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interview

  • Siqian Li : "Le grand répertoire pianistique du XIXe siècle ? je n’en ressentais pas le besoin !"

    Bla Bla Blog avait eu un coup de cœur pour la pianiste Siqian Li, auteure d’un premier album, Voyage among Fragments. Un opus éclectique, allant du classique au contemporain, en passant par la chanson française. Voilà un choix qui nous a intrigué et nous a donné envie de rencontrer Siqian Li. Elle a eu la gentillesse de répondre à nos questions.

    Bla Bla Blog – Bonjour, Siqian Li. Pourriez-vous vous présenter en quelques mots ? D’où venez-vous et quel est votre parcours ?
    Siqian Li – Je viens de Chongqing, une magnifique ville montagneuse dans le sud-ouest de la Chine. C’est là que mon parcours musical a débuté. Depuis, ce parcours m'a mené vers plusieurs pays et vers des univers artistiques très différents, de ma formation initiale en Chine à mes études aux États-Unis et au Royaume-Uni. Chaque lieu m'a façonné. Rétrospectivement, mon chemin n'a jamais ressemblé à une ligne droite, mais plutôt à une succession de rencontres, de lieux et de découvertes qui ont progressivement contribué à faire de moi la musicienne que je suis aujourd'hui.

    BBB – Vous proposez un album très international et où les artistes français ont une place de choix. On pense d’abord à Maurice Ravel, bien sûr. J’ai l’impression que le grand public redécouvre ce compositeur depuis quelques années. Ravel n’apparaît-il pas plus moderne qu’on ne le croit ?
    SL – Oui, je suis d'accord. Je pense que Ravel peut paraître bien plus moderne qu'on ne l'imagine au premier abord. On l'associe souvent à l'élégance, au raffinement et à la richesse des couleurs, ce qui est tout à fait vrai, mais il y a aussi, sous cette apparence, une précision extraordinaire et une sorte d'ambiguïté émotionnelle qui résonne profondément avec notre époque. Sa musique n'est jamais sentimentale de façon facile ; elle est maîtrisée, limpide et souvent légèrement troublante, même lorsqu'elle est belle. C'est en partie pour cela qu'il résonne encore si fortement aujourd'hui. Dans une œuvre comme La Valse, par exemple. On perçoit non seulement de la brillance et de la sophistication, mais aussi de l'instabilité, de la tension et une transformation, ce qui la rend très proche de notre temps.

    BBB – Dans votre album, il y a aussi, ce qui est plus étonnant, Charles Trénet. Pourquoi avez-vous choisi ces standards populaires de la chanson française ?
    SL – Ce qui m'a d'abord séduit, c'est la fascination que j'ai ressentie en découvrant ces arrangements. Weissenberg s'empare des chansons de Trénet et les métamorphose avec une imagination, un esprit et une virtuosité pianistique exceptionnels, tout en préservant leur fraîcheur et leur spontanéité. J'ai été immédiatement conquise. Les choisir pour l'album était aussi une manière délibérée de m'éloigner d'une conception figée de ce que devrait être un album de musique classique. Je souhaitais que le répertoire soit vivant, surprenant, plein de caractère et immédiatement captivant.

    BBB –  On sait que les pianistes raffolent du répertoire romantique du XIXe siècle (Chopin, Brahms ou Schumann). Or, vous n’avez pas fait ce choix. Vous semblez même préférer des adaptations au piano. Pouvez-vous nous expliquer vos choix dans le programme de cet album ?
    SL – J'éprouve un profond amour et un grand respect pour le grand répertoire pianistique du XIXe siècle, mais je ne ressentais pas le besoin, pour mon premier album, de m'inscrire directement dans un espace déjà si richement et magnifiquement documenté. Plutôt que de me demander ce qu'un premier album est censé contenir, je voulais me demander quel répertoire résonnait le plus fidèlement avec ma voix artistique à ce moment précis. Les transcriptions sont devenues centrales pour cette raison : pour les meilleures, ce ne sont pas de simples versions secondaires mais des réinterprétations qui donnent une seconde vie à une musique familière et révèlent de nouvelles couleurs, textures et perspectives. Cela me semblait profondément en phase avec l'esprit de Voyage among Fragments, un album sur la transformation, la mémoire et le dialogue entre différents mondes. Le programme s'est donc développé à partir de cette idée : non pas d'un désir d'éviter la tradition, mais d'une volonté de l'aborder d'une manière plus personnelle et vivante.

    De plus en plus de musiciens chinois ne sont plus perçus uniquement sous l'angle de la virtuosité

    BBB – La musique du XXe siècle est présente avec notamment la Rhapsody in Blue de George Gershwin. Elle est moins jouée pour piano seul que pour orchestre. Quelles ont été les difficultés dans l’interprétation de cette œuvre ?
    SL – J'ai interprété les deux versions, celle pour piano solo est en réalité plus exigeante à certains égards car il faut maîtriser tout l'univers sonore de l'orchestre de jazz : on est responsable non seulement de la virtuosité, mais aussi de la couleur, du rythme et de la vitalité même de la pièce. Techniquement, cela demande donc une maîtrise et une imagination considérables. Mais c'est aussi ce qui la rend si agréable à jouer. Précisément parce que tout repose entre vos mains. On éprouve une immense liberté : on peut modeler le tempo, le swing et les contrastes de manière très directe, presque comme si l'on devenait à la fois pianiste et orchestre.

    BBB – Vous nous faites découvrir des compositeurs peu connus. Je pense à Franz von Vecsey, Nicolas Dalayrac mais aussi à votre compatriote Wang-hua Chu. Pourquoi avoir choisi de les inclure dans votre programme ? Ont-ils un point commun ?
    SL – Bien qu'issus d'univers très différents, chacun apporte une voix singulière, intime et légèrement décalée, ce qui était essentiel pour moi. Je souhaitais que le programme comprenne non seulement des morceaux incontournables, mais aussi des œuvres susceptibles de surprendre l'auditeur et d'ouvrir un nouvel espace émotionnel. Dalayrac apporte simplicité et tendresse, Vecsey une élégance douce-amère, et Wang-hua Chu est en lien direct avec mes propres racines musicales. Ce qu'ils partagent n'est donc pas un style, mais une certaine sincérité et une individualité – chacun contribuant à l'histoire de l'album par une fragmentation unique.

    BBB – Vous êtes originaires de Chine où semble se dessiner l’avenir de la musique classique et contemporaine. On pense à Lang Lang ou Yuja Wang. Qu’en pensez-vous ? Et d’abord, dites-nous quel est le secret de ce pays qui parvient à former des musiciens et musiciennes aussi talentueux et talentueuses ?
    SL – C'est une question complexe, et je pense qu'il n'existe pas de "secret" unique. La Chine possède une culture très forte de la discipline, du dévouement et du respect pour les études sérieuses, ce qui crée un environnement où les jeunes musiciens peuvent acquérir très tôt des bases techniques exceptionnelles. Mais la technique seule ne suffit jamais. Ce qui compte tout autant, c'est la manière dont ces bases s'ouvrent ensuite à l'imagination, à l'individualité et à une expression artistique plus profonde. Ce qui est passionnant aujourd'hui, c'est que de plus en plus de musiciens chinois ne sont plus perçus uniquement sous l'angle de la virtuosité, mais comme des artistes dotés de personnalités et de perspectives bien distinctes. Pour moi, c'est là l'évolution la plus importante : non pas former d'excellents pianistes, mais des musiciens capables d'apporter une contribution personnelle au dialogue musical mondial.

