Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Bla Bla Blog

  • Vole, Céline, vole

    Pin it!

    Des les premières notes de Still Running on devine que Céline Bonacina va nous proposer dans son cinquième album Fly Fly des paysages musicaux inédits et un jazz largement métissé, à l’instar du leitmotiv du premier titre, une mélodie enjouée portée par un chœur aux teintes latinos. Un vrai concerto pour saxo et voix aux multiples variations y compris orientales (Tack Sa Mycket) ou zen (Caméos Carvings).

    Car les voix sont très présentes dans cet opus où le jazz se fait voyageur (Care Her Gone) : "On y retrouve l’évocation de paysages et de souvenirs, de lieux où nous avons séjourné, de moments forts de nos vies respectives" explique la musicienne. Le saxophone soprano et baryton de l'une des meilleures jazzwoman de sa génération s'avance avec une présence moins tapageuse que joueuse.

    Aux côtés de Céline Bonacina, plus lyrique que jamais (Ivre Sagesse), on retrouve Chris Jennings à la basse (et co-compositeur de l’album), Jean-Luc Di Fraya à la batterie et au chant, et Pierre Durand à la guitare électrique.

    Une des meilleures jazzwoman de sa génération

    On est dans un va-et-vient incessant entre saxo esseulé, et parfois plaintif (Du Haut de là), sinon mélancolique (An Angel's Whisper). La jazzwoman peut révéler des titres métaphysiques (An Angel's Caress, Vide Fertile) ou proposer des titres plus enlevés, voire carrément rock, et tout autant travaillés (High Vibration, Friends & Neighbours Too).

    Céline Bonacina se fait chercheuse, sur la piste d'un jazz ouvert à tous les horizons, à l'instar du titre Borderline, sombre dense et naturaliste, porté par le leitmotiv de Still Running.

    Avec ces envolées qui n'ont peur de rien (Fly Fly To The Sky), l'album de Celine Bonacina n'a jamais aussi bien porté son nom.

    Céline Bonacina, Fly Fly, Cristal Records, 2019
    En concert le 17 janvier 2020 au Théâtre de Sartrouville (78)
    https://www.celine-bonacina.com
    https://www.facebook.com/C%C3%A9line-Bonacina-Official

    Voir aussi : "Une création de Céline Bonacina à La Défense Jazz Festival"

    Soutenez Bla Bla Blog et tenez-vous informés des derniers blablas
    en vous abonnant gratuitement à notre newsletter

    Likez, partagez, twittez et instagramez les blablas de Bla Bla Blog !

  • Approcher Marie Noël

    Pin it!

    "Qui peut prétendre connaître Marie Noël ?" Ainsi commence ces Portraits intimes de Marie Noël choisis et commentés par Chrystelle Claude de Boissieu, docteure en littérature comparée et chercheuse en lettres modernes.

    Marie Noël : la plus inclassable, la plus insaisissable, la plus discrète et la plus indépendante des poétesses du XXe siècle, fait l’objet ici d’un ouvrage constitué de 60 photos, comme autant de scènes fixant une auteure tour à tout raisonnable, déraisonnable, timide, intrépide, forte, faible, écrivaine, lectrice, indépendante ou dépendante. Ces qualificatifs forment autant de chapitres pour fixer une femme que l’on connaît si mal : "Les photographies choisies s’organisent en une galerie de portraits… des facettes antithétiques de son tempérament. De ce fait,elles regroupent autour d’un trait de caractère et de son contraire, tels qu’ils sont énoncés dans « Connais-moi »."

    Assez justement, Chrystelle Claude de Boissieu la compare avec une autre grande auteure incomprise à son époque, Emily Dickinson: "[Ces] sœurs jumelles n’ont guère apprécié le passage brutal de l’ombre à la lumière."

    Le lecteur trouvera dans ce livre proposée par les éditions Desclée de Brouwer une autre manière d’approcher la petite Marie Rouget, fille d’un professeur de philosophie rude. Contrairement à une biographie traditionnelle, Chrystelle Claude de Boissieu trace un portrait vivant et sensible de Marie Noël, à la manière d’une peintre impressionniste. L’auteure bourguignonne se dévoile par petites touches : interrompant une minute sa lecture ; déchiffrant une partition à son piano ; se promenant dans un jardin ; posant, petite fille, en robe de dentelles ; croisant à Auxerre le Général de Gaulle ; surprise au milieu d’un tournage ; ou bien au cœur d’une cour de récréation en compagnie d’enfants, de pied avec son chien.

    Inconsolable après le deuil d’un petit frère et une rupture amoureuse

    Femme de lettres effacée, Marie Noël se révèle surtout une femme autant qu'inconsolable après le deuil d’un petit frère et une rupture amoureuse : deux événements qui la laisseront blessée à jamais. Durant la période de Noël 1904, c’est d’abord un jeune homme, qu’elle aimait, qui choisit de s’éloigner d’elle. De cette "trahison", qui la marquera à jamais, Marie écrit : "Il a marché sur moi, suivant sa route" (Chanson). Quelques jours plus tard, elle découvre dans son lit le corps inerte de son petit frère Eugène ("Marie Noël paraît projetée dans un roman de Charles Dickens"). Le choc est immense pour cette jeune femme pieuse : "Ô Dieu ! La Mort ouvrant la porte / Me l’a volé ! / Mon agneau blanc, le loup l’emporte !" (Hurlement).

    Ce double événement privé va marquer profondément la carrière artistique de Marie Noël, dont on souligne souvent la nature pieuse ("Plus près de Marie Mère", "Pied à pied pour la chrétienté", "Pas à pas vers la sainteté"), mais sans doute moins le caractère hypersensible d’une femme de son époque (le chapitre de sa rencontre surprenante avec le Général de Gaulle peut être lu comme le récit d’une auteure déjà incomprise), indépendante, insatiable et sans doute aussi "rassurante" ("[P]ouvais-je refuser de partager avec ceux qui suivent l’expérience de ma misère ?").

    Au terme de la lecture de ces Portraits intimes de Marie Noël, Le lecteur sera sans doute décontenancée par les propos d’une auteure inclassable, à la fois passionnée, très croyante et d’une sensibilité rare : "J’ai été toute passion, tout élan, toute flamme, toute folie, pourtant je n’ai jamais commis d’action folle ou singulière… Ma seule action déréglée, je m’en suis rendue coupable quand j’aimais Jésus."

