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Articles et blablas

  • Trois Jours Debout sur le zinc

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    Debout sur le Zinc c’est de l’énergie pure, de la générosité et de la mélancolie envoyées par un groupe de potes depuis vingt ans. En février 2017, ils ont pris d’assaut pour trois jours, acoustique, électrique ou éclectique, le Café de la Danse, avec en guets-stars Fredo Burguière (Les Ogres), les Fatals Picards, Romain Humeau (Eiffel), Mamani Keïta, Grégory Jolivet, Quatuor (Patrice Mourgue, Arnaud Pierre, Aurélien Guyot, Florimond Dal Zotto), Sages comme des sauvages, Tosha Vukmirovic et Erzoj Kasimov (Slonovski Bal).

    Trois Jours Debout proposait un spectacle coloré et éclectique maintenant disponible en CD et édition limitée. Nous avons écouté l’enregistrement de la soirée acoustique qui donne un aperçu de ces concerts pendant lesquels musiciens et public sont dans une rare communion. Petits moments tragiques, existences pathétiques et grands événements poignants se succèdent pendant l’un de ces trois jours.

    Debout sur le Zinc puisent dans les influences world music (L’arbre), jazzy, yiddish (Des Larmes sur ma Manche), tzigane et pop (Le Train) pour égratigner avec une joie communicative nos petites lâchetés (Le Cran) comme ces illusoires histoires d’amour qui laissent un goût amer ("Je t’aime / Tu m’aimes / On est fait pour vivre ensemble / On se quitte / Je ne t’aime plus/ Mais je reste un peu comme ça / on est quitte / Est-ce qu’on doit vraiment s’imposer ça ?").

    Engagés et – hélas – précurseurs, Debout sur le Zinc reprennent Lampedusa qui, quelques années avant l’exode massif des populations méditerranéennes, traite des réfugiés et des "promesses du bonheur" de ces exilés maritimes ("Tes rêves sont enterrés dans une fosse commune").

    Dans ses invitations au voyage (Le Train), Debout sur le Zinc se fait militant pour la générosité, l’amour (Tu Vois Loin), la rencontre avec l’autre, la marche vers l’avant (Avance sans Moi) ou la révolte (Tout n’est pas Mort). La troupe fait tomber les frontières entre musiques traditionnelles, world music, rock et chanson française dans un album à la fois colorée et inventif.

    Debout sur le Zinc ose de belles et mélancoliques respirations, telle la berceuse au souffle orientale Brindiy à mon zenfan. Mais la danse, le rire et l’énergie à revendre ne sont jamais très loin pour aider à faire disparaître une boule à la gorge.

    Debout sur le Zinc vient également de sortir son intégrale de 11 CD (dont deux lives et un inédit), accompagnés d’un livre d’or, une manière de rendre hommage et de combler ses fans mais aussi, pour tous les autres, de faire découvrir ce groupe hors-norme.

    Debout sur le Zinc, 3 Jours Debout, live au Café de la Danse, DSLZ
    Debout sur le Zinc, Coffret 20 ans : 1997-2017

    http://www.dslz.org

    © Jessica Calvo

  • Chorus à La Défense et à La Seine Musicale

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    Le Festival Chorus revient du 20 au 26 novembre à La Défense et à La Seine Musicale. Il s’agit de l’événement musical parisien de cet automne. Les organisateurs insistent sur la dimension populaire de ce festival comme à la promotion de talents émergents.

    Organisée par le Département des Hauts-de-Seine, la 29e édition du Festival Chorus se déroulera du 20 au 24 novembre à La Défense et du 24 au 26 novembre à La Seine Musicale. Fidèle à son esprit d'exigence, le Festival Chorus proposera des plateaux singuliers et audacieux, mettant en avant la diversité et le croisement des courants musicaux. Il s'adressera à des festivaliers de tous âges et de tous horizons désirant vivre une expérience musicale inédite.

    Chorus reprend ses quartiers à La Défense pour accueillir les découvertes françaises et européennes, soutenus par le Département des Hauts-de-Seine et présents sur la scène du Magic Mirror : Mat Bastard, Talisco, Demi Portion, Berywam, Dbfc, Adam Naas, Millionaire, Heymoonshaker, Maïcee, La Chica, Black Flower, Jesca Hoop, Part Company, FùGù Mango, Livingstone Et Soulya.

    En off, des concerts gratuits seront proposés à l'heure du déjeuner (12 heures) et en afterworks (18 heures), les lundi 20, mardi 21, jeudi 23 et vendredi 24 novembre. Le mercredi après-midi sera dédié au jeune public avec deux concerts : Little Rock Story à 14 heures et Smile City à 17 heures.

    Direction : la Seine Musicale

    Après plus de 1 000 concerts organisés à La Défense pendant 10 ans, le Festival Chorus met le cap cette année sur la Seine Musicale. Des concerts à prix spécial seront proposés les 25 et 26 novembre, avec une programmation particulièrement alléchante.

    Le samedi 25 novembre, à partir de 14 heures : Gregory Porter : Nat King Cole And Me, avec le Paris Symphonic Orchestra dirigé par Vince Mendoza, Amadou & Mariam, French Fuse, Catherine Ringer, Therapie Taxi, Møme, Palatine, Rover Out Of The Blue, Jahneration, Wuman, Eddy De Pretto, Nsdos, Thomas Azier, La Dame Blanche, Kokoko!, Einleit, Shannon Wright, Tim Dup, Pale Grey, Joris Delacroix, Inuït, I Am Stramgram, Aloha Orchestra, Pouvoir Magique, French 79.

    Le dimanche 26 novembre, à partir de 10 heures, trois spectacles pour le jeune public seront proposés : Lumieres! / Cartoons / Quand Je Serai Petit. À partir de 14 heures : Charles X, Action Bronson, Stuff, Tiggs Da Author, Shakka, Jesse James Solomon, De La Soul, Gracy Hopkins, Coely, Panama Bende, Romeo Elvis X Le Motel, Nadia Rose, Fixpen Sill, Caballero & Jeanjass, Soul J, Sch, Yung Resval, Cory Henry & The Funk Apostles, Tiezo, Cosmic, Mawimbi, Kery James A.C.E.S Tour, A.F.R.O.