    BBB – Quels sont vos projets ? Un futur album ? Des concerts ?
    SL – J'espère bien sûr continuer à enregistrer des albums, lorsque l'idée aura eu le temps de mûrir et qu'elle me semblera artistiquement convaincante. Pour moi, l'enregistrement doit naître d'un concept intérieur clair et non pas simplement devenir un nouveau projet. Parallèlement, j'aimerais explorer davantage de collaborations en musique de chambre et de projets interculturels ou intergenres, où différents langages artistiques peuvent véritablement se rencontrer. Les concerts resteront, bien sûr, essentiels, mais je suis particulièrement enthousiaste à l'idée de concevoir des programmes et des collaborations qui ouvrent de nouveaux espaces de dialogue et d'imagination.

    BBB – Bla Bla Blog aime connaître les goûts des personnes qu’il rencontre. Pouvez-vous nous parler de vos derniers coups de cœur en matière de musiques (bien sûr !), mais aussi de livres, d’expositions, de films ou de séries ?
    SL – Hormis la musique classique, mes écoutes oscillent entre des univers très différents (jazz, R&B, pop, etc.), même si je me rends compte que mes goûts musicaux sont sans doute assez classiques. Je reviens toujours avec grand plaisir vers des artistes comme Art Tatum, Herbie Hancock, Eugen Cicero, Keith Jarrett et Joan Baez, entre autres. Plus récemment, j'ai également été très attirée par le violoncelliste Abel Selaocoe, dont la musique est d'une telle intensité, d'une telle liberté et d'une telle authenticité ! En dehors de la musique, je m'intéresse profondément à l'art de la céramique, non seulement en tant que consommatrice, mais aussi en tant que créatrice, une pratique parallèle importante pour moi. Côté lecture, je termine actuellement Nightingale [de Kristin Hannah] et je suis généralement attirée par les romans historiques ainsi que par les écrits plus philosophiques, comme Découvrir un sens à sa vie de Viktor Frankl. En art visuel, j'apprécie particulièrement les installations de la Bourse de Commerce – Collection Pinault à Paris ; ce type d'art contemporain immersif et atmosphérique me touche profondément. Et au cinéma ou en série, j'ai tendance à privilégier les drames historiques et les thrillers psychologiques.

    BBB – Merci. 

    Traductions : MHC et BC
    Demain, retrouvez sur ce site l’interview originale en anglais de Siqian Li.

    Siqian Li, Voyage among Fragments, Sagitta Musica. 2026
    https://www.siqian-li.com
    https://www.facebook.com/siqianpianist 
    https://www.instagram.com/siqianpianist
    https://www.youtube.com/@siqianpianist

    Voir aussi : "Notre cœur fait Boum!"
    "Qu’elles caractères…"

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  • "Faire peau à peau avec ce bijou de musique"

    Bla Bla Blog avait terminé l’année 2025 en beauté la découverte de VENEREM et leur album Strike. Une sacrée claque. Nous avons voulu en savoir plus sur ce groupe sacrément audacieux pour leur approche singulière du classique. Marlo Thinnes et  Laureen Stoulig-Thinnes, deux des quatre membres de VENEREM, ont bien voulu répondre à nos questions.   

    Bla Bla Blog – Bonjour. Pouvez-vous nous présenter Venerem ? Et d’abord, d’où venez-vous ? 
    Laureen Stoulig-Thinnes – Mes racines sont multiples : mon père est français mais ma mère est mauricienne, née d'un papa indien et d'une maman africaine. Le fait qu’on y parle le créole et que ce coin de paradis soit naturellement marqué par de nombreuses influences culturelles et religieuses est peut-être aussi la raison pour laquelle je ne suis pas une puriste. Le mélange des différentes influences, y compris musicales, m’a toujours fascinée. Je suis chanteuse baroque et classique, mais j’ai toujours été très ouverte d’esprit. VENEREM m’offre une chance de diversité, et c’est quelque chose que j’apprécie énormément. Peut-être quelques mots sur VENEREM, même si l’écoute de notre musique transmet sans doute plus que n’importe quel discours : VENEREM crée une musique d’un style inhabituel et sans précédent. Comme l’a récemment souligné un critique suisse, les arrangements de VENEREM ressemblent davantage à des œuvres d’art transformées, basées sur la musique ancienne allant de la Renaissance au baroque tardif. Ce style fait l’objet d’une modernisation audacieuse, qui projette l’art ancien vers l’avenir. Sur le plan des idées comme de l’artisanat musical, nos arrangements s’inspirent du classicisme et du romantisme tardif. On sait que la musique ancienne laissait souvent une grande place à l’improvisation, et VENEREM exploite pleinement cette liberté pour créer quelque chose d’individuel, de totalement nouveau. L’auditeur a l’impression d’entendre des œuvres originales : les fondements musicaux sont transformés de manière convaincante, avec un sens aigu de l’entrelacement des motifs, du contrepoint et des harmonies contrastées. Chez VENEREM, soprano, piano, basse électrique et percussions fusionnent en une combinaison envoûtante qui donne envie d’en entendre toujours plus.

    BBB – Votre album Strike est un projet singulier, alliant musique classique et jazz. Qui a eu l’idée de cette lancer dans une telle aventure musicale ?
    LST – VENEREM n’est plus un projet : nous sommes arrivés à un point d’aboutissement et nous nous sentons désormais comme un ensemble réellement stable et affirmé. L'idée est née de l'écoute d'un disque de L'Arpeggiata, formidable formation dirigée par Christina Pluhar. J'ai alors compris qu'on "avait le droit" de toucher ainsi à la musique ancienne. Mon mari [Marlo Thinnes] connaît mon amour pour la liberté et, avec passion et génie, il m'a suivie.

    "J'ai compris qu'on "avait le droit" de toucher ainsi à la musique ancienne"

    BBB – Mêler jazz et classique n’est pas nouveau. On pense à Jacques Loussier et à son Trio Play Bach. Dans quelle mesure son travail et son œuvre vous a influencé ?
    LST – Mon mari écrit les arrangements. C’est lui qui a donné un visage à VENEREM. Je ne sais pas vraiment comment il fait. En tous cas, je dois dire que je me sens comme une reine à qui l’on déroule le tapis rouge — musicalement parlant ! À chaque arrangement, il parvient à me surprendre davantage. J’adore cela et je perçois aussi toutes les transformations subtiles, puisque je connais les œuvres originales. Je pense cependant que, de manière générale, son empreinte personnelle, sa façon de penser issue de la musique classique — peut-être du baroque tardif jusqu’au romantisme tardif — s’y reflète fortement.

