Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Beaux-arts musées expositions

  • Dix ans d’âge métal

    Pin it!

    Il n’y a pas destruction sans construction et inversement, nous dit Romain Lienhardt au sujet de sa série intitulée Dix ans d’âge métal.

    Le concept de ces créations plastiques ? Un travail d’appropriations, de déstructurations et de reconstructions à partir d’objets de notre enfance. Les jouets et les souvenirs sont détournés, démontés, remontés, déboîtés, recollés et transformés en fétiches faussement sacrés, ready-made caustiques ou créations surréalistes : un ours en peluche comme sorti d’une poubelle in extremis, des jouets cabossés symbolisant la souffrance de l’enfance, un aquarium où s’agite un requin sur le point de dévorer un Playmobil que l’on vient de lester, un crucifix Big Jim transformé en relique syncrétique ou encore une figurine de Goldorak démembrée. L’enfance de Romain Lienhardt se cristallise en effet autour de figures iconiques détournées, tel ce Dark Vador sanglé sur un banc clouté (Dark Adore).

    Romain Lienhardt transforme les objets les plus innocents en créations provocatrices. Les souvenirs de notre enfance deviennent les symboles de jeunes années plus rudes et violentes qu’on ne l’imagine. Ce sont aussi ces armes faites en Lego, cette maison de poupée devenant un lieu de perdition, ce bilboquet inoffensif transformé en instrument de torture ou encore ces poupées comme martyrisées.

    L’artiste parle encore de l’enfance avec ces poupées désarticulées dans la série Scarecrows, afin "qu'il ne reste du songe / Qu’une marque de sang / Et un épouvantail". Les poupées de l’artiste plasticien deviennent totems et figures taboues : l’assemblage d’une pédale d’embrayage et de boîtes de conserves devient figure anthropomorphique, une petite bonne femme portant coiffe, tenue de ville et sac à main ou bien la pathétique relique représentant un Templier au combat.

    Dans Child Game, Romain Lienhardt utilise la peinture comme moyen d’expression basique, naïf et transgressif. Le pinceau s’affranchit des règles académiques comme le ferait un enfant. La peinture se fait coloriage, grimage et barbouillage. La traditionnelle palette sert à transformer une photographie anodine en création brute ou à créer ex-nihilo des tableaux à la Cy Twombly.

    La photographie est capitale dans le travail de Romain Lienhardt. Grâce à ce médium, l’artiste fait se rencontrer le travail documentaire (Amusement Park) et la création pure, parfois très sombre. Clinical model (Espace Artcore, Paris 2006) nous transporte dans un lieu secret que le tueur en série Dexter n’aurait pas renié : les sujets sont cette fois des mannequins démembrés et réduits à l’état de victimes anonymes.

    La série Figurative frappe par son apparente hétérogénéité. L’artiste y a rassemblé des clichés comme autant de pièces à conviction sur notre époque. S’y côtoient des clichés faussement documentaires (l’enseigne d’une pharmacie semblant "pleurer"), des compositions surréalistes (une chaise an cœur scintillant ou un panneau de signalisation aux signes kabbalistiques), des accumulations à la Arman (des armes) ou des ready-mades inspirées de Marcel Duchamp (pissotières laissées à l’abandon). Cette série a son pendant, Transfigurative, plus engagée et plus noire aussi : portraits ou personnages composés, déstructurés, tatoués, anamorphosés, mis en scène ou "code barrés." Romain Lienhardt se fait plus engagé et particulièrement grinçant avec une revisite de la Joconde en camisole de force et voilée.

    La religion, extrêmement présente chez l’artiste (à l’exemple de Graveyard), est au centre de Night Vision, un triptyque de 2014. Romain Lienhardt s’est intéressé à une crèche située dans un petit village allemand près de Monschau. Le résultat ce sont des scènes moins religieuses que fantastiques : "La nuit, berceau des rêves et des projections imaginaires, permet à ce bestiaire d’exister dans des représentations fantasmagoriques inspirées des œuvres de Giuseppe Arcimboldo ou de Jérôme Bosch" commente-t-il.

    À ces visions sombres, répond le blanc clinique, impersonnel et tout aussi inquiétant de la série Blank. Décors, mobiliers, statues, compositions et installations géométriques sont travaillés avec un soin tout particulier. L’artiste joue avec l’épure, les lumières diaphanes ou les brumes épaisses lorsqu’il compose des paysages oniriques tout droit sortis d’un film de Tim Burton. On cherche en vain un être humain dans ces clichés ; on n’y trouve que chaises vides, lits défaits, nature déserte et studios impersonnels. Et surtout ce blanc, omniprésent. Le titre de cette série peut d’ailleurs rappeler la fameuse page "blank" d’un navigateur Internet n’amenant vers rien.

    C’est le blanc d’une chambre d’hôpital où a gît un moribond que l’on vient d’évacuer vers une morgue. C’est le blanc du studio de photo qui attend la star "condamnée" à être la "cible" d’appareils braqués sur elle tels les fusils d’un peloton d’exécution. Le blanc est celui de ces paysages peuplés de figues fantomatiques ou de décors inquiétants et cliniques : des scènes de plein air aux lumières saturées et comme peuplées d’ectoplasmes ou bien le décorum d’un chef d’état. C’est le blanc surréaliste, mystérieux ne cherchant aussi qu’à être rempli. C’est le blanc du possible, du tout est possible ou du rien n’est possible.

    Le travail de Romain Lienhardt sera exposé à la rentrée prochaine dans le cadre des journées In The Mood For Art, dont Bla Bla Blog sera partenaire.

    http://www.romainlienhardt.com
    © Romain Lienhardt

  • Rodin, l'alchimiste des formes

    Pin it!

    Connaissons-nous vraiment Rodin ? Certainement oui pour ses œuvres les plus célèbres – Le Baiser, Le Penseur, Les Bourgeois de Calais ou La Porte de l'Enfer –, pour sa relation tumultueuse et passionnée avec Camille Claudel ou pour ses influences majeures sur la sculpture au XXe siècle. À ce sujet, Victoria Charles rappelle dans le très bel ouvrage qu'est Rodin, La sculpture nue (éd. Eyrolles) la portée artistique du sculpteur de Meudon sur les futurs travaux d’Ossip Zadkine, Pablo Picasso, Aristide Maillol ou encore Constantin Brancusi.

    Le génie de Rodin en fait un personnage majeur de l'art français à travers le monde. Sa carrière n'a pourtant pas été un long fleuve tranquille. L'auteure parle même d'un parcours laborieux. Cet itinéraire a commencé très tôt puisque Rodin, né en 1840, faisait preuve dès l'âge de 14 ans d'une solide aptitude au dessin. Sa formation suit les voies de l'académisme : auprès du sculpteur animalier Antoine-Louis Barye puis dans l'atelier d'Albert-Ernest Carrier-Belleuse, après une série de trois concours d'admission à l’École des Beaux-Arts, tous ratés ! Le jeune homme explore déjà les voies de la modernité, notamment lorsqu'il propose au salon de 1865 le masque de L'Homme au nez cassé (1863). Cette œuvre, dont Rodin était très fier, et qui était le fragment d'une statue cassée, est rejetée par le jury.

    Après avoir traversé l'Europe, le sculpteur se heurte aux critiques d'un milieu dubitatif sur son savoir-faire. Une première médaille en 1880, lors d'un salon, marque le point de départ d'une œuvre marquée par la virtuosité, l'expressivité et le réalisme.

    La reconnaissance officielle vient avec la commande publique de La Porte de l'Enfer, inspirée de La Divine Comédie de Dante. Victoria Charles consacre de nombreuses pages à cette œuvre imposante, influencée par la chapelle Sixtine de Michel-Ange, mais qui s’en démarque grâce à sa modernité inédite pour l'époque.

    La Porte de l'Enfer donne naissance à une sculpture autonome et majeure, Le Baiser (1884), qu'Auguste Rodin destinait au départ à l'imposante commande publique. L'autre œuvre issue de cette Porte est Le Penseur, que l'artiste avait nommé au départ Le Poète car elle était sensée représentée Dante en pleine méditation. Comme pour Le Baiser, Rodin en fait une statue indépendante en 1903.

    Victoria Charles consacre logiquement un chapitre à la relation enflammée entre Rodin et une de ses élèves, déjà géniale, Camille Claudel. Nous sommes en 1882. Elle a 18 ans, il en a 42. Il vit depuis 1864 avec Rose Beuret, qui est devenue très tôt son modèle. Avec Camille Claudel, la passion, la complicité et la reconnaissance mutuelle nourrissent deux géants de la sculpture : "Leur intense liaison agit sur l'art de Rodin, exaltant la mordante et coupable sensualité des figurines modelées pour la Porte de l'Enfer. Il donne à l'amour qui le consume les contours de certains de ses ensembles." L'auteure prend également pour exemple L'Éternel Printemps (1884) ou L'Éternelle Idole (1889). La fin de la relation entre ces deux géants de la sculpture en 1892 continue d'influencer Rodin : L'Adieu (1892), La Pensée (vers 1895) ou le très moderne Sommeil (vers 1890-1894).

