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  • Les Misérables vs La Haine

    Comparer les films Les Misérables, sorti il y a un an, et La Haine, dont nous fêtons cette année le 25e anniversaire a tout son intérêt, et mérite que l’on s’arrête sur ses deux films aux multiples points communs, mais aussi aux choix narratifs et visuels parfois différents, sinon opposés.

    Deux long-métrages salués par la critique, multi-primés (Prix du Jury au Festival de Cannes, César du meilleur film et représentant de la France aux Oscars pour Les Misérables et Prix de la mise en scène au Festival de Cannes, César du meilleur film et Prix Lumières pour La Haine), sans compter un large succès public et l’impression qu’ils marquent leur époque – même si, pour le film de Ladj Ly, il faudra attendre quelques années avant de l’affirmer de manière catégorique.

    La première ressemblance de taille de ces longs-métrages français réside évidemment dans la thématique et le décor : la banlieue parisienne et ses délaissés sociaux, qui se trouvent être des jeunes gens. Nous serions tentés de préciser qu’à chaque fois il s’agit de garçons et de jeunes hommes, les filles étant réduites le plus souvent à des seconds rôles, voire de la figuration, si l’on excepte toutefois la scène d’interpellation des jeunes filles à l’arrêt de bus dans Les Misérables ou à la scène de drague dans une galerie d’art dans La Haine.

    Ajoutons aussi que le mimétisme entre les deux films concerne aussi bien le minutage (5 mn seulement de différence) que le traitement des personnages puisqu’à chaque fois c’est un trio que nous suivons – masculin, répétons-le : Damien/Bento-Chris-Gwada (Damien Bonnard, Alexis Manenti et Djebril Zonga) pour Les Misérables et Vinz-Saïd-Hubert pour La Haine (au passage, les scénaristes ont choisi les prénoms des acteurs : Vincent Cassel, Hubert Koundé et Saïd Taghmaoui).

    Le mimétisme entre les deux films concerne aussi bien le minutage que le traitement des personnages

    Pour ces deux films que 25 ans séparent, la ligne narrative est simple : une journée a priori ordinaire au cours de laquelle trois personnages principaux traînent leur mal-être dans une cité populaire ravagée par la pauvreté, la saleté, les petites magouilles et le désœuvrement de ses habitants. Ici, nous avons trois ados allant d’un barbecue au sommet d’un immeuble à une excursion dans les beaux quartiers parisiens (La Haine) ; là, trois policiers font leur travail de ronde dans une ambiance lourde et vite explosive (Les Misérables). Le mimétisme entre ces deux films – n’en déplaise à Ladji Li – va jusqu’à la présence impromptue, voire surréaliste, de deux animaux : dans le film de 2019, un lionceau volé est le déclencheur d’une intrigue prête à exploser, alors que Mathieu Kassovitz fait de l’apparition d’une vache au milieu des tours un rare moment poétique, mais qui n’aura qu’une importance relative dans le scénario.

    "Une journée dans la vie de trois banlieusards", semblent nous dire les réalisateurs, sans toutefois que Ladji Li ne choisisse d’élargir son sujet sur une société fracturée, en évoquant la communion de tout un peuple lors de la coupe du monde de football de 2018 et la victoire de l’équipe de France. Ironique, car la parenthèse se referme bien vite pour plonger dans le drame de banlieues oubliées.

    Même s’il a nuancé ses propos, Mathieu Kassovitz a présenté lors de sa sortie en 1995 La Haine comme un film coup de poing "anti-flic." Ladji Li se montre singulièrement plus nuancé, alors qu’à l’époque de la sortie du film les violences policières étaient au cœur de l’actualité. En suivant non pas des jeunes de banlieue mais des policiers, le réalisateur prend le parti de la nuance, ce qui n’exclue pas la sévérité. La violence est omniprésente et n’est surtout pas dans le seul camp des policiers – Bento faisant même preuve d’une civilité frôlant la naïveté. Mathieu Kassovitz n’a pas non plus fait le choix du manichéisme, en dépit de sa charge contre les abus policiers (lors par exemple de la scène de la garde à vue) : les dernières minutes du film font de La Haine cet impitoyable brûlot renvoyant dos à dos policiers violents et adolescents desociabilisés et  devenus haineux.

    Esthétiquement, c’est là que les deux films divergent le plus, ce qui n’a pas empêché les réalisateurs d’obtenir chacun un prix de la mise en scène à Cannes. Pour Les Misérables, Ladji Li adopte un parti-pris naturaliste et hyperréaliste. L’utilisation de scènes filmées par drones a toute sa pertinence, puisque c’est un de ces appareils qui va être l’un des moteurs du drame. Mathieu Kassovitz choisit par contre une réalisation des plus classiques dans La Haine, tranchant radicalement avec une thématique très actuelle et le décor hyper contemporain : noir et blanc somptueux, cadrages travaillés, travellings lents, scènes larges et mouvements de caméra choisis avec soin.

    Deux films, deux époques, deux esthétiques mais un seul discours alarmiste sur la réalité des banlieues. Alors, oui, il n’y a pas dans La Haine ces éléments plus contemporains qui sont apparus depuis dans les banlieues (téléphones mobiles, réseaux sociaux omniprésents ou barbus islamistes), mais le discours de ces deux grands films disent finalement la même chose de ces zones abandonnées.

    Les Misérables de Ladj Ly, avec Damien Bonnard, Alexis Manenti et Djebril Zonga
    Drame français, 2019, 103 mn
    https://le-pacte.com/france/film/les-miserables
    La Haine de Mathieu Kassovitz, avec Vincent Cassel, Hubert Koundé et Saïd Taghmaoui,
    Drame français, 1995, 98 mn
    https://www.imdb.com/title/tt0113247

    Voir aussi : "La Haine ressort en salle"

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  • Aubusson tisse Miyazaki

    Aubusson et Miyazaki : voir ces deux termes accolés peut laisser dubitatif. Une petite ville de Province et un génie du dessin animé et du cinéma. C’est pourtant bien dans cette sous-préfecture de de la Creuse, capitale de la tapisserie et dont le savoir-faire a été classé au Patrimoine Culturel Immatériel de l’humanité par l’UNESCO en 2009, qu’aura lieu une des rencontres artistiques les plus passionnantes.

