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Télévision et séries

  • New York, la nuit

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    Une nouvelle création de HBO, visible en ce moment sur Canal+, propose une relecture intéressante de la série policière. L’intrigue de la série The Night Of se base sur un postulat a priori simple : Nasir Khan, un étudiant a priori sans histoire et issu d’une famille pakistanaise, choisit une nuit d’"emprunter" le taxi de son père pour aller à une soirée. Perdu dans les rues de New York, il voit entrer dans son taxi une inconnue, Andrea, qui lui demande de la ramener chez elle dans une grande et mystérieuse maison. Une brève idylle a lieu, mais qui se transforme en cauchemar lorsqu’à son réveil Nazir découvre le corps poignardé de cette jeune femme rencontrée quelques heures plus tôt. L’étudiant panique mais est vite rattrapé. C’est le seul suspect.

    Sur cette histoire de crime, de coupable idéal et de procès, les créateurs de The Night Of, Richard Price et Steven Zaillian, ont bâti une œuvre télévisuelle subtile dans laquelle un fait divers tristement banal devient matière à ausculter les tenants et les aboutissants cataclysmiques d’un tel drame. Finalement, ce qui est en jeu est autant la recherche du ou des responsables du crime que les conséquences d’une arrestation et d’un procès : la vie d'un commissariat glauque new-yorkais, la découverte de l’enfer d’une prison par un étudiant qui n’y était pas préparé, sans compter les traumatismes dans la famille de Nazir, encore moins susceptible de vivre une telle épreuve. Comment préparer la défense du jeune étudiant, payer l’avocat et vivre en société avec ces accusations ?

    Mais la plus grande réussite de The Night Of reste le personnage de l’avocat John Stone, interprété par le magistral John Turturro. Bien loin du cliché des hommes de loi froids, implacables et impeccables, le personnage principal de la série promène sa démarche incertaine à la Colombo dans les rues grises et glauques de New York, se transformant en un justicier et un détective austère dans des quartiers interlopes.

    Comme il faut s’y attendre, cette série HBO n’entend pas laisser le spectateur sur sa faim et le dernier épisode réserve quelques surprises de taille. Des critiques se sont d’ailleurs étonné qu’un projet de saison 2 soit sur les rails. "Est-ce bien nécessaire ?" se sont demandés certains. La réponse est : oui. Le huitième et dernier épisode augure déjà que le crime d’Andrea a matière à rebondissements. En attendant, la saison 1 est toujours disponible sur la chaîne cryptée. Elle est à ne pas manquer.

    The Night Of, saison 1, de Richard Price et Steven Zaillian, avec John Turturro, Riz Ahmed, Michael K. Williams, Bill Camp, Jeannie Berlin, Glenne Headly, Amara Karan et Sofia Black D'Elia, États-Unis, 8 épisodes de 57 à 96 mn, 2017, Canal+

    https://www.hbo.com/the-night-of

     

  • Les salauds

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    Broadchurch clôt bientôt sa troisième – et ultime – saison. Dans la petite ville anglaise balnéaire et imaginaire qui a été secouée par le meurtre du petit Danny Latimer, les inspecteurs Alec Hardy (David Tennant) et Ellie Miller (Olivia Colman) doivent s’atteler à une nouvelle affaire : l’agression sexuelle d’une quinquagénaire au cours d’une soirée d’anniversaire.

    Sur ce fait divers sordide qui secoue Broadchurch, les policiers vont aller de surprise en surprise : au fur et à mesure que l’enquête avance, le nombre de suspects grossit à vue d’oeil. Le spectateur est pris à la gorge par une intrigue d’autant plus passionnant que chaque personnage secondaire semble cacher de lourds secrets. 

    Il ne reste que quelques épisodes avant de pouvoir connaître le fin mot de l’histoire de cette mini-série britannique qui fait déjà date dans l’histoire de la télé anglaise.

    Broadchurch de Chris Chibnall
    Avec David Tennant, Olivia Colman, Jodie Whittaker et Andrew Buchan,

    Saison 3, huit épisodes de 45 mn, Grande-Bretagne, 2017
    Sur France 2, deux derniers épisodes, ce lundi à 20H55

  • C’est pas de la télé, c’est HBO

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    Oz, Les Soprano, Sex and the City, The Wire, True Blood, True Detective, Game of Thrones : le point commun de ces séries, outre leur succès et leurs qualités plébiscitées, est d’avoir été créées par HBO, une chaîne du câble américain, devenue une référence télévisuelle.