    Chorus 2018

    Le vendredi 24 novembre, à partir de 14 heures, les 10 groupes présélectionnés dans le cadre du Prix Chorus 2018 se produiront à La Seine Musicale : Aloïse Sauvage, Amor Blitz, Equipe de Foot, FAIRE, FREEZ, Hyacinthe, Lago 2 Feu, The Psychotic Monks, Poumon, Thé Vanille. Ce sera l'occasion de découvrir en live les valeurs montantes de la scène hexagonale avant l'ultime sélection et les concerts dans le cadre de Chorus 2018. Entrée libre sur réservation : prixchorus@hauts-de-seine.fr
    Bla Bla Blog avait parlé de ce prix il y a quelques mois de cela. Ces groupes seront sur scène en chair et en os, tout comme leurs brillants aînés.  

    Festival Chorus, du 20 au 26 novembre à La Défense et à La Seine Musicale
    http://chorus.hauts-de-seine.fr
    Billetterie : https://billetterie.laseinemusicale.com/fr/recherche/CHORUS
    " Qui veut être le prochain Christine And The Queens?"

  • Le salon de la littérature érotique remet le couvert

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    Après la réussite de sa première édition, le Salon de La Littérature Érotique remet le couvert le dimanche 26 novembre de 15 heures à 21 heures au 153 (Paris, 3e).

    Bla Bla Blog avait suivi en 2016 la création de cet événement, qui était à l’époque organisée autour d’une exposition de peinture du dessinateur érotique Alex Varenne. Cette année encore, la littérature érotique aura l’honneur d’être mise en avant, mais aussi démystifiée. Vaste projet pour ce genre spécialisé, souvent considéré avec méfiance, et dans lequel les femmes tiennent sans conteste le haut du pavé. Lors de sa première édition, le public se pressait dans une galerie d’art cosy mais étroite. Cette fois, c’est sur les trois étages du bar  Le 153 que se retrouveront une dizaine d’auteurs pour des rencontres et des dédicaces.

    Parmi, les personnalités et artistes présents figureront Brigitte Lahaie, actuellement animatrice sur Sud Radio, mais aussi Octavie Delvaux, qui est de retour cette année, Anne Vassivière, Virginie Bégaudeau, Guenièvre Suryous (dont Bla Bla Blog avait déjà parlé pour son ouvrage écrit à deux mains avec Flore Cherry, Guide de Survie sexuelle de l’étudiant/e), Camille Emmanuelle, les auteurs de la start-up B.Sensory, Simpere Françoise, Emma Cavalier, Etienne Liebig ou encore Julie-Anne De Sée.

    Pour faire sortir la littérature érotique des fantasmes courant à son sujet, plusieurs conférences seront proposées : "Le retour de la morale dans la littérature érotique" par Spengler Franck , "Le sexe sans enjeux est un jeu délicieux" par Simpere Françoise, "Comment poser sa voix sur de la littérature érotique ?" par Philippe Lecaplain, avec également des lectures du jeu concours Chuchote-moi.

    Les organisateurs ont également mis en place des défis d'écritures organisés toute la journée, avec des cadeaux à gagner pour celles et ceux qui voudraient s’initier à ce genre littéraire.

    Des happenings et des surprises compléteront cet événement, avec notamment une exposition de planches de BD érotique par Tabou éditions, une animation des comédiens d'Une femme extraordinaire, le cadavre exquis des fantasmes par Nathalie Giraud et Isabelle Bize.

    À partir de 21 heures, le salon se transformera en soirée libre, pour les plus motivées et les plus coriaces.

    Salon de La Littérature érotique
    Le 153, 153 rue Saint-Martin, 75003 Paris
    Dimanche 26 novembre de 15 heures à 21 heures
    Prévente : 8 €
    Sur place : 10 €

  • L’Histoire en France observée à la loupe

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    L'histoire est une passion française : 85% d'entre eux déclarent s'y intéresser. En ce mois de commémoration de l'armistice 1914-1918 comme des attentats de novembre 2015, l'Observatoire B2V des Mémoires en partenariat avec l'IFOP a interrogé un panel de Français pour savoir quel est l'événement historique le plus important survenu en France ou dans le monde depuis 1900 à leurs yeux.

    La question posée par l'IFOP sur l'événement le plus marquant depuis 1900 est sans appel : la Seconde Guerre mondiale est bien la matrice de la mémoire collective des Français. Il s'en est passé pourtant depuis lors : guerres coloniales, massacres et génocides sur toute la planètes, chute du Mur de Berlin et de l'empire soviétique, vague de terrorisme, construction européenne, etc. Rien n'y fait. Même la Première Guerre mondiale pourtant régulièrement au cœur de l'actualité avec les commémorations du Centenaire n'occupe qu'une place seconde dans les représentations collectives des Français.

    46% des Français citent des événements liés aux fureurs du temps, ce qui signe la part structurante de ces violences "extraordinaires". Il s'agit précisément des deux guerres mondiales et du terrorisme, avec donc une prime à la Seconde Guerre mondiale, nuancée par l'évocation des deux guerres par 11%. Avant de revenir sur les présents, notons les absents : ainsi de la guerre d'Algérie, de l'abolition de la peine de mort ou du Front populaire, mais aussi la Shoah en tant que telle.

    Ce sont des hommes bien plus des femmes, mais aussi des jeunes (moins de 35 ans) qui citent plus la Seconde Guerre mondiale, ce qui peut sembler contre-intuitif pour les jeunes sauf à y trouver, peut-être, la place du sujet à l'école, au-delà même des programmes.

    Politiquement ce sont très sensiblement les sympathisants d'Emmanuel Macron qui sont surreprésentés. Est-ce lié à la place des commémorations depuis son élection ? Au profil sociopolitique des électeurs ?

    Les sympathisants de la France insoumise, les jeunes mais aussi les femmes, citent en plus grand nombre le terrorisme. C'est l'autre leçon du sondage : la mémoire courte des actes terroristes est présente, avec 10% de citations à une question qui ne demandait a priori qu'une réponse. C'est dire la force de cette thématique, singulièrement auprès des femmes, des 25-34 ans et des sympathisants de la France insoumise et du Front national.

