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Bla Bla Blog

  • Made in Switzerland

    Ces trois là nous viennent de Suisse – de Romandie pour être plus exact. Ils nous proposent avec l'album Secret Songs (chez Indésens) un programme de musique allemande. La soprano Léonie Renaud, le clarinettiste Damien Bachmann et le pianiste Christian Chamorel s’attaquent à trois figures du romantisme germanique, à savoir Louis Spohr, Carl Maria von Weber et l’incontournable Franz Schubert.

    Arrêtons-nous d’abord sur les deux premiers. Louis – né Ludwig – Spohr (1784-1859), assez rare sur disques et en concerts, a pourtant été le plus grand compositeur de son époque, après les morts de Weber et surtout de Beethoven. Chef d’orchestre archidoué et pédagogue reconnu, il a su faire sa place dans le beau monde allemand et autrichien. On le découvre ici comme compositeur de Six Lieder allemands.

    Léonie Renaud s’en empare avec bonheur, alternant passion ravageuse (Sei still mein Herz : "Sois calme mon cœur, et n'y pense plus, / C'est maintenant la vérité, le reste est illusion."), candeur (le court et bucolique Zwiegesang), mélancolie (Sehnsucht) ou nostalgie (Das heimliche Lied). L’auditrice ou l’auditeur fondera à l’écoute de la berceuse (Wiegenlied), comme susurrée par la soprano suisse. La clarinette de Damien Bachmann semble se pencher tout autant au-dessus de l’enfant sur le point de s’abandonner. Il faut saluer le trio d’artistes en osmose dans un programme de chambre d’une très grande finesse. Christian Chamorel, que nous avions croisé avec Rachel Kolly dans un remarquable album sur Brahms, accompagne avec tact et efficacité ses deux acolytes, laissant la place à une Léonie Renaud enflammée (le vibrant Wach auf!) et un Damien Bachmann éclatant, donnant à son instrument souffles, rythmes et couleurs.

    Il faut saluer le trio d’artistes en osmose dans un programme de chambre d’une très grande finesse

    Jusque là discret, Christian Chamorel prend une place plus importante dans le Grand Duo concertant pour clarinette et piano op. 48 de Carl Maria von Weber (1786-1826). Une autre figure reconnue du romantisme allemand, mais lui aussi boudé après sa mort prématurée à l’âge de 39 ans – il était d’une santé fragile. Weber a laissé une œuvre abondante souvent peu jouée, si l’on excepte son opéra Der Freischütz. On le retrouve ici dans ce Grand duo en mi bémol majeur. Bachmann et Chamorel s’y disputent la vedette avec virtuosité (Allegro con fuoco). Le romantisme pointe le bout de son nez dans l’Andante con moto à la beauté funèbre, avant que la vie ne danse avec la nuit (le scintillant Rondo: Allegro).

    Franz Schubert (1797-1827) apparaît comme la grande star de ce programme romantique. Renaud, Bachmann et Chamorel ont choisi 5 lieder représentatifs du génie allemand. Il y a ce court An den Frühling, pudique chant de bienvenue et de regret adressé à un jeune homme. Le Sprache der Liebe, quant à lui, plus long, est la déclaration à une bien-aimée, en musique bien sûr. Avec le lied Rastlose Liebe, op. 5 n°1, nous retrouvons l’ADN du romantisme dans lequel nature et sentiments sont étroitement liés. Léonie l’a parfaitement compris, qui insuffle sa fougue et sa douloureuse passion.

    L’amour, toujours l’amour, avons-nous envie de dire en écoutant le Sei mir gegrüßt!, déchirante adaptation d’un poème des Roses d’Orient de Friedrich Rückert en forme de missive ("Je suis avec toi, / Tu es avec moi, / Je te serre dans mes bras, / Salutations ! / Je t'embrasse !"). La poétesse  Caroline Louise von Klencke est l’autrice du texte d’Heimliches Lieben op. 106. n°1. Schubert semble se faire à la fois plus léger et aussi plus sensuel dans le poème originellement nommé À Myrtille : "Ma vie, en cet instant, ne tient qu'à ta douce bouche rosée, et manque de m'abandonner dans ton étreinte intime". Quelle belle déclaration ! La soprano l’interprète avec sensualité.  