    Marie Noël paraît finalement plus appartenir au XIXe siècle qu’à ce XXe siècle brutal et, à bien des égards, nihiliste. Mieux, l’auteure des Chansons semble échapper à tous les qualificatifs : "Ces oscillations se succèdent aux caprices du temps et des humeurs." Chrystelle Claude de Boissieu choisit de conclure ainsi cet ouvrage : "Connaissons-nous Marie Noël ? Le pouvons-nous ? / Nous l’avons approchée. / Nous l’avons observée. / Nous l’avons imaginée. / Nous l’avons devinée./ Nous l’avons écoutée. / Nous l’avons vue, lue, entendue. / Au fur et à mesure. / Qu’avons-nous retenu ?"

    Chrystelle Claude de Boissieu, Portraits intimes de Marie Noël
    éd. Desclée de Brouwer, 2019, 321 p.

    https://www.editionsddb.fr/auteur/fiche/55284-chrystelle-claude-de-boissieu
    http://www.marienoelsiteofficiel.fr
    http://www.marie-noel.asso.fr
    https://fr.linkedin.com/in/chrystelle-claude-de-boissieu-389359126

    Voir aussi : "Marie Noël, jour après jour"

    Soutenez Bla Bla Blog et tenez-vous informés des derniers blablas
    en vous abonnant gratuitement à notre newsletter

    Likez, partagez, twittez et instagramez les blablas de Bla Bla Blog !

  • Kaori, toutes voiles dehors

    Pin it!

    Bon, nous sommes d’accord : l’album de Kaori, À Ciel ouvert, est d’abord teinté de couleurs estivales et tropicales, assez loin des grisailles sous nos hémisphères. Le soleil, le ciel lumineux, le farniente, les cocktails sur la plage et la flemme. Mais pourquoi justement ne pas profiter de la grisaille ambiante pour déguster cet opus nonchalant, s’ouvrant d’ailleurs sur À Ciel ouvert, un titre qui donne son nom à l’album ?

    On peut avoir une réelle appétence pour le groupe Kaori et son goût de l’aventure et de la liberté, voguant toutes voiles dehors. Pour reprendre Kaori dans Je largue les amarres, musicalement, le duo "s’en tient à l’essentiel" dans cet un univers musical chamarré : la chanson française est mêlée de couleurs jazzy (Impressions, Café noir), calédoniennes (Cap’tain yo, Les hommes vivent debout), reggae (À Ciel ouvert), pop-rock (Je largue les amarres), blues (Laisse-moi entrer) ou folk (L’île des oubliés).

    Arrivé à ce stade de la chronique, intéressons-nous à Kaori, du nom de cet arbre emblématique calédonien. Le duo, formé d’Alexis Diawari et Thierry Folcher, originaire de Nouvelle Calédonie, propose une production soignée et d’une belle fraîcheur, dans la continuité de leur premier album, Aux Îles Fortunés. Pas mal pour des sexagénaires, ayant fait le choix de l’acoustique pour un album entièrement en français.

    Kaori suit à sa manière les traces d’Antoine dans son appel aux voyages libérateurs comme son appel à l’humanisme et à la fraternité universelle (Les hommes vivent debout). Pourquoi ne pas rappeler justement que la chanson française a la chance d’avoir des artistes qui, à l’instar de Kaori, puisent leur inspiration dans les terres lointaines du Pacifique (Fleur de vanille) ? Et ça, ça fait du bien.

    Kaori, À Ciel ouvert, Socadisc, 2019
    https://www.kaori-officiel.com
    https://www.facebook.com/Kaoriofficiel

    Voir aussi : "Maya Kamaty, la diva du maloya"

    Soutenez Bla Bla Blog et tenez-vous informés des derniers blablas
    en vous abonnant gratuitement à notre newsletter

    Likez, partagez, twittez et instagramez les blablas de Bla Bla Blog !

  • L'art doit-il se prendre au sérieux ?

    Pin it!

    Logo simple.jpgLe café philosophique de Montargis proposera sa prochaine séance le vendredi 6 décembre 2019 à la Médiathèque de Montargis, à partir de 18 heures. Le débat portera sur cette question : "L'art doit-il se prendre au sérieux ?"

    Cette séance a été organisée pour venir en écho de l’exposition "Girodet face à Géricault ou la bataille romantique du Salon de 1819" qui se déroule au Musée Girodet jusqu’au 12 janvier 2020. Les participants du café philo s’interrogeront sur l’art en général et plus particulièrement sur ses intentions.

    Peut-on qualifier l’art de sérieux, d’utile ou de ludique ? Quelle est sa fin ? L’art peut-il être qualifié comme un jeu ou bien un travail comme un autre ? Parce que l’art serait une activité humaine faisant appel à l’imaginaire, au rêve ou au futile d’un créateur ou groupe de créateurs, en quoi peut-il avoir sa place dans une société humaine ?
    Ce sont autant de questions qui seront débattues pour cette séance spéciale à la Médiathèque de Montargis, le vendredi 6 décembre 2019.

    La participation sera libre et gratuite.

    http://cafephilosophique-montargis.hautetfort.com

    Soutenez Bla Bla Blog et tenez-vous informés des derniers blablas
    en vous abonnant gratuitement à notre newsletter

    Likez, partagez, twittez et instagramez les blablas de Bla Bla Blog !

  • Un héros ordinaire

    Pin it!

    A priori, il y avait un choix évident pour une adaptation ciné de l’affaire Dreyfus : celle de se mettre à la place de cet officier français injustement condamné en 1894 pour intelligence avec l’ennemi, envoyé au bagne sur la bien-nommée Île du Diable, au large de Cayenne, avant d’être réintégré dans l’armée en 1906. Parce que la confession juive du militaire jeté aux gémonies est vite apparue comme une circonstance aggravante, le cas Dreyfus est devenu, à juste titre, autant une affaire d’État qu’un fait de société, dans une France gangrenée par l’antisémitisme.

