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  • Les jeux olympolitiques

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    jo-mexico1.jpgAlors que le compte à rebours vient de commencer avant le début des Jeux Olympiques de Rio de Janeiro, l’essai de Pascal Boniface, JO politiques (éd. Eyrolles), vient nous rappeler la tarte à la crème que constitue le discours sur l’apolitisme de la vénérable institution olympique. L’auteur, directeur de l’IRIS (Institut de Relations Internationales et Stratégiques) affirme en introduction le rôle géostratégique majeur (et inavoué) du CIO qui a démontré, à plusieurs reprises, son influence positive ou négative sur les nations, ne serait-ce que par l’attribution de l’organisation des jeux à tel ou tel pays.

    A ses débuts, la désignation d’une organisation tournante des JO tous les quatre ans n’est pas allée de soi. Lorsque le baron Pierre de Coubertin relance les jeux olympiques après quinze siècles de sommeil (ce n’est du reste pas la première tentative), c’est tout naturellement vers la Grèce que les regards se portent. Le pays de Périclès, très en vogue en raison de fouilles archéologiques qui passionnent le public, organise la première Olympiade en 1896. Le pays de naissance de l’olympisme souhaite, malgré le succès relatif de cette première édition, continuer à organiser les olympiades suivantes, ce que le CIO refuse. Et c’est la ville Paris qui prend la suite en 1900. En 1908, Saint-Louis organise les fameux "jeux de la honte", en raison du refus de la participation de compétiteurs noirs. La question raciale va d’ailleurs être la grande affaire du CIO pendant tout un siècle : quelques décennies après Saint-Louis, viendront les jeux décriés de 1936 à Berlin durant la période nazie, la gestion de l’Apartheid sud-africaine après 1948 ou la revendication du black power lors des JO de Mexico en 1968.

    Pascal Boniface relate les tensions géopolitiques de plus d’un siècle d’Olympisme. Il rappelle aussi que le discours du CIO au sujet de son apolitisme est, dès le départ, erroné voire "hypocrite" : lorsque Pierre de Coubertin créé les JO, "il le fait dans un but d’éducation populaire (…) afin d’aider son pays "à concurrencer l’Angleterre sur le plan sportif" mais également "insuffler aux jeunes Français un esprit de compétition, notamment afin de rattraper l’Allemagne." L’Olympisme est à demi-mot au service d’un certain patriotisme… français.

    sport,olympisme,jeux olympiques,de coubertinDevenus très tôt internationaux (à Stockholm en 1912, selon l’auteur), les jeux deviennent aussi une vitrine des nations. Tous les quatre ans, les jeux constituent moins une période d’apaisement mondial qu’un lieu où peuvent s’exacerber les revendications nationalistes voire politiques : en 1928 aux JO d’Amsterdam, c’est le retour de l’Allemagne sur le devant de la scène après la parenthèse de la première guerre mondiale ; en 1936 à Berlin, Hitler fait de ces jeux populaires un outil de propagande pour le régime nazi (en dépit des performances de l'athlète noir américain Jesse Owens) ; à partir de 1952 à Helsinki, les JO sont organisés en pleine guerre froide et deviennent un terrain d’affrontement idéologique entre l’ouest et l’est ce qui sera le cas pendant quarante ans ; Munich en 1972 est marqué par l’attaque terroriste palestinienne contre des athlètes israéliens et, plus près de nous, en 2008, les JO de Pékin voient la Chine se montrer en superpuissance mondiale sportive mais aussi politique.

    Pascal Boniface s’arrête sur quelques événements majeurs pour étayer sa thèse concluante d’un CIO acteur des rivalités géopolitiques. De passionnantes pages relatent les boycotts successifs que de nombreux pays ont pu utiliser dans le cadre de l’olympisme : le boycott de Moscou en 1980 par les pays alliés des États-Unis seront suivis par ceux des pays sous sphère soviétique lors des JO de Los Angeles en 1984. Pascal Boniface rappelle également que les jeux de Pékin en 2008 voient ressurgir la question du boycott, mais sans succès car au final improductif : "L’attractivité du sport et des JO est telle qu’on est sûr de faire parler de soi en appelant au boycott."

    Véritable soft power, décrié pour son aveuglement voire sa complicité à l’égard de régimes criminels, le CIO véhicule aussi une force d’influence qui peut être positive : après 1945 en mettant la pression sur l’Afrique du Sud et son régime d’Apartheid, durant la décolonisation "comme instrument d’émancipation des colonisés", en 2008 en offrant à la Chine un moyen d’ouvrir la société civile un peu plus au monde ou en 2012 en permettant à des femmes musulmanes (certes voilées, ce qui a suscité une vive polémique) de participer à des jeux.

    Incroyable machine sportive universelle (avec son corollaire : argent, scandales, manipulations politiques, et cetera), le CIO s’affirme comme un véritable État sans frontière, renaissant tous les quatre ans pendant un mois, à chaque fois dans une ville différente.