    L’album s’achève sur Le pâtre sur le rocher (Der Hirt auf dem Felsen, op. 129 D. 965), sans doute l’une des plus belles pièces du programme. Schubert compose ce lied incroyable sur son lit de mort en 1828. Impossible de ne pas voir dans ce chef d’œuvre un long et poig, autant qu'un chant d’amour pour la vie. La clarinette de Damien Bachmann est une merveille et Léonie Renaud y amène puissance vocale et accents pathétiques : "Bientôt ce sera le printemps / Le printemps, mon espoir / Il me faut maintenant / M'apprêter à partir". Une merveille. On n’est pas prêts d’oublier les dernières mesures de ce Pâtre sur le rocher.    

    Renaud / Bachmann / Chamorel, Secret Songs, Schubert / Spohr / Weber,
    Indésens Calliope Records, 2025

    https://indesenscalliope.com
    https://www.leonierenaud.ch
    https://damienbachmann.com
    https://christianchamorel.ch

    Voir aussi : "Brahms doublement suisse (et même triplement)"
    "Les nouveaux romantiques"

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  • Reedland

    Les Cramés de la Bobine présentent à l'Alticiné de Montargis le film Reedland. Il sera visible le jeudi 8 janvier et le dimanche 11 janvier à 18H, le lundi à 12 janvier à 14H. Soirée débat le mardi 13 janvier à 20H30. 

    Tout public avec avertissement - : Lorsqu’il découvre le corps sans vie d’une jeune fille sur ses terres, Johan, fermier solitaire, est submergé par un étrange sentiment. Alors qu’il s’occupe de sa petite-fille, il se lance à la recherche de la vérité, déterminé à faire la lumière sur ce drame. Mais le mal se cache parfois derrière les apparences les plus ordinaires…

    Reedland, drame néerlandais (décembre 2025, 01h51) de Sven Bresser
    avec Gerrit Knobbe, Loïs Reinders, 2025, 111 mn

    https://www.cramesdelabobine.org/spip.php?rubrique1628

    Voir aussi : "Lumière pâle sur les collines"

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  • Les nouveaux romantiques

    Dans l’album au titre poétique, Chimères (KNS Classical), c’est avec une belle énergie que la violoncelliste Mathilde Reuzé s’empare de la Sonate en fa majeur opus 6 de Richard Strauss. Le pièce date de 1881. La vibrante puissance de la violoncelliste est soutenue par le piano sans faille d’Alessandro Tardino, dans un Allegro con brio tout en romantisme – ou plutôt néoromantisme. Que l’on pense aussi à ce déchirant Andante ma non troppo, pour lequel Mathilde Rezé fait ressortir toute l’âme de son instrument.  

    Nous sommes en plein XIXe siècle et Richard Strauss n’a que 19 ans lorsqu’il compose cette pièce pour un instrument qu’il connaît peu. Contre toute attente, elle va être l’un de ses premiers grands succès qui entre très vite dans le répertoire pour violoncelle. Que Mathilde Reuzé le propose n’est donc pas une surprise. Strauss avait écrite sa Sonate pour violoncelle et pianoforte. C’est le piano qui a été choisie ici, joué par Alessandro Tardino.

    La petite histoire raconte que cette sonate est intimement liée à Dora Wihan, pianiste et épouse du violoncelliste Hanuš Wihan à qui Richard Strauss avait dédié la sonate. Richard Strauss se lia d’amitié avec Dora Wihan, et sans doute d’amour. Et si derrière cette œuvre romantique il n’y avait pas des messages adressées à cette amie de Strauss ? L’écoute de l’œuvre, en particulier du Finale Allegro vivo laisse deviner un Richard Strauss à la fois sensible, jovial, mystérieux et… amoureux.  

    César Franck est présent avec sa délicate et mélodieuse Sonate en la majeur FWV 8. Elle a été écrite pour violon et piano. Elle est jouée ici pour violoncelle et piano. César Franck n’est pas le compositeur le plus populaire mais comment ne pas résister à ce néoromantisme si attachant ? L’Allegretto ben moderato est interprété avec onctuosité et un tact infini. Écrite en 1886 pour le violoniste Eugène Ysaÿe, la Sonate en la majeur a sans doute inspiré Marcel Proust comme modèle pour sa mythique et néanmoins imaginaire Sonate de Vinteuil, présente dans À la recherche du temps perdu. Contrairement à Richard Strauss pour son opus 6, quand il composé sa pièce, César Franck est à la fin de sa vie. Il décède en 1890. Quelque part, sa sonate en la majeur marque l’aboutissement artistique d’un compositeur auréolé de gloire mais qui se sait au crépuscule de son existence. Que l'on pense au singulier Allegro, qui ne l’est pas tant que ça !  