    Rodin et les femmes : voilà un sujet à part entière que Victoria Charles n'omet pas de traiter. Hormis cette relation orageuse avec Camille Claudel, il y a le couple, atypique pour l’époque, qu'il forme avec Rose Beuret. Ils ne se marieront que l'année de leur mort, en 1917. La passion de Rodin pour les femmes transparaît dans ses œuvres : "À l'Hôtel Biron, Rodin passe presque tout son temps à dessiner. Dans cette retraite monastique, il se plaît à s'isoler devant la nudité de belles jeunes femmes et à consigner en d'innombrables esquisses au crayon les souples attitudes qu'elles prennent devant lui", écrit à l'époque Paul Gsell. Le sculpteur se permet tout ou presque avec ses modèles, nous apprend Victoria Charles dans le chapitre consacré à ses dessins érotiques  : "Pendant les séances de pose, Rodin demandait à ses modèles de se masturber, et quand elles étaient plusieurs, de s'étreindre, de s'entremêler et de se caresser mutuellement..." Le lecteur découvrira des œuvres picturales méconnues, exceptionnelles et d'une très grande audace. Les corps féminins sont saisis sur le vif, comme des "instantanés." La sensualité et le mouvement dominent ces séries de femmes inlassablement déclinées : aquarelles, collages, "femmes-vases" (1900) ou danseuses asiatiques (1907-1911).

    Les dernières années de Rodin coïncident aussi avec la première guerre mondiale. L’artiste est choquée par les désastres de la Grande Guerre. En raison du climat sombre, après sa mort en 1917 l’État s’oppose à des obsèques nationales : "C’est de cette façon que le plus grand génie du siècle, monument français à lui seul, est enterré par ses amis le 24 novembre 1917 dans le jardin de sa propriété de Meudon, auprès de sa femme." Reste la postérité de l’alchimiste des formes qui : grâce à Rodin, la sculpture vient de faire entrer d’une manière fracassante dans la modernité.

    Victoria Charles, Rodin, La sculpture nue, éd. Eyrolles, 2017, 190 pages
    Exposition "Rodin L’exposition du centenaire",
    au Grand Palais – Galeries nationales, 22 mars - 31 juillet 2017
    R
    odin, de Jacques Doillon, avec Vincent Lindon, France, 2017

  • 500

    Pin it!

    Bla Bla Blog vient de publier sa 500ème chronique en moins de trois ans.

    C'est l'occasion de revenir sur  cette aventure éditoriale autant qu'humaine qui a entraîné le bloggeur vers des horizons passionnants. Bla Bla Blog s'est fixé dès le départ un seul principe : la curiosité. Sortir des sentiers battus n'empêche pas de parler de sujets plus classiques. Ni élitiste, ni mainstream, Bla Bla Blog peut aussi bien parler du formidable mais méconnu groupe Carré-Court  que revenir sur David Bowie. Et faire découvrir le travail d'artistes comme Fanny de la Roncière ou la "pétillante" Laura Lambrusco n'empêche pas de parler de Tintin ou de Star Wars.

    Dans les prochaines chroniques, il sera ainsi question de l'étonnante et sulfureuse Stella Tanagra mais aussi du groupe Edgär, d'Oren Lavie que le public français commence à découvrir, ou encore de la série Versailles (à paraître samedi prochain).

    Et Bla Bla Blog sera également partenaire du deuxième épisode de l'événement parisien In The Mood For Art, Panic room/Art, en septembre prochain.

  • Qu’est-ce qu’un chef-d’œuvre ?

    Pin it!

    Voilà une question excellente, pertinente mais diablement ardue. Pourquoi est-ce un chef-d’œuvre ? (éd. de Noyelles) propose de répondre à cette interrogation en analysant 160 créations (80 tableaux et sculptures et 80 photographies) de toutes époques et de tout pays.

    Les auteurs, Andy Pankurst, Lucinda Hawsley (pour les peintures et sculptures) et Val Williams (pour les photographies) proposent de zoomer sur des œuvres exceptionnelles, des peintures de Lascaux aux portraits de Nan Golding (Nan and Brian in Bed, 1983), en passant par quelques joyaux de la Renaissance, les sérigraphies d’Andy Warhol ou les reportages photo d’Henri Cartier-Bresson.

    Il faut d’abord saluer le talent de synthèse des auteurs. En deux pages, dont une consacrée à la reproduction du chef-d’œuvre, les critiques expliquent en quelques mots les circonstances de ces créations, leurs caractéristiques exceptionnelles et y ajoutent une citation ainsi que des références d’autres œuvres similaires.

    Cette compilation en deux volumes et 448 pages, le choix a été fait de préférer une classification thématique à un découpage purement chronologique. Les ouvrages sont divisés en sections brèves et équilibrées : "expression", "beauté", "forme", mouvement", "drame", "histoire" ou insolite".

    Le lecteur retrouvera de nombreuses œuvres archiconnues (Le Radeau de la Méduse, La Joconde ou La Mère migrante de Dorothea Lange). Elles sont décryptées pour en capturer l’essence de ce qui fait d’elles des créations inédites et exceptionnelles. Mais ce très beau coffret renferme également des peintures et sculptures moins célèbres mais tout autant incroyables, bouleversantes ou révolutionnaires : l’étonnant autoportrait à l’âge de 13 ans d’Albrecht Dürer (1484), la gravure d’Hokusai, Le Rêve de la Femme à la Perle (1814), dont la puissance érotique et fantastique n’a rien perdu de sa force ou L’Étude d’un tronc d’Orme de John Constable (v. 1821), au réalisme bluffant.

    On peut saluer le choix des éditions de Noyelles de consacrer un volume entier de son coffret à l’apport de la photographie, omniprésente dans nos vies, mais pourtant si mal connue. Dans son introduction, Val Williams insiste sur la manière dont la photo a bouleversé notre vision du monde. Reportages d’actualités (Ernst Haas, série "Homecoming prisoners, Vienna", 1947), captations documentaires (Esko Männikkö, Kuivaniemi, 1991), témoignages sociologiques ou historiques (Lewis Hine, Sadie Pfeifer, fileuse de coton, Lancaster, Caroline du Sud, 1908), images de mode (Derek Ridgers, Helena, Sloane Square, 1982), créations autofictionnelles (Cindy Sherman) ou expérimentations à visées esthétiques (George Hoyningen-Huene, Plongeurs, 1930) invitent le lecteur à s’immerger dans des chefs d’œuvres photographiques inoubliables.

    Impossible de rester insensible devant les regards tendus de ce couple de teddy boys des années 70 (Chris Steele-Perkins, série "The Teds", 1976), de ne pas admirer la dignité de ce maçon allemand des années 20 (August Sanders, Hendlanger, 1928), de ne pas être hypnotisé par le profil de Lee Miller par Man Ray (1929), de ne pas frémir devant cette scène de guerre au Vietnam immortalisée par Larry Burrows (1966) ou de ne pas être troublé par l’apparition irréelle de cette baigneuse polonaise photographiée par Rineke Dijkstra (Kolobrzeg, Poland, 1992).

    Les auteurs de ce double volume ont réalisé un travail de vulgarisation nécessaire qui invite à la curiosité, avec intelligence et pertinence. C’est à la fois peu et énorme.

    Andy Pankurst, Lucinda Hawsley et Val Williams, Pourquoi est-ce un Chef-d’œuvre ?,
    éd. de Noyelles, deux volumes, 224 p. chacun, 2016
    "Baigneuse sortant des eaux"

    Cindy Sherman, Untitled Film Still #3, 1977, Museum of Modern Art, New York

  • Politique cosmique

    Pin it!

    Au centre d’art contemporain des Tanneries à Amilly, l’exposition "L’éternité par les astres" propose au spectateur une immersion à la fois poétique, politique et cosmique, sous le regard d’Auguste Blanqui. Ce théoricien révolutionnaire est notamment l’auteur d’un ouvrage astronomique, L’Éternité par les Astres, écrit en 1871 lors de sa réclusion au château du Taureau dans le Finistère, après la Commune de Paris. C’est ce livre, une réflexion sur l’immensité de l’univers et sur l’intuition d’autres possibilités de vies biologiques et sociétales, qui est le fil conducteur d’une exposition comme hors du temps.

    Léa Bismuth, la commissaire d’exposition, a imaginé un parcours scientifique, artistique et cosmique pour faire écho à l’utopique Auguste Blanqui, présent grâce à un portrait (Jérôme Zonder, L’enfermé, 2017) et à plusieurs de ses citations.

    L’exposition des Tanneries, visible jusqu’au 27 août 2017, fait se télescoper des arts aussi différents que la photo, l’installation, la vidéo, la sculpture ou les textes révolutionnaires de Blanqui pour cheminer dans la pensée du révolutionnaire socialiste - aussi goûter à un peu d’éternité cosmique.

    Après le film de Rebecca Digne, Épure (2015), le spectateur traverse la verrière lumineuse des Tanneries. Il navigue au cœur des installations Vecteur d’Edouard Wolton (2017) et Astérisme (2014-2017) de Charlotte Charbonnel, une œuvre illustrée par le son des étoiles du Dr Jon M. Jenkins d’après la Mission Keppler de la NASA.

    Après cette entrée en matière dans un jour lumineux, le spectateur entre dans l’espace clos et sombre de ce qui constitue le cœur de l’exposition. Les yeux doivent s’habituer quelques instants à l’obscurité avant de s’immerger, comme au cinéma, dans le récit cosmique et révolutionnaire de Blanqui. Après le visionnage du film de Guy Debord, In girum imus nocte et consumimur igni (palindrome latin signifiant : "Nous tournons dans la nuit et sommes consumés par le feu", 1978), l’apaisement vient dans l’espace suivant, grâce aux captations numériques de Juliette Agnel (Nocturnes 2017).

