabine Bayasli le fruit de son dernier projet, Drawing Art : un parcours de New York en long et en large, soit 22 kilomètres, à raison de trois kilomètres et 35 dessins par jour pour immortaliser Harlem, Colombus Circle, Central Park, Times Square ou Wall Street. Bla Bla Blog est partenaire de cette exposition, qui aura lieu du 5 au 9 juin 2018. C’est l’occasion de découvrir un artiste, soutenu notamment par Frédéric Beigbeder qui signe le texte de son catalogue, Drawing Avenue, 247 dessins en 7 jours.

    Dire que Guillaume Chansarel a fait des métropoles son terrain de jeu est un euphémisme. De fait, l’artiste s’y installe, s’y meut et s’y déploie comme un poisson dans l’eau. "New York, plan fixe", "Tokyo", "London", "Chicago" (Galerie Flora), "Versailles-Paris" (Galerie Jamault) ou "Roma" (Galerie Egidio, Rome) : les thèmes de ses expositions font sens. Le peintre fait des villes non plus des endroits impersonnels et inhumains (et ce, même si ses habitants sont rarement représentés) mais des espaces ouverts et captés de manière inédite.

    Fort opportunément, Guillaume Chansarel cite en guise de présentation de son site Internet l’écrivain et critique d’art britannique John Ruskin : "Toute beauté est fondée sur les lois des formes naturelles. L’architecture d’une ville est d’émouvoir et non d’offrir un simple service au corps de l’homme."

    Le Londres de la reine Victoria, de Jack L’Éventreur et de Turner

    C’est en grand voyageur que Guillaume Chansarel conçoit son art. La préparation de ses explorations urbaines se limitent à un plan cadastral, sans rien qui puisse influencer son œil. Un œil qui parvient à capter l’essence même d’une ville, voire à la transcender. Ainsi, le Londres de Chansarel redevient la City du XIXe siècle, celle de la reine Victoria, de Jack L’Éventreur et de Turner. De Tokyo, ville trépidante et hyper-moderne, Guillaume Chansarel retient des quartiers hors du temps, bigarrés, aux enseignes colorées et aux fils téléphoniques et électriques striant le paysage. Pour Chicago et New York c’est la perspective, la profondeur et le travail sur le noir qui intéressent le peintre. Les métros de Chicago prennent vie et les contre-plongées sur les buildings de la Grosse Pomme nous plongent dans des décors de cinéma dignes d’Il était une Fois en Amérique.

    Guillaume Chansarel est un bourlingueur avide de découvrir. Il n’en reste pas moins un artiste pouvant embrasser aussi bien l’hyperréalisme, lorsqu’il immortalise Rome ou Hong Kong, que l’impressionnisme, telle cette vue imprenable de Londres sous la neige.

    Et si nous approchions de plus près encore les œuvres de Guillaume Chansarel ? Et si nous allions au-delà de ces paysages vertigineux et créés dans l’urgence et la passion ? Nous y découvririons l’essence profonde de son travail : les supports de ces tableaux, des livres anciens à qui il offre une nouvelle vie, et comme un témoignage du temps passé. Les pages retrouvées et oubliées sont travaillées, marouflées en atelier puis mis sur des châssis traditionnels : ce recyclage préalable redonne son importance à des objets ramenés souvent du bout du monde. Chez Guillaume Chansarel, la modernité et l’urbanité font corps avec le passé. Mieux, elles s’en nourrissent.

    Exposition "Drawing Art", du 5 au 9 juin 2018
    Du mardi au samedi de 14H à 19H et sur rendez-vous
    Galerie Detais / Sabine Bayasli, 39 rue Notre-Dame de Lorette, Paris 9e
    Guillaume Chansarel et Frédéric Beigbeder, Drawing Avenue, 247 dessins en 7 jours, exemplaire à réserver en ligne ou sur place à la galerie Detais / Sabine Bayasli
    https://www.guillaume-chansarel.com

    "Broadway au bout du crayon"

  • Broadway au bout du crayon

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    Bla Bla Blog est partenaire avec Cherry Gallery d’une nouvelle exposition, Drawing Art, de Guillaume Chansarel, à la Galerie Detais / Sabine Bayasli (Paris 9e). Cet événement aura lieu du du 5 au 9 juin 2018. Notez bien ces dates sur vos agendas.

    À l’image de New York, Guillaume Chansarel est en perpétuel mouvement. Explorateur d’idées nouvelles, empêcheur de penser en rond, bouillonnant de projets, il nous surprend encore avec une création originale qui va faire le bonheur des esthètes.

    247 dessins en 7 jours

    Montrer New York différemment, tel était son objectif. Pour ce projet aussi simple qu’ambitieux, l’artiste fait de Broadway Avenue son terrain de jeu. Sur 22 kilomètres, il dessine tous azimuts. Harlem, Colombus Circle, Central
    Park, Times Square, Wall Street, subway, yellow cabs, feux tricolores, trucks, enseignes, néons, écrans géants...