    Malgré l’absence d’analyse des jeux d’hiver, Pascal Boniface dresse un tableau concluant de l’olympisme politique, alors que les JO de Rio s’annoncent d’ores et déjà menacés par le djihadisme international.

    Pascal Boniface, JO politiques, éd. Eyrolles, 2016, 202 p.

  • Comme ça, vous n’avez pas votre carte !

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    bedetheque-ideale-92-zai-zai-zai-zai-le-gout-pour-l-absurde-de-fabcaro,M231826.jpgLe point de départ et l’intrigue de Zaï zaï zaï zaï tient en peu de mots : un client fait ses courses dans un supermarché et s’aperçoit à la caisse qu’il n’a pas sa carte de fidélité. Un vigile l’alpague pour cette "erreur" mais le client parvient à s’enfuir. C’est le début d’une fuite à travers le pays.

    Cette histoire surréaliste de chasse à l’homme sur fond de carte de fidélité oubliée est le prétexte pour Fabcaro – qui se met d’ailleurs lui-même en scène dans le rôle du client distrait – d’une série de saynètes désopilantes. Avec un sens inouïe de concision et d’efficacité, Fabcaro fait de chaque page une histoire à part entière à partir d’une intrigue a priori banale où le loufoque et l’humour noir le disputent au non-sens. Derrière cette course à un improbable ennemi public numéro un, se cache en filigrane un discours sur l’absurdité de notre monde : société de consommation aliénante, médias hystériques ou manipulateurs ou citoyens lambda tombant dans une douce folie.

    Zaï zaï zaï zaï est servi par un graphisme épuré aux antipodes de l’histoire abracadabrantesque. Amateurs d’humour burlesque à la Monty Python, cette bande dessinée est pour vous.

    Fabcaro, Zaï zaï zaï zaï, éd. 6 Pieds sous terre, 2015
    Julien Baudry, "Fabcaro ou le comique déceptif"

  • Gallery, entrance

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    danseuse-7-site.jpgArt En Transe Gallery fait ses premiers pas au cœur du troisième arrondissement de Paris avec une sélection soignée de trois artistes, aux parcours hétéroclites mais aux œuvres d’une belle cohérence.

    Luca Simonini est au centre de l’exposition "Dancers", centrée comme son nom l’indique dans l’univers de la danse. Rien d’étonnant pour un homme qui a fait une longue et passionnante carrière dans l’univers du ballet. Diplômé de l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs en 1977, Luca Simonini a participé en tant que costumier ou scénographe à de nombreux spectacles de l’Opéra de Paris ou des Ballets de Monte-Carlo.

    La danse rythme son parcours de peintre. Luca Simonini a conservé la passion du ballet, comme le prouvent les œuvres présentées à la galerie Art en Transe Gallery. Les toiles présentées figent et subliment les moments de grâce de quelques grands ballets : Le Boléro de Ravel par Maurice Béjart, Le Sacre du Printemps ou L’Oiseau de Feu de Stravinski par le même chorégraphe suisse.

    12341622_150479398646856_1662069396750128148_n.jpgLuca Simonini a immortalisé quelques mouvements de danses légendaires sur des œuvres à l’aquarelle ou à l’encre de chine. Le bloggeur s’avance en disant que la démarche de l’artiste à autant à voir avec celle d’un sculpteur-plasticien que celle d’un peintre. Luca Simonini a en effet longuement travaillé sur les corps et leur structure, tissant des lignes de dessins comme on créerait une armature en métal ou une modélisation en 3D. Après ce long travail de dessin, l’artiste "habille" ses danseurs et danseuses de délicates couches d’encre et, pour les peintures, d’une aquarelle savamment choisie pour ajouter du volume et du grain aux personnages. Il ne manque plus que la musique de Stravinski pour faire vivre ces toiles – et ses danseurs en pleine action.

    Parallèlement à ces œuvres de Luca Simonini, Art en Transe Gallery propose une sélection de créations de Martine Camors et Antoine Vidal.

    Martine Camors expose une sculpture monumentale en bronze et huit autres sculptures du même métal. Les influences de l’artiste sont autant à chercher du côté de Constantin Brâncuși pour les formes épurées (une délicate goutte en bronze) que du côté de la culture africaine. Martine Camors s’inspire des traditionnels masques africains, mais c’est pour mieux les sublimer et créer des visages à la fois épurés et attachants, tout en courbes et en arêtes.

    13607001_273821282979333_2886452267266398905_n.jpgAntoine Vidal est l’autre sculpteur de cette exposition. Il revendique un parcours atypique fait de recherches de formes abstraites et légères. Le regard glisse sur des bronzes ajourés, étirés et aux formes anthropomorphiques ("La femme en deux"). Le spectateur peut tourner autour de ces sculptures de couleur ébène de franche inspiration tribale. L’influence africaine est d’ailleurs le point commun avec Martine Camors et réunir les deux artistes dans la même exposition est plus que pertinent.

    Ces trois artistes sont réunis jusqu’au 31 juillet dans cette nouvelle galerie parisienne : une belle entrée en matière pour Art En Transe Gallery.