    Or, pour mettre en scène cette affaire autour d’une machination judiciaire et militaire ayant broyé un homme, Roman Polanski centre J’accuse, son tout dernier film, Grand Prix du Jury à la Mostra de Venise cette année, autour du lieutenant-colonel Picquart. Ce militaire irréprochable se retrouve à la tête du service de renseignements de l’armée française. A priori peu enclin à pleurer le sort d’Alfred Dreyfus, qu’il a pourtant eu comme élève, il en vient pourtant à s’interroger sur sa culpabilité lorsqu’il tombe sur un document révélant les liens entre un certain commandant Esterhazy et les autorités allemandes. Picquart en vient aussi à suspecter son propre adjoint, le commandant Henry, avant de se rendre compte que les responsabilités visent des gradés et des politiques hautement placés, peu désireux que l’on revienne sur la culpabilité d’un militaire qui a le tort d’être juif.

    Une tragédie cornélienne

    En axant son film, non sur Dreyfus, mais sur l’homme qui a fait éclater la vérité, Roman Polanski construit plus qu’un drame historique : il signe un véritable thriller, authentique de bout en bout. Un thriller mais aussi une tragédie cornélienne sur la recherche de la vérité de la part d’un gradé, le moins enclin à salir les institutions militaires et républicaines, mais choisissant de dévoiler les mensonges de ses responsables.

    L’Affaire Dreyfus renvoie d’abord et surtout à l’antisémitisme avec une force implacable : les procès de Dreyfus, les dialogues éloquents, sans oublier la scène d’autodafé après la publication de la lettre ouverte J’accuse de Zola dans le journal L’Aurore du 13 janvier 1898, une séquence qui renvoie aux heures sombres de la seconde guerre mondiale quelques décennies plus tard.

    Aux côtés de Jean Dujardin, irréprochable dans le rôle de ce héros ordinaire qu’est Picquart, et de Louis Garrel, un Alfred Dreyfus déconcertant, il n’y a que du beau monde : Grégory Gadebois, Emmanuelle Seigner, Didier Sandre, Melvil Poupaud, Mathieu Amalric, Vincent Perez, Michel Vuillermoz ou Denis Podalydès !

    Le J’accuse de Polanski est un brillant plaidoyer autant qu’une grande leçon de cinéma : les prises de vues (l’impressionnante séquence d’ouverture avec la dégradation du capitaine Dreyfus), les plans larges (avec cette scène de duel magnifique entre Picquart et Henry), la direction d’acteurs (un époustouflant Jean Dujardin, qui trouve, à l’instar de The Artist, un de ses plus grands rôles), les décors du Paris du début du siècle, la photographie ou la prise de son. Le jury de la Mostra de Venise a récompensé Polanski pour un récit historique passionnant de bout en bout.

    J’accuse, drame historique de Roman Polanski, avec Jean Dujardin, Louis Garrel, Emmanuelle Seigner, Grégory Gadebois, France et Italie, 132 mn, 2019

    Voir aussi : "Les jeunes parlent aux jeunes (et aux autres)"

    Soutenez Bla Bla Blog et tenez-vous informés des derniers blablas
    en vous abonnant gratuitement à notre newsletter

    Likez, partagez, twittez et instagramez les blablas de Bla Bla Blog !

  • Les jeunes parlent aux jeunes (et aux autres)

    Pin it!

    Coup de projecteur sur un projet inédit. Jeunesse réveille-toi, de Julie Combaluzier, est un film documentaire de plus d’une heure sur la jeunesse française tourné à travers toute la France pendant plus de quatre ans. Il a été écrit et réalisé par une jeune, produit par deux jeunes, destiné à des jeunes – mais pas seulement – et qui donne la parole à des personnes de 16 à 102 ans.

    Dans ce portrait d'une jeunesse française riche et diverse que l'on se plaît à voir désabusée, apparaît une génération soucieuse de son devenir. À travers de nombreux témoignages, Jeunesse rêve-toi part à la rencontre de jeunes plein d’envies, de vie et de ceux qui les côtoient comme vous ne l’avez jamais vue.

    La première projection a eu lieu le 9 septembre 2019, 400 projections sont à venir sur tout le territoire.

    Jeunesse, réveille-toi, documentaire de Julie Combaluzier
    Sonho Productions, France, 63 mn

    https://www.jeunesserevetoi.fr

    Voir aussi : "Clap de fin pour le 42 heures pour un Court"

    Soutenez Bla Bla Blog et tenez-vous informés des derniers blablas
    en vous abonnant gratuitement à notre newsletter

    Likez, partagez, twittez et instagramez les blablas de Bla Bla Blog !

  • Le S3NS du jazz d’Ibrahim Maalouf

    Pin it!

    Après une incursion séduisante d’Ibrahim Maalouf dans la musique classique, avec la Levantine Symphony, boudée par certains ayatollahs du jazz mais réellement séduisante, voici Ibrahim Maalouf de retour avec S3NS. Un onzième album résolument jazz cette fois, qui prouve une fois de plus que le trompettiste franco-libanais est déjà en train de marquer l’histoire de ce genre.

    L’album s’ouvre sur Rosa Blanca qui, après une entrée délicate et mélancolique, se déploie avec générosité et luxuriante, grâce au featuring d’Harold López-Nussa. Un titre auquel vient répondre, plus loin dans l’opus, le tout aussi coloré et fantasque N.E.G.U., avec cette fois Alfredo Rodriguez.

    "Luxuriance" : le mot est trouvé pour qualifier un opus à la fois classique dans sa facture (orchestre de cuivre, rythmes enlevés, couleurs de jazz band, rythmes latinos) et d’une réelle maîtrise – mais on n’en attendait pas moins d’Ibrahim Maalouf. Luxuriance mais aussi audace car, de la même manière que Maalouf était entré dans le classique, en y apportant ses influences jazz et orientales, le trompettiste ne dédaigne pas plus la fusion, à l’exemple du canaille Na Na Na où viennent se rejoindre free jazz, manouche, pop et électro dans un joyeux fatras qui vient narguer les bien-pensants d’un jazz sous naphtaline.

    Un joyeux fatras qui vient narguer les bien-pensants d’un jazz sous naphtaline

    Le trompettiste fait feu de tout bois, ne s’interdisant pas de se nourrir de pop-rock, à l’exemple de l’attendrissant et mutin Happy Face, ou de proposer des architectures musicales faisant se concentrer l’électronique et le cuivre, dans S3NS, le titre qui a donné le nom à l’album. Pour Harlem, en featuring avec Irving Acao, nous voici, bien sûr, au cœur de New York, dans un morceau au funk assumé. La trompette d’Ibrahim Maalouf cavale toute bride apparue dans les quartiers bigarrés et colorés de la Big Apple. Harlem ce n’est pas juste un titre jazz virevoltant : c’est aussi une vraie scène cinématographique, au point qu’on l’imagine bien faire les honneurs d’une bande originale de film.