    Pourtant, que de chemins parcourus depuis la naissance, en novembre 1972, de Home Box Office, modeste canal de télé payante dont la programmation se limitait à des petits films indépendants, des matchs de boxe et des documentaires…

    Un livre d'Axel Cadieux, Jean-Vic Chapus et Mathieu Rostac, La Saga HBO (éd. Capricci) retrace l’itinéraire exceptionnel d’une chaîne pas comme les autres qui a lancé une véritable révolution culturelle et artistique : celle des séries, après les premières expérimentations télévisuelles que furent Twin Peaks, X-Files, Buffy contre les Vampires ou Ally McBeal.

    Les auteurs s’omettent pas de mettre un coup de projecteur sur quelques-uns des responsables de HBO : son créateur d’abord, Charles Dolan, mais aussi ces autres responsables que sont Chris Albrecht, Michael Fuchs, Jeff Bewkes, Carolyn Strauss, sans oublier quelques-uns des showrunners qui ont fait le succès de la chaîne.

    La Saga HBO ouvre d’ailleurs largement ses pages à ces scénaristes-producteurs hors du commun que sont David Chase (Les Soprano), David Milch (Deadwood), David Simon (The Wire) ou Tom Fontana (Oz). Certains sont d’ailleurs interviewés pour les besoins du livre.

    Rétrospectivement, la réussite de HBO tient dans une alchimie impeccable mêlant liberté de création, confiance réciproque entre showrunners et responsables de HBO, mais aussi efficacité commerciale acceptée et assumée par tous les maillons de la chaîne.

    Les auteurs de ce passionnant essai retrouveront exposés la genèse et les secrets de fabrication de quelques-unes des plus emblématiques séries estampillées HBO : les chefs-d’œuvres The Wire, Les Soprano ou Six Feet Under, le western métaphysique Deadwood, la série de fantasy True Blood, devenue phénomène de la pop culture et, bien entendu, le raz-de-marée Game of Thrones.

    Axel Cadieux, Jean-Vic Chapus et Mathieu Rostac ne cachent pas les échecs qui ont jalonné l’histoire de la chaîne du câble, souvent en pointe, du reste, pour sentir, voire devancer, les goûts du public. Il y a eu l’arrêt du péplum Rome après deux saisons et 100 millions de dollars engloutis dans une fresque impressionnante, ou encore la déception de Carnivàle (La caravane de l’Étrange). Mais HBO a aussi dû subir la concurrence d’autres chaînes, bien décidées à ne pas lui laisser le monopole de séries ambitieuses, engagées, voire décalées : AMC (Mad Men, The Walking Dead ou Breaking Bad), Showtime (Dexter, Weeds ou The L World) et Fx (Californication, The Shield ou Damages).

    Pour autant, HBO parvient à se redynamiser après 2008, grâce à quelques-uns de ses succès les plus marquants : True Blood, True Detective, Girls, Game of Thrones ou Wesworld pour ne citer qu'eux. Une santé insolente qui lui permet de voir l’avenir en rose : une deuxième saison de Westworld pour 2018, une troisième de True Detective et même une adaptation possible de Fondation d’Isaac Asimov, avec, aux manettes, le showrunner Nic Pizzolatto, le comédien Robert Downy Jr et le réalisateur Roland Emmerich.

    Le terme de chefs-d’œuvres n’est pas galvaudé pour plusieurs séries, pourtant fortement dépendantes des contraintes commerciales de HBO et du couperet de l’arrêt de la saison. Les auteurs, mais aussi journalistes de la revue spécialisée SoFilm, citent des épisodes considérés comme des musts artistiques : l’épisode 11 de la saison 3 des Soprano (Pine Barrens), l’épisode 9 de la deuxième saison de Deadwood (Amalgamation and Capital) ou l’épisode 13 de la saison 4 de The Wire (Final Grades).

    Contre toute attente, HBO a su faire de la série télé une authentique matière artistique. Richard Ellenson, le publicitaire qui a proposé, en 1995, à la petite chaîne du câble son slogan qui lui colle à la peau, "It’s not TV, it’s HBO", a dit ceci : "Surtout ne culpabilisez pas, cher(e)s abonné(e)s. Quand vous passez sur notre canal, vous ne regardez pas la télé. Trop vulgaire. En fait, vous ne le savez pas encore, mais vous regardez des programmes qui pourraient tout à faire faire de l’ombre au cinéma."

    Axel Cadieux, Jean-Vic Chapus et Mathieu Rostac, La Saga HBO, éd. Capricci, 2017, 207 p.
    Myriam Perfetti, "Le double looping des séries", in Marianne, 25-31 août 2017, pp. 62-65
    http://www.hbo.com

  • Troisième bougie pour Bla Bla Blog

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    Bla Bla Blog fête aujourd'hui son troisième anniversaire.

