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  • Aux navets, le Festival de Cannes reconnaissant

    Irrésistible ! Le Réalisateur de Navets qui a remporté le Festival de Cannes, la bande dessinée du trio italien Davide La Rosa, Fabrizio "Pluc" Di Nicola et Chiara Karicola Colagrande ne décevra ni les passionnés de cinéma ni les amateurs de récits gentiment dingues. Le public français sera invité à découvrir ce petit bijou d’humour transalpin proposé par les éditions Shockdom.

    Emiliano Speroni remporte la Palme d’Or du Festival de Cannes des mains de David Lynch. Cette récompense inattendue pour un inconnu jusque là réputé pour des navets improbables ne cesse d’étonner. Reprenant les codes de Citizen Kane (sauf qu’Emiliano a disparu de la circulation mais est toujours vivant), une journaliste propose de revenir sur sa carrière. Une carrière qui a bien mal commencé car Emiliano, né dans une famille, n’a pour lui que la passion du cinéma chevillé au corps. En dépit de la situation de sa famille, d’une escroquerie et de l’absence de tout soutien, il parvient à réaliser son premier film, qui est un navet tel que les portes du cinéma semblent se fermer pour toujours. Mais le jeune homme ne se laisse pas démonter. 

    Les quatre Filles du Docteur March et la Menace de Pluton

    A priori, le lecteur de cette savoureuse BD italienne verra dans cette histoire imaginaire un hommage aux nanars qui ont, à leur façon, nourri et fait avancer le cinéma. Il faut d’ailleurs dire que les planches consacrés aux trois films d’Emiliano sont en eux-mêmes des petits chefs-d’œuvres  de non-sens et de drôlerie. Qyu l’on pense au titre du deuxième film du réalisateur : Les quatre Filles du Docteur March et la Menace de Pluton…  

    Avec la même drôlerie et la même tendresse, Rosa, Karicola et Pluc s’intéressent aux premiers soutiens inattendus du jeune cinéaste, beaucoup plus ambitieux qu’il n’y paraît. La famille Xu et l’inénarrable sont croqués avec gourmandise.

    Les autres personnages secondaires sont les propre parents d’Emiliano : dignes et admiratifs, ils restent les soutiens inconditionnels de leur cinéaste de film.

    La dernière partie du film, la plus courte, traite du succès inattendu d’Emiliano Speroni, surfant sur une mode inattendue et qui bluffe son monde. Le résultat est une fameuse Palme d’Or, et pour le lecteur de Rosa, Karicola et Pluc un moment de plaisir et d’éclats de rire. 

    Rosa, Karicola et Pluc, Le Réalisateur de Navets qui a remporté le Festival de Cannes,
    éd. Sockdom, 2022, 95 p.

    https://fr.shockdom.com/auteur/fabrizio-di-nicola

    Voir aussi : "BlackBanshee ou la juste cruauté"

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  • La plume trempée dans le feu et le sang

    Attention : roman rare et exceptionnel ! La littérature kurde, très rare de ce côté-ci de l’Europe, nous offre un bouleversant récit de Jwan Awara : Nous avons traversé l'enfer que les éditions Michalon proposent dans un traduction de Ruya Marcou.

    L’éditeur nous apprend peu de choses sur l’auteure et poétesse. Elle est Kurde et vit aujourd’hui en France, ce qui donne évidemment à ce livre une portée particulière et un témoignage universel.

    Lorsque le roman commence, en 2010, alors que l’Irak est en pleine guerre, Janfida Bataman, une brillante juge irakienne d’origine kurde, est kidnappée par le parti Baas de Saddam Hussein, exécuté Quelques années plus tôt après l’invasion du pays par l’armée américaine. La prisonnière est jetée dans des cachots souterrains, sous une ancienne église de Duhok, à quelques heures d’Erbil, Souleimaniye et Mossoul, au sud du Kurdistan irakien. Janfida rencontre d’autres victimes comme elles, toutes des femmes, contraintes de fabriquer des bombes pour le parti Baas. Les viols, les tortures, les contraintes et le désespoir sont le quotidien de ces prisonnières désespérées. Janfida y croise Sharo, Sari, Berian puis, plus tard, à Bakuba, Anny Hajami qui lui raconte sa propre détention. 