    Le musicien franco libanais s’offre le luxe de s’allier avec Roberto Fonseca pour Gebrayel, un titre latino à souhait, à la joyeuse exubérance mais non sans des respirations mélancoliques et bouleversantes. Bouleversantes comme le sont les sonorités et la facture de All I Can’t Say, dans lequel la trompette vivante d’Ibrahim Maalouf se déploie, langoureuse, lyrique et romanesque, avec des accents orientaux. Il semble que pour S3NS, Ibrahim Maalouf propose un album bien plus intériorisé qu’il n’y paraisse. Le titre qui termine l’opus, Radio Magallanes, nous parle de solitude et de repli à l’écart des autres, à l’instar de cette terre chilienne proche de l’Antarctique. Après la chaleur méditerranéenne, voilà pour terminer le froid du pôle sud, pour un opus qui nous a fait cavaler aux quatre coins du monde. Un vrai album qui fait S3NS, quoi.

    Ibrahim Maalouf, S3NS, Mister Ibe, 2019
    En concert, le 23 novembre au Zénith de Dijon
    Le 24 novembre au Zénith de Nancy
    Le 30 novembre à l’Opéra Garnier de Monte-Carlo
    Le 1er décembre au Dôme de Marseille
    Le 8 Décembre au Zénith Sud, deMontpellier
    https://www.ibrahimmaalouf.com
    https://www.facebook.com/ibrahim.maalouf

    Voie aussi : "Ibrahim Maalouf, déjà un classique"

    Soutenez Bla Bla Blog et tenez-vous informés des derniers blablas
    en vous abonnant gratuitement à notre newsletter

    Likez, partagez, twittez et instagramez les blablas de Bla Bla Blog !

  • Accusé Molière, levez-vous !

    Pin it!

    Voilà 400 ans que Molière berce l’histoire de la littérature française. Celui qui est un auteur classique, entré dans tous les manuels scolaires, est sans doute aussi, paradoxalement, celui qui est le moins académique et le plus vivant. Commentées avec passion, ses pièces gardent leur fraîcheur et toute leur pertinence.

    Qu’une pièce, justement, se penche sur "le cas Molière", voilà qui ne peut que susciter notre intérêt. Si nous parlons de "cas Molière" c’est qu’une théorie troublante s’est peu à peu dévoilée depuis le début du XXe siècle : la plupart des grandes pièces de Molière seraient, en réalité, écrites par Corneille. Et si le plus grand monument du théâtre français était une vaste imposture ? C’est en partant de cette idée que Julien Delpech (auteur et interprète et seul en scène Ça aurait pu commencer comme ça !, toujours en tournée) a imaginé Molière, L’Imposteur ?

    En 1998, François Martin, professeur de Français à la retraite, décide de partir en Inde dans le cadre d’une mission humanitaire. Un séisme détruit la région et on perd la trace du professeur. Un an plus tard, le fils de François, Victor, désormais orphelin, reçoit un cahier du notaire de sa mère. En découvrant ce manuscrit, ce sont de lourds secrets qui sont dévoilés, et parmi eux il y a une imposture littéraire.

    Aurions-nous tous été tous dupés ? Molière serait-il cet imposteur que Pierre Louÿs avait cru démasquer ? Qu’importe, répond en substance Julien Delpech : même si Molière n’est pas l’auteur de ses pièces, il reste un personnage majeur. Sans Jean-Baptiste Poquelin, Molière n’existe pas et sans Jean-Baptiste Poquelin, Corneille reste Corneille.

    Molière, L’Imposteur ?, proposé par la jeune compagnie Gaîté Production, ne cache pas son ambition artistique : cette enquête historique et littéraire s’étalant sur trois époques et sur plusieurs siècles, elle est interprétée par cinq comédiens et comédiennes endossant pas moins de 25 rôles.

    Alors, Molière est-il l’auteur de L’Avare, de Tartuffe ou du Bourgeois Gentilhomme ? Au public de le découvrir avec cette étonnante pièce, qui entend dévoiler une vérité sur le plus énigmatique, sans doute, des génies français.

    Molière, L’Imposteur ? de Julien Delpech
    Avec Julien Delpech, Paul Morel, Héloïse Werther, Pierre Delcambre et Prune Roussillon
    Compagnie Gaîté Production
    Théo-Théâtre, Paris, 15e

    Du 13 octobre au 22 décembre 2019, le dimanche soir à 19H
    http://www.lesptitsmolieres.com

    Voir aussi : "Seul en scène entre amis"

    Soutenez Bla Bla Blog et tenez-vous informés des derniers blablas
    en vous abonnant gratuitement à notre newsletter

    Likez, partagez, twittez et instagramez les blablas de Bla Bla Blog !

  • Polissonne, mais pas que

    Pin it!

    Cette année encore, Bla Bla Blog ouvre ses colonnes au salon de la littérature érotique. Il aura lieu à La Bellevilloise le dimanche 24 novembre 2019 de 15 heures à 21 heures.

    Genre à la marge s’il en est, la littérature érotique est pourtant un genre qui a su largement se dépoussiérer ces dernières années. Polissonne, dévergondée, sexy : la littérature érotique c’est cela, mais pas que... Et c’est cette littérature aux multiples visages que proposent les organisateurs de ce salon pas tout à fait comme les autres.

    Flore Cherry, que Bla Bla Blog avait chroniquée l’an dernier, est aux manettes de cet événement qui décline l’érotisme littéraire à toutes les sauces, pour en faire un moment qui promet d’être passionnant, divertissant, engagé… et bien sûr amoureux.

    Bien entendu, les auteures et auteurs de romans érotiques et d’essais sur la sexualité auront une place de choix au cours de ce salon : Camille du compte Je m'en bats le clito, Brigitte Lahaie, Nomi Jolinomi, Virginie Girod, Lucile Bellan, Olivier Liron, Caroline Michel, Ève de Caudalie (elle présentera en avant-première son dernier ouvrage, Troublante excitation), Marc Dannam ou Guenièvre Suryous, que nous avions chroniquée sur ce blog. Lors du salon, Aurélien Fache et Cathline Smoos viendront avec leur dernier ouvrage Pussy Talk, une œuvre qui mélange érotisme et nouvelles technologies. À ne pas manquer également, le Prix de la nouvelle érotique sera remis par Laslo Sardanapale.

