En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.
La manière dont il regardait Diane, avec un mélange de séduction et d’aplomb, la mettait mal à l’aise. Elle était maintenant pressée de rentrer chez elle. Ça tombait bien : son bus arrivait. Elle regarda une dernière fois Rudy.
— Je dois y aller, lui fit-elle. J’espère que vous allez pouvoir vous entendre avec Ann-Carolyn.
— Espérons-le. J’espère de mon côté que ce n’est pas trop grave pour ton partenaire et qu’il sera vite remis sur pied, répondit-il avec civilité. Tu es sûre que tu ne veux pas que je te ramène ?
Elle secoua la tête tout en montant dans le bus, se retourna vers son interlocuteur et lui fit un signe de la main qui avait l’accent des adieux.
Nous avons eu un coup de coeur pour Pauline Brideron, aka Pol's.
Cette artiste originaire de Gien et travaillant non loin de là à Cerdon, a créé un univers singulier. Son truc ? Les vieilles cartes et atlas, des documents tombant vite dans le caduc au fur et à mesure des transformations géopolitiques.
L’artiste déniche dans des vide-greniers, des brocantes et même dans des écoles ces cartes d’une autre époque. Elle en fait le support d’œuvres incroyables, le plus souvent marines : trois-mâts XIXe, pieuvres surgissant des eaux, personnages fantastiques et autres manifestations semblant sorti tout droit d’un roman de Jules Verne. Et sous nos yeux ébahis, surgissent des pays à la fois familiers et extraordinaires, entre onirisme et steampunk !
Pauline Brideron est ce week-end à Saint-Dyé (41), dans le cadre de l’exposition "Art pluriel", avec ses consœurs et confrères VDV (photographe), Corinne Benedek (peintre), Emilie Chartier (art-thérapeute), Nicole Gil, (sculptrice) et Éric Diot (photographe).
Le compositeur et chef d’orchestre Christophe Sturzenegger propose en ce début d’année un album à la fois néoclassique dans la forme, très visuel mais aussi d’une autre époque. À la tête de l’Orchestre de la Suisse Romande, il propose chez Klarthe deux œuvres singulières et donnant le sourire autant au des étoiles dans les yeux : Le Colibri et La Reine des Neiges dans deux versions.
Le Colibri a été écrit par Christophe Sturzenegger et Elisa Shiva Dusapin pour la scène, devenu livre primé, BD puis, ici, musique. L’album de Klarthe en propose une version de concert, n’enlevant en rien l’aspect onirique de cette œuvre d’une vingtaine de minutes. Colibri est l’histoire initiatique de deux adolescentes, Lotte et Célestin, en train de sortir de l’enfance, non sans douleurs ni deuils.
Christophe Sturzenegger a mis en musique ce texte en choisissant le relief, la couleur et une facture néoclassique, donnant à l’ensemble la forme d’une pastorale made in Switzerland et de notre époque pour ne rien arranger (Célestin). L’auditeur ou l’auditrice reconnaîtra dans Célin un patchwork d’œuvres bien connues, que ce soit de Charlie Chaplin ou d’Howard Shore (Le Seigneur des Anneaux). Hommage et revisite assumée et orchestrée avec gourmandise par l’Orchestre de la Suisse romande dirigée par son compositeur himself. Voilà qui donne d’emblée à cet album une facture immédiatement familière.
Le compositeur suisse porte son regard vers le répertoire classique et ses brillants aînés, comme le prouve le Fugato, en forme d’hommage à Bach mais aussi au répertoire romantique ou postromantique. Le nom de Prokofiev vient indéniablement en tête dans ce même Fugato. La noirceur du court Lento, expressif, suivi d’une petite suite (Lotte 1, 2 et 3), touchantes et brèves déambulations, vient appuyer le récit faussement léger léger du Colibri, avant un Final aux accents oniriques et printaniers.
Une facture immédiatement familière
Le Colibri fait figure d’apéritif avant la pièce maîtresse de l’enregistrement, en l’occurrence deux versions de La reine des neiges. Christophe Sturzenegger l’a écrite avec Jean Mompart. Précisons que l’opus a connu le succès deux ans avant la sortie du classique en dessin animé de Disney. Rappelons à ce sujet que La Reine des Neiges a d’abord été un conte d’Andersen racontant l’aventure de Gerda, une enfant courageuse partie libérer son amie Kay, prisonnière de la redoutable Reine des Neiges.
