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Il y a 60 ans, disparaissait l’artiste contemporain Alberto Giacometti, devenu célèbre grâce à ses sculptures filiformes, et en particulier à une œuvre emblématique Homme traversant une place par un matin de soleil. C’est précisément cette création qui illustre le nouveau timbre émit en ce début de janvier par La Poste.
Le style de Giacometti est reconnaissable entre tous, même si l’on n’est pas spécialiste : des silhouettes allongées, presque squelettiques, des visages émaciés, des lignes épurées, réduites presque au simple dessin. Voilà qui fait des sculptures de Giacometti des représentations métaphysiques de la condition humaine. On reste toujours subjugués par ces œuvres appelant à la réflexion et à la méditation. Elles couronnent une carrière longue, diverse, entre la peinture, le dessin, la sculpture et la gravure.
Lorsqu’Alberto Giacometti meurt en 1966, il a établi un style qui le démarque de ses contemporains, lancés dans les prémices du pop art, du minimalisme, de l’art conceptuel. Il reste un maître absolu du XXe siècle. Il était logique que La Poste lui rende hommage.
Timbre "Alberto Giacometti", La Poste Création du bloc : Pierre Albuisson Gravure : Sarah Lazarevic Impression : taille-douce Présentation : 9 timbres à la feuille Tirage : 610 200 exemplaires Valeur faciale : 3,10 € Lettre Verte 100g Conception graphique timbre à date : Pierre Albuisson https://www.lecarredencre.fr https://www.laposte.fr
Les Cramés de la Bobine présentent à l'Alticiné de Montargis le filmLaurent dans le vent. Il sera visible du 28 janvier au 3 février 2026. Soirée débat le mardi 3 février à 20h30.
À 29 ans, Laurent cherche un sens à sa vie. Sans travail ni logement, il atterrit dans une station de ski déserte hors-saison et s’immisce dans la vie des rares habitant·es qu’il rencontre. Quand les touristes arrivent avec l’hiver, Laurent ne peut plus repartir.
Parmi les grandes stars internationales de la musique classique, figurent en très bonne place Lang Lang mais aussi Yuja Wang, tous deux nés en Chine. On ne va pas se le cacher, la pianiste joue de son physique et de tenues savamment choisies pour dépoussiérer le classique et le rendre plus sexy. Et pourquoi pas ?
Yuja Wang est en effet à la fois au clavier et à la direction dans un programme XXe siècle. Elle y montre toute sa virtuosité dans l’œuvre phare de ce programme, à savoir la Rhapsody in Blue de George Gershiwn. Écrite au départ pour piano par le compositeur américain, elle a été adaptée pour orchestre par Ferde Grofé. Yuja Wang y excelle au piano grâce à son jeu virtuose. La rythmique de la Rhapsody in Blue n’est pas en reste. La musicienne et cheffe d’orchestre hypnotise dans cette œuvre majestueuse et envoûtante.
Son jeu à la fois virtuose et lascif
Le Musikverein de Vienne propose un morceau moins connu de ce côté-ci de l’Atlantique mais qui figure parmi les grandes œuvres du répertoire classique mexicain. Il s’agit de la Danzón n° 2 d’Arturo Márquez. Commandée et écrite en 1994 par le compositeur mexicain, elle s’appuie sur le danzón, une danse typique de son pays. Impossible de ne pas être envoûté par cette pièce. Yuja Wang la déploie avec une singulière simplicité. On ne peut que la remercier de nous faire découvrir cette deuxième des huit Danzones d’Arturo Márquez.
Dernière pièce de ce programme public, le Concerto pour piano et instruments à vent d’Igor Stravinsky. Yuja Wang met toute sa précision et son intelligence dans cette œuvre dense à la rythmique et à l’orchestration singulières. Elle fut qualifiée à juste titre de révolutionnaire lors de sa création en public.
Le Café philosophique de Montargis proposera son prochain rendez-vous le vendredi 30 janvier prochain à la Médiathèque de Montargis, à 19 heures. Le sujet de la soirée portera sur cette question : « L’émotion est-elle un obstacle à la raison ? »
Émotion et raison. Voilà deux concepts qui semblent aux antipodes l’un de l’autre. Et force est de constater que les philosophes ont souvent manifesté de la méfiance pour l’émotion pour lui préférer la raison. Les émotions empêcheraient à la raison de s’exprimer. Pire, elles seraient irrationnelles. Les émotions seraient-elles notre ennemi ? Seraient-elles opposées à la raison ? Dans ce cas, que faut-il en faire ? La raison pure, sans émotion, est-elle possible ? Qu’en est-il de l’intelligence émotionnelle, dont on parle de plus en plus ?
