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L’Esprit de la nuit, nous explique le compositeur, a été inspiré par le philosophe confucéen Meng Tzu (372-289 av. JC). L’œuvre a été écrite en 1999 et révisée en 2024. Le premier mouvement est sombre et dominé par les percussions. Il y est question d’une nature soumise à rude épreuve. À cette partie chaotique, succède un mouvement tout aussi inquiétant. L’écriture personnelle de Philippe Chamouard prend ici tout son sens. Il fait se rencontrer des sonorités à la Stravinski et des influences orchestrales de John Adams et je ne sais quoi de naturalisme dans ces cordes inquiétantes et profondément humaines.
Le contemporain se pare de néoromantisme à l’ouverture du troisième mouvement, Philippe Chamouard s’étant toujours refusé d’être enfermé dans une école, qu’elle soit tonale ou non. L’auditeur ou l’auditrice trouve un certain apaisement dans cette partie qui mène, dit le livret, "vers le chemin de la droiture", après les erreurs humaines contre la nature et la forêt. Ici, c’est Gustav Mahler qui semble avoir guidé la main du compositeur.
"Vers le chemin de la droiture"
Après la Chine, c’est le Japon que nous guide le Nuremberg Philharmonic Orchestra dirigé par Léo Warynski. Le Pavillon d’Or , inspiré du roman de Mishima, a été créé en 2013. Il n’a pas pris une ride. La faute à une écriture délicate mixant classicisme et musique traditionnelle nipponne, avec Mieko Miyazaki au koto. Philipe Chamouard nous parle ici de la culture japonaise, mais aussi de la tragédie qui a conduit à l’incendie du monuments sacré en 1950… par un moine bonze. Mishima en a fait un roman culte, Le Pavillon d'Or. C’est un monument méditatif qui nous est proposé dans cette pièce pleine de gravité. Derrière le calme et la paix, la menace est là, guidée par le koto à la fois sobre et majestueux.
Mandala date de 2014 et nous propose, comme pour L’Esprit de la nuit, une méditation philosophique, cette fois d’inspiration bouddhiste. La facture est classique, solide, harmonique et tout aussi méditative que l’œuvre précédente.
Habanera, écrite en 2024, sonne comme un hommage à Carmen. Il s’agit pourtant d’une pièce orchestrale, écrite, dit le compositeur, à l’occasion d’un voyage en Argentine. Il y a bien une nostalgie dans cette œuvre dansante écrite, au départ, pour le piano. Philippe Chamouard. Cette dernière pièce orchestrale conclue un beau et varié voyage musical dans lequel l’écriture du compositeur français frappe par sa diversité et sa liberté.
Il y a du Al Jarreau dans ce swing et cette bonne humeur qui saute aux oreilles dès les premières notes de Listen Up!, le deuxième album de Kamil Rustam (le morceau I Wanna Dance). Il faut dire que le Guitariste, compositeur et arrangeur français sait de qui tenir, lui qui a tourné depuis des décennies aux quatre coins du monde, aux côtés de pontes comme Stevie Wonder, Yaël Naïm, Serge Gainsbourg, Angélique Kidjo, Manu Katché ou Michel Jonasz (son album Uni vers l’uni).
On n’est pas étonné que l’artiste ait été nommé élu "Meilleur musicien de studio" en 1986 et 1987. Son album est impeccablement conçu, faisant se rejoindre, funk, swing, jazz et soul, à l’image du formidable Summer Highways.
Pour ce nouvel opus, Kamil Rustam est accompagné avec d'Eddie Brown, Billy Valentine, Amy Keys, Arnold McCuller, Patrice Rushen ou Pino Palladino. Des ami.e.s qui viennent parfaire le travail, telle une belle famille unie (We Were Family).
Smile
La guitare est l’autre grande reine de cet album. Normal si on pense au pedigree de l’auteur de Cosmopolitain, son premier opus instrumental. La guitare se fait pourtant subtil, à l’instar de Waroed Memories. Elle n’écrase rien, fait son bout de chemin et offre une formidable confession d’un artiste, les pieds sur deux continents. Le soul de Listen Up! est chanté dans le tendre Let’s Stay Together, avec Eddy Brown.
Custom Made ajoute de la pop dans un album déjà riche et donnant le smile. Cette fois, c’est Kudisan Kay qui donne de la voix dans une énergie électrisante, avec toujours la guitare de Kamil Rustam à l’avenant. Kudisan Kay revient dans Peacefull Place, un titre mêlant soul et gospel. Un genre musical pas si fréquent que cela et qui a le mérite d’être brillamment mis en valeur.
L’album se termine sur le mélancolique Relentless Passing Of Time, aux teintes pop-rock et jazz, et avec toujours cette guitare de Kamil Rustam qui n’a pas fini de faire les beaux jours de ce formidable instrument. Un album doux et cool à écouter.
Otto Vidal, 14 ans, a disparu après avoir adressé une lettre d’adieu aux élèves de sa classe. Alors que tout le monde le croit mort, Léna, une fille de son lycée, le reconnaît une nuit en train d’errer dans les rues de la ville.
Adieu monde cruel, drame français de Félix de Givry Avec Milo Machado-Graner, Jane Beever, Emmanuelle Destremau, 2026, 93 mn Scénario : Félix de Givry et Marie-Stéphane Imbert https://www.cramesdelabobine.org/spip.php?article5276
Et si l’on faisait un aller-retour Québec-France ? Du moins, c’est ce que vont entamer les trois filles du groupe Rosier, en tournée de ce côté-ci de l’Atlantique, dans le cadre de la Tournée des Nuits Transatlantiques.
