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sexe

  • Le salon le plus sexy du monde s’apprête à débarquer à Paris

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    Le samedi 24 novembre 2018, la fine fleur de la littérature érotique se donne rendez-vous à La Bellevilloise pour mettre à l’honneur un genre souvent gentiment moqué, lorsqu’il n’est pas considéré avec mépris. Et pourtant, la littérature érotique a sans doute beaucoup à nous dire, notamment sur la société, sur les rapports hommes-femmes et bien entendu sur la sexualité.

    Débats, ateliers d’écriture, animations, jeux (dont Le Confessionnal, à, ne pas rater), lectures publiques et bien entendu rencontres avec des auteurs ponctueront la journée de cet événement que Bla Bla Blog suit et soutient depuis sa création en 2016.

    Les femmes seront largement représentées, et pour cause : depuis quelques années, elles dominent largement la littérature érotique et ont permis de donner un nouveau souffle à un genre qui avait tendance à mouliner les mêmes poncifs.

    Outre la présence de Brigitte Lahaie, aujourd’hui animatrice radio et directrice de collection aux éditions La Musardine, cette troisième édition du salon de la littérature érotique recevra la féministe Peggy Sastre (Comment l'Amour empoisonne les Femmes et La Domination masculine n'existe pas aux éditions Anne Carrière), Octavie Delvaux (Sex in the Kitchen, éd. La Musardine), Eva Delambre (Abnégation, Marquée au fer et L’Éveil de L’Ange aux éditions Tabou), Gala Fur (Dictionnaire illustré du BDSM, Les Soirées de Gala et Gala Strip aux éditions de la Musardine), Adeline Fleury (Petit éloge de la Jouissance féminine, Je, Tu, Elle, Femme Absolument), Maryssa Rachel (le sulfureux Outrage, par une personnalité de la dark romance), Julia Palombe (Au Lit Citoyens !, éd. Hugo & Cie), Stella Tanagra (Les Dessous de l’Innocence et Sexe Primé aux éditions Tabou), Guenièvre Suryous, l’illustratrice des Guides de Survie Sexuelle, sans oublier Céline Tran, directrice de collection aux éditions Glénat BD, auteure de Ne dis à Personne que tu aimes Ça (éd. Fayard), coach en sexualité et ninja à ses heures perdues…

    Coach en sexualité et ninja à ses heures perdues

    Les hommes ne seront pas en reste, avec Robin d’Angelo (Judy, Lola, Sofia & moi, éd. Goutte d'Or), Stéphane Rose (Kimberley, sa Vie, son Œuvres, éd. La Musardine) et Étienne Liebig (Le Sexe de la Musique, éd. La Musardine).

    Un an après le déclenchement de l’affaire Weinstein et du mouvement #Metoo, le féminisme et l’engagement citoyen risquent de dominer nombre de rencontres au cours de ce salon de la littérature érotique. Un extrait de la pièce de théâtre événement Sexpowerment, tirée du livre de Camille Emmanuelle, sera lu par Lisa Wiznia et Claire Assali à 17 heures. Un peu plus tard, Adeline Fleury viendra parler des femmes et du discours érotique. Le salon se clôturera par un show musical de Julia Palombe, Au Lit Citoyens ! D’autres conférences et animations ponctueront cette journée bien remplie.

    Intelligent, chaud, ouvert, drôle et polisson : voilà qui va faire de ce salon le plus sexy du monde, ou pas loin.

    Salon de la littérature érotique,le samedi 24 novembre 2018
    La Bellevilloise, 21 rue Boyer, Paris 20e , métro Gambetta, ligne 3
    De 15H à 21H, Prévente 10 € / Sur place 15 €

    http://polissonneries.com/le-salon-de-la-litterature-erotique-2018

    Voir aussi : "Le salon de l’érotisme sous le regard des modèles d’Alex Varenne"
    "Le salon de la littérature érotique remet le couvert"

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  • Comment pécho un mec

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    Une première question se pose à la lecture du dernier livre de Flore Cherry, Osez... draguer un Mec (éd. La Musardine) : ce vade-mecum sur l’art de la drague féminine peut-il être lu par les hommes ? La question n’est pas si anodine qu’elle n’y paraît.