    La Cité internationale de la tapisserie a en effet signé une convention avec le Studio Ghibli Inc. pour la réalisation d’une série de tapisseries d’Aubusson monumentales extraites de grands films signés du maître de l’animation japonaise, Hayao Miyazaki. Cette nouvelle tenture-événement réalisée entre 2020 et 2023 est destinée à rejoindre les collections de la Cité.

    Rappelons au passage qu’un ensemble de tapisseries sur le même sujet est appelé une tenture. Ces tissages, souvent de 6 à 8 pièces, peuvent compter jusqu’à plus de 12 ou 14 tapisseries assorties.
    Ce n’est pas une première pour le musée de la tapisserie qui s’était lancé en 2017 dans un projet incroyable : une première tenture-événement, "Aubusson tisse Tolkien", composée de 13 tapisseries et un tapis d’après des illustrations originales de J.R.R. Tolkien. Les premières pièces avaient été présentées à la BNF à l’occasion de sa grande exposition consacrée à Tolkien en 2019-2020.

    Voir une partie de l’œuvre de Miyazaki tissée à Aubusson peut surprendre et apparaître incongru. Mais c’est oublier que, depuis ses origines au XVe siècle, la tapisserie d’Aubusson s’est intéressée aux grandes tentures narratives, à l’exemple des récits d’Homère d’après Isaac Moillon (XVIIe siècle), de L’Histoire d’Alexandre d’après Charles Le Brun (XVIIIe siècle) ou de l’histoire de Renaud et Armide tiré de La Jérusalem délivrée par Torquato Tasso. Cette tradition s’est perdue au XIXe siècle, avant de revenir en force avec les romans de fantasy de Tolkien puis, à partir de cette année donc, avec les mangas de Miyazaki.

    La tradition des tentures narratives s’est perdue au XIXe siècle avant de revenir en force avec les romans de fantasy de Tolkien

    La Cité internationale de la tapisserie a choisi avec le Studio Ghibli de reproduire sur tapisserie des images extraites de Princesse Mononoké (1987, "Ashitaka and Yakul in the forest", projet de tapisserie de 5 x 4,60 m), Le Voyage de Chihiro (2001, "Chihiro presented to No Face", projet de tapisserie de 3 x 7,50 m), Le Château ambulant (2004, "The Moving Castle at sunset", projet de tapisserie de 5 x 5 m et "Old Sophie at Howl’s bedside", projet de tapisserie de 3 x 5,60 m) et Nausicaä de la vallée du vent (1994, "(Panoramic view of the Omus", projet de tapisserie de 2 x 10 m).

    Les visiteurs peuvent découvrir depuis le 17 octobre un espace de présentation du projet au sein de la plateforme de création contemporaine de la Cité, puisque la réalisation de ces tapisseries monumentales va s’étaler de 2020 à 2023. La Cité d’Aubusson parle de défi à plus d’un titre, car passer d’’une sélection d’images de dessins animés à des tentures de grande taille pouvant illustrer un univers en mouvement nécessite un important savoir-faire. Bruno Ythier, conservateur de la Cité internationale de la tapisserie, a formulé ainsi ce travail de transposition : "Ce n’est pas un simple agrandissement, les lissiers racontent souvent cette anecdote : « Vous partez d’une rose qui est minuscule sur le dessin, si vous l’agrandissez bêtement sans réfléchir, vous vous retrouvez avec un chou. Il faut retravailler l’agrandissement à mesure pour retrouver l’esprit du dessin original. Un ensemble de paramètres techniques doivent être pris en compte. »"

    Début 2021, le premier tissage, celui tiré du film Princesse Mononoké, devrait être lancé, avant d’être terminé l’année suivante.

    Les œuvres de la tenture seront exposées au fur et à mesure de leur réalisation. Elles seront visibles dans le parcours d’exposition de la Cité. À terme, un espace spécifique leur sera consacré. Les fans de Miyazaki seront sans doute les premiers à venir admirer les résultats finaux.

    Cité internationale de la tapisserie – Aubusson (23)
    Ouverture de septembre à juin, de 9h30-12h et 14h-18h fermé le mardi.
    Et de juillet et août, de 10h-18h. Tous les jours sauf le mardi: 14h-18h.
    Fermeture annuelle : mois de janvier.
    www.cite-tapisserie.fr

    Voir aussi : "Prêt·e·s à creuser des citrouilles ?"

    © 2001 Studio Ghibli-NDDTM

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  • Quatrième dimension

    J’avais eu l’occasion de vous présenter le premier recueil de nouvelles d’Yves Bernas, Vitax®. Le voici l’de retour pour une nouvelle salve d’histoires aussi hallucinées et hallucinantes, Le Motel Rose et autres nouvelles (éd. Librinova).

    On retrouve dans ce nouveau livre ce qui fait le caractère d’un auteur qui mêle absurde et science-fiction, dans des nouvelles où les héros se débattent dans des réalités prêtes à s’effondrer.

    Nous parlions de Vitax® : ce produit imaginaire aux capacités biogénétiques dignes d’un savant fou, apparaît brièvement dans "Le motel rose", la nouvelle qui donne le titre au recueil. Roger file le parfait amour avec Miss Barret, une comtesse et veuve d’un puissant fondateur d’une firme biomédicale suisse. Le jour où celle-ci lui demande de l’accompagner à cette clinique pour recevoir un nouveau cœur, son mari plus âgé se trouve entraîné dans une histoire rocambolesque mêlant trafic d’organes, clonage et course à la jeunesse éternelle.

    Dès cette première histoire, nous sommes dans l’univers kafkaïen d’Yves Bernas, jamais aussi à l’aise que lorsqu’il s’agit de suivre des personnages sur le fil, entre monde réel et folie. L’auteur se joue du lecteur en entrant dans la tête d’hommes et de femmes sur le point de sombrer, à l’image de "Voilà voilà", du "Visiteur" ou de "La rate", une nouvelle en hommage à Stephen King dans laquelle un employé municipal est chargé de s’occuper d’un canal obstrué.

    Univers kafkaïen

    Nous sommes avec ce recueil dans des univers dignes de La Quatrième Dimension. Ils permettent à l’écrivain de jouer avec certains codes littéraires, à l’instar du "Double de l’agent", récit d’espionnage et de thriller autant que de science-fiction qui s’interroge aussi sur la paternité et sur le déterminisme familial : "Et Royd cherchait pour la millième fois à percer le secret de la difformité de son esprit. Pauvre Royd, qui essayait de comprendre son destin ! Qu’avait fait son père ?"

