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fantasy

  • Perdu au milieu des elfes

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    fantasy,elfe,centaure,christine ringuet,romanElfes, licornes, hippogriffes, nains, centaures ou dragons : rien ne manque dans ce petit roman de fantasy qu’est La Constellation des Elfes, écrit et auto-édité par Christine Ringuet (Amazon).

    Dans le pays de Galiaé, un jeune homme, Kalen, recueille accidentellement une elfe et sa licorne. En quelques heures, sa vie ennuyeuse et pleine de frustration prend un tour féerique, dans tous les sens du terme. C’est aussi l’occasion pour lui de vivre sa va vie avec des créatures fantastiques et dans des pays pas moins imaginaires.

    On accroche ou pas à ce premier roman, relativement court pour un livre de fantasy (environ 200 pages). Les amateurs se laisseront conduire en douceur dans cette quête initiatique qui se laisse goûter sans honte.

    En début d’année, Christine Ringuet a publié son deuxième roman, Eléanor X (auto-édité lui aussi).

    Christine Ringuet, La Constellation des Elfes, Amazon, 2018, 205 p.
    https://www.facebook.com/christine.ringuet.7

    Voir aussi : "Taddeuz à l’école des sorciers"

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  • Comment expliquer le fantastique désordre des saisons de Westeros ?

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    "À quel point des enfants de Jon et de Daenerys seraient-ils consanguins ?", "De quel mal souffre Hodor ?", "Le mur de Westeros pourrait-il être édifié dans la réalité ?" Ce sont quelques unes des questions que pose le très sérieux Sciences et Vie dans un hors-série consacré à Game of Thrones.

    Histoire de patienter encore un peu avant de découvrir la dernière saison de GOT, ce numéro s’est penché sur les problèmes scientifiques et techniques que posent la série inventée par GRR Martin. Une étrange démarche pour cette saga de fantasy où l’imaginaire, la magie et l’improbable ne sont pas absents ? Pourquoi s’interroger sur la crédibilité technique du Mur ? Quelle est l’utilité de savoir que la puissance de feu du dragon Visérion s’établit à plus de 9000 milliards de joules ? Et le mode de transmission de la maladie dite "la grisécaille" n’est sans doute pas capital. Toutefois, ce que Sciences & Vie entend montrer c’est que derrière Game of Thrones se cachent aussi de vraies interrogations, souvent actuelles, que son auteur a certes romancées.

    Prenez par exemple l’environnement, un sujet traité quotidiennement par l’actualité. Dans la lutte pour le pouvoir et pour l’accès au Trône de fer, un fait déterminant guide l’intrigue de cette histoire de sang, de rage et d’acier : le dérèglement climatique. Les spectateurs sont prévenus : "Winter is coming." Et cet hiver qui arrive est représenté par les redoutables Marcheurs blancs qui devraient être au centre de l’ultime saison. Sorti au milieu des années 90, l’œuvre écrite de GRR Martin parlait déjà de catastrophes climatiques autant que d’intrigues humaines pour le pouvoir. "Les « lanceurs d’alertes » avaient raison : l’hiver est bien là, et les morts l’accompagnent. La technologie humaine, représentée par le Mur, n’a pu empêcher la catastrophe, tout juste a-t-elle pu la freiner."

    La première section du Sciences et Vie est consacrée aux saisons dans le pays imaginaire de Westeros et pose quelques bonnes questions sur leur étonnant désordre. Le capricieux auteur de GOT a imaginé des contrées aux climats antinomiques entre le froid perpétuellement polaire au nord et des températures toujours clémentes, voire estivales, au sud. Un chercheur a d’ailleurs proposé une explication géographique sur la planète qui régie le monde imaginaire de Game of Thrones.

    L’intelligence artificielle révèle la fin de Game of Thrones

    Sciences & Vie s’intéresse également aux espèces se côtoyant avec plus ou moins de bonheur dans la série : dothrakis, valyriens, enfants de la forêts, sauvageons, ou géants parlent sûrement moins d’une civilisation imaginaire s’entre-déchirant que de nous-mêmes : "En filigrane des sauvageons, géants et autres andals, c’est l’aventure de la famille homo qui se devine." La revue pose quelques questions plutôt bien vues : "Comment réagirait l’être humain si l’hiver durait des années ?", "La cohabitation des espèces, un fantasme de la série ?" ou "La saga décrit-elle un monde ethniquement crédible ?"

    D’autres questions sont posées dans ce hors-série : sur les créatures imaginaires, notamment ces "dragons (…) de retour comme ces espèces éteintes que la science tente de ressusciter", sur les langues imaginaires inventées pour les besoins de Game of Thrones, sur les sources historiques et sur l’importance de la mort dans une série qui fait abondamment couler le sang (sur 330 protagonistes, 186 sont décédés durant les sept premières saisons !).

    Une autre section est consacrée à ces familles se déchirant pour le trône de fer. GRR Martin se fait l’héritier de Machiavel lorsqu’il parle des Lannister, des Stark, des Targaryen ou des Greyjoy. Le lecteur et le spectateur de la saga y trouvera de multiples références à notre histoire humaine. Le contexte médiéval – y compris dans la manière dont la consanguinité, les mariages de raison et les unions illégitimes entrent dans les enjeux de pouvoir – n’empêche pas Game of Thrones d’être dans une très grande modernité.

    Alors que la huitième saison de GOT est sur le point d’être diffusée, les fans curieux se pencheront sans doute avec excitation sur l’article de Thomas Cavaillé-Fol : "L’intelligence artificielle révèle la fin." Faux spoil ou vrai info, le journaliste s’intéresse à ces chercheurs qui ont déployé leur ingéniosité comme l’utilisation des algorithmes pour déterminer qui avait le plus de chance de monter sur le trône de fer et qui avait le plus de risques de mourir à la fin. La revue présente une modélisation scientifique des liens entre Jon Snow, Tyrion Lannister, Daenerys Targaryen ou les derniers survivants des Stark pour identifier les gagnants et les perdants de cette ultime saison.

    Force reste à la science ? Pas si simple, répond, bon joueur, le magazine : "Si la série fait mentir les algorithmes, cela ne signifiera pas qu’ils se sont trompés, mais que les scénaristes ont décidé finalement de ne pas suivre la logique qu’ils avaient eux-même posée."

    "Game of Thrones & la science", in Sciences & Vie
    hors-série spécial Game of Thrones, avril 2019

    Voir aussi : "GOT in Pop"

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  • GOT in Pop

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    Il est à fort à parier que les fans de Game of Thrones se précipiteront sur le hors-série Pop du Point consacré à cette "messe planétaire" qu’est la célèbre série de fantasy. "Messe planétaire" : c’est Philippe Guedj qui emploie cette expression dans la préface, tant il est vrai que GOT s’est élevée au rang de phénomène culturel, pour ne pas dire de société.

    Les superlatifs se mesurent à l’aune de quelques chiffres rappelés par le magazine : 47 Emmy Awards, un milliard de dollars de chiffre d’affaire généré chaque année, 36 millions de téléspectateurs en moyenne pour chaque épisode diffusé aux États-Unis pendant la saison 7… ou 300 bébés baptisés Arya en Angleterre au cours de l’année 2016.

    Le terme de "chef d’œuvre" est carrément employé pour qualifier Game of Thrones, un cycle de romans et une série culte, souvent comparé par son souffle épique et son succès au Seigneur des Anneaux : une filiation et une similitude pourtant trompeuses.