    Le roman devient polyphonique, faisant se croiser et s’entremêler les récits qui s’emboîtent telles des poupées russes

    Le premier intérêt de l’ouvrage de Jwan Awara – et ce n’est pas le moindre – est de donner la parole aux victimes oubliées d’une guerre épouvantable qui a bouleversé l’ordre du monde. Le roman nous plonge dans un enfer sur terre. En cela le titre du livre n’est pas galvaudé. La guerre est là, dans toute sa cruauté et toute son injustice. Jwan Awara met chaque camp à égalité, que ce soit les kidnappeurs du Parti Baas, les militaires américains (on voit même apparaître secrétaire d’État Donald Rumsfeld), voire les gens du MI6 qui prennent une place particulière dans un récit incroyable. Un récit qui ne ressemble à rien et qu’il faut lire jusqu’à la dernière page.

    Nous avons traversé l'Enfer est écrit à la deuxième personne du singulier. Sauf que le "tu" est autant utilisé par la narratrice pour la protagoniste centrale, Janfida, que par ses codétenues – que ce soit Berian, Anny ou Najla/Malika. Le roman devient polyphonique, faisant se croiser et s’entremêler les récits qui s’emboîtent telles des poupées russes.

    Au final, le lecteur se plonge dans une histoire captivante, dense et terrible qui englobe dans un grand tout le martyr de ces Kurdes prises dans l’engrenage d’une guerre inhumaine. Que leur reste-t-il sinon l’absolue nécessité du témoignage, comme le dit Anny : "Tu n’es pas comme les auteurs ordinaires, qui écrivent avec un fond de musique et un verre de vin. Tu es la fille de cette terre et de ces eaux, Janfida. La fille de ce pays anéanti doit utiliser le feu pour écrire." Cette voix portant témoignage c’est évidemment celle, puissante, de Jwan Awara. Un très grand livre.

    Jwan Awara, Nous avons traversé l'Enfer,
    trad. Ruya Marcou, éd. Michalon, 2022, 308 p.

    https://www.michalon.fr

    Voir aussi : "Ceux qui partent et celle qui reste"

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  • Frontières

    Envoûtant, planant, mystérieux, dépaysant : les mots ne manquent pas pour qualifier Missing Island, le nouvel album de Snowdrops. Après leur premier opus Volutes, le collectif composé de Christine Ott et Mathieu Gabry est rejoint par l’altiste Anne-Irène Kempf.

    Loin d’être un opus hors-sol, Missing Island entend au contraire faire un "retour à La terre". C’est d’ailleurs le titre du premier morceau, à la simplicité revendiquée, ce qui n’exclue pas de belles trouvailles sonores et une alliance entre classicisme, musique répétitive et influences traditionnelles, avec cet accordéon aux tonalités envoûtantes.

    Snowdrops cite, au sujet de ce premier morceau, quelques vers du poète Rainer Maria Rilke : "Tout est gestation et enfantement. Laisser chaque impression et chaque germe de sentiment s’accomplir entièrement en soi, dans l’obscurité, dans l’inexprimable, l’inconscient, au-delà de la portée de sa propre intelligence, et attendre avec une profonde humilité et patience l’heure de naissance d’une nouvelle clarté."

    Missing Island a été conçu comme un album entre terre et ciel, terrien et lunaire, à l’image de cet autre titre, "Firebirds", plus grave et plus mystérieux. Grâce aux ondes Martenot, de singulières apparitions viennent planer tels des oiseaux qui pourraient être autant de feu que de nuit et de ténèbres.

    Les trois musiciens de Snowdrops font du plus long morceau de l’album, "Land Of Waves" (un peu plus de neuf minutes), une évocation des quatre éléments. Le mystère mais aussi la contemplation planent dans cet extrait dont l’influence de l’album berlinois Low de David Bowie (1977) peut frapper l’auditeur.