    Tel un sportif de l’extrême, il s’impose une discipline de fer : 3 kilomètres et 35 dessins par jour, chronomètre en
    main ! "Comme on le ferait avec un Smartphone, je saisis un lieu, je capte une émotion". Caméra frontale vissée sur le crâne, à chaque intersection de rue, il dégaine son crayon, sort son carnet, et crobarde un corner. Le dépassement du "dessinateur de fond" donne une œuvre étonnante. Une série de croquis tendus et contrastés qui nous plonge au cœur de la mythique avenue.

    Un livre inédit avec Frédéric Beigbeder

    À l’occasion de ce projet artistique, Guillaume Chansarel et Frédéric Beigbeder, pour le texte, publient un livre inédit en édition limité : Drawing Avenue, 247 dessins en 7 jours. L’auteur prendra soin, sur la page de garde de chaque exemplaire réservé de réaliser une gouache originale personnalisée.Ce livre exceptionnel peut être réservé en ligne ou directement à la Galerie Detais / Sabine Bayasli.

    Du jamais vu ! On feuillette un autre New York. Revisité. Apaisé. Un surgissement de sérénité dans cette ville foisonnante. Le regard de l’artiste semble apprivoiser la jungle urbaine. "L’étonnement, ce commencement timide de la jouissance" dont parlait Roland Barthes. Avec ce "street movie" à pied, Guillaume a inventé un nouveau genre artistique. On a tous rêvé New York et Guillaume Chansarel l’a fait.

    Drawing Avenue, exposition de Guillaume Chansarel du 5 au 9 juin 2018
    Du mardi au samedi de 14H à 19H et sur rendez-vous
    Galerie Detais / Sabine Bayasli
    39 rue Notre-Dame de Lorette - Paris 9e
    Tél. 01 82 10 14 73 / contact@galeriedetais.fr
    www.galeriedetais.fr
    Guillaume Chansarel et Frédéric Beigbeder, Drawing Avenue, 247 dessins en 7 jours, exemplaire à réserver en ligne ou sur place à la galerie Detais / Sabine Bayasli

    https://www.guillaume-chansarel.com

    D’après un texte de Gilles Trichard
    © Guillaume Chansarel

  • Aussies au front

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    Ce mois d’avril, s’ouvre à Villers-Bretonneux le Centre Sir John Monash, un nouveau historique consacré à la première guerre mondiale. Celui-ci lève le voile sur une contribution peu connue dans l’histoire de la Grande Guerre : celle des soldats australiens engagés sur le front occidental

    L’Australie a été un allié fondamental durant la Première Guerre mondiale, jouant un rôle clé dans les batailles européennes. Son histoire est peu connue en France, contrairement à celle des autres forces alliées. Or, pas moins de 295 000 Australiens ont servi au sein de l’Australian Imperial Force (AIF) en France et en Belgique, entre mars 1916 et novembre 1918. C’est dire l’apport de ces soldats dans l’histoire de la première guerre mondiale, un apport rappelé par le Centre Sir John Monash, financé pour 60 millions d’euros par le gouvernement australien, et situé à proximité de Villers-Bretonneux.

    110 000 attendus visiteurs chaque année

    Le Général John Monash était le chef des forces australiennes sur le front occidental en 1918. Le centre, conçu par l’agence COX Architects (Sydney), qui porte son nom est un rappel de cette période sanglante, un hommage aux Aussies engagées en France et en Belgique, mais aussi un moyen de rappeler au visiteur du XXIe siècle la réalité du conflit dont nous fêterons cette année les cent ans de l’Armistice.

    Le Centre Sir John Monash prévoit d’accueillir près de 110 000 visiteurs chaque année. Une application SJMC, téléchargeable sur les téléphones et tablettes des visiteurs, servira de "guide touristique virtuel" dans le cimetière militaire de Villers-Bretonneux, le Mémorial National australien et le Centre Sir John Monash.

    Le visiteur du centre sera plongé dans une expérience immersive à travers une technologie multimédia de pointe présentée comme inédite. Elle générera une expérience sensorielle et instructive en anglais, français et allemand.
    Le parcours interactif sera complété par la présentation d’objets d’époque ayant une résonance particulière pour les australiens, ainsi que par certains objets trouvés sur le site avant la construction du Centre. Il permettra aux visiteurs de mieux comprendre le rôle joué par l’Australie sur le front occidental ainsi que l’impact de la guerre et les lourdes pertes subies par cette nation encore émergente.

    Centre Sir John Monash, Australian National Memorial
    Route de Villers-Bretonneux, Fouilloy (80)
    Inauguration le 24 avril 2018
    https://sjmc.gov.au

    © Sir John Monash

  • Voyage en Proença

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    C’est une artiste que Bla Bla Blog a croisée à plusieurs reprises, via ses œuvres, et qui mérite que l’on s’y intéresse. Sophie Proença a grandi entre la France et le Portugal et vit et travaille à Bordeaux. Elle expose aussi bien à Paris (prochainement pour SALO VI à Paris) qu’à Dallas ou Lisbonne.