    Anne Hautecoeur sera également présente pour parler de l’aventure de La Musardine, une des rares librairies spécialisées dans la littérature érotique à Paris.

    Parmi cette vingtaine d’auteurs, les femmes tiendront une place de choix. Beaucoup de féministes ont fait de la littérature érotique un vrai champ de réflexions sur la sexualité et sur les rapports hommes-femmes, sinon d’expérimentations, comme le prouvent les conférences proposées par le salon du 24 novembre : la lecture d’un extrait de Féministe pour Homme de Noémie de Lattre et d’un autre de Julie Palombe, En attendant l’accouchement, un débat de Wyylde portant sur la question "Quel discours sur la sexualité libre en 2019 ?" et une conférence de Franck Spengler, "La New Romance, l’écriture érotique des femmes ?"

    Le public pourra participer à des défis d'écriture érotique et découvrir des stands et des animations insolites (écoute érotique au casque par Audible et sa collection Libido, le tarot des fantasmes par My Sweet Fantasy, des sextoys par Lelo, etc.)

    Parce que la littérature érotique n’entend pas se limiter à la polissonnerie, une visite à ce salon est sans aucun doute l’un des événements à suivre le week-end prochain.

    Salon de la littérature érotique, 4e édition
    La Bellevilloise, le dimanche 24 novembre 2019, de 15 heures à 21 heures.
    https://www.facebook.com/events/636334693561774
    Avec le soutien de Lelo, Wyylde et Audible

    Voir aussi : "Le salon de l’érotisme sous le regard des modèles d’Alex Varenne"

    Soutenez Bla Bla Blog et tenez-vous informés des derniers blablas
    en vous abonnant gratuitement à notre newsletter

    Likez, partagez, twittez et instagramez les blablas de Bla Bla Blog !

  • Chaud, fort et bon

    Pin it!

    Et si Haylen était la future grande voix de la soul ? Cette question très sérieuse mérite d’être posée après l’écoute de son premier EP, Out Of Line, sorti il y a un an et que je ne découvre qu’aujourd’hui. Mais mieux vaut tard que jamais, pas vrai ?

    Les cinq titres de son opus, d’une belle homogénéité et faisant se rencontrer pop, rock, jazz et soul, marquent sans doute la naissance d’une vraie crooneuse.

    Le sens du spectacle, la chanteuse et guitariste parisienne l’a, sans aucun doute : meneuse de revue au Crazy Horse, Haylen a également arpenté la scène de l’American Tours, nous apprend le magazine Rolling Stones dans son numéro de septembre 2019, sans compter un passage par The Voice en 2016.

    Mais revenons à ce premier EP, qui est à sa manière un hymne à la beauté et à l’amour. La voix veloutée de la chanteuse délivre une pop rock langoureuse et chaleureuse (Don’t Give Up). Dans ce mini album, en anglais pour l'essentiel, Haylen propose ausi un titre en français, Encore Une Nuit, délicat et mélancolique chant d’amour : "Encore une nuit / Qui ne t'invente pas / Encore une nuit / Seule Dans ce grand lit froid / Les larmes ont séchées sur mon visage / Depuis ce dernier baiser trop sage / Cette histoire dissimulé / Vaut le coup de doux moment comme captivé / Enivré dans la chaleur de tes bras / Ceux qui me seraient fort ce matin là."

    Le funk langoureux de Little Star est porté par une voix qui vient s’épanouir dans des volutes. Plus érotique encore, Out Of Line, qui donne le nom à l’EP d’Haylen, se déplie avec des accents de danse nuptiale, sur des sons débarrassés de tout artifice, comme si la musique se mettait à nu elle aussi : "All alone one more time / On my own with a broken heart / Tears sweaping the boulevard / Lord hear me I'm praying the stars / Everytime I walk out of line / Out of line."

    Si le slow pouvait revenir hanter les pistes de danse et rapprocher enfin les corps, c’est sans doute sur cet album d’Haylen que l’on jetterait son dévolu, et en particulier sur le dernier titre, Good Things. Chaud, fort et bon ! : "You can call me a dreamer / But no one can stop me tonight / in this world so strange / We all have to play the same game / And I can't imagine what it would be / A place without darkness and misery."

    Violon, guitare, saxo et voix puissante : rien de trop pour faire de la chanteuse anglaise une passionnante crooneuse à suivre avec passion.

    Haylen, Out Of Line, BackBeat Records, 2018
    https://haylenofficiel.bandcamp.com/releases
    https://www.facebook.com/haylenofficiel

    Voir aussi : "Comme un air de Motown"

    Soutenez Bla Bla Blog et tenez-vous informés des derniers blablas
    en vous abonnant gratuitement à notre newsletter

    Likez, partagez, twittez et instagramez les blablas de Bla Bla Blog !

  • Dernières nouvelles de l’enfer

    Pin it!

    Hellina-Scythe-Visuel-1000pxl-rvb.jpgL’enfer est pavé de mauvaises intentions, et dans le cycle de BD Hellina & Scythe, on peut compter sur la reine Scythe, l’adjuratrice Hellinao ou la princesse consort Maelstrom pour mettre au pas des armées de démones et les envoyer ad patres. Le livre regroupe les quatre premiers épisodes de Hellina Scythe parus entre janvier et mai 2017. La saga d’érotico-fantasy propose un univers sombre à souhait peuplé de succubes sexy et athlétiques : de vraies super héroïnes en sorte, peuplant un enfer "grandiose, froid, magnifique, horrible et solitaire." Ce dont il est question dans ce très beau volume, proposé par les éditions Tabou, est ni plus ni moins qu’une nouvelle mythologie mettant en scène Cerbère, Hadès ou Perséphone, mais aussi des personnages inventés de toute pièce : Aurélie la Gardienne de la Rivière des Chagrins, Hellina, la maîtresse des enfers ou la non moins sculpturale reine Scythe.