Christophe Sturzenegger a écrit la musique de cette histoire. La facture allie néoclassicisme, néoromantique et contemporain, non sans des rappels d’airs et de rythmes folkloriques. La Reine des Neiges ne s’interdit pas des mouvements brefs. Ainsi, le joueur et étrange Troll fait 26 secondes, telle une apparition fantastique venue surprendre l’auditeur ou l’auditrice. Un troll qui revient plus loin dans une facture plus contemporaine – mais tout aussi brève.
Tout aussi court, le mystérieux et mélancolique passage Kay et Gerda est contrebalancé par le naturalisme des Rives glacées ou dans le Vol de corneilles dans lequel Christophe Sturzenegger semble faire surgir le très beau paysage de sa Suisse natale. On est décidément loin de cette Reine des Neiges fantasmée de Disney !
Qui dit musique de scène dit expressivité, ce que Le Prince Intelligent ne manque pas. Quel caractère ! On entre aussi bien dans la Taverne des Brigands que dans le somptueux palais de la Reine des Neiges, après un court Voyage en forme de libération. L’oeuvre se termine par ces instants mélodieux de Retrouvailles puis un Final qui est un retour au pays – suisse, où la nostalgie de cette aventure n’est pas absente.
Le second enregistrement de cette Reine des Neiges est la version racontée, évidemment sur la musique de Christophe Sturzenegger. Une manière de redécouvrir, grâce au texte de Jean Mompart, la version d’Andersen.
Quand sa mère menace de le virer du pavillon familial s’il ne se bouge pas les fesses, Sprite se retrouve coincé dans un paradoxe : il doit passer son permis pour trouver un taf, mais il a besoin d’un taf pour payer son permis. Heureusement, Marie-Charlotte, sa monitrice d’auto-école, est prête à tout pour l’aider - même à lui prêter son baise-en-ville. Mais... C’est quoi, au fait, un baise-en-ville ?
Goichi Mizoguchi, conformément aux dernières volontés de son père, est pris en charge par le bonze Tayama du temple Shukaku, le "Pavillon d’Or". Des touristes visitent le temple. Un couple s’amuse. Pour le jeune homme, ces gens souillent l’image sacrée qu’il a du temple. Peu après, Mizoguchi aperçoit Tayama accompagné d’une geisha. Plein de désillusion, il va tout faire pour rendre sa pureté au Temple.
Le Pavillon d’or, drame japonais de Kon Ichikawa avec Raizô Ichikawa, Tatsuya Nakadai, Ganjirô Nakamura, 1958, 99 mn Titre original : Enjô Adaptation littéraire du roman de Yukio Mishima https://www.cramesdelabobine.org/spip.php?rubrique1652
La Micro-Folie accueillera le Café Philosophique de Montargis dans ses locaux.
La séance aura lieu le samedi 14 mars de 14 heures à 15 heures 30, sur réservation uniquement.
Pour cette séance, l’équipe du Café Philosophique de Montargis proposera un débat qui aura pour sujet : "Est-ce que tout le monde peut se prétendre artiste ?"
Les collections numériques de la Micro-Folie serviront d’illustration à cette séance autour de l’art et de l’esthétique. Le public sera invité à débattre autour de questions sur ce sujet. L’art prend de multiples formes et est en évolution constante. Mais qu’entend-on au juste par art ? Et qu’est-ce qu’un artiste ? Si chaque individu a la capacité de créer, qu’est-ce qui distingue un artiste d’un simple créateur ? Est-on artiste parce que l’on produit de l’art ? Une œuvre d’art est-elle forcément unique ?
Ce sont quelques questions qui pourront être débattues lors de cette séance exceptionnelle du Café Philosophique de Montargis. Rendez-vous à la Micro-Folie, le samedi 14 mars de 14 heures à 15 heures 30.
Accès libre à l’arrière du musée Girodet, par le parc Durzy.
Sur réservation uniquement : microfolie@agglo-montargoise.fr au 02 38 98 07 81 ou à l’adresse mail du cafephilo.montargis@yahoo.fr.
Café philosophique de Montargis, "Est-ce que tout le monde peut se prétendre artiste ?" Micro-Folie, Agglomération Montargoise, samedi 14 mars 2026, 14 heures http://cafephilosophique-montargis.hautetfort.com
Elle leva les yeux vers le patineur, cependant que sa partenaire grognait son insatisfaction. Diane le soupçonnait d’être à peine plus âgé qu’elle – vingt ans à tout casser et sans doute moins. Ses longs cheveux châtain clair bouclés tombaient en cascade, encadrant un visage carré et des pommettes saillantes. Son regard bleu interrogeait la patineuse qui venait de se jeter dans les bras de son partenaire. Ce dernier était vêtu d’un pantalon de jogging sombre et d’un large pull-over écossais. Il fixait Diane avec un mélange de perplexité et d’amusement.