    Mais au fait, qu’est-ce qui fait la singularité de l’œuvre de GRR Martin comme de son adaptation télé ? Bien entendu, la violence de cette œuvre, la crudité des scènes montrées, le sadisme et le sexe sont une des marques de fabrique de GOT. L’intrigue complexe, les personnages nombreux et souvent charismatiques – Thyrion Lannister, Cersei Lannister, Daenerys Targaryen ou Jon Snow – et les rivalités où se mêlent géopolitique, liens de sang et vengeances constituent l’architecture d’une série dont le succès ne s’est jamais démentie depuis sa création en 2011. Cela dit, là n’est sans doute pas le plus important.

    Ce que le hors-série Pop choisit de faire c’est un focus sur 12 scènes ou personnages marquants qui expliquent comment le romancier et les scénaristes se sont nourris de mythes et d’histoires universelles tout en bousculant des codes narratifs, au point même de choquer leur public.

    Œuvre de fantasy moderne (le premier livre est sorti en 1996 aux États-Unis), Game of Thrones a abondamment puisé dans diverses sources pour construire des personnages cultes et des scènes marquantes. C’est ainsi que le lecteur verra dans le nain de la cour de Jacques Ier, Jeffrey Hudson (1619-1682), un modèle troublant du nain politique et ambitieux Thyrion Lannister, alors que Jon Snow peut être qualifié de personnage christique et Joffrey Baratheon être vu comme une copie presque conforme de l’empereur Caligula. Dans GOT, les sources ne manquent pas, tout comme les références philosophiques, et en premier lieu Machiavel dont Roger Paul-Droit consacre un portrait édifiant.

    Il est aussi dit qu’aucun personnage ne sera à l’abri

    Avoir choisi de ne pas rester collé à ces mythes n’est pas la moindre des qualités de Game of Thrones. Mieux, GRR Martin a choisi très tôt de bousculer les codes narratifs de son cycle. À cet égard, dit Phalène de la Valette, la scène de la décapitation de Ned Stark n’est certainement pas la plus violente, mais elle a marqué les esprits : en choisissant de faire mourir un type de héros familier des amateurs de fantasy, le romancier rabat complètement les cartes d’une intrigue pour faire basculer l’histoire dans un chaos qui fera le bonheur de ses fans. Il est aussi dit dès cet instant qu’aucun personnage ne sera à l’abri, ce qui sera démontré avec l’autre scène marquante, celle des Noces pourpres.

    Les fans reconnaîtront l’épisode sanglant de la saison 3 : un banquet et un mariage sont l’occasion pour les auteurs de mettre en scène un massacre pervers – qu’Arya Stark vengera avec la même cruauté quelques saisons plus tard –, massacre largement inspiré d’épisodes historiques et de récits : "C’est le plus grand coup, de théâtre de toute la série. Tout avait été mis en place pour qu’on ne s’y attende pas, et surtout, ce carnage heurte autant la raison que nos sens," commente Nicolas Allard, auteur de L’Univers impitoyable de Game of Thrones (éd. Armand Colin). Un troisième exemple illustre ce travail sur la narration : l’épisode de la saison 6 consacré au géant Hodor, personnage secondaire mais marquant. Les auteurs de GOT en font une figure métaphorique et métaphysique grâce à l’utilisation astucieuse d’une boucle temporelle venant éclairer l’identité d’un personnage finalement très platonicien !

    Dans ce hors-série passionnant, le mot de la fin est laissée à Anne Besson, auteure d’un Dictionnaire de la Fantasy (Editions Vendémiaire). Elle souligne à quel point le cycle de GRR Martin est atypique dans un domaine littéraire généralement plus optimiste, et durablement marqué du reste par l’œuvre de Tolkien. C’est sans doute là tout le talent du créateur du Trône de Fer : avoir révolutionné un genre littéraire. Mais il est vrai, conclue Anne Besson, qu’"aujourd’hui, écrire du Seigneur des Anneaux serait démodé."

    "Game of Thrones, mythes et origines", Hors-série Pop Le Point, mars-avril 2019, 98 p.
    https://www.lepoint.fr/pop-culture

    Voir aussi : "Game of Thrones, saison 8 et fin, normalement"

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  • Game of Thrones, saison 8 et fin, normalement

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    Le 14 avril 2019 va être une date importante pour les fans de Game of Thrones, avec une huitième et dernière saison attendue autant que déjà regrettée. Daenerys Targaryen, Jon Snow, Arya Stark ou Tyrion Lannister seront de retour pour ce qui s’annonce être un feu d’artifice d’anthologie.

    Ironie du sort, cette actualité chaude de HBO aura lieu quelques semaines seulement après l'annonce du départ de Richard Plepler, son emblématique patron. Annoncé sur le départ le 1er mars dernier, en raison du rachat de la chaîne câblée par AT&T, l’homme d’affaire à l’origine de la révolution télé de HBO devrait lui aussi regarder de chez lui la série de fantasy qu’il a contribué à faire naître et à développer.

    De là à dire que la fin programmée de GOT après cette saison 8 pourrait être remise en cause par les nouveaux patrons de HBO, il n’y a qu’un pas que nous ne franchirons certainement pas.

    Game of Thrones, saison 8, 6 épisodes,
    série de fantasy américaine produite par HBO,
    avec Peter Dinklage, Nikolaj Coster-Waldau, Lena Headey,
    Emilia Clarke,Kit Harington,  Liam Cunningham,
    Sophie Turner et Maisie Williams, 2019,
    sur OCS à partir du 14 avril 2019

    Voir aussi : "C’est pas de la télé, c’est HBO"
    "Game of Thrones pour les nuls"

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  • De la fantasy à la pelle

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    C’est bien connu : dans la jungle des blogs culturels, les pépites sont souvent à chercher dans quelques-unes des innombrables niches. La fantasy est un genre devenu particulièrement en vogue depuis l’adaptation du Seigneur des Anneaux par Peter Jackson et surtout la série Game of Thrones. Jessica Lefrançois, aux manettes de son blog Fantasy à la Carte, baigne dans ce genre depuis des années et s’y déplace comme si elle voyageait dans un territoire familier.

    Les publications de fantasy sont légion et Fantasy à la Carte n’a pas pour d’autres ambition que d’être une boussole – ou plutôt un "Portoloin" – afin de se mouvoir dans les univers innombrables d’une littérature de plus en plus populaire. Ce blog, qui est parvenu à se forger une petite notoriété dans le milieu, ne s’interdit rien : guerriers sans peur et sans reproche, dragons de toute nature, fées bienveillantes, sorciers maléfiques ou vampires sexy y trouvent leur place, tant il est vrai que l’imaginaire se veut un genre pluriel capable plus que n’importe quelle littérature de faire tomber les frontières et de se décliner dans des sous-genres particulièrement prolifiques – heroic fantasy, fantasy urbaine, bit-lit, steampunk ou dark fantasy.

