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Les Cramés de la Bobine présentent à l'Alticiné de Montargis le film Reedland. Il sera visible le jeudi 8 janvier et le dimanche 11 janvier à 18H, le lundi à 12 janvier à 14H. Soirée débat le mardi 13 janvier à 20H30.
Tout public avec avertissement - : Lorsqu’il découvre le corps sans vie d’une jeune fille sur ses terres, Johan, fermier solitaire, est submergé par un étrange sentiment. Alors qu’il s’occupe de sa petite-fille, il se lance à la recherche de la vérité, déterminé à faire la lumière sur ce drame. Mais le mal se cache parfois derrière les apparences les plus ordinaires…
Dans l’album au titre poétique, Chimères (KNS Classical), c’est avec une belle énergie que la violoncelliste Mathilde Reuzé s’empare de la Sonate en fa majeur opus 6 de Richard Strauss. Le pièce date de 1881. La vibrante puissance de la violoncelliste est soutenue par le piano sans faille d’Alessandro Tardino, dans un Allegro con brio tout en romantisme – ou plutôt néoromantisme. Que l’on pense aussi à ce déchirant Andante ma non troppo, pour lequel Mathilde Rezé fait ressortir toute l’âme de son instrument.
Nous sommes en plein XIXe siècle et Richard Strauss n’a que 19 ans lorsqu’il compose cette pièce pour un instrument qu’il connaît peu. Contre toute attente, elle va être l’un de ses premiers grands succès qui entre très vite dans le répertoire pour violoncelle. Que Mathilde Reuzé le propose n’est donc pas une surprise. Strauss avait écrite sa Sonate pour violoncelle et pianoforte. C’est le piano qui a été choisie ici, joué par Alessandro Tardino.
La petite histoire raconte que cette sonate est intimement liée à Dora Wihan, pianiste et épouse du violoncelliste Hanuš Wihan à qui Richard Strauss avait dédié la sonate. Richard Strauss se lia d’amitié avec Dora Wihan, et sans doute d’amour. Et si derrière cette œuvre romantique il n’y avait pas des messages adressées à cette amie de Strauss ? L’écoute de l’œuvre, en particulier du Finale Allegro vivo laisse deviner un Richard Strauss à la fois sensible, jovial, mystérieux et… amoureux.
César Franck est présent avec sa délicate et mélodieuse Sonate en la majeur FWV 8. Elle a été écrite pour violon et piano. Elle est jouée ici pour violoncelle et piano. César Franck n’est pas le compositeur le plus populaire mais comment ne pas résister à ce néoromantisme si attachant ? L’Allegretto ben moderato est interprété avec onctuosité et un tact infini. Écrite en 1886 pour le violoniste Eugène Ysaÿe, la Sonate en la majeur a sans doute inspiré Marcel Proust comme modèle pour sa mythique et néanmoins imaginaire Sonate de Vinteuil, présente dans À la recherche du temps perdu. Contrairement à Richard Strauss pour son opus 6, quand il composé sa pièce, César Franck est à la fin de sa vie. Il décède en 1890. Quelque part, sa sonate en la majeur marque l’aboutissement artistique d’un compositeur auréolé de gloire mais qui se sait au crépuscule de son existence. Que l'on pense au singulier Allegro, qui ne l’est pas tant que ça !
Retrouver Claude Debussy
La sonate de César Franck traduit également l’empreinte d’une musique française tentant de rivaliser avec le répertoire allemand, à commencer par Mahler et par – tiens ! – un jeune Richard Strauss. Le Recitativo-Fantasia séduit par ses lignes mélodiques et s’avère sans doute plus moderne qu’on ne veuille bien y croire, grâce à son caractère onirique. La sonate se termine par un quatrième mouvement, chose peu habituelle. Le court Allegretto poco mosso achève de nous convaincre de la pertinence de César Franck dans cet enregistrement menée par deux jeunes musiciens peu intimidés par le compositeur français.
Les auditrices ou auditeurs seront sans doute ravi de retrouver Claude Debussy conclure ce programme très XIXe siècle. Sa Sonate en ré mineur a été écrite en 1915, soit trois ans avant la mort du musicien. Il a composé une œuvre crépusculaire ce que traduisent Mathilde Rezé et Alessandro Tartino. Le piano vient soutenir un violoncelle dominant le Prologue mystérieux.
Avec la courte Sérénade, Debussy rend hommage au répertoire ancien mais avec une folle modernité. À l’époque, Debussy, auréolé de gloire, peut tout se permettre, y compris montrer qu’il est à l’écoute du XXe siècle révolutionnaire. Mathilde Rezé affole les pizzicatos avec gourmandise, accompagnée par le piano discret d’Alessandro Tartino. Le Finale voit ressurgir le Debussy que l’on connaît : romantique et mystérieux. On a envie d’ajouter "onirique" et même "méditerranéen", avec ses clins d’œil à l’Espagne qu’il avait déjà mis en musique dans ses Images pour orchestre (Ibéria). Mathilde Rezé termine en beauté ce superbe album en y mettant du rythme, du souffle romanesque, de la chaleur et de la couleur. De là où il est, Debussy peut la remercier.
Replongeons quelques années plus tôt. Il y a plus de 12 ans, un auteur complètement inconnu, policier de son État, sortait un polar frappant et sonnant juste. Code 93 révélait Olivier Norek : un auteur proposant une intrigue à la fois simple et implacable. Et avec ça, le souci du réalisme. Un réalisme brut montrant Paris et sa banlieue sous la plus hideuse des manières.
2011. Une jeune toxicomane est découverte dans un piteux état. Violée, martyrisée et abandonnée comme un déchet, elle n’intéresse personne, pas même sa famille qui choisit de ne pas l’identifier. Un an plus tard, c’est un autre corps qui est découvert, celui d’un autre toxicomane, affreusement brûlé. Puis, un autre homme à qui on a ôté les testicules de son vivant. Or, rien ne se passe comme prévu. A l'intérieur du corps du premier homme, un portable se met à sonner, tandis que le second se réveille. Le capitaine Coste a devant lui une affaire épineuse qui va l’amener bien plus loin que ce qu’il prévoyait.
Une première vraie réussie
Voilà un de ces polars qui ont fait la réputation des auteurs français : intrigue bien ficelée, ici avec crédibilité, du réalisme (le pedigree de Norek, ancien lieutenant de police explique cela) et des messages derrière ce roman fort distrayant.
Norek suit ses personnages, les abandonne quelques pages pour s’intéresser à l’assassin et revient afin de continuer à boucler l’affaire. Pour autant, le lecteur ou la lectrice ne sont jamais perdus complètement. Ajoutez à cela un policier sérieux mais désabusé et des collègues souvent bien campés.
Cela donne cette plongée dans un Paris très, très noir.
Une première vraie réussie. Olivier Norek venait de naître.