    On notera cependant que la Région parisienne est sous-représentée sur cet item alors même que la majorité des attentats s'y sont produits. Cela rejoint d'autres études qui montrent qu'à la suite des attentats parisiens et avant celui de Nice, la « peur », principal sentiment cité, augmentait à mesure qu'on s'éloignait de Paris.

    Une seule question, une seul réponse le plus souvent. Et ce sont là des données passionnantes pour tous les protagonistes de la vie publique.

    Source : Denis Peschanski, historien,
    Directeur de recherches au CNRS
    et membre du Conseil Scientifique de l'Observatoire B2V

    www.observatoireb2vdesmemoires.fr

  • Une bonne coupure

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    On entre dans l’univers de Nicolas Le Bault comme s’il s’agissait d’un territoire hors du temps. Rien ne ressemble à ses créations déroutantes, et c’est bien pour cela qu’il faut absolument découvrir cet artiste aux multiples facettes.

    Bla Bla Blog avait consacré une chronique à son élégant et très lynchien roman graphique Hygiène Rose, toujours disponible aux éditions Réseau Tu Dois. Nicolas le Bault s’est lancé cette fois, avec trois acolytes, Frederika (pour le texte), Frédéric Fenollabbate (pour les dessins en noir et blanc) et Stéphane Rengeval (pour les photographies), dans une nouvelle aventure artistique, White Rabbit Dream. Le premier volume, La Coupure, sort cet automne.

    Autant dire tout de suite que l’on aime ou que l’on déteste cet imaginaire fait de rêves, de cauchemars, d’illusions, de fantômes, de perversions et de personnages ambivalents. En tout cas, la patte de Nicolas Le Bault est reconnaissable entre toutes : dessins tout droit sortis de l’enfance, visages expressifs, couleurs vives. L’univers de l’enfance est récupéré, recyclé et dynamité à la TNT afin de mettre à nue toute la cruauté du monde et son absurdité. Hygiène Rose proposait, sous l’aspect d’un innocent conte pour enfant, un voyage sensuel et morbide dans lequel l’amour conduit à l’aveuglement, à la souffrance, au meurtre et au martyr. Nous nous trouvons ici dans un monde similaire mais créé en collaboration avec trois autres artistes.

    Dans le premier volume de White Rabbit Dream, présenté comme un "magazine d'art contemporain & de transgression", les quatre auteurs proposent un concept de série graphique compacte, dense et truffé d’inventions visuelles. Textes, BD, anagrammes, photographies ou dessins inspirés de l’œuvre d’Aurélie Dubois se répondent dans un récit truffé de symbolismes, de dessins faussement enfantins et d’admonestations : "Je me demande dans quel terrier tu as vécu jusque-là. On dirait que tu n’as rien vu."

    L’invitation à la coupure, qui se traduit ici par "vivre à la campagne", est le début d’un récit horrifique et "très dangereux", que Nicolas Le Bault représente sous forme d’une courte bande dessinée sanglante et sans paroles (The Bleeding Tree Horror). C’est par ellipse visuelle que les deux auteurs nous entraînent ensuite vers une histoire d’apocalypses, de meurtres et de rituels étranges "par notre Sainte-Mère-Furie… une entreprise de démolition contre l’esprit."

    C’est chez le Marquis de Sade qu’il faut chercher les influences de la seconde partie de ce volume : enfermements, univers carcéral dominé par une "caste d’Eunuques à l’envers", violence omniprésente et éducation à la perversité et au sadisme. Le premier volume de la série nous met en présence d’une narratrice, Amandine L., victime sur le chemin de la rédemption et de la fuite, alors que "le monde est en train de se restructurer". Pour en savoir plus, il faudra au lecteur patienter pour découvrir la suite de ce cycle où arts et transgressions font bon ménage. Bienvenue dans le monde enfantin, sensuel et terrifiant de Nicolas Le Bault.

    White Rabbit Dream, vol. 1, La Coupure, éd. White Rabbit Dream, 2017, 48 p. 5 €
    http://www.whiterabbitprod.com
    http://nicolaslebault.com
    https://nicolaslebault.tumblr.com
    "Au-delà du miroir"
    "La coupure de Nicolas Le Bault : cruel et enfantin !"

  • Les salauds

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    Broadchurch clôt bientôt sa troisième – et ultime – saison. Dans la petite ville anglaise balnéaire et imaginaire qui a été secouée par le meurtre du petit Danny Latimer, les inspecteurs Alec Hardy (David Tennant) et Ellie Miller (Olivia Colman) doivent s’atteler à une nouvelle affaire : l’agression sexuelle d’une quinquagénaire au cours d’une soirée d’anniversaire.

    Sur ce fait divers sordide qui secoue Broadchurch, les policiers vont aller de surprise en surprise : au fur et à mesure que l’enquête avance, le nombre de suspects grossit à vue d’oeil. Le spectateur est pris à la gorge par une intrigue d’autant plus passionnant que chaque personnage secondaire semble cacher de lourds secrets. 

    Il ne reste que quelques épisodes avant de pouvoir connaître le fin mot de l’histoire de cette mini-série britannique qui fait déjà date dans l’histoire de la télé anglaise.

    Broadchurch de Chris Chibnall
    Avec David Tennant, Olivia Colman, Jodie Whittaker et Andrew Buchan,

    Saison 3, huit épisodes de 45 mn, Grande-Bretagne, 2017
    Sur France 2, deux derniers épisodes, ce lundi à 20H55

  • Le silence est un sport de combat

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    Une citation du poète belge Jacques Goorma ouvre la dernière partie du récit de Mélanie Hamm, Écoute : "Les mots s’échangent. Seul le silence se partage." Cette citation pourrait servir d’exergue à l’ensemble du récit de l’auteure qui nous délivre le récit d’une jeune femme atteinte d’un handicap très peu connu. Être malentendant c’est vivre, nous dit Mélanie Hamm, avec une particularité "insoupçonnée" et invisible. C’est être ni sourd ni vraiment entendant : "Parfois sourde, parfois entendante," c’est condamner "à rester entre les deux."