    Ondes Martenot

    La deuxième partie de l’album se veut plus contemplative encore – "métaphysique", précisent les trois artistes – avec notamment ce "Nostalgia de la Luz". Ce morceau est inspiré du documentaire du même nom, réalisé par Patricio Guzmán. Dans son film, des astronomes du monde entier se rassemblent dans le désert d’Atacama pour observer les étoiles. Au souffle de la nature, avec les ondes Martenot jouées par Christine Ott, répond le piano mélancolique de Mathieu Gabry.

    Ne pourrait-on pas entendre, derrière "Radioactive Breath", de sombres prédictions et menaces ? Ce single fait du désert un endroit inquiétant, avec un piano sombre et des vagues synthétiques donnant à "Radioactive Breath" une atmosphère post-apocalyptique.

    Parlons aussi de cet autre extrait, "Et Comme Un Souffle Qui Vient", dans lequel l’auditeur se trouve projeté dans un singulier moment vivant. Christine Ott, Mathieu Gabry et Anne-Irène Kempf font se rencontrer avec audace musiques traditionnelles, classicisme, contemporain et électronique pour ce titre naturaliste et d’une belle mélancolie.

    "Mémoires Élémentaires" vient clore leur programme passionnant dans une jolie douceur. Piano, alto et synthétiseur se rencontrent avec tendresse. Revendiquant le terme de post-folk, les musiciens de Snowdrops repoussent les frontières des genres musicaux pour proposer un dernier morceau subtil et planant. 

    Snowdrops, Missing Island, Injazero Records, 2022
    https://www.facebook.com/snowdropsmusic
    https://www.instagram.com/snowdropsmusic

    Voir aussi : "Elise Bertrand, ultra moderne romantique"

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  • Au paradis avec Vanessa Philippe

    On aime Vanessa Philippe sur Bla Bla Blog. Il paraissait donc naturel de parler de son dernier clip et douzième single de son formidable album Soudain les oiseaux.  

    À l’image de l’opus, le titre "Paradise" cache derrière sa facture enlevée et la voix enfantine de la chanteuse, une douleur indicible.  

    Vanessa Philippe a écrit Soudain les oiseaux pour sa sœur décédée en 2019. "Paradise" parle – en anglais – du deuil impossible et de l’espoir qu’elle est heureuse, là-haut : "Tell me that’s not true / You will come back / From heaven… Hope you’re still / In a Paradise".

    Il plane toutefois sur ce dernier extrait un peu de réconfort et d’apaisement, à l’image d’un clip que Vanessa Philippe a réalisé et où elle se met en scène. Ajoutons que l’artiste a obtenu plusieurs récompenses pour ses clips. "Parfois", sorti il y a deux mois, vient de gagner le prix du "Meilleur clip" au Florida Shorts Festival.

    C’est évidemment à découvrir de tout urgence. 

    Vanessa Philippe, Paradise, Le Poisson Spatial / Modulor, 2022
    https://www.vanessaphilippe.com
    https://www.facebook.com/vanessaphilippemusic
    https://www.instagram.com/vansph

    Voir aussi : "Parfois, Vanessa Philippe"
    "Voir aussi : "Soudain, Vanessa Philippe"

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  • Naissance(s) du bien manger français

    Après son Histoire(s) de vin sorti il y a deux ans, Éric Glatre poursuit son admirable de travail de prospection et de découverte d’un de nos plus beaux patrimoines culturels français.

    Histoire(s) de la Gastronomie (éd. Le Félin) se veut, comme son titre l’indique, un ensemble de récits qui entend montrer que la (bonne) cuisine française n’est ni une création spontanée ni une tradition qui se perdrait dans des temps immémoriaux.

    La période la plus ancienne qu’évoque l’auteur est le XVIe siècle. Dans le chapitre consacré à l’invention du restaurant, Éric Glatre mentionne qu’à l’époque "le terme [de restaurant] revêt une acception alimentaire pour désigner un « aliment reconstituant »", puis un "bouillon viande revigorant" au XVIIe siècle. Les lieux pour acheter de la nourriture existent, tout comme ceux pour se nourrir, mais ce ne sont pas encore les restaurants. Il faut finalement attendre la Révolution française pour que naissent les "établissements culinaires du même nom".