    Bien entendu, Fantasy à la Carte réserve une bonne place aux grands classiques de l’imaginaire, que ce soit Tolkien, JK Rowling, GRR Martin ou Robin Hobb. Des chroniques riches et passionnantes reviennent sur les pionniers d’un genre longtemps décrié et considéré comme peu sérieux. Une injustice que la chroniqueuse répare, avec une belle acuité. Ainsi, un article sur Marion Zimmer Bradley rappelle que cette auteure américaine, "une pionnière en littérature fantasy et science-fiction [a] beaucoup surfé entre deux genres: la space fantasy et la science fantasy." Les lecteurs du site feront des découvertes étonnantes : celle par exemple de Lord Dunsany, un précurseur à la littérature fantasy avec notamment son œuvre la plus aboutie, La Fille du roi des Elfes.

    Un genre longtemps décrié et considéré comme peu sérieux

    Mais Fantasy à la carte n’est pas seulement tourné vers le passé et n’entend pas s’endormir sur les grands classiques ou se contentant de chroniquer des ouvrages aussi populaires que Game of Thrones, L’Assassin royal ou Le Seigneur des Anneaux. Il est aussi un site en perpétuelle évolution, tourné vers les publications les plus récentes, preuves que ce genre, l’un des plus en vogue, est aussi celui qui sait le plus évoluer. La fantasy française y trouve une place de choix, faisant de ce blog spécialisé l’un des meilleurs baromètres du genre. Les dernières chroniques portaient par exemple sur le roman jeunesse de Nadia Coste, Jivana (éd. ActuSF), et son monde féerique (celui des Feydelin), sur le troisième volume du cycle de L'Héritier d'Asgard de Bertrand Crapez (éd. Zinedi), "une trilogie qui a permis à une belle plume de sortir de l'ombre",  mais aussi sur la deuxième et dernière partie d’Olangar de Clément Bouhélier (éd. Critic), un "récit qui distille à doses thérapeutiques le suspense nécessaire pour donner l'envie de continuer cette histoire."

    Mais Fantasy à la carte ne se cantonne pas aux livres. Outre ses focus sur les salons incontournables, le blog s’ouvre également à l’art – les illustrations pour l’essentiel –, aux films et aux séries. Dans ce domaine, les visiteurs du blog pourront trouver de quoi passer des week-ends de binge-watching dans des univers extraordinaires. Outre des chroniques sur des créations récentes (The Magicians), le plaisir régressif est de mise avec ce rappel de séries rares ou au contraire devenues cultes, que ce soit Charmed, La Caverne de la Rose d’Or ou Buffy contre les Vampires.

    Un site passionnant par une passionnée, et qui offre à la fantasy l’une de ses vitrines les plus pertinentes.

    http://fantasyalacarte.blogspot.com

    Voir aussi : "Vous reprendrez bien un peu de fantasy ?" 
    "Buffy, vingt ans, tueuse de vampires"

  • Laissez-vous conter

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    Bla Bla Blog s’est laissé séduire par une revue qui a fait des contes et des légendes son sujet d’enquêtes et de quêtes. C’est du reste les quêtes initiatiques qui sont le sujet d’un passionnant hors-série de Contes & Légendes.

    La revue spécialisée nous replonge dans un domaine à la fois familier et inattendu. Car à côté de sujets plutôt pointus, comme une étude de la géographie du sacré, la découverte du peuple africain des Sénoufos ou les pratiques thérapeutiques des sorciers, le lecteur se plongera avec un plaisir enfantin, voire régressif, dans des mondes familiers de son enfance : Cendrillon, le Petit Chaperon Rouge ou le Petit Poucet.

    La conteuse Isabelle Genlis nous parle d’Andersen et de La Petite Théière, une de ses histoires, sans doute pas la plus connue. La chroniqueuse en dévoile les secrets et les interprétations : "La vie ne tient qu’à un fil, qu’Andersen manipule en marionnettiste habile, en maître du genre."

    Un domaine à la fois familier et inattendu

    L’histoire de Cendrillon est non seulement également décortiquée par Bernadette Bricout, professeure de littérature orale à l’université Paris-Diderot, mais aussi reproduite dans la célèbre version de Charles Perrault. Un bon moyen de découvrir ou relire un texte fondamental de la littérature et voir autrement Cendrillon, "une vieille avant l’heure." Le Petit Chaperon Rouge, La Belle au Bois Dormant, Barbe Bleue (adaptée en 2009 pour la première par une femme, Catherine Breillat, comme nous le rappelle Jack Zipes), La Petite Sirène ou le Petit Poucet ont également droit à leur focus.

    Mais Contes & Légendes s’arrête aussi sur d’autres cultures et d’autres histoires, toujours en rapport avec la nature et les quêtes initiatiques : Le Conte du jeune Homme Saule et Kaguya Himé, la fille du coupeur de bambou (Japon), une légende amérindienne sur la légende des peaux (Canada), la recherche par un homme des arbres dans un monde où ils n’auraient pas existé (Vietnam) ou les contes enchantés des pays slaves.

    La Bretagne, terre mystérieuse aux légendes extrêmement riche est traitée, est également abordée par le musicien Gérard Lomenec’h qui s’intéresse à la place de la forêt. Les ethnologues Yvonne Verdier et Geneviève Massignon se posent quant à elle cette question : Que sont venues faire les filles perdues en forêt ?

    Les amateurs de contes, à l’origine de la fantasy moderne, seront dans cet élément avec cet hors-série de Contes & Légendes passionnant.

    Contes & Légendes, hors-série "Contes – La nature, une quête initiatique", janvier 2018

  • Le top 10 de Bla Bla Blog en 2017

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    198 articles ont été publiés sur Bla Bla Blog en 2017. Quels ont été les plus populaires ? Nous vous avons fait, comme pour les années 2015 et 2016, un top 10, avec quelques figures marquantes, connues ou moins connues, et surtout de jolies surprises.
    Cette chronique présente ce classement, accompagné d’une présentation, d’extraits et évidemment de liens pour lire ou relire les articles marquants de cette année.

     10  Âmes qui vivent

    Un livre et un roman pour commencer ce classement. En février dernier, nous consacrions une chronique au roman de Sabrina Philippe, Tu verras, les Âmes se retrouvent toujours quelque part (éd. Eyrolles). Près d’un an plus tard , la popularité de cet article s’est confirmée : il entre à la 10e place de notre classement.

    704390995.jpgExtrait
    "À quoi reconnaît-on un bon roman ? Sans doute à ce qu’il soit un page-turner et que chaque fin de page nous attire vers la suivante. Et à quoi reconnaît-on un excellent roman ? Sans doute à ce que sa lecture agisse en nous à la manière d’un excellent thé qui infuserait, nous rendant différent de ce que nous étions avant la lecture de la première page. Le roman de Sabrina Philippe, Tu verras, les Âmes se retrouvent toujours quelque part (éd. Eyrolles), appartient à cette seconde catégorie. L’auteure, psychologue et chroniqueuse pour la radio et télévision, signe ici un premier roman sur le thème de la rencontre d’âmes par-delà le temps, qu’elle choisit de traiter sous une forme d’un roman psychologique envoûtant.
    Tu verras, les Âmes se retrouvent toujours quelque part débute par le récit à la première personne d’une séparation cruelle. La narratrice, présentatrice de télévision (l’auteure a travaillé plusieurs années pour le petit écran), doit gérer sa vie mise sens dessus-dessous après le départ de son compagnon. Seule et minée par la dépression, elle erre telle une zombie à travers Paris et finit par tomber sur un café de l’Île Saint-Louis qui devient son havre. C’est là qu’elle tombe sur une femme plus âgée qu’elle, une ancienne journaliste et écrivain, une habituée "aux yeux clairs" et à "l’intelligence tourmentée". Entre les deux, une conversation s’engage..."
    La suite ici...