    Dans "« Jean Waugal »" (les doubles guillemets sont volontaires), cette fois Yves Bernas revisite le pacte faustien, pour une nouvelle dans laquelle deux artistes – l’un talentueux mais las du succès, alors que l’autre, médiocre, recherche une gloire qui ne vient pas – s’accordent pour se partager la paternité d’une œuvre littéraire devenue un piège.

    Yves Bernas puise visiblement chez Kafka la sève de ces histoires dans lesquelles folie, mal être et absurde se télescopent pour cerner des personnages paumés ou se cherchant une place dans le monde, à l’instar du récit "Quel temps magnifique !"

    Écrivain et réalisateur, Yves Bernas prépare l’adaptation à l’écran du "Motel rose". Une autre adaptation, celle du "Visiteur" (Der Besucher), a été tournée et a même reçu plusieurs prix.

    Yves Bernas, Le Motel Rose et autres nouvelles, éd. Librinova, 2020, 215 p.
    https://www.librinova.com/librairie/yves-bernas/le-motel-rose-et-autres-nouvelles
    http://ybernas.de

    Voir aussi : "Vitax® (et autres nouvelles)"

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  • Hoze, qui l’aime la suive

    Hoze c’est Carine Erseng, qui a sorti cet été son premier EP éponyme. Pour son entrée en matière, la chanteuse se démarque avec sa pop souriante, joyeuse, pour ne pas dire insouciante, à l’instar du premier morceau de son mini-album, Je danse sur les toits : "Adolescente, / Je m’en foutais déjà / J’embrassais Hugh Grant / Je dansais sur les toits."

    Cette déclaration d’amour pour la liberté est à mettre en parallèle avec Hello ola. Ce titre dansant déroule comme un mantra une invitation au Care, à prendre soin des uns des autres : "Il faut qu’on s’aime… Juste un sourire… un bonjour… J’ai toujours eu la solution à nos problèmes. La seule issue : il faut qu’on s’aime."

    Hoze chante aussi, avec une fausse légèreté et une vraie sincérité, des préoccupations à la fois graves et quotidiennes. Ainsi, dans Regarde, une canette jetée par terre par un "mec" déclenche une réaction épidermique de la chanteuse : "C’est mal parti !" La chanteuse fait de ce geste tristement banal le point de départ d’un message universel : "Regarde / La preuve en images / De tous nos ravages / Regarde /Juste une seconde avant la fin du monde / Avant qu’on déménage."

    Consolation et réconciliation

    Bourrée de vie, Hoze ne pouvait pas ne pas aborder sans doute le seul sujet qui vaille : l’amour. L’artiste le revendique plutôt deux fois qu’une dans JTM JTM : "Il arrive sans crier gare / Celui qui me la fait belle ni trop tôt ni trop tard / Où tu es / Ne comptez plus ma pomme / Pour la déprime du samedi / J’ai enfin trouver un homme / Qui me dit / JTM JTM."

    L’amour est toujours possible, chante en substance Hoze dans Parle-moi, un titre à la fois de consolation et de réconciliation : "Force est de constater / Que le temps nous est compté / Que toutes ces petites choses futiles / C’est du bonheur inutile… Parle moi moi parle moi / De tout ça de tout ça de tout ça / Tu sais l’amour c’est ça / Y’a des hauts y’a des bas."

    Hoze, l’amoureuse, mais aussi la grande amie et la bonne copine, sait donner du sourire, sans renier pour autant son ultra moderne sensibilité, qu’elle chante avec sa french pop énergique dans Au feu les pompiers, l’extrait sans doute le plus réussi de son premier EP : "Au feu les pompiers / Y’a mon cœur qui brûle / Au feu les pompiers / Y a mon cœur brûlé."

    Hoze : une passionnante et attachante chanteuse à suivre, et vous l'aimerez, sans aucun doute.

    Hoze, Hoze, EP, Ovni Productions, 2020
    https://www.facebook.com/carine.erseng
    https://www.instagram.com/carineerseng

    Voir aussi : "Dans le game avec Barange"

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  • De la choucroute au frigo

    L’‎Œil du frigo propose de revenir sur un des grands films de 2013, American Bluff, au succès public autant que critique. Cette histoire d'infiltration dans le milieu politique des années 70 est l'occasion pour notre chroniqueur frigoristique de s'intéresser à la choucroute de l'artiste principale.

    Un film bluffant de David O. Russell à qui on doit l'excellent Happiness Thérapy. On y croise Christian Bale qui a déjà fait la une de l'Œil du frigo et la magnétique Jennifer Laurence, ici avec une choucroute sur la tête qui évoque l'âge d'or de la fin des années 70. A noter qu'il n'y pas de choucroute dans le frigo : j'aurais trouvé cette mise en abîme plutôt marrante. Il va falloir qu'on invente un nouveau poste dans le cinéma : assistant réalisateur du Frigo. C'est pas un poste à temps complet, mais comme le démontre l'oeil du frigo depuis un certain temps, y a du boulot dans cette niche frigoristique.

    Pour une fois, on ne voit pas l'ouverture de la porte du frigo. La conversation bat son plein et on tombe nez à nez avec un frigo, bas, petit et sale. On y voit des pommes, des œufs à coquille blanche, notre fameux ketchup et des restes de salade qui valent à Jennifer une belle remarque sur la tenue du frigo qu'elle devrait nettoyer de temps en temps, au lieu de s'occuper de sa choucroute. C 'est un brin machiste, mais quand même : il faut dire qu'il en y en a vraiment partout. Personnellement, si j'avais été nommé assistant réalisateur du Frigo, j'aurais opté pour un salade frisée, juste pour faire contraste avec ladite choucroute.

    Et pour votre information personnelle sachez que les œufs blancs sont pondus par des poules de race Leghorn. Cette poule est originaire d’Italie et comme nous sommes en plein délire mafieux avec l'arrivée prochaine dans le film de Robert de Niro, je dirais qu'un flash forward est utilisé brièvement avec ce frigo pour nous installer de façon inconsciente dans le futur merdier dans lequel va se retrouver Christian Bale, notre escroc en titre qui escroque la mafia sous les ordres du FBI - mais en escroquant aussi le FBI. Bref, un serpent de mer dont seul le frigo en sort indemne... Deux minutes, je reprends mon souffle.