    C’est une promenade nocturne autant qu’une conversation intemporelle qui conduit le spectateur d’espaces en espaces : l’installation sobre et puissante d’un végétal en suspension (Marie-Luce Nadal, Le Vain des Grâces, fragment d’une vendange, 2017), vidéos (Louis Hervé et Chloé Mallet, Spectacles sans objet, 2016), photographies, documentaires (Juliette Agnel, Quatre jours dans le chantier des Halles, 2011 et Rebecca Digne, Rouge, 2014), performances filmées (Mel O’Callagan, Ensemble, 2013), expositions d’objets et vitrines mêlant science et poésie (Edouard Wolton).

    Cosmologie et politique sont étroitement liés dans une exposition qui va comme un gant à l’espace à la fois austère et spectaculaire des Tanneries. Le révolutionnaire de 1871 Auguste Blanqui voit son œuvre se poursuivre à Amilly. Elle interroge encore le spectateur de 2017 au sujet de la place de l’homme perdu dans les constellations. Inlassable, et souvent vainement, nous traçons son chemin au milieu de la nature. Nous balafrons le monde géologique (Quatre jours dans le chantier des Halles), nous transformons notre environnement (agriculture, industries). Nous nous imprégnons aussi de cette éternité proposée par l’univers, au point de lancer un appel à ces autres vies extra-terrestres dont l’ancien révolté de la Commune avait eu l’intuition (Astérisme). Voilà qui en fait un personnage d’une grande modernité, comme nous le rappelle une citation du Parti imaginaire : "Blanqui n’est pas un personnage historique, détrompez-vous. Il ne nous revient pas comme un fantôme du XIXe siècle, sauf à considérer qu’un siècle puisse traverser les âges. Blanqui est d’hier, d’aujourd’hui, de demain."

    "L’éternité par les astres", Les Tanneries, Amilly (45), du 22 avril au 27 août 2017,
    du mercredi au dimanche, de 14H30 à 18H, entrée libre

    http://www.lestanneries.fr

    Louise Hervé et Chloé Maillet, Spectacles sans objet, 2016
    diapositives argentiques, film, super 8 et vidéo sur HD
    Courtesy galerie Marcelle Alix, Paris

  • Dans les villes de grande solitude

    Pin it!

    Bien entendu, Fanny de la Roncière ce sont d'abord ces petites nanas à la Pénélope Bagieu, que ce soit cette Bretonne joyeusement déshabillée sous une pluie iroise, ces bandes de copines désœuvrées ou bien ces trentenaires nonchalantes croquées avec humour. Tous ces personnages tendres et attachants sont à découvrir sur le site de l'artiste.

    Mais Fanny de la Roncière excelle surtout dans un autre genre, tout aussi graphique mais dans un style diamétralement opposé : les villes.

    Les cités que l’artiste "arrache" à son imagination ne sont pas de simples collages comme le spectateur pourrait le penser de prime abord. Fanny de la Roncière utilise des techniques mixtes où intervient une part de hasard.

    Sur des panneaux en bois recyclés, l’artiste imprime des pages de magazines ou de journaux. Le résultat de ces impressions aléatoires servent de point de départ à son minutieux travail sur ces "arrachés." Fanny de la Roncière passe à la phase graphique pour faire sortir du chaos visuel des formes, des visages, des personnages et surtout des cités imaginaires, souvent en friches et désertes. "Éloignez-vous, tout se brouille, tout s'aplatit et disparaît, approchez-vous, tout se recrée et se reproduit" disait Diderot, une citation que la plasticienne aime rappeler.

    Il n’est pas anodin de préciser que l’artiste a vécu plusieurs années en Espagne, à l’époque où la crise économique et immobilière a mis au grand jour des villes abandonnées. Fanny de la Roncière exposera par la suite à Bruxelles dans le cadre de la manifestation "Viens dans ma ville" (2009). 

    Le spectateur est happé par la richesse de ces acryliques aux teintes sépia. Dans ces décors urbains à la fois baroques et fragiles surgissent des visages et des personnages désœuvrés, comme surgis de nulle part et allant on ne sait trop où : ici, derrière un building rouge, une mondaine trinque au-dessus d'un autre convive, goguenard (Au-delà des Rêves) ; là, une femme aux traits orientaux et aux lèvres bleus est représentée tête en bas dans un décor déstructuré mêlant influences cubistes et mer moutonneuse à la Hokusai (La Vie dans quel Sens) ; là encore, un groupe de voyageuses sillonne un paysage surréaliste et inquiétant à la Philippe Druillet (Le Souvenir Vignette). L’influence graphique de la bande dessinée est d'ailleurs évidente : lignes claires, traits appuyés, personnages expressifs. Moebius ou Paul Gillon (tous deux auteurs de science-fiction révolutionnaires et graphistes géniaux) font partie des références que le spectateur – et le bloggeur en premier lieu – pourra mentionner. Sans nier ces apports, Fanny de la Roncière cite plus volontiers François Schuiten et Benoît Peeters pour leur œuvre la plus célèbre, Les Cités obscures.

    Il est encore question de mégalopoles dans la série des "Reflets" : des villes poussent, s'élèvent, tourbillonnent (La Nuit je mens, 2016) et semblent vouloir prendre leur liberté (Lame de Fond, 2016) dans des créations graphiques à la fois graphiques et jouant sur une fausse symétrie.

    Fanny de la Roncière aime à travailler sur des objets récupérés. Ce fut, au début de sa carrière, des sachets de thé savamment agencées et d'une grande élégance. Plus tard, l'artiste s'est intéressé aux sous-bocks, créant pièce après pièce, des mosaïques mêlant constructions géométriques et coulées de peintures aléatoires (FDL 100).

    Une de ses dernières séries pourraient bien lui valoir l'attention d'un public beaucoup plus large. Fanny de la Roncière a choisi comme support de création inédit... des enjoliveurs de voiture. Le résultat final convaincra les plus réticents. Ces objets adorés par les fans de tuning deviennent, sous les mains d'une artiste attachante, des joyaux artistiques : villes futuristes aux buildings fins comme des aiguilles, poissons stylisés s'ébrouant joyeusement ou bien décors géométriques archaïsant. La plasticienne expose pour l'instant ces géniaux enjoliveurs, beaux à couper le souffle... en espérant les voir un jour adoptés par des férus d'automobiles ?

    Fanny de la Roncière est à découvrir dans le cadre de la journée In The Mood For Art, au Kiss Keys, le samedi 25 mars 2017.

    www.fannydelaronciere.com
    Instagram de Fanny de la Roncière
    In The Mood for Art
    Samedi 25 mars 2017, de 13H à 23H30
     Au Kiss Keys, 37 bis rue du Colisée Paris 8eme
    Inscription obligatoire
    Métro : saint Philippe du Roule
    http://www.cherry-gallery.fr

    © Fanny de la Roncière

     

  • Au 21 rue la Boétie

    Pin it!

    Regardez cette petite fille au teint de porcelaine se fondant avec un haut de robe de la même couleur. Ses lèvres roses prononcées semblent répondre aux rayures du vêtement. Marie Laurencin représente l’enfant de face mais celle-ci ne regarde pas le spectateur. Elle fixe de ses immenses yeux bleus le sol, avec un mélange de timidité et d’intense concentration. Cette fillette, peinte par une artiste majeure du XXe siècle, s’appelle Anne Sinclair. Elle a quatre ans en 1952, lors de l’exécution de ce tableau, et appartient à la famille des Rosenberg. Son grand-père Paul Rosenberg (1881-1959) a été l’un des plus grands marchands d’art de la première moitié du XXe siècle et aussi le soutien d’un nombre importants de grands maîtres de l’art moderne : Pablo Picasso, Georges Braque, Fernand Léger, Henri Matisse et bien sûr Marie Laurencin.

    Le Musée Maillol propose du 2 mars au 23 juillet 2017 l’exposition 21 rue La Boétie qui retrace l’histoire de cette aventure artistique, historique mais aussi familiale, à travers une impressionnante et émouvante exposition de 60 chefs d’œuvres issus de cette famille de collectionneurs d’art, à l’influence considérable.

    Homme d’affaire avisé et amateur éclairé, Paul Rosenberg ouvre en 1910 sa galerie parisienne au 21 rue de Boétie :"Je compte faire des expositions périodiques des Maîtres du XIXe siècle et des peintres de notre époque" écrit-il à l’époque.

    Ces maîtres du XIXe siècle, ce sont Renoir, Monet, Manet, Toulouse-Lautrec, Sisley et même Van Gogh qui ont été achetés par le premier collectionneur de la famille, Alexandre Rosenberg. Paul Rosenberg poursuit les acquisitions de son père en regardant d'abord du côté des impressionnistes, des représentants de l'école de Barbizon et de grandes figures du XIXe siècle. Le Musée Maillol consacre une salle dédiée aux œuvres d’Édouard Manet (La Sultane, v. 1871), de Renoir (Le Poirier d'Angleterre, (1873) ou une marine précoce de Claude Monet (Bateaux de Honfleur, 1866).