     9  Dans les villes de grande solitude

    Fanny de la Roncière est une des belles découvertes de Bla Bla Blog. La voir dans ce classement 2017 est une vraie satisfaction, autant qu’un indice de son incontestable talent. La chronique de Bla Bla Blog qui lui était consacrée en mars dernier présente une œuvre et une artiste attachantes.

    1100194762.jpgExtrait
    "Bien entendu, Fanny de la Roncière ce sont d'abord ces petites nanas à la Pénélope Bagieu, que ce soit cette Bretonne joyeusement déshabillée sous une pluie iroise, ces bandes de copines désœuvrées ou bien ces trentenaires nonchalantes croquées avec humour. Tous ces personnages tendres et attachants sont à découvrir sur le site de l'artiste.
    Mais Fanny de la Roncière excelle surtout dans un autre genre, tout aussi graphique mais dans un style diamétralement opposé : les villes.
    Les cités que l’artiste "arrache" à son imagination ne sont pas de simples collages comme le spectateur pourrait le penser de prime abord. Fanny de la Roncière utilise des techniques mixtes où intervient une part de hasard…
    "
    La suite ici…

     8  La vie sexuelle de Laura L.

    Chaud les bananas… En huitième position, Laura Lambrusco est parvenu à tirer son épingle du jeu, grâce à son roman d’une belle facture, Comment j’ai raté ma Vie sexuelle (éd. Act). Comme quoi, l’audace peut payer. Un livre drôle et percutant à découvrir absolument.

    997818073.jpgExtrait
    "Récit, roman, ou autofiction ? La catégorie du livre de Laura Lambrusco, Comment j’ai raté ma Vie sexuelle (éd. Act), importe sans doute moins que la facture décomplexée d’un ouvrage à la langue aussi verte qu’un gazon irlandais et aussi pétillant qu'un verre de lambrusco.
    En 14 chapitres, cette auteure qui n’a pas froid aux yeux dévoile tout de ses frasques amoureuses, de ses parties de jambes en l’air et de sa vie sociale régie par les petits boulots, les fins de mois difficiles et les amants et maîtresses de passage.
    A l’instar de Catherine Millet (
    La Vie sexuelle de Catherine M.), mais avec plus de légèreté et de verve, Laura L. ne cache rien du sexe dont elle a exploré les moindres recoins, dans toutes les positions et avec à peu près n’importe qui. Voilà qui fait d’elle quelqu’un de tout indiqué pour nous parler "sérieusement" du sujet le plus universel, le plus partagé mais aussi le plus caché : "La baise, l’amour, les pratiques bizarres, l’exclusivité sexuelle dans le couple, la bisexualité, l’homosexualité, la beauté, la branlette, l’enculage, le cocufiage, le mariage, les gosses, le boulot, les boîtes à partouze… et encore tout un tas de questions qui font chier, au fond, parce qu’elles dérangent l’ordre social plus que nous-mêmes"..."
    La suite ici…

     7  Nathalie Cougny, en adoration

    En 2016, nous avions découvert la romancière, peintre et femme engagée Nathalie Cougny. Et elle avait fait partie du top 10. Et elle était, également à une très belle septième place. Nous la retrouvons cette année, presque sans surprise, bien placée dans notre classement pour son recueil de poésie, Adoration (Mon petit éditeur). Il faut ajouter que l’année 2017 a été riche pour cette singulière artiste. Ajoutons que la chronique qui la place aussi bien a été aussi l’une des dernières publiées par Bla Bla Blog.

    couv jpeg.jpgExtrait
    "Sur Bla Bla Blog, nous adorons Nathalie Cougny pour des tas de raisons : son caractère entier, son opiniâtreté, son engagement auprès de causes qui lui tiennent à cœur (le féminisme et la protection de l’enfance) mais aussi et surtout son travail d’artiste se jouant des barrières et des étiquettes. N’avait-elle pas présenté au Julia (Paris 3e) en décembre 2015 son roman Amour et Confusions… (éd. Sudarènes) dans le cadre d’une exposition de peintures et de photos, au cours de laquelle étaient accrochée ses propres toiles ? Plus récemment, c’est le théâtre que l’artiste a choisi d’investir, à travers Sex&love.com, une pièce abrupte et sincère – sur l’amour et les femmes, toujours.
    Nathalie Cougny est entière, sincère et sans artifice. La poésie tient pour cette raison une place essentielle dans sa vie comme dans son œuvre. Mais il s’agit d’une poésie proche de nous, sensuelle et au plus près des corps : "
    Ma poésie traite essentiellement du sentiment amoureux. Depuis des changements importants dans ma vie personnelle, je pose des mots en musique, celle des émotions du corps et de l’âme" dit-elle au sujet de son dernier ouvrage""
    La suite ici…

     6  Eva-Léa, la coureuse de rêves

    Une découverte musicale a singulièrement affolé les compteurs sur Bla Bla Blog. La responsable ? Eva-Léa, une chanteuse qui lançait son premier EP à la rentrée, avant une série de concerts. Ce top 10 permettra de refaire un coup de projecteur mérité et opportun sur cette musicienne prometteuse.

    1888742989.jpgExtrait 
    "Eva-Léa sort son premier EP en septembre prochain, avant une série de concerts à Paris. Qui est cette Eva-Léa ? Une fille d’ici et d’aujourd’hui qui, du haut de ses 27 ans, est bien décidée à faire une place au soleil sur la scène de la chanson française.
    Dans une pop acidulée aux délicates touches électroniques mais aussi 80’s, Eva-Léa propose six titres portés par une voix fraîche et posée avec une belle assurance.
    Dans Élégie, le premier titre que l’on pourrait qualifier d’"électro onirique", Eva-Léa ose, dans une veine gainsbourienne, une ode moderne et baudelairienne : “Le temps qui tonne et qui traîne me tue / Sous les nuages dans l’étang j’attends nue / Qu’un coup d’éclair me transforme en statue"..."
    La suite ici...

     5  Game of Thrones pour les nuls

    C’est une demie-surprise de voir un article sur Game of Thrones. La célèbre série de HBO déboule en bonne place dans notre classement. C’est la première fois qu’une série suscite autant l’intérêt des lecteurs de Bla Bla Blog. Il est vrai que l’adaptation du cycle de romans de fantasy de GRR Martin a fait un énorme buzz mondial à l’occasion d’une septième (et avant-dernière) saison attendue par ses fans.

    2425440072.jpgExtrait 
    "Le compte à rebours a commencé pour les millions de fans de Game of Thrones. Il faudra attendre le 16 juillet 2017 pour découvrir la saison 7 de la série culte de fantasy, inspirée de l’œuvre de George RR Martin.
    Première mauvaise surprise pour celles et ceux qui suivent les aventures de Tyrion Lannister, Daenerys Targaren ou Jon Snow, cette saison ne comportera que 7 épisodes (au lieu de 10). Et comme une mauvaise nouvelle n’arrive jamais seule, une saison supplémentaire, encore plus courte, viendra clôturer la saga, sans doute courant 2019..."
    La suite ici…

     4  Où es-tu Berry ?

    C’est une artiste que l’on aime : Berry. L’interprète de Mademoiselle, du Bonheur ou de Las Vegas Parano s’était montrée discrète depuis son second album, Les Passagers, sorti en 2013. Que devenait-elle ? Bla Bla Blog a voulu répondre à cette question. Une chronique qui n’a pas laissé indifférent. Espérons revoir Berry très bientôt pour un nouvel album. Nous l'attendons de pied ferme.