    Pour le reste je serais curieux de voir quels dégâts pourrait faire une fouine dans un frigo !

    Bon film.

    ODF

    American Bluff, policier américain de David O. Russell
    avec Christian Bale, Amy Adams, Bradley Cooper et Jennifer Lawrence
    2013, 138 mn

    Voir aussi : "L’‎Œil du Frigo débarque sur Bla Bla Blog"
    "American Bluff Frigo"
     

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  • Trump vu par Karel

    Ce dimanche, M6 diffusera un documentaire exceptionnel réalisé par le multi primé William Karel.

    Avec son film Le Monde selon Trump, le cinéaste propose un éclairage intransigeant sur le 45e Président, que les électeurs américains vont réélire ou non, le 3 novembre prochain.

    L’homme d’affaire et chef d’état républicain et populiste, candidat à sa propre succession, est lancée dans une course contre son concurrent Joe Biden pour l’emporter sur une élection que tous les observateurs considèrent comme capitale pour le pays… et aussi dangereuse pour la démocratie américaine.

    Dans quel état Donald Trump laissera-t-il son pays après quatre années d'un mandat déjà marqué par un nombre incalculable de décisions ubuesques, de scandales et de tweet rageurs ? Le plus imprévisible des dirigeants de l'histoire des États-Unis pourra-t-il être réélu ?

    Intransigeant

    William Karel retrace quatre années d'une présidence hors-normes qui a laissé l'Amérique profondément divisée. Pour raconter Donald Trump au pouvoir, de l'intérieur, William Karel a interviewé plusieurs de ses anciens proches collaborateurs, comme John Bolton, ex-conseiller à la sécurité nationale, et Anthony Scaramucci, ex-directeur de la communication de la Maison-Blanche, mais aussi des journalistes vedettes qu'il a pris pour cible dans sa croisade contre la presse. Le réalisateur a également rencontré des psychologues et des psychiatres qui ont étudié la personnalité de Trump et aussi les responsables sanitaires, une militante de Black Lives Matter et un pasteur évangélique qui, lui, le soutient sans réserve.

    William Karel (Le Monde selon Bush, Opération Lune ou Poison d'avril) propose au final un portrait engagé, implacable et sans concessions sur le plus controversé des présidents américains, à quelques jours d'une élection décisive pour l'avenir des États-Unis.

    Le Monde selon Trump, documentaire de William Karel, Roche Productions, sur M6
    Avec la Participation de : M6, RDI, RTBF, TV4 Sweden, Canal + Polska,
    TV3, TV Canaria, PTS Taïwan, ORF 3, HRT

    Diffusé ce dimanche 25 octobre à 23h10 sur M6 dans Enquête Exclusive
    Jusqu'au 1er octobre 2021 sur M6 Replay
    https://pro.m6.fr/paris-premiere/programme/2020-45/le-monde-selon-trump-12047756
    https://www.imdb.com/name/nm0439137

    Voir aussi : "Cons et néocons"

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  • Chez Judith Beller, ce week-end

    Coup de projecteur sur C’est Excellent !, l’émission hebdomadaire proposée par Judith Beller sur Sud Radio, chaque dimanche à 19 heures.

    Pendant 52 minutes, la journaliste et animatrice donne la parole pendant 52 minutes à des artistes, des créateurs et des personnalités qui ont pris le risque merveilleux de l’excellence.

    C’est Excellent ! propose une plongée dans l’intimité des métiers et de ceux qui les incarnent, à travers le regard d’une personnalité médiatique.

    Après Olivier Marchal, Mazarine Pingeot, Richard Malka, Caroline Fourest, Bob Sinclar ou Claire Chazal, ce seront l’écrivain,essayiste et philosophe Pascal Bruckner ainsi que la vigneronne Valérie Guérin (Les Mille Vignes) qui seront les invité.e.s de Judth Beller.

    L’émission sera aussi disponible en podcast.

    C’est Excellent ! de Judith Beller
    Sud Radio, le dimanche à 19 heures
    émissions disponibles en podcast
    https://www.sudradio.fr/emission/cest-excellent-48
    https://www.facebook.com/SudRadioOfficiel

    Voir aussi : "C’est excellent !"

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  • Prêt·e·s à creuser des citrouilles ?

    Le Château de la Bussière fait partie de ces nombreux sites en France, peu connus mais qui font la richesse du pays. Il est situé à quelques kilomètres de la Loire mais n’est pas stricto sensu un de ces "Châteaux de la Loire". Ce qui n’enlève rien à son caractère remarquable.

    Pour se distinguer de ses "pairs" et aussi se démarquer, le Château de la Bussière a décidé de miser sur son jardin, classé "Jardin Remarquable", aménagé au XVIIIe siècle à la place de l'ancienne vigne du château. En route donc pour La Bussière, situé entre Montargis et Gien, dans le Loiret.

    Cette période d’Halloween est idéale pour y découvrir une collection rare de cucurbitacées de toutes les formes et de toutes les couleurs : butternut, citrouille, potiron, sucrine, coloquinte. La Bussière adresse un gros clin d’œil aux familles et aux enfants, avec des ateliers de des visites de découverte de ces légumes sentant bon - ou pas - la présence de Jack O'Lantern, Dracula ou Freddy.

    Des légumes sentant bon Jack O'Lantern, Dracula ou Freddy

    L’animation permet aux enfants de découvrir ces fruits originaux automnaux, leurs noms, leurs caractéristiques, leurs couleurs et s’initier à la vie du potager en automne. L’atelier se veut surtout un moment de partage et de mise en pratique. L’enfant de plus de 4 ans se voit confier une cucurbitacée et peut alors la creuser tout en laissant parler son imagination.

    Pour l’aider, les parents, les grands-parents, la famille ou des amis ne sont pas loin. Cet atelier est donc un moment propice pour une sortie familiale. Les prévoyants viendront avec un récipient pour récupérer la chair et préparer de bonnes soupes. Les enfants repartent ensuite à la maison avec leur jolie cucurbitacée.

