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Livres et littérature

  • Mort, où est ta victoire ?

    Puisque nous sommes encore en été (pour quelques jours encore), période bénie pour la lectures, notamment les polars, laissez-moi vous en présenter un, sorti il y a trois ans et méritant que l’on s’y intéresse. Il nous vient d’Angleterre, est signé A.K. Turner et est le premier volume d’une trilogie, Body Language (éd. Le Livre de poche).

    Cassie Raven, au look à la Lisbeth Salander (l’héroïne de Millénium, pour celles et ceux qui n’ont pas la ref), travaille à la morgue londonienne du quartier de Camden. Un vrai sacerdoce pour cette orpheline qui a été élevée par sa grand-mère. Douée, aimant son métier, Cassie a surtout la particularité d’entendre les cadavres, dont elle s’occupe, lui parler.

    Un jour, elle voit arriver une morte dont elle doit s’occuper. Ce n’est pas une inconnue. Elle s’appelle Geraldine, a aidé Carrie lorsque cette dernière était paumée, l’a encouragée a reprendre des études supérieures et a même été sa professeure. La brillante universitaire est morte chez elle, accidentellement. Un décès qui paraît vite suspect aux yeux de Cassie. La fonctionnaire se lance dans l’enquête, bientôt gênée puis aidée par Flyte, une lieutenante de police froide mais pugnace.

    Maboul

    L’autrice anglaise prend son temps dans ce polar qui plonge dans l’univers des morgues. Il fallait un personnage bien campé pour cette histoire de crimes où les fantômes semblent rôder – à moins que notre héroïne soit définitivement maboul.

    L’histoire avance lentement, A.K. Turner prenant soin de nous faire tourner autour de ses personnages : un collègue sympathique mais cachant quelques secrets, un supérieur insupportable mais vite mis de côté, une policière peu heureuse car digérant un lourd passé. Une intrigue vient se rajouter à l’histoire de Geneviève : un cadavre disparu puis réapparaissant. Mais pourquoi ?

    Le lecteur ou la lectrice devra accepter ces fausses pistes avec patience, lorsqu’enfin le passé de Geneviève nous est révélé : un site de rencontre, un mariage, un traquenard et je m’arrête là.

    Cassie va user de ses maigres moyens, de ses relations mais aussi de son amitié naissante avec Flyte pour démêler le vrai du faux et laisser les morts reposer en paix. 

    A.K. Turner, Body Language, éd. Le Livre de Poche, 2023, 448 p.
    https://www.livredepoche.com/livre/body-language-9782253243885
    https://www.facebook.com/AKTurnerCrimeWriter

    Voir aussi : "Les larmes ne se voient pas dans l'eau des piscines"

  • Plume à l’eau

    L’enfant de la mer de Mathieu Le Berre est à ranger aussi bien dans la catégorie jeunesse, que dans le conte illustré, le roman d’initiation et la poésie. Avec en plus des conseils de l’auteur en fin d’ouvrage car, en terminant cette histoire de fillette apprivoisant l’océan, on commence, en quelque sorte, un autre livre.

    Explication. Plume est une "enfant de la terre", littéralement. La mer est un monde qui lui est inconnue et que Grand Cormoran invite à découvrir. Voilà donc la gamine chevauchant son corps emplumé, d’abord dans l’élément aérien, puis à la découverte des animaux marins. Elle y rencontre Cornemuse, "un phoque musicien, dodu et joyeux". Il lui apprend l’art de flotter et ne de pas paniquer dans l’eau. Plus tard, c’est Marin, un grand dauphin, qui l’initie à la nage. Torpille, "une petite loutre farceuse", lui enseigne ensuite l’art de la planche, avec agilité et sans peur. Néry, le cachalot, lui parle de respiration et de l’apnée. Après un passage dans l’île tahitienne de Coco, la sage et exploratrice tortue, Plume retrouve enfin Grand Cormoran qui lui enseigne comment plonger.