    091.jpegExtrait
    "On avait quitté Berry en 2012, avec l’album Les Passagers. La chanteuse avait choisi le fil conducteur du voyage pour des chansons délicates et pudiques, portées par une voix caressante, l’une des plus belle sans doute de la scène française. Est-elle revenue de ses voyages ? Où est-elle aujourd’hui et quelle est son actualité ?
    Il convient au préalable de faire quelques rappels sur la carrière de Berry, commencée en 2008 avec un premier album, Mademoiselle, remarqué par la critique et le grand public. Disque d'or, il a été suivi de plusieurs centaines de concerts en France comme à l'étranger (Brésil, Corée du Sud ou Serbie). Mademoiselle ce sont 10 joyaux musicaux que la chanteuse a sculpté avec ses acolytes Manou et Lionel Dudognon.
    L’univers de celle qui a commencé sur les planches de théâtre est déjà là, dans des chansons intimistes, mélancoliques et non sans noirceur, portées par une orchestration soignée et une voix claire et chaleureuse...
    "

    La suite ici…

     3  Julia Palombe : Au lit, Citoyens !

    En cette année électorale, Bla Bla Blog avait consacré un dossier "Présidentielles". Julia Palombe, une des candidates - n’ayant toutefois pas passé le stade des 500 signatures - a accepté de répondre à des questions sur son projet politique, avec le parti du Jouir Ensemble. Tout un programme...

    3108138628.jpgExtrait
    "Candidate à l'élection présidentielle, l'auteure, danseuse, chanteuse et actrice Julia Palombe s'est lancée dans la course vers l’Élysée, avec, chevillée au corps, son engagement pour "la liberté, l'égalité et les sexualités." En septembre 2016, son un livre manifeste Au lit citoyens !" (éd. Hugo Doc-Blanche) signe le départ de sa campagne aux Présidentielles, avec le parti du Jouir Ensemble. Tout un programme !
    Entre deux meetings et trois concerts, Julia Palombe a accepté de répondre au questionnaire "Présidentielles 2017" de Bla Bla Blog. Qu'aimez-vous et qui aimez-vous, Julia ?..."
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     2  Deborah de Robertis l’ouvre

    Art, provocation, engagement… et aussi une pointe d’humour pour cette deuxième place occupée par la performeuse Deborah de Robertis. L’artiste a fait des galeries de musées prestigieux (Louvre, Orsay) le lieu de performances scandaleuses et placées sous le signe du féminisme, particulièrement d’actualité en cette année.

    3763625566.jpgExtrait
    "Ça s’est passé au Louvre le 15 avril 2017. Deborah de Robertis, artiste franco-luxembourgeoise féministe, engagée et aux performances sulfureuses, pose dénudée au milieu d’un parterre de touristes venus mitrailler et filmer La Joconde. Devant ce public médusé et vite acquis à sa cause, Deborah de Robertis expose son sexe, comme elle l’avait d’ailleurs fait au Musée d’Orsay en 2014 devant le tableau L’Origine du Monde de Gustave Courbet. La scène, brève et violente, est interrompue par les gardiens du musée et par l’auguste établissement qui choisit d’évacuer le public.
    Le 29 septembre dernier, Deborah de Robertis présentait au Silencio, le sélect club imaginé par David Lynch, son œuvre audiovisuelle, Ma Chatte mon ©. Ce film réalisé autour de sa performance d’avril "utilise les codes du rap US" et a été réalisé en "featuring" avec la rappeuse Mac Manu et le rappeur Yaway. À l’occasion de cette diffusion, un débat était organisé dans une salle pleine à craquer. Il réunissait Deborah de Robertis, son avocate Marie Dosé, la directrice du Centre culturel de Neimënster Ainoha Achotegui et la philosophe et féministe Geneviève Fraisse venus commenter cette performance..."
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     1   Fishbach

    C’est l’artiste qui a fait explosé tous les compteurs de Bla Bla Blog. Cette année, Fishbach occupe une première place plus que méritée. Le moins que l’on puisse dire c’est que la musicienne n’est pas passée inaperçue sur la scène française. La sortie de son premier album en début d’année était attendue, après un premier EP remarqué en 2016. En consacrant plusieurs articles sur Fishbach, Bla Bla Blog a fait mouche : vous avez été nombreux à nous suivre et à montrer votre intérêt pour une artiste hors-norme.

    4112684903.jpgExtrait
    "Je vous préviens, Fishbach ne va pas vous laisser indemne. Son premier EP éponyme, sorti il y a un peu plus d'un an, est un mélange de d’électro-rock nerveux et de pop survitaminée. Dans la grande veine de ses aîné(e)s des années 80, l'artiste originaire de Charleville-Mézières ne craint pas de saturer ses titres de guitares saturées et de laisser sa voix puissante se noyer dans des torrents de synthétiseurs, tel le chant amoureux, sombre et gothique Tu vas vibrer : "Tu vas vibrer / comme un chien dans une caisse".
    La jeune chanteuse, que certains comparent déjà, pour son énergie déployée, à Catherine Ringer - certains ont même cité Jeanne Mas - pioche dans la new wave, ce mouvement musical que l'on pensait à tort disparu corps et âme depuis la fin des années 80...
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  • On achève bien les romans

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    Terry Pratchett, l’auteur mythique de la saga de fantasy Les Annales du Disque-monde refait parler de lui, deux ans après son décès le 12 mars 2015.

    Le 31 août dernier, c’est pour respecter ses dernières volontés que son ami Rob Wilkins s’est chargé de détruire les derniers travaux sur lesquels travaillait Terry Pratchett au moment de sa mort. Un disque dur de l’auteur britannique, comprenant notamment 10 romans inachevés et des notes inédites, ont été détruites en public… au rouleau compresseur.

    Avec un sens de la provocation peu commune pour ce genre d’événement, Rob Wilkins a choisi d’utiliser un engin de chantier du XIXe siècle. Le disque dur sacrifié devrait être exposé au musée de Salisbury à partir de septembre prochain.

    Et voilà comment s’achève l’œuvre romanesque d’une œuvre monumentale vendue à plus de 80 millions d’exemplaires. Face aux réactions courroucés d’admirateurs de Terry Pratchett, Rob Wilkins a commenté ainsi les dernières volontés de l’auteur des Annales du Disque-monde : "Un dangereux rouleau compresseur, 10 romans non publiés, et regardez tous les problèmes dans lesquels je suis."

    http://www.terrypratchett.fr
    "Terry Pratchett, ou comment conquérir le Disque-Monde ?", Fantasy à la Carte

  • L'odyssée de Nicci, vers l'infini et au-delà

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    Je vous ai trouvé une lecture idéale pour cet été. Je ne vous parle pas de polars, de romans historiques ou d’une guimauve sentimentale. Non, l’un des musts pour cet été est de mettre dans votre valise un livre de fantasy, et de la bonne si possible.

    Terry Goodkind a signé L’Épée de vérité, un cycle de 15 volumes (sans les préquelles), bien connu des amateurs de fantasy. La Maîtresse de la Mort est le premier volume de son nouveau cycle, Les Chroniques de Nicci.