    Près de 550 chroniques plus tard, le blog qui parle de littérature, de musiques, de cinéma ou de télé garde son tempo. Bla Bla Blog c'est une autre manière de parler de ce qui nous touche, parfois par des chemins de traverse, mais toujours avec passion et conviction.

    Pour les prochains balablas, il sera question de philosophie et d'anagramme avec Raphaël Enthoven, d'un focus sur HBO, la chaîne de télévision la plus révolutionnaire de ces vingt dernières années, de mathématiques, d'un retour sur Fishbach, l'une des révélations de la scène rock mais aussi d'une bande dessinée culottée et de haute-volée autour de l'érection (un indice, chez vous, avec le visuel en illustration)...

  • Maîtres et servantes

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    C’est LA série du moment, celle qui cumule les superlatifs : la plus audacieuse, la plus engagée, la plus dérangeante, la plus percutante et sans doute aussi la plus bouleversante. The Handmaid's Tale est un Everest télévisuel, créé par le showrunner Bruce Miller et porté à bout de bras par une Elisabeth Moss (À la Maison blanche, Madmen) capable de métamorphoses saisissantes, de la citadine rayonnante et lumineuse à l’esclave soumise et martyrisée.

    En 1990, une première adaptation avait été faite de La Servante écarlate, le best-seller canadien de Margaret Atwood, sorti en 1985, avec Volker Schlöndorff à la réalisation. Preuve que les temps ont changé, 17 ans plus tard, c’est la plateforme de VOD Hulu qui propose une nouvelle vision de cette œuvre de science-fiction engagée, cette fois dans une série de 10 épisodes. Vue son succès, une deuxième saison est d’ores et déjà en préparation.

    The Handmaid's Tale nous plonge dans une Amérique effrayante et méconnaissable. Une série de crises politiques, environnementales et démographiques ont porté des fondamentalistes au pouvoir. La République de Gilead, dictature mêlant patriarcat, puritanisme religieux et discours écologiques, a bouleversé de fond en comble la société américaine. Les premières victimes de cette révolution sont les femmes, qui ont été rabaissées au rang d’esclaves. La maternité a été élevée au rang d’obligation morale. La seule issue pour ces Américaines est être des mères au foyer soumises aux hommes, des domestiques asservies ou bien des reproductrices destinées à servir de mères porteuses pour les nombreux couples infertiles.

    Offred/ June (Elisabeth Moss) est une de ces servantes, contrainte par la société à se reproduire après des viols institutionnalisés et transformés en cérémonies sacrées. Les nombreux flash-back nous apprennent que June a été des années plus tôt une jeune Américaine heureuse, émancipée et heureuse avec son mari Luke (O. T. Fagbenle) et leur fille Hannah. Elle est logée chez un couple de notables, les Waterford. Le Commandant Fred Waterford (Joseph Fiennes) fait partie du premier cercle au pouvoir. Lui et sa femme Serena Joy (Yvonne Strahovski) ont été parmi les instigateurs de la révolution de Gilead.

    The Handmaid's Tale suit les pas d’Offred dans cette société hyper sécurisée, aseptisée, religieuse, écologique et violente. Les servantes, vêtues de leur traditionnel uniforme écarlate semblant tout droit sorti de l’époque des Pères pèlerins, ploient l’échine, survivent et souffrent. Pour ces femmes abaissées au rang d’esclaves, la sortie ne peut venir que de la fuite vers des pays libres comme le Canada ou la mort. Offred / June voit pourtant une autre issue se dessiner : la résistance.

    The Handmaid's Tale est un uppercut télévisuel qui interroge sur la fragilité des démocraties, le danger des idéologies et la domination masculine. Cette série de science-fiction est un vibrant plaidoyer pour le féminisme, l’engagement humaniste et le courage de la résistance contre les oppressions et les états d’urgence de tout poil.

    Alors que les populismes n’en finissent pas de frapper à la porte de nos démocraties et que la femme continue d’être une "variable d’ajustement", la série The Handmaid's Tale nous propose une piqûre de rappel bénéfique. Le spectateur risque de ne pas oublier de sitôt les regards apeurés, désespérés et effarés de June / Offred.

    The Handmaid's Tale, de Bruce Miller, avec Elisabeth Moss, Samira Wiley, Joseph Fiennes, Yvonne Strahovski et Max Minghella, saison 1, 10 épisodes, Hulu, USA, 2017, sur OCS

  • Pleure, ô pays bien-aimé

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    On avait quitté Carrie Mathison à Berlin, dans une cinquième saison 5 décevante de Homeland. Décevante mais ambitieuse et à risques, car les showrunners, Howard Gordon, Alex Gansa et Gideon Raff devaient faire faire à cette création de Showtime un virage fondamental, après la mort brutale d’un de ses personnages principaux.