    L’année dernière près de 300 enfants étaient venus profiter de ces ateliers les mercredis et dimanches des vacances. Face à leur succès, et face aux nouvelles mesures de sécurité sanitaire le Château propose des créneaux supplémentaires : les mercredis 21 et 28 octobre, le dimanche 25 octobre et le samedi 31 octobre à 15 heures et 16 heures.

    Le Château fermera ses portes le 2 novembre pour une réouverture le samedi 5 décembre à l’occasion des fêtes de Noël.

    Château de la Bussière
    À 12 km de Gien et à 30 km au sud de Montargis (Loiret)
    Les mercredis 21 et 28 octobre 2020
    Dimanche 25 octobre et Samedi 31 octobre
    De 15 heures à 16 heures
    Réservation conseillées auprès du château
    http://www.chateau-de-la-bussiere.fr

    Voir aussi : "Jouer à Château perché"

    Photo : Château de La Bussière

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  • Un dernier 10%

    Quatrième et, a priori, dernière saison pour la série désormais culte Dix pour cent. Qui a dit que les grandes chaînes généralistes, dont France Télévision, étaient incapables de produire des créations originales et de qualité ?

    Avec cette quatrième saison de Fanny Herrero, nous voilà de retour dans l’agence ASK avec ses quatre agents vedettes : Andréa Martel (Camille Cottin), Mathias Barneville (Thibault de Montalembert), Gabriel Sarda (Grégory Montel) et leur aînée Arlette Azémar (Liliane Rovère), toujours accompagnée de son chien Jean Gabin.

    Vous l’aurez compris, l’agence ASK et leurs employés naviguent dans le milieu passionnant mais – ô combien ! – impitoyable du cinéma. Leur mission ? Prospecter des artistes, gérer l’ego de stars comme Jean Dujardin, Isabelle Huppert ou Nathalie Baye, et faire en sorte que les tournages arrivent à leur terme à peu près sans encombre. Tout cela, sans oublier les humeurs des uns et des autres, les petites et grandes jalousies et les ambitions personnelles et professionnelles. Pour seconder Andréa, Mathias, Gabriel et Arlette, il faut compter sur leurs irrésistibles assistant·e·s : Camille Valentini, la fille cachée de Mathias (Fanny Sidney), la formidable Noémie Leclerc (Laure Calamy) et le non-moins attachant Hervé André-Jezack (Nicolas Maury).

    Des guest stars jouant leur propre rôle, quitte à appuyer leurs traits

    La fin de la saison 3 marquait un retour en grâce de Sofia Leprince (Stéfi Celma), en dépit d’un choix artistique hasardeux avec Julien Doré, alors même que Mathias Barneville se lançait dans un projet périlleux pour l’agence. Pendant ce temps, l’insupportable et ambitieuse Andrea voyait sa vie personnelle bouleversée.

    Impossible de parler de Dix pour cent sans parler de ses guest stars jouant leur propre rôle, quitte à appuyer leurs traits. Il est visible que les acteurs ayant participé à la série y ont pris un grand plaisir, que ce soit François Berléand, Line Renaud, Jean Dujardin ou Isabelle Huppert qui se surpasse dans son rôle de star hyperactive, ultra sollicitée et complètement inconsciente.

    Les deux premiers épisodes de la saison 4 voient débarquer Charlotte Gainsbourg, en actrice prise au piège par un ami s’improvisant scénariste et réalisateur, mais aussi Mimie Mathy, Xavier Beauvois, Franck Dubosc ou Nathalie Baye, de retour auprès des agents d’ASK.

    Cette série française, qui est aussi un hommage au cinéma (avec une bande-son choisie avec soin), est à ne surtout manquer. Quatrième et dernière saison donc. Normalement.

    Dix pour cent, série française de Fanny Herrero, avec Camille Cottin, Thibault de Montalembert,
    Grégory Montel, Liliane Rovère,
    Fanny Sidney, Laure Calamy, Nicolas Maury, Stéfi Celma et Assaâd Bouab,
    produit par Mon Voisin Productions, Mother Production, Ce qui me meut
    et France Télévisions, 4 saisons de 6 épisodes

    https://www.france.tv/france-2/dix-pour-cent
    @dixpourcent_F2

    Voir aussi : "Triple zéro"

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  • New age

    En cette période où le courant apocalyptique et post-apocalyptique est devenu un genre en vogue, pour le meilleur et pour le pire, intéressons-nous à un de ces nombreux court-métrages, La dernière prophétie. Ce dessin animé d’un peu plus de 3 minutes frappe par le soin graphique, à telle enseigne que le voir développer en long-métrage (qui est le projet originel), voire en série, ne serait pas une absurdité.

    Son réalisateur, un véritable touche-à-tout (pub, films, recherche) est Romain Demongeot. Il dirige la création de l’agence Londonienne UNIT9. UNIT9 group et unit 9 films se sont associés à une boîte de production de longs métrages en Californie.

    Romain Demongeot s’était fait remarquer avec ses deux premiers courts métrages, Love 2062 (2012), déjà un film d’anticipation autour de la pollution, puis Krokodil Requiem, (2016) qui entendait sensibiliser à la drogue.

    Tout aussi engagé et new age, La dernière prophétie est un voyage dans le temps et dans l’espace. C'est aussi une vraie réflexion utopique, singulièrement rare dans la mouvance millénariste. Les auteurs du court-métrage (Romain Demongeot, Sebastien Novac et Elvire Cheret) imaginent la manière dont les hommes pourraient se saisir des religions monothéistes mais aussi de l’intelligence artificielle pour donner une nouvelle chance aux quelques humains réfugiés sur une autre planète habitable.

    Romain Demongeot a condensé en quelques minutes ce récit de SF, qui est aussi une autre manière de mettre l’humanisme au cœur du discours.

    Cette curiosité qu’est La dernière prophétie est à surveiller d’autant plus près qu’il pourrait bien devenir un projet de grande envergure. C’est tout le mal que nous lui souhaitons.

    Romain Demongeot, La dernière prophétie, court-métrage français, 2020, 3 mn 17
    Scénario : Romain Demongeot, Sébastien Novac et Elvire Cheret
    Musique : Christophe Menassier

    https://www.youtube.com/watch?v=33fjioJzG5c&ab_channel=RomainDemongeot
    https://www.youtube.com/user/romaindemongeot

    Voir aussi : "Ce film que vous ne verrez jamais (mais que vous écouterez)"

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  • Lignées d’oiseaux

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    Il est bien entendu important de parler de théâtre en cette période de crise sanitaire. Et si les scènes restent fermées et confinées, il reste heureusement le livre.

