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Bla Bla Blog

  • De l'AML à l'ouvrage

    Bla Bla Blog fait aujourd'hui le focus sur une toute jeune entreprise lancée par une amoureuse des arts et de la culture. AML Coaching, c'est bien sûr un projet professionnel au service du coaching mais c'est aussi, maintenant, le cheval de bataille d'une entrepreneuse qui entend mettre son écoute et son intelligence au service des autres. Rencontre exclusive avec Anne-Marie Lécuyer qui nous parle de son parcours et de ses passions.

    Bla Bla Blog – Bonjour Anne-Marie. Ton actualité en ce moment c’est une nouvelle aventure dans le domaine du coaching. Peux-tu commencer par nous parler de toi et de ton projet qui est d’ailleurs plus qu’un projet ?
    Anne-Marie Lécuyer – Bonjour, Bla Bla Blog. Oui, une nouvelle aventure professionnelle démarre ! Pendant 30 ans, j’ai adoré travailler dans la veille média, un secteur qui a connu énormément de transformations technologiques et organisationnelles. J’ai accompagné des équipes, conduit des changements, géré des situations complexes, des veilles de crise… Et puis, un jour, tout s’est arrêté. Après un PSE, je me suis retrouvée, comme beaucoup de seniors, face à une question assez vertigineuse : que fait-on quand on a encore envie (et besoin !) de travailler, de transmettre, d’apprendre… mais que le marché du travail semble vous dire le contraire ? Attendre une énième réponse négative à une candidature ?  Non. Être senior, ce n’est pas être "dépassé". C’est avoir de l’expérience, avoir traversé des changements, appris de ses erreurs, développé des compétences … et avoir encore énormément d’énergie à partager. Avec le recul, ce que je retiens de ces 30 années ce sont les rencontres, les liens créés avec des équipes formidables, des personnes passionnées par leur métier. Et l’importance des relations humaines : sans confiance et sans esprit d’équipe, même les plus beaux projets finissent par être fragilisés. C’est ce qui m’a naturellement conduite vers le coaching. J’ai suivi une formation certifiante en coaching professionnel, puis je me suis formée au coaching d’équipe et au Boost Coaching. Le lancement de AML Coaching ce n’est pas un changement de vie. C’est une nouvelle façon de mettre mon expérience au service des autres.

    BBB – C’est un grand saut pour toi, qui vient du monde des médias. Ce secteur du coaching draine plein d’idées reçues, de contre-vérités, voire de fantasmes. Comment es-tu entré dans le coaching ? Avec un mélange d’envie et d’appréhension, j’imagine ?
    AML – Ah oui, de l’envie et beaucoup d’appréhension ! J’avais envie d’offrir une qualité d’écoute et d’accompagner des personnes dans des moments où elles peuvent se sentir démunies. Mais j’appréhendais effectivement de me retrouver sur un terrain glissant. Le coaching se situe à la croisée de plusieurs univers : psychologie, développement personnel, management, formation, conseil… On confond encore souvent coaching avec conseil ou thérapie. Sans parler des dérives et des promesses parfois trop séduisantes. Alors coach, oui. Mais gourou, non ! C’est justement pour cela que j’ai pris soin de choisir une formation certifiante, dans une école sérieuse, avec un cadre déontologique exigeant, beaucoup de pratique et des mises en situation. J’ai découvert différentes approches et outils, les apports des neurosciences, les profils neuro-atypiques… Bref, c’était reparti pour les études !  Cette formation a été une expérience très riche, notamment grâce aux personnes de ma promotion. Car se former au coaching, ce n’est pas seulement apprendre des outils. C’est accepter de se faire coacher, de lâcher prise, de s’interroger, de douter, de se remettre en question… et de se mettre soi-même en mouvement. Et c’est ce qui m’a le plus convaincue.

