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Spectacles

  • La Quincaillerie en mode live et confiné

    Cela se passera le mercredi 11 novembre à La Quincaillerie... Ou, plutôt : non.  Crise sanitaire oblige, ce sera sur Internet. Au grand dam des artistes et de tout ce que la France compte de professionnels ou amateurs en spectacle, le nouveau café-théâtre de la cité vendéenne doit fermer ses portes, lui aussi, mais il ne s’arrête pas pour autant.

    La troupe locale Tricot Combo s’adapte et proposera un téléspectacle en live le mercredi 11 novembre à 19h30 depuis La Quincaillerie. Une soirée théâtre depuis son canapé, avec plaid, apéro et lumières tamisées ? Et pourquoi pas ? La représentation se produira sur la scène du café-théâtre des Herbiers et sera diffusée en direct live sur les réseaux sociaux de La Quincaillerie.

    Pour cette e-aventure théâtrale du 11 novembre, Les quatre compères du Tricot Combo promettent d’embarquer le public dans un univers aussi chaleureux que leur tricot de laine bariolé. Ils ne perdent pas de vue leur mission : trouver le meilleur public au monde. Rien que ça. Musiciens, comédiens, chanteurs… Inclassables, universels, Tricot Combo régale "large" avec une panoplie de gags improbables.

    Ce sera à découvrir à la maison… depuis la Quincaillerie des Herbiers.

    Tricot combo Live à La Quincaillerie des Herbiers (85)
    Mercredi 11 novembre, 19H30 en live
    https://www.billetweb.fr/tricot-combo-en-live-a-la-quincaillerie
    https://www.theatrelaquincaillerie.fr

    © Les photos de Vio

    Voir aussi : "La Quincaillerie improvise avant son ouverture"

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  • Lignées d’oiseaux

    wajdi mouawad,sylvain diaz,théâtre,palestine,israël

    Il est bien entendu important de parler de théâtre en cette période de crise sanitaire. Et si les scènes restent fermées et confinées, il reste heureusement le livre.

    L’un des meilleurs dramaturges contemporains, Wajdi Mouawad, est l’auteur de Tous des Oiseaux (éd. Babel), l’une de ses œuvres les plus marquantes. Découvrir son drame en texte garde sa puissance, même si évidemment rien ne vaut son adaptation sur scène. Il faut d’emblée préciser que Wajdi Mouawad avait prévu d’emblée que sa pièce soit jouée dans la langue de ses personnages – à savoir en allemand, en anglais, en arabe et en hébreu. Ce grand drame sur le thème du choc des cultures, des générations mais aussi des mémoires a été imaginé au début des années 2000, après les attentats du 11 septembre 2001.

    Tous des Oiseaux commence comme une histoire d’amour à la Roméo et Juliette : Eitan, l’étudiant juif, et Wahida, une jeune Palestinienne, se rencontrent dans une bibliothèque américaine et tombent amoureux. Tout se brise cependant lors d’un voyage au Moyen-Orient : un attentat terroriste palestinien entre Israël et la Jordanie blesse gravement Eitan. C’est dans une chambre d’hôpital que Wahida vient le veiller alors que le jeune homme se trouve entre la vie et la mort. La famille du blessé est prévenue et se dépêche sur les lieux. Les parents et les grands-parents d’Eitan, des juifs vivant en Berlin, rejoignent la jeune Arabe. Au pied du malade, les personnages parlent et s’affrontent autour de leur identité, de leur passé, de leur culture, de l’amour du jeune couple mais aussi des traumatismes et des secrets de famille.

    Pièce de l’universalité à plus d’un titre

    Wajdi Mouawad a diviser son drame en quatre actes – "Oiseau de beauté", "Oiseau du hasard", "Oiseau de malheur" et "Oiseau amphibie". Des oiseaux qui sont aussi dans le titre de la pièce. Ces oiseaux perdus sont ces personnages déracinés et meurtris par leur passé – ici, la Shoah ; là, les guerres israélo-palestiniennes – qu’Etgar, le grand-père, énonce ainsi : "J’étais le dernier d’une lignée d’oiseaux sans port, sans branche, sans rien, moi le petit survivant." L’apparition à la fin de la pièce de Wazzân, personnage historique apparaissant tel un fantôme, déclame un conte animalier dans lequel un oiseau se fait amphibie pour se fondre parmi les poissons, ces étrangers ("Je suis l’un des vôtres").

    Pièce de l’universalité à plus d’un titre, Tous des Oiseaux entend dépasser l’idée de séparation entre cultures. Wajdi Mouawad a fait le choix de ne pas rester sur cette histoire d’amour entre un Juif et une Arabe, mais d’invoquer les liens familiaux, les aïeux mais aussi les passés. Dans la postface, Sylvain Diaz insiste sur l’importance du dialogue pour "être à l’écoute de ce [que l’ennemi] éprouve… Il ne s’agit pas d’aller contre lui mais d’« aller vers »." En faisant en sorte que chacun des personnages fasse une route douloureuse vers sa propre identité, à travers une tragédie se fragmentant en scènes mêlant des lieux et des scènes différentes, Wajdi Mouawad compose une œuvre symphonique de chair et de sang. Cruelle et formidablement humaine.

