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chanteuse

  • Prénom : Marlene

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    Saint Valentin oblige, c’est aux cœurs de guimauve que se destine ce titre en exclusivité de Prénom Marlene, une jeune artiste qui vient de sortir son premier titre, Les mots qui rassurent.

    À découvrir – en attendant un premier album ?

    https://www.facebook.com/prenommarlene
    http://www.prenommarlene.com

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  • Faustine promet

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    Dans la lignée de Pomme et de ces jeunes chanteuses pop-folk, il y a Faustine, auteure de Métamorphoses, un nouvel EP, moins léger qu’il n’y paraît a priori.

    La chanteuse nîmoise, qui a fait ses armes auprès de Tété, -M- ou Oxmo Puccino, trace sa route sans s’interdire de thématiques. La balade amoureuse et mélancolique Marmara côtoie un rock engagé et féministe, Je danse sous la pluie, une incantation pour les femmes et contre le mauvais sort jeté par les machistes de tout bord, une introspection sur le temps qui passe et le temps à venir (Ce qui me guette) mais aussi un récit sombre sur une migrante.

    La vie promesse conte à la première personne l’histoire d’un exode, sous les ricanements de Charon, le passeur mythologique. Métamorphoses se termine par le capricieux Sur ta bouche, une pop acidulée, légère et piquante comme une Tête brûlée.

    Faustine, Métamorphoses, Perlimpinpin Association, novembre 2018
    https://www.faustinechanson.com

    Voir aussi : "Ma Pomme"

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  • La vie à deux avec Maud Lübeck

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    Sur la pochette de Divine, une vapeur énigmatique mange la moitié droite du visage de Maud Lüceck. À l’image de ce visuel, une impression de mystère plane sur ce court album de moins de 24 minutes. On devine l’auteure cachée dans un monde incroyable et derrière des compositions dans laquelle affleurent la délicatesse, la mélancolie, l’ombre et la lumière.

    L’amour, l’attirance et la vie à deux rythment les neuf titres de Divine, à l’image de celui qui donne le nom à l’opus, sorti trois ans après Toi non plus. Il y est question de la magie d’une rencontre qui vous laisse tétanisé et qui impose une suspension du temps ("Bouger serait un crime"). La mélodie est réduite à sa plus simple expression. L’interprétation place une distance pudique, pour ne pas dire majestueuse : "Divine / Divin hasard / Qui m’a conduit ce soir / À son regard / Divine / Si précieux / Je ne veux je ne peux / laisser partir ses yeux / Ne partez pas."

    Tout autant en retenue, Amoureuse traduit l’émoi envoûtant et l’aliénation de l’amour : "Je ne sais pas ce que tu as de plus / Ce qui fait que toi tu / Ce qui fait que toi tu m’as émue." Maud Lübeck propose un morceau, construit autour d’un rythme syncopé et d’allitérations en "t" qui entend questionner la vie à deux.

    Dans Peur d’aimer, cette vie à deux devient un refuge contre et malgré la peur ("J’aurais moins peur si j’étais deux") : peur de l’engagement, de la solitude, "du vent violent" et de l’aliénation. L’ambivalence se traduit dans la construction de ce titre à deux revers : couplets sombres fait d’hésitations et de ruptures, puis se déployant dans un refrain lumineux.

    Une remarquable économie de moyens

    À l’instar de L’autre part, la recherche de l’amour et d’une forme d’idéal ("L’été et le ciel azuré") constituent la première partie de l'opus: "J’aimerais vivre quelque part / Dans des rêves et dans des pensées / Me sentir bien quelque part / Allez." Comme souvent dans Divine, les claviers et les voix sont utilisés avec une remarquable économie de moyens.

    Cardiophonie scinde l’album en deux. Cette interlude électro et respiration instrumentale marque l’entrée dans une deuxième partie de l’opus. Là, il sera surtout question de séparations, de départs et d’absences.

    Ne me dis pas est la constatation d’une rupture – en dépit d’un "Je t’aime" trompeur. C’est en quelque sorte "un long requiem d’amour en fuite." Dans la bouche de Maud Lübeck, la fin de cet amour n’est pas clamée dans un cri de détresse mais exprimée comme une froide constatation. En retenue, avec délicatesse et avec une forme de majesté.