    Mais c'est dans l'art moderne que l'influence des Rosenberg va s'avérer décisive, grâce notamment à Léonce Rosenberg (1878-1947). Passionné de cubisme et d'abstraction, le frère de Paul ouvre sa galerie, rue de la Baume, à Paris. La première guerre mondiale ouvre des perspectives inattendues pour les deux frères. Jusqu'en 1914, le marchand d'art allemand Daniel-Henry Kahnweiler avait pris sous son aile plusieurs pointures de l'art cubiste. La Grande Guerre impose son départ du sol français, si bien que, orphelins de leur soutien et protecteur, c'est naturellement vers les Rosenberg que se tournent les modernes.

    laurencin,picasso,matisse,kann,renoir,toulouse-lautrec,van gogh,monet,manet,braque,sisley,impressionnisme,cubisme,léger,rosenberg,anne sinclair,kahnweiler,apollinaire,masson,wildenstein,delacroix,ensor,streit,höhn,hirsh,kokoschka,junghanns,maillol,rodin,rothschild,bernheim-jeune,seligmannEn quelques années, non content d'acquérir une collection d’œuvres majeures, la famille tisse des liens professionnels, artistiques mais aussi personnels avec ces artistes. Ainsi, Pablo Picasso, intime des Rosenberg, représente Micheline Rosenberg dans une toile (Mademoiselle Rosenberg, 1919) qui marque le retour du peintre d'origine espagnole à la figuration. Marie Laurencin, l'ancienne maîtresse et muse de Guillaume Apollinaire, sera un membre à part entière du cercle privé, jusqu'à faire poser la petite-fille de Paul (Anne Sinclair à l'âge de quatre ans, 1952). L'exposition a, entre autres, le mérite de présenter un nombre significatif de cette artiste trop mal connue : Les Deux Espagnoles (1915) ou La Répétition (1936).

    Léonce ouvre les collections familiales au cubisme, contribuant à défendre avec pugnacité cet art, décrié à l'époque. Le Musée Maillol présente, dans plusieurs salles, un choix représentatif d'acquisitions : Georges Braque (Nu couché, 1955), Fernand Léger (Composition, 1929) et bien entendu Picasso (Guitare sur tapis rouge, 1922). Le surréalisme n'est pas absent (André Masson, Enlèvement, 1931) et l'avant-garde est mise en avant (Henri Matisse, La Leçon de Piano, 1923). Marchand d'art, Paul Rosenberg entend être un découvreur de talents, tout autant qu'un passeur auprès du public. Voilà ce qu'il écrit en 1941 à ce sujet : "Les peintures en avance sur leur époque n’existent pas. C’est le public qui est parfois à la traîne de l’évolution de la peinture. Combien d’erreurs ont été commises, combien de jeunes futurs grands peintres ont connu la misère à cause de l’ignorance des marchands et leur refus de les soutenir, tout simplement parce qu’ils n’aimaient pas cet aspect de leur art ou parce qu’ils ne les comprenaient pas ! (…) Trop souvent, le spectateur cherche en lui-même des arguments contre leur art plutôt que de tenter de s’affranchir des conventions qui sont les siennes."

    Passionné et rigoureux, Paul Rosenberg met en place un système pour essaimer ses idées de progrès. Il pressent très tôt l'importance du marché américain et choisit de s'associer avec Georges Wildenstein (1923). Il conseille des musées parisiens et provinciaux, édite des catalogues, cartographie, photographie et indexe avec précision ses œuvres, s'intéresse à la publicité dans les journaux et bien entendu achète, achète et achète ! Anne Sinclair écrit ceci : "Comme l’a souligné de nombreuses fois la presse américaine, Paul fut, jusqu’à la guerre, le plus grand marchand en Europe, de Delacroix à Picasso. « Imaginez, racontait un grand journal californien dans les années quarante, être capable d’entrer dans le studio de Matisse ou de Picasso deux fois par an, de regarder quarante de leurs meilleures toiles et dire “je les prends toutes” ! Jusqu’à la guerre, c’est ce que faisait Paul Rosenberg. »" Le musée Maillol a eu l'idée astucieuse d'entrer virtuellement dans la galerie du 21 rue La Boétie, via le système ancien et remis au goût du jour des jumelles à diapositives, que beaucoup ont expérimenté durant leur enfance. Les photographies en noir et blanc de la galerie Rosenberg dévoilent un lieu d'une richesse incomparable qui ne survivra pas à la seconde guerre mondiale.

    laurencin,picasso,matisse,kann,renoir,toulouse-lautrec,van gogh,monet,manet,braque,sisley,impressionnisme,cubisme,léger,rosenberg,anne sinclair,kahnweiler,apollinaire,masson,wildenstein,delacroix,ensor,streit,höhn,hirsh,kokoschka,junghanns,maillol,rodin,rothschild,bernheim-jeune,seligmannUne salle passionnante, moins artistiquement qu'historiquement, plonge dans les années sombres de l'Occupation. Dès l'arrivée au pouvoir d'Hitler, apparaît la notion politique et idéologique "d'art dégénérée" (Entartete Kunst). La double exposition de Munich en 1937 s'attaque à l'art moderne, émancipé et novateur (James Ensor, La Mort et les masques, 1897). Plus de 20 000 œuvres sont mises au pilori, lorsqu'elles ne sont pas détruites. Une certaine esthétique aryenne, figurative et valorisant la culture et le peuple allemands est utilisée à des fins de propagande. Le pouvoir nazi encourage une imagerie traditionnelle et volontairement apaisante : paysages bucoliques de Robert Streit (Matin d'été, avant 1944) ou Franz Marc (Chevaux au pâturage, 1910), jeunes allemandes idéalisées (Alfred Höhn, Jeune femme, v. 1939), paysans traditionnels allemands magnifiés (chez Julius Paul Junghanns), scènes mythologiques ou vues modernes de villes idéales (Albert Hirsh, Retour de la flotte, v. 1939).

    Le Musée Maillol rappelle un événement peu connu du grand public mais à la portée artistique, éthique et symbolique peu commune : la vente à Lucerne en 1939 de 125 œuvres "dégénérées" (109 tableaux et 16 sculptures) accaparées par les nazis. Y figurent des peintures de Fernand Léger (Trois femmes, Le grand déjeuner, 1921-1922) ou Oskar Kokoschka (Monte-Carlo, 1925). Le monde de l'art se déchire sur la question d'acheter ou non des peintures et des sculptures exceptionnelles pour les sauver, ou, plus cyniquement, enrichir une collection. Paul Rosenberg refuse catégoriquement de participer à cette vente.

    Suite à la défaite française, Paul Rosenberg, marchand d'art d'origine juive en vue, doit quitter la France. Il finit par atterrir aux États-Unis et ouvre en 1941, à New-York, une nouvelle galerie, au 79 East 57th Street. Auparavant, il a essayé de mettre à l'abri quelques-unes de ses toiles (Nature morte à la cruche et Baigneur et baigneuses de Picasso), en vain : le coffre-fort à Libourne où il pensait avoir mis à l'abri ses tableaux les plus précieux est récupéré par l'armée allemande.

    À Paris, la galerie du 21 rue La Boétie est fermée, réquisitionnée par les autorités et devient - ironie du sort - l’Institut d’Études des Questions juives. Anne Sinclair écrit ainsi de cette période : "Le 4 juillet 1940, Otto Abetz, l’ambassadeur du Reich à Paris, adressa donc à la Gestapo la liste des collectionneurs et marchands juifs les plus connus de la place : Rothschild, Rosenberg, Bernheim-Jeune, Seligmann, Alphonse Kann, etc. C’est dès ce jour-là que l’hôtel du 21 rue La Boétie aura été perquisitionné, avec saisie des œuvres d’art que Paul avait laissées, d’une bibliothèque de plus de mille deux cents ouvrages, de l’équipement de toute une maison (des meubles anciens aux accessoires de cuisine), de plusieurs centaines de plaques photographiques et de toutes les archives professionnelles de la galerie depuis 1906. Figuraient aussi des sculptures, restées à Paris car difficilement transportables – dont un grand Maillol, et les deux statues célèbres de Rodin, Eve et L’Age d’airain, qui ornaient le hall de la rue La Boétie."

    laurencin,picasso,matisse,kann,renoir,toulouse-lautrec,van gogh,monet,manet,braque,sisley,impressionnisme,cubisme,léger,rosenberg,anne sinclair,kahnweiler,apollinaire,masson,wildenstein,delacroix,ensor,streit,höhn,hirsh,kokoschka,junghanns,maillol,rodin,rothschild,bernheim-jeune,seligmannAvec la Libération s'ouvre l'étape compliquée de récupération des œuvres spoliées. Cette période dure encore aujourd'hui, 70 ans plus tard. Très vite, les alliés se sont intéressés au pillage par les nazis des musées et des collections privées. À l'été 1944, le train 40044 à destination de la Tchécoslovaquie est détournée par la Résistance. Elle y récupère 967 œuvres d'art. L'organisateur, Alexandre Rosenberg, a la surprise de découvrir dans ce stock des tableaux de son propre père !

    Les années suivantes, ces marchands d'art n'auront de cesse de récupérer leur bien. De nombreux tableaux, disparus puis sauvés par les Rosenberg, sont exposés au Musée Maillol : le fameux Baigneur et Baigneuses de Pablo Picasso (1920-1921), ou Profil bleu devant la cheminée de Matisse (1937).

    La seconde guerre mondiale aura finalement mis à mal durablement la capitale parisienne du marché de l'art. À partir des années 50, c'est aux États-Unis, et plus en Europe, que se fera la pluie et le beau temps dans l'art moderne. La dernière salle de l'exposition est consacrée aux années américaines de Paul Rosenberg, marquées par l'exposition itinérante consacrée à Aristide Maillol de 1958 à 1960. Rien d'étonnant que près de 60 ans plus tard le Musée Maillol ouvre à son tour ses portes à l'une des plus belles collections d'art moderne, sous le regard bleu et chavirant de la petite Anne peinte par Marie Laurencin.