    BBB – Que dirais-tu aux personnes méfiantes vis à vis du coaching ? Comment les convaincrais-tu de son utilité ?
    AML – Je ne chercherais pas forcément à les convaincre. Je comprends très bien la méfiance. Le coaching est souvent associé à des promesses du type : "changez votre vie", "révélez votre potentiel", "devenez la meilleure version de vous-même"… Pour moi, le coaching est beaucoup plus concret. C’est s’offrir un espace que l’on n’a pas toujours dans son quotidien pour prendre du recul, mettre les choses à plat et regarder une situation autrement. Parfois, on sait très bien ce qu’on devrait faire… mais on n’arrive pas à passer à l’action. On tourne en boucle sur les mêmes questions. On manque de recul. Ou simplement d’un regard extérieur. C’est là que le coaching est utile. Je ne vais pas donner de recettes toutes faites, ni décider à la place de quelqu’un. Mon rôle est de poser les bonnes questions, de faire émerger ce qui est déjà là, d’aider à clarifier… et surtout à passer de la réflexion à l’action.

    "L’envie et beaucoup d’appréhension"

    BBB – Peux-tu nous parler en quelques mots d’AML Coaching ? Quelle est sa philosophie ?
    AML – J’ai construit mon activité autour de trois axes qui me tiennent à cœur : Ancrer la confiance. Mobiliser les talents. Légitimer les parcours. Ancrer la confiance, parce qu’avant une prise de parole, une présentation de projet, une décision importante ou une nouvelle étape professionnelle, on peut vite se laisser envahir par le stress ou le doute.  Je propose donc des accompagnements courts et très ciblés, pour aider à se recentrer, préparer, anticiper et arriver plus serein le jour J. Mobiliser les talents, parce que le coaching ne consiste pas uniquement à chercher ce qui ne fonctionne pas. C’est aussi faire émerger ce qui fonctionne déjà, rassembler ses ressources, ses forces, ses valeurs et s’appuyer dessus pour avancer. Enfin : légitimer les parcours. Parce qu’aucun parcours n’est parfaitement linéaire. Il y a des détours, des pauses, des changements de direction, des accidents de parcours, des recommencements… Je suis convaincue que ces expériences, qu’elles soient heureuses ou difficiles, peuvent devenir des forces, pour la personne comme pour l’équipe dans laquelle elle évolue. C’est ce qui m’intéresse particulièrement dans les transitions sensibles : les retours au travail après une longue absence, les situations d’aidance, les évolutions professionnelles délicates… Et aussi les managers qui se retrouvent face à des situations humaines pour lesquelles ils n’ont pas forcément les bons repères. Cette dimension est également très personnelle pour moi. J’ai traversé une longue période d’aidance familiale et j’ai eu la chance de bénéficier d’un soutien juste, discret et précieux, qui m’a permis de continuer à avancer professionnellement. Je sais donc à quel point, dans certaines périodes de la vie, être accompagné peut faire une vraie différence.

    BBB – Bla Bla Bog aime interroger ses invité·e·s sur leurs goûts. À ton tour de te frotter à l’exercice. Quels sont tes récents coups de cœur en matière de musiques de lectures, films, séries ou expositions ?
    AML – J’ai beaucoup de coups de cœur, cela va être dur de faire une sélection ! J’ai la chance d’habiter près de ma librairie préférée, La Suite, à Versailles, qui organise de belles rencontres avec des écrivains, et prochainement avec Thélyson Orélien. Je viens de lire d’une traite son roman, C’était ça ou mourir, une lecture magnifique et indispensable. Les questions soulevées par Soudain, le film de Ryusuke Hamaguchi me trottent encore quotidiennement dans la tête. Là aussi, il est question d’accompagnement…  J’ai également beaucoup aimé L’Agent secret de Kleber Mendonça Filho. Une exposition m’a beaucoup touchée : Pekka Halonen, Un hymne à la Finlande, au Petit Palais l’hiver dernier. La découverte d’un paradis blanc, de portraits poignants, d’un artiste singulier, mais aussi de son mode de vie et de l’esprit qui régnait au bord du lac de Tuusula. J’écoute Tame Impala en boucle et j’enrage de ne pas avoir pu assister à leur dernier concert ! Deux séries m’ont emballée : Bandi d’Éric Rochant et Los nuevos años de Rodrigo Sorogoyen. Et j’aimerais terminer par un énorme coup de cœur pour le podcast Si besoin de Nicolas Demorand. J’y ai retrouvé des situations vécues auprès de proches, évoquées de façon très directe, avec délicatesse et humour. Les échanges avec ses interlocuteurs sont passionnants, émouvants, graves. Ils éclairent beaucoup d’aspects méconnus ou encore tabous de la santé mentale. Et un épisode est consacré aux aidants. Enfin !