    L’un des meilleurs titres de l'album est sans doute L’Absente. Une grâce indéfinissable se dégage de cette chanson sur une amitié disparue ("À toi qui ne veut pas que nous soyons amis") et sur un appel au retour de l’être aimé. La composition mélodieuse et l’interprétation à fleur de peau rend déchirante cette histoire de rupture : "Si tu voyais mon cœur comme depuis il se traîne."

    Dans cette partie de Divine plus sombre, l’auditeur pourra objecter que Cœur est un chant amoureux : "Prends soin de moi ou je meurs." Sauf que dans ce cheminement personnel et sentimental, il est autant question d’une passion amoureuse que d’une forme d’aliénation, que Maud Lübeck exprime grâce à un chœur éthérée et inquiétant  : "La beauté du monde / Brune ou blonde / Si je me sens belle ou immonde / C’est toi qui me mène / C’est toi qui sème / Et tout ça parce que je t’aime."

    Divine se termine par cet aboutissement qu’est Le Dernier amour : "Je ne veux plus d’hiver / Sans ton regard / Plus de maison / Sans ton bazar / Je ne veux plus de nuit sans tes bras tendres / Je te veux pour ma vie / Sans plus attendre / /Et que tu sois mon dernier amour / Celui qui durera toujours." Avec Maud Lübeck, l’amour n’est pas ce monument insubmersible et incontrôlable, mais un fragile trésor, aussi précieux qu’un bijou de cristal Swarovski.

    Maud Lübeck, Divine, Finalistes, 2019
    http://www.maudlubeck.com

    Voir aussi : "Le retour de la femme mimosa"

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  • Laurie Darmon à nu

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    Il y a tout juste un an, il était question sur Bla Bla Blog du premier album de Laurie Darmon, Février 91. Quelques mois, plus tard, l’artiste a choisi de ne pas se reposer sur cet opus réussi et s’est aventurée sur un terrain autrement plus audacieux et culotté. Elle sort en ce moment son nouvel EP, Dévêtue, créé et distribué dans une totale liberté. Que la chanteuse se mette à nu dans ce cinq titres est un euphémisme : Laurie Darmon y parle d’amour dans ce qu’il y a de plus brut, d’instinctif et, finalement, d’authentique.

    Bien entendu, il est aussi question de séparations subies, d’attentes douloureuses et d’attractions difficiles, à l’exemple de Reste ("Ce sera pareil ailleurs / Ne laissons pas passer les heures / On finira par le regretter mon cœur… / Je suis juste coincée là / Complètement bloquée sur toi / Et ça m’épuise / Non mais t’imagine pas / Ça me paralyse / Y’en a plus que pour toi") ou d’Îles grecques, lumineux et sucré ("J’avais envie que tu restes auprès de moi / Là-bas y a trop de filles trop de mecs trop de trucs / Et ce je ne sais quoi").

    Dans ce nouvel EP comme chauffé à blanc, l’auditeur retiendra d’abord On Bai. et Rengaine SM, deux morceaux aux titres explicites. Dans son premier album, Monte Encore montrait déjà toute l’audace de Laurie Darmon. Cette fois, la chanteuse fait de l’amour une invitation à la fête qui ne souffre aucun contrôle : "On danse danse danse danse / On se met bien bien bien / On se laisse aller comme ça / Je me laisse aller avec toi toi toi / On bouge on bouffe on boit on bai." Avec sa musique minimaliste dopée d’une énergie communicative, Laurie Darmon propose un titre décomplexé et libérateur.

    Un EP comme chauffé à blanc

    Tout aussi libérateur et bien plus audacieux encore, Rengaine SM propose sur une ballade naïve qui suit les confidences d’une jeune femme sur ses expériences sado-masos. Il faut avoir l’art de maîtriser le texte comme Laurie Darmon pour pouvoir oser une telle mise en musique : "Je me souviens des interdits sur tes lèvres / Ne ferme pas les yeux j’ai dit ou je te crève / C’était bon c’était bon c’était bon / C’était la vie qui venait nous pénétrer par ici aussi." Dans l’emballement de ses confidences, la musicienne insuffle dans Rengaine SM cette saveur romanesque et touchante qui donne à ce titre une légèreté paradoxale : "J’en veux encore / Pourquoi t’as tout repris / Tu aurais pu au moins laisser ton corps."