    La malentendance est ici racontée avec pudeur mais néanmoins précision dans les rapports de l’auteure avec les autres : ses proches, sa famille, ses amis, ses camarades d’écoles mais également ses professeurs. Spécialisée dans les sciences de l’éducation, Mélanie Hamm consacre de nombreuses pages à l’école, à l’apprentissage et à ses difficultés à se faire une place dans une société qui peine à s’adapter à son écoute mal aisée, ce que l’auteure formule ainsi : "Un goût de citron naquit dans ma bouche, celui de la gêne d’être différente face à autrui."

    Le silence est un sport de combat, et plus encore la lutte pour apprivoiser une conversation et naviguer "entre deux mondes, le silence et le bruit." Le mot handicap n’est pas tu par l’auteur et l’apitoiement convient bien mal à ce qui est aussi une histoire d’initiation. La construction de soi, la découverte du handicap, l’ouverture vers les autres, les incompréhensions réciproques, la découverte des mots, la littérature, le lycée, l’adolescence et l’amour font d’Écoute un récit sans pathos ni leçons moralisatrices. Le lecteur trouvera aussi quelques jolis passages consacrés à… la musique classique, l’une des passions de l'auteure.

    Mélanie Hamm écrit sans doute le passage le plus poignant dans l’histoire d’une idylle marquante mais inaboutie avec un professeur brillant. Celui-ci se révèle comme englué dans un échec personnel, offrant à la lycéenne malentendante le visage d’un homme "handicapé" par ses faiblesses, ses doutes et ses lassitudes. Où la personne handicapée n’est pas là où on le pense.

    Vivant au milieu des "entendants", c’est aussi parmi les sourds que la jeune femme découvre une forme de sérénité : "J’aimais de plus en plus leur compagnie. Leur silence m’apaisait, leurs signes me ravissaient. Avec eux, je me sentais instantanément protégée du bruit et de la trépidation de la vie."

    Plus qu’un simple témoignage, Mélanie Hamm livre une analyse rare, sensible et percutante sur l’ouïe et sur l’écoute, que, paradoxalement, la malentendante a réussi à "surdévelopper" et, à force de combat, à utiliser telle une arme pour vivre et survivre : "Qu’est-ce qu’entendre ? C’est entendre avec le corps. l’oreille entend le rythme oral, le corps comprend l’expression verbale… Ma force intrigue. Faut-il que je l’écrive autrement : le silence est ma force ? Il fend les monts et les océans."

    Mélanie Hamm, Écoute, éd. Calleva, 2012, 166 p.

  • Ma consœur à la Maison Blanche

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    Il ne reste plus que quelques jours pour découvrir sur Canal+ Menaces sur la Maison Blanche d’Erik Van Looy. Il ne faut pas s’arrêter sur le titre français qui pourrait faire penser à un de ces blockbusters américains des années 90, lorsque Harrisson Ford jouait le rôle des Présidents survitaminés et indestructibles.

    Sous ses airs yankees, le long-métrage que propose en ce moment la chaîne cryptée a cette première caractéristique originale d’être 100 % belge, tournée autour de Bruxelles et jouée en flamand.

    Menaces sur la Maison Blanche ose le thriller complotiste à partir d’une intrigue tenue et maligne. Lors d’une visite en Europe de la Présidente américaine (Saskia Reeves), un groupe terroriste infiltré au cœur de l’appareil d’État américain kidnappe la femme et l’une des filles du premier ministre belge (Koen De Bouw). On lui promet qu’elles seront rendues s’il assassine lui-même la Présidente américaine lors de sa visite officielle.

    Voilà le premier homme belge face à un dilemme insupportable, et avec pour toute aide celui de sa collaboratrice Eva (Charlotte Vandermeersch), enlevée elle aussi. Le premier ministre a quelques heures devant lui pour faire face à un groupe d’extrémistes bien décidés à semer le chaos en Europe, "pour réveiller le monde".

    Menaces sur la Maison Blanche est un petit bijou de série B, à la facture qui ne dépaysera pas les fans de film d’action, à ceci près que les lieux de ce thriller se situent au cœur de l’Europe, avec dans le rôle principal un fringant premier ministre, formant avec sa collaboratrice un duo attachant pris au piège dans un piège diabolique et palpitant. Comme le dit l’organisateur de ce complot : "Des avions qui s’écrasent dans des tours on a déjà vu. Mais un premier ministre obligé d’abattre la Présidente des USA, reconnaissez que c’est spécial."

    Menaces sur la Maison Blanche, d’Erik Van Looy, avec Koen De Bouw, Stijn Van Opstal, Charlotte Vandermeersch, Saskia Reeves, Adam Godley, Truus de Boer, Wim Willaert
    et Nathan Wiley, Belgique, 2016, 1h55

    Sur Canal+, jusqu'au 24 novembre

  • William Roger, j’achète

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    William Roger : cette signature pourrait bien sortir de l’ombre dans quelques années. Qu’on se le dise : un diamant brut se cache derrière ce peintre et dessinateur foutrement doué. En ce moment, l’artiste se singularise, non par une exposition, mais par un livre pour enfant. Peur de rien ou presque (éd. Flam) prouve que William Roger est d’abord et surtout un touche-à-tout. On peut cependant regretter que ce sage et classique conte pour enfant n’ait pas été suffisamment mis en valeur par l’éditeur.

    Voilà qui est presque anecdotique si l’on s’intéresse à ce qui reste la pierre angulaire de William Roger : la peinture et le dessin, que l’artiste expose régulièrement autour de Montargis. Les influences de l’artiste sont à chercher du côté du pop-art, de la culture geek (geek-art), de la bande-dessinée et plus généralement de la culture pop et mainstream.

    Outre des portraits et des nus de belle facture, William Roger a le mérite choisir des sujets aussi hétéroclites que très contemporains : personnages de super-héros (Deadpool), scènes urbaines, planches de mangas ou têtes d’animaux.