    BBB – Le second morceau de Purcell est le célèbre Cold Song. Comment qualifiez-vous votre adaptation ? Classique ? Baroque ? Jazz ? Ou bien rock ? Avec beaucoup de pièges pour la voix de la chanteuse.
    LST – Cold Song est né en une seule répétition. Il n’y avait pas grand-chose à faire. Marlo sait quand il vaut mieux réduire, n’utiliser que quelques effets. Je crois que cette musique est déjà si particulière et si puissante dans sa version originale qu’un arrangement trop ample ne ferait que la perturber. Et puis, je suis particulièrement fan de ce que Michel [Michel Meis], notre fou de batteur parvient à produire dans cette pièce. Tant de silence et de mystère naissent de son jeu. Il y a une sorte de transe qui peut s'installer en moi. il s'agit alors de se laisser habiter et transporter. La voix elle-même en est surprise je pense. Une expérience merveilleuse et défi considérable… 

    BBB – Reynaldo Hahn fait partie des compositeurs que l’on redécouvre en ce moment. On n’est donc qu’à moitié étonné de le retrouver ici. Vous avez choisi la pièce À Chloris. Pourquoi cette œuvre ?
    LST – Comme déjà mentionné, les exceptions confirment la règle ! Et puis, j'avais envie de faire peau à peau avec ce bijou de musique si délicat, lumineux qu'il faut chérir dans chaque note, dans chaque respiration, et mon cœur s'enivre de ces mots d'amour, d'ambroisie. Quelle chance de se laisser habiter et d'articuler tant de beautés !

    BBB – Pouvez-vous nous parler de vos futurs projets, que ce soit à la scène ou en studio ? 
    LST – Plusieurs concerts passionnants sont à venir... et une magnifique invitation du Festival baroque de La Valette, à Malte, pour janvier 2027. De nouveaux arrangements sont également en cours d’élaboration, et un autre album studio est déjà en gestation. Sans oublier mon souhait de co-créer avec une artiste indienne… Let's see !

    BBB – Bla Bla Blog aime être touche à tout. Pouvez-vous nous parler de vos derniers coups de cœur au cinéma, à la télévision, dans les galeries et bien sûr en musique ?
    LST – A vrai dire, l'écoute du silence me passionne bien plus que l'écoute de la musique. J'ai récemment adoré pouvoir regarder et ressentir les œuvres de Zoran Music, exposées à Paris. Les lectures de Rumi me font toujours autant voyager. Je ne regarde jamais la télé et ne vais que très rarement au cinéma, mais si il faut nommer un média, alors j'adore voyager sur Youtube, et tout spécialement partir à la rencontre d'éveilleurs de conscience, tels que le physicien Philippe Guillemant, ou la chamane Sandrine ShannAmer que je vais bientôt rencontrer et avec qui j'ai déjà des échanges très nourrissants. Les chemins de vie tels que celui de Lamya Essemlali qui protège les mers et les baleines, nos "gardiennes des mémoires du Monde", suscitent mon plus grand respect, ma plus grande écoute et admiration.

    BBB – Merci.

    Venerem, Strike, Orlando, 2025
    https://www.venerem-art-music.com
    https://orlando-records.com
    https://www.facebook.com/profile.php?id=100057786787723
    https://laureenstoulig.fr
    https://www.instagram.com/venerem_early_art_music

    Voir aussi : "Irrévérence et vénération"
    "Made in Switzerland"

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  • Philippe Guilhon Herbert : "Ravel est au plus près de mon parcours de musicien"

    Philippe Guilhon Herbert sort cette année un album Ravel. La commémoration du compositeur français, dont nous fêtons les 150 ans, est l’occasion pour le pianiste de proposer un enregistrement des plus singuliers. Nous avons voulu en savoir plus. 

    Bla Bla Blog – Bonjour, Philippe. Dans votre actualité musicale, il y a un album Ravel, un compositeur dont nous fêtons les 150 ans de la naissance. Que représente Maurice Ravel pour vous et, surtout, quelle place tient-il dans votre panthéon musical ?
    Philippe Guilhon Herbert  –  Bonjour et merci de notre entretien. 
    Durant ma prime jeunesse, Maurice Ravel m'a été moins familier que Claude Debussy, dont j'avais très tôt étudié de nombreuses pièces, comme ses Préludes et Images. A l'âge de 15 ans, j’ai travaillé Une barque sur l’océan, découvrant ainsi  l’extraordinaire raffinement et la fluide virtuosité de Ravel, dont les œuvres ne m’ont depuis plus quitté ; Gaspard de la Nuit, Valses nobles et sentimentales, mais aussi son sublime Trio, qui allient à son génie harmonique et mélodique un sens du rythme unique. Aux côtés de Beethoven, Schubert et Chopin, Ravel est au plus près de mon parcours de musicien.

    BBB – Ravel a été et est toujours archi-joué. Dans votre dernier album (Piano Works, Indésens Calliope), vous avez fait un choix singulier : celui de proposer des pièces jouées non pas sur un mais sur trois pianos. Pouvez-vous nous expliquer ce choix ?
    PGH –  L’enregistrement s'est déroulé en trois lieux distincts : le temple luthérien Saint Marcel à Paris (Sonatine)  le studio de Meudon (Ondine)  ainsi qu’une salle de concert à Bangkok (Valses nobles et sentimentales, Pavane…), avec trois dispositifs de micros, harmonisés grâce au mastering de S. Bouvet, ingénieur du son. Ce Steinway D et ces deux Fazioli proposent une large gamme de timbres et de résonnances, offrant une grande variété de nuances et un vaste éventail de sonorités.

    Bla Bla Blog – Beaucoup d’auditeurs et d’auditrices ne connaissent pas ces Valses nobles et sentimentales de Ravel. Pourquoi avoir choisi de les proposer ? 
    PGH – Il est vrai que La Valse est plus connue que ses Valses nobles et sentimentales ; toutefois  ce recueil est sublime de subtilité, de grâce, mais aussi d’énergie rythmique et de contrastes. Il offre une large variété de registres, de couleurs et climats, de dynamiques, jusqu’à sa dernière valse qui, extatique, voit le temps musical se gondoler, se suspendre puis s’assoupir.

    Ravel. Stravinsky et Debussy sont des "phares"

    Bla Bla Blog – Pourquoi n’avoir proposé que deux parties pour Ma mère L’Oye ?
    PGH – Il s'agit de la version originale, pour piano à 4 mains, dont seules ces deux pièces peuvent être jouées par un seul interprète.

    Bla Bla Blog – Vous vous intéressez aux créations contemporaines. Finalement, Maurice Ravel était-il plus moderne qu’on ne veut bien le dire ? 
    PGH – Ravel. Stravinsky et Debussy sont des "phares" qui ont éclairé tout le 20ème siècle musical. Leur génie visionnaire inspire toujours la création contemporaine, sans aucun doute.

    Bla Bla Blog – Pouvez-vous nous parler de vos projets pour la fin de cette année et pour 2026 ? De nouveaux enregistrements ? Des tournées ? 
    PGH – J’ai enregistré début Juillet un double programme Beethoven & Schubert ; j’espère que le label Indésens Calliope, selon son calendrier, le publiera en 2026. Je souhaite enregistrer un second volume Beethoven prochaInement ; quant aux concerts, attendu que je réside en Asie depuis quelques années mais souhaiterais à présent revenir vivre à Paris une grande partie de l’année, il s’agit pour moi d’organiser ici un 3come back".  

