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Partons en Lorraine, cette région méconnue et parfois caricaturée.Victoire et le Secret de la Terre de Meusefait de ce pays de l’est le décor et le point de départ d’une aventure.
Baptiste Kasprowicz signe son premier long-métrage qui a déjà rassemblé 9 500 spectateurs dans 20 salles, et ce pour un budget de 60 000 euros. De quoi laisser songeur par mal de producteurs souvent frileux lorsqu’un projet sort des sentiers battus. Pensez : des acteurs inconnus, pas de lancement national massif, pas de pub. Et pourtant, le film est porté par un bouche-à-oreille élogieux.
Avec comme véritable héros la Lorraine et son patrimoine
L'histoire. Victoire est une jeune adulte parisienne en conflit avec son père. Lorsqu’elle revient passer ses vacances en Meuse, ce retour n’a rien d’un refuge apaisé. Il ressemble plutôt à une confrontation avec ce qu’elle a laissé derrière elle : une famille, des silences, une histoire, des lieux dont elle s’est éloignée. Il y a justement la maison familiale. Elle incarne un héritage, un attachement, une mémoire commune. Car derrière le mystère, les indices et la légende médiévale liée au roi Lothaire.
Là commence une chasse au trésor et un récit d’aventure qui renvoie à Da Vinci Code, mais aussi Indiana Jones et Benjamin Gates, pour le lien entre mystère, patrimoine et découverte. Avec comme véritable héros la Lorraine et son patrimoine.
Oublions un instant Mahler pour mieux y revenir, grâce à ce singulier Chant de la terre pour Mahler, créée en résidence à la Fondation Royaumont et enregistré en live en novembre 2024.
Jocelyn Miennel et Olivier Cadiot sont aux commandes de cet hommage d’aujourd’hui à une des plus bouleversantes œuvres qui soient. Revenons pour commencer à la suite romantique de six lieder. Composées entre 1908 et 1909, Les Chants de la terre de Gustav Mahler adaptent en musique des poèmes chinois qui sont devenus célèbres par la grâce du compositeur allemand qui traversait une période difficile à l’époque (mort de sa fille Maria de quatre ans, graves problèmes de santé et démission forcée de son poste de directeur de l'Opéra de la Cour de Vienne).
Ce Chant de la terre pour Mahler (b.records) est composé de six parties, comme les lieder d’origine. Comment rendre actuel une œuvre vieille de plus d’un siècle et d’une autre époque, néo-romantique ? Surtout ne pas trahir l’essence des Chants de la terre. La Chanson à boire de la douleur de la Terre, d’après le poème de Li Bai, devient Douleur ("La terre est morte et je suis encore vivant"). Un mouvement faisant se rencontrer tonalités classiques, chants d’enfants, jazz (Adieu), vagues électroniques, boucles répétitives à la Steve Reich mais aussi esprit pop. Sans oublier les mots qui sont ceux d’Olivier Cadiot, ceux précisément de son livre Pour Malher (éditions P.O.L.). Le deuil est au centre de ce nouveau Chants de la terre, les créateurs considérant avec justesse que l’œuvre de Mahler est l’une des plus humanistes et des plus poignantes ("Je prends congé intérieurement de cette enfant adorée").
Le deuxième lied du chant de la terre était inspiré du poème de Qian Qi, Le Solitaire en automne. La seconde partie de l’opus d'Olivier Cadiot et Jocelyn Mienniel est sobrement intitulé Automne. Les mots d’Olivier Cadiot résonnent comme un chant chinois, bientôt rejoints par la voix de la mezzo-soprano Marielou Jacquard puis du récitant Jean-Christophe Quenon, sans doute plus néo-romantique que jamais.
Réécriture
On peut bien parler ici de "réécriture", comme le dit Fiona Monbet, ce qui ne veut pas dire que ces Chants de la terre tournent le dos au passé. Bien au contraire, grâce à cette composition faisant la part belle aux découpages et montages musicaux. La beauté surgit comme par magie, à l’instar de Jeunesse où la musique et le chant laissent largement leur place à la voix grave et habitée de Jean-Christophe Quenon. C’est là qu’il faut parler du texte d’Olivier Cadiot. L’écrivain s’est mis dans la tête de Gustav Mahler en jouant avec trois langues – allemand, anglais, français – et quelques échos d’idéogrammes. La musique est tout aussi complexe, alternant musique traditionnelle, orchestre classique, électronique, voix d’enfants et d’adultes. Cela donne paradoxalement une grande cohérence dans cette œuvre dirigée par Fiona Monbet. L’opus sombre par essence a des éclats lumineux que retranscrivent les créateurs (Beauté), ce qui n’enlève pas la douleur du récitant : "Moi, avec l’idéal, je prends des gants. Il me faut réapprendre à marcher et à me tenir debout".
La douleur est-elle effaçable ? "Le courant m’emporte. Y a-t-il une pensée possible ?"… C’est ça, vraiment, la mort ?" Dans la quatrième partie Printemps, le beau cache mal la douleur, l’inquiétude ni la confusion des sentiments. Étonnant mouvement où le jazz se mêle au classique et aux formes les plus audacieuses du contemporain. Ce chant semble funèbre, hanté par des voix tour à tour angéliques et ectoplasmiques.