    Accordance

    Voilà pour ce conte qui interroge petits et grands sur la manière d’apprivoiser un élément fascinant et qui continue à susciter néanmoins de multiples peurs. Et c’est là qu’il faut parler de l’auteur de l’ouvrage, Mathieu Le Berre.

    Breton familier de l’océan, il a été maître-nageur avant de se consacrer à ce très beau projet à la fois artistique et pédagogique. Car il est bien question de pédagogie dans la dernière partie de L’enfant de la mer. L’auteur y développe ses conseils et aussi sa philosophie au sujet de l’élément marin, une philosophie qui porte un nom : "L’accordance". Il s’agit de découvrir l’élément liquide en acceptant de s’y laisser accueillir.

    Mathieu Le Berre dispense quelques conseils aux parents afin que, dès l’âge de trois ans, l’enfant se laisse porter par l’eau, lui rappelant d’où il vient. Le respect du milieu aquatique et en particulier des animaux qui le peuplent est fondamental. L’écrivain et illustrateur parle de "sagesse" mais aussi de liberté ("mouvement libre") pour apprivoiser ses peurs, la respiration étant un outil fondamental contre cela. Voilà un livre que beaucoup de parents seront bien inspirés de se procurer afin de préparer leur enfant à la nage.

    Et, the last but not the least, L’enfant de la mer est aussi un véritable beau livre aux illustrations somptueuses. 

    Mathieu Le Berre, L’enfant de la mer, Les êtres de l’eau et le secret de l’accordance, 2025, 148 p.
    https://mathieuleberre.fr/lenfant-de-la-mer
    https://www.facebook.com/mathieuleberre.fr
    https://www.instagram.com/mathieu.leberre
    https://www.linkedin.com/in/mathieu-le-berre-b11a95387

    Voir aussi : "Forçat en eau libre"

  • Trois actes et deux interludes

    Oui, un roman en trois actes. L’Illusionniste d’Édouard Jousselin (éd. Rivages) commence par suivre un écrivain, Étienne Pois. Un intellectuel parisien installé, reconnu, mais qui se sent dans une impasse. Aussi a-t-il décidé de traîner dans un de ces hôtels de la côte atlantique, sans âme mais bien tenu. Le lecteur ou la lectrice vont par la suite comprendre que, derrière ce séjour, il y a aussi une obligation contractuelle, qui va d’ailleurs faire l’objet d’une série de séquences d’une belle causticité.

    En attendant, dans cet hôtel de l'Atlantique, Étienne Pois observe la clientèle, sympathise – un peu –, se ballade et remarque surtout une réceptionniste, Charlotte, qu’il aborde puis drague sans réel espoir. La solitude devient finalement la seule compagne de l’écrivain qui finit par se persuader que son séjour sera au cœur de son nouveau texte, une pièce de théâtre. Fin du premier acte.

    Le deuxième suit cette fois Charlotte, notre réceptionniste. C'est une vie bien différente que la sienne. La jeune femme travaille en horaires décalés, cohabite avec son compagnon Christian dans une vie sans réels projets, sans réels envies, bref une existence morne et sans réelle aspérité, à l'image de l'hôtel où elle travaille. La solitude encore, jusqu’à ce que lui parvienne le courrier d’un ancien client de l’hôtel.

    Vous avez deviné : il s’agit d’Étienne Pois. L’écrivain l’invite à Paris pour y découvrir sa dernière pièce, intitulée La réceptionniste. Charlotte hésite et finit par prendre le TGV pour Paris. Charlotte quitte pour quelques heures sa vie triste pour se découvrir dans une pièce de théâtre. Fin du deuxième acte.

    Fascination, manipulation, mensonges et toxicité

    Le troisième et dernier acte s’intéresse à la relation entre Étienne et Charlotte, entre fascination, manipulation, mensonges et toxicité. Un jeu du chat et de la souris dont nous tairons bien entendu le final.

