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Les Cramés de la Bobine présentent à l'Alticiné de Montargis le film Soudain. Il sera visible du 26 août au 1er septembre. Soirée débat le mardi 1er septembre à 20H30.
Directrice d’un établissement pour personnes âgées, Marie-Lou tente d’y instaurer une philosophie de soins innovante basée sur l’écoute et la dignité des résidents, malgré la réticence d’une partie de ses équipes. Sa rencontre avec Mari, une metteuse en scène japonaise qui se bat contre un cancer, va bouleverser sa trajectoire. En nouant une amitié profonde, les deux femmes engagent ensemble un combat pour “rendre possible l’impossible”.
Cannes 2026 - Double prix d’interpréation féminine pour Virginie Efira et Tao Okamoto
Soudain, drame franco-japonais de Ryūsuke Hamaguchi avec Virginie Efira, Tao Okamoto, Gabriel Dahmani Scénario : Ryūsuke Hamaguchi et Léa Le Dimna, 2006, 195 mn Titre original : All of a Sudden https://www.cramesdelabobine.org/spip.php?article5240
C’est du reste le mot "envoûtant" qui caractérise le mieux cet opus enregistré en juillet 2025 à la Fondation Singer-Polignac. Pour les 10 ans de l’ensemble Écoute, le compositeur Alex Nante a été mis à l’honneur. À cette occasion, l’auditeur ou l’auditrice fera très certainement la rencontre de ce compositeur argentin né en 1992.
La première œuvre de l’album, Anima, a été créée l’an dernier à l’occasion de ce live. La première partie, Ave Shakti. s’ouvre sur un chant lumineux, amoureux et presque religieux dans son essence. Il est porté, comme d’ailleurs les autres mouvements, par la voix cristalline de Clara Barbier-Serrano. L’Ave est suivi par le court et mystérieux Parvati, me entrego. Anima se dévoile comme une œuvre méditative (Interludio místico - Corazón del silencio) mais non sans moments plus sombres (La realidad de Maya). L’opus d’Alex Nante séduit par sa profondeur mais aussi sa gravité (La luz de Sophia). L’ensemble dirigé par Fernando Palomeque interprète sans ostentation les huit parties courtes (la plus longue ne dépasse pas les trois minutes trente). Les chants écrits par Alex Nante pour une femme désirée, Pavarti, sont des chants d’amour et mystiques (Pavarti libérame) prenant la forme de prières et d’invites à l’élévation de l’esprit (Anima eterna, Pavari, brillas).
Alex Nante démontre ici son envergure de compositeur
La deuxième pièce date de 2019. Las Noches de las Piedras – "Les noces de pierres" – est une courte pièce en quatre mouvements pour flûte, clarinette, piano, violon, violoncelle et vibraphone. Une vraie musique de chambre donc, au service de chants funèbres. Il semble que les fantômes planent au-dessus de cette œuvre onirique (Lulinoso, potente). Elle se fait carrément inquiétante dans le mouvement Come un sogno, rubato, irregolare, avant le tout aussi étrange Flessibile, poco rapsodico.
En 2020, le compositeur argentin écrivait ses Huit Scènes (Ocho Escenas). Huit pièces donc, de durée variable, de quelques dizaines de secondes à plus de six minutes). L’Ensemble Écoute propose de la découvrir ou redécouvrir dans cet enregistrement live. Alex Nante démontre ici son envergure de compositeur capable d’éclats lumineux et musicaux (Luminoso, flessibile), mais aussi de moments recueillis (Devoto), de pages sombres (le long et pathétique Austero, profondo), de jouer des rythmes (Energico, vigoroso), y compris des rythmes anciens, telle cette gigue géniale (Giga mistica). L’auditeur ou l’auditrice sera tout autant fasciné par le mouvement poignant Austero, come un canto degli antenati, dans lequel l’ensemble dirigé par Fernando Palomeque impose les silences, les pauses et les suspensions. La partie Sognando, poco rubato est tout aussi recueillie et inondée de mystère. La "scène" Quasi patetico, teatrale termine cette pièce passionnante en lorgnant du côté de la Seconde École de Vienne, avec expressionnisme et, justement, théâtralité. Un pied dans le XXe siècle, un autre dans le XXIe siècle, donc.
La quatrième œuvre d’Alex Nante, A Subtele Chain, est particulièrement importante pour le compositeur. Écrite en 2023, elle a été révisée en 2025. On est heureux de revoir Clara Barbier-Serrano dans les quatre mouvements, Brahma, Music I, Nature, Music II et l’onirique Hymn/The Bell. La soprano sert avec brillance l’univers magique du compositeur argentin. Sa voix plane avec un tel bonheur qu’elle semble irréelle. Alex Nante peut se targuer d’avoir été servi par des interprètes brillants. Lumineux et indispensable.
L’album de b•records est illustré par l’artiste Sophie Eun Sun Huh.
Je sors de ce roman profondément émue et bouleversée.
Inspiré de faits réels, ce roman a pour fond d'écran la catastrophe naturelle la plus meurtrière de l'histoire de la Belgique, en 2021.