    L’un des meilleurs dramaturges contemporains, Wajdi Mouawad, est l’auteur de Tous des Oiseaux (éd. Babel), l’une de ses œuvres les plus marquantes. Découvrir son drame en texte garde sa puissance, même si évidemment rien ne vaut son adaptation sur scène. Il faut d’emblée préciser que Wajdi Mouawad avait prévu d’emblée que sa pièce soit jouée dans la langue de ses personnages – à savoir en allemand, en anglais, en arabe et en hébreu. Ce grand drame sur le thème du choc des cultures, des générations mais aussi des mémoires a été imaginé au début des années 2000, après les attentats du 11 septembre 2001.

    Tous des Oiseaux commence comme une histoire d’amour à la Roméo et Juliette : Eitan, l’étudiant juif, et Wahida, une jeune Palestinienne, se rencontrent dans une bibliothèque américaine et tombent amoureux. Tout se brise cependant lors d’un voyage au Moyen-Orient : un attentat terroriste palestinien entre Israël et la Jordanie blesse gravement Eitan. C’est dans une chambre d’hôpital que Wahida vient le veiller alors que le jeune homme se trouve entre la vie et la mort. La famille du blessé est prévenue et se dépêche sur les lieux. Les parents et les grands-parents d’Eitan, des juifs vivant en Berlin, rejoignent la jeune Arabe. Au pied du malade, les personnages parlent et s’affrontent autour de leur identité, de leur passé, de leur culture, de l’amour du jeune couple mais aussi des traumatismes et des secrets de famille.

    Pièce de l’universalité à plus d’un titre

    Wajdi Mouawad a diviser son drame en quatre actes – "Oiseau de beauté", "Oiseau du hasard", "Oiseau de malheur" et "Oiseau amphibie". Des oiseaux qui sont aussi dans le titre de la pièce. Ces oiseaux perdus sont ces personnages déracinés et meurtris par leur passé – ici, la Shoah ; là, les guerres israélo-palestiniennes – qu’Etgar, le grand-père, énonce ainsi : "J’étais le dernier d’une lignée d’oiseaux sans port, sans branche, sans rien, moi le petit survivant." L’apparition à la fin de la pièce de Wazzân, personnage historique apparaissant tel un fantôme, déclame un conte animalier dans lequel un oiseau se fait amphibie pour se fondre parmi les poissons, ces étrangers ("Je suis l’un des vôtres").

    Pièce de l’universalité à plus d’un titre, Tous des Oiseaux entend dépasser l’idée de séparation entre cultures. Wajdi Mouawad a fait le choix de ne pas rester sur cette histoire d’amour entre un Juif et une Arabe, mais d’invoquer les liens familiaux, les aïeux mais aussi les passés. Dans la postface, Sylvain Diaz insiste sur l’importance du dialogue pour "être à l’écoute de ce [que l’ennemi] éprouve… Il ne s’agit pas d’aller contre lui mais d’« aller vers »." En faisant en sorte que chacun des personnages fasse une route douloureuse vers sa propre identité, à travers une tragédie se fragmentant en scènes mêlant des lieux et des scènes différentes, Wajdi Mouawad compose une œuvre symphonique de chair et de sang. Cruelle et formidablement humaine.

    Wajdi Mouawad, Tous des Oiseaux, drame en quatre actes
    Postface de Sylvain Diaz, 2018, éd. Babel, 179 p.
    http://www.wajdimouawad.fr
    https://www.colline.fr/spectacles/tous-des-oiseaux

    Voir aussi : "Dieu, quels humains !"

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  • BT93 ou le miracle d’une résurrection

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    La première écoute de BT93 nous plonge d’emblée dans la période eighties et nineties. Rien d’étonnant à cela : les titres de cet album ont été créés et enregistrés entre 1989 et 1994. Les connaisseurs reconnaîtront la facture des synthétiseurs devenus des références : Ensoniq ESQ1, TX7, TR707, Korg 01W.

    Nous sommes au mi-temps des années 90 et un jeune artiste anonyme, se faisant appeler BT93, envoie son album éponyme au format K7 à quelques maisons de production indépendantes, qui lui demandent gentiment d’aller voir ailleurs. Fin de l’histoire ? Non. Car celui qui signe le morceau rageur La hiérarchie chie laisse une œuvre d’autant moins morte-née qu’elle commence à tourner sur des platines d’inconnus et devient quasi culte. Entre-temps, BT93 s’est installé comme entrepreneur sérieux – ce qui n’est pas le moindre des paradoxes pour un homme qui chantait : "La hiérarchie chie, /Dans son froc en or massif, / Leurs couilles se sont fait la malle, / Ils ont perdu les pédales, tous à la manif !"

    C’est donc une résurrection, pour ne pas dire un petit miracle, que cet opus oublié. Près de trente ans après sa création, le disque sort enfin en vraie galette et sur les plateformes. Il est coproduit – excusez du peu – par Frédéric Lo, qui a mis sur le coup des musiciens additionnels : Marcello Giuliani à la basse et Patrick Goraguer à l’orgue Hammond et aux percussions. Tout a été remixé et remastérisé à partir d’enregistrements K7.

    Avec BT 93, nous voilà dans un album aux accents post punk-rock : Bronx generation, datant de 1989, revendique ces racines eighties, avec une chanson française dopée aux rythmes saccadés et aux synthétiseurs omniprésents et révolutionnaires. Ce premier morceau est le récit en musique d’une dangereuse rencontre dans un lieu interlope : "Tu f’rais mieux d’décamper / Le zoo du Bronx, quelle idée / Ta tête de youpie égaré / Comme dans l’« bûcher des vanités »…"

    Avec Say What Youy said, voilà un talk-over onirique (les paroles sont d’un certain Hervé Tanguy) qui peut se lire comme un hommage à Yves Simon : "J'avais oublié que je ne t'avais pas oubliée / Nous avions tant usé de salive / En mot, en baisers, en phrases définitives / Ce soir je me souviens de tes yeux, tes bras et tes pieds nus / De nos larmes et nos serments / Dont aucun ne fut tenu."