    Wajdi Mouawad, Tous des Oiseaux, drame en quatre actes
    Postface de Sylvain Diaz, 2018, éd. Babel, 179 p.
    http://www.wajdimouawad.fr
    https://www.colline.fr/spectacles/tous-des-oiseaux

    Voir aussi : "Dieu, quels humains !"

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  • Jouer à Château perché

    Le Château Perché est cette opération surprenante et ambitieuse, jouant à fond la carte de l’originalité et de l’engagement. Il reste quelques jours seulement avant la fin de la compagne de crowdfunding pour son nouveau projet de Château Perché, le H²P, appelé autrement Le Havre dê Perche.

    Ce festival français de grande envergure entend se réapproprier le territoire national en naviguant de château en château. Elle œuvre désormais à acquérir son propre lieu, ce qui implique une levée de fonds.

    Le nouveau QG du Château Perché sera ce Havre dê Perche, une terre d'accueil pour des artistes et des militants "perchés." Les organisateurs et organisatrices ont à cœur d’insister sur la dimension artistique autant qu’activiste et sociale.

    Dimension artistique autant qu’activiste et sociale

    Le divertissement a aussi sa place, comme le prouve l’édition 2019 : 4 jours et 3 nuits de manifestation, 10 000 festivalier·ère·s, 12 scènes musicales aux styles variés (électro, classique, contemporain, jazz, jungle, breakbeat, hip hop ou zouk), un espace d’ateliers et d’expression, plus de 450 artistes musicien·ne·s, plasticien·ne·s, danseur·euse·s contemporain·ne·s, performeur·euse·s, comédien·ne·s ou sculpteur·trice·s.

    Voilà ce qu'annoncent les responsables : "Nous sommes en voie d’acheter un château, qui sera notre/votre Havre dê Perche. Un lieu où prendre le temps de créer, de construire, de penser, d’expérimenter, de s’exprimer et de vivre. Un lieu où réfléchir la fête pour qu’elle soit la plus curieuse, libérée, ouverte, tolérante, consciente, engagée, inclusive et égalitaire."

    Pour en savoir plus sur cette campagne de financement, rendez-vous sur leur site.

    Château Perché, campagne de crowfunding
    https://chateauperche.com

    Voir aussi : "Arthur, Merlin et compagnie sur Ulule"

    Photo : Kevin Srt - Château Perché - 2018

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  • La Quincaillerie improvise avant son ouverture

    Il reste un peu plus de 50 jours avant l’ouverture de La Quincaillerie, le bar-théâtre des Herbiers (85).

    En attendant cet événement local très attendu, la nouvelle scène vendéenne (en soi un véritable pari en cette période de crise sanitaire) sera étrennée par Alix, une comédienne qui a fait ses premiers pas sur la scène d’un café-théâtre parisien. Les 11 et 18 juillet, accompagnée de son acolyte Amandine, elle donnera rendez-vous aux adultes et aux enfants accompagnés, pour deux séances d’improvisation théâtrale.

    Mais pourquoi avoir choisi de se produire à La Quincaillerie, dans cette petite ville des Herbiers ? À une heure de Nantes et des Sables d’Olonne, et à 7 minutes du parc du Puy du Fou, le centre-ville des Herbiers est un lieu de passage important. On peut parier que le futur bar-théâtre saura trouver sa place et son public.

    Le nom du nouveau café-théâtre vendéen a été choisi en hommage au tout premier métier qui se pratiquait dans ce local vieux de 100 ans… Quincaillier ou encore marchand de chaussures : on ne sait plus trop, en fait...

    "Comme à la maison"

    Dès ce week-end en tout cas, La Quincaillerie prend vie grâce à Alix de Forville et Amandine Perrin. Entourées de leurs proches, et des proches de leurs proches, les deux amies ont imaginé leur scène de A à Z. Du sol à la dernière bougie allumée sur la table, en passant par les tabourets de bar, elle se sont amusées à recréer l’espace dans ses moindres détails pour que chacun s’y sente "comme à la maison".

    L’art de l’improvisation : voilà l’objectif des deux artistes, qui entendent bien montrer qu’il peut être pratiqué par tout un chacun, seuls, en couple, ou en famille, en week-end ou en vacances. Après un échauffement, des jeux et des exercices pour se rôder, le public se lancera dans des scénettes encadrées de 30 à 45 minutes : les comédiens en herbe auront un joli aperçu de l’improvisation. Et certains – pourquoi pas – pourraient même se trouver une vocation. Les organisatrices promettent des moments uniques de partages… qui se termineront devant un apéro.

    Cela aura lieu à La Quincaillerie des Herbiers les samedi 11 et 18 juillet.

    De septembre à juin, Alix poursuivra ses cours d’improvisation théâtrale pour les adultes uniquement, chaque mardi de 19h à 20h30.

    Alix et Amandine à La Quincaillerie des Herbiers
    Les samedi 11 et 18 juillet 2020, de 11H à 12H30,
    Direction : Alix de Forville et Amandine Perrin
    https://www.theatrelaquincaillerie.fr
    Réservation : dreamteam@theatrelaquincaillerie.fr

    © Les photos de Vio

    Voir aussi : "Rock’n’roll, rouflaquettes, chrome et pin-ups en Bourgogne"

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  • Ce film que vous ne verrez jamais (mais que vous écouterez)

    Nous avions parlé à plusieurs reprises du très prometteur Jordane Tumarinson et de ses compositions instrumentales, véritables BO… sans film.