    Cette Nicci, aux lointains airs de Daenerys Targaryen et au doux surnom de "Maîtresse de la Mort", est une magicienne apparue avec L’Épée de vérité. Elle devient le personnage principal de cette nouvelle série de Terry Goodkind.

    Accompagnée du sorcier Nathan Rahl, un autre revenant du précédent cycle, la magicienne a été chargée par le seigneur Richard Rahl de visiter les limites de l’empire connu – et au-delà. C’est en diplomate vers des terres inconnues que Nicci entend aussi tourner une page de sa propre existence et retrouver "sa vie et sa liberté".

    Les voyageurs entament la mission par la visite de Rouge, une voyante réputée. Le sorcier se voit délivrer son Livre de Vie, sensé contenir le passé et le l’avenir de son possesseur. Or, le futur des deux envoyés pourrait bien se situer dans un étrange lieu, Kol Adair, dans une zone de l’Ancien Monde.

    Ainsi commence cette première Chronique de Nicci. La magicienne et Nathan sont bientôt rejoints par un troisième compagnon, Bannon. Le voyage de ces ambassadeurs d’un nouveau genre devient une odyssée épique et picaresque dans des régions inconnues et reculées. L’aventure, les dangers, les rencontres impromptues et les morts brutales jalonnent ce premier volume passionnant où l’imagination de Terry Goodkind fait merveille : attaque de selka et de morts-vivants, découvertes de villes surnaturelles, raid d’esclavagistes Norukai, affrontement avec l’impitoyable Juge Suprême et, the last but not the least, la guerre contre les éléments naturels de vie et de mort à partir du Surplomb du Monde.

    Nicci, dangereuse et mystérieuse magicienne guerrière, porte à elle seule cette odyssée aux rebondissements incessants. Les derniers chapitres ouvrent même la porte non seulement à une suite mais aussi à un futur cycle : gageons que nous pourrons trouver en librairie d’ici quelques années de nouvelles chroniques autour des érudits et mémorialistes du Surplomb du Monde, Oliver et Peretta, chargés de faire le voyage inverse de celui de Nicci.

    En attendant, cette dernière production de Terry Goodkind ne trahit pas l’essence de la fantasy, la littérature de l’imaginaire par excellence. Tout y est : quête pour sauver le monde, luttes entre le bien le mal, héros attachants, messages édifiants ("Mes vœux, je fais en sorte qu'ils se réalisent, et ma chance je la fabrique", dit par exemple la magicienne), voyages initiatiques ("L'avenir et le destin dépendant à la fois du voyage et de la destination"), créatures fantastiques et civilisations créées de toute pièce. Ajoutez à cela quelques dragons, des femmes fatales, de l’humour et des dialogues vivants : Terry Goodkind offre à ses millions d’admirateurs le parfait compagnon de lecture et de voyages.

    Terry Goodkind, La Maîtresse de la Mort,
    Les Chroniques de Nicci
    , tome 1, éd. Bragelonne, 2017, 478 p.

    http://www.terrygoodkind.fr

  • Tweet Westeros

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    Chaque dimanche soir, les fans de Game of Thrones (@GameOfThrones) se rassemblent sur Twitter pour discuter des retournements de situation, des dernières aventures des personnages, pour partager leurs mêmes et autres gifs, et live-tweeter avec la communauté. Chaque saison de #GameOfThrones génère des millions de Tweets. En 2016, Game of Thrones a été la série la plus discutée sur Twitter et dans le Top 10 des tendances sur Twitter  - c’est d’ailleurs la seule série télé dans ce top.

    Alors que la saison 7 a commencé hier soir aux États-Unis et que le premier épisode traverse l’Atlantique pour arriver ce soir sur les écrans français, Twitter a analysé Game of Thrones sur sa plateforme. En 2017, dans le monde, il y a eu 13,8 millions de Tweets à propos de la série. Le 21 juin, jour de la sortie de la seconde bande-annonce, a été le jour où il y a eu le plus de Tweets postés.

    Twitter a créé une carte interactive avec tous les personnages de Game of Thrones représentés par des flocons de neige connectés selon les relations entre les différents protagonistes. En cliquant sur un flocon, vous avez un résumé du moment le plus important pour ce personnage (le moment qui a suscité le plus de tweets) et l’épisode durant lequel a eu lieu ce moment fatidique - attention aux spoilers...

    Les épisodes ayant suscité le plus de conversations sur Twitter sont, dans l'ordre :

    - The Winds of Winter (saison 6 - épisode 10 - diffusé le 26 juin 2016*
    - The Red Woman (saison 6 - épisode 1 - diffusé le 24 avril 2016*
    Battle of the Bastards (saison 6 - épisode 9 - diffusé le 19 juin 2016*
    - Mother’s Mercy (saison 5 - épisode 10 - diffusé le 14 juin 2015*
    - Home (saison 6 - épisode 2 - diffusé le 1er mai 2016*

    *Dates de diffusion aux Etats-Unis

    De tous les personnages de la série, quels sont ceux dont on a le plus parlé sur Twitter pendant la saison 6 ?

    - Jon Snow
    - Daenerys Targaryen
    - Sansa Stark
    - Arya Stark
    - Hodor

    Quelles célébrités de la galaxie Game of Thrones sont les plus suivies ?

    - Maisie Williams (@Maisie_Williams)
    - Sophie Turner (@SophieT)
    - George R. R. Martin (@GRRMspeaking)

    Pour ceux ne pouvant être devant leur écran dimanche soir et ne souhaitant pas se faire spoiler le début de la nouvelle saison, Twitter permet de masquer certains tweets dans les timelines en fonction de mots-clés. Plus d’explications dans ce Tweet ou via le Centre d’Assistance.

    https://interactive.twitter.com/winter-is-here
    @GameOfThrones

  • Game of Thrones pour les nuls

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    Le compte à rebours a commencé pour les millions de fans de Game of Thrones. Il faudra attendre le 16 juillet 2017 pour découvrir la saison 7 de la série culte de fantasy, inspirée de l’œuvre de George RR Martin.

    Première mauvaise surprise pour celles et ceux qui suivent les aventures de Tyrion Lannister, Daenerys Targaren ou Jon Snow, cette saison ne comportera que 7 épisodes (au lieu de 10). Et comme une mauvaise nouvelle n’arrive jamais seule, une saison supplémentaire, encore plus courte, viendra clôturer la saga, sans doute courant 2019.

    Au terme du 73e épisode, les amateurs de GOT devraient découvrir qui pourra s’asseoir sur le Trône de Fer, si les Marcheurs Blancs vont venir conquérir le monde des mortels, et surtout quels héros survivront.

    Pour une révision générale de l’univers de GRRM et tout savoir – ou presque – sur les grands et petits secrets de la série de fantasy, le magazine Ciné Série Saga propose ce mois un hors-série de 80 pages, avec spoilers inclus.

    Game of Thrones, saisons 7, HBO, à partir du 16 juillet 2017

  • Monstres et compagnie

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    A priori, on donnerait le Bon Dieu sans confession à ces deux auteures américaines, Marjorie Liu et Sana Takeda. Elles signent pourtant, l’une pour le scénario et la seconde pour le dessin, Monstress, une bande dessinée aussi cruelle et sanglante que somptueuse.