    Retrouver Claude Debussy

    La sonate de César Franck traduit également l’empreinte d’une musique française tentant de rivaliser avec le répertoire allemand, à commencer par Mahler et par – tiens ! – un jeune Richard Strauss. Le Recitativo-Fantasia séduit par ses lignes mélodiques et s’avère sans doute plus moderne qu’on ne veuille bien y croire, grâce à son caractère onirique. La sonate se termine par un quatrième mouvement, chose peu habituelle. Le court Allegretto poco mosso achève de nous convaincre de la pertinence de César Franck dans cet enregistrement menée par deux jeunes musiciens peu intimidés par le compositeur français.

    Les auditrices ou auditeurs seront sans doute ravi de retrouver Claude Debussy conclure ce programme très XIXe siècle. Sa Sonate en ré mineur a été écrite en 1915, soit trois ans avant la mort du musicien. Il a composé une œuvre crépusculaire ce que traduisent Mathilde Rezé et Alessandro Tartino. Le piano vient soutenir un violoncelle dominant le Prologue mystérieux.

    Avec la courte Sérénade, Debussy rend hommage au répertoire ancien mais avec une folle modernité. À l’époque, Debussy, auréolé de gloire, peut tout se permettre, y compris montrer qu’il est à l’écoute du XXe siècle révolutionnaire. Mathilde Rezé affole les pizzicatos avec gourmandise, accompagnée par le piano discret d’Alessandro Tartino. Le Finale voit ressurgir le Debussy que l’on connaît : romantique et mystérieux. On a envie d’ajouter "onirique" et même "méditerranéen", avec ses clins d’œil à l’Espagne qu’il avait déjà mis en musique dans ses Images pour orchestre (Ibéria). Mathilde Rezé termine en beauté ce superbe album en y mettant du rythme, du souffle romanesque, de la chaleur et de la couleur. De là où il est, Debussy peut la remercier.

    Chimères, Strauss, Franck et Debussy, Mathilde Reuzé (violoncelle), Alessandro Tardino (piano), KNS Classical, 2025
    https://www.mathildereuzecello.com
    https://www.instagram.com/mathildereuze
    https://www.youtube.com/channel/UCfBPQiNV_JMWd06S4DSkPaA
    https://www.knsclassical.com/kns-classical
    https://alessandrotardino.com
    https://open.spotify.com

    Voir aussi : "Parveen Savart : ‘Une modestie bouleversante’"

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  • Naissance de Norek

    Replongeons quelques années plus tôt. Il y a plus de 12 ans, un auteur complètement inconnu, policier de son État, sortait un polar frappant et sonnant juste. Code 93 révélait Olivier Norek : un auteur proposant une intrigue à la fois simple et implacable. Et avec ça, le souci du réalisme. Un réalisme brut montrant Paris et sa banlieue sous la plus hideuse des manières.

    2011. Une jeune toxicomane est découverte dans un piteux état. Violée, martyrisée et abandonnée comme un déchet, elle n’intéresse personne, pas même sa famille qui choisit de ne pas l’identifier. Un an plus tard, c’est un autre corps qui est découvert, celui d’un autre toxicomane, affreusement brûlé. Puis, un autre homme à qui on a ôté les testicules de son vivant. Or, rien ne se passe comme prévu. A l'intérieur du corps du premier homme, un portable se met à sonner, tandis que le second se réveille. Le capitaine Coste a devant lui une affaire épineuse qui va l’amener bien plus loin que ce qu’il prévoyait.

    Une première vraie réussie

    Voilà un de ces polars qui ont fait la réputation des auteurs français : intrigue bien ficelée, ici avec crédibilité, du réalisme (le pedigree de Norek, ancien lieutenant de police explique cela) et des messages derrière ce roman fort distrayant.

    Norek suit ses personnages, les abandonne quelques pages pour s’intéresser à l’assassin et revient afin de continuer à boucler l’affaire. Pour autant, le lecteur ou la lectrice ne sont jamais perdus complètement. Ajoutez à cela un policier sérieux mais désabusé et des collègues souvent bien campés.