    BBB – Merci, Anne-Marie.
    AML – Merci, Bla Bla Blog !

    AML Coaching
    https://amlcoaching.fr
    https://www.linkedin.com/in/anne-marie-lecuyer-8977a5129

    Voir aussi : "Élise Bertrand : 'Il ne faut pas cesser d’être curieux'"

  • Handel, jamais aussi proche

    Qui connaît vraiment Haendel ? Voilà un compositeur prolifique, admiré à son époque, encore archi joué, vraiment admiré, mais dont la personnalité et l’âme demeurent un mystère. En comparaison, ses contemporains Bach et Mozart sont devenus hyper populaires à partir du XXe siècle. Oui, il y a bien un mystère Haendel – ou plutôt Handel, Clara Ponty ayant choisi l’orthographe anglais utilisée après l’installation du compositeur allemand de l’autre côté du Channel.

    La pianiste a choisi de "ré-imaginé" Handel dans l'album Handel reimagined (Neo Classic), sorti cet année mais né il y a six ans pendant le confinement, alors que la musicienne venait de se produire à Halle, la ville natale du compositeur. "Pendant le confinement, ma meilleure thérapie a été de m’asseoir à mon piano et de jouer une heure de musique baroque presque chaque jour », confie l’artiste. « Ce fut ma plus grande consolation dans une période difficile."

    C’est au piano que la musicienne américaine réinterprète quelques grands titres – on a même envie de préciser "quelques grands tubes" – de l’auteur de Water Music, du Messie… ou de l’hymne de la Champions League ! Il faut aller à la dernière piste pour écouter le Royal Anthem, extrait de Zadock The Priest, adapté par Benjamin Britten deux siècles plus tard pour le grand plaisir des fans de football.

    L’objectif de Clara Ponty est on ne peut plus clair : "Je souhaite donner une nouvelle vie à cette musique exceptionnelle. Mon espoir est que cet album soit perçu comme une passerelle, prouvant que le classique n’est pas une musique de niche, mais une émotion universelle."                         

    L’hymne de la Champions League

    Rappelons que Georg Friedrich Haendel, né à Halle, donc, en 1685 et mort à Westminster en 1759, est un représentant capital de la période baroque (que l’on pense au Mysterious Minuet). Clara Ponty choisit le dépouillement (Sweet Gigue), donnant à ces œuvres intemporelles un extraordinaire dénuement, jusque dans la célèbre Sarabande (Sarabande reimagined). L’Américaine a sans doute en tête ses compatriotes du courant répétitif américain – Adams, Reich, Glass. Il y a du minimalisme dans cette manière d’interpréter le baroque handelien. Et pourquoi pas ? Autre tube, la Passacaille, devenue ici la Gladsome Passacaille, tout aussi irrésistible et demandant la même virtuosité.

    "Handel Made in Ponty" ce n’est pas une relecture, mais des relectures allant du classique au moderne, en passant même par la pop. C’est ce que l’auditeur ou l’auditrice se dira d’ailleurs à l’écoute de Permets-moi de pleurer, extrait de l’opéra Rinaldo. Prenez ce morceau, écrivez des paroles et vous aurez sans doute un tube de notre époque.       