    Les restaurants, une invention moderne donc, intéressent au plus haut point l’auteur qui entreprend d’en faire la généalogie et d’essayer de répondre à la question ardue de savoir à qui l’on doit les premiers restaurants – parisiens. Ajoutons à ce sujet que Paris est au cœur de cette histoire de la gastronomie, la Province – et en particulier Lyon – restant largement dans l’ombre. Dommage. 

    Le lecteur de 2022 s’arrêtera avec curiosité et intérêt sur le chapitre consacré à la cartographie culinaire française durant le Premier Empire

    Éric Glatre entend défricher une histoire peu connue et pourtant essentielle de la gastronomie : celle qui se déroule sur, grosso modo, un siècle : de la Révolution à la Belle Époque. Le lecteur trouvera dans ce passionnant ouvrage aussi bien un historique des grands établissements de la Capitale que des portraits souvent hauts en couleurs de cuisiniers révolutionnaires, de critiques gastronomiques (Brisse et Monselet) ou de véritables encyclopédistes spécialisés (Alexandre Balthazar Laurent Grimod de La Reynière, Jean Anthelme Brillat-Savarin ou Jules Gouffé).

    À côté d’incursions du côté de la Grande Histoire (Napoléon Ier, qui a été "le contraire d’un gourmet ou d’un gastronome", alors que Talleyrand et Cambacérès en ont fait un outil diplomatique), Histoire(s) de la Gastronomie est surtout un essai sur la société française et sur les traditions culinaires. Le lecteur de 2022 s’arrêtera par exemple avec curiosité et intérêt sur le chapitre consacré à la cartographie culinaire française durant le Premier Empire. De longues pages sont consacrées aux "grands" restaurants parisiens ayant fait florès à partir de la Révolution et jusqu’au Second Empire, et dont les noms sont tombés dans l’oubli ("Méot") ou non ("Au Rocher de Cancale" ou "Le Grand Véfour" existent toujours).

    Éric Glatre aborde des sujet a priori anodins mais en réalité passionnants : La naissance du menu, celui des services à la française ou à la russe, le développement des salles à manger et des cuisines dans les intérieurs ou encore l’aventure de la boîte de conserve. La restauration populaire n’est pas en reste, pas plus que l’ouvrage légendaire d’Alexandre Dumas, son Dictionnaire de la cuisine, paru à titre posthume.  

    Cet essai gourmand est à dévorer de toute urgence, à quelques semaines de nos réveillons traditionnels.  

    Éric Glatre, Histoire(s) de la Gastronomie, 20 épisodes qui révolutionnèrent la cuisine française,
    éd. Le Félin, 2022, 276 p. 

    https://editionsdufelin.com/auteur/eric-glatre

    Voir aussi : "Vins et vignobles, des Gaulois à la Ve République"
    "Avec modération"

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  • Maigret et les jeunes filles perdues  

    Sorti cette année et disponible en ce moment sur Canal+, "le" Maigret de Patrice Leconte avec Gérard Depardieu était attendu au tournant à plus d’un titre. D’abord parce qu’un film de notre Gégé national est toujours un événement. Ensuite parce qu’une adaptation d’un Georges Simenon réserve très souvent des surprises, tant l’écrivain belge a bâti une œuvre exceptionnelle parvenant à fouiller l’âme humaine derrière le vernis de polars et d’enquêtes policières. Et puis, il ne faut pas oublier que Patrice Leconte, après son succès populaire des Bronzés, est parvenu à amadouer les critiques grâce au superbe Monsieur Hire, qui était déjà une adaptation d’un roman de Simenon. Ici, Patrice Leconte s’est attaqué à un autre livre, Maigret et la Jeune Morte, sorti en 1954.

    Sous le titre sobre Maigret, Depardieu endosse le célèbre commissaire parisien du 36 Quai des Orfèvres. Nous sommes dans les années 50. Une jeune femme sans identité a été retrouvée morte sur la Place Vintimille. Elle portait une luxueuse robe de soirée mais aucune pièce d’identité. Le policier commence une enquête peu ordinaire à la recherche d’abord du nom et de l’adresse de cette jeune femme mineure.