    Contre toute attente, Homeland a rebondi en Europe dans ce qui peut être vu, rétrospectivement, comme une saison intermédiaire. Pour les douze derniers épisodes, c’est cette fois aux États-Unis que Carrie Mathison (Claire Danes), Saul Berenson (Mandy Patinkin) et Peter Quinn (Rupert Friend) ont posé leurs valises.

    Le pays vient d’élire leur prochaine Présidente. Elizabeth Keane (Elizabeth Marvel) est une femme politique détestée par la moitié de la population, en dépit de la mort héroïque de son fils au champ de bataille en Irak. En retrait de la CIA, Carrie Mathison travaille dans un cabinet d’avocats. Elle a en charge un dossier hautement sensible : l’arrestation d’un jeune homme accusé de propagande djihadiste. Dans le même temps, elle tente de prendre sous son aile son ami Peter Quinn, gravement blessé et traumatisé après sa mission en Allemagne. Même si elle est dans le privé, Carrie entretien toujours d’étroits liens avec la CIA. Saul Berenson et Dar Adal (F. Murray Abraham : brillant, comme à son habitude) s’agitent, complotent et agissent en sous-main dans cette période troublée et à haut risque qui précède l’investiture de la présidente élue.

    Les créateurs de la série osent un virage sans doute bien plus fondamental dans cette nouvelle saison. Ils nous proposent une intrigue à tiroirs et aux enjeux complexes : guerres contre l’État islamique, conflits stratégiques autour du nucléaire iranien et de la Corée du Nord, travail en sous-main du Mossad et crises à l’intérieur du pays avec les adversaires du Patriot Act, les faucons républicains et des groupuscules extrémistes.

    Depuis six ans, Homeland est, en dépit de son caractère fictionnel, l’un des baromètres les plus pertinents pour interpréter l’état des relations internationales et des États-Unis. En collant au plus près de l’actualité (même si les créateurs n’ont pas anticipé l’élection du président populiste Donald Trump), la série d’espionnage et de contre-espionnage interroge une Amérique nerveuse, souffrante et en mal de repères.

    Carrie Mathison joue bien évidemment le rôle central. Au-dessus d’elle, s’agitent, telles des fourmis dans leur tanière, des hommes et des femmes aux mobiles mystérieux. Les protagonistes aiguisent leurs armes et usent de tous les stratagèmes pour parvenir à leur fin. Le pays pourrait bien en être la première victime.

    La précédente mission de Carrie Mathison et consorts en Europe entraînait le spectateur dans une intrigue intéressante mais classique. Pour cette saison, après les quatre premiers épisodes plutôt poussifs, la série prend subitement son envol. Les victimes s’additionnent, les coups de théâtre se multiplient et les masques tombent, jusqu’à un dernier épisode (America First) qui fera date. Un cliffhanger d’anthologie annonce une saison 7 que les fans de Homeland attendent déjà en trépignant d’impatience.

    Homeland, saison 6, avec Claire Danes, Mandy Patinkin, Rupert Friend, F. Murray Abraham et Elizabeth Marvel, 2017, sur Canal+, jusqu’au 1er septembre 2017
    http://www.sho.com/homeland

     

  • Tweet Westeros

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    Chaque dimanche soir, les fans de Game of Thrones (@GameOfThrones) se rassemblent sur Twitter pour discuter des retournements de situation, des dernières aventures des personnages, pour partager leurs mêmes et autres gifs, et live-tweeter avec la communauté. Chaque saison de #GameOfThrones génère des millions de Tweets. En 2016, Game of Thrones a été la série la plus discutée sur Twitter et dans le Top 10 des tendances sur Twitter  - c’est d’ailleurs la seule série télé dans ce top.

    Alors que la saison 7 a commencé hier soir aux États-Unis et que le premier épisode traverse l’Atlantique pour arriver ce soir sur les écrans français, Twitter a analysé Game of Thrones sur sa plateforme. En 2017, dans le monde, il y a eu 13,8 millions de Tweets à propos de la série. Le 21 juin, jour de la sortie de la seconde bande-annonce, a été le jour où il y a eu le plus de Tweets postés.

    Twitter a créé une carte interactive avec tous les personnages de Game of Thrones représentés par des flocons de neige connectés selon les relations entre les différents protagonistes. En cliquant sur un flocon, vous avez un résumé du moment le plus important pour ce personnage (le moment qui a suscité le plus de tweets) et l’épisode durant lequel a eu lieu ce moment fatidique - attention aux spoilers...