Rendez-vous à l’Atrium de la Médiathèque de Montargis pour parler des émotions et de la raison. Le débat aura lieu le vendredi 30 janvier 2026 à 19 heures.
Cet album propose une plongée dans un univers musical singulier ! Quand je dis "univers", je parle aussi de cosmos, en référence à Primordial Cosmos, la première œuvre qui ouvre l’album Saga Trilogy (b.records) consacré au compositeur contemporain américain Joseph Swensen. Il est en plus aux manettes de l’Orchestre National Bordeaux Aquitaine.
L’ambition de Joseph Swensen sonne immédiatement aux oreilles dans Primordial Cosmos, en deux mouvements, Lento Mesto et Molto agitato. Le compositeur américain, à la baguette pour cet enregistrement, a écrit une musique d’un autre monde, partant d’un magma originel, chaotique, faisant grincer et pleurer les cordes. Joseph Swensen fait de Primordial Cosmos la première partie d’une saga qui le dépasse même, comme il l’avoue dans le livret de présentation.
Dans le mouvement Lento Mesto, l’auditeur ou l’auditrice aura l’impression de voir surgir des particulaires cosmiques primaires au cœur du néant, à la fois inquiétant et fondamental, jusqu’à la formation d’un début d’ordre. Les cordes se structurent peu à peu en nappes. Du chaos naît quelque chose, tout aussi primaire. C’est l’objet du second mouvement Molto Agitato et Andante Sostenuto, plus mystérieux, plus métaphysique aussi. À ce sujet, le compositeur américain avoue l’influence d’Olivier Messiaen, en particulier son Quatuor pour la fin du temps. La facture de Primordial Cosmos devient plus harmonique, pour ne pas dire néoromantique. On ferme les yeux et on se laisse porter par ce souffle délicat, porteur de vie.
La nature a horreur du vide
L’enregistrement se poursuit avec le bien nommé Saga, une pièce pour violoncelle, orchestre et accordéon. Violoncelle avec Jonathan Swensen, fils du compositeur et chef d’orchestre dont la naissance a inspiré l’écriture de cette œuvre. Citons aussi la présence de Bruno Maurice à l’accordéon. Il est rare de voir cet instrument mis à l’honneur dans le répertoire classique et contemporain. Jonathan Swensen domine avec aplomb la partie Méditation, toute en intériorité et en gravité. La musique des sphères devient un mouvement finalement très humain, dans ce bourdonnement cosmique dont les spécialistes de l’espace parlent, non sans émotion. Joseph Swensen nous apprend que ce son primaire, bien réel et dû aux interactions entre trous noirs, a une hauteur spécifique, un si bémol "très, très grave".
La nature a horreur du vide, dit-on. Or, cet espace, ici, est enrichi de constructions sonores tout à fait envoûtantes (Méditation) et passionnantes, à l’instar du Scherzo en forme de Passacaille. Il s’agit là du mouvement sans doute le plus audacieux de Saga, mêlant chaos, rythmiques primaires et percussions joueuses pour parler de la vie s’ébrouant maladroitement. Qui dit Passacaille dit Bach. Or, c’est Bach que l’on trouve derrière l’Aria "After Bach". Le compositeur propose un troisième mouvement réconciliant répertoire classique et création contemporaine. Cela donne une partie somptueuse de langueur, de mélancolie et de méditation, avec ces infimes variations, jusqu’à une dernière section dominée par l’accordéon singulier de Bruno Maurice, au service d’un bouillonnement vital.
La pièce Song Of Infinity, pour clarinette, chœur et orchestre, vient clore ce programme de l’Orchestre National Bordeaux Aquitaine. Joseph Swensen l’a sous-titré "My name is Infinity. As yours will one day be!", que l’on pourrait traduire par : "Mon nom est Infinité. Le vôtre le sera un jour". Le premier mouvement Andante est dominé par un solo de clarinette méditatif, bientôt rejoint par l’orchestre. L’auditeur ou l’auditrice se laissera prendre par la main dans une partie symphonique et même néoromantique, jusqu’à l’arrivée en fanfare de chœurs, dans un beau tohu-bohu. Une arrivée qui marque le début du dernier mouvement Choral, placé sous le signe et l’influence d’Olivier Messiaen. Songs Of Infinity est écrit et interprété comme une œuvre lumineuse et même métaphysique. La clarinette de Stéphane Batut dialogue avec l’orchestre et le chœur, dans un long chant méditatif, comme une prière vers l’au-delà. Et c’est lorsque les voix résonnent que la présence de Messiaen devient la plus évidente. Un vrai voyage cosmique... Pardon, une vraie saga cosmique !