    Une dernière chanson mérite qu’on lui porte une attention particulier, Stéphane et Stéphanie. Rien à voir avec le titre éponyme d’une certaine Caroline Verdi, obscure chanteuse des années 70 – un petit tour sur Bide & Musique vous en convaincra définitivement. Le "couple de noctambules" qui fait l’objet de cette samba slamée est une réussite totale : sophistication bluffante dans les ruptures de rythmes, texte déchirant d’humanité, portrait esquissé de deux bobos que l’on aimerait croiser, voix nette et sans fioriture qui rappelle la Laurie Darmon slameuse de La Rupture : "Tu m’as laissée toute seule / Et maintenant c’est moi qui reste / Là sur le bord de ta gueule / T’as pas débarrassé les miettes / J’avais pas l’habitude avant / J’étais la fille qui sait déjà / Que chaque soir à l’appartement / Même si c’est tard tu seras là." S’il n’y a qu’un seul titre qui peut justifier l’écoute de cet EP, c’est sans conteste Stéphane et Stéphanie.

    Avec On Bai., Laurie Darmon s’est jetée dans le grand bain d’une liberté, certes risquée mais qui augure un beau devenir. Si ce ne sont que les préliminaires d’un deuxième album, on a hâte d’en découvrir plus.

    Laurie Darmon sera au Bus Palladium le 31 janvier 2019.

    Laurie Darmon, Dévêtue, Lionne Records, 2019
    Laurie Darmon au Bus Palladium, Paris, le 31 janvier 2019, 20 heures
    https://www.facebook.com/lauriedarmonoff

    Voir aussi : "Vingt-sept ans à la limite"
    "Laurie Darmon, la fille formidable"

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  • Dans l'Hexagone de cet hiver

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    Cet hiver, le bloggeur propose dans le dernier numéro d'Hexagone, la revue trimestrielle de la chanson une chronique sur Armelle Ita, pour son  EP III. Un nouveau visage de la chanson française, assurément.

    Hexagone, hiver 2018
    Armelle Ita, III, Make Me Prod, 2018

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  • Berry de retour

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    Berry est l’une des chouchous de Bla Bla Blog. Il y a un an de cela, nous nous alarmions de sa discrétion, six après la parution de son superbe mais injustement méconnu album, Les Passagers. Nous voilà définitivement rassurés en cette fin d’année, alors que la chanteuse se prépare à une série de concerts de janvier à juin 2019. si vous traînez dans ces villes, et s’il reste des places, courrez écouter l’une des plus belles voix de la chanson française.

    À Gap le samedi 26 janvier 2019, Quattro
    À Carcassonne le samedi 2 février 2019, Théâtre Jean Alary
    À Arcachon le dimanche 24 février 2019, L'Olympia
    À Le Mans le jeudi 28 février 2019, Palais Des Congrès
    À Caluire et Cuire du lundi 4 mars 2019 au mardi 5 mars 2019, Radiant - Bellevue
    À Marseille du vendredi 15 mars 2019 au samedi 16 mars 2019, Le Silo
    À Marseille du samedi 1er juin 2019 au mardi 11 juin 2019, Opéra Municipal

    https://www.agendaculturel.fr/berry
    http://www.casadeberry.com

    Voir aussi : "Où es-tu, Berry ?"

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  • Klervia, une Bretonne à Paris

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    Une première question en introduction à cette chronique : qu’est-ce que cette "cage dorée" dont parle Klervia dans son dernier clip ? Pas la peine d’être un critique de Télérama pour lire dans ce nouvel opus l’histoire d’un amour rêvé, un cri du cœur et un appel : "Et moi j’attends devant ta porte fissurée / Je veux m’endormir avec toi / Même s’il n’y a pas d’or là bas / Sans promesses ni pourquoi / Sans contrats ni coups bas."

    Bla Bla Blog pourrait-il s’avancer sur une autre interprétation de ce nouveau single ? Se pourrait-il que Klervia n’ait pas imaginé ce titre pop-folk en pensant à cette cage dorée que pourrait être Paris ? Car voici une artiste tout droit venue de Bretagne – avec une marinière en guise de signature pour cette native de Plougastel-Daoulas – naviguant, dans le clip réalisé par Pydjhaman, à Paris : Seine, métro, station Cité ou au pied de la cathédrale Notre Dame. La Cage Doré est un titre dans lequel, plus que le récit d’un homme désiré, pointe la nostalgie d’une femme partagée entre deux régions.