— Non, la rassura-t-il. Pas de souci. En revanche, ton copain c’est une autre histoire.
En attendant, sur les bords de Loire, Élise Bertrand et Maëlle Martin avaient concocté pour le public des Rencontres Musicales de Gien un programme spécial à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes. Si les compositeurs étaient majoritaires au cours de ce concert, ce sont bien les femmes qui étaient au centre des pièces jouées pour violon et harpe – souvent, du reste des adaptations. Didon de Purcell, Juliette, l’héroïne de Shakespeare adaptée pour le Bel Canto par Bellini, la nymphe Chloris, Carmen et Thaïs. Bref, des héroïnes entrées dans la légende et dans la mémoire collective, et ici mises en musique par deux artistes passionnées et engagées.
Le concert a commencé avec un "tube" de Purcell, l’air d’adieu de Didon et Énée. Le violon d'Élise Bertrand incarnait la plainte bouleversante de la reine phénicienne, la harpe venant accompagner avec grâce ce lamento.
Marguerite au Rouet n’est certes pas le lied le plus célèbre de Schubert. L’héroïne en question, l’innocente et romantique Marguerite, est amoureuse de Faust. Amour impossible et fatal que le compositeur romantique exprime avec élégance et sensibilité. La harpe de Maëlle Martin venait ressasser les regrets de la jeune Marguerite, en osmose avec le violon ultra-sensible d’Élise Bertrand.
Romantisme encore avec Reynaldo Hahn, de plus en plus présent dans le répertoire classique. C’est le À Chloris qui a été proposé à l’Auditorium de Gien, un opus que nous avions écouté dans une version singulière du groupe Venerem. Deux autres compositeurs de la fin XIX et début XXe siècle ont également eu les honneurs des deux artistes : la courte berceuse Nana, "un hommage aux femmes qui donnent la vie", a précisé Élise Bertrand avec tendresse. Manuel de Falla est l’auteur de cet extrait de sa Suite Populaire Espagnole. Une pièce tendre, aux accents méditerranéens et non sans mélancolie. Un joyau. Les musiciennes n’ont pas oublié Thaïs, l’héroïne de l’opéra de Massenet.
Un vent de fraîcheur, d’audace et de modernité
En cette journée consacré aux droits des femmes, les musiciennes ont proposé des œuvres de deux compositrices redécouvertes récemment, l’artiste "de caractère" Henriette Renié, avec l’Andante religioso et le Scherzo Fantaisie, deux pièces écrites pour harpe et violon au début du XXe siècle. La facture néo-romantique comme les talents de pédagogue d’ Henriette Renié ont fait son succès avant qu’elle ne tombe dans l’oubli. Même parcours pour Cécile Chaminade qui, en dépit de son œuvre pléthorique, n’a été redécouverte que ces dernières années. Elle était présente avec l’Andantino, op.31, une pièce pour violon et piano adaptée pour violon et harpe.
La troisième compositrice mise à l’honneur a été Élise Bertrand elle-même ! Elle a interprété au violon, accompagnée bien sûr par son acolyte Maëlle Martin, sa pièce Je vous salue Henri, Pierre et Nous vos couleurs. Soufflait dans la salle de l'Auditorium un vent de fraîcheur, d’audace et de modernité. Cet hommage aux peinture d’Henri Matisse et Pierre Bonnard, commandé par la Fondation Maeght, faisait se rencontrer l’audace de la musique contemporaine et les couleurs debussyennes.
Des variations sur l’opéra Carmen sont venues conclure le concert. Pablo de Saraste est l’auteur de cette Fantaisie toute en virtuosité. Plusieurs tubes classiques en quelques minutes, suivis, en bis, d’un autre succès, Plaisir d’amour, une romance ancienne, composée en 1784 par Jean-Paul-Égide Martini, un des nombreux artistes protégés par Marie-Antoinette. Le public ne pouvait pas ne pas avoir en tête les paroles de ce succès populaire ("Plaisir d'amour ne dure qu'un moment, chagrin d'amour dure toute la vie…").
Un concert rafraîchissant placé sous le signe des femmes, mais aussi de l’amour, servi par des artistes au sacré caractère et que l’on n’a pas fini d’entendre parler. Et pas qu’à Gien.