    Bla Bla Blog – Nous aimons bien interroger nos invités sur leurs coups de cœur ? Quels sont les vôtres en matière de musique, au sens large, comme en matière de cinéma, de télévision, d’expositions ou de lectures ? 
    PGH – Je suis passionné par le talent et la beauté artistique sous de nombreuses formes (les grands acteurs-trices, réalisateurs-trices, différents genres musicaux, les arts plasiques…) mais si je dois retenir une figure majeure de mon intérêt et de mon étude constante, il s’agit de l’œuvre de Schopenhauer. 

    Bla Bla Blog – Merci, Philippe.
    PGH – merci à vous.

    Maurice Ravel, Piano Works, Philippe Guilhon Herbert, Indésens Calliope Records, 2025
    https://indesenscalliope.co
    https://www.facebook.com/pghpianist

    Voir aussi : "Ravel nu"

    Photo : Avec l'aimable autorisation de l'artiste

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  • Altiera : "L’amour existe peut-être ailleurs, dans un autre univers, une autre dimension"

    Altiera fait partie de ces artistes qui nous magnétisent dès que l’on commence à les connaître. Elle vient de sortir son single Tant pis, dont Bla Bla Blog s’était fait l’écho. Il nous a donné envie d’en savoir plus sur cette musicienne au parcours atypique, passionnant et aux ambitions certaines.

    Bla Bla Blog – Bonjour, Altiera. Pouvez-vous présenter votre parcours en quelques mots ?
    Altiera – Je suis auteure, compositeure, interprète et productrice. J’ai commencé le piano quand j’étais petite puis je l’ai enseigné pendant plusieurs années. J’ai eu un Master 2 d’Histoire de l’Art et après avoir travaillé dans les musées et les galeries d’Art j’ai décidé de me lancer dans la musique. J’ai chanté dans les bars et aussi dans les sound system dans lesquels j’improvisais en chantant avec des rappeurs. J’ai publié 2 albums sous un autre nom de scène. Au moment du covid j’ai mis la musique en pause et j’ai travaillé sur un projet de peinture. Aujourd’hui je reviens à la musique avec un nouveau nom de scène et un nouveau projet. 

    BBB – Votre dernier single parle d’amour, mais d’amour déçu.  
    Altiera – Tant pis c’est une chanson qui m’a été inspirée par une phrase du film Interstellar qui dit : "De toutes les choses que nous percevons, seul l’amour transcende les dimensions temporelles et spatiales". Cette phrase a résonné en moi à un moment où je vivais quelque chose qui nécessitait que je lâche prise. Je suis passionnée d’astronomie et écrire cette chanson m’a apaisé en imaginant que l’histoire d’amour qui ne peut pas fonctionner au présent existe peut-être ailleurs, dans un autre univers, une autre dimension ou une autre vie. 

    "Un film d’amour musical"

    BBB –Quelles sont vos influences ? De quels artistes vous sentez-vous la plus proche ? 
    Altiera – J’ai des influences diverses, j’ai grandit avec le rock, la chanson française et les chants corses. Quand j’étais adolescente j’écoutais beaucoup de hip-hop, de R&B et de trip hop. Je pense qu’aujourd’hui je suis très influencée par tous ces styles, y compris par l’électro, le blues, la soul et la musique classique. Je suis une fan absolue de Björk, Sade, Lana del Rey, Barbara, James Blake, Asap Rocky, Gwen Stefani, Lauryn Hill, Laura Pausini, Radiohead et Norah Jones. En ce moment j’écoute beaucoup des artistes de la nouvelle scène R&B anglophone comme Snoh Aalegra, Rimon, Sinead Harnett, Sabrina Claudio, Alina Baraz et Naomi Sharon. 

    BBB – Un EP est prévu pour 2026. On connaît déjà le premier single, Tant pis. Quel sera l’univers de ce mini-album ? 
    Altiera – C’est un EP qui sera sous la forme d’un film d’amour musical. Ce projet parle d’Amour à 100% dans toutes les étapes de l’Amour; le coup de foudre, la rencontre, la beauté des sentiments mais aussi les peurs, la dispute, la rupture. C’est un projet que j’ai voulu complètement sincère quant aux sentiments, aux sensations, aux émotions et qui exprime la vulnérabilité à une époque où les écrans et les applications de rencontres tentent de faire croire que la vulnérabilité devient presque quelque chose de honteux. Je crois qu’aujourd’hui remettre l’amour, les sentiments et la vulnérabilité au centre c’est une forme de combat et de résistance. 

    BBB – Sur Bla Bla Blog, nous aimons parler de tous les arts ? Quels albums, films, séries et expositions vous ont le plus marqués dernièrement ?
    Altiera – Évidemment j’adore le film Interstellar et tous les films de Christopher Nolan et j’aime aussi les classiques du cinéma italien et américain comme L’Eclipse de Michelangelo Antonioni et Le Port de l’Angoisse de Howard Hawks. Dernièrement, j’écoute en boucle l’album de Rimon Children Of The Night et aussi le dernier projet de Naomi Sharon The Only Love We Know. L’été, j’aime écouter Karol G et bien sûr Bob Marley. D’ailleurs je crois que si je devais choisir un seul album à amener sur une île déserte ce serait sûrement un album de Bob Marley. 

    BBB – Merci, Altiera.

    Altiera, Tant Pis, Miyajima Records, 2025
    https://www.miyajimarecords.com
    https://www.altieraofficiel.com
    https://www.instagram.com/altiera_off

    Voir aussi : "Et l’amour, dans tout ça ?"
    "Italianna crooneuse"

    Photo : © Stéfanu Ciabrini

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  • Robin Ducancel des Forces Majeures : "Il semblerait que pédaler avant de jouer leur fait le plus grand bien !"

    L’orchestre Les Forces Majeures propose un drôle de projet mêlant musique et sport, et en particulier classique et cyclisme. "Accordez vos vélos !", en piste du 9 mai au 8 juin 2025, propose une tournée suivant les traces du mythique Paris-Roubaix, avec 30 villes étapes, 40 concerts et 450 km parcourus… à vélo. Robin Ducancel, une des Forces Majeures, a bien voulu répondre à nos questions pour parler de ce projet singulier 

    Bla Bla Blog – Bonjour. Les Forces Majeures est un singulier projet mêlant musique et sport. Pouvez-vous nous en dire plus ? Et d’abord, qui en a eu l’idée ?
    Robin Ducancel – L’Idée est née de ma rencontre avec Raphael Merlin, chef d’orchestre et fondateur de l’orchestre, cycliste au quotidien. Je suis producteur musical et passionné de vélo. En 2020 Raphaël me propose de reprendre en main l’orchestre. J’ai alors envie d’imaginer des tournées des territoires sur le temps long, qui relient les théâtres aux villages, en autonomie, à vélo ! L’idée est encore embryonnaire avant l’arrivée du Covid. Passée la sidération de ne plus pouvoir jouer de musique en salle, c’est étrange mais la pandémie nous libère; dans un contexte exceptionnel on sent que c’est le moment d’être audacieux, on crée donc ensemble "Accordez vos vélos !" Retrouver le chemin des concerts, du dehors, une manière simple d’aller vers les gens, les habitants, les rencontrer chez eux, à vélo, dans un cadre qu’ils connaissent et qui n’est pas forcément associé à la musique, jouer dans leur quotidien, dehors ou dedans, souvent gratuitement, plusieurs fois par jour, à l’école, à l’Ehpad, à l’école de musique, dans des gymnases, en bord de rivière, tout est possible dès lors que la rencontre a lieu, sans prérequis musicaux ! 
    2025, année héroïque ! J’avais envie d’un projet qui traverse les Hauts de France, défis hors norme, la plus longue tournée qu’ils aient organisé, 1 mois, 450km, 40 concerts, un enfer du Nord ?