    Monstress, déjà qualifié aux États-Unis comme un roman graphique majeur et dont le premier tome vient de sortir en France aux éditions Delcourt. Dans la droite lignée de la dark fantasy, Marjorie Liu, qui a troqué sa robe d’avocat pour l’écriture, imagine un monde post-apocalyptique peuplé d’humains aux dons surnaturels, de chats à la fois sages bavards et soldats pugnaces, d’Anciens aux pouvoirs immenses, d’Arcaniques (ou "Sang-mêlés"), des êtres hybrides mi-humains mi-Anciens, sans oublier une confrérie humaine redoutable, l’ordre des Cumaea.

    Maika Demi-Lune, une toute jeune femme amputée d’un bras, se retrouve captive de ces nonnes-sorcières. Belles et redoutables, ces vampires d’un autre temps chassent les humains pour les manger et en extraire une étrange substance, le lilium.

    Maika parvient à s'extirper des griffes de Lady Atena et Lady Sophia, en compagnie de Kippa, un enfant-renard, et du chat maître Ren. Tout ce petit monde fuit les Cumaea. La garde des Inquisitrix, guidées par une mystérieuse Mère Supérieure, partent à la recherche de Maika mais aussi d'un objet sacré dérobé par la jeune fille dans un sanctuaire arcanique. Un autre danger sommeille et menace la jeune femme en fuite : un être à l'intérieur d'elle-même, en lien avec son passé sombre et mystérieux.

    Monstress est une étourdissante aventure baroque violente. Les auteurs de ce premier volume remarqué et remarquable (un tome 2 est sorti récemment aux États-Unis) élaborent un univers de dark fantasy puisant ses influences tous azimuts : mythologies occidentales, mangas, contes et romans classiques ou comics américains. Dans cette histoire de quête initiatique et de lutte entre bien et mal, Kippa et le chat Ren représentent des figures à la fois familières, drôles et touchantes, largement inspirées qui plus est des personnages de mangakas. Ainsi, Ren aurait toute sa place dans le bestiaire des Pokemons.

    Monstress déploie sur plus de 200 pages des univers à la fois sombres et oniriques, familiers et surnaturels, modernes et archaïques : geôles moyenâgeuses de Zamora, steppes dignes de la Mongolie, palais somptueux, laboratoires de savants fous, paysages sylvestres dignes de la Comté de Tolkien ou cités post-industrielles. Sans oublier la traditionnelle carte géographique, en fin de volume, présentant "le monde connu" où évoluent Maika et consorts. Les amateurs de fantasy se retrouveront en terrain connu.

    On doit à Sana Takeda le graphisme somptueux. Les cadrages comme les scènes de combats avec leur violence stylisée à la Game of Thrones, empruntent largement aux mangas. Précisons que l'illustratrice de Monstress est originaire du Japon. Le dessin est précis, riche et d'une grande puissance visuelle, rappelant la culture comics américaine. Monstress recycle dans cette bande dessinée de dark fantasy des archétypes traditionnels : la jeune héroïne aux pouvoirs inattendus, une quête dangereuse, des compagnons de voyage modérateurs sur le modèle de Sancho Panza, des génies du mal, des mystérieux anges-protecteurs et des monstres en veux-tu en voilà.

    L'autre grande originalité de ce premier tome vient du parti-pris scénaristique. Monstress, œuvre de deux femmes, est un un cycle féminin jusque dans ses propos. La société matriarcale décrite est celle d'un monde violent où l'asservissement est la règle. Peu de places sont laissés aux hommes, simples soldats ou pâles seconds couteaux. Reste pour la jeune héroïne à la recherche de sa liberté son étrange pouvoir encore sous-utilisé, ses astuces, son courage mais aussi la solidarité féminine.

    Marjorie Liu et Sana Takeda, Monstress, tome 1, L’Éveil, éd. Delcourt, 208 pages, 2017
    http://marjoriemliu.com
    http://sanatakedaart.tumblr.com

     

  • Buffy, vingt ans, tueuse de vampires

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    Nous fêtons cette semaine les 20 ans de la série culte, Buffy contre les Vampires. Les sept saisons et 144 épisodes des aventures de la chasseuse de vampires ont subjugué des millions d’adolescents et de jeunes adultes, mais aussi révolutionné l’histoire de la série télé. Buffy contre les Vampires représente sans doute l’un des musts de ce genre. Sarah Michelle Gellar, l’éternelle interprète de Buffy Summer, a été multi-récompensée et a contribué à donner à cette fiction de divertissement le statut d’œuvre culte. Pour parler de cette série d’urban fantasy multi-récompensée, Bla Bla Blog vous invite à vous reporter à cet article complet du site spécialisé Fantasy à la Carte, pour tout savoir ou presque sur l’une des meilleures séries de l’histoire de la télévision.

    Produite par Joss Whedon, Buffy contre les vampires marque un vrai tournant dans l’évolution des séries américaines. En effet, elle va ouvrir la voie à de nombreuses séries évoluant dans la même mouvance fantasy/fantastique.

    Dès ses premières diffusions, le succès est au rendez-vous en réunissant 4 à 6 millions de téléspectateurs aux États-Unis. En France, la série est diffusée de 1998 à 2003 d’abord sur Série Club, puis sur M6. Buffy compte ainsi 144 épisodes répartis en 7 saisons.

    Son scénario est assez conventionnel même si pour les néophytes du genre, il représente une révolution. Ici, on suit le destin peu ordinaire d’une jeune lycéenne dont la vie se partage entre le lycée, les cours, les amis, les sorties en boîte de nuit et une étrange mission, celle de tuer des vampires et autres démons venant menacer la vie tranquille de Sunnydale. Pour accomplir sa destinée d’élue, la jeune femme est accompagnée par un observateur qui la guide, la conseille, et l’entraine au besoin. Ce rôle est incombé à un bibliothécaire du nom de Rupert Giles dont l’érudition sera un atout majeur pour déterminer la provenance de chaque menace et découvrir ainsi le meilleur moyen pour la vaincre.

    Plus qu’un divertissement pour adolescents en mal d’aventure, Buffy contre les Vampires est une vraie série d’apprentissage car son héroïne va y connaître une sacrée évolution en passant de l’adolescente capricieuse, écervelée parfois à l’adulte sérieuse et responsable. Ce sont sept saisons qui se renouvellent à chaque fois afin d’offrir un programme à la mesure de sa renommée.

    La particularité de cette série est qu’elle est un peu transgenre dans le sens qu’elle ne se contente pas de raconter des attaques de vampires et des combats de tueuses...

    La suite ici...

    Fantasy à la Carte

  • Cherche communicateur Star Trek, neuf ou peu servi, pas sérieux s'abstenir

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    Spotern : Voilà un site qui devrait fortement intéresser pléthore de professionnels mais aussi de fans, nourris et marqués par des œuvres cultes telles que Star Wars, Harry Potter, Le Prisonnier ou Le Seigneur des Anneaux.

    Disons-le d'emblée : limiter Spotern à une plate-forme pour fanbase est limitatif. En réalité, ce site mi-communautaire mi-commercial pourra être utile à quiconque voudra faire sensation auprès de ses amis, ses collègues ou encore sa famille, et tout passionné désireux de s'offrir un accessoire ou vêtement légendaire.