    Les épisodes ayant suscité le plus de conversations sur Twitter sont, dans l'ordre :

    - The Winds of Winter (saison 6 - épisode 10 - diffusé le 26 juin 2016*
    - The Red Woman (saison 6 - épisode 1 - diffusé le 24 avril 2016*
    Battle of the Bastards (saison 6 - épisode 9 - diffusé le 19 juin 2016*
    - Mother’s Mercy (saison 5 - épisode 10 - diffusé le 14 juin 2015*
    - Home (saison 6 - épisode 2 - diffusé le 1er mai 2016*

    *Dates de diffusion aux Etats-Unis

    De tous les personnages de la série, quels sont ceux dont on a le plus parlé sur Twitter pendant la saison 6 ?

    - Jon Snow
    - Daenerys Targaryen
    - Sansa Stark
    - Arya Stark
    - Hodor

    Quelles célébrités de la galaxie Game of Thrones sont les plus suivies ?

    - Maisie Williams (@Maisie_Williams)
    - Sophie Turner (@SophieT)
    - George R. R. Martin (@GRRMspeaking)

    Pour ceux ne pouvant être devant leur écran dimanche soir et ne souhaitant pas se faire spoiler le début de la nouvelle saison, Twitter permet de masquer certains tweets dans les timelines en fonction de mots-clés. Plus d’explications dans ce Tweet ou via le Centre d’Assistance.

    https://interactive.twitter.com/winter-is-here
    @GameOfThrones

  • Game of Thrones pour les nuls

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    Le compte à rebours a commencé pour les millions de fans de Game of Thrones. Il faudra attendre le 16 juillet 2017 pour découvrir la saison 7 de la série culte de fantasy, inspirée de l’œuvre de George RR Martin.

    Première mauvaise surprise pour celles et ceux qui suivent les aventures de Tyrion Lannister, Daenerys Targaren ou Jon Snow, cette saison ne comportera que 7 épisodes (au lieu de 10). Et comme une mauvaise nouvelle n’arrive jamais seule, une saison supplémentaire, encore plus courte, viendra clôturer la saga, sans doute courant 2019.

    Au terme du 73e épisode, les amateurs de GOT devraient découvrir qui pourra s’asseoir sur le Trône de Fer, si les Marcheurs Blancs vont venir conquérir le monde des mortels, et surtout quels héros survivront.

    Pour une révision générale de l’univers de GRRM et tout savoir – ou presque – sur les grands et petits secrets de la série de fantasy, le magazine Ciné Série Saga propose ce mois un hors-série de 80 pages, avec spoilers inclus.

    Game of Thrones, saisons 7, HBO, à partir du 16 juillet 2017

  • Le retour de Laura Palmer

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    Dans le dernier épisode de la deuxième saison de Twin Peaks, diffusée en 1991, Laura Palmer donnait rendez-vous à l’agent Dale Cooper dans 25 ans. Les fans de la série réalisée par David Lynch espérait sans trop y croire que cette invitation surnaturelle ne faisait pas partie des pieds-de-nez dont le réalisateur est coutumier.

    25 ans plus tard, la promesse de la célèbre victime est respectée : Twin Peaks est de retour pour une troisième saison. Bien entendu, les personnages ont vieilli et le monde a changé. Mais les fans retrouveront la patte de David Lynch et les ingrédients qui ont fait le succès d’une œuvre élevée au rang de mythe.

    L’agent Dale Cooper reprend donc du service, aiguillonné par une prémonition de la femme à la bûche. Le célèbre flic, complètement métamorphosé, est accompagné de quelques personnages des deux saisons précédentes, de retour 25 ans plus tard : Lucy Moran, Andy, Shelly Johnson, le docteur Lawrence Jacoby ou encore Bobby Briggs. Sur les pas de Laura Palmer, David Lynch prend un malin plaisir à poser les bases d’une histoire sombre, avec son lot de crimes, de surnaturel, de fantômes et de rêves.

    Cette fois l’intrigue de Twin Peaks explose les frontières de la petite ville. Pour le reste, les fans seront en terrain connu : personnages inquiétants aux gestes lents et hiératiques, intrigue se jouant du temps et la réalité, décors glaçants, mise en scène soignée, couleurs chaudes et bien entendu la musique d’Angelo Badalamenti. Tous les ingrédients des deux premières saisons de Twin Peaks sont là, au service non pas d’une histoire préchauffée et resservie mais dans un nouveau cycle fidèle à l’univers lynchien.

    "Est-ce que c’est le futur ou est-ce que c’est le passé ?" demande l’un des personnages dans le deuxième épisode. Nous répondrons : l’un et l’autre. Twin Peaks a su se renouveler avec une richesse qui, pour l’instant, ne déçoit pas, tout en restant fidèle à l’ADN d’une série qui a révolutionné l’histoire de la télévision.