Les Cramés de la Bobine présentent à l'Alticiné de Montargis le film L’Agent secret. Il sera visible le jeudi 22 janvier à 20H30 et le dimanche 25 janvier à 18H et le lundi 26 janvier à 14H. Soirée débat le lundi 27 janvier à 20H.
Tout public avec avertissement. Brésil, 1977. Marcelo, un homme d’une quarantaine d’années fuyant un passé trouble, arrive dans la ville de Recife où le carnaval bat son plein. Il vient retrouver son jeune fils et espère y construire une nouvelle vie. C’est sans compter sur les menaces de mort qui rôdent et planent au-dessus de sa tête…
Prix de la mise en scène et prix d’interprétation masculine au festival de Cannes 2025
L’Agent secret, drame brésilien de Kleber Mendonça Filho, avec Wagner Moura, Gabriel Leone, Maria Fernanda Cândido, 2025, 160 mn Titre original : O Agente Secreto https://www.cramesdelabobine.org/spip.php?rubrique1637
À l’instar de son dernier opus, le compositeur et pianiste fait le choix de la concision, pour ne pas dire de l’épure. Le titre Sur le nom Deborde, qui ouvre l’EP, s’écoute comme une marche étrange et douloureuse, comme désarticulée. Bien différent est la pièce suivante, Anfänglich. Écrite avec soin et précision, elle renoue avec l’harmonie, proposant en moins de deux minutes tout un univers. Pour ces deux œuvres, le compositeur parle d’une écriture à partir d’un "alphabet musical".
Pudiques, courtes et sensibles
Stéphane Michot propose ses Trois regards, une œuvre de notre époque que l’on pourrait qualifier de sonate en trois mouvements alliant néoclassique et contemporain. Le Prélude séduira par son souffle néoromantique que Yann Thiersen n’aurait pas renié.
La deuxième partie de Trois regards, Klavierstück, commence par un retour à composition contemporaine XXe siècle, sans pour autant laisser l’harmonie complètement sur le chemin.
Le poète parle vient clore ces Trois regards. Stéphane Michot montre qu’il excelle dans l’écriture de pièces pudiques, courtes et sensibles. En 2015, il dévoilait déjà son univers singulier et attachant. Il est temps d’enfin le découvrir.
Attention : choc émotionnel et visuel pour cet album hors-norme.
Sorti il y a quelques mois, Detroit Roma de la dessinatrice Elene Usdin et du scénariste Boni (éd. Sarbacane), et ses 350 pages doit se lire avec patience et sans découragement. Au fur et à mesure des séquences – le terme de "séquence" est d’autant plus approprié que le cinéma tient une grande place – le lecteur ou la lectrice finit par prendre conscience de ce qui se joue, avec notamment ces deux personnages principaux, singuliers et atypiques.
Detroit Roma s’ouvre sur un motel, au cœur d’une Amérique pauvre. Nous sommes en 2015. Becki, la black androgyne et Summer, la blonde filiforme, font une halte au cours d’un périple qui doit les mener loin de Détroit d’où elles sont originaires. Direction : Roma, non pas en Italie mais en Géorgie. Mais quelle est leur histoire, qu’est-ce qui les unit et, surtout où vont-elles et pourquoi ?
Récit d’une fuite, cette incroyable BD est aussi une histoire familiale
Detroit Roma a pour cadre l’Amérique des plus pauvres et en particulier la ville de Détroit, sinistrée et en proie à une catastrophe écologique et sanitaire – savamment mis sous couvert.
On entre avec prudence dans ce road movie, d’abord frappant par sa facture et les inventions graphiques d’Elene Usdin. Les couleurs pastels du voyage des deux amies côtoient les planches en noir et blanc parlant du passé des deux protagonistes. Entre chaque séquence, la dessinatrice a inclus des crayonnés, ceux précisément de Becki qui ne quitte jamais son carnet de dessins ni ses crayons.
Récit d’une fuite, cette incroyable BD est aussi une histoire familiale où le cinéma est omniprésent. Les auteurs scandent l’album de référence au cinéma : Wim Wenders, David Lynch, Pasolini, Fellini ou Ridley Scott. Véritable message de compassion pour les délaissés du libéralisme, ce livre est aussi un grand cri d’amour pour le cinéma. Inratable.