    Dans Hellina & Scythe, la première nouvelle graphique du volume, avec Pat Shand au scénario et Gabriel Andrade au dessin, nos deux guerrières, au service de Lucifer, goûtent cinq siècles d’accalmie sur terre, occasion parfaite pour batifoler dans "la première crypte venue." Mais leur longue nuit d’étreintes est troublée par le raid d’une armé conduite par Forneus, la reine du Quadrant de l’Armoise du dernier cercle – excusez du peu : la reine folle, "connue pour sa collection d’oiseaux morts et sa tenue faite de ses propres cheveux", est venue leur faire la nique. Elle vient renverser l’enfer – Lucifer pour le dire autrement. Une nouvelle guerre commence contre une adverse retorse, guerre qui menace de plonger la terre dans une redoutable apocalypse. Hellina et Scythe organisent la résistance en mettant en place une armée de démons avant de descendre en enfer afin d’affronter la reine folle.

    Dans l’histoire suivante, Nekrotika et Maelstrom (au scénario, Doug Meiers, William A . Christensen et Mark Seifert, et au dessin Juan Jose Ryp), il est question d’un combat singulier entre deux démones pour devenir princesse consort et se disputer les faveurs de la reine. Ce duel entre les deux prétendantes va vite prendre une tournure d’une tout autre ampleur.

    Les amours saphiques sont aussi des transcriptions au féminin des amitiés viriles antiques

    Dans le moins convaincant Sythe & Maelstrom (William A . Christensen et Mark Seifert au scénario et Rick Lyons au dessin), il est question précisément de la rencontre entre la reine Sythe et celle qui sera sa future princesse consort Maelstrom. Cette dernière est passée entre les mains d’un autre ennemi de Lucifer, l’archidiable Béset.

    Pour le très réussi Les Origines de Hellina, en trois parties, Doug Meyers et Loren Hernandez content le destin éloquent de l’humaine Sandra Lords, une éternelle femme victime de toutes les exactions pactisant avec le mal pour devenir la maîtresse des enfers, avant de rejoindre plus tard les rangs de Scythe.

    Voilà le programme réjouissant de ce volume mettant en scène des diablesses s’entre-déchirant pour le contrôle des enfers dans des guerres sans merci. Des guerres où les humains sont réduits au rang de pantins fragiles et finalement guère mieux que ces démones qui les protègent à leur manière : "C’est Lucifer qui a ordonné que l’humanité soit doté du libre-arbitre pour la protéger des créatures voulant contrôler les esprits."

    Combats à mort, tueries, tortures, viols, éviscérations ou sang coulant à gros bouillons sont mâtinés d’une solide dose d’humour noir et bien entendu d’érotisme. Le cycle Hellina & Scythe est autant un plaisant divertissement sensuel et sanglant – à ne pas prendre bien évidemment au premier degré – qu’un réel projet artistique. Nos héroïnes imposent leurs forces et leurs désirs dans des mondes terrestres ou infernaux essentiellement masculins – si l’on excepte la première histoire mettant en scène la reine folle. Disons aussi que les viols ne sont pas moins importants que les émasculations, et les personnages masculins ont fort à faire pour imposer leur règne. Les amours saphiques de Scythe et Hellina sont représentées bien sûr comme des fantasmes pur jus – à l’instar de la centaine de couvertures reproduites – mais ce sont aussi des transcriptions au féminin des amitiés viriles antiques courantes dans la mythologie grecque, à l’instar d’Achille et Patrocle.

    Ce très bel album, qui n’est pas à mettre entre toutes les mains, se termine par plus de 50 pages et 112 couvertures d’albums de ce cycle : un mélange d’horreur, de mythologie, de dark fantasy et d’érotisme. Vous voilà prévenus.

    Pat Shand, Gabriel Andrade et Juan Jose Ryp, Hellina & Scythe
    éd. Tabou, 2019, 224 p.
    http://www.tabou-editions.com
    https://patshand.tumblr.com

    Voir aussi : "Plans à Troie"

    Soutenez Bla Bla Blog et tenez-vous informés des derniers blablas
    en vous abonnant gratuitement à notre newsletter

    Likez, partagez, twittez et instagramez les blablas de Bla Bla Blog !

  • Les mondes rêvés de Zimmer

    Pin it!

    Dans son album éponyme, Zimmer propose une électro revenant à ses sources, celle de Jarre et de l’électro allemande (Physique, Dawn, Side of you), non sans une large place laissée à l’acoustique.

    C’est un opus faisant le pari d’une électro explorant les terrains de la pop (Make it Happen) – Daft Punk est passée par là – voire au disco et à la danse (Techno Disco). Wildflowers, avec la voix de Jarrah McCleary du groupe australien Panama, ose même chercher des influences venues d’extrême-Orient, voire des sons ouverts sur des mondes rêvées, comme des prières adressées à des esprits (Mayans, Thunder).

    L’auditeur y trouvera une musique planante et irrésistible (Dawn, Bai) grâce à des sons à la rythmique et aux mélodies minimalistes, à l’instar de Rey, le premier single sorti en juin dernier. L’électro de Zimmer est volontairement apaisée et revient aux fondamentaux : les machines dessinent une musique paradoxalement humaine et rassurante à la Petit Biscuit (Beast).

    Outre le morceau de bravoure qu’est Mouvement, envoûtant et à la simplicité évangélique, Zimmer utilise également des sonorités pop rock pour Thunder : rythme lancinant, pureté du synthétique et piano de retour sont au service d’un concerto du nouveau monde, entretenu par des rythmiques primitives.

    Landing est un atterrissage en douceur pour clore cet album à la fois universel et venu d’ailleurs

    Zimmer, Zimmer, Roche Musique, 2019
    En concert le 15 janvier à la Maroquinerie
    https://roche-musique.com

    Voir aussi : "Juste quelques minutes d’électro"

    Soutenez Bla Bla Blog et tenez-vous informés des derniers blablas
    en vous abonnant gratuitement à notre newsletter

    Likez, partagez, twittez et instagramez les blablas de Bla Bla Blog !

  • Clap de fin pour le 42 heures pour un Court

    Pin it!

    La 13e édition du 42 heures pour un Court avait lieu ce week-end à Montargis du 8 au 10 novembre.

    Après 42 heures d’un triathlon vidéo, au cours de laquelle 8 équipes devaient imaginer, écrire, jouer, tourner et monter un film, ce dimanche avait lieu la projection des œuvres créées en un temps record et la remise des prix, après une longue délibération du jury, sous la houlette de Rémy Julienne.