    Histoire d’amour encore avec Chasseur de tête et Pas ce soir mais peut-être demain, qui conte une "aventure d'un soir" : "Est-ce qu'on va se revoir / Ca fait longtemps que je broie du noir / J'ai un plan pour ce soir / Il faudrait juste que j’arrête de boire."

    Plus léger, On n'est pas sérieux avec les filles lorgne du côté de Patrick Coutin et de son J’aime regarder les filles : "Pourquoi j'devrais n'aimer qu'une fille / Quand tout nous pousse à en aimer plusieurs / En série mais aussi en parallèle / En solo ou bien en chœur."

    "La hiérarchie chie, /Dans son froc en or massif"

    Soyons clair : si BT93 est devenu culte c’est aussi et surtout en raison de ses titres engagés, à l’instar de Références, au parlé-chanté sombre et rugueux : "Les dirigeants d'entreprise, / Plus que jamais broyés par le quotidien, /Sont-ils condamnés à prendre des décisions / Comme des âmes soûles ?" Ce cri contre le libéralisme se fait à travers un travail sur le champ lexical économique et stratégique : "J.L. Bower, Managing the Ressource Allocation Process / Division of Research Graduate School of Business Administration / Harvard University / Cambridge, Massachussetts, 1970 / Références!" BT93 se montre par la suite bien plus explicite : "Cette chanson peut être entendue comme un plaidoyer pour un usage raisonnable d’outils relevant d’une nouvelle rationalité", chante l'artiste dont l'album unique est illustré par le cliché d'un jeune loup sautillant au milieu des tours d’affaires de La Défense, en costume cravate et attaché-case.

    Businessman privé ou énarque ? Ou les deux ? Dans L’énarque, c’est à la première personne qu’il se met dans la peau d’un de ces tristes sires : "Je suis un énarque / Parachuté au poste clé / Mais je mène ma barque / Allez faut manager..." Management, plans sociaux, consultants, carrière, petits cadeaux : pas de doute, nous sommes dans le portrait grinçant d’une de ces figures typiques du capitalisme de ces trente dernières années.

    Le moins que l’on puise dire c’est que BT93 a du répondant et assume son engagement, à l’exemple du morceau phare de l’album, Hiérarchie chie : "Moi je sais ce qui nous nique / C'est les segments stratégiques / Partage en business units / C'est pour ça que je milite." BT93 mitraille à tout-va. Le clip est un montage de plusieurs courts-métrages réalisés entre 2005 et 2010 et ayant comme thématique le monde du travail. Diffusés à la télé (France 3 notamment), avec le comédien Jean-Toussaint Bernard dans le rôle principal, le clip a été réalisé par l’artiste vidéo Yannick Dangin-Leconte (Stupeflip vite !!!).

    Fric rime avec neurasthénique. Les nuits d’un ex-winner, singulièrement plus mélancolique que rageuse, est la partie sombre de ces gagnants du libéralisme, ces pauvres types emprisonnés dans leur propre prison : "Même le Dénoral / N'a plus aucun effet / Sauf sur mon moral / Devenu papier mâché / Que faire d'un insomniaque / Chronique et hors d'attaque / Qui réclame ni dommage ni intérêt."

    Il n’y a pas plus de salut dans le titre acide RV avec les ressources humaines où le milieu de l’entreprise est aussi celui de la cruauté pleinement assumée : "Quand je serai PDG / J'en connais qui vont morfler / Chez les psychologues diplômées."

    L’album se termine avec le surprenant RER pour la défonce. Un morceau qui boucle cet album cohérent. Le titre est évidemment un calembour que pas mal de voyageurs et travailleurs franciliens reconnaîtront. "Dans les couloirs noirs je m'enfonce / Du RER pour la défonce / Cravate serrée / Moi cadre étriqué / Ouvrir dossiers / Jusque nuit veiller."

    BT93 est ressuscité, et on le doit largement à Frédéric Lo : près de trente ans après la création de cet opus, son message reste plus que jamais d'actualité.

    BT93, BT93, Dragon Accel, 2020
    https://www.facebook.com/BT93.music
    https://distrokid.com

    Voir aussi ! "Concrètement, Mona San"

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  • Dwayne Johnson, les extra-terrestres, les femmes et un frigo

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    L’‎Œil du frigo a cette immense qualité de proposer des films oubliés et méconnus. La preuve cette semaine avec La Montagne ensorcelée. Non, il ne s'agit pas d'un adaptation du chef d'oeuvre de Thomas Mann, La Montagne magique, mais un film d'aventure et fantastique avec Dwayne Johnson, avec des muscles... et des cheveux. Une histoire d'extraterrestres aussi, qui permet à notre chroniqueur de s'attarder sur un frigo et de gloser autour de Jack et le haricot magique et des femmes...

    Là je crois qu'on a vraiment du lourd. Dwayne avait encore des cheveux et déjà une grosse musculature, sa rencontre avec deux ados extraterrestres au cœur des effets spéciaux va changer sa vie de chauffeur de taxi qui en a vu de toutes les couleurs.

    Après une poursuite échevelée les deux ados trouvent enfin la porte du passage et - devinez quoi ? - c'est un frigo !

    J'avoue qu'à ce niveau là j'étais proche de la sidération cosmique du sommeil lorsque j'ai vu cette porte s'ouvrir avec la clé extraterrestre de Seth. Autant vous dire que mon sang n'a fait qu'un tour. Comme quoi, on trouve des frigos vraiment partout même chez les extraterrestres qui se cachent sous une montagne. Ici les étagères du frigo se retirent laissant place à un passage secret... J'en vois déjà qui se disent : "Diantre, qu'elle belle idée !" Mais ils sont à côté de la plaque. Il y a mieux dans le cette scène qu'un simple frigo qui s'ouvre sur un passage. Ce qui change tout c'est la phrase de Dwayne alias Jack : "N'entre pas dans le frigo magique Jack..." Et là, mon cerveau s'illumine comme la tour Eiffel à minuit lorsque le PSG perd son match.