Bla Bla Blog adore les passerelles entre cultures, artistes et pays. Que nos ami·e·s québécois·e·s soient mis·e·s à l’honneur, voilà qui mérite bien un bon coup de projecteur.
Six concerts, à Reims, Troyes, Saint-Quentin, Vitry-le-François, Migennes et Oignies, permettront de découvrir ce groupe à majorité féminine qui mêle pop indie, folk québécois, chanson française et électro.
Dans leur single N'as tu jamais vu d'oiseaux ? Rosier y parle de cette soif de liberté, de l’innocence fragile, avec une économie de moyen et une poésie certaine : "Mère il y a un oiseau / Mais quand je veux le prendre / Il se sauve il se sauve". Derrière un clip à la facture gothique, les Rosier se révèlent une sacrée belle révélation de la scène francophone. À découvrir, grâce à six dates en France. Mais parions que ce trio venu de Montréal risque bien de refaire parler de lui.
À noter que le groupe sort cette année son nouvel album, Elle veille encore. Une jolie découverte.
Raconter la grande histoire de l’art – pardon, des arts – en moins de 80 pages. Voilà la gageure des éditions Larousse. L’objectif ? Initier à ce sujet les plus jeunes – dès 8 ans, annonce le vénérable éditeur – afin de les faire entrer dans un monde extraordinaire, sans les rebuter. Voilà l'objet de leur ouvrage Si l'art m'était conté, sans la collection Secrets d'Histoire Junior.
Des premières œuvres d’art préhistoriques au street art, en passant par la Renaissance, l’Impressionnisme, sans oublier la BD, la photographie ou le cinéma, les auteur·e·s de cet ouvrage méritent une médaille pour avoir su synthétiser plusieurs dizaines de milliers d’années de créations en quelques dizaines de pages.
Chaque période est synthétisée en deux pages, même si certaines époques ont droit à un traitement de faveur, à l’exemple de la Grèce antique ("En Grèce antique" et "Les maîtres de la sculpture grecque") ou du Moyen Âge qui prend le temps de s’arrêter sur le roman et le gothique mais aussi sur les "Nouveautés du Moyen Âge".
Les auteur·e·s de cet ouvrage méritent une médaille
Quelques artistes ont droit à leur chapitre pour souligner leur génie et leur apport capital. C’est le cas de Léonard de Vinci, Claude Monet, Van Gogh – mais, curieusement, pas Picasso. Signe de notre époque où les grandes créatrices commencent à être "désinvisibiliser" – pardon pour le néologisme – deux pages sont consacrées à deux artistes féminines, Élisabeth Vigée-Lebrun et Rosa Bonheur.
Les éditions Larousse proposent aussi des chapitres thématiques sur des genres importants : la nature morte, "la légèreté du XVIIIe siècle", la peinture d’Histtoire, l’autoportrait… mais aussi le cinéma et les dessins animés. Les plus jeunes apprécieront.
Sur 80 pages, évidemment des impasses existent, mais certainement pas de quoi refroidir les enfants et leurs parents qui trouveront dans ce livre une jolie idée pour le prochain sapin de Noël.
Sortie en 2018, la sérieGirl From Nowherecontinue de faire son petit bout de chemin. Déjà deux saisons et un reboot, Girl from Nowhere: The Reset. Voilà qui prouve la qualité d’une création originale qui nous vient tout droit de Thaïlande et qui est proposée par Netflix.
Elle mérite largement une chronique de Bla Bla Blog en raison de son originalité, de son audace mais aussi de son interprète, Chicha "Kitty" Amatayakul, dans le rôle de Nanno.
L'actrice joue le rôle de Nanno, une lycéenne, mystérieuse, secrète, faussement douce mais réellement inquiétante. Il faut signaler que le groupe français La Femme est l'auteur du titre générique (La femme ressort).
Une lolita sulfureuse et étrange
À chaque épisode, la jeune fille débarque dans une école différente et se confronte à ses camarades dans des histoires mêlant petites ambitions, amours contrariés, jalousies et coups tordus. Au milieu de tout cela, Nanno vient jeter de l’huile sur le feu, avec un mélange de douceur, de candeur, de provocations et surtout de menaces. Attention aux conséquences !
Cette fille qui vient de nulle part n’est pas seulement une lolita sulfureuse et étrange. Elle incarne une anti héroïne dévoilant les petits et grands travers de ses adolescents et adolescentes. Elle prend un malin plaisir à les mettre face à des décisions finalement désastreuses. Quelque part, Girl From Nowhere fait figure de série allégorique, avec un fil conducteur imparable : le mal.
Girl From Nowhere, série thaïlandaise de Kongdej Jaturanrasamee, avec Chicha "Kitty" Amatayakul, 2018, deux saisons, Netflix https://www.netflix.com/fr/title/80241947
Clara est une doula quechua qui chante pour apaiser la douleur des femmes enceintes. Sa mère Ana, sage-femme chevronnée, considère ce don comme un miracle. Influencée par une amie, et après une dispute avec sa mère, la jeune femme décide de partir pour la grande ville. Depuis la communauté subit la mort mystérieuse d’animaux et des récoltes, les villageois attribuent cette punition au départ de Clara. Sa mère décide de la retrouver.
La Fille Condor, drame bolivien d’Alvaro Olmos Torrico avec María Magdalena Sanizo, Marisol Vallejo Montaño, Nely Huayta Cutipa, 2026, 93 mn Scénario : Alvaro Olmos Torrico Titre original : La hija cóndor https://www.cramesdelabobine.org/spip.php?article5274