    21 rue La Boétie, Musée Maillol, du 2 mars au 23 juillet 2017
    http://www.museemaillol.com

    Anne Sinclair, 21 rue la Boétie, Paris, éd. Grasset, 236 p., 2012

     Marie Laurencin, Anne Sinclair à l’âge de quatre ans, 1952, Huile sur toile, 27 x 22 cm, Collection particulière © Fondation Foujita / ADAGP, Paris, 2016

    Georges Braque, Nu couché, 1935, Huile sur toile, 114,3 x 195,6 cm, Collection David Nahmad, Monaco

    Pablo Picasso, Nature morte à la cruche, 19 avril 1937, Huile sur toile, 46,3 x 64,8 cm,
    Collection David Nahmad, Monaco. © Succession Picasso © Photo: Collection David Nahmad, Monaco

    Pablo Picasso, Baigneur et baigneuses (Trois baignants), 1920-1921, Huile sur toile, 54 x 81 cm
    Collection David Nahmad, Monaco. © Succession Picasso © Photo: Collection David Nahmad, Monaco

  • Voir peut-il rendre fou ?

    Pin it!

    Depuis 1987, Aurélie Dubois a entamé un parcours artistique où elle explore le dessin, la photographie, la vidéo et les installations.

    Dès le départ, son travail revêtit en toile de fond l’idée d’une garde, une garde artistique. Cette idée de l’artiste de garde, définie par le psychanalyste et écrivain Daniel Androvski en 2008, habite ses créations, en résistance à l’idée qu’une oeuvre d’art serait faite pour décorer plutôt que pour donner du sens ou révéler la nature des choses.

    "Nous pouvons considérer le corps comme une partition qui dès la naissance s’exprime par des cris ; Aurélie Dubois affirme par son oeuvre que ces cris s’écrivent même si ce qui se crie ne s’écrit pas. Au pire, ça se dessine, notamment sous la forme du sexe, de la tension, du râle et de certains hurlements" analyse Daniel Androvski.

    L’exposition présentée en mars prochain à Paris, est une rétrospective de ses œuvres passées et plus récentes. L’accent est mis sur le dessin, un étage entier de l’exposition lui est consacré. C’est aussi l’occasion de découvrir ses vidéos, telles que The Corridors, court métrage sélectionné pour le festival Coté Court en 2015, Traverse Vidéo en 2016 ainsi que son dernier court métrage expérimental Amour écrit en fer.

    Le commissariat de l’exposition est confié à Paul Ardenne, écrivain et curateur indépendant. "Aurélie Dubois est une artiste multidisciplinaire. Elle cherche, avec constance, à faire se rencontrer la création et la théorie dans ses oeuvres. Ses principales interrogations plastiques sont la sexualité et les rapports femme-homme, l’indétermination, la folie, la marginalité, l’étrange. Aurélie Dubois renouvelle l’image érotique pour éveiller notre imaginaire" explique Paul Ardenne.

    La rencontre entre ces différentes oeuvres permettra de prendre la pleine mesure de la philosophie d’Aurélie Dubois, son appel à la résistance et à la vigilance, face aux dérapages de notre société contemporaine et à ses tabous. "Rester en alerte, sur le qui-vive" !

    "Je considère être une Artiste de Garde. Je suis là, tout le temps. D’être en alerte me place dans la résistance aux idées reçues et aux convenances liées au corps et à ses sexualités. Je considère que mon travail de création est lié à la trahison de l’imaginaire sexué. Pourquoi résistante? Parce qu’il me semble nécessaire de démonter les systèmes conventionnels liés aux corps, l’érotisme bas de gamme, la pornographie liée au business. Par définition je suis en guerre. Ma démarche d’artiste vient donc trahir notre mensonge. Mais quel ce mensonge? Me direz-vous? C’est ce que nous faisons et que nous ne disons pas."

    Aurélie Dubois, "Voir peut-il rendre fou ?"
    Exposition du 16 au 26 mars 2017 au 24Beaubourg
    24, rue Beaubourg 75003 Paris
    www.aurelie-dubois.com
    "Aurélie Dubois unmakes sex"

  • Aliénor et ses "cellettes"

    Pin it!

    J'ai envie de vous parler d'Aliénor de Cellès et de ses portraits. L'artiste expose en ce moment à la galerie LaLoge jusqu'au 11 février. Les parcours singuliers sont ceux qui donnent le plus de consistance à une carrière artistique. Celui d'Aliénor de Cellès est passé par le stylisme, la mode et les costumes de scène. Cette influence est visible dans les gouaches qu'elle propose à LaLoge ("Si je t'ai croisé, je t'ai croqué").

    Il est vrai que les personnages naïfs de la peintre, pourraient autant être ces mannequins en représentation lors de défilés que ces anonymes croisées ici ou là. Cette petite femme à la moue dépitée, serrant contre elle un dossier de travail, ne serait-elle pas une attachée de presse débordée, une stagiaire paumée ou une secrétaire priée de se mettre à disposition de tel ou telle.

    Dans leurs atours colorés, les femmes d'Aliénor de Cellès – ou les "cellettes" si le bloggeur peut se permettre ce néologisme – baignent dans un océan de perplexité, pour ne pas dire de solitude. Les regards plongent vers le sol, à l'image de cette femme en déshabillé (une prostituée?). Les modèles interrogent le spectateur ou bien se font fuyants, pour ne pas dire désespérés.

    Aliénor de Cellès est la portraitiste sans fard de femmes cachant leurs blessures dans des attitudes exubérantes ou des tenues chatoyantes. Que l'on ne s'arrête pas sur sa patte faussement naïve : l'âme de ces petites femmes, ces "cellettes", est là, exposée, captant l'attention du spectateur. Il semblerait qu'elles vont prendre vie.

    Aliénor de Cellès, "Si je t'ai croisé, je t'ai croqué"
    du 23 janvier au 11 février 2017 à LaLoge Expo

    24, rue Morère 75014 Paris
    de 14:00 à 19:00
    Tél. 06 09 75 79 64
    https://www.facebook.com/GalerieLaLoge
    http://www.bureaudecreationalienor.com

    © Aliénor de Cellès

  • Énergiquement fluide, intensément paisible

    Pin it!

    Le monde de Jihee Han c'est le paysage, des paysages que la jeune artiste présente à la galerie Vincent Lécuyer dans le 7e arrondissement, jusqu'au 28 janvier.

    N'allez pourtant pas penser que ces paysages sont ceux d'une nature réelle ou que Jihee Han se fait peintre environnementale : "Je ne peux pas dire que mon sujet soit la nature que l’on voit. Nombre d’artistes qui ont pris le parti d’exprimer le monde invisible empruntent également à la nature. Aussi, ce que l’on identifie comme la nature dans l’art, ne concerne souvent pas la nature environnementale, mais un univers insaisissable qui réfléchit le paysage intérieur”, affirme-t-elle.

    Il faut certainement chercher son influence du côté de l'abstraction lyrique, et vers quelques illustres pairs – Pierre Soulages (Fort obscur encore, 2015), Cy Twombly (Light Blue 2016) et surtout Zao Wou-Ki (Untitled, 2015). L'essence de la peinture de Jihee Han ce sont ces paysages fantasmagoriques et comme sortis de monde imaginaires. C'est en cela, sans doute, que l'artiste parle de "paysages intérieurs", capables de venir caresser et apaiser le regard du spectateur.

    L'artiste d'origine coréenne impose indéniablement sa patte dans un genre, la peinture de paysages, qui semblait ne plus rien avoir à nous dire. Elle peut faire surgir des apparitions minérales grâce à ses touches épaisses d'acrylique, d'un gris argenté. Sur des fonds blancs translucides, les rochers surgissent telles de délicates collerettes (Paysage incomplet, 2016) ou bien flotter sur des étendues aqueuses, irréelles et apaisantes. Les montagnes sont des vitraux bleutés aussi fragiles que des cristaux (Mountains, 2016 ou Isolated island, 2013). Dans ces paysages d'un autre monde, l'élément liquide est omniprésent, que ce soit dans les majestueuses cascades de glace aux rideaux évanescents (Dedans et au-delà, 2016), dans ses banquises légères de Light Blue (2016), dans la neige (Énergiquement paisible, 2015), ou dans ces chutes d'eau "cézaniennes" de Cascade (2016).

    Fort obscur encore (2015) renvoie au noir de Soulages. Dans First Rock (2015), un étrange monolithe à la matière grise impose sa présence massive et évidente. L'eau est encore là, coulant en filets sur les parois du roc. Il est encore question d'éléments liquides dans un tableau sans titre de 2015 : l'artiste y délaisse le blanc – sa couleur fétiche – au profit d'un paysage de vagues, à la frontière entre le réalisme et l'abstraction. L'influence de Zao Wou-Ki semble tomber sous le sens.

    Les peintures de Jihee Han évoquent, comme elle le dit elle-même, "la fluidification d’un monde qui flotte." L'artiste ne parle pas d'environnement ou de nature à protéger mais d'univers mystérieux à la fois proches et lointains.

    Jihee Han, à la galerie Vincent Lécuyer
    34, rue de Lille
    75007 Paris
    Du lundi au samedi de 10 heures à 19 heures
    http://www.hanjihee.com
    http://www.parisartistes.com/jihee-han

    © Jihee Han

  • Hergé au musée

    Pin it!

    Il ne reste plus que deux jours pour voir l’impressionnante exposition au Grand Palais consacrée à Hergé, objet également d'un catalogue complet (éd. Moulinsart et RMN).

    Une manifestation sur Hergé ou sur Tintin ?