    Voilà qui rend le personnage de Klervia d’autant plus attachant. Et si je vous que la musicienne est également astrophysicienne (la jeune femme tient un blog sur l’espace et les étoiles), voilà qui devrait vous convaincre de suivre sa carrière.

    Kervia, Cage dorée, septembre 2018
    http://klerviamusic.fr
    http://lafilledanslalune.fr

    Voir aussi : "L’étoile mystérieuse"
    "Sônge d’une nuit d’électro"

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  • Brol d’elle

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    "Bordel" ou "Bazar" : c’est la signification flamand du terme "Brol", le titre du premier album d’Angèle. Le brol, explique l’artiste belge dans une récente interview pour Elle, est ce qu’il y a dans son sac : " des clés, un livre, un paquet de chewing-gums, vide, une clé USB… Des choses pas forcément utiles, mais dont je n’arrive pas à me séparer, parce qu’elles rassurent..."

    Grâce à ce premier album aussi personnel et dérangé qu’un sac à main, le moins que l’on puisse dire est qu’Angèle est entrée avec fracas sur la scène musicale française. Quelques mauvaises langues ont parlé d’une pop facile et assez peu révolutionnaire. Mais c’est justement cette simplicité et cet esprit cash qui a permis à Angèle de trouver son public, et même un très large public. N’en déplaise à certaines critiques, la jeune artiste s’impose avec audace grâce à sa voix sans fioriture, son sens de l’autodérision, son franglais bien de son époque mais surtout sa qualité d’écriture.

    Prenez le titre qui l’a fait connaître, La Loi de Murphy. Sur cette chronique talk-over d’une journée de merde, il est à parier que quelques millions de jeunes filles reconnaîtront des situations qu’elles ont elles-mêmes vécues. Angèle se confie d’une voix exaspérée comme si elle s’adressait à de bons potes : "Puis là, c'est trop parti en couilles. Il y a d'abord eu la pluie : la loi de Murphy a décidé d'enterrer mon brushing. Un mec me demande son chemin : gentiment je le dépanne. En fait, c'était qu'un plan drague : ce con m'a fait rater mon tram J'en profite, je passe à la banque, je laisse passer mémé. Si seulement j'avais su qu'elle relèverait tous ses extraits de l'année, je l'aurais poussée et coincée dans la porte automatique." Que du vécu, à l’instar de Flemme, une autre tranche de vie bien ordinaire sur ces journées grises et maussades ("Laissez-moi tranquille / Ce soir, la flemme d'éviter les mauvais regards / Team jogging dans l'appart sans perdre mon portable, ma dignité, mes clés / J'suis dans un mauvais mood, je répondrai plus tard").

    Joli bazar

    Au-delà de ces confessions, Angèle est de notre époque et croque notre société du haut de son insolente jeunesse : la misère des réseaux sociaux (La Thune), le star-system (Flou), l’homosexualité (le délicat Ta Reine) ou le machisme avec Balance ton Quoi.

    On s’arrêtera d’ailleurs plus longuement sur ce titre. Balance ton Quoi s’écoute comme la contribution d’une artiste au mouvement #metoo. Il est aussi une pierre lancée contre le climat étouffant de misogynie jusque dans le milieu de la musique : "Ils parlent tous comme des animaux / De toutes les chattes ça parle mal / 2018 je sais pas ce qu’il te faut / Mais je suis plus qu'un animal / J'ai vu que le rap est à la mode / Et qu'il marche mieux quand il est sale / Bah faudrait peut-être casser les codes / Une fille qui l'ouvre ce serait normal." Quelques amateurs de rap apprécieront.

    Dans ce joli bazar qu’est Brol, Angèle s’impose comme une artiste parvenant, mine de rien, à se démarquer de ses consœurs de la pop. De sa voix fragile et tout en retenue, la chanteuse belge touche l’auditeur au plus près. Usant du "je" et du "tu" dans un souci de proximité et de connivence, Angèle décliné quelques jolis titres sur l’amour : amour inconditionnel (Nombreux), amour virtuel (Tes yeux), amour mort (Les Matins), amour empoisonné par la jalousie (Jalousie) ou amour impossible (Ta Reine).