    Un tel guide est a priori destiné aux femmes. Mieux, il s’ouvre sur une introduction résolument féministe. L’auteure confie avoir entrepris l’écriture de ce guide après la lecture d’un best-seller d’Ellen Fein et Sherrie Schneider, Les Règles - Secrets pour capturer l'Homme Idéal (éd. Albin Michel). Ce guide "miracle" sur l’art de se faire pécho par des mecs bien sous tout rapport en maniant l’art de se faire aborder, de se comporter sans ostentation (pour les femmes !), de savoir manier le "oui mais" et le "non sauf si" ou de manipuler un homme en lui promettant la récompense d’une possible conquête, est considéré par Flore Cherry comme un miroir aux alouettes. Mais ce manuel old school est aussi et surtout un contenu perpétuant une figure ancestrale de la femme – et de la drague.

    Qu’on se le dise : pécho est une affaire sérieuse, dans laquelle il est aussi question des rapports hommes-femmes, du modèle féministe imposé par les sociétés patriarcales mais aussi du savoir-vivre ensemble et de pouvoir se séduire mutuellement.

    La drague ? Les filles, n’hésitez pas à vous y mettre ! annonce l’auteure. Il n’y a rien de mal à aborder un homme qui vous plaît, "sans attendre que celui-ci vous adresse la parole en premier." Deux avantages en découlent : "expliciter clairement votre consentement et vos intentions, et ne jamais rester en zone grise" d’une part, et "vous redonner confiance en vous" d’autre part.

    D’emblée, Osez... draguer un Mec  s’annonce comme un guide plus sérieux et plus profond que ne l’annonce son titre. Flore Cherry entend encourager ses consœurs à prendre des initiatives, à revendiquer leur liberté de plaire, à assumer leurs désirs et à ne pas se contraindre aux modèles anciens et dépassés. Aller vers les hommes, dit-elle encore, peut intimider mais cela présente l’avantage de choisir son partenaire. Et, ajoute-t-elle, un homme dragué sera toujours bienveillant pour la personne qui l’aborde, mêmes’il ne répond pas favorablement. Voilà qui devrait faire tomber quelques inhibitions…

    La règle du "fuck yes !"

    Pécho c’est ne pas s’empêcher, dit en substance la journaliste, qui écrit ceci : "Prendre l’initiative, ça paye". "Si vous restez assis et attendez qu’on vienne vous parler, vous finir avec le moins mauvais de ceux qui seront venus vers vous", dit-elle encore en citant Hannah Fry (Les Mathématiques de l’Amour, éd. Marabout).

    Pour son guide, Flore Cherry choisit assez astucieusement de mettre la lectrice dans la peau d’une gérante de boutique désireuse d’attirer les meilleurs clients. Et pourquoi pas ? Les titres des chapitres trouveraient leur place dans des manuels d’économie : "Faire une étude de marché", "Afficher clairement vos horaires d’ouverture", "Soignez votre devanture", "Restez professionnelle" ou "Démarquez vous du marché."

    Tout comme un commerçant, le but n’est ni plus ni moins que d’"apporter de l’enthousiasme à la rencontre et la découverte de l’autre." C’est la règle du "fuck yes !", qui serait la réponse idéale d’un homme, définitivement séduit et convaincu. Flore Cherry répond aussi à quelques-unes des éternelles questions en matière de drague : faut-il coucher la première fois ? ("encaisser un client" tout de suite ?) , comment se mettre sous sa meilleure apparence ? ("soigner sa devanture") ou Comment assumer un refus ? ("Restez professionnelle").

    Dans un marché concurrentiel, l’auteure suggère des trucs et des lieux pour maximiser ses chances de draguer, que ce soit seule ou en groupes, sans omettre l’importance de l’Internet. Des focus sont également faits sur des situations particulières : faut-il draguer son ex, un ami (cette fameuse friendzone) ou un collègue de bureau ? Et qu’en est-il des exemples venus d’autres pays ?

    Flore Cherry fait d'Osez... draguer un Mec un guide qui aurait sa place parmi les livres de développement personnel : accepter son corps, donner du sens à son histoire, assumer ses faiblesses...

    Au terme de la lecture, beaucoup de lectrices pourraient bien se sentir convaincues par cette drague longtemps réservée à la population masculine. Quant aux hommes, ils seraient bien idiots de ne pas se réjouir de cette nouvelle forme de partage des rôles.