    BBB – 30 villes étapes, 40 concerts et 450 km parcourus à vélo ! C’est un peu Jacques Anquetil dans la peau de Yehudi Menuhin. Ou plutôt de Pogacar dans celle de Anne-Sophie Mutter… pardon, de Pierre Fouchenneret. L’idée n’est-elle pas de prouver que le musicien classique n’est pas le meilleur ennemi du sportif ? 
    RD – C’est ce qui est épatant avec les membres de cet orchestre. Ils sont à la fois d’excellents musiciens, des camarades qui s’épaulent pendant 4 semaines de tournée, des cyclistes capables de parcourir entre 20km et 70km par jour en plus des concerts et de grands curieux qui aiment aller vers les nombreuses personnes qu’ils rencontrent chaque jour. Il semblerait que pédaler avant de jouer leur fait le plus grand bien, leur permet de respirer, d’être inspirés, de créer des liens humains forts entre eux dont on perçoit les effet sur scène.

    "Comblés et infiniment reconnaissants que tout ces moments aient pu exister"

    BBB – Ce projet a débuté le 8 mai dernier. Quel bilan pouvez-vous en faire ?
    RD – Je peux déjà dire que si la tournée s’arrêtait maintenant nous serions à la fois comblés et infiniment reconnaissants que tout ces moments aient pu exister… On travaille pendant pratiquement deux ans pour faire exister un tel projet, on en vient à oublier pourquoi on le fait, ça parait abstrait, et puis à la première note jouée, aux premiers enfants qui chantent pour vous accueillir dans leur école, on frissonne et on se souvient que c’est pour cela que l’on se donne tout ce mal, que c’est la vie, que c’est essentiel, existentiel, qu’il ne faut surtout pas arrêter de se réunir, de s’émouvoir ensemble, de se connecter à quelque chose qui nous dépasse, qui remet parfois tout en perspective, vous fait oublier vos soucis, attise votre curiosité et votre appétit pour la découverte. C’est un beau cadeau que l’on se fait ! J’aimerais partager tant d’anecdotes, de rencontres qui m’ont émues !

    BBB – Après avoir suivi la trace du mythique Paris-Roubaix, n’avez-vous pas comme projet de suivre une autre classique, voire un Tour ? 
    RD – Les idées de parcours ne manquent pas ! Si ça ne tenait qu’à moi j’aimerais à la fois que l’on sillonne de nouvelles régions, que l’on fasse un grand Tour de France mais aussi l’on réédite les tournées déjà accomplies, telles de vraies classiques cycliques ! Ce sont parfois des sollicitations que viennent les idées de parcours. Avis aux collectivités territoriales, festivals, associations et théâtres, contactez-nous, parlez-en à vos voisins, préparez un budget ou des pistes de financements et parlons-en ! 

    BBB – Merci à vous et bon courage – sans produit interdit, s’il vous plaît !

    "Accordez vos vélos !", Orchestre Les Forces Majeures 
    Du 9 mai au 8 juin 2025
    https://www.forcesmajeures.fr

    Voir aussi : "Ophélie Gaillard : "« Un amour peut-être encore plus fort ! »"

    Crédit photographique : © DR

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  • Ophélie Gaillard : "Un amour peut-être encore plus fort !"

    À l’occasion de la sortie son dernier album consacré au tango (Cello Tango, Aparté), la violoncelliste Ophélie Gaillard a bien voulu répondre en exclusivité aux questions de Bla Bla Blog. Portrait d’une artiste se fichant pas mal des barrières entre genres et en profitant pour sortir de l’ombre un compositeur argentin mal connu et pourtant passionnant. Et il sera bien entendu question de projets musicaux alléchants pour 2025 et de violoncelle.

    Bla Bla Blog – Bonjour Ophélie. Vous revenez ce printemps avec Cello Tango, un album consacré, comme son nom l’indique, au tango et à la musique argentine. Voilà qui peut paraître surprenant pour une musicienne comme vous qui avez plutôt exploré les répertoire classique et contemporain. Pouvez-vous nous expliquer ce choix de répertoire ?
    Ophélie Gaillard – Ce programme est né de mon coup de cœur pour l’Argentine et ses musiques, et j’ai souhaité rendre hommage à ses deux compositeurs les plus importants du siècle dernier à mon sens: Alberto Ginastera et Astor Piazzolla. Chacun à leur façon ils ont interrogé leur héritage musical et artistique et se sont nourris des musiques populaires si riches et diverses de cet immense territoire. Celui des campagnes et de la pampa, celui des hauts plateaux des Andes, sans oublier le genre totalement citadin du tango. De plus depuis ma première tournée en Argentine je suis tombée amoureuse du tango et le pratique, c’est donc une immersion en profondeur et un double album consacré à cette passion, qui fait suite à la parution de mon double album Alvorada en 2015.

    BBB – Au centre de cet album est Alberto Ginastera. Pouvez-vous nous en dire plus sur ce compositeur, beaucoup moins connu du grand public que son compatriote Astor Piazzolla ?
    OP – C’est une figure passionnante de l’avant-garde argentine, et qui a eu un dialogue très fécond avec les inspirations folkloriques qui l’ont nourri. De plus il était passionné par le violoncelle auquel il a consacré deux concertos  et de nombreuses œuvres dédiées à sa seconde épouse. J’aime à penser que sa pièce solo Puneña, véritable défi technique et artistique, est une sorte de réponse musicale au réalisme magique du colombien Gabriel Garcia Marquez, tant il excelle à transformer le violoncelle tantôt en charango, tantôt en flûte des Andes, tantôt en oiseau magique de Cuzco, tantôt en instrument à percussions.

    BBB – Quelles sont les plus grandes difficultés et les plus grands pièges dans l’interprétation de la musique du tango ? 
    OP – Cette musique exige à la fois une haute technicité, car la plupart des musiciens de tango ont toujours été d’excellents musiciens classiques aux "heures ouvrables", et en même temps une liberté extrême dans l’interprétation. Sensualité, cambrure rythmique, mais aussi le sens du rubato sont les principaux enjeux de cette musique fascinante. 
     
    BBB – Le violoncelle n’est pas le premier instrument auquel on pense lorsque l’on parle de tango. Cela était-il au contraire une évidence pour vous que de vous attaquer au tango ?
    OP – C’est vrai que dans la dernière version du quintette de Piazzolla comportait une contrebasse mais pas de violoncelle. Cependant, Bragato, qui a travaillé avec Piazzolla, a contribué à nous familiariser avec ce timbre en réalisant des transcriptions. Et personnellement je trouve que le violoncelle dans le tango peut a la fois incarner la puissance rythmique de la basse que le cantabile du chanteur.