    Luca Simonini, "Dancers", Art En Transe Gallery,
    4 rue Roger Verlomme, Paris, 3e, du 7 au 31 Juillet 2016

    http://entransegallery.com
    http://www.martinecamors.com
    http://vidal.virb.com
    http://cherry-gallery.fr
    © Luca Simonini
    © Martine Camors
    © Antoine Vidal

  • Gustave Caillebotte, découverte d’un géant de l’impressionnisme

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    1- Gustave Caillebotte, Portrait de l'artiste, vers 1889 -Huile sur toile, 40,5 x 32,5 cm -Paris, musée d'Orsay, RF 1971 14.jpgLongtemps considéré comme un peintre amateur, collectionneur et mécène de ses amis, Gustave Caillebotte apparaît aujourd’hui comme l’une des figures majeures du groupe impressionniste. Célèbre pour ses compositions inspirées du Paris d’Haussmann, il a consacré une part importante de sa production à l’évocation des jardins.

    Au musée des impressionnismes Giverny, une centaine d’œuvres, peintures et dessins, seront réunies pour évoquer cet aspect de son art.

    Exposition organisée en collaboration avec le Museo Thyssen-Bornemisza de Madrid.

    Caillebotte, peintre et jardinier, Musée des impressionnismes,
    Giverny, 25 mars – 3 juillet 2016

    Normandie Impressionniste

    Gustave Caillebotte, Portrait de l'artiste, vers 1889, Paris, musée d'Orsay
    © RMN-Grand Palais, Photo Martine Beck-Coppola

  • 51-49

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    images.pngTerrorisme, Loi travail, crise économique, discrédit général du monde politique, pessimisme ambiant : la France avait bien besoin d'une partie de football pour retrouver une bonne dose de ferveur populaire, de sourire et d'optimisme.

    À l'heure de l'écriture de ce billets, quelques heures avant la finale de l'Euro 2016 entre la France et le Portugal, le pays de Grizemann, Pogba ou Giroud se prend à rêver d'une coupe continentale. Après le succès contre l'Allemagne en demie-finale, tous les espoirs semblent permis au point que, dans les commentaires, un résultat autre qu'une victoire paraît inimaginable. Pensez donc ! Un Portugal poussif incapable, jusqu'à ses demies-finales contre un modeste - mais surprenant - Pays de Galles, de terminer par une victoire dans le temps réglementaire s'avère bien plus à la portée des Bleus qu'une Allemagne championne du monde en titre !

    Et pourtant, c'est oublier que le Portugal est loin d'être l'invité surprise d'une compétition, à l'image d'un Pays de Galles pugnace ou d'une Islande tortionnaire d'une pathétique équipe anglaise. Le Portugal est toujours présent dans les compétitions internationales. La Seleção avait rencontré la France lors de la coupe du monde 2006 et avait été défaite par l'équipe à Zidane lors d'une demie-finale à couteaux tirés. Deux ans plus tôt, c'était sur ses terres que le Portugal avait mangé sa plus belle soupe à la grimace en perdant - sur ses terres ! - en finale d'un Euro contre la Grèce, une équipe modeste sur le papier mais qui avait réussi à déjouer Christiano Ronaldo. C'est encore Ronaldo, triple Ballon d'Or, qui sera présent ce soir pour un match qui peut s'avérer plus compliqué que prévu.

    Les Français vont croire à une victoire inespérée, mais nul doute que les joueurs portugais vont jouer leur chance jusqu'au bout. Dans une telle compétition, le 50-50 est de mise. Allez, mettons un 51-49 car il y aura bien un douzième joueur sur le terrain : nous.

    Finale de l'Euro 2016, France-Portugal, 21 heures, M6 

  • Les deux manières de lire Driven

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    driven,bromberg,new romance,sexeIl y a sans doute deux manières de lire Driven. La première pourrait être réservée aux millions de fans de cette trilogie de new romance : poursuivre la lecture des aventures sulfureuses de Rylee Thomas et Colton Donovan à travers un quatrième opus (ou plutôt une saison 3.5 pour reprendre le sous-titre de Driven – Raced). Ce tome rassemble en effet des scènes complémentaires des trois premiers volumes, Driven, Fueled et Crashed, que les amoureux de K. Bromberg retrouveront avec plaisir.

    La seconde manière pourrait être celle d’un nouveau lecteur désireux de découvrir cette trilogie à succès : Raced peut en effet être parcouru chapitre par chapitre parallèlement lors de la lecture de chacun des trois tomes précédents. Voilà une manière originale de se plonger dans cette oeuvre de new romance. Et pourquoi pas ? Après tout, "la vraie vie commence au-delà de la limite de ta zone de confort", pour reprendre une citation de la romancière américaine.