    La virtuosité comme l’audace de William Roger est évidente, comme l’est d’ailleurs son approche contemporaine de la création. Il puise dans notre quotidien comme dans l’imagerie de notre époque ses modèles et ses inspirations. Sa page Facebook propose un aperçu de son art qui n’attend plus qu’un galeriste prête un œil attentif à son travail.

    William Roger, Peur de rien ou presque, Flam éditions, 2017, 40 p.
    Exposition-dégustation Beaujolais Nouveau, Cave Mélodie des Saveurs, Châlette-sur-Loing
    16 novembre – 18 novembre, 15H-19H

    https://www.facebook.com/wroger.art

    © William Roger

  • Exclusivité Bla Bla Blog | Leonard Adreon : "Je suis préoccupé par la situation en Corée"

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    Les récits de guerres sont nombreux, beaucoup moins ceux concernant la Guerre de Corée (1950-1953), un conflit oublié et pourtant fondamental dans l’histoire de la Guerre froide. La Guerre de Corée prend une résonance particulière aujourd’hui avec la crise nord-coréenne et les tensions entre le Président américain Donald Trump et le dictateur nord-coréen Kim Jong-un.

    Leonard Adreon, ancien lobbyiste puis conseiller auprès de Ronald Reagan, est l’auteur d’un récit sur son passé de soldat pendant la guerre de Corée : Hilltop Doc (éd. BookBaby, non-traduit en français).

    leonard adreon,guerre de corée,corée du nord,corée du sud,emmanuel macron,donald trumpLeonard Adreon a vécu certains des pires carnages de la guerre de Corée mais aussi des moments plein d'humanité. Sa description saisissante donne vie à la guerre entre l'armée chinoise et les Marines américains, au cours de batailles faisant rage pour la conquête de collines en Corée. Aide-soignant dans les Marines, Leonard Adreon raconte son histoire, celle d'un jeune homme de Saint-Louis sans expérience médicale mais chargé de sauver des vies au milieu du chaos sanglant de la guerre. Il décrit des scènes sinistres, bouleversantes et parfois comiques des champs de bataille, avec sa propre histoire en arrière-fond – qui est aussi celle de ses erreurs et des vicissitudes de l'armée qui l'ont fait atterrir sur le 38e parallèle.

    Leonard Adreon a accepté de répondre à nos questions. Il nous parle de son expérience de vétéran, nous livre sa vision de la crise nord-coréenne et propose des leçons à tirer de la guerre à laquelle il a participé.

    Bla Bla Blog : Pensez-vous que la Guerre de Corée soit une "guerre oubliée" ?
    Leonard Adreon : Oui, la guerre de Corée est une guerre oubliée. Elle était coincée entre la monumentale seconde guerre mondiale et la tragique guerre controversée du Vietnam. Elle a commencé sur le 38e parallèle et s'est terminée sur le 38e parallèle. La perception en Amérique est qu’elle avait lieu au milieu de nulle part et qu’elle n’a rien changé. Les 50 millions de personnes qui ont été sauvées en Corée du Sud seraient en désaccord avec cette perception.
    BBB : Cette guerre est inconnue par une majorité de Français. Et les Américains ?
    LA : Ma précédente déclaration répond à cette question sur la méconnaissance de cette guerre par les Américains.
    BBB : Pourquoi êtes-vous allé à la guerre ? Quel âge aviez-vous ? Le regrettez-vous aujourd’hui ?
    LA : J'ai été enrôlé à l'âge de 17 ans en 1944. J’ai rejoint les réserves, avant d’être libéré de mes obligations. Puis, j’ai été remobilisé en 1950 lorsque la guerre de Corée a commencé.
    BBB : Vous parlez dans votre livre de la Dog Company (Compagnie des Chiens) Qu'est-ce que la Dog Company ?
    LA : Les compagnies marines étaient désignées par des lettres. Ma compagnie était la compagnie D. Elles étaient ensuite surnommées à partir de ces lettres : Able, Baker, Charlie, Dog, et Easy, etc.
    BBB : Sur quels champs de bataille avez-vous été ?
    LA : Les champs de bataille étaient les collines et les vallées autour du 38e parallèle.
    BBB : Pourquoi avoir attendu 60 ans pour raconter votre histoire, et pourquoi avez vous décider de parler maintenant ?
    LA : J'ai attendu plus de 60 ans parce que quand j'ai quitté la Corée, moi et les membres de mon peloton avons décidé que nous allions mettre l'expérience coréenne derrière nous et passer à autre chose dans nos vies quand nous retournerions à la maison et si nous y pouvions y retourner. J'ai décidé de parler maintenant parce que ma mémoire est claire et précise sur ce qui s'était passé. Par ailleurs, la faculté de l'Université Washington de Saint Louis, où j’exerce dans le cadre de cours d'écriture, a découvert que j'avais fait la guerre et m'a encouragé à écrire un livre.
    leonard adreon,guerre de corée,corée du nord,corée du sud,emmanuel macron,donald trumpBBB : Quels camarades et amis proches avez-vous perdu là-bas ? Qu'aimeriez-vous leur dire aujourd'hui ?
    LA : J'ai perdu un certain nombre de camarades de Marines très proches. Je parle d’eux dans Hilltop Doc. Je voudrais leur dire qu'après un long silence, j'ai écrit ce livre pour les honorer et que je penserai à eux jusqu'à ma mort.
    BBB : Pouvez-vous nous parler d'un événement en Corée qui vous a particulièrement touché ?
    LA : Dans le prologue du livre, je fais référence à Big Mike, un Marine de carrière qui avait survécu aux affreuses batailles d'Iwo Jima [février-mars 1945] pour finalement perdre la vie sur une colline en Corée. Il a succombé après que ses instincts affûtés m’aient sauvé de la mort moi et son équipe de pompiers à cause d’une grenade chinoise. Par la suite, je n'ai pas réussi à le sauver. Je l'ai porté en bas de la colline et j'ai aidé à charger son corps sur un camion, avant son long voyage de retour. Je lui devais ma vie. Cela m’a profondément affecté.
    BBB : Êtes-vous retourné en Corée après la fin de la guerre ?
    LA : Non, je ne suis pas retourné en Corée.
    BBB : Avez-vous parlé à vos enfants de votre expérience de soldat ?
    LA : Mes filles en ont entendu parler quand j'ai commencé à écrire ce livre.
    BBB : Qu'aimeriez-vous dire à vos petits-enfants au sujet de votre expérience militaire ?
    LA : Je veux dire à mes six petits-enfants que la guerre est le pire des règlements lorsqu’il y a un différend entre parties. S'ils lisent Hilltop Doc, ils devraient comprendre le message.
    BBB : Est-ce que la situation en Corée vous inquiète ? Pourquoi ?
    LA : Je suis préoccupé par la situation aujourd'hui. À moins que la Chine n'intervienne et que Kim Jon-un abandonne son programme nucléaire en échange d'une garantie de survie de la Corée du Nord, la menace d'une conflagration majeure risque de tuer beaucoup de personnes en Corée du Nord, en Corée du Sud et dans de nombreux endroits d’Asie du Sud-Est, sans compter aux États-Unis.
    BBB : Pensez-vous que nous pouvons revivre aujourd'hui ce qui s'est passé il y a 60 ans ?
    LA : Nous ne pouvons pas revivre ce qui s'est passé il y a 60 ans, mais nous pouvons comprendre cet événement. En tout cas, c’est ce que mon livre tente de faire.
    BBB : Si vous pouviez conseiller le président Trump, que lui diriez-vous ?
    LA : J'espère que le président Trump épuisera toutes les possibilités de faire pression sur Kim Jong-un, probablement via la Chine, pour mettre un terme à ses programmes nucléaires potentiellement désastreux. Si la Chine ne peut ou ne veut pas le faire, le président devrait chercher un changement de régime. Attaquer la Corée du Nord est un dernier recours désespéré.
    BBB : Si vous pouviez dire quelque chose au président français Emmanuel Macron au sujet de la guerre de Corée et de la Corée de Kim Jong, qu'est-ce que ce serait ?
    LA : J'espère que le président français se joindra à d'autres pays du monde pour forcer la Corée du Nord à cesser ses programmes nucléaires intercontinentaux.
    BBB : Comment pouvons-nous mieux aider les anciens combattants de la guerre de Corée et et des autres guerres ?
    LA : Les vétérans de la guerre de Corée diminuent en nombre. Je pense que la meilleure chose que nous pouvons faire est de les honorer pour leur service en se souvenant de cette guerre oubliée. Les vétérans, vivants et morts, comme les victimes de la guerre, méritent de ne pas être oubliés et d’être respectés.
    BBB : Merci pour vos réponses, Leonard Adreon.