    Le travail de Sophie Proença est à chercher dans son travail sur le noir et blanc, et dans sa manière de décortiquer et démantibuler avec précision les corps, pour en faire des matière organiques ou minérales. Lorsque des jambes, des pieds ou des sexes apparaissent, ce sont des organes noueux, désarticulés ou à la raideur cadavériques. Le corps peut aussi devenir végétal. "Les doigts deviennent filiformes, crochus, les pieds se tordent, mains et pieds tels que les trace Sophie Proença peuvent se superposer, évoluer parfois vers une forme prodigue, à la manière de troncs d'arbres d'où sortent de nouvelles pousses, de façon mal contrôlée, croirait-on", écrit Paul Ardenne au sujet de son travail.

    Odilon Redon et Amadeo de Souza-Cardoso

    Sophie Proença nous invite dans un voyage intérieur et organique, où pulsions de vie et de mort sont traitées avec précision dans des créations au noir et blanc que l’artiste ne cesse de décliner avec subtilité, à l’exemple d’Odilon Redon qu’elle affectionne. Amadeo de Souza-Cardoso, autre grand chercheur de l’art moderne, à la croisée de l’impressionnisme, du cubisme, du fauvisme et du futurisme, est aussi cité par Sophie Proença : rien d’étonnant pour cette artiste d’origine portugaise, installée en France comme son brillant compatriote.

    Comme Amadeo de Souza-Cardoso, Sophie Proença s’impose comme une graphiste aux dessins puissants, parfois coups de poing (comme ces détails anatomiques pour l’exposition SALO V), mais toujours d’une grande finesse d’exécution.

    Le noir et blanc est, pour le moment, l’univers de Sophie Proença. Passera-t-elle à la couleur, comme son aîné Odilon Redon ? La question mérite d’être posée et son parcours risque bien d’être scruté avec la plus grande attention.

    https://proenca-sophia.tumblr.com
    https://www.facebook.com/sophieeproenca
    http://storyopolisart.com

    sophie proença,odilon redon,amadeo de souza-cardoso,paul ardenne,aurélie dubois

  • MoonCCat a une autre corde à sa guitare

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    Nous avions parlé de MoonCcat à travers sa musique et ses deux albums rock, dandy et gothique.

    C’est un autre talent que nous offre cet artiste, qui expose ses photos au Relais de la Côte Beauté, à Saint-Georges-de-Didonne, près de Royan (Charentes-Maritime).

    MoonCCat présente sa vision du beau et du bizarre à travers ses photographies en noir et blanc. Sombres, étranges et poétiques, elles font la part belle au clair-obscur, qu’il s’agisse de portraits, de paysages, de détails architecturaux ou de natures-mortes. Des vues crépusculaires de la Charente-Maritime sont également au programme d’une exposition aux thèmes variés, dont le maître mot est la quête de la Beauté. Une autre partie de l’exposition est dédiée à une sélection de tableaux à l’encre (Klecksographies) et à des poèmes accompagnant certaines photographies.

    Il reste encore quelques jours pour venir découvrir cet artiste que Bla Bla Blog suit avec le plus grand intérêt.

    Exposition de MoonCCat, Relais de la Côte de Beauté,
    136 Boulevard de la Côte de Beauté
    17110 Saint-Georges-de-Didonne
    du 13 mars au 25 mars à 18:30

    "Rimbaud, sors de ce corps"
    "C’est le plus dandy des albums"
    http://www.moonccat.com

  • Est-ce que les femmes doivent êtres nues pour entrer dans un musée ?

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    Et si, depuis qu’ils existent, les beaux-arts ne marchaient que sur une jambe ? Personne ne contestera que depuis que les musées sont musées, la moitié de l’humanité – en l’occurrence les femmes – est oubliée. Il semblerait que l’art, un domaine pourtant ô combien universel, ait été de tout temps masculin – si l’on omet toutefois la place des mannequins, des muses et autres modèles… qu’ils soient déshabillés ou non.

    Les Guerrilla Girls avaient tapé du poing sous la table il y a quelques années en détournant, pour une affiche engagée, l’Odalisque d’Ingres, avec cet appel : "Est-ce que les femmes doivent êtres nues pour entrer au Met de New-York ? Moins de 5 % des artistes de la section art moderne sont des femmes mais 85 % des nus représentent des femmes." No comment. 

    Il est vrai qu’à côté de quelques noms connus – Louise Bourgeois, Frida Kahlo, Tamara de Lempicka, Cindy Sherman ou Niki de Saint Phalle (voir illustration) – les musées du monde ont largement participé à l’exclusion des femmes dans un système culturel et social incontestablement machiste.

    Cette exclusion, le site Women’s Art et son compte Twitter proposent de le combler en mettant à l’honneur artistes connues ou moins connues du monde entier. Et l’on s’aperçoit avec effarement et consternation que les beaux-arts sont passés, de mauvaise foi ou non, à côté d’une kyrielle de chefs-d’œuvre et de de génies féminines.

    5 % des artistes art moderne sont des femmes
    mais 85 % des nus représentent des femmes

    Même si Artemisia Gentileschi (1593-v.1652) a été remise enfin à l’honneur depuis quelques décennies, peu d’entre-nous connaissent les œuvres monumentales de la sculptrice américaine Enid Yandell (1869-1934, vidéo ci-dessous), le travail de la peintre, designeuse et illustratrice argentine et surréaliste Leonor Fini (1907–1996) ou savent que l’un des premier mangaka était... une femme, Machiko Hasegawa (1920-1992).