    Twin Peaks, saison 3, de David Lynch et Mark Frost,
    avec Kyle MacLachlan, Dana Ashbrooks, Sheryl Lee, Sherilyn Fenn,
    David Duchovny, David Lynch, Mädchen Amick
    et Catherine E. Coulson, États-Unis, 2017,
    sur Canal+, jusqu’au 30 octobre 2017

  • Galerie glaçante

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    Les lecteurs de Saint-Simon, François Bluche ou Pierre Goubert (Louis XIV et 20 millions de Français) peuvent bien faire la fine bouche devant la série Versailles : il n’en reste pas moins vrai que cette création française au casting international remet au goût du jour un personnage historique capital, et jusque-là souvent réservé aux manuels scolaires ou aux essais spécialisés.

    Avec Versailles, le Roi Soleil (Georges Blagden) a droit à un sérieux dépoussiérage. On est loin du téléfilm académique L’Allée du Roi de Nina Companeez (1995). Ici, la cour de Louis XIV est un lieu somptueux autant qu’un nid de vipères, où la duplicité et la cruauté le disputent au crime : luttes de pouvoir, exécutions, meurtres, manipulations, maîtresses ambitieuses ou mariages arrangés sont le quotidien d’une cour que le roi tente tant bien que mal de domestiquer.

    La galerie des glaces n’a jamais aussi bien porté son nom. Le roi est au centre des luttes intestines comme des ambitions de nobles, après la période de la Fronde (1648-1653). La galerie de personnages glaçants, orgueilleux et cyniques fait toute l’épaisseur de cette série. Et tant pis pour les approximations et autres raccourcis historiques.

    Parmi les protagonistes de Versailles, le frère du roi Philippe (Alexander Vlahos) continue de tenir une place importante. On le découvre marié contre sa volonté à un personnage étonnant et passionnant, la princesse Palatine (Jessica Clark). Quant à madame de Montespan (Anna Brewster), elle continue de tisser sa toile pour manipuler un roi plus vrai que nature.

    La saison 2 commence par l’épilogue d’un kidnapping dont nous éviterons de spoiler l’histoire et les enjeux. La cour évolue dans un château en pleine construction, fastueux mais aussi empoisonné, dans tous les sens du terme. Les dagues sont remisées au profit d’armes invisibles mais tout aussi redoutables. Pour ne rien arranger, la France de Louis XIV se démène dans une Europe en guerre. La mort n’a jamais été aussi séduisante et spectaculaire dans ce palais de marbres et de dorures.

    Versailles, série créée par Simon Mirren et David Wolstencroft, avec Georges Blagden, Alexander Vlahos, Tygh Runyan, Stuart Bowman, Anna Brewster, Evan Williams, Suzanne Clément, Catherine Walker, Elisa Lasowski, Maddison Jaizani, Jessica Clark, Pip Torrens, Harry Hadden-Paton et Greta Scacchi, France, 2017, en ce moment sur Canal+

  • 500

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    Bla Bla Blog vient de publier sa 500ème chronique en moins de trois ans.

    C'est l'occasion de revenir sur  cette aventure éditoriale autant qu'humaine qui a entraîné le bloggeur vers des horizons passionnants. Bla Bla Blog s'est fixé dès le départ un seul principe : la curiosité. Sortir des sentiers battus n'empêche pas de parler de sujets plus classiques. Ni élitiste, ni mainstream, Bla Bla Blog peut aussi bien parler du formidable mais méconnu groupe Carré-Court  que revenir sur David Bowie. Et faire découvrir le travail d'artistes comme Fanny de la Roncière ou la "pétillante" Laura Lambrusco n'empêche pas de parler de Tintin ou de Star Wars.

    Dans les prochaines chroniques, il sera ainsi question de l'étonnante et sulfureuse Stella Tanagra mais aussi du groupe Edgär, d'Oren Lavie que le public français commence à découvrir, ou encore de la série Versailles (à paraître samedi prochain).

    Et Bla Bla Blog sera également partenaire du deuxième épisode de l'événement parisien In The Mood For Art, Panic room/Art, en septembre prochain.

  • C’est quoi ce pays ?

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    What The Fuck France est ce programme court présenté par le survitaminé Paul Taylor. Le comédien britannique, s’adressant aux spectateurs mais aussi à ses doubles français Jean-Pierre et Paul, épingle en moins de trois minutes les us, coutumes, habitudes et travers des Français : la cuisine, la mode, le café, les Césars, l’administration, la bise, la langue française, le romantisme ou le sacro-saint achat du pain.

    Dans la langue de Shakespeare, Paul Taylor énumère les trois raisons qui expliquent pourquoi ces spécificités sont stupides. Il nous explique pourquoi nous sommes des alcooliques refoulés, comment l’achat d’une baguette dans une boulangerie s’avère être un acte d’une grande gravité ou n'hésite pas à égratigner les Parisiennes – des "emmerdeuses". 