    Flore Cherry, Osez... draguer un Mec , éd. La Musardine, 2018, 128 pages

    Voir aussi : "Union TV : un nouveau média pour une nouvelle révolution sexuelle"
    "La vie (sexuelle) des jeunes"
    "Zob in job
    "C’est l’amour à la plage"

     

  • Pas de deo gratias pour Deborah de Robertis

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    Elle a un nom qui fleure bon le latin et les versets bibliques. Là s’arrête pourtant le point commun entre l’institution catholique et Deborah de Robertis, qui doit s’expliquer avec l’Église dans les prochains mois. La performeuse franco-luxembourgeoise a été en effet été arrêtée le 1er septembre dernier pour s’être dénudée devant le sanctuaire de Lourdes. Elle comparaîtra en correctionnelle le 19 mai 2019 pour exhibitions sexuelles.

    Deborah de Robertis avait déjà fait une performance publique remarquée devant La Joconde en 2017. La justice n’avait pas été dans le sens du musée du Louvre, considérant que la jeune femme agissait en tant qu’artiste et militante. Tel est aussi le discours que cette dernière tient au sujet de Lourdes et de sa prestation. Deborah de Robertis considère que son message tient d’abord de l’hommage à l’une des femmes mythiques de l’histoire de l’humanité : "Magnifique le ventre qui t’a porté, Magnifique le sexe qui t’a offensé, Magnifique le sein qui t’a allaité," cite-t-elle en reprenant des versets de l’Évangile selon s. Luc.

    Des versets de l’Évangile selon s. Luc

    Dans un communiqué qu’elle adresse en guise de droit de réponse, Deborah de Robertis entend se placer au-dessus de la querelle religieuse et morale. C’est en féministe et en intellectuelle engagée qu’elle s’exprime : "Par ce geste de mise à nu, j’incarne l’apparition de la Vierge avec mon corps de chair et de femme vivante… Ce geste est un hymne à la vie, d’où le titre "L’origine de la vie", en référence à "l’origine du monde". Si l’on observe attentivement nous pouvons voir que le dessin des plis du voile de certaines vierges imite parfaitement les formes du sexe féminin. Dans les religions monothéistes, Marie est le modèle féminin le plus emblématique, le plus représenté, le plus connu et donc le plus exploité. En effet, la représentation humaine et donc féminine est très rare dans les autres religions monothéistes. C'est la raison pour laquelle j'ai choisi d'incarner la Vierge Marie qui, au delà de sa dimension religieuse, est l’une des femmes les plus connues au monde. Mais, en réalité par cet acte j'ai aussi incarné Marie-Madeleine, une femme libre et une autre figure emblématique qui a été diffamée, invisibilisée et dont l’image a été déformée car "trop" incarnée et "trop" sexuée… Il en est de même pour les femmes dans l'art et dans la société en général. Elles ne sont jamais reconnues immédiatement et pour la plupart elles sont exclues de l'Histoire… La figure de Marie à Lourdes, est au fond aussi exploitée que le visage de la Joconde au Louvre. À Lourdes la Vierge est adulée mais aussi utilisée comme la "poule aux œufs d'or". C'est elle qui est le pilier économique de la cité mariale. Comme la Joconde, on la retrouve sur des tasses , des tee-shirts et des porte-clefs. Comme le sexe féminin de "L'origine du monde" qui attire les touristes et remplit les caisses du musée d’Orsay, la représentation de Marie attire les pèlerins du monde entier… En incarnant les modèles féminins, mon propos est de les libérer du cadre dans lequel ils sont figés et inverser ainsi le point de vue à partir du regard des femmes, et cela sur le plan historique, politique et artistique."

    Au passage, Deborah de Robertis adresse une banderille aux institutions religieuses, qui ont laissé prospérer dans le lieu sacré de Lourdes de vrais marchands du temple, la Vierge Marie faisant pour beaucoup figure de poule aux œufs d’or pour des millions de fidèles. Pour un deo gratias de l’Église catholique, la performeuse franco-luxembourgeoise devra repasser. 

    https://vimeo.com
    https://twitter.com/D_derobertis
    https://www.instagram.com/deborah_de_robertis_official
    https://www.facebook.com/pg/derobertisdeborah/posts

    À voir aussi : "Deborah de Robertis l’ouvre"
    "Deo gratias pour Bernadette"

  • C’est l’amour à la plage

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    Flore Cherry et Guenièvre Suryous rempilent pour un nouveau Guide de Survie sexuelle. Après l’étudiante et la business girl, cette fois c’est à la vacancière que s’intéressent nos deux spécialistes : "Les vacances, c’est le moment idéal pour décrocher du quotidien et s’offrir le temps de quelques jours et de quelques nuits, une bulle d’évasion exotique et, pourquoi pas érotique," disent les auteures en avant-propos.