    Il faut saluer la pugnacité et la passion des auteur·e·s de Women’s Art qui ne s’arrêtent pas à relire, revisiter et critiquer l’histoire orientée de l’art occidental : ce sont aussi les artistes contemporaines venus du monde entier qui sont mises à l'honneur, que ce soit la peintre malaisienne Fadilah Karim, la photographe iranienne Newsha Tavakolian, la finnoise Miina Äkkijyrkkä et ses impressionnantes sculptures métalliques en carcasses de véhicules ou encore l’artiste de mix-média ivoirienne Massogona Sylla.

    Bien entendu, le combat féministe est au cœur de la démarche de Women’s Art, comme le rappelle de nombreuses publications Twitter. Il reste aux musées du monde entier à se réveiller et à donner enfin aux artistes féminines actuelles ou disparues leur vraie place : une moitié de l’humanité, qui a été longtemps sous silence, souhaite que les femmes mises à l’honneur sur les cimaises des musées ne soient plus simplement les modèles nus d’Ingres, Manet ou Picasso.

    https://twitter.com/womensart1
    https://womensartblog.wordpress.com
    "Les femmes au musée : des muses mais aussi des artistes",
    in Newvoradio.fr, 9 mars 2017 

  • Han Ji Hee au centre culturel coréen

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    Il y a quelques mois, nous vous parlions d’Han Ji Hee, une peintre d'origine coréenne installée en France, dont les tableaux revisitent le thème des paysages, qui deviennent grâce à elle des univers mystérieux, proches et lointains.

    Han Ji Hee est de retour pour une nouvelle exposition, "Superfux", au Centre culturel coréen, du 7 mars au 18 avril 2018.

    À ne pas manquer.

    Han Ji Hee, "Superflux", au Centre culturel coréen,
    2 Avenue d’Iéna, 75116 Paris, du 7 mars au 18 avril 2018 
    "Énergiquement fluide, intensément paisible"

    http://hanjihee.com

  • Rock in Nantes

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    Quel est le point commun entre Dominique A, Christine and The Queens, Jeanne Cherhal, Elmer Food Beat ou Philippe Katerine ? Leur lien indéfectible avec Nantes qui a été la ville qui les a fait naître, ou du moins reconnaître. Cette histoire nantaise du rock (on pourrait même ajouté de la pop-rock électro) est relatée dans une exposition exceptionnelle et qui s’annonce passionnante : le Château des Ducs de Bretagne, à Nantes, accueille en effet à partir d’aujourd’hui et jusqu’au 10 novembre 2019 (sic) l’exposition "Rock ! Une histoire nantaise."

    Les organisateurs de cet événement ont donc choisi de mettre la lumière sur un phénomène autant artistique que social ou politique. Loin du prestigieux lieu institutionnel qui vient reconnaître un genre musical longtemps décrié, le rock s’est d’abord construit et transformé dans les locaux de répétition, les studios, les bars et les salles, sur les radios locales ou chez les disquaires, par des activistes et artistes de l’ombre.

    Par le prisme de la scène nantaise, et grâce à de nombreux prêts, l’exposition permet de suivre l’évolution des styles musicaux depuis les années 1960, d’écouter et de comprendre les influences et interactions entre les styles, les groupes, les artistes, etc. Comment une ville comme Nantes s’est transformée en un véritable vivier favorisant les groupes émergents qui composent la scène musicale française. Neuf grandes sections chrono-thématiques dessinent le parcours de l’exposition des années 1960 à nos jours, dans une scénographie immersive tout en musique, avec plus de 120 titres en écoute, grâce à un système auditif original de gobelets de festival. Une programmation éclectique est proposée durant toute la durée de l’exposition à Nantes.

    Les organisateurs rappellent les origines du rock à Nantes : un concours d’accordéons organisé par le magasin d’instruments Simon Musique… Ce 20 avril 1962, six groupes nantais avec leurs guitares amplifiées montent sur scène pour la première fois pour un concours : les Rockers, les Atomic Boys, les Padgells, les Djets, Willy Spring Day et les Rapaces. Ce sont ces derniers, pour l’anecdote, qui remportent l’épreuve. Deux ans plus tard, l’ancienne capitale bretonne accueille les Championnats nationaux de guitare électrique au cinéma Le Paris.

    Le rock investit la ville et ne la quittera désormais plus. Les dix années suivantes voient ces jeunes artistes s’essayer à de nouveaux répertoires, signer quelques contrats et surtout sillonner la ville, dans une période où s’affirment le disco, les sonos... mais aussi le mythique groupe Tri Yann. En 1976, le public découvre les premiers pas du guitariste Philippe Ménard au sein de Carol, puis de Tequila. Une formation qui ne vivra que peu de temps mais qui signe la naissance du "rock nantais."