    On est tout autant heureux de retrouver deux extraits de la Water Music, cette "musique sur l’eau", l’une des plus grandes compositions de l’histoire consacrée à la fête. Et à la vie. Clara Ponty fait de l’Ode to River Thames une interprétation mystérieuse, singulière, légère et au bonheur pudique. Quant à A Majestic Air, nous voilà dans un titre aérien – justement – à la mélodie imparable et rappelant qu’Handel est un compositeur immédiatement attachant, bref si proche de nous grâce notamment à la magicienne qu'est Clara Ponty. Un gros big up pour elle !

    Clara Ponty, Handel reimagined, Neo Classics, 2026
    https://www.claraponty.com
    https://www.facebook.com/ClaraPonty
    https://x.com/ClaraPonty
    https://www.youtube.com/ClaraPonty

    Voir aussi : "À la recherche de Philippe Malhaire"

  • Les Matins merveilleux

    Les Cramés de la Bobine présentent à l'Alticiné de Montargis le film Les Matins merveilleux. Il sera visible du 16 au 20 septembre. Soirée débat le mardi 20 septembre à 20H30.

    De vieux vinyles disco dans le coffre de sa Twingo, à peine remise de la mort de sa grand-mère, Charlie roule. Elle ne sait pas encore que ces disques ressusciteront les pas de danse de sa mère dans les yeux humides de Titou, caviste rêveur, ni qu’une plage méditerranéenne désertée sera le théâtre de sa rencontre avec Marina, qui rêve son idéal de liberté dans la pizzeria du village. Pour l’instant, elle roule.

    Les Matins merveilleux, comédie dramatique française d’Avril Besson
    avec India Hair, Raya Martigny, Eric Cantona
    Scénario : Avril Besson et Pauline Baduel, 2026, 87 mn
    https://www.cramesdelabobine.org/spip.php?article5243

    Voir aussi : "Notre histoire - Chroniques du Caire"

  • Magali Michaut prend de la hauteur

    Bla Bla Blog avait déjà parlé de Magali Michaut, une vraie belle découverte de la scène française. On a plaisir à la revoir pour un deuxième album, Prendre de la hauteur, dans une veine chanson française, saupoudrée ça et là de vagues électros. Depuis dix ans sur les routes, que ce soit en France, en Europe ou à l’étranger, elle peut se targuer de plus de 400 concerts à son actif, en solo, en duo, en trio…

    La puissance et le pouvoir des mots, voilà qui définit bien une artiste à la tête bien faite et bien pleine. Magali Michaut prend de la hauteur dans cet album bien nommé. L’artiste y parle de moments intimes, que ce soit ceux avec une enfant (Matin douceur) ou du départ du domicile familial et la sensation d’une page qui se tourne (Reste avec moi).

    Magali Michaut sait nous toucher grâce à des saynètes d’une femme ordinaire. Qui serait capable de parler avec autant de poésie des trains de banlieue parisienne, d’une petite ville du Val d’Oise ("Cergy j’y suis, Cergy j’y pense, Cergy j’y vis / Cergy j’y danse", RER A) ? Elle chante avec le même plaisir le souvenir d’un réveillon complètement désorganisé mais, pour cela, inoubliable et heureux (Ce réveillon-là).

    En seize titres, Magali Michaut nous invite littéralement à partager son quotidien mais aussi ses réflexions : "Viens dans ma bulle / Viens dans mes bras / Y’a rien qui brûle / Viens tu verras / Prends mes lunettes / J’te fais d’la place / Dans mes mensonges / Et mes messes-basses / Je passe l’éponge / Sur mes sornettes." Car si l’artiste s’interroge sur notre monde – le fascisme qui se voilà à peine, l’IA qui nous déshumanise, le monde qui déraille, elle ne cherche qu’à partager et échanger, dans un beau message humaniste.