    Soyons clair. Raced n’est pas stricto sensu un roman. Il s’agit autant d’une parenthèse littéraire à destination des fans de Driven que d’un projet éditorial autant qu’artistique. K Bromberg a choisi, dit-elle en préambule, d’écouter ses lecteurs – ou ses lectrices pour être plus exact : "J’ai décidé de me lancer un défi à moi-même… J’ai fait une sélection drastiques des scènes à réécrire." L’auteure américaine a pioché dans Driven, Fueled et Crashed ses scènes favorites, ainsi que celles de ses admiratrices consultées via son blog. À l’instar de Grey de EL James, K Bromberg revisite des passages de sa trilogie en se plaçant du point de vue du personnage principal masculin, Colton Donovan.

    Fans de Driven, vous vous retrouverez plongés dans un univers familier. Nouveaux lecteurs et curieux, Raced offrira une manière alternative de découvrir la trilogie à succès de K Bromberg, best-seller sur la liste du New York Times et de USA Today.

    K Bromberg, Driven, Raced, saison 3.5, éd. Hugo Roman, 2016, 230 p.
    http://www.kbromberg.com
    K. Bromberg sur Instagram

  • Oh, my Gould

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    page_14.jpgIl fallait le faire : retracer la vie et la carrière de Glenn Gould. Cette vraie belle réussite scénaristique autant que visuelle nous vient de Sandrine Revel, auteure de Glenn Gould , Une Vie à Contretemps (éd. Dargaud).

    Il faut dire que le personnage se prêtait bien à cet exercice : Glenn Gould, musicien canadien précoce et surdoué a électrisé sa génération dès son premier enregistrement des Variations Goldberg de Bach, devenues en 1955 une référence autant qu'un disque de chevet pour des millions de personnes. Excentrique (Gould chantonnait pendant ses interprétations), visionnaire (il avait pressenti toute l'importance des technologies encore balbutiantes) ou monomaniaque (sa légendaire chaise boiteuse), Glenn Gould avait un jeu si peu orthodoxe qu'il a complètement revisité la manière dont on pouvait interpréter Bach, Schoenberg ou Beethoven, parmi ses compositeurs fétiches.

    Les familiers de Glenn Gould voyageront en terre pas tout à fait inconnue, même si la BD recèle d'étonnantes révélations, notamment sur sa vie sentimentale ou sur ses relations avec sa cousine Jessie. Pour les autres, ce sera une manière de découvrir la vie et la carrière d'un géant avant, pourquoi pas, de s'intéresser à sa production musicale. Pour les lecteurs souhaitant aller plus loin, Sandrine Revel propose d’ailleurs en fin d’ouvrage une playlist intéressante.

    Sandrine Revel, Glenn Gould , Une Vie à Contretemps, éd. Dargaud, 128 p.
    "Les Variations Gouldberg'


  • Revoilà Marie Cherrier

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    InstagramCapture_50519d6f-19bd-4229-94d0-c9db71aa62bc.jpgMarie Cherrier était en concert à Amilly (45) le 2 juillet 2016 pour un concert rare. Dans une salle intimiste de 200 places, celle qui figure parmi les meilleures représentantes de la chanson française se produisait dans le cadre de la Fête de l’Europe pour un spectacle unique dans le minuscule mais cosy auditorium de la médiathèque.

    Accompagnée de trois musiciens – guitares, basse et batterie – la chanteuse jouait pour l’essentiel des titres de son dernier album L’Aventure, paru il y a moins de deux ans. Après L’Odyssée et Voilà, un ensorcelant autoportrait de la musicienne, le public assistait à une interprétation tendue de l’une de ses meilleures chansons, L’Aventure, que l’artiste interprétait à l’accordéon : "Si c'est la vie je l'admets, OK OK / Si c'est l'amour c'est régulier, allez allez /Il faut comprendre et accepter, je pourrais je pourrais / On se dit bye bye et aux regrets, jamais jamais / Alors je m'abandonne à mes rêves / Et je me refais l'aventure."

    Suivait L’hiver s’en fout, une ballade aux paroles finement ciselées, pleine de spleen et de nostalgie : "À la recherche de quelques mots dans tes yeux / Si tu t'inquiètes, si tu es malheureux / A la naïve question qu'on se renvoie / Qu'est-ce qui m'arrive, qu'est-ce que tu as fais de moi ?" Il était également de nostalgie dans T’es où ?, tiré de l’album Billy (2013). Marie Cherrier égratigne, dans ce titre très séduisant, le Renaud des années 70 et 80 et regrette l’absence de "ces bonhommes... capables de se mettre debout et de lever le poing" : "T'es où? Parce-que là, y se passe rien / moi je veux bien me tatouer l'avant-bras / mais y'a rien, pas une gueule / pas de discours, pas de refrain pour nos gueules, / pour lever le poing". Le public pouvait également écouter Complotiste, un titre rare, personnel et d’un engagement d’autant plus efficace qu’il est caché derrière une mélodie enlevée et entêtante  : "Que voulez-vous je suis sceptique / se pourrait-il que ma chanson / passe pour trouble à l'ordre public / et demain me mène en prison ?"

    Marie Cherrier ravissait ses aficionados avec la reprise de titres plus anciens : Paysage perdu d’abord, repris par le public : "Bon vieux temps / C'était avant la guerre / Après la misère / Le long des torrents / Bon vieux temps / Celui des bouillottes / Et de la compote / Des grands-mères d'antan".