    Un concours d’accordéons à l'origine du rock nantais

    À la fin des années 70 et début des années 80, la France découvre le rock made in France, et le chef-lieu de Loire-Atlantique n’est pas en reste : concerts dans les bars et au Cinéma de l’Atlantique (quartier Sainte-Thérèse), le festival "Les Affreux s’éclatent" à l’Université de Nantes, celui de Carquefou (12 000 personnes en 1978), et même la fête du Parti Socialiste à Saint-Herblain en 1979... Une nouvelle génération d’artiste est bien décidée à montrer que ce genre musical ne saurait se limiter aux groupes britanniques ou américains. À l’aube des années 80, un concert intitulé "Derniers cris du rock nantais", regroupant les tout nouveaux groupes que sont Mickeynstein, Premier Poil et Algue, attire 800 personnes. "Derniers cris du rock nantais" ? En réalité, ce n’est qu’un début.

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    Si Rennes a fait largement cavalier seul dans les années 1980 avec ses Marquis de Sade, Niagara, Ubik, Sax Pustuls et autres Daho, la ville qui inspira tant Barbara place en ce début de nouvelle décennie pas mal de ses poulains au sommet de la scène française.

    Sans imposer sa marque sur un son particulier, la ville est le témoin privilégié d’un phénomène rassurant ; la façon dont une génération bercée de culture anglo-saxonne impose sa langue à des références assumées sans complexes. Peu de rapport en effet, de prime abord, entre les frasques d’Elmer Food Beat, la pop intimiste de Dominique A et Françoiz Breut, le easy listening de Philippe Katerine et les guitares brûlantes de Dolly, si ce n’est cette volonté d’user et de jouer de la langue de Molière, là où beaucoup ont auparavant échoué.

    Revenons justement sur Dominique A, l’une des figures majeures du rock français. Le 9 mars, l’auteur de La Mémoire Neuve sort son nouvel opus, Toute Latitude, un album mêlant rock, pop et électronique. L'exposition du Château des Ducs de Bretagne revient sur le parcours de Dominique Ané et présentera notamment sa chambre d'adolescent, lieu intime qui a vu naître un artiste aux multiples facettes. En 1991, l'artiste romantique, ténébreux et fan de new wave auto-produit son premier 33 tours, Un disque sourd, qu'il vend à la sortie de ses concerts nantais. L'année suivante sort La Fossette, premier album officiel produit par le label nantais Lithium. Aujourd'hui, la discographie de Dominique A compte 11 albums. Il a reçu en 2013 la Victoire de la musique de l'artiste interprète masculin de l'année.

    Aujourd’hui, nous rappelle l’exposition, La scène nantaise est bouillonnante. On y croise aussi bien des phénomènes qui s’exportent comme C2C, Madeon ou Christine and The Queens, des stars montantes de l’électro (Elephanz, Pegase), des groupes pop pleins de promesses (Pony Pony Run Run, Von Pariahs, Marquees, Al Von Stramm), des pionniers du rock expérimental (Papier Tigre, Percevalmusic) ou des producteurs électro en plein revival 80’s (Anoraak, College). Elle est devenue une scène exigeante et vit un nouvel âge d’or. Qu’un lieu institutionnel comme le Château des Ducs de Bretagne s’intéresse à cette lame de fond artistique sonne comme une reconnaissance.

    Tous à Nantes, donc. Et en musique.

    "Rock ! Une histoire nantaise", Château des Ducs de Bretagne,
    du 24 février 2018 au 10 novembre 2019

    Catalogue de l’exposition, Rock ! Une histoire nantaise, de Laurent Charliot, Iéna Editions, 192 p., sortie le 24 février 2018
    http://www.chateaunantes.fr/fr/evenement/rock
    Dominique A, Toute Latitude, Wagram, sortie le 9 mars 2018
    https://www.dominiquea.com
    "La reine Christine"

    Krondstadt Disorder © Nicolas de La Casinière
    Orchestre Henri VanHuffel et les Roller - Auteur inconnu © DR
    Les groupes ensemble magazine Best © Michel Embareck


  • À l’origine

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    À l’origine de la photographie, il y a le photographe. Ou la photographe. Concorde Art Gallery a décidé de mettre à l’honneur ces femmes créatrices en les exposant dans des autoportraits vivants, sensuels et dans des mises en scène particulièrement travaillées. L’exposition "Sensual self-portraits", avec Abygail Abyss, Adrienne Art, Edwige K, Patricia L.M., Nina by Carl, Jo TG, Ting Ting Sung et Umbertha, est à voir jusqu’au 3 mars 2018 au 179 boulevard Lefebvre dans le quinzième arrondissement de Paris.

    L'Origine du Monde comme source d'inspiration

    Certaines de ces artistes ont déjà été leurs propres modèles. C’est le cas d’Edwige K, d’Abygail Abyss ou de Ting-Ting Sung. Ces photographes proposent des univers, des discours ou des poses travaillés et réfléchis. Aux lieux interlopes d’Abygail Abyss répondent les corps en mouvement d’Edwige K, les manoirs abandonnés et théâtralisés d’Umbertha ou ses portraits faussement désinvoltes (et en clin d’œil aux selfies) de Ting Ting Sung.