    Les 29 épisodes rythmées de What The Fuck France sont un délice d’humour, d’impertinence mais aussi de pertinence. Le comédien britannique n’est pas avare en punch-lines : "Le je t’aime bien est la pilule du lendemain du langage", "Il est plus difficile de comprendre la description d’un plat que de comprendre l’intrigue du film Inception" ou "Tu es tellement attaché à ta boulangère que tu es presque marié avec elle."

    Vous avez jusqu’au 24 juin pour découvrir sur Canal+ cette série hilarante... et française, of course.

    What The Fuck France de Paul Taylor et Robert Hoehn,
    réalisée par Félix Guimard, France, 2016, sur Canal+, jusqu’au 24 juin 2017

  • Buffy, vingt ans, tueuse de vampires

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    Nous fêtons cette semaine les 20 ans de la série culte, Buffy contre les Vampires. Les sept saisons et 144 épisodes des aventures de la chasseuse de vampires ont subjugué des millions d’adolescents et de jeunes adultes, mais aussi révolutionné l’histoire de la série télé. Buffy contre les Vampires représente sans doute l’un des musts de ce genre. Sarah Michelle Gellar, l’éternelle interprète de Buffy Summer, a été multi-récompensée et a contribué à donner à cette fiction de divertissement le statut d’œuvre culte. Pour parler de cette série d’urban fantasy multi-récompensée, Bla Bla Blog vous invite à vous reporter à cet article complet du site spécialisé Fantasy à la Carte, pour tout savoir ou presque sur l’une des meilleures séries de l’histoire de la télévision.

    Produite par Joss Whedon, Buffy contre les vampires marque un vrai tournant dans l’évolution des séries américaines. En effet, elle va ouvrir la voie à de nombreuses séries évoluant dans la même mouvance fantasy/fantastique.

    Dès ses premières diffusions, le succès est au rendez-vous en réunissant 4 à 6 millions de téléspectateurs aux États-Unis. En France, la série est diffusée de 1998 à 2003 d’abord sur Série Club, puis sur M6. Buffy compte ainsi 144 épisodes répartis en 7 saisons.

    Son scénario est assez conventionnel même si pour les néophytes du genre, il représente une révolution. Ici, on suit le destin peu ordinaire d’une jeune lycéenne dont la vie se partage entre le lycée, les cours, les amis, les sorties en boîte de nuit et une étrange mission, celle de tuer des vampires et autres démons venant menacer la vie tranquille de Sunnydale. Pour accomplir sa destinée d’élue, la jeune femme est accompagnée par un observateur qui la guide, la conseille, et l’entraine au besoin. Ce rôle est incombé à un bibliothécaire du nom de Rupert Giles dont l’érudition sera un atout majeur pour déterminer la provenance de chaque menace et découvrir ainsi le meilleur moyen pour la vaincre.

    Plus qu’un divertissement pour adolescents en mal d’aventure, Buffy contre les Vampires est une vraie série d’apprentissage car son héroïne va y connaître une sacrée évolution en passant de l’adolescente capricieuse, écervelée parfois à l’adulte sérieuse et responsable. Ce sont sept saisons qui se renouvellent à chaque fois afin d’offrir un programme à la mesure de sa renommée.

    La particularité de cette série est qu’elle est un peu transgenre dans le sens qu’elle ne se contente pas de raconter des attaques de vampires et des combats de tueuses...

    La suite ici...

    Fantasy à la Carte

  • On a failli assassiner JFK

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    Stephen King, on le sait, est implacable s’agissant des adaptations de ses romans. Peu de films ont reçu la bénédiction du maître du suspense. Pensez ! Même le Shining de Stankey Kubrick, tout auréolé de son statut de chef d’œuvre, n’a pas réussi à convaincre le romancier américain qui a été jusqu’à tourner "sa" version pour petit écran, aussi pompeuse et peu convaincante que l’autre était ambitieuse et audacieuse.

    Il y a trois ans, était produite Under The Dome, une adaptation en série télé d’un autre de ses pavés, Dôme. Une demie-réussite ou un demi-échec, comme on veut. Mais en tout cas, la preuve était faite que ce genre audiovisuelle semble aller comme un gant aux versions filmées de Stephen King.

    La série 22.11.63, tirée du roman du même nom – et actuellement diffusée sur Canal – va dans le même sens. L’auteur de Dolores Claiborne en est d’ailleurs co-producteur avec JJ Abrams et James Franco. James Franco, justement, joue le rôle principal, celui de Jake Epping, un obscur professeur propulsé au début des années 60 afin d’empêcher l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy, le 22 novembre 1963. Il entreprend une aventure fantastique et dangereuse dans le temps pour contrecarrer le passé. Mais le passé est retors et pourrait bien se venger.