    C’est aussi de cette manière que l’on pourrait cataloguer Christophe Menassier (Loo & Monetti), qui vient de débarquer avec son premier album solo, The Unknown Movie.

    C’est tout en délicatesse que le musicien nous entraîne dans un univers aux mélodies soignées et aux sons planants (Theme From The Unknown Movie).

    Ce premier album, mélancolique, voire sombre (Kings All Die One Day) se pare de sonorités soigneusement choisies (les timbres du clavecin dans The Unknown Movie, le piano dans Whatever Happens In The Dark), jusqu’à proposer de véritables voyages dans l’espace-temps (Boiling confusion, Greatness And Madness Of Men, Night Race). Il faut souligner la singularité de cet album, tour à tour mélancolique, enlevé ou même métaphysique (As Long As There Is Life, Melancholic Therapy).

    Romanesque

    The Unknown Movie est vraiment un album incarné, dans sa manière de nous prendre doucement par la main et de nous chuchoter à l’oreille des vérités, des souvenirs, ou même des tourments (Looks Like Shadows).

    Il y a aussi ces moments de fraîcheur et aussi de douceur romantique – pour ne pas dire romanesque –, avec le bien nommé Romantic Illusion Is A Good Thing ou bien The Incertainty Of Love.

    L’album se termine avec Lost Man Chapter, le dernier volet mystérieux, tarantinesque et post-apocalyptique d’un premier opus maîtrisé de bout en bout.

    Christophe Menassier, The Unknown Movie, autoproduit, 2020
    http://www.christophemenassier.com
    https://www.facebook.com/christophemenassier

    Voir aussi : "Jordane Tumarinson et les petites histoires de son enfance"

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  • À la découverte de Hamilton

    Connaissez-vous Hamilton ? Derrière ce nom se cache Alexander Hamilton (1757-1804) l’un des Pères fondateurs de la nation américaine. Mais il s’agit aussi de la comédie musicale de Broadway récompensée par 11 Tony Awards, Grammy Awards et Olivier Awards, et par un prix Pulitzer. Cette captation est réalisée par Thomas Kail, également coproducteur aux côtés de The Walt Disney Company, Lin-Manuel Miranda et Jeffrey Seller.

    Le spectacle est proposée à partir du 3 juillet sur Disney+, une occasion de découvrir une pièce annoncée comme révolutionnaire dans sa captation immersive. Le résultat, étonnamment intimiste, combine le meilleur du théâtre, du cinéma et d’une diffusion en streaming.

    Hamilton, qui est un hymne à la ténacité, à l’espoir, à l’amour et à l’union face à l’adversité, est un véritable biopic en deux actes et 48 chansons. Une pièce qui plonge dans la genèse des jeunes États-Unis d’Amérique : que cette comédie musicale soit proposée la veille de la Fête d’indépendance américaine est donc tout sauf un hasard. La version proposée sur Disney+ a été filmée en juin 2016 au Richard Rodgers Theatre de Broadway,

    Le réalisateur et également acteur principale, Lin-Manuel Miranda, s’enthousiasme de voir sa création proposée sur petit écran : "Je suis très fier de la manière dont Tommy Kail est parvenu à transposer Hamilton à l’écran. Chaque spectateur est assis dans le meilleur fauteuil de la salle ! (…) Je suis hyper fier de ce spectacle, et j’ai hâte que vous le découvriez à votre tour."

    Hamilton, comédie musicale de Lin-Manuel Miranda
    Avec Lin-Manuel Miranda, Daveed Diggs, Renée Elise Goldsberry,
    Leslie Odom, Jr., Christopher Jackson, Jonathan Groff,
    Phillipa Soo, Jasmine Cephas Jones, Okieriete Onaodowan et Anthony Ramos,
    Sur Disney+ à partir du 3 juillet 2020
    https://hamiltonmusical.com/london

    Voir aussi : "Binge-watching de spectacles avec Opsis TV"

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  • Tout le monde à la maison (avec Lady Gaga et ses amis)

    Ce sera l'un des grands événements artistiques de ce Grand Confinement : un concert caritatif d'envergure - mais à la maison. Le show "One World: Together at Home" sera diffusé partout dans le monde cette nuit à partir de 2 heures du matin. Lady Gaga a levé 35 millions de dollars avec le mouvement Global Citizen grâce à des mécènes. 

    En un temps record, la star américaine a réussi à fédérer sponsors, spécialistes et surtout une centaine d'artistes prestigieux : outre Lady Gaga, il y aura Taylor Swift, Stevie Wonder, Jennifer Lopez, Paul McCartney, Elton John, Lizzo, Andreo Bocelli, Billie Eilish, Les Rolling Stones, Alicia Keys,Céline Dion, Elton John, Pharrell Williams, Angèle ou Christine and the Queens.

    Les personnels de santé de tout pays seront à l'honneur à l'occasion de cet événement exceptionnel unique visible gratuitement sur les chaînes de télé et sur les sur les pages Facebook, Instagram, Twitter et Youtube de Global Citizen.

    Concert "One World: Together at Home"
    Sur France 2, à partir de 2H
    Et sur Internet et les réseaux sociaux
    https://www.globalcitizen.org
    @GlblCtzn
    @ladygaga

    Voir aussi : "Du baume au rockeur"

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  • Imaginarium at home

    En ces temps de confinement, les étudiants organisateurs de l’Imaginarium Festival invitent ceux qui le souhaitent à se déhancher, dans leur salon, dans leur chambre, en écoutant la playlist de la programmation 2020.