    Sur huit équipes, sept ont finalement pu terminer dans les temps et proposer leur création qui devaient obéir à des contraintes de situation (mettre en scène la phobie, le hasard, la prédiction de l’avenir ou l’optimisme à toute épreuve), de 9thème (le chiffre 13), de lieu (huit lieux à Montargis étaient tiré au sort) et une dernière contrainte sur une citation de film tirée au sort.

    Le palmarès a particulièrement mis en lumière trois courts-métrages qui ont fait l’objet de discussions parfois passionnées, avec des trouvailles et des choix qui ont pu déconcerter voire enthousiasmer le jury.

    Le Chien d'Or a été remis au film Futur imparfait de l'équipe W Movie Machine, qui a également reçu le prix du public, à quelques voix près. Le jury a été séduit par la qualité du film comme par l’humour impertinent et les trouvailles au service d’un court-métrage engagé, mené tambour-battant.

    Le Chien d'Argent a été remis à Ready or not de l'équipe Novely Studio pour l’audace de son sujet très actuel et par le culot de ses créateurs.

    Le Chien de Bronze a été remis à Un message de l'équipe Rapace Prod pour avoir su traiter avec beaucoup d’intelligence, sans pathos et non sans humour le sujet difficile du deuil.

    Deux prix d'interprétation féminine ex-æquo ont été remis à Laurine Porcher pour son interprétation dans Ready or not dans lequel elle tient à bout de bras le court-métrage Mélanie Poiget pour son rôle de voyante hallucinée dans Un message.

    Le prix d'interprétation masculine a été remis à l’unanimité à Chris Surgiao, parfait dans son interprétation de looser magnifique à la Big Lebowski pour Futur imparfait.

    Le jury a tenu à ajouter trois prix spéciaux.

    Un prix du meilleur second rôle a été remis à la "jeune" et formidable Marcelle Bréchet pour Futur imparfait et son rôle incroyable de Sandrine Connor.  

    Un prix du meilleur scénario, qui a bluffé le jury, a été donné à Un message.

    Le jury a tenu également à décerner le prix de la meilleure musique à Ça roule, Jason de l'équipe La Compagnie Man Raie.

    C’est donc fini pour cette 13e édition de 42 heures pour un Court. À l’année prochaine pour le 14e rendez-vous de ce festival de cinéma.

    42 heures pour un Court avait lieu, du 8 au 10 novembre 2019
    http://www.art-et-culture-montargis.com/-42h-pour-un-court-.html
    https://www.facebook.com/Association-Art-et-Culture-Montargis-Officiel-375977162480565/

    Voir aussi : "Dans le jury de 42 heures pour un Court"

    Soutenez Bla Bla Blog et tenez-vous informés des derniers blablas
    en vous abonnant gratuitement à notre newsletter

    Likez, partagez, twittez et instagramez les blablas de Bla Bla Blog !

  • La bibliothèque des auteur·e·s inconnu·e·s

    Pin it!

    david foenkinos,roman,imposture littéraire,bretagne,finistère,crozonC’est une imposture littéraire dont il est question dans Le Mystère Henri Pick (éd. Gallimard). Une imposture à vrai dire imaginaire mais qui n’a rien d’absurde, tant le roman de David Foenkinos paraît réaliste dans sa description du grand et du petit milieu des lettres. Rien ne manque dans ce roman énigmatique dans lequel l’auteur de La Délicatesse a certainement mis pas mal de moments vécus : une jeune éditrice ambitieuse, un écrivain qui rame à faire décoller sa carrière après un premier roman prometteur, un critique littéraire sur le déclin, quelques célébrités littéraires (Michel Houellebecq, Laurent Binet ou François Busnel) et bien entendu un mystérieux auteur nommé Henri Pick.

    L'histoire démarre à Crozon, dans une obscure bibliothèque municipale. Là, son responsable a décidé en 1992 de consacrer un rayon aux manuscrits oubliés, où des écrivains en mal de reconnaissance viendraient déposer leurs œuvres. Aucun comité de lecture pour ces textes refusés : son principe est celui de l’authentique Brautigan Library, créé au début des années 80 dans l’État de Washington.

    C’est dans cette bibliothèque de Crozon que Delphine Despero, éditrice chez Grasset et en vacances dans sa famille finistérienne, découvre ce qu’elle qualifie de "chef d’œuvre" : le livre, un roman, s’appelle Les Dernières Heures d’une Histoire d’Amour et a été écrit par un certain Henri Pick. Ce nom n’est pas inconnu des habitants de ce petit coin de Bretagne car cet homme très discret, décédé deux ans plus tôt, tenait une modeste pizzeria. Or, le manuscrit de cet Henri Pick s’avère intrigant puisque sa veuve ignorait jusqu’à l’existence de ce texte et apprend à l’éditrice qu’elle n’a jamais vu son mari écrire, et encore moins lire. En dépit de ce mystère, Delphine Despero est persuadé d’être en présence d’un nouveau Vivian Maier (1926-2009), du nom de ce photographe dont les clichés n’ont été découverts qu’après sa mort. "Pour Delphine, la comparaison avec Pick était justifiée. Il s’agissait d’un pizzaiolo breton qui, dans le secret absolu, avait écrit un grand roman. Un homme qui n’avait jamais cherché à publier. Cela intriguerait tout le monde, à coup sûr."

    Aussi célèbre et mystérieux que Salinger ou Thomas Pynchon

    Pour intriguer, le roman d’Henri Pick intrigue. La publication de son roman posthume devient un événement littéraire, que les éditions Grasset montent alimentent. Contre toute attente, la publication des Dernières Heures d’une Histoire d’Amour est un triomphe, alimenté autant par le bouche-à-oreille élogieux des lecteurs et des libraires que par les médias qui sont fascinées par cette histoire de pizzaiolo breton devenu aussi célèbre et mystérieux que Salinger ou Thomas Pynchon. Au milieu de cette folie littéraire, un homme est obsédé et dubitatif par l’histoire de ce roman rescapé de l’oubli : Jean-Michel Rouche, critique au Figaro littéraire, décide de mener l’enquête. Et ses pas le mènent, bien entendu, en Bretagne. Qui est réellement cet Henri Pick et est-il l’auteur de son best-seller ?