    Quant à Depardieu, il campe un Maigret avec une économie de moyens

    Des esprits chagrins ont pu regretter l’adaptation impeccable mais froide et académique de cette énième adaptation de Maigret. Mais que n’aurait-on dit à l’inverse d’une relecture biaisée d’une œuvre de l’auteur belge ? Et puis, soyons juste : Gérard Depardieu incarne un Maigret incroyable, sombre, puissant et d’une noirceur bouleversante. C’est à l’image de cette période post-seconde guerre mondiale, ce qui n’empêchait pas la bonne société parisienne de rire et de s’amuser. Que l’on pense à Jeanne, convolant en juste noce avec le "bien né" Laurent.

    Patrice Leconte respecte à la lettre le contrat moral qui le lie à Simenon, quitte à laisser dans l’ombre les personnages secondaires – si on excepte les formidables Betty (Jade Labeste) et Jeanine (Mélanie Bernier).

    Finalement, l’intrigue policière compte moins que le souffle tragique, pour ne pas dire métaphysique de cette histoire de jeune fille morte et quasi oubliée.  

    Quant à Depardieu, il campe un Maigret avec une économie de moyens. Le spectateur aura longtemps en tête la silhouette massive, l’imperméable ample et le chapeau vissé du tenace commissaire. L’affiche très réussie nous renvoie de manière subliminale, avec ce clin d'œil à la "ligne claire", du côté de la Belgique de Simenon et d’Hergé. Le film se termine sur cette image du policier déambulant dans les rues pavés de Paris et croisant une de ces nombreuses jeunes Provinciales, déracinées et perdues.   

    Maigret, polar franco-belge de Patrice Leconte, avec Gérard Depardieu,
    Jade Labeste, Mélanie Bernier, Clara Antoons, Pierre Moure, Aurore Clément,
    Anne Loiret, Bertrand Poncet, Élizabeth Bourgine, Hervé Pierre
    et André Wilms, 2022, 88 mn, Canal+

    https://www.canalplus.com/cinema/maigret/h/18144538_40099
    https://www.unifrance.org/film/52648/maigret

    Voir aussi : "Sombres pensées"

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  • Thomas Kahn, volcanique !

    Il souffle un peu de l’esprit de Marvin Gaye sur This Is Real, le deuxième album de Thomas Kahn. À l’écoute de "More Than Sunshine", le titre qui ouvre l’opus (et le conclue, avec une seconde version "radio edit" à la fin), voilà l’auditeur transporté du côté des États-Unis, période seventies, avec instruments acoustiques, cuivre, chœur et surtout la voix envoûtante du chanteur clermontois. This Is Real est le fruit de deux années de travail. Et ça se voit. 

    La filiation culturelle de Thomas Kahn est à la fois évidente et bluffante, tant le chanteur semble avoir fait ses gammes entre New-York et Detroit, en passant par Memphis. Si l’on parle de la Mecque du rock c’est que le musicien sait aussi se faire avec "Doomed The Start" plus brut, plus tranchant et plus incendiaire. En un mot plus rock.

    Il n’est pas insultant de dire que c’est du vintage pur jus que nous propose Thomas Kahn, si l’on pense au très réussi "Don’t Look At Me", à "Alone" ou à  "Stay Away",  un funk pop enlevé à la jolie construction et au rythme franchement dansant, porté par la voix chaude et puissant de l’interprète.

    Sans nul doute, This Is Real aurait réellement sa place dans une BO de Quantin Tarantino

    Cet autre morceau qu’est "Try To See Further" semble pareillement réveiller les cendres de James Brown grâce au travail mélodique, une interprétation sans faux-pli et une orchestration acoustique à l’avenant. Sans nul doute, This Is Real aurait réellement sa place dans une BO de Quantin Tarantino.

    Régressif et nostalgique, Thomas Kahn sait aussi se faire tendre et sensuel avec ses ballades "Hope" et le slow "It Won’t Be so Long", sans oublier le morceau pop-rock "Out Of The Blue".

    C’est la voix déchirée que Thomas Kahn propose un titre très personnel sous forme de ballade, "Brother I Miss You", avant de se lancer, comme une forme de résilience, dans une chanson d’amour, sucrée comme un baiser. C’est "I’m In Love", plus fort que tout.

    Finalement, c’est un pont entre les volcans d’Auvergne et le New York de Marvin Gaye que Thomas Kahn a su bannir. Et rien que pour cela, il mérite toute notre admiration.