    Le line-up de cette septième édition de l’IF est en effet désormais au complet avec Oboy, Bon Entendeur, The Pirouette et ROBPM.Ils feront rugir le Tigre aux côtés de Vladimir Cauchemar, Diønæ, La Cour de Récré, Josman, Dirtyphonics, You Man Dj Set, Rakoon, The Faim, 13 Block, Claire Laffut, Taiwan MC et Bellaire. Comme dhabiture, l’Imaginarium propose une programmation mêlant le pop-rock, électro mais également le rap et le reggae,

    Nom de code d’une opération militaire

    Petit rappel. L’Imaginarium Festival, c’est un pari fou lancé par quatre étudiants de l’Université de Technologie de Compiègne en 2013, avec le projet qui fleure bon le nom de code d’une opération militaire : "Tempête du désert." Cet événement s’inscrit aujourd’hui de façon durable dans le paysage musical des Hauts-de- France et bien au-delà.

    Sur les deux deux jours du festival, en 2019, l’Imaginarium a réuni 13000 festivaliers,la plupart très jeunes (18-25 ans), pour 45 heures de musique live sur 5 scènes, avec 40 artistes et groupes, 5 scènes, 10 spectacles, 6 conférences, le tour organisé par 85 étudiants, 76 bénévoles, avec le concours de 24 écoles partenaires et 19 entreprises partenaires, 30 associations et 400 professionnels. Ce rendez-vous festif a reçu en 2019 la labellisation officielle "Éco-festival" pour son engagement dans le développement durable, un aspect hélas très souvent oublié dans la plupart des festivals de ce genre.

    L’Imaginarium Festival est aussi un révélateur de talents. En effet, de nombreux artistes de la scène musicale se sont fait remarqués sur la scène compiègnoise, comme par exemple Bigflo & Oli, Thérapie Taxi, Rilès, Vald, The Avener ou encore FKJ. Cette 7e édition compte bien ne pas déroger à cette tendance.

    Festival Imaginarium
    Le Tigre, Margny-lès-Compiègne (Oise)
    www.imaginariumfestival.com

    Voir aussi : "Musicale Tchéquie"

    Crédit photo : Pierrick Lorang

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  • Accusé Molière, levez-vous !

    Voilà 400 ans que Molière berce l’histoire de la littérature française. Celui qui est un auteur classique, entré dans tous les manuels scolaires, est sans doute aussi, paradoxalement, celui qui est le moins académique et le plus vivant. Commentées avec passion, ses pièces gardent leur fraîcheur et toute leur pertinence.

    Qu’une pièce, justement, se penche sur "le cas Molière", voilà qui ne peut que susciter notre intérêt. Si nous parlons de "cas Molière" c’est qu’une théorie troublante s’est peu à peu dévoilée depuis le début du XXe siècle : la plupart des grandes pièces de Molière seraient, en réalité, écrites par Corneille. Et si le plus grand monument du théâtre français était une vaste imposture ? C’est en partant de cette idée que Julien Delpech (auteur et interprète et seul en scène Ça aurait pu commencer comme ça !, toujours en tournée) a imaginé Molière, L’Imposteur ?

    En 1998, François Martin, professeur de Français à la retraite, décide de partir en Inde dans le cadre d’une mission humanitaire. Un séisme détruit la région et on perd la trace du professeur. Un an plus tard, le fils de François, Victor, désormais orphelin, reçoit un cahier du notaire de sa mère. En découvrant ce manuscrit, ce sont de lourds secrets qui sont dévoilés, et parmi eux il y a une imposture littéraire.

    Aurions-nous tous été tous dupés ? Molière serait-il cet imposteur que Pierre Louÿs avait cru démasquer ? Qu’importe, répond en substance Julien Delpech : même si Molière n’est pas l’auteur de ses pièces, il reste un personnage majeur. Sans Jean-Baptiste Poquelin, Molière n’existe pas et sans Jean-Baptiste Poquelin, Corneille reste Corneille.

    Molière, L’Imposteur ?, proposé par la jeune compagnie Gaîté Production, ne cache pas son ambition artistique : cette enquête historique et littéraire s’étalant sur trois époques et sur plusieurs siècles, elle est interprétée par cinq comédiens et comédiennes endossant pas moins de 25 rôles.

    Alors, Molière est-il l’auteur de L’Avare, de Tartuffe ou du Bourgeois Gentilhomme ? Au public de le découvrir avec cette étonnante pièce, qui entend dévoiler une vérité sur le plus énigmatique, sans doute, des génies français.

    Molière, L’Imposteur ? de Julien Delpech
    Avec Julien Delpech, Paul Morel, Héloïse Werther, Pierre Delcambre et Prune Roussillon
    Compagnie Gaîté Production
    Théo-Théâtre, Paris, 15e

    Du 13 octobre au 22 décembre 2019, le dimanche soir à 19H
    http://www.lesptitsmolieres.com

    Voir aussi : "Seul en scène entre amis"

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  • Dieu, quels humains !

    yves caussiol,théâtre,jésus,dieu,désert médical,normandie,théâtre montmartre galabruÉvidemment, faire une chronique sur une pièce de théâtre écrite c’est ne voir qu’un revers d’une médaille : parler d’un texte sans pouvoir évoquer la mise en scène et l’interprétation.