    Brol serait-il un album au "bazar" rassurant mais pas forcément utile ? Ce serait oublier le résultat soigné qu’offre Angèle. Et puis, peut-on réellement dénigrer une artiste qui ose chanter avec autant de justesse et sans mièvrerie, en duo avec Roméo Elvis, la recherche du bonheur, du vrai : "Le spleen n’est plus à la mode, c’est pas compliqué d’être heureux" ?

    Angèle, Brol, Angèle VL Records, 2018
    https://www.facebook.com/angeleouenpoudre

    Voir aussi : "Jade Bird, Huh la la !"

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  • Jade Bird, Huh la la !

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    C’est une découverte que je vous invite à écouter, et je peux dire qu’au départ on a eu chaud.

    Imaginez : une jeune chanteuse propre sur elle, cheveux impeccables et guitare sèche. On avait tout lieu de craindre une artiste marketée, à la folk produite au kilomètre par une multinationale pour un public d’adolescents. Et bien non !

    Jade Bird signe en ce moment son dernier single Uh Huh pour le label indépendant Glassnote Records. Après son premier EP Something American, qui l’a fait découvrir l’an dernier, la jeune Anglaise, tout juste vingt ans, revient pour transformer l’essai.

    Auteure et interprète, Jade Bird cité volontiers parmi ses influences Patti Smith, Cat Power, ou Alanis Morissette. Il est vrai qu’il y a de la rage dans ce titre à fleur de peau.

    Portée par une guitare sèche qu’elle manie comme une arme, l’artiste britannique laisse dérouler le flux de son histoire, le portrait d’une femme libre et fatale ("If you’re thinking that she is good / I think you should be told"). Jade Bird cache derrière les ellipses de ses paroles un vrai scénario, cruel, mâture et sans fioritures : "She’s got you where it hurts / But you don’t seem to see / That while she’s out at work / She’s doing what you did to me." Sa voix est à l’avenant, et l’on peut parier que la Britannique a déjà trouvé ses marques et est prête à marcher ses les pas de ses brillantes aînées.

    En attendant un prochain album, qui sera scruté avec le plus grand intérêt, Jade Bird prépare déjà une tournée, qui sera absolument à suivre.

    Jade Bird, Uh Huh, Glassnote Records / Caroline International, 2018
    http://www.jade-bird.com

  • Jain, paroles et musique

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    Jain_video.png

    Nous parlions il y a quelques jours de Jain et de son album phénomène, Souldier.

    Il y a une autre manière d’écouter et de s’immerger dans l’univers de la chanteuse pop : Delphine Dussoubs, alias Dalkhafine, est la créatrice de ces petits bijoux, produits par Spookland.

    Ces vidéos hypnotisantes dans lesquelles les mots de Jain viennent danser et nous trotter dans la tête sont à découvrir sur Internet. Une vraie curiosité.

    Jain, Souldier, Columbia, 2018
    Chaîne Youtube de Jain 
    https://www.jain-music.com/fr

    Voir aussi : "En-Jain it"

  • En-Jain it

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    Jain : enjoy it! Voilà qui illustrerait au mieux cette chronique sur le deuxième album de la jeune Toulousaine, en passe de devenir une superstar de l’électro-pop, au même titre que Christine and the Queens. Soudier et Chris : en cette rentrée 2018, l’actualité musicale est marquée par deux albums phares de la musique française. Deux albums, mais aussi deux chanteuses d’une vingtaine d’années, deux personnalités attachantes et deux phénomènes hyper douées : Jain et Chris cumulent les points communs et les singularités.

    Singulière, la native de Toulouse l’est sans aucun doute. Souldier était aussi attendu que craint : après le succès de Zanaka en 2015, la pression était sur elle. Son deuxième opus a fait pousser des oufs de soulagement autant que de ravissement à ses fans de plus en plus nombreux.