    Il est vrai que la question mérite d'être posée, tant le créateur et sa créature sont indissociablement liés. Il est bon aussi de rappeler qu'aucun personnage de bande dessinée n’a eu autant d’impact que le jeune reporter à la houppe. Ses aventures – comme d’ailleurs celles de ses amis Haddock, Tournesol, les Dupondt, sans oublier le fidèle compagnon à quatre pattes, Milou – ont fait l’objet de pléthores d’ouvrages, d’essais, d’analyses, d’inspirations et d'exégèses dignes des plus grands génies, ce que, du reste, Hergé est.

    Le dessinateur belge, né Georges Rémi en 1907 et décédé en 1983, est célébré au Grand Palais, à l’image de ces brillants artistes peintres qu’il admirait tant. Que de chemins parcourus depuis le gamin belge élevé dans la grande tradition catholique, gribouilleur dès l'âge de quatre ans et scout dans l'âme, jusqu'à ce créateur adulé et admiré, et qui est parvenu à faire de Tintin une figure mythologique et de la BD un des neuvième art !

    tintin,hergé,haddock,tournesol,milou,grand palais,rmnL’exposition Hergé fait d’ailleurs une large part aux beaux-arts et, en particulier, à la peinture moderne et contemporaine. C’est d’ailleurs un aspect souvent oublié chez l’auteur du Secret de la Licorne (1943) : son amour et son admiration (parfois réciproque si l’on pense à Andy Warhol) pour les beaux-arts. Hergé voulait consacrer son dernier album, L’Alph Art (posth. 1983), que l’on ne peut lire qu’à l’état de story-board, à l’art contemporain. Outre la production d'affiches et de logos remarquables, domaine dans lequel le jeune Hergé excelle au début de sa carrière, ce dernier s’est également essayé lui-même à la peinture, dans des toiles honnêtes mais où ne ressortent pas le même lâcher prise, la même vie, le même enthousiasme et la même maîtrise technique que ses albums.

    L’exposition Hergé, en entrant dans les secrets du créateur, montre aussi la sueur versée pour accoucher d'aventures calibrées au millimètre et maîtrisées à l'obsession. Hergé, c’est un horloger et un orfèvre capable de reprendre au crayon les traits d’un personnage jusqu’à en perforer la feuille. Les nombreuses planches originales présentées à Paris témoignent du chemin accompli entre les ébauches brouillonnes, énergiques, voire furieuses, du début jusqu’aux cases finales à la ligne claire, d'une perfection ahurissante.

    Perfectionniste, Hergé l'est encore dans son travail de documentaliste, tant le dessinateur avait à cœur de donner à ses albums d'aventure un caractère réaliste – et quelle importance si les aventures de l'éternel jeune reporter se passent dans une Syldavie imaginaire (Le Sceptre d'Ottokar, 1939) ou bercent dans la science-fiction (On a marché sur la Lune, 1954) ! Si un objet pouvait illustrer ce travail de scénariste et documentaliste (mais aussi accessoiriste, décorateur, costumier, etc.), ce serait sans nul doute une petite statuette péruvienne en bois de la culture Chimù (1100-1400 ap. JC). C'est celle-là même qui a servi de modèle pour L'Oreille cassée (1937). Nous sommes au tournant des années 30 et Hergé, qui impose déjà son style et ses personnages (Haddock, Tournesol ou La Castafiore ne sont certes pas encore là), démontre déjà à la fois son goût pour les arts (premiers, ici) mais aussi pour un sens du réalisme capable de séduire autant les enfants que les adultes.

    tintin,hergé,haddock,tournesol,milou,grand palais,rmnCette approche universelle, Hergé l'a acquise à la faveur d'une rencontre phare : celle de Tchang Tchong-jen, un jeune étudiant chinois présenté à Hergé lors de la conception d'un de ses chefs d'œuvre, Le Lotus bleu (1936). Cet album phare, dédié à l'amitié et à l'entente entre les peuples, fait véritablement de Tintin le jeune héros au cœur pur et à l'altruisme exemplaire qu'il ne perdra plus. Tchang, double chinois d'Hergé, réapparaît plus tard dans l'autre ouvrage majeur du dessinateur belge : Tintin au Tibet (1960). Cet album emblématique, le plus personnel sans doute d'Hergé, est commenté dans la vulgate tintinesque comme un livre psychanalytique, conçu pendant une éprouvante période dépressive de son auteur. L'aventure du journaliste à la houppe, à la recherche de son ami Tchang dans les paysages blancs du Tibet après un accident d'avion, renvoie à une quête personnelle de son auteur, avec, en ligne de mire, son ami de toujours, Tchang, qu'il ne reverra qu'à la fin de sa vie.

    Suit, dans la production du dessinateur belge, un album diamétralement opposé mais tout autant important, Les Bijoux de la Castafiore (1963). Tintin, après avoir parcouru en long et en large la terre entière – et même la lune –, fait l'objet d'une aventure en huis-clos, entre les murs de Moulinsart. Ici, pas d'enlèvements, pas de crimes, pas de malfaiteurs, pas de Rastapopoulos et pas de voyages épiques. Presque rien : tout juste une entorse au pied du capitaine Haddock, la visite impromptue à Moulinsart de la chanteuse lyrique Bianca Castafiore, des romanichels accueillis au château, des bijoux égarés et quelques secrets, pour ne pas dire des cachotteries. Dans Les Bijoux de la Castafiore, Les héros d'Hergé jouent une comédie humaine drôle, virevoltante, mais également d'une grande profondeur humaniste. Ce qui s'apparente au repos des héros Tintin, Milou et Haddock est en réalité une mise en scène audacieuse et comme apaisée de l'univers d'Hergé, après l'album du tourment intérieur qu'était Tintin au Tibet.

    Hergé, graphiste génial et passionnant raconteur d'histoire est un humoriste à la grandeur d'âme universelle que des albums controversés comme Tintin au Pays des Soviets (1930) ou Tintin au Congo (1931) ne parviennent pas à relativiser. Hergé est surtout cet artiste, auteur d'une œuvre profonde et personnelle : "Tintin (et tous les autres) c'est moi, exactement comme Flaubert qui disait : « Madame Bovary c'est moi : » Ce sont mes yeux, mes poumons, mes tripes ! Je crois que je suis le seul à pouvoir l'animer dans le sens de lui donner une âme. C'est une œuvre personnelle au même titre que l'œuvre d'un peintre ou d'un romancier. Ce n'est pas une industrie ! Si d'autres reprenaient Tintin ils le feraient peut-être mieux, peut-être moins bien. Une chose est certaine, ils le feraient autrement et, du coup, ce ne serait plus Tintin."

    Exposition Hergé au Grand Palais, Paris, jusqu'au 15 janvier 2017
    Hergé, Catalogue d'exposition, éd. Moulinsart, RMN, 2016, 304 p.
    "Bla Bla Blog s'est fait insulter par le Capitaine Haddock"
    http://fr.tintin.com/herge

     

  • Le top 10 de Bla Bla Blog pour 2016

    Pin it!

    Comme l'an dernier, Bla Bla Blog vous présente le bilan 2016, après 208 articles publiés. Littérature, télévision, cinéma, musiques, expositions, bande dessinée, philosophie ou histoire : quelles ont été les publications les plus populaires et les plus marquantes de cette année ? Le bloggeur vous dit tout, sous forme d'un top 10.

     10  Dans l'enfer du Taj Mahal

    Le seul article consacré au cinéma pour ce Top 10 vient d'un film totalement inattendu, un authentique coup de cœur. Taj Mahal, de Nicolas Saada, avec Stacy Martin dans le rôle principal, mérite amplement cette place pour un petit bijou hitchkockien, qui est aussi un drame contemporain consacré au terrorisme. 

    Taj Mahal.jpgExtrait
    "Beaucoup d’entre nous sont passés à côté de Taj Mahal, sorti il y a un an peu après les attentats du 13 novembre, et qui mérite de figurer parmi les fleurons du suspense français...

    Aucune star pour le deuxième film de Nicolas Saada, auteur du remarqué Espion(s), aucun grand moyen et un film tourné ni en France ni aux États-Unis mais en Inde, une intrigue sèche comme un coup de trique et un sujet d’actualité – le terrorisme – traité avec minimalisme."
    La suite ici... 

     9  Aurélie Dubois unmakes sex

    Aurélie Dubois est une artiste à suivre absolument. "L'artiste de garde" exposait en avril au salon "Salo IV" et y présentait en avril son oeuvre-phare, Mes tresses s'amusent. Ce dessin représente la quintessence d'une artiste qui a fait du sexe et du fantasme son terrain de recherche.

    Dubois.JPGExtrait
    "Qui es-tu pour ne pas te reconnaître ?" annonce le site Internet d’Aurélie Dubois. La citation de Daniel Androvski, psychanalyste et écrivain, annonce la couleur : les œuvres qui sont proposées par l’artiste risquent d’en dérouter plus d’un et nous tendre un miroir dérangeant sur le corps, le désir, le fantasme et le sexe. Une démarche revendiquée par Aurélie Dubois, "artiste de garde", qui affirme ceci : "Je considère que je ne fais que traduire la météo des pulsions."
    La suite ici...

     8  Une fleur pour l'Orage nu

    Le focus sur Fleur Offwood, une musicienne douée - très douée, même – n'est pas passé inaperçu. Cet article fait sait aussi écho à un concours de NoMadMusic dans le cadre de Normandie Impressionniste dont il sera question plus loin. Fleur Offwood est une découverte de ce label et gageons que l'artiste a une longue arrière devant elle.