    Édouard Jousselin se joue du lecteur et de la lectrice dans un roman passionnant, tendu et aux multiples faux-semblants : l’écrivain paumé et morose, la réceptionniste morne et professionnelle jusqu’au sourire de bon aloi. L’illusion est reine dans ce roman à la double voix et qui est aussi un hommage au théâtre et à la puissance de la fiction. Dans le même temps, Édouard Jousselin règle quelques comptes au microcosme parisien, en particulier dans le troisième acte justement intitulé "La tragédie".

    L’écriture précise et sèche de l’auteur fait de ce roman un livre hyper-moderne, parlant de solitude, de l’importance des apparences jusque dans cet hôtel aseptisé, de l'art dans ce qu'il peut avoir de creux, sinon de destructeur, de la création au service de la consommation et du mal couvant sous un vernis respectable. 

    Édouard Jousselin, L’Illusionniste, éd. Rivages, 2026
    https://editions-rivages.fr/catalogue/lillusionniste-021584
    https://www.facebook.com/edouard.jn

    Voir aussi : "De bonnes nouvelles de Déborah Creff"

  • De bonnes nouvelles de Déborah Creff

    Les mauvaises nouvelles courent les rues. Pire, il semble que nous nous en délections, comme si les bad news – faits divers, intempéries, guerres – nous rassuraient à l’idée que nous en soyons (provisoirement ?) préservées. Et si nous prenions plaisir aux bonnes nouvelles ? Tel est le thème des chroniques de Déborah Creff, écrites pour C2L, une radio locale du Gâtinais, devenues un livre, Du bonheur au fil des saisons (éd. Spinelle).

    L’ouvrage est divisé en douze parties, comme les douze mois de l’année. De janvier à décembre, l’autrice propose "une invitation à se saisir et à s’emparer de tous ces moments précieux, dissimulés partout dans notre quotidien". Il est vrai que ces moments doux, charmants, frais, légers ou prêtant à sourire sont plus nombreux qu’on ne l’imagine. Un auteur – sans doute Jacques Prévert – disait d’ailleurs ceci : "On reconnaît le bonheur au bruit qu'il fait quand il s'en va".

    Déborah Creff commence d’ailleurs par définir ce qu’est le bonheur ("Qu’est-ce qu’être heureux ?"). Un sujet à la fois philosophique, psychologique et sociologique, tant le concept de bonheur semble être à géométrie variable. L’écrivaine cite Aristote, Kant, Nietzsche, Spinoza mais aussi les sciences cognitives.

    Voilà pour démarrer cette compilation de chroniques qui vient chercher tous ces événements, concepts, gestes – petits ou grands – pratiques ou conseils, histoire de nous rendre un peu plus heureux. On vient picorer ces courts textes – d’une à deux pages pour y trouver de quoi mettre un peu plus de fleurs dans nos têtes...

    De quoi est-il question ? Des bienfaits de la "câlinothérapie", de la carte de vœux, du feng shui, du sexe, des animaux de compagnie, du bain, de la lecture, de l’écriture, de la photographie… ou de l’ASMR. À côté de cela, chacun et chacune sera inviter à profiter des petits moments de tendresse, des fêtes de Noël, "à retrouver son âme d’enfant", à se méfier des réseaux sociaux, à découvrir "les monuments porte-bonheur dans le monde" ou, plus près de chez nous – et c’est la conclusion de l’ouvrage – à prendre conscience du "bonheur à la française".

    De quoi mettre un peu plus de fleurs dans nos têtes...

    Il y a aussi ces surprises. Saviez-vous que l’hiver peut redonner le moral ? Voilà qui semble contre-intuitif. Déborah Creff propose une autre chronique sur le "leap day", une étrange expression qui désigne le 29 février, n’arrivant que tous les quatre ans : "une journée porte-bonheur ou porte-malheur ?", s’interroge l’autrice. En tout cas, les personnes qui sont nées un 29 février ont le privilège de fêter leur anniversaire chaque année bissextile. Le "leap day" ne serait-il pas une journée singulière en ce qu’elle "rajeunit" comme par miracle l’intéressé·e.