    En dépit d’un matraquage médiatique tous azimut, Jain ne choisit ni la facilité ni les sentiers battus. Souldier est même du jamais entendu. L’expression "electro world" n’a jamais aussi bien porté son nom dans un album où le son vient piocher dans des sonorités internationales : pop des années 80 (Feel it), arabe (On my way), soul américaine (Flash (Pointe noire)), funk (Oh man), folk (le magnifique Dream), reggae (Souldier, un hommage reggae au Buffalo Soldier de Bob Marley) ou le hip hop avec le fameux Inspecta, remixant le générique du dessin animé Inspecteur Gadget – un vrai hymne à la pop culture !

    Remixant le générique du dessin animé Inspecteur Gadget

    Soudier, sous tes airs d’opus mainstream, sait aussi se singulariser par des titres plus personnels qu’ils paraissent a priori. C’est par exemple le titre qui donne son nom à l’album, et qui est un hommage à la tuerie d’Orlando en juin 2016 (50 morts dans une boîte de nuit de la communauté LGBT) : "He's a soldier / I saw him with my eyes / Bearing roses in his arms / Yeah I saw him with my eyes / Spreading his love all around." La chanteuse offre également un vrai chant d’amour à la ville d’Abu Dhabi : "Pushing the limits of music from the inside / Your arabic sound is driving my mind / The first time I walked down into your town / A new kind of music had blessed my soul" (Souldier). 

    Jain s’amuse dans un album à la fois rythmé, généreux, dansant, coloré, avec ce je ne sais quoi d’irrévérencieux. Les boîtes à rythme sont survitaminées, les mélodies pleines de subtilités (On my Way, Dream ou le archi diffusé Alright) et la voix incandescente de la chanteuse fait tomber toutes les réticences. Sans oublier, dans un opus entièrement en anglais, cet accent français qui devrait faire chavirer le public international.

    Jain est entrée dans la cour des très grands artistes dont les futurs opus – soyons-en sûrs – seront attendus avec enthousiasme : "En-Jain it !"

    Jain, Souldier, Columbia, 2018
    https://www.jain-music.com/fr

    Voir aussi : "La reine Christine"

  • Liv Monaghan, la chasseuse de chansons

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    La jazzwoman Liv Managhan, dont nous avions parlé à plusieurs reprises sur ce site, continue une année menée tambour battant. Elle a besoin de notre aide pour clore 2018 en beauté. Elle est en passe de réussir son pari en réalisant son premier album, dans la continuité logique de son subjuguant EP Beauty in the Park. Allez, encore un effort...

    Nous parlions sur Bla Bla Blog de jazz alternatif et de world jazz pour qualifier les performances de cette chasseuse de chansons. La plus parisienne des Irlandaises proposera une sélection de titres dont les influences sont à chercher du côté de Joni Mitchell, John Coltrane, Alice Coltrane, Marc Ribot, Jeff Buckley, Nina Simone, Claude Debussy ou Duke Ellington.

    Pour l’enregistrement, Liv Managhan s’est entourée du bassiste Sava Medan (auteur et compositeur la chanson Yellow Suit de Beauty in the Park), de Soheil Tabrizi-Zadeh à la guitare et à la trompette et du batteur Adrien Cao. L'album a été enregistré à Paris chez Aeronef Studios par Antoine Karacostas et a été mixé à Munich au studio Realistic Sound Studios par Florian H Oestreicher.

    Liv Monaghan a besoin de vous, de nous, pour aller au bout de son projet d’album. Pour participer au financement et à la production de ce projet, rendez-vous sur KissKissBankBank.

    https://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/new-album-by-liv-monaghan
    https://www.livmonaghanmusic.com

    Voir aussi : "Liv Monaghan, en musique et en images"
    "Liv Monaghan au Sunset"

  • Clara Luciani, La Femme libérée

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    J’étais curieux de découvrir Sainte Victoire, le premier album de Clara Luciani, l’ex soliste de La Femme. Présenté comme un opus qui ferait date, allions nous retrouver cette électro-pop fiévreuse et sophistiquée du groupe récompensé il y a quatre ans aux Victoires de la Musique ?

    Oui et non. À la faveur de son premier album, Clara Luciani s’est complètement libérée pour livrer une œuvre moins électro que pop et chanson française, écrite à la perfection : dit autrement, un magnifique bijou.