    Dans une belle pluralité, les autoportraits de ces huit artistes font de ces photographes des modèles, des héroïnes mais aussi des investigatrices nous questionnant : "Nous sommes à l’origine de tout ce que vous voyez..." Il n’est d’ailleurs pas anodin de parler de Patricia LM, découverte par Bla Bla Blog il y a plus d’un an dans sa galerie de Concarneau, et dont le magnétique autoportrait Vol de Toison est directement inspiré de la toile de Gustave Courbet, L’Origine du Monde.

    "Sensual self-portraits", Concorde Art Gallery, jusqu’au 3 mars 2018 au 179 boulevard Lefebvre, Paris 15e
    Avec Abygail Abyss, Adrienne Art, Nina by Carl, Jo TG,
    Edwige K, Umbertha et Patricia LM
    "Bouées, sardines et jolies poupées"

    Patricia LM, Vol de toison, Digigraphie, 40/30 cm, Tirage Fine Art sur papier

    ec Abygail Abyss, Adrienne Art, Nina by Carl, Jo TG, Edwige K, Umbertha et Patricia LM

  • 2017, année des "Cellettes"

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    Les "Cellettes" pourraient être le nom de ces personnages au centre de l’œuvre d’Aliénor de Cellès, actuellement exposée à Montreuil (voir aussi cet article de Bla Bla Blog). Ils constituent l’univers coloré et naïf d’une artiste passée par la mode et la conception de costumes de scène. Ces influences sont évidentes dans le travail d’Aliénor de Cellès. En vérité, l’artiste pourrait être un chaînon manquant entre le stylisme et la peinture.

    L’artiste croque ses modèles avec un soin particulier dans le choix des vêtements, des coloris de tissus ou des coupes de cheveux. Ici, un hipster en marinière Chanel et lunettes de soleil pose avec raideur et non sans agacement ; là, un groupe de mannequins élégants défile au milieu d’un décor sombre ; là encore, deux jeunes aux tenues printanières semblent être surpris sur les bords d’une scène.

    Motarde gironde et jolie rêveuse

    Les "Cellettes" d’Aliénor ont beaucoup à nous dire dans des gouaches souvent théâtralisées : "J'aime raconter des histoires dans mes tableaux, avec une part d'insolite ou d'énigmatique qui laisse au regardeur la possibilité de broder son propre mythe. Comme un fragment de scène, avec un avant et un après libre d'interprétation, la part qui appartient à l'indicible, la perception de tout un chacun" commente ainsi l’artiste.

    Il y a cette motarde gironde et décomplexée, fixant avec aplomb le spectateur derrière ses lunettes de soleil (Juliette Pouet), il y a aussi le visage pensif et concentré d’une jolie rêveuse (Omniprésence) ou bien ce duo féminin fermé dans des costumes et un décor trop lumineux et colorés pour être honnêtes (Fin de nuit).

    Ces tranches de vie d'Aliénor de Cellès sont exposées à Montreuil à la galerie Made in Montreuil du 14 décembre au 15 janvier 2018.

    "Une année de peinture Made in Montreuil", Galerie Made in Montreuil,
    du 14 décembre 2017 au 15 janvier 2018

    http://www.madeinmontreuil.com
    "Aliénor et ses 'Cellettes'"

    © Aliénor de Cellès

  • Le salon de la littérature érotique remet le couvert

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    Après la réussite de sa première édition, le Salon de La Littérature Érotique remet le couvert le dimanche 26 novembre de 15 heures à 21 heures au 153 (Paris, 3e).

    Bla Bla Blog avait suivi en 2016 la création de cet événement, qui était à l’époque organisée autour d’une exposition de peinture du dessinateur érotique Alex Varenne. Cette année encore, la littérature érotique aura l’honneur d’être mise en avant, mais aussi démystifiée. Vaste projet pour ce genre spécialisé, souvent considéré avec méfiance, et dans lequel les femmes tiennent sans conteste le haut du pavé. Lors de sa première édition, le public se pressait dans une galerie d’art cosy mais étroite. Cette fois, c’est sur les trois étages du bar  Le 153 que se retrouveront une dizaine d’auteurs pour des rencontres et des dédicaces.

    Parmi, les personnalités et artistes présents figureront Brigitte Lahaie, actuellement animatrice sur Sud Radio, mais aussi Octavie Delvaux, qui est de retour cette année, Anne Vassivière, Virginie Bégaudeau, Guenièvre Suryous (dont Bla Bla Blog avait déjà parlé pour son ouvrage écrit à deux mains avec Flore Cherry, Guide de Survie sexuelle de l’étudiant/e), Camille Emmanuelle, les auteurs de la start-up B.Sensory, Simpere Françoise, Emma Cavalier, Etienne Liebig ou encore Julie-Anne De Sée.

    Pour faire sortir la littérature érotique des fantasmes courant à son sujet, plusieurs conférences seront proposées : "Le retour de la morale dans la littérature érotique" par Spengler Franck , "Le sexe sans enjeux est un jeu délicieux" par Simpere Françoise, "Comment poser sa voix sur de la littérature érotique ?" par Philippe Lecaplain, avec également des lectures du jeu concours Chuchote-moi.