    Thomas Kahn, This Is Real, Musique Sauvage, 2022
    http://thomas-kahn.com
    https://www.instagram.com/thomas_kahn

    Voir aussi : "Grand vent pour Julien Rieu de Pey"
    "À l’ancienne"

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  • Guillermo del Toro, entre Hitchcock et Twilight Zone 

    Dès l’ouverture des huit épisodes de la série Cabinet de curiosités, son créateur Guillermo del Toro lorgne clairement du côté de la Quatrième Dimension (Twilight Zone) mais aussi de la série Alfred Hitchcock présente qui ont fait les belles heures de la télévision dans les années 50 et 60.

    Cette nouvelle série de Netflix laisse cependant de côté la SF et le polar pour le fantastique. Guillermo del Toro, comme Rod Steiger et Alfred Hitchcock à leur époque, intervient au début de chaque épisode comme maître de cérémonie et aussi garant de la singularité des univers. Pour cette première saison, huit épisodes d’une durée d’une heure environ sont proposés. 

    Et quels univers ! Car, à côté d’histoires se passant à notre époque (Le Lot 36, L'Autopsie, La Prison des apparences), on voit l’influence des du gothique victorien (Rats de cimetière, Le Modèle,  Cauchemars de passage). L’influence d’Edgar Allan Poe, mais aussi HP Lovecraft qui voit deux de ses nouvelles adaptées ("Le Modèle de Pickman" pour l’épisode de Le Modèle et "Dreams in the Witch House" pour Cauchemars de passage).

    Des demeures hantées, des artistes maudits et des rats. Beaucoup de rats.

    Ce sont des histoires de monstres tapis, de revenants bienfaiteurs ou non, de personnages sataniques ou fous (ou les deux), sans oublier des demeures hantées, des artistes maudits et des rats. Beaucoup de rats.

    À la réalisation, Guillermo del Toro a fait appel à des réalisateurs et réalisatrices Ana Lily Amirpour, Panos Cosmatos, Catherine Hardwicke, Jennifer Kent, Vincenzo Natali, Guillermo Navarro, David Prior et Keith Thomas. Il a lui-même supervisé – et parfois scénarisé – ces histoires.

    Questions acteurs et actrices, citons F. Murray Abraham dans le rôle d’un médecin légiste en proie avec une créature surnaturelle, Kate Micucci dans celui d’une épouse taxidermiste humiliée et pas finie et Rupert Grint, endossant après son personnage de Ronald Weasley celui d’un homme ne parvenant pas à se faire à la mort de sa sœur.  

    Un tel concept, variant les plaisirs, présente le risque d’avoir des épisodes de qualités inégales. C’est la loi du genre, et Le Cabinet de curiosités n’y échappe pas. La Prison des apparences, avec cette histoire d’une Américaine moyenne tentant de s’intégrer dans une micro-société bourgeoise, est franchement réjouissante, avec un humour noir sanglant et une série de messages sur le féminisme et la société de consommation. On peut être moins sensible à L’Exposition et ce piège machiavélique tendu à quatre artistes de la fin des années 70. Ajoutez à cela une bonne grosse dose de gore et d'hémoglobine pour la majorité des épisodes. Personnes sensibles : s'abstenir.

    Mention spéciale pour La Murmuration et cette émouvante histoire de deuil au sein d’un couple d’ornithologues. Il y est question de morts mystérieuses, d’apparitions, de bruits étranges, d’une maison hantée et aussi d’oiseaux. Ne parlions nous pas d’Alfred Hitchcock en début de chronique ?

    Cabinet de curiosités, série fantastique américaine de Guillermo del Toro
    avec Guillermo del Toro, Lize Johnston, Kevin Keppy, Tim Blake Nelson,
    Sébastien Roché, David Hewlett, F. Murray Abraham, Glynn Turman,
    Kate Micucci, Ben Barnes, Crispin Glover,
    Rupert Grint, Peter Weller, Andrew Lincoln et Essie Davis, saison 1, 8 épisodes, 2022, Netflix

    https://www.netflix.com/fr/title/80209229

    Voir aussi : "Sombres pensées"

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