    "Sensualité, cambrure rythmique"

    BBB – Pouvez-vous nous dire quelques mots sur les artistes qui vous ont accompagné dans ce disque ? Comment avez-vous travaillé dans le choix des titres et dans leur interprétation ? 
    OP – J’ai travaillé en étroite collaboration avec trois arrangeurs pour ce double album, essentiellement William Sabatier qui possède son Piazzolla sur le bout des doigts et a tout de suite eu l’intuition de mon jeu. Ensuite deux interprètes argentins qui ont aussi une démarche de compositeurs contemporains : Tomas Bordalejo à la guitare qui maîtrise la musique populaire et accompagne le chanteur Nahuel Di Pierro les yeux fermés avec un groove fantastique, et bien sûr Juanjo Mosalini, Bandoneoniste de génie qui est mon complice depuis l’album Alvorada.
     
    BBB – Vous offrez quelques standards du tango : María de Buenos Aires, Oblivion, Volver. Comment avez-vous abordé ces classiques ? Étaient-ils "indispensables" pour cet enregistrement de tangos ? Vous paraissaient-ils une évidence ? 
    OP – Oui il y a des découvertes mais aussi des "tubes" revisités dans des nouvelles compositions originales comme Volver ou La Cumparsita. Plus que des arrangements ou des relectures, ce sont de nouvelles compositions avec la "pâte" sonore du violoncelle en trame principale et c’est ce qui permet à cette tradition du tango d’être complètement renouvelée à chaque interprétation. Enfin Yo soy María ne pouvait être incarné selon moi que par la voix sensuelle et altière de Ines Cuello qui n’ai découverte lors de la production de María de Buenos Aires au Grand Théâtre de Genève. 

    BBB – Au sujet de Volver, pourquoi ce titre est-il proposé sans ses paroles ? 
    OP – Grâce à Gardel, Volver fait maintenant partie de l’imaginaire collectif, et justement parce que sa voix est irremplaçable, il fallait inventer une nouvelle composition inspirée et vibrante. Juanjo Mosalini a su trouver le ton juste pour notre duo. 

    BBB – Impossible de ne pas parler de la participation d’Agnès Jaoui dans le titre Oblivion. La connaissiez-vous ? Qui a eu l’idée de cette collaboration ? Vous ?
    OP – J’aimais beaucoup le premier album d’Agnès Jaoui produit par Vincent Segal et je voulais lui confier l’interprétation de Oblivion. C’est par Emilie Kociolek qui travaille souvent avec elle que la connection s’est faite, très naturellement ! Sa sincérité et sa diction me touchent particulièrement.

    BBB – Lucienne Renaudin-Vary a sorti il y a quatre ans un album consacré à Piazzola. Pouvons-nous rêver d’un projet musical avec vous deux, avec le tango comme fil conducteur ?

    OP – Ce projet existe! Et  Nous serons en concert pour une date exceptionnelle le 15 juin au festival de Saint-Denis !

    BBB – 2025 marque les 20 ans de votre ensemble Pulcinella Orchestra. Quel bilan pouvez-vous d’ores et déjà faire de cette aventure musicale. Qu’avez-vous prévu pour fêter cet anniversaire ?
    OP – Que d’aventures en 20 ans ! Et en même temps notre premier concert aux Flâneries Musicales de Reims puis dans  la petite église baroque de Cordon semblent avoir eu lieu hier ! Je suis très fière d’avoir pu mener à bien quelques uns de nos rêves, d’avoir travaillé avec passion sur le répertoire baroque et pré-classique avec violoncelle concertant et d'avoir partagé nos découvertes de répertoires avec un large public. La liberté que nous cultivons nous permet d’avoir le privilège de choisir nos sujets et de se choisir, ce qui est un grand luxe même si cette d’éducation exige un immense travail. Nos enregistrements sont les témoins et les pépites semées sur le chemin de nos recherches. 

    BBB – Un dernier mot au sujet de votre violoncelle, volé en septembre dernier puis retrouvé quelques mois plus tard, à votre grand soulagement. Comment va-t-il ? Est-ce toujours le grand amour ?
    OP – Oui, un amour peut-être encore plus fort car le cambriolage a été un traumatisme que je ne souhaite à personne de vivre.

    BBB – Merci, Ophélie.
    OP – Merci à vous.

    Ophélie Gaillard, Cello Tango, Aparté, 2025
    https://www.ophelie-gaillard.fr
    https://www.facebook.com/opheliegaillard.cello
    https://www.instagram.com/ophelie.gaillard
    https://apartemusic.com/fr/album-details/cello-tango

    Voir aussi : "Ophélie Gaillard sous les auspices de Ginastera et Piazzolla"
    "Histoires de tangos par Lucienne Renaudin Vary"

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  • Anaëlle Tourret : "Il me tient toujours à cœur de proposer des horizons nouveaux"

    Dans la foulée de son deuxième album Perspectives concertantes, tout entier consacré à la harpe, Anaëlle Tourret a bien voulu répondre à nos questions. Découverte d’une artiste rare, passionnée et ambitieuse. 

    Bla Bla Blog – Bonjour Anaëlle. Vous sortez en ce moment votre deuxième album, Perspectives concertantes, consacré à des œuvres pour harpes, votre instrument fétiche. Pouvez-vous nous raconter le lien que vous avez avec cet instrument à la fois très ancien et souvent mal connu ?
    Anaëlle Tourret – La harpe est un instrument qui suscite toutes les curiosités : parmi les plus anciens instruments qui aient jamais existé, sa facture n'a eu de cesse d'évoluer au fil du temps, pour trouver son apogée au début du XXe siècle. Parallèlement, ses facettes sont multiples et d'une richesse insoupçonnée. On la retrouve au sein d'un orchestre, en partenaire chambriste, en récital soliste ou en concerto avec orchestre. Cette richesse des possibles est très certainement l'énergie qui m'anime le plus lorsque je songe à mon instrument. 

    BBB – Avec la harpe, on pouvait s’attendre à des compositeurs classiques. Or, c’est le XXe siècle qui a votre préférence. C’est une envie de dépoussiérer le répertoire pour cet instrument ?
    AT – Le XXe siècle a été le théâtre de toutes les plus grandes créations artistiques et musicales. L'instrument harpe en est également le miroir, suscitant par sa facture nouvelle l'intérêt de nombre de compositeurs qui, à la façon des musiciens les ayant précédés durant la période classique, ont su proposer des perspectives nouvelles sur le regard porté sur cet instrument et son répertoire.  Associée parfois à cette image de salon ou d'instrument féerique, celui des anges, il serait toutefois injuste de dénigrer ces symboles, partie intégrante de notre identité musicale.  Il me tient en revanche toujours à cœur de proposer des horizons nouveaux dans les lectures qui nous sont amenées, et à la façon de ces maîtres du XXème qui ont su s'affranchir des ordres établis pour accéder à un autre ordre de réalité, il m'est apparu comme une évidence de rendre hommage à ce siècle de découvertes et innovations. 