    Cela donne cette plongée dans un Paris très, très noir.

    Une première vraie réussie. Olivier Norek venait de naître.  

    Olivier Norek, Code 93, éd. Pocket, 2014, 352 p.
    https://www.facebook.com/oliviernorek
    https://www.instagram.com/norekolivier

    Voir aussi : "Les quatre fantastiques"
    "Lorsque la Russie s’enlise contre un plus petit qu’elle"

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  • Sur les pas de Bowie

    Étrange pop que celle proposée par Be My Wife. Aussi étrange que David Bowie lui-même, Be My Wife ayant choisi pour pseudonyme d’artiste le titre d’une chanson du génie anglais (plus précisément un titre présent dans le légendaire album Low de sa Trilogie berlinoise). En mars dernier, Be My Wife avait sorti un précédent EP, The Restless Pursuit.

    Be My Wife est étrange oui (que l'on jette un coup d'œil sur la pochette de l'album pour s'en convaincre) mais surtout créatif, à l’instar du morceau qui ouvre l’opus, Who You Are, morceau dense, aux sombres échos et aux éclats de lumière. Oui, assurément, il y a bien du Bowie là dessus.  

    Be My Wife confirme, avec son EP To Deliver A Feeling, son envie de proposer une pop de notre temps, décapante et dopée aux sons électroniques (Complicate Me) et aux influences venues d’autres continents et d'autres cultures que l'anglais ou le français (Me Cuesta). 

    Étrange oui mais surtout créative

    Cela donne à l’opus un grain lo-fi, avec la voix de Be My Wife déstructurée (Melodramatic). On est dans une pop à la fois d’un autre temps et d’un autre espace (Radically Sealed, Another Light), mais également paradoxalement actuelle dans ses messages : "Relentlessly persistent / The world is up in a roar / We raise our fists with you / But do they see us? / Yeah we’re shook to the core ("D'une persistance implacable / Le monde est en émoi / Nous levons les poings avec vous / Mais nous voient-ils ? Oui, nous sommes secoués jusqu'au plus profond de notre être)".

    On est curieux de découvrir un Only You, bien différent du standard des Platters. On est face à un titre bien de notre époque, mais tout aussi enflammé : "And now / Let’s keep going towards the light".

    Alors que les titres pop dépassent difficilement aujourd’hui les trois minutes, avouons que les morceaux de plus de cinq minutes font figure de singularité. Singulier comme le sont les deux EP de Be My Wife. Bowie peut dormir en paix : son héritage musical continuera encore longtemps. 

    Be My Wife, To Deliver A Feeling, 2025
    https://www.instagram.com/bemywife_official
    https://bemywife.bandcamp.com

    Voir aussi : "Boulophilie"

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  • Bla Bla Blog vous souhaite une bonne fête de fin d'année...

    ... Et de bien vous remettre de vos réveillons !

    Bla Bla Blog gage que cette année 2026 sera placée sous le signe des arts, de la culture, de l'intelligence, de l'audace et aussi de la curiosité. Beaucoup de curiosité !

    Très bientôt, sur ce site, vous retrouverez notre Top 10 de 2025.

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  • Irrévérence et vénération

    Bla Bla Blog termine l’année en beauté avec un des plus beaux et des plus surprenants albums de ces derniers mois. Nous sommes dans un univers affolant, plein d’aplomb, de passion mais aussi de justesse avec cet album de Venerem dont le titre frappe fort à propos : Strike (Orlando). Le quatuor propose là un album incroyable mêlant avec bonheur musique Renaissance, baroque, néoromantisme, classicisme et jazz. Le tout dans un esprit rock.

    Le titre de l’opus fait référence à Strike The Viol, une ode pour l’anniversaire de la reine Mary. Laureen Stoulig propose l’une des plus étourdissantes versions de la pièce d’Henry Purcell (1659-1695). Impossible de ne pas parler des trois musiciens qui l’accompagnent dans cette version jazz électrisante, le pianiste et formidable arrangeur Marlo Thiennes, Michel Meis aux percussions et Simon Zauels à la basse électrique. Strike The Viol est l’un des plus beaux morceaux qui soient dédié à la musique, au plaisir et aux harmonies.