    Fleur.jpgExtrait
    "En janvier dernier, le prix du jury a été décerné à Fleur O., alias Fleur Offwood (Fleur Dupleich pour l'état civil), pour une création originale de 2:17, L’Orage nu.
    La jeune musicienne a fait le choix d’une composition audacieuse, offrant une pièce de musique de chambre contemporaine que le Kronos Quartet n’aurait pas renié : les leitmotivs entêtants, inquiétants et teintés de naturalisme (l’auditeur peut être transporté à la campagne en été, un jour d’orage) semblent faire le pont entre le sérialisme viennois du début du XXe siècle (Schoenberg, Berg et Webern) et le courant répétitif américain, une influence que la musicienne revendique en faisant référence au compositeur contemporain Steve Reich.

    La suite ici...

     7  Mes hommes 

    Nathalie Cougny a été une des belles découvertes de cette année 2016. Cela a commencé par son exposition "En Corps !" au Julia le 23 janvier, à l'occasion de la sortie de son roman Amour et Confusions... Cette artiste engagée et touchante méritait bien plusieurs articles sur Bla Bla Blog.

    cougny.jpgExtrait
    "Amour et Confusions... : le titre du dernier livre de Nathalie Cougny pourrait faire passer son dernier livre pour un roman sentimental convenu. Ceux qui suivent l'auteure de cette autofiction savent que cela serait très mal la connaître.
    C'est hors des sentiers battus que Nathalie Cougny, peintre, écrivain et femme engagée, entraîne le lecteur – qui est tutoyé, tel un ami et confident – dans une série d'aventures amoureuses. La narratrice, Aurore, nous parle de sa soif d'émancipation amoureuse, de sa recherche de l'amour et de ses hommes.
    Le roman commence par une fuite et une émancipation : un soir, une femme quitte son mari pour rejoindre son amant. Aurore tire ainsi un trait sur son passé, sans pour autant entamer une nouvelle histoire "sérieuse" car cette relation restera éphémère. Elle le sait. Après cet homme, elle en rencontrera d'autres, tous différents, tous marqués par des souffrances parfois indicibles, tous aimants aussi, à leur manière. Faut-il choisir entre eux ?
    "
    La suite ici...

     6  Bouées, sardines et jolies poupées

    Le hasard peut offrir des découvertes inespérées. Prenez Patricia LM : c’est dans le cadre d’un séjour estival que le bloggeur est tombé sur sa discrète galerie à Concarneau. Retenez l’adresse : elle se situe au coin de la rue Laënnec et de la rue Dumont D'Urville, à quelques centaines de mètres de la corniche. Un air marin pour une artiste qui faits se rencontrer le folklore breton (filets de pêche, boîtes de sardines, bouées), la photographie et le pop-art. Patricia LM est à découvrir absolument si vos pas vous amènent dans le Finistère sud.

    musicienne,fleur offwood,nathalie cougny,aurélie dubois,stacy martin,nicolas saadaExtrait 
    "Patricia LM retravaille de la même manière ses modèles féminins. L'artiste a pris le parti de les photographier en gros plan, s’intéressant aux jambes, aux pieds ou aux bustes. Les corps et les vêtements (dont une série sur les jeans) sont mis en valeur avec d’autant plus de respect que les clichés sont là aussi retravaillées et rehaussés de couleurs chaleureuses. Le bleu pastel, le gris velouté et le rose délicat se répondent, au service de photographies qui nous parlent d’intimité, de pudeur, de séduction ou de rendez-vous amoureux secrets dans des lieux interlopes."
    L’atelier de Patricia LM propose, outre les dessins au format à l’italienne de pin-up, d’autres créations étonnantes et qui ne sont pas à manquer."
    La suite ici...

     5  Annulation du Carmen de la Fabrique Opéra de Toulouse

    L’invité surprise de ce Top 10 est un article sur un événement – qui n’a pas eu lieu ! La Fabrique Opéra de Toulouse préparait pour le mois de mai dernier un Carmen, un projet de spectacle dont Bla Bla Blog s’était fait l’écho quelques mois plus tôt. L’annulation n’a pas été sans controverse, les organisateurs toulousains s'estimant lâchés financièrement par l'association nationale qui, de son côté, se défend et plaide le non-respect de leur partenariat. Il n’est que dommageable que dans l’histoire ce soit les bénévoles (en majorité des lycéens) qui aient été les victimes de ce couac. Une cinquième place, donc, que nous aurions préféré ne pas voir ici.

    musicienne,fleur offwood,nathalie cougny,aurélie dubois,stacy martin,nicolas saadaExtrait 
    "Les 3, 4, 8 et 9 mai 2016 le Zénith de Toulouse devait accueillir pour la première fois Carmen par La Fabrique Opéra Toulouse.
    M
    alheureusement, les organisateurs toulousains sont dans l’obligation d’annuler pour des raisons économiques le spectacle à la suite de la décision de La Fabrique Opéra nationale de rompre unilatéralement la convention qui les unissait depuis 2015."
    La suite ici...

     4  Mell, on "Danse" ou on déprime ?

    Mell est une musicienne, et une musicienne vachement douée. La Lorraine a posé ses valises au Canada et poursuit une carrière qui a séduit Bla Bla Blog comme ses lecteurs. Son sixième album est sorti en fin d’année. C’est l’occasion de découvrir une artiste pleine de promesse aux influences pop, rock et électro tous azimuts.

    musicienne,fleur offwood,nathalie cougny,aurélie dubois,stacy martin,nicolas saadaExtrait
    "Mell puise aussi avec énergie dans les années 80 pour des chansons punk-rock coup de poing et enlevées. Hey, Mort de rire et Danse c’est The Clash ressuscité et dopé à l’électro par une musicienne qui n’a pas froid aux yeux. Mell carbure à la new wave dans Au cinéma, transportant l’auditeur dans une salle obscure pour une idylle sucrée et éphémère : "Emmène-moi au cinéma / Que je puisse te toucher dans le noir / Comme si c’était la première fois / Je tremblerai / Tu souriras" : injection de nostalgie garantie.
    Le titre de l’album parle de déprime. Disons, pour être juste, que c’est vers la mélancolie et la nostalgie que penche la majorité des titres. C’est She said, ballade électro, Mon enterrement, une mélodie folk à l’ironie mordante, ou encore Tes yeux verts, titre folk lumineux et minimaliste : "Dans tes yeux clairs / J’ai vu la mer / Dans tes yeux verts / J’ai vu l’enfer… / Non je n’ai pas peur des tempêtes."
    Où te caches-tu ? penche du côté de Nick Drake : "Où te caches-tu mon amour / Dans quel pays / Dans quel faubourg". Cette ballade folk, sur le thème de l’amour et de l’identité, est savamment mise en relief par petites touches, sans dénaturer une mélodie simple, une voix délicatement posée et une guitare sèche lofi."
    La suite ici...

     3  Normandie Impressionniste

    D’avril à août 2016, Bla Bla Blog a consacré un dossier de 11 articles sur le Festival Normandie Impressionniste qui se déroulait du 16 avril au 26 septembre. Il était impossible de parler des 800 manifestations proposées. Le focus a été fait sur les événements les plus marquants : l’exposition "Scènes de la vie impressionniste" au Musée des Beaux-Arts de Rouen, les rétrospectives sur Eugène Boudin (MuMa, Le Havre), celle du peintre John Batho (Musée de Normandie - Château de Caen) et la découverte en France du Norvégien Fritz Thaulow. Bla Bla Blog s’est également intéressé à des initiatives plus particulières : Bill Viola à Yvetot, le partenariat de la SNCF et de Normandie Impressionniste, le concours de NoMadMusic au sujet de la Sonate de Vinteuil de Marcel Proust, la vidéo Éclipse de Thibault Jehanne et un focus sur Rineke Dijkstra,une des artistes invitées par la Frac Haute-Normandie pour l’exposition "Portrait de l'artiste en Alter" à Sotteville-lès-Rouen.

    musicienne,fleur offwood,nathalie cougny,aurélie dubois,stacy martin,nicolas saada,patricia lm,mellExtrait
    "La 3e édition de Normandie impressionniste revient à partir de ce week-end, et jusqu’à la fin 2016. Comme en 2011 et 2013, la Normandie rend hommage et célèbre l’impressionnisme à travers 800 manifestations réparties sur autant de sites. Signalons que pour la première fois, l’essaimage territorial de Normandie Impressionniste se calque sur la nouvelle grande région Normandie.
    Le thème choisi par le festival est celui du portrait qui est décliné autour d’expositions, de spectacles vivants, de créations contemporaines, de danses, de concerts, de pièces de théâtre, d’opéras, de colloques ou de guinguettes.

    L’impressionnisme a été un mouvement pictural révolutionnaire, admiré autant que décrié au XIXe siècle, et dont les apports dans le monde de l’art ont été incommensurables. Erick Orsenna, président du Conseil Scientifique du festival Normandie Impressionniste, rappelle que les peintres impressionnistes ont eu à cœur le goût de l’innovation (le travail sur les couleurs, sur lumière, sur le travail en plein-air plutôt qu’en atelier…), au cours d’une période foisonnante et tournée vers les révolutions (politiques, sociales, culturelles, artistiques ou industrielles. "Ils ont révolutionné la peinture et ouvert la voie à toutes les audaces. Quel encouragement pour les artistes d’aujourd’hui, pour tous les artistes !" dit Erik Orsenna."
    La suite ici...