C’est d’ailleurs le compositeur lui-même qui vient faire ses adieux à son "enfant adorée", dans une dernière partie (Adieu). Cet au revoir devient un long chant glacial rempli de mélancolie et de regret. L’innommable se fait musique mais derrière le départ définitif et injuste, il y a cette fragile lueur d’espoir : "Fais-moi un signe de bonheur. Que ma pensée lui fasse une vie plus belle". Gustav Mahler devient bien plus proche de nous, contemporains et contemporaines du XXIe siècle.
Paul Lannes a illustré ce très bel album proposé par le label b•records, devenu maître dans l’enregistrement live. Une œuvre essentielle de notre époque.
Contrainte à un mariage arrangé, Hicran s’enfuit de chez elle. Inquiété par sa disparition, son supposé fiancé Riza quitte son village pour Istanbul, à la recherche de celle qu’il n’a pas eu le temps de connaître. Face à la réalité d’un monde masculin qui veut la soumettre, Hicran s’abandonne à son destin qui ne cessera de la surprendre.
Le cousin de la réalisatrice, Jean-Henri, se reconnaît dans La Jetée de Chris Marker. Il est là de dos, avec ses parents sur la terrasse d’Orly dans le cinquième plan du film. Aucun doute, il reconnaît ses oreilles décollées. Et si c’est lui, il est le héros du film, enfant... Dominique Cabrera est immédiatement happée par cette enquête intime et historique ; quelle était la probabilité pour que Marker et les Cabrera choisissent ce même dimanche de 1962 pour se rendre sur la jetée d’Orly ?
Cela fait un bout de temps que Bla Bla Blog suit Vanessa Philippe.
On aime sa pop électro-bricolo-rigolo, sa poésie se cachant derrière des titres faussement légers, en un mot sa personnalité qui fait d’elle une figure attachante de la scène française.
La voilà de retour avec Bizarre, un titre électro-pop dans lequel l’artiste n’a qu’un seul leitmotiv qui nous concerne, je crois, tous et toutes : "Les gens sont bizarres".
Vanessa Philippe est aux manettes de ce single à découvrir. Non contente d’avoir réalisé le clip, elle s’est payé le luxe de gagner le prix du Meilleur Clip au Festival New-York Movie Awards.
Les familiers et familières de Bla Bla Blog savent que Tatiana de Rosnay y tient une place particulière. Pour preuve un hors-série que nous continuons avec ce roman de l’autrice franco-britannique paru il y a deux ans.
Poussière blonde (chez Albin Michel, et aujourd’hui au Livre de Poche), écrit en français, a la particularité de se dérouler pour l’essentiel aux États-Unis, dans les années 60, non sans un passage par la Californie en 2000 et la France en 1945. On ne parlera pas vraiment de nostalgie, Tatiana de Rosnay n’ayant pas connu les Sixties. Précisions cependant qu’elle parle du tournage des Désaxés (The Misfits) en 1961, l’année précisément de sa naissance. Hasard ?
Lorsque le roman commence, en 2000, Pauline Bazelet, vétérinaire célèbre, se voit proposer par sa vieille amie Billy-Pearl de se rendre à Reno dans le Nevada ? La raison de cette invitation ? La destruction en grande pompe du Mapes, un hôtel devenu historique pour avoir accueilli une partie de l’équipe de tournage des Désaxés, dont Marylin Monroe qui tournait son dernier film – du moins le dernier achevé. Or, Pauline, dix-huit ans à l’époque, était femme de ménage. Elle se souvient de sa rencontre marquante avec l’actrice légendaire.
Marylin Monroe
Pour ce roman qui prend comme base des faits authentiques (le tournage d'un long-métrage culte), Tatiana de Rosnay installe tranquillement ses personnages : Pauline et sa mère fuyant la France pour débarquer toutes les deux dans le Nevada pour suivre un rêve devenu décevant pour sa mère Marcelle. Il y a aussi Doug, le beau-père aimant mais Pauline doit assumer une grossesse puis la naissance d’une petite fille après une aventure qui n’est pas sans rapport avec le Maples où elle travaille.
Il faut atteindre la cinquantième page pour croiser, avec Pauline, Marylin Monroe, débarquant nue, sans gêne, dans sa suite d’hôtel. D’un côté, la jeune femme de ménage, exploitée, jeune mère se sentant coincée dans cette ville ; de l’autre l’actrice adulée, riche, respectée, travaillant sur un film appelé à devenir un chef d’œuvre. Mais aussi une star malheureuse, paumée, capricieuse et sombre. Entre les deux, peu de points communs, et pourtant les deux femmes se côtoient, s’apprécient, non sans susciter jalousie et curiosité lorsque les proches de Pauline découvrent l’amitié entre les deux. Cette relation va changer la vie de la femme de ménage.
Tatiana de Rosnay propose un roman touchant qui nous offre en un seul livre une page d’histoire et de cinéma, le portrait d’une Franco-américaine paumée mais sur le point d’éclore mais aussi un portrait de la plus grande star du cinéma, émouvante et plus vraie que nature.
Sur la Côte d’Azur, deux bandes d’enfants s’affrontent à leur jeu favori : sauter des rochers rouges de la Méditerranée. Géo, 5 ans à peine, découvre le temps d’un été un monde où l’amitié se mêle à la rivalité, et où les premiers élans du cœur deviennent source de tensions.