    Le second morceau de Purcell est The Cold Song, un tube tiré de l’opéra King Arthur. Et dire que cet opéra date de 1691 ! The Cold Song est redevenu célèbre au début des années 80 grâce au regretté Klaus Nomi. L’air devient ici un authentique morceau rock, grâce à la voix de Laureen Stoulig que la soprano franco-mauricenne pousse jusqu’à ses extrêmes limites. Une version là aussi inoubliable, servie par une prise de son captant jusqu’à la moindre variation du souffle de la chanteuse.    

    L’auditeur ou l’auditrice découvrira sans doute le compositeur Franceso Bartolomeo Conti (1682-1732). L’AriaAllegro, est extrait de sa cantate Languet anima mea. Comme pour le Strike The Viol de Purcell, il semble entendre chez les Venerem le même swing que Jacques Loussier, lorsque ce dernier faisait rimer Bach et jazz, ne s’interdisant pas plus l’irrévérence. 

    Un univers affolant, plein d’aplomb, de passion mais aussi de justesse 

    Après un instrumental – jazz, comme de bien entendu – de Marlo Thiennes, sous forme d’Entracte, c’est Vivaldi qui est présent avec le Cum Dederit, extrait du Nisi Dominum RV 608. La relecture moderne est plus sobre, gardant cet esprit sacré et recueilli, mais non sans d’infimes variations sonores. Voilà qui donne à ce Cum Dederit, un supplément d’âme et de mystère.

    Mais les Venerem ne sauraient pas s’arrêter en si bon chemin, sur le répertoire Renaissance et baroque. Le quatuor interprète avec simplicité une mélodie du compositeur néoromantique Reynaldo Hahn (1874-1947). À Chloris est une jolie déclaration d’amour, réservée, pudique et comme hors du temps : "S'il est vrai, Chloris, que tu m'aimes / Mais j'entends, que tu m'aimes bien / Je ne crois pas que les rois mêmes / Aient un bonheur pareil au mien".

    On est heureux de trouver dans ce somptueux album la magnifique Passacaille de Lully (1632-1687), extrait de son opéra Armide. La facture versaillaise, intacte, se pare des couleurs et des rythmes jazz. Le tout est porté par la voix cristalline de Laureen Stoulig.

    L’album porté par le quatuor se révèle un tour de force musical, intelligent, entre vénération et audace. Décidément, ce Strike finit par nous mettre KO debout.  

    Venerem, Strike, Orlando, 2025
    https://www.venerem-art-music.com
    https://orlando-records.com
    https://www.facebook.com/profile.php?id=100057786787723
    https://laureenstoulig.fr
    https://www.facebook.com/laureen.stoulig
    https://www.instagram.com/venerem_early_art_music

    Voir aussi : "Full sentimental"

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  • Lumière pâle sur les collines

    Les Cramés de la Bobine présentent à l'Alticiné de Montargis le film Lumière pâle sur les collines. Il sera visible le jeudi 1er janvier et le dimanche 4 janvier à 18H, le lundi à 5 janvier à 14H. Soirée débat le mardi 6 janvier à 20H. 

    Malgré les difficultés, Sana tente d’offrir à ses jumeaux des vacances de printemps. Comme son Royaume-Uni, 1982. Une jeune anglo-japonaise entreprend d’écrire un livre sur la vie de sa mère, Etsuko, marquée par les années d’après-guerre à Nagasaki et hantée par le suicide de sa fille aînée. Etsuko commence le récit de ses souvenirs trente ans plus tôt, lors de sa première grossesse, quand elle se lia d’amitié avec la plus solitaire de ses voisines, Sachiko, une jeune veuve qui élevait seule sa fille. Au fil des discussions, l’écrivaine remarque une certaine discordance dans les souvenirs de sa mère… les fantômes de son passé semblent toujours là - silencieux, mais tenaces.

    Lumière pâle sur les collines, drame japonais de Kei Ishikawa
    avec Suzu Hirose, Fumi Nikaidô, Yoh Yoshida, 2025, 123 mn

    Titre original : Tōi Yama-nami No Hikari
    D’après le roman de Kazuo Ishiguro
    https://www.cramesdelabobine.org/spip.php?rubrique1626
    https://metrofilms.com/film/pale-view-of-hills-a

    Voir aussi : "6 jours ce printemps là"

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