Trois femmes, Leïla, Paloma et Réjane se retrouvent enfermées chez elles alors que la rivière sort de son lit et provoque une inondation sans précédent. La nature se déchaîne entre les torrents d'eau de pluie et les assauts violents de la rivière en crue, trois huis clos se forment dans trois maisons assiégées par les flots terrifiants et cacophoniques.
Trois femmes se tournent vers leurs passés, tentent de comprendre leurs présents. Nous suivons le fil des pensées au fil des pages.
Revoilà Charlize Theron. Rien que pour ça, son dernier film, Apex, sorti sur la plateforme au fameux "doum doum" mérite d’être regardé.
Pas un chef d’œuvre, je vous l’accorde, mais un vrai moment de plaisir – si l’on oublie toutefois quelques images pas "jolies jolies", avec une actrice qui a donné de son corps dans ce film de survie.
Lorsqu’Apex commence, Sasha, sportive aguerrie, dopée aux challenges extrêmes, voit son ami Tommy dévisser lors d’une campagne d’escalade en Norvège. Quelques mois plus tard, encore en deuil, Sasha part seule en excursion dans une zone sauvage de l’Australie. Vous devinez ce qui va se passer ? Non, vraiment ?
Modèle féministe
Les scénaristes d’Apex ne se sont pas trop foulés dans ce film d’action : intrigue évidente, dialogues réduits à leur plus strict minimum, un méchant caricatural à force d'être détraqué, une aventurière blessée, au trente-sixième dessous, rageuse et opiniâtre. Voilà pour les ingrédients.
L’actrice sud-africaine, habituée aux films d’action depuis quelques années, ne transige pas : sportive, meurtrie, harcelée, elle fait figure de femme héroïque. Presque un modèle féministe, et ce dans un film assez classique dans son genre, musclé, vif et violent. Et pourquoi pas pour chiller cet été ?
Apex, film d’action américano-britannico-islandais de Baltasar Kormákur, avec Charlize Theron, Taron Egerton et Eric Bana, Netflix, 2026, 95 mn https://www.netflix.com/fr/title/81763251
Mmh, il y aurait donc chez cette artiste une nostalgie assumée pour, c’est vrai, un âge d’or musical durant les années 60 et 70 ? C’est ce que l’on se dit à l’écoute du premier titre, Ah l’amour ! Ah l’amour ! Nous renvoyant à un de ces westerns de Sergio Leone. L’amour est une vraie aventure, nous dit en substance la chanteuse, ("Ah l’amour ! Ah l’amour ! / Tout le monde ne parle que de ça / Partout, ça fait un tabac") et même quelque chose d'universel, traité ici avec humour et légèreté.
Plus intimiste, toujours dans une pop easy-listening, Margaux Simone s’interroge, dans Parlez-moi de vous, sur le besoin de partir avec l’autre en laissant les siens, son pays et son passé ("Pourquoi nous faut-il partir si loin / Pour revenir parmi les siens / Préférer le port au grand large"). "Parlez-moi de vous d’avant" demande-t-elle à celui qu’elle a suivi.
Derrière cette apparente légèreté, une sourde et lourde tristesse étreinte l’artiste. Il y a Drôles d’oiseaux, lorsqu’elle constate que "les amis sont cruels quelques fois sans raisons". Dans le morceau Pleurer les filles, un titre cette fois à la pop actuelle, Margaux Simone, à l'instar de Marie Laforêt, s’interroge sur la douleur et sur l’amour. Sujet éternel là encore : "Qu’est ce qui fait pleurer les filles ? / Et si c’était la même chose / Qui faisait faner les roses / Si souvent sonner les fusils ?"
Pop easy-listening
Le titre folk Les plus beaux jours de ma vie donne un peu plus de couleur et de lumière à un opus qui, certes n’en manque pas. Oui, tout est éphémère, chante l’artiste ("Je n’ai plus vingt ans et le temps passe vite"), mais quelques instants de bonheur sont à savourer "avant que la nuit ne tombe". Margaux Simone aime la vie, qu’on se le dise (La vie, je t’attends). Retour de plain-pied dans les sixties avec un titre hommage à Marylin Monroe (Qui a tué Norman Jean) dans un blues-rock paré d’électro, comme pour signifier que l’actrice reste décidément moderne : "Comme je la regarde / Depuis toute petite / En moi je la garde / Comme une pépite".
Avec Lolita Express, la chanteuse fait le choix d’un titre pop-rock noctambule, sombre et désenchanté : "Mes larmes sont salées / Les hommes m’ont salie / Mes bas sont filés / Et je frôle la folie / De toute façon on m’en a déjà trop dit / Déjà trop fait / J’en ai déjà trop vu".
L’opus se termine par l’adaptation d’un standard, Mr. Bojangles, immortalisé à son époque par Nina Simone et que Margaux Simone reprend avec délicatesse et poésie, tout en gardant l’infinie tristesse de ce titre sachant si bien allier la douleur, la mort, la vie et la danse.