    leonard adreon,guerre de corée,corée du nord,corée du sud,emmanuel macron,donald trumpThe books about wars are numerous, much less those concerning the Korean War (1950-1953), a conflict that is fundamental in the history of the Cold War. We are talking today about this war forgotten because of the North Korean crisis and the tensions between US President Donald Trump and North Korean dictator Kim Jong-un.

    Leonard Adreon, a former lobbyist and Ronald Reagan advisor, is the author of a story about his past as a soldier during the Korean War: Hilltop Doc (BookBaby).

    As a Marine corpsman, Leonard Adreon saw some of the worst of the Korean War’s carnage and the best of its humanity. His gripping description brings to life the war between the Chinese army and the U.S. Marines as they battled to take the high ground. As a corpsman, Adreon tells the story from the unique perspective of a young man from St. Louis, with no medical background, thrown into the role of saving lives amid the war’s violence. He leavens the grim, emotional, and sometimes ironic battlefield scenes with his background story – of how his own mistakes and the military’s bumbling landed him at Korea’s 38th Parallel.

    Leonard Adreon accepted to answer our questions. He talks about his experience as a veteran, tells us his vision of the North Korean crisis and gives some lessons after his military past in Korea.

    Bla Bla Blog: Do you think that the Korean War is a “Forgotten War” ?
    Leonard Adreon: The Korean War is a forgotten war. It was squeezed in between the monumental WW 2 and the tragic, controversial Viet Nam War. It started at the 38th Parallel and ended at the 38th Parallel. The perception in America was that it went nowhere and accomplished nothing. The 50 million people of South Korea who were saved would disagree with that perception.
    BBB: This war is unknown by a majority of French. What about the Americans?
    LA: My statement above answers the question about American’s knowledge of the war.
    BBB: Why did you go to war?" How old were you ? Do you regret it?
    LA: I was drafted at age 17 in 1944. Joined the reserves when released from service and called back in 1950 when the Korean War began.
    BBB: You're talking about the Dog Company (Chapter 15) What is the Dog Company?
    LA: Marine companies were designated by letters. My company was D Company. Companies were called Able, Baker, Charlie, Dog, and Easy etc.
    BBB: On what battlefield have you been?
    LA: The battlefields were the hills and valleys in the area of the 38th Parallel.
    BBB : Why do you waited 60 years to tell tour story, and why do you decide to speak now?
    LA : I waited more than 60 years because when I left Korea the members of my platoon decided that we were going to put the Korean experience behind us and move on with our lives when and if we made it home. I decided to speak now because my memory was vivid and clear about what happened and the faculty of Washington University of St. Louis, where I facilitate writing classes, discovered that I was in the war and urged me to write a book.
    leonard adreon,guerre de corée,corée du nord,corée du sud,emmanuel macron,donald trumpBBB : What companions and close friends have you lost there? What would you like to tell them today?
    LA : I lost a number of close Marine buddies and I have written about them in Hilltop Doc. I would like to tell them that, after a long delay, I wrote a book to honor them and that I will think of them until I die.
    BBB : Can you tell us about an event in Korea that particularly affected you?
    LA : In the prologue of the book I make reference to Big Mike, a career Marine who had survived the horrible battles of Iwo Jima [february-march 1945] only to loose his life on a hillside in Korea. He lost his life after his quick instincts saved me and his fire team from death by a Chinese grenade. After I was unsuccessful in saving him, I carried him down the hill and helped load his body on a truck to start his long journey home. I owed him my life. It had a profound effect on me.
    BBB : Did you return to Korea after the end of the war?
    LA : I did not return to Korea.
    BBB: Have you talked to your children about your experience as a soldier?
    LA: My daughters heard from me about it when I proceeded to write the book.
    BBB: What would you like to tell your grandchildren about your military experience?
    LA : I tell my 6 grandchildren that war is worse alternative to settling disputes between people. If they read Hilltop Doc they will get the message.
    BBB : Does the situation in Korea worry you? Why ?
    LA : I am concerned about the situation today. Unless China steps in and causes Kim Jon-Un to give up its nuclear program in exchange for a guarantee by China of North Korea’s survival, there is a serious danger of a major conflagration that will kill many in North Korea, South Korea and, possibly, in many places in Southeast Asia and the United States.
    BBB : Do you think that we can relive today what happened 60 years ago?
    LA : We can’t relive what happened 60 years ago, but we can understand it which is what my book attempts to do.
    BBB : If you could advise President Trump, what would you tell him?
    LA : I hope President Trump will exhaust all possibilities of pressuring Kim Jong-Un, probably via China, to discontinue his potentially disastrous nuclear programs. If China can’t or won’t do it, the President should seek regime change. Attacking North Korea is a desperate last resort.
    BBB : If you could say something to french President Emmanuel Macron about the Korean War and the Korea of Kim Jong un, what would that be?
    LA : I hope the French President will join with other world nations to force North Korea to cease its intercontinental nuclear programs.
    BBB : How we can better serve veterans of the Korean War and beyond?
    LA : The veterans of the Korean War are diminishing in numbers. I think the best thing we can do is to honor them for their service by remembering the forgotten war. The veterans, living and dead, and the casualties of the war deserve to be remembered and appreciated.
    BBB : Thank you for your answers, Leonard Adreon.