    InstagramCapture_582f0917-bced-42cd-a073-c0557c72e457.jpgLa chanteuse ne pouvait pas faire l’impasse sur la chanson qui l’a propulsée sur le devant de la scène : Le Temps des Noyaux. Hommage aux victimes du général Nivelle lors de la bataille du Chemin des Dames autant que message pacifique, ce titre du deuxième album Alors quoi ? (2007) captivait la salle : "Alors là-dessus je rejoint Prévert / le temps des cerises ce que ça vaut / quand la chair est tombée par terre / démerde-toi avec les noyaux / Le vent a soufflé sur la haine / il a emporté les larmes / et la souffrance sur d'autres plaines / malgré les cris, ils ne désarment."

    Le spectacle se terminait par l’interprétation d’une de ses toutes premières chansons, Les Baleines (Ni vue ni connue, 2005). Ce titre est le chant de liberté d’une artiste éprise de rêve, de musique mais aussi de mer, un élément souvent présent dans son œuvre comme elle l'affirmait elle-même : "Un jour je prendrai le large / J'habiterai avec les poissons / Les baleines et les coquillages, / Pas de vers pas d'hameçon, / Pas ces salopes de Sirènes / Comme ça pas de comparaison."

    La chanteuse se séparait du public avec Pleurez pas, chanté à quatre voix avec ses trois camarades musiciens, proposant pour terminer le spectacle un titre engagé : "Pleurez pas / On va pas compter depuis Hiroshima / ils n'ont jamais su juger la vie ces salauds là / aujourd'hui c'est Syrie, Libye, là-bas / Pleurez pas."

    Voilà Marie : une heure de concert de rêve par une fille "d'origine du vent". Si vous venez la "chercher" ce week-end, elle se produira le dimanche 9 juillet à Chécy (45). Fans ou curieux, il vous reste encore une séance de rattrapage.

    "Voilà Marie"
    "Le temps des noyaux"
    http://mariecherrier.com

  • Sage et libre comme un poisson rouge

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    Capture d’écran 2010-03-31 à 14.44.41.pngC’est à l’occidental que nous sommes que s’adresse Hesna Cailliau dans son court essai Le Paradoxe du Poisson rouge. L’auteure précise en début d’ouvrage que cet animal ne désigne pas le poisson que nous avons l’habitude de voir tourner dans un bocal mais la carpe koï, populaire en Chine, omniprésente dans les bassins et les rivières et d’autant plus respectée qu’elle a l’apparence d’un dragon, animal sacré.

    Mais quelles vertus a donc ce poisson rouge qui pourrait nous rapprocher d’une forme de sagesse ? Animal élevé et consommé, symbole de prospérité (poisson se dit chin-yu, littéralement "or" et "prospérité"), la carpe évoque également huit vertus menant à la réussite. À cela s’ajoute la couleur rouge, sensée éloigner les démons et symbole de vie et de force créatrice. Ce poisson rouge personnifie à merveille pour Hesna Cailliau la manière dont le Chinois pense et vit : "comme un poisson dans l’eau", il se meut sans difficulté même dans les mers les plus agitées. Il ondule entre les rochers et peut profiter des vagues porteuses.

    En huit chapitres (un chiffre symbolique, sensé porter chance dans la tradition chinoise, comme il est rappelé), Hesna Cailliau développe ce que sont ces huit vertus de la carpe koï, des vertus qui permettent de comprendre la culture et le mode de pensée chinois : ne se fixer aucun port (le refus de l’attachement à tel ou tel modèle) ; ne viser aucun but et s’adapter ("La carpe koï montre au Chinois que le chemin ne doit jamais être tracé d’avance") ; vivre dans l’instant présent ("Le futur est aléatoire, le passé est dépassé, la seule réalité est ici et maintenant" selon un principe énoncé par Bouddha) ; ignorer la ligne droite, adopter l’art de l’esquive, éviter l’affrontement et préférer la ligne de conduite du compromis (une très belle citation vient illustrer le chapitre qui est consacré à cette vertu : "L’arbre tordu vivra sa vie, l’arbre droit finira en planches") ; se mouvoir avec aisance dans l’incertitude, ligne de conduite pour tracer soi-même son chemin ("Celui qui sait ce qui est bon pour les autres est un être dangereux") ; vivre en réseau à l’exemple des Chinois préférant la conscience collective à l’individu, un mode de vie qui va loin dans la transformation sociale et politique ("Le souverain est comparable à un bateau, le peuple à l’eau. C’est l’eau qui porte le bateau ou le fait chavirer") ; rester calme et serein ("Le plus beau jour de ma vie est lorsque mon âme n’est pas encombrée de pensées parasites" selon Lao-tseu) ; remonter à la source est la huitième de ces vertus, une vertu à la fois pédagogique et métaphysique ("L’homme n’est pas seulement fils de la Terre, mais aussi fils du Ciel" pour Confucius).