    Jack et le frigo magique résonnent en moi, je finis mon verre de rouge et les vers bio grillés que j'avais pris en apéritif, histoire de voir ce que sera la bouffe du XXIe siècle. A cette séquence, et alors que Jack s'enfonce dans le frigo, je fais le rapport avec le conte de Jack et le haricot magique. Un conte phallique si mes souvenirs sont bons. Un gamin plante un haricot, qui pousse et monte jusqu'au 7e ciel. Grâce à cette graine et la grandeur de son haricot, il deviendra riche et sauvera sa famille. Extrême jouissance : je ne vous fais pas de dessin. Ici, c'est l'inverse : rappelez-vous ma thèse sur le genre féminin du frigo. Ici, le frigo s'ouvre, s'écarte, nous sommes bien en présence d'un acte féminin par excellence et d'ailleurs le réalisateur s'en amuse avec la réflexion de Jack et le frigo magique. Ils vont entrer dans le frigo et non pas monter mais descendre au 7e sous-sol, là où il y a une gestation des drôles de bestioles dont je ne dirai rien.

    Le frigo représente alors tous les plaisirs féminins, et notre héros s'y engouffre. La fertilité y est représentée et l'homme avec sa musculature aussi. Et alors que je finis mon dernier ver de terre qui croustille sous la dent, je comprends enfin que le plaisir féminin n'est pas au 7eme ciel , mais au 7e sous-sol. Grande révélation, tout un concept qui s'écroule, et tout ça grâce à l'ouverture d'une porte de frigo dans mon esprit à moins que cela ne soit les protéines de mon ver de terre. A noter quand même qu'il n'y a rien sur la porte du frigo, même pas de quoi mettre un pot de ketchup. Alors la dernière idée qui me frôle l'esprit c'est que pour les plaisirs féminins soient effectifs, il ne faut pas de porte de frigo achalandée. Non, c'est une erreur qui pourrait mener à la frigidité. D'ailleurs, ce dernier mot qui emprunte encore une fois la métaphore du frigo me semble bien déplacé, tant il y a du plaisir dans un frigo qui fait du froid. Je tiens quand même pour hypothèse que la porte y est pour quelque chose... Sans doute dans la manière de l'achalander !

    Bon je vous laisse , j'ai fini mes vers et je n'ai plus bien suivi la suite du film tellement je dois revoir mes théories frigorifiques.

    Bon film.

    ODF

    La Montagne ensorcelée, comédie et SF américaine d'Andy Fickman
    avec Carla Gugino, Dwayne Johnson et AnnaSophia Robb,
    2009, 98 mn

    Voir aussi : "L’‎Œil du Frigo débarque sur Bla Bla Blog"
    "La montagne ensorcelée frigo"
     

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  • Bientôt, sortie d’un inédit d’Astérix

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    Quelques mois après la mort d’Uderzo, un inédit – peut-être le premier d’une série ? – on apprend la sortie d’un inédit des aventures du plus célèbre des Gaulois. Le Menhir d’Or, de Goscinny et Uderzo, sortira en librairie le 21 octobre aux éditions Albert René.

    Vendue pour la première fois sous la forme d’un livre-disque en 1967, cette aventure unique est devenue quasiment introuvable et n’a jamais été publiée en album.

    C’est ce petit bijou, imaginé par les deux papas d’Astérix et Obélix, qui est à redécouvrir. Les passionnés et collectionneurs se précipiteront sans aucun doute sur cet inédit.

    Au village, l’agitation règne : Assurancetourix a décidé de participer au célèbre concours de chant des bardes gaulois pour remporter le menhir d’or. Pour le protéger dans cette compétition suivie de près par les romains, Astérix et Obélix sont chargés de l’accompagner : ils ne doivent pas quitter Assurancetourix des yeux ; quitte à y perdre une oreille !

    Des illustrations scannées à partir du livre-disque de 1967

    Ce nouvel album illustré propose une nouvelle mise en page avec une pagination plus forte. Quelques mois avant son décès, Albert Uderzo a pu superviser fin 2019 le travail de restauration.

    Partant des illustrations scannées à partir du livre-disque de 1967, les collaborateurs historiques d’Albert Uderzo ont dû faire appel à tous leurs talents druidiques pour en restaurer les dessins conformément à la volonté du cocréateur d’Astérix. Le plus difficile : supprimer la trame d’impression tout en préservant l’intégrité du merveilleux encrage d’Albert Uderzo. Effectuant également une mise à jour et un étalonnage des couleurs fidèle au rendu vintage original, ils ont offert au Menhir d’Or un bain de jouvence qui lui permettra de rassembler fans historiques et nouvelles générations de lecteurs.

    De plus, pour compléter l’expérience et permettre aux fans de toutes générations de vivre cette aventure comme l’avaient imaginé ses créateurs, un enregistrement audio de ce récit est également disponible gratuitement au téléchargement sur Internet.

    cette histoire imaginée par les créateurs rejoint définitivement le patrimoine d’Astérix dans la collection des récits illustrés : Les XII Travaux d’Astérix, Comment Obélix est tombé dans la Marmite et Le Secret de la Potion magique.

    À découvrir, lire et bien sûr conserver précieusement.

    René Goscinny et Albert Uderzo, Le Menhir d’Or, éd. Albert René, 48 p.
    Sortie le 21 octobre 2020
    https://www.asterix.com
    https://www.facebook.com/asterixobelixofficiel

    Voir aussi : "La BnF rend hommage à Albert Uderzo"

    Astérix® - Obélix® - Idéfix®
    © 2020 Les Éditions Albert René / Goscinny – Uderzo

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  • Nathalie Stettler-Lapeyrade marche ses rêves

    Nathalie Stettler-Lapeyrade expose tout le mois d’octobre à la Galerie Ephémart de Montargis ses huiles et ses poteries.

    "Enfant déjà, j'adorais me perdre et créer seule dans mon univers... Je laisse errer mon âme entre couleur et formes jusque d'autres dimensions ou je peux m'exprimer librement, sans retenue", dit-elle au sujet de son parcours.

    Exposition tous les jours sauf le dimanche après-midi, de 14H à 18H30 et le samedi de 9H à 18H30.

    Exposition "Nathalie Stettler-Lapeyrade" à la Galerie Ephémart, Montargis
    Tous les jours sauf le dimanche après-midi, de 14H à 18H30 et le samedi de 9H à 18H30
    35 rue Dorée 45200 Montargis
    Association Marcher ses Rêves
    https://nas-art.net/index.html
    https://www.facebook.com/marchersesreves

    Voir aussi : "Mes sœurs, mes semblables"

    © Nathalie Stettler-Lapeyrade

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