    Autre concept, la "journée mondiale du compliment", ce comportement faisant figure de bienfait trop sous-estimé, y compris et surtout dans le milieu professionnel. En parlant de journée mondiale, Déborah Creff n’oublie pas celle du bonheur. Celle-ci a été fixée au 20 mars. Notons-la sur nos tablettes. Une dernière date : le troisième lundi de janvier. Pourquoi ? Qualifié de "Blue Monday", ce jour serait "le plus déprimant de l’année". L’autrice nous explique pourquoi, tout en le démystifiant. Afin que les 365 jours de l’année, sans exception, soient placés sous le signe du bonheur. Smile !

    Déborah Creff, Du bonheur au fil des saisons, éd. Spinelle, 2020, 262 p.
    https://www.editions-spinelle.com
    https://www.facebook.com/deborahcreff
    https://www.instagram.com/deborahcreff

    Voir aussi : "Poésie feel good"

  • Pas de pardon pour le béké

    Voilà une affaire – Que dis-je ? Un scandale – que la majorité ne connaît pas. On ne saurait qualifier de simple fait divers le meurtre du journaliste martiniquais André Aliker survenu le 12 janvier 1934. Voilà le sujet du passionnant essai de Marc Hédrich, De l'affaire Aubéry à l'affaire Aliker (éd. Michalon). Il faut en préalable parler de l’auteur, écrivain et surtout président de cour d’assise à Fort-de-France. Autant dire que Marc Hédrich connaît bien ce sujet. Le lecteur ou la lectrice devinera dans les pages de cet essai historique le regard du juriste autant que du citoyen engagé.

    Mais de quoi s’agit-il au juste ? Nous sommes en 1934. Si la France métropolitaine au bord de la crise de nerf, avec une IIIe République critiquée et une dépression violente, la Martinique ne va pas mieux. Elle est encore une colonie française, dans les mains des békés, ces familles souvent blanches dominant la vie économique, sociale, politique et judiciaire. Les inégalités sont criantes et les petits arrangements des dominants finissent par être insupportables.

    Parmi les hommes forts de l’île, il y a Eugène Aubéry, un puissant industriel. Face à lui, il trouve un adversaire redoutable, le journaliste André Aliker, rédacteur en chef du journal martiniquais Justice. Les deux hommes se vouent une haine farouche, le premier voyant le second comme un empêcheur de tourner en rond, bien décidé à ne pas laisser le béké le plus célèbre de la Martinique faire ses affaires en toute impunité. Or, le 12 janvier 1934, le cadavre d’André Aliker est découvert sur une plage de Case-Pilote. Rapidement, une première certitude apparaît : le journaliste n’a pas pu se suicider. Les regards se tournent aussitôt vers Eugène Aubéry.

    "Bizarreries" judiciaires

    Telle une poupée russe, cette affaire criminelle en cache bien d’autres. Celle d’abord d’une magouille et d’une fraude fiscale qui peut coûter très chère à la famille Aubéry. Le journal Justice se fait "lanceur d’alerte" et, avec lui, André Aliker, journaliste engagé, représentant les citoyens pauvres. Il faut dire qu'il vient d’une famille nombreuse et modeste. Entre l’industriel colonial et le Créole communiste, l’affrontement est rude. Ce dernier est plus que menacé : il échappe de peu à la mort. Fin du premier acte.

    Le deuxième est l’assassinat d’Aliker. Bien vite, des hommes de main sont arrêtés, des fusibles en réalité. Il est bien difficile de retrouver  le commanditaire, bien que tous les regards se portent vers le château du Lamentin où se discutent discrètement les affaires du béké martiniquais. Vient se greffer un scandale dans un scandale – un juge corrompu –, un dépaysement du procès des Antilles… à Bordeaux. S’en suivront toute une série de "bizarreries" judiciaires, qui laissent l’auteur lui-même complètement baba, puis un dernier acte digne d’un polar.

    Il fait lire le récit de cette affaire et de ces affaires dans l’affaire, ou comment un fait divers devient le révélateur d’une crise sociale profonde. Sur cette histoire oubliée, Marc Hédrich appelle à un "devoir de mémoire" et à ce souvenir que la République française a grandement été sali par sa justice coloniale.