    Avec justesse et clarté , l’auteure nous fait entrer dans le cœur du mode de pensée d’une culture que nous connaissons bien mal, lorsque nous n’en pervertissons pas le sens. Le Paradoxe du Poisson rouge est à voir finalement moins comme un livre de développement personnel que comme un ouvrage servant de passerelle entre deux univers : le monde occidental d'une part, modelé par la Raison, l’individu et une philosophie de combat et la culture chinois d'autre part, multimillénaire invitant à l’adaptation permanente dans un monde agité, l’échange, le refus de l’attachement à une vérité immuable mais aussi la sérénité et l’altruisme.

    En illustrant ses propos de citations venues d’Asie mais aussi de textes religieux chrétiens et de philosophes occidentaux (Nietzsche, Edgar Morin ou Descartes), Hesna Cailliau invite le lecteur français non à renier sa culture mais regarder du côté d’une civilisation plus ancienne que la nôtre pour trouver des solutions aux crises qui secouent le monde et nos existences : se donner la possibilité d’observer et de changer loin d’un modèle pré-établi afin de pouvoir évoluer librement et se mouvoir.

    Pour citer l'auteure, il est sans doute utile de réveiller le Chinois qui sommeille en nous.

    Hesna Cailliau, Le Paradoxe du Poisson rouge (Une voie chinoise pour réussir),
    éd. Saint-Simon, 2015, 140 p.
    "Confucius, l'anti-Hegel"

  • Alice contre le temps

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    ALICE DE L AUTRE COTE DU MIROIR PHOTO3.JPGSix ans avant Alice de l'autre Côté du Miroir, il avait été reproché à Tim Burton sa liberté avec l’œuvre de Lewis Caroll lorsque le cinéaste américain avait réalisé – mais aussi réécrit – Alice au Pays des Merveilles (2010) : actrice trop âgée pour le rôle, place trop importante laissée au Chapelier ou scénario puisant indifféremment dans Alice au Pays des Merveilles et… De l’autre Côté du Miroir.

    Or, ces critiques valent pour la suite de l’Alice de Burton, à ceci près que les auteurs (James Bobin à la réalisation et Linda Woolverton au scénario) n’ont pas cherché à piocher ici ou là les scènes adaptables chez Lewis Caroll mais ont imaginé une histoire originale pouvant se fondre dans l’univers de l’écrivain anglais.

    Dans Alice de l’autre Côté du Miroir, Les spectateurs retrouveront ainsi quelques personnages familiers, devenus légendaires : le chat de Cheschire, le lapin blanc, la reine rouge, Bonnet blanc et Blanc Bonnet et bien entendu Alice.

    Mia Wasikowska incarne de nouveau l’héroïne, devenue après la mort de son père la capitaine d’un vaisseau nommé fort opportunément Wonderland. La première scène du film – qui pourrait se lire comme un clin d’œil à la Chasse au Snark, une autre œuvre phare de Lewis Caroll – montre Alice en impétueuse navigatrice se sortant d’un mauvais pas en pleine mer. A son retour sur la terre ferme, elle doit affronter une épreuve bien plus redoutable : elle apprend que sa mère ruinée a vendu les parts financières de son mari et que le Wonderland devra être cédé. C’est une Alice désemparée qui est guidée vers un miroir merveilleux. En passant de l’autre côté du miroir, elle retrouve de vieilles connaissances, dont le Chapelier. Cloîtré chez lui, ce dernier est persuadé que toute sa famille, que l’on croyait disparue à jamais, est vivante. Est-ce possible ? Alice part à sa recherche et va devoir se battre contre le Temps pour dénouer le vrai du faux.

    Dans cet Alice, que Tim Burton a produit mais pas réalisé, le spectateur retrouve un pays merveilleux et familier. L’onirique et le fantastique sont omniprésents. À côté des personnages traditionnels joués par des actrices et acteurs qui respectent à la lettre le contrat (impeccable Helena Bonham Carter et Johnny Depp dans son rôle le plus emblématique), le bloggeur citera quelques jolies inventions : la mère d’Alice, le père du Chapelier mais surtout l’inoubliable Temps joué par Sacha Baron Cohen, prouvant l’immense talent de cet acteur rendu célèbre par Borat.

    Les admirateurs de Lewis Caroll pourront regretter que des aspects de son œuvre aient été occultées (le rêve, l’inversion, le travail sur le langage ou le nonsense). Il reste que la mission de cet Alice 2 est rempli : un grand film d’aventure, poétique et spectaculaire, avec un message féministe par dessus le marché.

    Alice de l'autre Côté du Miroir (Alice Through the Looking Glass),
    de James Bobin, avec Mia Wasikowska, Johnny Depp, Helena Bonham Carter,
    Sacha Baron Cohen et Anne Hathaway, USA, 2016, 113 mn

  • Impressionnantes couleurs

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    batho,monet,boudin,ardi-photographies,caen,kandinskiEt soudain, la couleur fut. En présentant, dans le cadre de Normandie Impressionniste, une rétrospective consacrée à John Batho, le Musée de Normandie et l’ARDI-Photographies rappellent que jusqu’aux années 60, la couleur est considérée comme n’avoir pas sa place dans la photographie d’art. À l’époque, la photographie couleur est dévolue à la sphère commerciale et réservée à la mode et à la publicité.