    Sainte Victoire est une pépite riche d’inventions musicales comme d’univers personnels. Il commence par une ode au combat d’une femme combative dans un monde dur : "Et toi / Qu’est-ce que tu regardes / T’as jamais une femme / Qui se bat / Suis moi / Dans la ville blafarde / Et je te montrerait comme je mords / Comme j’aboie / Prends garde / Sous mon sein la grenade" (La Grenade). De même, dans Drôle d’Époque, Clara Luciani se met à nu autant qu’elle confie à son public ses interrogations sur la manière d’être femme aujourd’hui : "Qu'est-ce qu'on va faire de toi ? / Tu marches même pas droit / Tu à l'allure de ton père / Les cheveux en arrière / T’as pas l'air, t’as pas l'air, t’as pas l'air d’une femme / D’une femme / Où sont passés tes seins / Ta cambrure de félins ? / Tantôt mère nourricière / Tantôt putain vulgaire / Conduis toi, conduis toi, conduis toi comme une femme… / Moi j'ai pas l’étoffe, pas les épaules, pas les épaules / Pour être une femme de mon époque / On vit vraiment une drôle d'époque." Si, ici, une guitare accompagne la voix délicate de Clara Luciani, là c’est un piano qui appuie le bouleversant, et tout aussi personnel, chant d’adieu, Dors : "Dors, dors / Il n’y a rien à voir ici / Rien à regretter / Dors, dors / Je viendrai bientôt auprès de toi me coucher."

    Dans une toute autre veine, les fans de Metronomy retrouverons une reprise de The Bay que Clara Luciani propose dans une adaptation française à la fois fidèle à l’originale – joyeuse, tropicale et électrique – et beaucoup plus convaincante, moins minimaliste et surtout d’une très grande classe : "Bienvenue sur la baie / On est si bien sur la baie / Les femmes sont nues / Les hommes aussi / Rien à se cacher / Rien à se cacher / Et le jus de fruits / Entre leurs doigts / Vient se glisser" (La Baie).

    L'influence de Françoise Hardy est flagrante

    La pop de l'ex La Femme est matinée de rock (le rythmé et fiévreux Comme toi) mais aussi de pop folk dans laquelle l’influence de Françoise Hardy est flagrante. On pense bien sûr à Monstre d’amour qui était aussi le titre du premier EP de Clara Luciani, sorti l'an dernier. Ce titre, l’un des meilleurs de son album, semble faire la fusion entre l’électro-rock et les sixties, avec cette noirceur et cette mélancolie d’une élégance rare, et qui est aussi un hommage à Gainsbourg et à L'Amour monstre de Pauwels : "C'est comme si j'étais devenu un monstre d'amour / Mes jambes flanchent, mon cœur est lourd / Je finirai par l'étouffer dans tout ce velours / J'ai beau hurler mes cris sont sourds / Dis moi, dis moi pourquoi je sombre / Dans des eaux, dans des ombres / Dans lesquelles je me noie."

    Clara Luciani offre avec Les Fleurs un exemple de titre aussi délicat et subtil qu’une pétale de rose. Cette chanson est un hymne à la simplicité autant qu’une introspection sur la difficulté d’exister : "Quand tout me lasse / Quand tout est dégueulasse / Quand rien ne vaut la peine / Pas même moi / Je pense aux fleurs / Qui sont parfaites / Qui n'ont pas d'autre rôle que de l'être" (Les Fleurs).

    La chanteuse sait aussi jouer de l’humour et de l’autodérision dans On ne meurt pas d’amour ("Je suis rouillée jusqu’à l’os / Faut changer les rouages / Ou jeter à la casse mon appareillage") ou dans ce bilan caustique d’une rupture sentimentale qu'est La dernière Fois ("Prends une photo de moi / photocopie-la trois fois / Encadre-la au-dessus de ton piano droit / Entre tes parents et un certificat / C’est la dernière fois que tu me vois."

    L’album se termine avec Sainte Victoire, un slam en forme de coup de poing et surtout auto-portait d’une artiste qui revendique sa pugnacité et son envie de vivre : "Je suis armée jusqu’aux dents / Sous mon sein : une grenade." La boucle est bouclée sur une merveille d'album. Une vraie victoire.