    Marc Hédrich, De l'affaire Aubéry à l'affaire Aliker : chronique de justice coloniale,
    éd. Michalon, 2026, 304 p.

    https://www.michalon.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=223582
    https://www.linkedin.com/in/marc-h%C3%A9drich-6374a480

    Voir aussi : "Un si long procès"

  • La revanche des pelotes de laine

    Voici un roman tendre et doux comme un fil de laine, un roman qui parle de l'accomplissement de soi au travers du travail manuel considéré injustement comme suranné.

    Le bonheur tiendrait-il dans nos mains, au bout de nos doigts manipulant des aiguilles à tricoter ou un carreau de dentelle ? Et si les travaux manuels étaient la solution pour repousser la morosité du quotidien ? Pour revenir aux relations simples, sincères ? Pour ralentir le temps, pour profiter de l'instant.

    Envie de ressortir du placard mon sac de tricot, mes aiguilles et mes pelotes.

    Envie de partir au Puy-en-Velay découvrir ses ruelles, les deux vierges et ses dentellières.

    Sioux Berger, La revanche des pelotes de laine, éd. du Rocher, 2026, 320 p.
    https://www.editionsdurocher.fr/product/133355/la-revanche-des-pelotes-de-laine
    https://www.sioux-berger.com
    https://www.facebook.com/sioux.berger
    https://www.instagram.com/sioux.berger43
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    Voir aussi : "Bientôt, les Chroniques de Philomène"

  • Bientôt, les Chroniques de Philomène

    Bla Bla Blog ouvre bientôt son site à Philomène.

    Elle nous proposera ses chroniques littéraires, ses coups de cœur et ses découvertes. 

    À bientôt.

    Les Chroniques de Philomène
    https://www.instagram.com/philomenegarbo

    Photo : Pexels - Céline |

  • Chaussures à son pied

    Allez, parlons de nouveau de Freida McFadden qui nous avait cueilli à froid avec sa Femme de ménage. Les mauvaises langues diront que l’autrice américaine s’est trouvée un filon en dénichant ses inspirations dans le milieu professionnel car, après les aides à domicile et les psys, voilà le milieu professoral qui est mis à l’honneur dans La prof (éd. City).

    En l’occurrence, c’est un couple d’enseignant qui est ausculté avec malice. Elle, Eve, est professeure de mathématiques, exigeante avec ses élèves, sérieuse, mais aussi frustrée sexuellement qui a deux secrets péchés plus ou moins mignons, notamment son amour pour les chaussures. Son mari Nathanael, ou Nate pour les intimes, prof d’anglais aussi bien noté par ses collègues qu’apprécié par ses élèves, n’est pas insensible à Addie, une lycéenne de 16 ans à l’origine, un an plus tôt, de méfaits pas jolis, jolis… Cette relation toxique, Eve s’en méfie comme de la peste, et elle a bien raison.

    Le roman ronronne d'abord comme un bon vieux diesel

    Freida McFadden prend son temps pour laisser infuser son trio – bientôt rejoint par des personnages secondaires importantes. Le roman ronronne d'abord comme un bon vieux diesel, alternant des chapitres courts racontés par Eve, Nate et Addie.

    L’autrice américaine n’est jamais aussi à l’aise que lorsqu’elle vent décortiquer la méchanceté humaine, les perversités et les secrets sagement gardés et qui finissent tôt ou tard par exploser. Et, soyons honnêtes, c’est ce qu’attend justement le lecteur ou la lectrice.  

    Comme pour ses opus précédents, le milieu du travail, la vie privée, les secrets de famille et les crimes commis par des gens ordinaires sont savamment dosés dans un roman qui, certes, ne révolutionnera pas la littérature mais qui fait le job. Un pur moment de plaisir… vicieux.  

    Freida McFadden, La prof, éd. City, 2025, 400 p.
    https://www.freidamcfadden.com
    http://www.city-editions.com

    Voir aussi : "Premier nettoyage à sec"
    "Les larmes ne se voient pas dans l'eau des piscines"