     2  Alex Varenne et le premier salon de la littérature érotique 

    La deuxième place de ce podium revient à un double événement : l'exposition Alex Varenne à la galerie Art en Transe Gallery et le premier salon de la littérature érotique qui s'y tenait à cette occasion (le 23 novembre 2016). Bla Bla Blog était partenaire de ces deux manifestations. Présenter la peinture d'Alex Varenne (et ses Strip Art) a été aussi l'occasion de parler de son œuvre de dessinateur et de son apport à la BD érotique. Le salon ad hoc était à la fois une parenthèse naturelle à l'exposition Strip Art et un coup de projecteur porté à une littérature audacieuse, dans tous les sens du terme.

    musicienne,fleur offwood,nathalie cougny,aurélie dubois,stacy martin,nicolas saada,patricia lm,mellExtrait
    "Dans le cadre de l’exposition "Strip Art" consacrée à la peinture d’Alex Varenne, avait lieu à la galerie Art en Transe Gallery, ce samedi 26 novembre, le premier salon de la littérature érotique. Bla Bla Blog était d'ailleurs partenaire de cet événement.
    C’est dans ce lieu cosy que Flore Cherry, créatrice et animatrice des Écrits Polissons, avait invité la fine fleur de ce genre littéraire, souvent considéré avec dédain, pour ne pas dire pudibonderie. Or, ce samedi, le public se serrait en nombre dans la galerie Art en Transe Gallery, entouré des toiles d’Alex Varenne. Ah, si ses modèles avaient pu parler ! Et bien, s’ils avaient pu parler, ils auraient pu dire bien des choses en somme."
    La suite ici...

     1  Alka

    Ce n'est pas un mais plusieurs articles qui méritent la première place de ce top 10 en 2016. La comédienne, mannequin et chanteuse Alka Balbir fait feu de tout bois depuis trois ans. Sur Bla Bla Blog, nous aimons Alka, une des premières chanteuses chroniquées sur ce site pour son disque La première Fois, écrit par Benjamin Biolay. 2016 a vu Alka Balbir sur grand écran (Gaz de France, avec Philippe Katerine dans le rôle principal) avant que l'artiste ne se lance dans plusieurs concerts, annonciateurs, n'en doutons pas, de futures réalisations musicales. Comptez sur Bla Bla Blog pour vous en parler.

    musicienne,fleur offwood,nathalie cougny,aurélie dubois,stacy martin,nicolas saada,patricia lm,mellExtrait
    "Alka Balbir a figuré parmi les premiers artistes que j'ai chroniqués sur ce blog en raison de son premier disque, La Première Fois produit par Benjamin Biolay ("Suprême Alka"). Il me paraissait logique de produire un nouveau billet pour signaler sa présence dans la comédie Gaz de France, réalisée par Benoît Forgeard.
    Philippe Katerine est en première ligne dans le rôle d'un Président de la République impopulaire (Tiens, ça vous rappelle quelque chose?) et tentant de remonter dans les sondages grâce à quelques conseillers aussi interlopes. Alka Balbir fait partie de ce casting.
    Gaz de France est présentée comme une fable absurde et intelligente : "Avec une étonnante économie de moyens, un décor minimaliste et une poignée d'acteurs talentueux (...), le cinéaste nous enferme dans un étrange huis clos. En ligne de mire, la politique vidée de son sens et la mainmise de la communication... Dans ce décorticage très caustique du théâtre politicien et de ses coulisses, il donne à voir la peur de la guerre et du chaos, le chacun pour soi" nous apprend Télérama."
    La suite ici...

    Le bloggeur mentionnera enfin deux publications déjà anciennes, mais qui continuent à être consultés régulièrement : le dossier "Montargis la Chinoise", consacré à la naissance à Montargis de la Chine communiste au début du XXe siècle et "Lectures au bout de la nuit" sur l'émission maintenant culte Voyages au bout de la Nuit.

  • Livre d’art ou bande dessinée ?

    Pin it!

    ... Un peu les deux. Alex Varenne, un auteur marquant de la BD érotique, qui a fait l’objet de plusieurs chroniques sur Bla Bla Blog en 2016, présentait en cette fin d’année un autre visage : celui de peintre. Dans la lignée de Roy Liechtenstein, l’auteur des cycles Ardeur et d'Erma Jaguar exposait à la galerie Art en Transe Gallery un choix de toiles, Strip Art.

    Les éditions Zanpano proposent le catalogue de cette exposition, des reproductions d’environ 120 peintures, élégantes, chatoyantes mais aussi osées.

    Chaque page s’apparente à une planche de bandes dessinées, avec titre calligraphié, toutes regroupées en chapitres (Territoire de la Femme, Reines de l’Amour, Pulsions et Compulsions, Charmes asiatiques, Requiem et Épilogue).

    Quelques commentaires éclairent ces parties, mais sans trahir ce livre d’art conçu comme une authentique BD, rendant l’ouvrage d’une grande accessibilité.

    Dans sa préface, Vincent Bernière rappelle que "dans les années 60, des peintres américains ont pillé la bande dessinée pour en faire de l’art." Et voilà que 50 ans plus tard, par un retournement de l’histoire, Alex Varenne, "l’ancien tachiste", mais aussi légende de la bande dessinée érotique, s’est retrouvé adoubé par le milieu des beaux-arts et par les grandes salles de vente – jusqu’à "se venger phonétiquement du pop part." Et devenir l’égal de ses pairs.

    Alex Varenne, Strip Art, préface de Vincent Bernière, éd. Zanpano, 2016, 128 p.
    Dossier "Alex Varenne"

    © Alex Varenne

    Bla Bla Blog était partenaire de l'exposition Strip Art

  • Le kitsch chez Rachel Maclean : pour qui ? Pour quoi ?

    Pin it!

    C’est Noël, c’est Noël, c’est Noël ! Un peu de fantaisie, de féerie, y compris sur Bla Bla Blog... Enfin, finalement non, car, là, je vais vous parler de Rachel Maclean.

    Cette artiste multimédia écossaise propose un univers étonnant et détonnant dans lequel l'imagination à la Tim Burton, matinée de David LaChapelle, est utilisée à des fins d'engagement.

    Chez Rachel Mclean, le kitsch est élevé au rang d'art et d'arme : derrière des créations joyeuses et absurdes se cachent des discours sérieux, voire sombres sur notre époque. Cela explique pourquoi cette personnalité majeure de la création contemporaine se voit auréolée d'expositions prestigieuses à Londres, Édimbourg, Munich, Saint-Petersbourg ou Venise et de récompenses flatteuses, notamment le prix Margaret Tait Award au Festival du film de Glasgow en 2013.

    Ainsi, la créatrice écossaise épingle en 2014 le fantasme impérialiste du Royaume-Uni en grimant le premier ministre de l'époque, James Cameron, en sbire colonial, avec tenue de camouflage, casque idoine et atours ecclésiastiques. Le Nouveau Monde (A Whole New World), que Rachel McLean épingle dans son film aux images travaillées et saturées de couleur, est celui de la vaine nostalgie pour un ordre du monde d'une époque révolue.

    Les "produits" de l'imaginaire merveilleux – personnages de Disney, déguisements, références aux contes de fée – deviennent des moyens de lire et de décrypter la réalité contemporaine. Ainsi, l'artiste écossaise a traité la question de l'identité de son pays dans son film Le Lion et la Licorne (2012) en mettant en scène le partage symbolique d'un gâteau aux couleurs de l'Union Jack par une reine grimée de manière outrancière.

    En se mettant elle-même en scène dans ses performances, Rachel Maclean interroge notre société sur son fonctionnement et sur des aspects de notre culture : la télé-réalité, les réseaux sociaux, la publicité omniprésente, l'appauvrissement du langage, le culte de la beauté et de la jeunesse.

    Chez Rachel Maclean, contes de fée, figures de la télévision (comme Kim Kardashian) ou personnages de dessins animés sont utilisés avec un sens de la créativité ébouriffant pour interpeller le spectateur sur "le culte de la jeunesse et l'enthousiasme exagéré et le marketing du bonheur" (Home Art, "Rachel Maclean: Wot u :-) about?").

    La jeune femme s'exprime ainsi au sujet du message qu'elle véhicule dans ses œuvres faussement naïves : "Je me suis intéressé à l'idée que l'enfance soit un espace tout à fait distinct et spécial, et comme coupé du monde adulte... En même temps, il y a quelque chose d'horrible dans ce sentiment d'altérité que nous avons créé chez les enfants." Un sentiment d'altérité jamais aussi présent que ce jour de Noël.

    Rachel Maclean: Wot u :-) about?, Tate Britain, Londres,
    29 octobre 2016 – 8 janvier 2017
    http://www.rachelmaclean.com

    © Rachel Maclean

     

  • Arnold Schönberg peintre

    Pin it!

    Arnold Schönberg, l’inventeur de la musique sérielle et prophète du modernisme, présente un visage inattendu en ce moment au Musée d’art et d’Histoire du Judaïsme (jusqu’au 29 janvier 2017). Le public pourra y découvrir le peintre Arnold Schönberg, se découvrant moins révolutionnaire et théoricien que moderne et instinctif.

    Loin de se confronter à l’abstraction comme on pourrait le montrer, l’auteur d’Aaron und Moses se révèle expressionniste. Pas d’éclats ou de scintillantes compositions symboliques comme chez Gustav Klimt mais des compositions brutes, sans artifice. Les toiles de Schönberg sont sombres (Nocturne III, 1911) et l’Autoportrait bleu (1910) a une naïveté confondante, bien éloignée de l’image du théoricien du dodécaphonisme.

    Peut-être est-ce dans ces tableaux que le compositeur se montre le plus humain.

    "Arnold Schönberg, Peindre l’âme", Musée d’art et d’Histoire du Judaïsme,
    jusqu’au 29 janvier 2017