    Clara Luciani, Sainte Victoire, Initial Artist Services, avril 2018
    En concert : le 26 août au Festival Les Solidarités de Namur (Belgique),
    le 30 août à la Cour du Château de Bulle (Suisse),
    le 28 septembre à La Nouvelle Vague (Saint Malo)

    https://www.difymusic.com/clara-luciani

    Voir aussi : "Vingt-sept ans à la limite"

  • Melissa Bon, de The Voice au silence de la mer

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    Rien de trop chez Melissa Bon : un regard envoûtant qui ne vous quitte pas dans son clip Blank, une voix posée sans fioriture, des lignes mélodiques pures, le noir et blanc peu à peu éclairé par des vagues lumineuses et bleutées. Voilà qui nous change des courses au bling-bling et au sensationnel. D’ailleurs, à ce sujet, Melissa Bon ne vous est pas inconnue ? Normal : la chanteuse aux origines franco-suisses et éthiopiennes avait participé en 2014 à une saison de The Voice : que de chemins depuis...

    Elle vient de sortir son premier EP Away, qui impose la simplicité et la retenue dans quatre titres aux noms tout aussi sobres : Blank, Nomad, Away et ONE. Elle y parle de désillusions, de déceptions, d’attentes, mais aussi de voyages intérieurs.

    Un titre a capella

    La chanson qui donne son nom à l'EP n'est d'ailleurs pas la moins épurée : Away est un titre a capella et tout en retenue sur le thème de l'attente et du désir. Melissa Bon peut se permettre une telle audace vocale. Sa voix caressante module, se pose, scande puis s'envole dans une parenthèse musicale comme hors du temps.

    Chez Melissa Bon l'électro a sa place, sauf qu’elle n’en use pas une matière musicale sophistiquée et envahissante. L'électro dessine par touches impressionnistes un EP dominé par une voix fragile, hypnotique et mélancolique. La chanteuse se dépouille de tout artifice avec une simplicité suffisamment rare pour être soulignée.

    Qu’il est loin le temps de la célèbre émission de télé-crochet : maintenant, Melissa Bon semble s’avancer avec la simplicité d’une artiste à la recherche de l’essentiel. On l’imagine seule et apaisée, marchant pieds nus sur une plage déserte au lever du jour, par un matin d’été.

    Melissa Bon, Away, EP, sortie le 15 juin 2018
    https://www.instagram.com/melissabon
    https://www.facebook.com/melissabon30

  • 10 variations sur le même t’aime

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    Il y a comme un parfum de légèreté dans l’album de Noon, Love In Translation. Un joli titre, en passant, hommage bien entendu au chef d’œuvre de Sofia Coppola, le film Lost in Translation.

    L’amour : voilà le leitmotiv de cet album pop, à la légèreté idéale à l’approche de l’été. L’attirance, les liens indéfectibles, le désir, la séduction, l’aliénation ou la joie de la rencontre : Noon parle de la multitude des liens que recouvre l’amour, déclinés sur 10 variations et en 10 titres : "Amour passion, amour fou, amour filial, amour inconditionnel, amour de soi."

    La sincérité baigne dans ce premier album, tout en délicatesse, mais aussi aux multiples influences : chanson, pop, électro ou funk. Noon n’est d’ailleurs jamais aussi bonne lorsqu’elle se pare du costume de la chanteuse soul (Perfume of Euphoria). L’auteure-compositrice-interprète a d’ailleurs fait partie du groupe électro Shenkin en 2011.

    L’auditeur pourra se laisser séduire par les vagues électro d’une chanteuse qui a fait le choix de l’anglais dans la majorité de des titres, à l’exception du Cœur des Hommes ("Ce sont les hommes qui s’abandonnent / Qui sont ces hommes qui s’abandonnent ?" chante-elle avec une désarmante sensibilité) et de Sans Toi.

    Impossible également de ne pas s’attacher à la délicate reprise de The Logical Song des Supertramp. Une interprétation qui a été saluée d’ailleurs par Roger Hodgson lui-même.

    Mine de rien, Noon parvient à nous prendre par la main et par le cœur dans un premier album tout en séduction et en "je t’aime."

    Noon, Love In Translation, PBC / Warner Music, 2018
    https://www.yourlabelmusic.com/noon

    Page Facebook de Noon
    Interview de Noon pour Les Chroniques de Mandor, février 2018