    Leonard Adreon, Hilltop Doc:
    A Marine Corpsman Fighting Through the Mud and Blood
    of the Korean War
    , BookBaby, 244p. 2017

    http://www.hilltopdoc.com

  • Bla Bla Blog vous invite au théâtre

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    10 places vous sont offertes pour allez voir You-You au studio Hébertot (Paris, 17e).

    Pour cela, rien de plus simples : écrivez à Bla Bla Blog, sur les commentaires de cet article ou bien à cette adresse mail et tapez "You-You".

    Les 5 premières réponses gagneront deux places pour venir voir cette pièce.

    "Voir et écouter You-You"

  • Couleurs angevines

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    Disons-le tout de suite : Lo’jo est une véritable institution musicale : une quinzaine d’albums en trente ans d’existence, des centaines de concerts, des collaborations prestigieuses avec Robert Plant, Robert Wyatt ou Archie Shepp et l’image d’un groupe hors-norme qui a su imposer son regard généreux sur le monde, en dehors de toutes les modes.

    Il y a une douzaine d’années, la troupe d’artistes a créé le Festival du Désert à Essakane, à deux heures de piste de la ville de Tombouctou. Un tel projet n’étonne pas chez ce groupe angevin qui va chercher ses inspirations musicales sur tous les coins de la planète.

    Lo’jo nous revient cet automne avec un nouvel album, Fonetiq Flowers, aux mille et une sonorités et aux influences tous azimuts. C’est une invitation aux voyages que nous proposent Denis Péan, ses musiciens et ses choristes de Lo’jo. "Comment va le monde ?" s’interrogent ces artistes dans le titre qui inaugure l’album. La réponse pourrait être dans ce choix de s’ouvrir à des cultures, des langues et des musiques venues d’ici et d’ailleurs.

    Dénis Péan et consorts proposent de nous jeter à corps perdu dans un "grand souk acoustique" : "Notre musique est un jardin anarchique qu’on essaie de cultiver pour le rendre à la fois beau et sauvage", revendique le chef de cette bande de globe-trotteurs musicaux. L’auditeur est invité à se perdre dans un voyage coloré où se mêlent fables de griots, aphorismes humanistes ou saynètes modernes (Petite Slameuse).

    Au sobre et rimbaldien Tu neiges ("Tu neiges sur Paris / Et je te danse / Ce soir tu m’as laissé ma chance") répond le syncrétique Noisy Flowers à la chaleur africaine, Café des Immortels au souffle moyen-oriental ou les envolées lyriques, nippones et électroniques de Figurine, qui clôt l'album.

    Lo’jo fait tomber toutes les frontières musicales, jetant aux passage des flopées de fleurs, de vers et d'élans musicaux (Nanji). Ça s’envole, ça cavalcade, ça se perd dans des arabesques à donner le tournis, que ce soit dans les souks de Marrakech (Stranjer than Stranjer), les rues de Montmartre (Chabalai), sous le ciel de Beyrouth (Les Innombrables) et dans tous ces "quartiers toujours plus magnétiques" (J’Allais).

    Et toujours ces chœurs envoûtants (Fonatiq, Noisy Flowers ou La Libertad) : voilà qui constitue la vraie richesse d’un album qui vous faut chavirer et voyager comme pas permis.

    Lo’jo, Fonetiq Fowers, World Village, 2017
    http://www.lojo.org

  • Voir et écouter You-You

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    You-You, écrit en 1983 par Jovan Atchine, a été adapté au théâtre pour la première fois en 1993 par Philippe Adrien au Petit Théâtre de l’Odéon. Déjà, à cette époque, Mina Poe interprétait le rôle de You-You. C’est aujourd’hui au Studio Hébertot que le public aura la chance de découvrir cette œuvre tendre, humaine et actuelle.

    Yougoslova, surnommée "You-You", s’adresse à ses collègues de travail lors de son pot de départ à la retraite, dans l’entreprise de confection qui l’a employée toute sa vie et qui représente à ses yeux, en raccourci, une société vivante, humaine et cosmopolite : "Chaque succès de l’entreprise était un succès pour moi, et je ressentais ses difficultés comme des ennuis personnels." Abandonnant le texte qu’elle avait préparé, de digression en digression, avec une chaleur naïve et communicative, elle parle enfin et raconte ce qu’a été sa vie.