    Il fallait la malice, la sensibilité et la connaissance du milieu littéraire de David Foenkinos pour écrire l’histoire de cette découverte littéraire. L’auteur de Vers la Beauté choisit la comédie mais aussi l’enquête pour raconter un destin artistique et la mise sur le devant de la scène d’un modeste citoyen qui, en tant normal, aurait été oublié de tous. Mais cette histoire éditoriale et médiatique complètement folle (que l’on pense à la scène d’interview hilarante de François Busnel) est aussi celle d’hommes et de femmes qu’un simple roman transforme : l’ambitieuse et douée Delphine Despero, bien entendu, mais aussi son petit ami Frédéric, le critique littéraire Jean-Michel Rouche, la veuve et la fille de Pick ou la bibliothécaire de Crozon.

    Le Mystère Henri Pick garde la saveur d’un livre énigmatique jusque dans les dernières pages éclairant l’itinéraire d’un manuscrit qui su si bien bouleverser des millions de lecteurs. le roman de David Foenkinos a fait l’objet cette année d’une adaptation de Rémi Bezançon, avec Fabrice Luchini et Camille Cottin dans les rôles principaux.

    David Foenkinos, Le Mystère Henri Pick, éd. Gallimard, coll. Folio, 323 p. 2016
    @DavidFoenkinos

    Voir aussi : "David Foenkinos, son œuvre"
    "Beau et sombre à la fois"

    Soutenez Bla Bla Blog et tenez-vous informés des derniers blablas
    en vous abonnant gratuitement à notre newsletter

    Likez, partagez, twittez et instagramez les blablas de Bla Bla Blog !

  • Clio, la fille en fusion

    Pin it!

    Avec Clio, de retour avec son deuxième album Déjà Venise, c’est la fusion parfaite entre chanson et électro. Les textes sensibles d’une fille, dont on sent la lave bouillonner, battent dans un rythme syncopé, à l’instar du premier titre, T’as vu, qui est le récit du retour d’une femme après, l’imagine-t-on, une grave crise de couple : "Allez ça va / Je suis là / J’ai fait des tours autour de la maison / Fumer beaucoup / Mouiller mes joues / toucher le fond / J’ai shooté dans tous les cailloux des horizons / Et je suis rentré à la maison." Ce récit teintée d’amertume et de mélancolie est aussi l’histoire d’une réconciliation autant que l’aveu d’un amour inconditionnel malgré tout : "Plus jamais ça / Mais t’as crois quoi ? / Q’j’allais pas rentrer ? / Q’j’allais me barrer ? / Q’j’en allais en allumer un mieux dans la rue d’à côté ? / Mais non t’inquiète pas / Y’a pas mieux que toi."

    L’ouverture de Déjà Venise porte l’empreinte d’un opus romantique et sensible (Nous perdre au Louvre), mais sans concession. Clio revendique être une femme amoureuse, à la couleur guimauve et au cœur d’artichaut : "Je tombe amoureuse tous les trois jours / Je crois que j’ai des facultés pour / Il doit y avoir par là-dedans des récepteurs assez puissants / Je tombe amoureuse tous les mardis / Et malheureuse le mercredi / Qu’est-ce que je deviens qu’est-ce que je deviens / Moi si j’ai plus de chagrin demain."

    Musicalement, Clio digère, pour son album très personnel, des influences électros (T’as vu), urbaines (Sur les horodateurs), mais aussi… cinématographiques (Les Horodateurs, Romy S.). Ne pourrait-on d’ailleurs pas parler de touche rhomérienne dans l’écriture du titre Au bar de l’oubli ? L’utilisation, au service de textes mélancoliques, de sons synthétiques et de boîtes à rythme ne sont pas sans rappeler les influences de Dominique A et surtout de Françoiz Breut (Des pas dans la neige). L’album de Clio, à la beauté incandescente, est d’abord une déambulation romanesque aux arabesques envoûtantes, à l’exemple de Tristan, dont le choix acoustique à la sombre mélancolie renvoie à Maud Lübeck  : "Toi tu m’as plu / Tu m’as bien plus / Bien moins que lui / C’est évident / Mais bien longtemps que lui…"

    "Dans mon histoire d’amour je serais Romy Schneider"

    C’est un périple amoureux que propose Clio, ou plutôt des allers-retours dans lequel la chanteuse confie ses incertitudes et ses valses hésitations : Partir ou rester ? Retenir l’autre si c’est encore possible ? Se réconcilier ? "Mais elle est faite ta valise / Dans ta tête c’est déjà Venise /Mais elle est faite ta valise / Il y a les cintres / Plus les chemises / J’aurais dû y penser avant / Laisse-moi partir devant" (Déjà Venise). Pour cette chanson, qui donne le tire album, Clio parle dans un parlé-chanté gainsbourien, de réconciliations : Venise peut autant être le point de fuite d’un amour moribond qu’un nouveau voyage sentimental.

    Voyage sentimental, donc, mais aussi musical, tant Clio apporte vraiment quelque chose de plus dans le paysage de la chanson française : on peut parler de vraie d’audace pour cet opus qui n’aurait pu être qu’un simple album personnel. La chanteuse apporte un grand vent de fraîcheur, à l’instar de son adaptation française de Porque te vas, qui fait vraiment sens : peu d’artistes auraient pu être autant légitimes dans la reprise de ce tube de 1976 qui vient se fondre complètement dans Déjà Venise.

    Clio, artiste en fusion dans les deux sens du terme, croque à la sanguine les petites et les grandes aventures amoureuses, les rencontres ordinaires et fondamentales comme les douloureux états d’âmes, sur une rythmique nerveuse. Le rêve amoureux, les retrouvailles et les nouvelles passions sont toujours possibles, nous dit en substance Clio : "Dans mon histoire d’amour je serais Romy Schneider."

    Clio, Déjà Venise, 2019, uGo&Play Label / Un Plan Simple, 2019
    https://www.facebook.com/cliofficiel

    Le 15 novembre : Le Ponant, Pacé
    Le 15 et le 22 novembre : Le Scénacle, Besançon
    Le 4 décembre : Centre Culturel, Le Haillan

    Voir aussi : "Une session avec Françoiz Breut"
    "La vie à deux avec Maud Lübeck"

    Soutenez Bla Bla Blog et tenez-vous informés des derniers blablas
    en vous abonnant gratuitement à notre newsletter

    Likez, partagez, twittez et instagramez les blablas de Bla Bla Blog !