    Come back incognito d’Yves Caussiol, cette "histoire […] plaisante, cocasse, grinçante et pleine d’humour", comme le dit Michel Le Royer de la Comédie française, a été adapté sur planche à Paris au Théâtre Montmartre Galabru. Mais puisqu’une pièce de théâtre est d’abord un texte écrit avant d’être joué, intéressons-nous à cette fable d’Yves Caussiol.

    Dans un village normand, un ancien interne arrive comme le messie pour s’installer dans un cabinet et remplacer un médecin sur le point de partir à la retraite : cela tombe bien car ce nouveau confrère est précisément le messie ! Jésus s’ennuie en effet et veut revoir les hommes malgré les (mauvais) souvenirs dont il garde de son séjour sur terre : "En bas, au moins, il y a de l’action, des guerres. Ici, je ne sers plus à rien, je m’ennuie."

    Réincarné en jeune médecin, sous le nom d’Issa, Jésus découvre la vie d’un cabinet en plein désert médical. Comme abandonné au milieu d’une population de pauvres hères : une secrétaire acariâtre, un agriculteur paralysé – que Jésus, bien entendu, refait marcher – un maréchal-ferrant passablement "vicieux", un enseignant usé, une prostituée et deux agricultrices.

    Une comédie à la fois joyeuse et grinçante

    Aussi perdu que ces habitants, Jésus se débat pour exercer une médecine plus ou moins orthodoxe, et aux méthodes qui, pour le moins, ne laissent personne indifférent. Mais il a surtout cette capacité de discuter et d’écouter avec bienveillance, en dépit de l'incompréhension manifeste entre le Christ et des humains dans ce trou normand... Grâce à Issa/Jésus, les habitants en ressortent bouleversés : "Ah Seigneur ! Vous m’avez exaucé en m’envoyant ce remplaçant. Mes patients seront entre de bonnes mains, je pourrai enfin me reposer", dit son vieux prédécesseur dans un des monologues du dernier acte. Le Fils de Dieu en sortira lui aussi changé, avec d’autres projets pour ces frères humains.

    Il fallait une sacrée audace pour oser proposer une œuvre autour d’une divinité descendant sur terre. Yves Caussiol le fait dans une comédie à la fois joyeuse et grinçante. L’auteur choisit pour décor un lieu qu’il connaît bien : un cabinet au cœur d’un désert médical, lui qui a été dentiste dans le civil avant d’entamer une seconde carrière dans le théâtre, d’abord comme acteur puis comme auteur avec cette première pièce.

    Pour Come back incognito, Yves Caussiol choisit la farce et la fable pour parler de conditions humaines. Les calembours, des jeux de mots ou des quiproquos parsèment une pièce dans laquelle les hommes et les femmes sont des pantins, des clowns ou des caricatures mais aussi des êtres de chair et de sang tour à tour perdus , grossiers, déprimés, misérables ou encore plein d’espoir.

    Il ne reste plus au lecteur que de découvrir ou redécouvrir cette pièce sur scène.

    Yves Caussiol, Come back incognito, éd L’Harmattan, coll. En scène, 2019, 68 p.
    https://caussiolyves.wixsite.com/cbi2019
    https://www.editions-harmattan.fr

    Voir aussi : "Iphigénie d’Europe"

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  • Du vin, des arts et de la fête

    Saviez-vous que Suresnes a été une terre de vignerons ? Ce patrimoine viticole est justement l’objet du Festival des vendanges et des arts de la rue. La 36 e édition aura lieu ce week-end, les 4, 5 et 6 octobre 2019.
    Comment fêter le vin dans un territoire qui, historiquement, a été l’un des plus anciens et des plus importants du pays.

    Créé en 1957, la toute première manifestation, à la fois kermesse populaire et salon de dégustation, devient dès 1983 un festival dédié aux arts de la rue. La vigne profite également d’une cure de jouvence avec la mise en place de nouveaux procédés de vinification et l’installation de cuves en inox. En 2018, Le millésime de 2016 de l’association du Clos du Pas Saint -Maurice remporte le premier prix du concours des vins blancs d’Île-de-France, organisé par Le Parisien et la Revue du Vin de France.

    Cette année encore, Suresnes célèbre le vin à travers le théâtre de rue : "Un festival qui fait confiance aux artistes et qui revendique plus que jamais la liberté de création dans l’espace public" dit Peggy Desmeules, la directrice artistique de cet événement. Pour cette nouvelle édition, les productions proposent au public des créations gratuites invitant le public à s’émouvoir, s’interroger et vivre des expériences nouvelles.

    Dès le vendredi 4 octobre à 20H30, le Collectif Plateforme présentera Trafic, spectacle grave et provocateur sur la prostitution : qui sont ces travailleuses du sexe ? La prostituée est-elle une marchandise comme une autre ? Ou bien symbolise-t-elle une nouvelle forme d’esclavage ?

    Le samedi, c’est le collectif BallePerdue qui sera à l’honneur, avec GORA, un selfie au milieu des Sioux. Ce spectacle auto-fictionnel retrace la déambulation poétique d’un gamin en skateboard. Il croisera des bisons, des sioux, dans un monde peuplée de souvenirs, de rêves et de peuples réels ou imaginaires.