    La chanteuse inclus dans son opus une réflexion d’Yves Klein sur le savoir, la recherche scientifique et sur un concept peu connu et pourtant si fréquent, l’ultracrépidarianisme (L’art d’être à l’aise). La musicienne en a d’ailleurs fait une chanson à la facture pop, quelques coups de canifs bien sentis pour les docteurs Diafoirus de notre époque, scientifiques arrogants et autres intellectuels perchés (Ultracrépidarianisme).

    La physique au service des émotions et de la poésie

    Forte de son passé de scientifique (une thèse en bio-informatique, sil vous plaît !), la chanteuse ose ce que peu d’artistes font : un titre sur l’infini petit, la recherche atomique et les accélérateurs de particules – et tout cela en poésie et avec allant (Où va-t-on?).

    Après Yves Klein, c’est Emma la Clown qui prend la parole dans un dialogue mi-sérieux mi-comique sur la théorie de la gravitation universelle (La pomme et le repos). Magali Michaut décline en musique ce sujet. C’est Référentiel newtonien, ballade folk dans lequel la chanteuse parle du chemin à faire, de nos connaissances qui se heurtent à des murs et à des questions jamais résolues ("Entre l'ombre et la lumière / J'comprends un peu mieux qu′hier / Mais des cavernes apparaissent / Sidération").

    La scientifique peut-elle apporter une réponse à nos dilemmes quotidiens ? Elle s’avoue, en quelque sorte vaincue dans le joli titre Quand tu vois que tu vois pas : "Quand tu vois, quand tu vois, quand tu vois / Que tu vois pas, tu vois pas, tu vois pas / Quand tu sais, que tu sais, que tu sais / Que tu sais pas / Ben tu fais au mieux") ou bien dans le singulier interlude Dans le lavabo, prolongé par le morceau pop-folk Ainsi font les idées, qui surviennent, parfois nous harcèlent : "Y'a ce qui rentre dans ma tête / Ces pensées toujours m'entêtent / Y'a ce qui sort que j'oublie / Après une ou deux trois nuits / Pourtant faut bien que je me souvienne / Pour que les idées surviennent / Et ainsi font / Les idées oh / Dans le lavabo / Un vrai typhon".

    C’est ça, Magali Michaut : la physique au service des émotions et de la poésie, tant nous faisons partie d’un univers qui nous dépasse ("Je suis partie / Partie d’un tout / D’un tout petit / Et puis c’est tout", Je suis partie) ! Voilà qui rend cette chanteuse si singulière qui lui fait Prendre de la hauteur : "Prendre de la distance / Pour savourer sa chance / Le moral se regonfle d'une vision nouvelle / Le ciel est dégagé, les idées ont des ailes / Ma plume se fait légère, elle n'est plus prisonnière / Des attentes permanentes, des angoisses passagères."

    Magali Michaut, Prendre de la hauteur, 2026
    https://www.magalimichaut.com
    https://www.instagram.com/magalimichaut
    https://www.facebook.com/MagaliMichautMusic
    https://emmalaclown.com

    Voir aussi : "Magali Michaut sort de sa bulle"

  • Mort, où est ta victoire ?

    Puisque nous sommes encore en été (pour quelques jours encore), période bénie pour la lectures, notamment les polars, laissez-moi vous en présenter un, sorti il y a trois ans et méritant que l’on s’y intéresse. Il nous vient d’Angleterre, est signé A.K. Turner et est le premier volume d’une trilogie, Body Language (éd. Le Livre de poche).

    Cassie Raven, au look à la Lisbeth Salander (l’héroïne de Millénium, pour celles et ceux qui n’ont pas la ref), travaille à la morgue londonienne du quartier de Camden. Un vrai sacerdoce pour cette orpheline qui a été élevée par sa grand-mère. Douée, aimant son métier, Cassie a surtout la particularité d’entendre les cadavres, dont elle s’occupe, lui parler.