    You-You, c’est pour l’auteur de double culture franco-serbe, Jovan Atchine, le point d’appui pour dresser le portrait d’une immigrée Yougoslave, née le jour de la création de son pays et arrivée en France au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale. Elle porte sur son pays d’adoption un regard à la fois tendre, doux-amer, plein d’espoir et faussement naïf. "You-You cette femme au nom d’enfant, arrive devant nous, son discours de départ en retraite écrit et roulé avec soin dans sa main ; mais c’est sa vie qu’elle nous déroule, telle une invitation à un voyage intérieur empreint de son optimisme et de sa force de vie", commente Elodie Chanut, qui a pris au bras le corps la mise en scène de cette pièce, à découvrir au studio Hébertot jusqu’au 11 novembre.

    Bla Bla Blog vous propose de gagner 10 places en écrivant par mail "You-you" à Bla Bla Blog. Les 5 premières réponses gagneront deux places pour venir voir cette pièce.

    You-You de Jovan Atchine, avec Mina Poe, mise en scène d’Elodie Chanut, Compagnie L’Oeil des Cariatides, MayMoon Productions,
    au Studio Hébertot, Paris 17e, du 7 septembre au 11 novembre 2017

    www.studiohebertot.com

  • Deborah de Robertis, ou le droit qu’elle l’ouvre

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    Bla Bla Blog a consacré une chronique récente à Deborah de Robertis, auteure de performances remarquées, spectaculaires et engagées au Musée du Louvre : en septembre dernier, l’artiste franco-luxembourgeoise a exhibé son sexe devant le tableau de La Joconde, devant un public de visiteurs médusés et finalement acquis à la cause de cette féministe qui a fait de son corps une arme autant qu’un instrument artistique.

    Suite à cet événement (qui a fait l’objet d’un film, Ma Chatte mon ©), le parquet avait décidé de renvoyer l’artiste en comparution immédiate et le musée du Louvre de déposer plainte pour sa performance réalisée devant la Joconde. L’artiste avait été placée en garde à vue pour délit d’exhibition sexuelle.

    Le 18 octobre dernier, le tribunal correctionnel de Paris a relaxé Deborah de Robertis du chef d’exhibition sexuelle. Il a considéré que cette accusation était infondée, en raison de l’absence de l’élément matériel du délit (la pilosité cachait "ces organes génitaux que vous ne saurez voir...") et de l’élément intentionnel du délit (l’intention était de porter un message" militant et artistique", et "non sexuel"). Le tribunal a estimé que le travail de Deborah de Robertis ne pouvait constituer une infraction d’exhibition sexuelle du fait de sa dimension politique, militante et artistique. 

    L’artiste commente ainsi ce rendu judiciaire : "Cette victoire artistique et judiciaire s’inscrit dans une bataille qui risque de s’éterniser : le musée du Louvre n’a pas manqué de demander au tribunal de m’interdire tout accès à ses galeries et d’ordonner la suppression sur la Toile de toutes images provenant de mes performances. Il s’agit donc clairement de censure, d’atteinte à ma liberté de création, d’expression, et d’aller et venir. Le musée du Louvre, dans ce qu’il charrie de pire, a connu ici un premier et cinglant échec : en tentant d’interdire mon travail et de radier mon sexe de ses galeries,  il a cru pouvoir décider de ce qui pouvait ou non être vu. Mon œuvre a envahi ses murs, et continuera à les occuper."

    "Deborah de Robertis l’ouvre"

  • Du plaisir à Eugene avec Loftän

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    Vous ne connaissez certainement pas Loftän, mais vous devriez. Pas sûr d’ailleurs que de ce côté-ci de l’Atlantique beaucoup se soient, pour l’instant, intéressés à ce duo féminin venu de l’Oregon.

    Janell Riedl et Julia Mahncke forment ce groupe pop-folk indie qui a sorti son premier EP, From Here un an plus tôt.

    Il y a du plaisir à découvrir et écouter le son de Loftän fait d’instruments acoustiques et surtout de deux voix harmonieusement posées. Doorway, ballade pop psychédélique, nous parle d’attente, de frustration et de ces moments comme en suspension ("Why don't you walk me back home / And leave me out on the porch steps / You whisper the words you know you know.") Il est encore question d’amour dans I Will Find You. D’amour, d’attente et d’espoir : "I will find you / No matter how long it takes / I will find you behind the door / That breaks so easily / If you push it right / And I’m sure / You are just as lonely as I am." Les deux filles de Loftän savent happer l’auditeur dans ce titre d’une belle efficacité, avec un son pop tout droit sorti des années 90. Un son que l’on retrouve d’ailleurs dans une version lofi que le groupe a mis en ligne sur son site.

    Undercover frappe par la richesse des textes. À l’instar de Bob Dylan – d’ailleurs cité dans ce titre – Janell Riedl et Julia Mahncke, déroulent de leur voix cristalline une ballade folk qui nous parle d’une fille d’aujourd’hui perdue dans un spleen moderne : "She sings along to Dylan songs she holds her secrets tight / Buying what you’re selling / If you catch her in the night."

    Le EP From Here se termine par Mystery Blue. Loftän nous entraîne dans un voyage onirique et coloré : "I see pink / And I see dark grey / And I see rose colored clouds floating / On mystery blue." Cette fois c’est du côté de Cocorosie que l’on peut chercher l’influence de ce dernier titre.

    Le site de Loftän propose d’autres jolies perles à découvrir : A Short Song et sa folk acoustique, une reprise d’All You Need Is Love ou le très convainquant Roomate, que l’on a hâte d’écouter dans une version studio plus aboutie.

    Loftän sera en tournée à Eugene et à Salem. Si d’aventure les pas vous mènent aux États-Unis, et plus précisément du côté de l’Oregon, allez les écouter sans faute. Vous pourrez toujours dire que vous venez de la part de Bla Bla Blog.

    Löftan, From Here, 2016
    https://thebandloftan.com
    Kaitlin Sevy et Loftän, Sam Bond's Brewing Co., Eugene, Oregon, 27 octobre, 18H

    Live Music Loftän, Alesong Brewing and Blending, Eugene, Oregon, 11 novembre, 17H
    Loftän au Space, 9 décembre 2017, Salem, Oregon