    Le Festival des vendanges de Suresnes a su sortir du traditionnel salon de dégustation

    Le dimanche sera une journée particulièrement riche en spectacles. La Compagnie Hydragon mettre en place son "Service Public Facteur" à travers sa Pétillante aventure épistolaire / Les facteurs d’amour. Les facteurs d’amour offriront au public un cadre convivial et chaleureux pour prendre le temps d’écrire "je t’aime" à un parent, un ami ou à un amoureux ou une amoureuse. L’amicale des Misanthropes proposera Le barbier, l’histoire d’un homme obnubilé par cette question : "Rendre l’âme d’accord, mais à qui ?" La Compagnie La Baleine-Cargo racontera, elle, le récit de la Poulette crevette, une histoire décalée, pleine d’humour et de suspense qui parlera de tolérance.

    Acid Kostik jouera, durant l’après-midi, Sandy et le vilain Mc Coy. Les interprètes, Tony, Dylan et Jacky, bonimenteurs patentés, dévoileront leur nouvelle attraction, le BX4000, une projection cinématographique en 3D augmentée d’un chef d’œuvre incontournable, et surtout libre de droit, Sandy et le vilain Mc Coy : un western unique en son genre, avec des méchants, des Colt et des "chevals !" NonDeDieu, du duo Kumulus contera, de son côté, le pari d’un metteur en scène et "ses" comédiens de créer un spectacle.

    Le festival de Suresnes laissera également une large place aux marionnettes (Compagnie Mungo), aux arts du cirque (Compagnie Presque Siamoises, Five Foot Fingers, Compagnie des Plumés) à la danse (Totaal Theater, la Compagnie des grandes personnes, la Compagnie des mangeurs de cercle) ou à la musique (Radix, Compagnie progéniture, Audrey et les faces B).

    Le Festival des vendanges de Suresnes a su sortir du traditionnel salon de dégustation pour faire de ces trois journées un événement atypique au cœur de la cité. Trois jours de surprises et de découvertes pour rappeler l’histoire d’un patrimoine vinicole qui ne cherche qu’à revivre.

    Festival Vendanges Arts de la Rue
    Suresnes, les 4, 5 et 6 octobre 2019
    https://www.suresnes-tourisme.com/festival-vendanges-suresnes.html

    Voir aussi : "Paul Pariente au fourneau et au slam"

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  • Charlotte for ever

    charlotte gainsbourg,days off,rest,philharmonie,serge gainsbourg,gainsbourg,miles kane,sebastianCharlotte Gainsbourg était à la Philharmonie le mardi 9 juillet à l’occasion des Days Off. Un moment rare pour une artiste à la réserve légendaire.

    On oublie aussi trop souvent que Charlotte Gainsbourg est une figure à part dans la musique, choisissant un chemin entre la pop-rock, la chanson et l’électro. Une synthèse souvent très audacieuse – mais il est vrai que la fille de Serge Gainsbourg sait de qui tenir en la matière.

    Après un set rock énergique de Miles Kane, gâché cependant par une sono peu avare en basses, Charlotte Gainsbourg arrivait sur scène, plus attendue que jamais. En tee-shirt blanc et jeans comme ses musiciens, la chanteuse est restée dans l’ombre – ou plutôt sous la lumière de dix quadrilatères futuristes – pendant plusieurs titres, avant d’apparaître sur le devant de la scène, habillée à chaque fois de jeux de lumières d’une belle sophistication.

    Ce concert de Charlotte Gainsbourg, dans l'écrin tout en courbe et en douceur de la grande salle Pierrre Boulez, reprenait très largement les titres de son dernier album Rest produit en grande partie par SebastiAn : Lying With You, Ring‐a‐Ring o' Roses, I'm a Lie, Deadly Valentine, Les crocodiles, Les oxalis et le très émouvant Kate. Deux grands classiques, écrits par son père, ont marqué la soirée : un Charlotte for ever hypnotique et une version tout aussi mémorable de Lemon Incest qui clôturait le set. Malgré sa timidité légendaire, Charlotte Gainsbourg montrait à travers ce dernier rappel qu’elle n’a rien perdu de son audace, avec ce nouvel hommage à son père.

    Charlotte Gainsbourg, Rest, Because Music, 2017
    Charlotte Gainsbourg, Festival Days Off, Philharmonie
    mardi 9 juillet 2019

    http://www.charlottegainsbourg.com
    https://daysoff.fr/fr
    https://www.mileskane.com

    Voir aussi : "Il n'y a pas que la beat dans la vie"

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  • J'ai bien vu Emma Zégarski et j'ai bien écouté les Sugarr

    Avant une pause musicale Pelhamonabudget nous parle d'une semaine qui s'est avérée finalement moins décevante que ce qu'il craignait. La preuve avec la découverte d'un groupe qui pourrait bien avoir inventé un nouveau style musical. Rien que ça.

    Voilà une semaine qui aurait pu être meilleure, mais qui aurait aussi pu être bien pire. En écoutant les artistes qui allaient jouer cette semaine je me suis dit qu’il n’y avait pas un seul groupe ou artiste indispensable. Je me suis dit que je pourrais, donc, prendre une semaine de congé, mais j’ai finalement décidé d’assister à ces concerts.