    BBB – Outre Debussy, vous avez choisi de vous intéresser à deux compositeurs du XXe siècle peu connus, Reinhold Glière et Ernst von Dohnányi. Pourquoi ceux-là ?
    AT – Claude Debussy a été le réel précurseur pour la harpe moderne telle que connue aujourd'hui, avec ses Danses sacrée et profane qui constituent à présent un jalon de notre répertoire. Tout comme le Concerto pour harpe de Reinhold Glière, œuvre phare du répertoire concertant injustement méconnu ; le catalogue musical de Glière dépasse l'entendement par sa profusion et sa qualité. C'est l'exactitude de son propos sur l'écriture pour harpe qui m'a particulièrement touchée, exactitude ressentie à mon sens dans toute son œuvre compositionnelle et surtout dans son désir de transmission qui ne l'a jamais quitté - professeur de composition à Kiev puis Moscou durant toute son existence, il a formé et accompagné les plus grands compositeurs de cette époque. Le Concertino d'Ernst Von Dohnányi est le fruit d'un partage autour d'une amitié, celle avec la cheffe d'orchestre Bar Avni. C'est elle qui me fit découvrir cette pièce, que nous avons donnée une première fois il y a plus d'un an, et que nous avons associée aux Danses de Debussy. La connexion musicale entre ces deux œuvres apparut alors comme une évidence, et tout prit sens de façon extrêmement naturelle : Dohnányi n'eut de cesse durant toute son existence de repousser les limites compositionnelles pour les instruments, et la harpe ne fit pas exception. C'est le rôle de l'instrument concertiste qui est ici revisité, et un théâtre se jouant en deux tableaux : une virtuosité technique exigée pour l’interprétation avec des rythmiques très novatrices, mais également le rôle de l'orchestre qui s'avère presque soliste par endroits, accompagné par la harpe qui se fait tapis pour soutenir. Cet alliage à travers les siècles de ces trois compositeurs qui, chacun à leur façon, ont rebattu les cartes de l'écriture pour harpe, est absolument fascinant. 

    "Je me garderais de tout conseil car chaque chemin est beau car par essence unique"

    BBB – Face à un orchestre symphonique, est-il plus difficile à une harpe de "dialoguer" que pour un instrument aux sonorités plus puissantes, tels que le piano ou le violon ?
    AT – C'est ici je crois que toute la richesse de mon instrument intervient : car la harpe se fait au sein d'un orchestre l'interlocuteur idéal pour terminer la phrase d'une flûte, soutenir la voix d'un violon soliste ou adoucir des tessiture plus graves dans de grandes symphonies, elle se nourrit de toutes ces richesses pour irradier lorsqu'un concerto lui est dédié et fourmiller de tous les champs des possibles. 

    BBB – Comment s’est fait le choix de travailler avec Vasily Petrenko et le NDR Elbphilharmonie Orchestra ?
    AT – Lorsque le désir d'enregistrer ces œuvres se concrétisa, il m'est apparu extrêmement naturel d'envisager l'aventure en partie avec "mon" orchestre, phalange dont j'ai la joie d'être harpiste soliste depuis quelques années déjà. Le concerto de Glière s'avérait le choix idéal au sein de la programmation de la merveilleuse Elbphilharmonie, qui constitua en cela une première mondiale. Vasily Petrenko a répondu avec le plus grand des enthousiasmes à cette proposition de programme, et je n'aurais pu souhaiter meilleur partenaire artistique pour ce projet, tant son engagement et sa sensibilité pour ce répertoire furent sincères et exaltés.

    BBB – Que diriez-vous à un ou une enfant pour l’encourager à découvrir la harpe et, pourquoi pas, en faire son métier ?
    AT – Je me garderais de tout conseil car chaque chemin est beau car par essence unique. Plus largement, il s'agirait de toujours repousser plus loin et plus larges les horizons possibles, toujours permettre à de nouvelles perspectives de s'établir, et de mesurer le cadeau pour un enfant de nos jours que celui de pouvoir aller au théâtre, au concert, à l'opéra, au ballet, au musée ou dans un gymnase, pour toujours s'inspirer de grandes figures artistiques qui ont su vibrer de leur passion par leur exigence et leur lumière. 

    BBB – Quels sont vos projets pour 2025 et pour après ? Des concerts ? Des festivals ? Un autre album ?
    AT – L'année s'annonce à l'image de la richesse permise par mon instrument : multiple, plurielle et à la croisée de plusieurs chemins artistiques. Des récitals solistes et chambristes me réjouissent, auprès de partenaires musicaux qui me font la joie de partager leur lumière : au Konzerthaus de Berlin avec le violoniste Brieuc Vourch, en soliste au Château d'Azay-le-Rideau pour les Concerts de Poche, en musique de chambre cet été pour les Festivals de Salon de Provence avec Éric Le Sage, Paul Meyer, Emmanuel Pahud ou le Festival la Clef de Voûte, pour le Printemps de Heidelberg, à Lausanne, à l'Elbphilharmonie de Hamburg...  Joie également de donner des pages de répertoire concertant au Brésil à l'automne prochain (Rio de Janeiro, Belo Horizonte) ainsi qu'en Allemagne la saison prochaine. Année enfin riche en symphonies, à Hamburg tout comme auprès d'orchestres qui me font la joie de partenariats privilégiés,- je pense à Paavo Järvi en Estonie, Klaus Mäkelä et l'Orchestre de Paris, Andris Nelsons...

    BBB – Pour Bla Bla Bog, pouvez-vous nous donner vos derniers coups de cœur, en musique classique ou contemporaine, bien entendu, mais aussi en cinéma, série, livre ou exposition ?
    AT – La lecture récente des Entretiens de Pierre Boulez avec Michel Archimbaud fut marquante, tout comme l'approfondissement de la découverte de l'œuvre de Romain Gary (sa dernière œuvre en particulier, Les Cerfs-volants). Une récente grande émotion artistique fut offerte par le corps de ballet de l'Opéra de Paris lors de leur production automnale du Lac des Cygnes de Tchaïkovski par Rudolf Noureev. 

    BBB – Merci, Anaëlle. 