    L'univers de Spotern est celui de la télévision ou du cinéma. Vous rêvez de porter la veste en cuir d'Han Solo dans l'épisode VII de Star Wars ? Le site vous conduira vers la boutique en ligne Sky Seller qui propose une réplique vendue pour la modique somme de 168 $. Envie de vous replonger dans Autant en Emporte le Vent ? Vous pouvez vous offrir pour 44 $, chez Museum Replica, le "chapeau barbecue" de Scarlett O'Hara. Plus proche de nous, les fameux gants en cuir de Ryan Gosling dans Drive vous coûteront 44,50 £ chez Woords of Shropshire. Fans de Star Trek, la réplique du mythique communicateur – en Bluetooth – vous reviendra pour la bagatelle somme de 149,50 $ sur le site de Shop Star Trek ou 52,56 $ chez Amazon : avec ça, les les possesseurs du dernier iPhone pourront se rhabiller.

    Et si vous cherchez désespéramment la toupie d'Inception, une réplique de la bague de Gatsby / Leonoardo di Caprio, le blouson de Marty McFly (Retour vers le Futur) ou une copie du globe terrestre dans Le Dictateur, vous pouvez encore faire appel à la communauté de Spotern. Le site promet d'être une caverne d'Ali Baba pour fans de séries autant que pour accessoiristes, stylistes, cinéphiles ou cosplayers de tout poil.

    Grâce à un système participatif, les membres de la communauté peuvent créer un "spot" afin de signaler le site marchand vers lequel un objet culte peut être acheté – avec une commission à la clé.

    Mieux que Le Bon Coin, Spotern promet d'être le site des aficionados de tout poil. Au fait, qui a un communicateur Star Trek chez lui ?

    http://www.spotern.com

  • Quand la science-fiction chinoise s’éveillera

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    Je sais ce que vous allez dire : s'inspirer, pour le titre de cette chronique, de l’ouvrage d’Alain Peyreffite, Quand la Chine s’éveillera... le monde tremblera, est facile. Pourtant, cette accroche illustre parfaitement la "longue marche" de la république sino-communiste pour s’installer dans des domaines où elle était jusque-là absente, sinon invisible. Et parmi ces domaines, il y a la science-fiction. À bien y réfléchir, quoi d'étonnant dans un pays où la conquête spatiale est devenue depuis quelques années l'une des priorités du pays de Mao ?

    Un roman illustre cette intrusion dans la SF. En publiant le premier tome de sa saga Le Problème à trois Corps, le romancier Liu Cixin ne se contente pas de rafler une pléthore de récompenses (les Nebula Awards ou Xing yun, et surtout le Prix Hugo) : il donne à la science-fiction chinoise une reconnaissance mondiale et contribue à renouveler ce genre. L’auteur n’en est pas à son coup d’essai. En 1989, en pleine révolution avortée – et sanglante – de Tien-an-men, Cixin avait écrit Chine 2185, roman cyberpunk chinois interdit mais distribué sous le manteau. La revue spécialisée Perspectives chinoises, dans un numéro consacré à la science-fiction chinoise (Fictions utopiques et dystopiques en Chine contemporaine, 2015), y voit un ouvrage fondateur, à la fois engagé, inventif et provocateur, "au carrefour du roman politique fantastique et de la science-fiction." Le premier tome du Problème à trois Corps prend avec un contre-pied passionnant la question de la survie planétaire : dans une galaxie lointaine, la civilisation trisolarienne vit ses derniers temps. Elle met en place un plan pour venir coloniser une planète habitable, la terre. L’engouement pour ce cycle en trois volumes a secoué le petit milieu de la SF et promet de ne pas retomber car une adaptation cinéma est déjà en préparation.

    Justement, parlons ciné et SF. Le numéro de décembre 2016 de Mad Movies, le magazine spécialiste du cinéma fantastique, présente un dossier éloquent sur l'interventionnisme et l'influence de la Chine à Hollywood, y compris dans le domaine du cinéma fantastique et dans la science-fiction. Le journaliste Alexandre Poncet parle des enjeux économiques énormes comme des règles que les décideurs chinois imposent aux blockbusters. Les créateurs du Ghostbusters version 2016 ont appris à leur dépend qu'on ne met pas impunément en scène des fantômes dans le pays de Confucius. De même, le comité de censure communiste a passé à la moulinette des superproductions comme Suicide Squad ou Terminator Genesys. Les producteurs américains ou européens font le dos rond face à un pays au marché gigantesque et au pouvoir économique indéniable. Mad Movies cite par exemple le rachat par le groupe chinois CIH de 75 % des parts de Framestone, spécialiste des trucages (Gravity, Harry Potter ou Les Gardiens de la Galaxie). En 2016, Wanda Group a acquis pour 3,5 milliards de dollars Legendary Entertainment, producteur de Pacific Rim, Jurrasic World ou encore la dernière trilogie Batman. Quant à Marvel, il fait les yeux doux au public chinois en lui offrant une version longue d'Iron Man 3 – agrémentée d'une séquence en mandarin. Serions-nous dans une époque charnière ? On peut sans doute le penser : après "les premiers flirts" et la phase d'interventionnisme économique, la Chine pourrait bien jouer des coudes pour imposer sa griffe dans la SF – et le cinéma en général. Le film le plus cher du cinéma chinois, La Grande Muraille, avec Matt Damon dans le rôle principal, sort d'ailleurs en ce moment. Dans la science-fiction, la production n'en est qu'à de timides débuts. Fin 2016, est sorti Mad Shelia, furieusement pompé sur le tout dernier Mad Max. Un frémissement qui pourrait être annonciateur d'autres productions.

    Mais l'autre audace de la SF chinoise pourrait bien venir d'un autre domaine : l'Internet. L'un des succès les plus étonnants est l'auteur à succès Tang Jia San Shao (Zhang Wei, pour l'état civil), qui a reçu le coup de force de devenir millionnaire grâce à la publication sur le net de ses romans de fantasy. Son secret ? Vendre les droits de ses créations et de ses contenus (un concept chinois inédit, l'IP) pour le cinéma, la télévision ou le gaming. Les revenus directs de la consultation en ligne de ses œuvres ne représentent que 2 à 3 % de ses revenus. Mais la stratégie juridico-artistique de cet auteur de 35 ans lui permet aujourd'hui de drainer autant de revenus qu'un Stephen King ou qu'un George RR Martin, excusez du peu ! Et voilà l'ambitieux écrivain en ligne, auteur d'œuvres à succès dans son pays (Douluo Dalu ou Child of Light, quasi inconnues en Europe) rêvant de bâtir un empire à la Disney. Rien que ça ! En attendant, Tang Jia San Shao est le visage de cette littérature en ligne, souple, populaire, interactive mais aussi parfois frustrante. L'écrivain chinois admet en effet que beaucoup de romans proposés sur Internet sont des œuvres incomplètes. Tang Jia San Shao ne cache toutefois  pas sa satisfaction d'avoir su faire de sa passion pour l'écriture un tremplin qui pourrait l'amener loin. Lorsque la science-fiction et la fantasy chinoise s'éveilleront, celui-ci pourrait bien en être l'une des figures de proue.

    SinoSF, blog consacré à la science-fiction chinoise
    Liu Cixin, Le Problème à trois Corps, éd. Actes Sud, 2016
    Brice Pedroletti, "Premier du genre", in Le Monde, 11 novembre 2016
    "Mad in China", in Mad Movies, décembre 2016
    Amy Qin, "Making Online Literature Pay Big in ChinaMaking Online Literature Pay Big in China", in New York Times, 11 novembre 2016
    Wuxiaworld.com