    Ma semaine a commencé le mardi soir à La Belle Hortense, une librairie qui est également un café bar. À la Belle Hortense je voulais voir l’artiste Emma Zégarski, et je l’ai bien vue… pendant quelques secondes. J’ai juste entendu la fin de sa dernière chanson avant sa pause, et, comme mes amis les Libert’airs le savent, je ne reste jamais aux concerts pendant les pauses. Alors, je pense qu’Emma Zégarski est une bonne artiste malgré le fait qu’elle soit une Française qui chante en anglais. D’après ce que j’ai écouté en ligne, son anglais est très bon. Et puis, elle est influencée par la musique folk américaine, alors c’est pertinent qu’elle chante en anglais. La Belle Hortense était pleine pendant la prestation d’Emma Zégarski, mais j’avais l’impression qu’une seule personne, à part moi, l’écoutait. Ce n’était pourtant pas le cas : Madame Zégarski est sortie pendant sa pause et un travesti anglophone lui a parlé, alors peut-être qu’il l’avait écoutée aussi.

    La révélation de la semaine était Sugarr, que j’ai vu au Supersonic le mercredi. Sugarr n’a qu’une moitié de chanson en ligne en ce moment, et la qualité de cet extrait est mauvaise. Mais j’ai décidé de prendre un risque et d’aller les voir. J’étais sûr que j’allais être déçu, en sachant que je suis toujours dupé par la musique qui est de mauvaise qualité. Je suis arrivé tôt dans la soirée au Supersonic : un coup de bol... J’étais témoin des dernières chansons du concert de Sugarr. C’est un tout jeune groupe et ils n’ont donc pas beaucoup de chansons. En allant au Supersonic, j’avais peur qu’ils soient un groupe de grunge. J’aime bien le grunge, je veux dire : le grunge américain. Les Français ne sont typiquement pas de bons interprètes de grunge, mais, heureusement, les Sugarr ne sont pas du tout grunges : ils sont plus "heavy", un peu "stoner" et "swamp rock." En bref, je pense qu’ils créent un genre de musique entièrement nouveau : retenez bien ce que je suis en train d’écrire…

    La grande déception de la semaine a eu lieu à l’International, le vendredi soir. J’avais voulu voir le groupe The Ramblers, et j’ai été choqué quand un mec m’a arrêté au sommet de l’escalier pour que je paie cinq euros. J’avais pensé que le concert était gratuit – un couvert de cinq euros pour ce concert était excessif, et donc je suis rentré chez moi. Je m’en foutais, mais le vendredi soir a bien confirmé ce que j’avais déjà soupçonnais : l’International est mort, et ça c’est super triste.

    Pelhamonabudget

    https://pelhamonabudget.wordpress.com
    https://emmazmusique.wixsite.com/site
    https://www.facebook.com/caramelizedmusicshit

    Voir aussi : "Comment j'ai raté quelques bons artistes"

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  • Je suis retournée à Manderlay

    Notre hors-série sur Tatiana de Rosnay se termine (presque) comme il a commencé : par un retour sur les terres de Daphné du Maurier, une artiste fondamentale pour qui veut comprendre l’auteure d’Elle s’appelait Sarah ou de Boomerang.

    Nous revoici donc revenu à Manderley, sur les terres de Rebecca, que l’auteure franco-britannique met en scène dans sa courte pièce Rebecca m’a tuée (éd. L'Avant-scène théâtre). Cette œuvre très atypique dans la bibliographie de Tatiana de Rosnay a été écrite à l’occasion de la cinquième édition du festival Le Paris des femmes" qui a eu lieu du 8 au 10 janvier 2016. Neuf auteures (Stéphanie Blanchoud, Alma Brami, Claire Castillon, Léonore Confino, Carole Fréchette, Claudie Gallay, Cécile Ladjali, Valérie Tong Cuong et Tatiana de Rosnay) et un auteur (Christian Siméon) étaient invités à revisiter Crime et Châtiment de Fiodor Dostoïevski à travers des pièces courtes.

    Les ombres de papier viennent hanter les vivants jusqu’à la folie

    C’est sans surprise que Tatiana de Rosnay a proposé avec Rebecca m’a tuée une plongée dans l’univers de Daphné du Maurier et de son alter-ego romanesque, Rebecca. Dans sa propriété de Manderley – à moins qu’il ne s’agisse de la propriété de Menabilly qu’elle vénérait – l’écrivain traverse une phase de dépression lorsqu’une voix l’interpelle : il s’agit de Rebecca, son célèbre personnage de papier. Comment la faire taire ? "Même si vous avez écrit d‘autres romans, on ne vous parle que de celui-là, Rebecca, Rebecca." Et si tout cela existait réellement ? Et si Manderley n’était pas une simple fiction, contrairement à ce qu’affirme Daphné du Maurier ("Manderley n’existe pas. Vous le savez bien. Et tout ceci n’est qu’un rêve") ?