    Anaëlle Tourret, Perspectives concertantes, Es-Dur, C2, 2024
    https://www.anaelletourret.com 
    https://www.instagram.com/anaelle_tourret/reel/DFXKDlgCWbK 
    https://www.c2hamburg.de/shop/de/ALL/Perspectives-Concertantes.html

    Voir aussi : "Perspectives de la harpe"

    © Harald Hoffmann

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  • Vanessa Philippe : Vérité, poésie et autodérision

    Bla Bla Blog suit la carrière de Vanessa Philippe depuis la sortie de son formidable album Soudain les oiseaux. La chanteuse à l’univers à la fois grave et poétique, mais non sans humour, a accepté de répondre en exclusivité aux questions de Bla Bla Blog

    Bla Bla Blog – Bonjour Vanessa. Tu fais partie des voix singulières de la chanson française. Peux-tu nous parler en quelques mots de ton parcours ? Et d’abord la musique a-t-elle toujours été une évidence pour toi ?
    Vanessa Philippe – Bonjour. J'ai grandi au Cameroun où j'ai commencé à écrire très tôt. J’ai toujours fait de la danse, je voulais être danseuse contemporaine. Après mes études à Marseille et à Montréal j'ai suivi des formations en écoles de danse professionnelle à Paris. J’ai proposé mes poèmes par hasard à un compositeur qui en manquait, il les a trouvé très personnels et m’a suggéré de les chanter moi-même. C’était une évidence pour moi dès la première chanson ! Sans compositeur après deux premiers albums, je me suis mise à écrire mes textes à la guitare, en mélodies. J’ai commencé en anglais, en co-composition avec Naïm Amor (Calexico) pour mon troisième album, puis j'ai continué toute seule en français. L'envie de me filmer, de monter et réaliser mes propres clips est arrivée à la même période, pour me réapproprier des chansons qui m’avaient échappé pendant l'enregistrement en studio. J’ai pensé aussi la mise en scène de mes pochettes en séance photo par rapport aux clips. Au final les contraintes que j’ai pu rencontrer dans mon parcours artistique m’ont porté vers plus de créativité et d’imagination. 

    BBB – Quel⸱le⸱s artistes t’ont influencée 
    VP – Pour L’amour c’est chiant  j’étais inspirée par Elli & Jacno, Lili Drop, Taxi Girl, auxquels je me suis particulièrement intéressée suite à des articles qui comparaient l’esprit de mon album Soudain les oiseaux à ces références des années 80. 

    BBB –  En 2022, ton album Soudain les oiseaux a marqué les esprits avec son mélange de gravité et de légèreté dans sa facture. C’est un opus très personnel et marquant dans ta carrière. ? Peux-tu nous en parler 
    VP – L’album Soudain les oiseaux est un hommage à ma grande sœur décédée en 2019. C’est le premier album que j’ai entièrement composé seule. Dans la continuité de mon album précédent À l’abri du vent, j’ai proposé à Pascal Parisot de le réaliser. Je souhaitais un album joyeux, rythmé, pour contraster avec la gravité des textes. La légèreté se trouve dans les arrangements électro pop et les clips que j’ai imaginé comme des tableaux surréalistes, avec un poisson rouge qui m’inspirait la joie de vivre et qui était aussi sur ma pochette. Maurice Renoma m’a d’ailleurs contacté pour une collaboration artistique autour de ce poisson. Du coup j’ai réalisé le clip Trop de larmes en écho à son exposition Mythologies du poisson rouge, puis j’ai fait un concert à l’Appart Renoma, où ont été projeté mes clips. J’avais aussi mis une tête de poisson à mon musicien, que j’ai gardé ensuite pour mon set à la JIMI Festival de Marne.

    BBB – L’an dernier, ton dernier album, L’amour c’est chiant, marquait ton retour, avec des titres moins sombres et où tu t’interroges sur l’amour. L’amour c’est vraiment "chiant", comme tu le chantes ?
    VP – Tout dépend de quel amour il s’agit… Je trouve que l’amour c’est le coeur de la vie. Mais même s’il y a toujours des hauts et des bas, quand il nous emprisonne et qu’il est toxique, c’est franchement chiant. J’aborde également l'amour filial avec Jeanne, ma grand-mère qui en a beaucoup souffert. Je me suis interrogée sur l’amour dans tous mes albums, avec des textes faussement naïfs inspirés de mes émotions personnelles. L’amour c’est chiant est un peu plus direct. C’est la vérité crue en poésie et avec autodérision comme l’illustrent les pochettes du single L’amour c’est chiant ou de l’album avec l‘emprise de la main sur la tête et le double profil sur un fond de jeu Pac-Man. Là aussi je voulais des contrastes, un album coloré, avec des drums, des arrangements très électro-pop sur lesquels on aurait envie de danser. J’ai proposé à l’artiste franco mexicaine Alba de le réaliser.

    "L'amour, quand il nous emprisonne et qu’il est toxique, c’est franchement chiant !"

    BBB – Impossible de parler dans ta carrière sans évoquer tes clips, multi- récompensés. Autrice, compositrice, chanteuse et aussi réalisatrice, avec succès. Peux-tu nous parler de ton travail artistique sur tes clips. Les réaliser toi-même a-t-il été une évidence ? Comment travailles-tu d'ailleurs sur tes clips ? 
    VP – Réaliser mes propres clips me permet de développer mon univers. J’improvise devant ma caméra, souvent dans mon salon, avec une simple idée de départ qui peut aussi bien être un vêtement, un accessoire ou un mouvement chorégraphique. Je ne prévois presque rien, je filme à l’aveugle et j’utilise ensuite les rushs comme de la matière pour créer. Quand je suis au montage mes images font sens et c’est là que je m’amuse le plus, surtout quand je trouve un fil conducteur comme le poisson rouge ou Pac-Man. J’aime bien réaliser des trilogies qui reprennent le visuel pochette. Le clip est aussi une façon de me rapprocher du public quand en tant qu’artiste indépendante, faire de la scène n’est pas si simple. Certains ont été programmés sur MTV et je les présente régulièrement dans des Festivals Internationaux pour qu’ils soient vus et diffusés dans des espaces différents.

    BBB – Quels sont tes projets ? Un futur album ? D’autres clips ? Des concerts ? Des collaborations ? 
    VP – Je prépare un nouveau clip que j’ai tourné ce lundi pour le titre Clair de lune de l’album L’amour c’est chiant. J’ai aussi repris ma guitare pour écrire d’autres chansons, je pense à un futur album. Je me laisse porter par l’envie, les rencontres et l’intuition, y compris pour la scène que je n’oublie pas même si on m’y voit très peu en ce moment.

    BBB – Une dernière question pour nos lecteurs et lectrices. Quels sont tes derniers coups de cœur ? Aurais-tu un livre, un film, une série et de la musique – pop, chanson, classique ou pop- ? rock – à nous conseiller ?
    VP – J’ai beaucoup aimé Deux moi de Cédric Klapisch. J’ai eu un coup de cœur pour Aki Kaurismaki et particulièrement pour le film Au loin s’en vont les nuages que je trouve très poétique et très juste. Le choix de la BO, la présence de groupes de musiques récurrents en font vraiment une œuvre particulière. Et j’ai adoré Arcane, une série à voir absolument, pour la BO, le graphisme et l’histoire ! Sinon en ce moment je lis Résister à la culpabilisation, le dernier livre de Mona Chollet. Beauté fatale qu’elle avait écrit il y a quelques années m’a inspiré une chanson et un clip du même titre dans l’album L’amour c’est chiant. Incontournable aussi En studio avec les Beatles qui m’a accompagnée pendant l’écriture de mon album Soudain les oiseaux et que je relis ! 

    Bla Bla Blog – Merci, Vanessa.
    VP – Merci

    Vanessa Philippe, L’amour c’est chiant, Le Poisson Spatial / Modulor, 2024
    https://www.vanessaphilippe.com
    https://www.facebook.com/vanessaphilippemusic
    https://www.instagram.com/vansphi

    Voir aussi : "Il faut qu’on avance"
    "Loulia : Trouver du réconfort dans la musique que je fais"

     

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