Focus sur un titre électro-pop. Lorsque l’été pointe le bout de son nez, Bla Bla Blog aime lorgner du côté de ce genre musical.
Le duo français Lightmotive propose en ce moment son nouveau single Ooh Aah. Les vagues de synthé, la rythmique, les guitares et la voix nous ramènent quelque part vers les années 2000.
Insouciance, danse et légèreté. C’est ce qu’il nous fallait. Motivés !
Quatre œuvres composent cet album consacré à Philippe Malhaire, avec la pianiste Fanny Prandi en véritable maître de cérémonie. Du haut de ses quelque 40 ans, le compositeur peut se targuer d’une œuvre déjà prolifique. Dans l’album Clartés obscures, les éditions Klarthe ont choisi de proposer des pièces pour musique de chambre, à savoir sa Suite mineure pour piano, Une Petite Plaisanterie pour voix et piano, la singulière Cathédrale, incroyable œuvre pour piano à quatre mains et une Suitepour violon et piano.
Dès les premières notes de sa Suite mineure, datée 2023, l’auditeur ou l’auditrice devine qu’il va entrer dans un univers singulier, une Confusion des Temps comme le titre la première partie. Compositeur contemporain, Philippe Malhaire refuse l’aplomb musical. Il va mezza-voce dans un paysage quelque part entre Debussy, Satie (Le Parfum de la fée ou l’oriental Rindu). Satie fait d’ailleurs partie de son panthéon. Voilà qui prouve l’esprit d’indépendance du compositeur.
Écouter cette Suite c’est se balader dans une période indistincte, entre la fin du XIXe et la première moitié du XXe siècle. Alfred Schnittke, trop oublié, fait également partie de ses musiciens fétiches. Sauf que nous sommes bel et bien après 2020. Fanny Prandi interprète avec tact La Milady, une pièce empreinte d’une grande nostalgie – et modernité. On peut parler d’une forme de romantisme, mais ce serait un romantisme nourri des désastres du XXe siècle et des angoisses de ce millénaire commençant. La nudité de l’énigmatique et inquiet Orgueil du Scorpion frappe comme une évidence. Fin d’un Homme est plus que crépusculaire ; c’est une marche funèbre. Le piano se fait écrasant et désespéré. Il remplit l’espace et donne à entendre un compositeur décidément à découvrir. La Suite mineure se termine avec L’Ombre souveraine, une dernière partie moins spectaculaire, contrairement à ce que dit le titre, qu’épurée et finalement noble et d’une grande dignité.
Satie… Tiens, hasard ?
La Petite Plaisanterie a été écrite en 2024 pour mezzo-soprano et piano. Cette mélodie déploie sa complainte, un texte extrait d’une nouvelle éponyme de Tchekhov traduit du russe par le compositeur himself. Récit d’une déclaration d’amour sous la neige. Souvenirs, souvenirs… Philippe Malhaire s’empare ici d’un genre assez rare : celui de la mélodie qui a pourtant eu son moment de gloire dans le répertoire de musique française de la fin XIXe et du début du XXe siècle. Cette adaptation sobre d’un texte littéraire rappelle un exercice similaire du siècle dernier : le Socrate, d’après Platon (Le Banquet, Phèdre, Phédon) par... Satie ! Tiens, hasard ?
Composée en 2020, Cathédrale se présente comme un ensemble de 7 préludes pour piano à quatre mains. Voilà qui ne peut que séduire. L’auditeur ou l’auditrice se laisseront happer par une construction sonore imposante – une cathédrale musicale, donc. On pense à Volée, qui ouvre l’opus. Philippe Malhaire semble poser ses yeux en hauteur, avec respect (Statuaire, Nef, le coloré et impressionnant Abside). Il met en musique, comme rarement avant lui, ces constructions humaines honorant (le recueilli Prière) autant que défiant le Dieu qu’elles sont sensées représenter. Le livret de l’album insiste à juste titre sur les influences de la polyphonie médiévale (Tombeau de Machaut), preuve que le compositeur contemporain entend bien tracer son chemin vers le modernisme sans jamais abandonner en cours de route ses aînés. Cathédrale, derrière sa nudité apparente, brille de mille éclats. A-t-on déjà entendu mis en musique, à l’instar de Vitraux, la lumière de ces lieux majestueux ?
On parlait de Satie. L’influence du compositeur français est au centre de la Suite pour violon et piano. Aucun doute à l’écoute de ces titres éloquents : Humoresque, Malinconia, Trance, Invenzione et Catarsi. Comme pour les autres pièces de l’album, Philippe Malhaire choisit la concision pour ces mouvements faussement futiles (Humoresque). On dirait que tout l’esprit de l’auteur des Gymnopédies est là : irrévérencieux, libre (Trance), attachant mais aussi hypersensible, voire tragique (Malinconia), entre classicisme et modernité, à l’instar du formidable Invenzione, dans lequel Jean-Sébastien Bach aurait été téléporté dans une autre dimension. Malin, séduisant et aussi diablement audacieux.