    Les organisateurs ont également mis en place des défis d'écritures organisés toute la journée, avec des cadeaux à gagner pour celles et ceux qui voudraient s’initier à ce genre littéraire.

    Des happenings et des surprises compléteront cet événement, avec notamment une exposition de planches de BD érotique par Tabou éditions, une animation des comédiens d'Une femme extraordinaire, le cadavre exquis des fantasmes par Nathalie Giraud et Isabelle Bize.

    À partir de 21 heures, le salon se transformera en soirée libre, pour les plus motivées et les plus coriaces.

    Salon de La Littérature érotique
    Le 153, 153 rue Saint-Martin, 75003 Paris
    Dimanche 26 novembre de 15 heures à 21 heures
    Prévente : 8 €
    Sur place : 10 €

  • William Roger, j’achète

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    William Roger : cette signature pourrait bien sortir de l’ombre dans quelques années. Qu’on se le dise : un diamant brut se cache derrière ce peintre et dessinateur foutrement doué. En ce moment, l’artiste se singularise, non par une exposition, mais par un livre pour enfant. Peur de rien ou presque (éd. Flam) prouve que William Roger est d’abord et surtout un touche-à-tout. On peut cependant regretter que ce sage et classique conte pour enfant n’ait pas été suffisamment mis en valeur par l’éditeur.

    Voilà qui est presque anecdotique si l’on s’intéresse à ce qui reste la pierre angulaire de William Roger : la peinture et le dessin, que l’artiste expose régulièrement autour de Montargis. Les influences de l’artiste sont à chercher du côté du pop-art, de la culture geek (geek-art), de la bande-dessinée et plus généralement de la culture pop et mainstream.

    Outre des portraits et des nus de belle facture, William Roger a le mérite choisir des sujets aussi hétéroclites que très contemporains : personnages de super-héros (Deadpool), scènes urbaines, planches de mangas ou têtes d’animaux.

    La virtuosité comme l’audace de William Roger est évidente, comme l’est d’ailleurs son approche contemporaine de la création. Il puise dans notre quotidien comme dans l’imagerie de notre époque ses modèles et ses inspirations. Sa page Facebook propose un aperçu de son art qui n’attend plus qu’un galeriste prête un œil attentif à son travail.

    William Roger, Peur de rien ou presque, Flam éditions, 2017, 40 p.
    Exposition-dégustation Beaujolais Nouveau, Cave Mélodie des Saveurs, Châlette-sur-Loing
    16 novembre – 18 novembre, 15H-19H

    https://www.facebook.com/wroger.art

    © William Roger

  • Deborah de Robertis, ou le droit qu’elle l’ouvre

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    Bla Bla Blog a consacré une chronique récente à Deborah de Robertis, auteure de performances remarquées, spectaculaires et engagées au Musée du Louvre : en septembre dernier, l’artiste franco-luxembourgeoise a exhibé son sexe devant le tableau de La Joconde, devant un public de visiteurs médusés et finalement acquis à la cause de cette féministe qui a fait de son corps une arme autant qu’un instrument artistique.

    Suite à cet événement (qui a fait l’objet d’un film, Ma Chatte mon ©), le parquet avait décidé de renvoyer l’artiste en comparution immédiate et le musée du Louvre de déposer plainte pour sa performance réalisée devant la Joconde. L’artiste avait été placée en garde à vue pour délit d’exhibition sexuelle.

    Le 18 octobre dernier, le tribunal correctionnel de Paris a relaxé Deborah de Robertis du chef d’exhibition sexuelle. Il a considéré que cette accusation était infondée, en raison de l’absence de l’élément matériel du délit (la pilosité cachait "ces organes génitaux que vous ne saurez voir...") et de l’élément intentionnel du délit (l’intention était de porter un message" militant et artistique", et "non sexuel"). Le tribunal a estimé que le travail de Deborah de Robertis ne pouvait constituer une infraction d’exhibition sexuelle du fait de sa dimension politique, militante et artistique. 

    L’artiste commente ainsi ce rendu judiciaire : "Cette victoire artistique et judiciaire s’inscrit dans une bataille qui risque de s’éterniser : le musée du Louvre n’a pas manqué de demander au tribunal de m’interdire tout accès à ses galeries et d’ordonner la suppression sur la Toile de toutes images provenant de mes performances. Il s’agit donc clairement de censure, d’atteinte à ma liberté de création, d’expression, et d’aller et venir. Le musée du Louvre, dans ce qu’il charrie de pire, a connu ici un premier et cinglant échec : en tentant d’interdire mon travail et de radier mon sexe de ses galeries,  il a cru pouvoir décider de ce qui pouvait ou non être vu. Mon œuvre a envahi ses murs, et continuera à les occuper."