    Après 1968, plusieurs précurseurs de la photographie d’art en couleur entendent prouver que la couleur n’est pas "corruptrice" ni "vulgaire" (des accusations du photographe américain Walker Evans en 1969). John Batho fait partie des pionniers : il fait le choix de la couleur dans ses œuvres dès 1963 grâce à des prises de vues réalisées en Kodachrome : "La présence physique de la couleur, la joie qu’elle me procure est au cœur de mes préoccupations. La couleur participe de ce que je vois, j’ai donc photographié en tenant compte de sa présence dans l’épaisseur matérielle des choses." Il expose ses premiers travaux en 1977.

    Le festival Normandie Impressionniste propose de découvrir ou redécouvrir cet artiste généreux, à travers plusieurs séries, dont certaines inédites.

    batho,monet,boudin,ardi-photographies,caen,kandinskiSes premiers séries, "Normandie intime" (1962-1978), se situent aux antipodes de ses confrères américains. Là où Helen Levitt, Joel Meyerowitz ou William Eggleston (Memphis, 1969-1970) immortalisaient des scènes urbaines théâtrales, John Batho choisit, à l’instar des Impressionnistes du XIXe siècle, des sujets de la vie quotidienne et des moments ordinaires qui font, par là, la force documentaire de ses premiers travaux. Cette première série offre de touchants clichés intimes : le regard interrogateur de la fillette au papillon, l’étonnement du jeune enfant au pull-over rouge devant son reflet ou cet autre enfant fleuri et joyeux dans un paysage verdoyant de Normandie.

    Plusieurs œuvres de Batho déclinent des scènes intimes chères aux Impressionnistes : la jeune fille devant sa bande dessinée ne renvoie-elle pas aux scènes de lecture chez Renoir ? La lavandière observée en arrière plan par une fillette ne fait-elle pas penser à ces personnages de Degas ou de Manet ? Les natures mortes ou les paysages normands photographiés par Batho ne renvoient-ils pas à ces tableaux champêtres bretons de Boudin ?

    La série "Honfleur, couleur locale" (1967-1972) nous parle, bien plus que la précédente, d’une époque disparue. L’artiste immortalise des scènes de la vie quotidienne à Honfleur, à l’instar d’Eugène Boudin : bateaux de pêcheurs, vues du port normand et habitants saisis dans des moments ordinaires. Le spectateur revit un passé disparu à travers des détails plein de nostalgie, mais aussi d’humour : un enfant en culotte courte, une jeune femme et son enfant au landau, un troquet d’un autre âge que l’on croirait sorti d’un roman de Georges Simenon ou une charrette à cheval croisant un voyageur à la valise. Peintre de la couleur, John Batho magnifie les paysages gris, ternes et brumeux de ces scènes en mettant en valeur quelques touches de couleurs : les voiles orangées des bateaux, le garçon au pull-over framboise penché au-dessus de l’eau, la jupe vichy de la jeune maman, la fillette rouge assise au pas de la porte ou la surveillante à la robe tâchée face à "ses" trois balayeuses.

    batho,monet,boudin,ardi-photographies,caen,kandinski"Giverny" (1980-1984) place John Batho dans la continuité de Claude Monet. En 1980, le photographe est invité pour les besoins d’un documentaire télévisé sur les frères Lumière à revisiter le jardin de Claude Monet à Giverny, qui ont été restaurés en 1977. Batho cherche "l’instant juste", au point de s’interroger "si l’impression qu’on a reçue a été la vraie." Tout Claude Monet est là, dans ces clichés de Giverny : fragiles nénuphars, floraisons délicates, couleurs explosives ou au contraire délicatement déposées au milieu de plate-bandes luxuriantes, pont japonais surgissant timidement de la brume matinale, reflets d’étangs saisis à la verticale. Batho saisit les détails d’un jardin emblématique, attentif aux métamorphoses de la lumière, comme avant lui Claude Monet. Ses prises de vue font dialoguer ciel et eau, verticalité et horizontalité : les nénuphars semblent embrasser les nuages et les saules pleureurs font corps avec le bleu du ciel et des eaux.

    batho,monet,boudin,ardi-photographies,caen,kandinskiLa suite "Déchiré" (1986) frappe par le surgissement brut et abstrait de la couleur dans des prises de vue paysagères – et "aléatoires". La déchirure béante d’un papier rouge vif laisse apparaître un paysage verdoyant, permettant en même temps un jeu avec les couleurs complémentaires rouge et vert.

    Le travail sur l’angle de prise de vues dans les clichés de "Giverny" et celui sur les couleurs dans "Déchiré" sont mis à profit dans la série des "Nageuses" (1990). "L’eau et le ciel ne font qu’un" explique John Batho. De jeunes nageuses flottent dans une piscine de Trouville. Les couleurs – jaune, magenta, cyan, rose – claquent dans un élément liquide sans profondeur. Les corps ondulent avec grâce ou semblent s’immobiliser dans une composition parfaite et proche de l’abstraction.