    Dans cette histoire à l’atmosphère hitchcokienne, les ombres de papier viennent hanter les vivants jusqu’à la folie. L’écriture devient un labyrinthe où le vrai se mêle au faux, et où les personnages de fiction s’adressent aux êtres de chair et de sang. Tatiana de Rosnay fait de Rebecca une créature écrasant de sa présence une artiste qui ne peut s’en défaire ("Tu es tout le temps là, Rebecca. Le matin, quand je me lève et que je prends ma tasse de café et ma tartine au miel, je sais que tu me vois"). C’est une lutte qui est racontée et dont la genèse démarre avec le roman de 1937. Une lutte mortelle dont les protagonistes sont les personnages fictifs de Rebecca et de madame de Winter. Daphné du Maurier doit s’effacer et les laisser vivre. Les romans ne meurent jamais, dit aussi en substance Tatiana de Rosnay.

    Tatiana de Rosnay, Rebecca m’a tuée, in Crimes et Châtiments
    éd. L'Avant-scène théâtre, coll. Quatre-vents, 2015, Paris, 13 p.
    http://www.tatianaderosnay.com

    http://www.parisdesfemmes.com/2016

    Voir aussi : "Tatiana de Rosnay, son œuvre" 
    "Sur les pas de Daphnée du Maurier"

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  • Comment j’ai raté quelques bons artistes

    Pelhamonabudget nous raconte sa semaine musicale, et hormis quelques surprises, il ne cache pas quelques déceptions. Comme quoi, on ne peut pas tout aimer.

    Toutes mes excuses à Nour, the Bakounines, Vaguess, Marianne Feder, Lewsberg, Mackenzie Leighton et Pizzzb : cette semaine n’a pas été particulièrement couronnée de succès.

    Nour a l’air resplendissante, mais c’est impossible de s’attarder très longtemps au Jazz Café Montparnasse : je n’ai jamais bu un Coca Zéro aussi vite que celui que j’ai avalé là-bas, ce lundi soir, durant une soirée où se produisaient des amis de Nour. Nour ne jouait finalement pas de jazz malgré le fait qu’elle se produisait au Jazz Café Montparnasse. Quant à cet invité, un jazzman violoncelliste, je dois dire que son humour ne m’a pas particulièrement touché.

    Mardi soir, je ne connaissais pas le nom du groupe qui se produisait à l’International. Plus tard, j’ai découvert qu’elles s’appellent Laisse-moi et elles ne sont pas mal, mais c’est surtout dommage que j’ai raté the Bakounines. Je ne m’attarderai pas sur Laisse-moi mais plus sur L’International, qui est franchement décevant. Dans le passé, tous ses concerts étaient gratuits, mais cette fois j’ai été choqué d’être arrêté au sommet de l’escalier pour payer ce concert. Un conseil donc : "Faites gaffe à l’International’. Voilà qui est dit.

    Je voulais voir deux groupes aux Mains d’œuvres le mercredi soir : Lewsberg et PIP, mais je n’ai réussi qu’à voir PIP. Le set d’Os Noctàmbulos , en deuxième partie de la soirée, ne m’intéressait pas : non pas que je n’aime pas ce groupe mais je l’avais déjà vu deux fois. Je me suis donc éclipsé à la fin du concert de PIP, qui en plus ne m’a pas franchement ému. Ils manquent de basse : avec un ou une bassiste ils seraient superbes mais en ce moment il est clair qu’il leur manque cet élément capital. Si j’avais su que PIP manquait d’un bassiste je serais venu plus tard aux Mains d’œuvres pour voir Lewsberg, qui avait l’air véritablement fantastique.

    Le jeudi soir j’ai décidé de rater le concert de Mackenzie Leighton pour soutenir une amie, une chanteuse lyrique, ainsi que son mari, un pianiste de jazz. Ils jouaient à la Galerie One Moment. Je ne comprends pas l’attrait de la musique d’opéra et cet élitisme qui me met mal à l’aise.

    Au Walrus Disquaire Café, ce vendredi soir, j’ai vu Louise Thiolon, et je pense qu’elle est une très bonne artiste. Sa musique est douce. Sa voix aussi. Ses concerts sont cool, mais, cool ou non, le Walrus Disquaire Café était bien trop plein. Je n’ai pas pu regarder son concert trop longtemps : pour ma santé mentale, il a fallu que je quitte la salle. Dommage.

    Le samedi soir, au Supersonic, j’ai vu le remarquable groupe Ruines. Il est uniquement composé d’une batteuse et d’une claviériste. Ce duo arrive à créer une musique intéressante, dense et minimaliste. Les deux musiciennes du groupe chantent, et la voix de la batteuse convient parfaitement à la musique. Ses cris à faire glacer le sang m’accompagneront encore longtemps.

    Aujourd’hui, dimanche 26 mai, j’aurais beaucoup aimé voir le groupe Pizzzb au Centre International de Culture Populaire. Ils ont l’air drôles et j’ai l’impression que leur musique est subtilement et naturellement captivante, mais Louis Lingg and the Bombs était l’autre groupe au Centre International de Culture Populaire. Or, je n’aime pas ce groupe autant qu’il ne m’apprécie pas, et vu que personne ne pouvait me dire les horaires de passage des deux groupes, il a fallu que je rate ce concert, de la plus lâche des manières.

    Pelhamonabudget

    https://pelhamonabudget.wordpress.com
    https://www.facebook.com/laissemoitheband
    https://www.facebook.com/payspaix
    https://www.facebook.com/louisethiolonmusic
    https://www.facebook.com/pages/category/Musician-Band/RUINES-258983630931388

    Voir aussi : "Fast Friends, Daltons, Barricades : je vote oui !"

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