    Un jour, elle voit arriver une morte dont elle doit s’occuper. Ce n’est pas une inconnue. Elle s’appelle Geraldine, a aidé Carrie lorsque cette dernière était paumée, l’a encouragée a reprendre des études supérieures et a même été sa professeure. La brillante universitaire est morte chez elle, accidentellement. Un décès qui paraît vite suspect aux yeux de Cassie. La fonctionnaire se lance dans l’enquête, bientôt gênée puis aidée par Flyte, une lieutenante de police froide mais pugnace.

    Maboul

    L’autrice anglaise prend son temps dans ce polar qui plonge dans l’univers des morgues. Il fallait un personnage bien campé pour cette histoire de crimes où les fantômes semblent rôder – à moins que notre héroïne soit définitivement maboul.

    L’histoire avance lentement, A.K. Turner prenant soin de nous faire tourner autour de ses personnages : un collègue sympathique mais cachant quelques secrets, un supérieur insupportable mais vite mis de côté, une policière peu heureuse car digérant un lourd passé. Une intrigue vient se rajouter à l’histoire de Geneviève : un cadavre disparu puis réapparaissant. Mais pourquoi ?

    Le lecteur ou la lectrice devra accepter ces fausses pistes avec patience, lorsqu’enfin le passé de Geneviève nous est révélé : un site de rencontre, un mariage, un traquenard et je m’arrête là.

    Cassie va user de ses maigres moyens, de ses relations mais aussi de son amitié naissante avec Flyte pour démêler le vrai du faux et laisser les morts reposer en paix. 

    A.K. Turner, Body Language, éd. Le Livre de Poche, 2023, 448 p.
    https://www.livredepoche.com/livre/body-language-9782253243885
    https://www.facebook.com/AKTurnerCrimeWriter

    Voir aussi : "Les larmes ne se voient pas dans l'eau des piscines"

  • Dérap-art contrôlé avec La petite garce

    Parlons de La petite garce. On aime ou on déteste, et par dessus tout on trouve cela drôle, déplacé, voire vulgaire.

    Bla Bla Blog, lui, admire ce sens du "dérap-art" contrôlé. Nous avions déjà parlé de La brodeuse masquée qui avait fait du loisir créatif le plus sage qui soit une vraie philosophie alliant déco, trash et humour noir. Pourquoi ne pas faire le focus sur cette artiste singulière ?

    La petite garce sévit principalement sur Internet et les réseaux sociaux. Son dada c’est la déco vintage, les détournements d’objets du quotidiens chinés un peu partout. Et surtout des punchlines et des messages plus engagés qu’ils ne paraissent : "Mariée au premier ringard", "Ni Dieu ni mec !", "Mon papa à moi est un gangster !"

    Du fin fond de la Nièvre, La petite garce assume complètement son sens de l’à-propos, ses messages féministes et aussi... l’art de ne pas se prendre au sérieux.

    Elle sera en exposition au salon Bourges Tatoo Vintage les 3 et 4 octobre prochain.

    La petite garce
    https://lapetitegarce.fr
    https://www.facebook.com/LaPetiteGarce666
    https://www.instagram.com/p/DIMJB1aII9M

    Voir aussi : "Inst-art-gram"
    "La brodeuse masquée a encore frappé"

    © La petite garce

     
     
     
     
     
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  • Entre Brel, Tachan et... Zola

    Focus sur un premier album, venu d’un artiste qui n’est pas tout à fait un inconnu. Claude Sabatier, écrivain et spécialiste de Zola, s’essaye à la chanson. Le résultat est ce premier album, Arbres de vie. Citons aussi, pour être juste, sa complice Michèle Garance, omniprésente dans ce projet musical.