    La série des "Parasols" (1977-2011) a contribué à la réputation de John Batho. Le photographe reprend à son compte une citation de Cézanne : "Quand la couleur est à sa richesse, la forme est à sa plénitude". Les parasols de Deauville déclinent une forme moderne dans un paysage cher à Eugène Boudin. Aux teintes grises ou d’un bleu léger du ciel, répondent les couleurs primaires (et parfois secondaires) des parasols, seuls ou en groupes. Ces objets deviennent des êtres vivants, autonomes et familiers.

    batho,monet,boudin,ardi-photographies,caen,kandinskiC’est encore la plage qui est le centre du travail du photographe. "Sur le sable" (2004-2009) s’intéresse cette fois à ces contemporains, des plagistes de Cabourg immortalisés dans des moments hors du temps. Sur le sable des personnages, des groupes ou des objets témoins forment des compositions graphiques, colorées et poétiques, avec toujours l’omniprésence du sable – et l’absence de la mer : "La plage s’offre comme un espace familier et différent, où l’on regarde en soi, comme au loin, pour rêver, pour ne penser à rien".

    batho,monet,boudin,ardi-photographies,caen,kandinskiEn 2015, John Batho propose une série poussant plus loin sa réflexion sur la couleur, les éléments naturels et la création photographique. "Nuages-peintures" sont des œuvres mêlant peinture et photographie. Après avoir peint sur une grande feuille blanche de larges coulées de peinture noire, John Batho en fait des prises de vue. Ces traces picturales servent de "réserves" pour y inscrire des photographies de ciel nuageux : "Se trouvent alors associés le geste pictural et l’indice photographique, évitant ainsi la coupure des lignes droites et des angles… Ces fragments évoquent l’idée de peindre avec les nuages et leurs nuances, de les retenir ainsi dans l’instant, dans l’immobilité de la peinture et de la photographie."

    Artiste attachant, proche de nous et émerveillé par le pouvoir de la couleur ("D’un point de vue strictement physique, l’œil sent la couleur" affirmait à ce sujet Wassily Kandinski), John Batho s’affirme comme un expérimentateur de la photographie et un chercheur de lumières, de sensations et d’impressions.

    John Batho Histoire de couleurs 1962-2015, Musée de Normandie - Château de Caen,
    avec l’Ardi-Photographies, 16 avril-26 novembre 2016
    Catalogue d’exposition John Batho, Histoire de Couleurs, sous la direction de Céline Ernaelsteen et Alice Gandin, éditions Terrebleue, ARDI-Photographies, Musée de Normandie - Château de Caen, 2016
    musee-de-normandie.caen.fr
    normandie-impressionniste.fr
    ©John Batho

     
    LSF-Musée de Normandie : exposition "John Batho" par MuseedeNormandie

  • Les mots sont-ils des armes?

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    Gypsy Rose lee.JPGLe café philosophique de Montargis proposera sa prochaine séance le vendredi 24 juin 2016, à 19 heures, à la Brasserie du Centre commercial de La Chaussée. Il s'agira du dernier débat de cette saison pour l'animation philosophique de la Chaussée. Après six années d'existence, le café philo de Montargis termine une année riche en changements, avec une équipe élargie, un renouvellement dans l'animation et de nouvelles perspectives.

    Le débat de cette 58ème séance aura pour sujet : "Les mots sont-ils des armes ?"

    Cette question renvoie à une citation de Jean-Paul Sartre qui affirmait que "les mots sont des pistolets chargés". Les participants du café philo seront invités à s'interroger sur ce qui fait la puissance du mot et de l’importance du langage. De quels types de mots parle-t-on ? D'oralité ou d'écrit ? De quel sorte de pouvoir parle-t-on lorsque l’on pense aux mots ? Le poids des mots a-t-il été supplanté aujourd’hui par le choc des images ? Il pourra également être question d'engagement. Quel est aujourd'hui la place de l'artiste et de l'intellectuel engagé ? Peut-on dire qu'ils tendent à s'effacer et que leurs mots sont plus inoffensifs qu'il y a quelques années ?

    Ce sont quelques-uns des points qui seront abordées le vendredi 24 juin à partir de 19 heures à la brasserie du Centre Commercial de La Chaussée de Montargis.

    http://cafephilosophique-montargis.hautetfort.com

  • Après une catastrophe naturelle, place aux assurances

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    Maintenant il faut avancer. Reconstruire et passer au-dessus des crues qui ont ravagé le Loiret et la Seine-et-Marne. Nous avions parlé de Montargis et des conséquences des inondations sur la ville. Une question triviale mais néanmoins indispensable se pose aux victimes : comment se faire indemniser lors d’une catastrophe naturelle ? Le site Comparer-les-assurances-auto.com fait le point sur les ressorts légaux et juridiques d’une catastrophe naturelle, un sujet qui a fait l'objet de plusieurs billets sur Bla Bla Blog.

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