    Il est visible que le romancier américain a suivi avec soin l’adaptation de son roman. Le respect à l’histoire est là, tout comme l’esprit du livre : une plongée dans l’Amérique profonde mais aussi dans une époque filmée avec nostalgie – lorsque le rêve ne se transforme pas en cauchemar. Comme le dit un personnage de 22.11.63, "Si tu veux faire un truc qui emmerde le passé, le passé aussi viendra t’emmerder."

    Stephen King, 22/11/63, éd. Albin Michel, 2014, 1056 p.
    22.11.63, série de Kevin Mc Donald, avec James Franco, Sarah Gadon,
    Chris Cooper et Daniel Webber, saison 1, 8 épisodes, 2016,
    en ce moment sur Canal

  • La vie et les deux morts de Louis Althusser

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    Le 16 novembre 1980, le nom du philosophe Louis Althusser rejoignait la colonne des faits divers. Le brillant intellectuel de la rue d’Ulm, maniaco-dépressif et, ce jour-là, dans un état de démence, étrangla sa compagne Hélène Rytmann. Reconnu irresponsable de ses actes, Louis Althusser passa les dix dernières années de sa vie en traitement, avec interdiction de s’exprimer publiquement. L'affaire judiciaire se conclua par une première mort symbolique du philosophe, avant son décès le 22 octobre 1990.

    Étonnamment, le documentaire de Bruno Oliveira, L’Aventure Althusser, visible en replay sur Arte pour encore quelques jours, s’attarde peu sur cet homicide – ou ce "suicide altruiste" comme il a été dit non sans un certain cynisme. Ce qui intéresse le réalisateur c'est le parcours philosophique et politique d’un des intellectuels français les plus brillants de la deuxième moitié du XXe siècle.

    La carrière de Louis Althusser est intimement liée à celle du communisme qu’il épousa, en adhérant au PCF, jusqu’à en devenir une figure importante. Ne rêvait-il pas d’en devenir son idéologue, comme le rappelle le film de Bruno Oliveira ?

    L’Aventure Althusser retrace le cheminent philosophique de celui qui va relire en profondeur l’œuvre de Marx, et en particulier Le Capital, grâce à un groupe de recherche de l’École Normale Supérieure. Les travaux d’Althusser et de ses élèves vont avoir une influence majeure sur l'histoire de la pensée. Ils contribuent à dépoussiérer le marxisme et le remettre au centre des débats idéologiques. Nous sommes dans les années 60. Après le décès de Staline, Khrouchtchev a procédé à une condamnation virulente de son prédécesseur. En Chine, Mao est le centre d’intérêt d’une partie de la jeunesse européenne, passionnée par une révolution communiste menée tambour battant et avec les escès que l'on connaît : "Pendant la dictature bourgeoise, la bourgeoisie a obligé les travailleurs a ramer dans un certain sens. Maintenant, nous obligerons tout le monde, pas seulement les travailleur, mais aussi leurs adversaires, à ramer dans un autre sens. C’est ça, la dictature du prolétariat" comme l'a affirmé Louis Althusser.

    L'auteur de Pour Marx se fait le chantre d’un nouveau communisme, après les règnes violents de ces "philosophes froids" qu’ont été Lénine ou Staline. Or, mai 68 voit le succès des concepts marxistes "marcher contre lui" ! Les témoignages des élèves d’Althusser comme de ses amis sont un rappel du rendez-vous manqué de cette année révolutionnaire. La voix de Louis Althusser est singulièrement absente. Il est vrai que l’homme est déjà malade, sujet de troubles maniaco-dépressifs à répétition qu’une frise chronologique éloquente vient rappeler dans le documentaire.

    Ce film sur Louis Althusser est certes insuffisant pour embrasser une carrière philosophique majeure. L’homicide d’Hélène Rytmann reste pudiquement en arrière-plan (pas un mot notamment sur son essai autobiographique posthume L'Avenir dure longtemps, 1992). De même, sa relation sentimentale avec sa traductrice italienne Francesca est seulement dévoilée. Sans doute, y aurait-il matière à faire un second film sur la vie personnelle d'Althusser pour comprendre les motivations d'un meurtre épouvantable. Cependant, le film de Bruno Oliveira reste une passionnante découverte ou redécouverte d’un philosophe majeur du XXe siècle, dont les idées semblent reprendre de la vigueur depuis une dizaine d'années.

    Bruno Oliveira, L’Aventure Althusser, 2016, 60 mn, sur Arte, en replay en ce moment