    Leur opus est le résultat d’un travail d’écriture, de composition et d’interprétation sur les pas de ses brillants aînés – Brel (dont il est question dans le titre-hommage Quand tu chantes, Brel), Ferré, Brassens, mais aussi Tachan que Claude Sabatier a bien connu personnellement (ils était son petit-cousin), au point d’en avoir fait une biographie de référence (éd. Arthemus, 2002). Rien d’étonnant d'y trouver deux reprises d’Henri Tachan, disparu en 2023. Claude Sabatier a choisi de reprendre Laurel et Hardy et L’amour et l’amitié.

    L’auditeur ou l’auditrice retrouvera dans cet opus un univers familier. Le piano-voix domine d’une bonne tête les 17 titres qui racontent les humeurs (Promesses, Malgré, Je ne vis que d’émotions), les souvenirs (Quand on s’est retrouvés, Marco, Petite fille, Au cœur des maisons), les coups de cœur mais aussi les coups de gueule de Claude Sabatier. Un opus plein de vie, donc, à l’image du morceau qui ouvre l’album, Encore. Le mot est décliné avec finesse pour parler des élans, des envies mais aussi des "caprices".

    Coups de cœur et coups de gueule

    Saluons le titre Soixante ans, sans doute l’un des meilleurs de l’album, dans lequel l’auteur et interprète se tourne vers son passé et constate le temps qui a passé : "Paraît que j’ai eu 20 ans / C’était l’âge éblouissant / C’était l’âge tonitruant...").

    Le morceau Arbres de vie, qui donne son nom à l’opus, est interprété par Manon Corbière. Cette chanson à la première personne, à l’écriture fine et efficace, donne la parole à un arbre, bienfaiteur et véritable âme pour la vie et la musique.

    On parlait de coups de gueule. Il en est question dans Ma vie thématique, dénonciation de ces vies virtuelles, tout juste bonnes pour finir "à la poubelle !" Dans Trop souvent je mens, Claude Sabatier parle également du mensonge, en forme de confession mais aussi d’accusation : "Car très souvent je mens / La société l’attend"). Pour Les nouveaux fachos, Claude Sabatier se fait accusateur et engagé. Quand je vous disais que l’artiste est un spécialiste et admirateur de Zola…

    Un album généreux qui sent bon l’amour de la chanson française mais aussi la main tendue vers l’autre, à l’image de Jules et Jean : "Jean qui croyait en Dieu, / Jules qui n’y croyait pas. / Comme on dit qui vivra verra / Ne prenons pas la mort au sérieux !"

    Du très bel ouvrage. L’album est disponible auprès de l’auteur. Rendez-vous sur sa page Facebook.

    Claude Sabatier, Arbres de vie, 2026
    https://www.utl-montargis.fr/blog/cd-arbres-de-vie-224.html
    https://www.facebook.com/claude.sabatier.54
    https://www.cramesdelabobine.org/spip.php?article5233

    Voir aussi : "Zola au cœur de la Commune"

  • Notre histoire - Chroniques du Caire

    Les Cramés de la Bobine présentent à l'Alticiné de Montargis le film Notre histoire - Chroniques du Caire. Il sera visible du 9 au 15 septembre. Soirée débat le mardi 8 septembre à 20H30.

    Le Caire, 1967. Ahmed, pianiste obstiné dans une famille qui ne jure que par le football, reçoit une lettre en provenance d’Autriche : Liz a répondu à son annonce pour devenir sa correspondante. De la guerre des Six Jours à l’ère Sadate, leur destin va s’écrire en même temps que celui de l’Égypte : entre rêves contrariés, conflits, chaos familial, et petites victoires arrachées au destin.

    Notre histoire - Chroniques du Caire, drame égyptien de A. B. Shawky
    Avec Amir El-Masry, Valerie Pachner, Nelly Karim, 2026, 120 mn
    Titre original : The Stories
    https://www.cramesdelabobine.org/spip.php?article5242 

    Voir aussi : "Le triangle d’or"