    "Deborah de Robertis l’ouvre"

  • Deborah de Robertis l’ouvre

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    © Deborah De Robertis & Jean Paul Lubliner

    Ça s’est passé au Louvre le 15 avril 2017. Deborah de Robertis, artiste franco-luxembourgeoise féministe, engagée et aux performances sulfureuses, pose dénudée au milieu d’un parterre de touristes venus mitrailler et filmer La Joconde. Devant ce public médusé et vite acquis à sa cause, Deborah de Robertis expose son sexe, comme elle l’avait d’ailleurs fait au Musée d’Orsay en 2014 devant le tableau L’Origine du Monde de Gustave Courbet. La scène, brève et violente, est interrompue par les gardiens du musée et par l’auguste établissement qui choisit d’évacuer le public.

    Le 29 septembre dernier, Deborah de Robertis présentait au Silencio, le sélect club imaginé par David Lynch, son œuvre audiovisuelle, Ma Chatte mon ©. Ce film réalisé autour de sa performance d’avril "utilise les codes du rap US" et a été réalisé en "featuring" avec la rappeuse Mac Manu et le rappeur Yaway. À l’occasion de cette diffusion, un débat était organisé dans une salle pleine à craquer. Il réunissait Deborah de Robertis, son avocate Marie Dosé, la directrice du Centre culturel de Neimënster Ainoha Achotegui et la philosophe et féministe Geneviève Fraisse venus commenter cette performance.

    Vulgaire délit d’exhibition sexuelle – qui a d’ailleurs conduit l’artiste en garde à vue après une nouvelle "exposition" le 24 septembre, toujours au Louvre ? Acte de revendication d’une féministe s’érigeant en modèle d’émancipation appelant aux "les prémices d’une nouvelle ère" ? Simple buzz médiatique ? Ou bien authentique démarche créative devant le plus célèbre tableau du monde, devenu si iconique que les visiteurs du Louvre ne le regardent même plus et se contentent de le photographier et le filmer ?

    Deborah de Robertis ne serait-elle qu’une provocatrice, dont les actes se limiteraient à des délits d’exhibitions sexuelles ? Marie Dosé rappelait au cours du débat que jusqu’à récemment la justice n’a poursuivi que des hommes pour ce type d’agression, les femmes ne pouvant être que de fragiles victimes... L’avocate s’interrogeait parallèlement au sujet de la pudeur et de l’atteinte aux bonnes mœurs, lorsqu’il est question de dénuder une poitrine, comme chez les Femen : "Qu’est-ce qui dit qu’une poitrine masculine est plus sexuelle qu’une poitrine féminine ?"

    L’exhibition est partout dans notre société, était-il rappelé, y compris des exhibitions à visée commerciale et publicitaire. Est-il tenable que Deborah de Robertis soit sanctionnée pour un travail artistique ? L’artiste franco-luxembourgeoise a fait de son corps un instrument politique et de son sexe un medium – avec un copyright de bon aloi. Genevièvre Fraisse citait de son côté Michel Foucault : "Le sexe qui parle." Cette affirmation forte prend tout son sens s’agissant du travail de Deborah de Robertis : "Si j'ouvre mon sexe au lieu d'ouvrir ma bouche, c'est parce que c'est là où réside la transgression. En faisant ce geste, ce n'est pas mon sexe que j'expose, mais l'état du droit."

    Finalement, les performances des 15 avril et 24 septembre, ont permis à Mona Lisa de sortir du tableau de Léonard de Vinci et de s’incarner à travers une femme d’aujourd’hui. Le modèle venait ainsi prendre sa revanche sur le chef d’œuvre désincarné et Mona Lisa, la muse, prenait symboliquement sa revanche sur l’artiste. Une revanche déshabillée ? L’artiste et performeuse rappelle que La Joconde a probablement posé nue…

    Outre une suite judiciaire probable, Deborah de Robertis va continuer à asséner son message féministe à travers une campagne de crowdfunding où un objet phare est mis à l'honneur : les culottes d'artistes. "Lorsque j'ai exposé à la Fiac, j'ai eu l'impression de faire le tapin, alors tant qu'à "faire la pute", pourquoi ne pas vendre mes culottes ?" dit-elle. Provocatrice jusqu’au bout, en plus d’être drôle et douée.

    "Cachez ces seins"
    http://www.union.fr/actus/les-blablas-cul-ture/deborah-robertis-louvre-179285.html

  • Sosie sur toile

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    Le site Golem13 a fait récemment un focus étonnant sur cette nouvelle manière de visiter d’augustes musées des beaux-arts. Il y a peu, un visiteur du Philadelphia Museum of Art était tombé nez à nez en 2012 avec son sosie… vieux de plus de 450 ans : en l’occurrence le personnage d’une toile de 1562, Portrait d'un noble avec un gantelet de duel.

    Cette découverte étonnante a été le point de départ d’un nouveau "sport" : le "Time traveling", consistant dans la recherche de doubles picturaux, largement partagé sur les réseaux sociaux. Cette investigation parfaitement inutile, mais qui donnerait matière à commentaire pour nombre de psychanalystes, sert de prétextes à d’étonnantes poses, clichés et autres selfies devant des peintures souvent anonymes.

    "Quand des visiteurs de musées tombent nez à nez avec leur sosie", Lefigaro.fr
    "Un étudiant découvre son sosie sur une toile du XVIe siècle", Golem13