    On retrouve dans ce nouveau volume de Guide de Survie sexuelle les rubriques habituelles : des profils types (en l’occurrence la jet-setteuse, l’intello, et la baroudeuse), les fiches de premiers secours, un catalogue de "questions relous" (avec un florilège de réponses possibles), une rubrique "Culture G" et des "témoignages de Survivantes." Flore Cherry et Guenièvre Suryous ont également eu la bonne idée d’inclure dans leur vade-mecum estival des grilles de mots croisés et un carnet personnalisable par le lecteur.

    Le Guide de Survie sexuelle de la Vacancière se veut à la fois léger et pratique, tout en essaimant discrètement, et sans tabous, conseils et rappels : comment choisir un maillot sans stress, comment faire l’amour lorsque l’on est jeune maman, comment gérer un amour d’été ou quoi apporter pour des vacances torrides. La lectrice et le lecteur y retrouveront sans doute des informations glanées ici ou là dans leurs magazines préférés, mais d’autres sujets plus inhabituels sont également traités : quelles sont les destinations étrangères les plus sexy ? Peut-on faire l’amour dans un avion ? Quels sont les meilleurs spots pour draguer un étranger ?

    Une île "détox des hommes" pour les femmes

    La rubrique "Culture G" propose, de son côté, de parfaire notre culture générale en s’intéressant, bien entendu, au sexe et aux vacances. Et l’on apprend que la Suède proposera bientôt une île "détox des hommes" pour les femmes, que le topless s’est sérieusement ringardisé depuis quelques années, que le Brésil ouvre cet été un parc d’attraction dédié au sexe ou que les Anglais mettent en vente des glaces au champagne et au Viagra...

    Le lecteur pourra s’arrêter, avec un mélange de consternation et d’amusement, sur ces questions relous souvent entendues : "Tu ne nous ramène pas un Africain à la maison ?," "Voulez-vous couchez avec moi ce soir ?", "Tu as pris combien de kilos en Australie ?"

    Le grand bonus de ce Guide de Survie sexuelle de la Vacancière reste les témoignages de "survivantes" : des confessions d’anonymes qui prouvent que la réalité peut parfois dépasser l’imagination des meilleurs scénaristes. Ce chapitre est à ne pas manquer.

    Le nouveau livre de Flore Cherry, illustré avec finesse et dans des couleurs chaudes par Guenièvre Suryous, est à emporter pour vos vacances, que vous soyez seules ou (bien) accompagnées. La parenthèse légère et dorée des vacances ne saurait se passer d’escapades coquines et d’aventures sexy. "Le désir ne meurt jamais" dit d’ailleurs Julia Palombe en préface : une phrase digne de James Bond que revendiqueront sans aucun doute nos deux auteures chéries.

    Flore Cherry et Guenièvre Suryous, Guide de Survie sexuelle de la Vacancière,
    éd. Tabou, 128 p., 2018

    http://guenievre-illustration.com
    http://popyourcherry.fr

    Voir aussi :
    "Zob in job"
    "La vie (sexuelle) des jeunes"
    "Union TV : un nouveau média pour une nouvelle révolution sexuelle"

  • Monsieur tout le monde aime ça

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    Pour être transparent, c’est à partir d’extraits du roman Emprise de Monsieur Tout le Monde que le bloggeur a écrit cette chronique. De Monsieur Tout le Monde, auteur de ce roman érotique tout ce que l’on sait c’est que c’est un homme vivant dans un pays réputé pour sa chaleur, sa culture et ses plages – Barcelone en l’occurrence –, que notre homme aime les voyages, le jazz, la musique classique... et le sexe, qu’il considère volontiers comme un des beaux-arts.

    D’ailleurs, c’est bien l’art qui sert de base à Emprise, une histoire de pulsions et de fantasmes que l’auteur a écrit vingt ans plus tôt et qu’il nous fait découvrir.

    Un écrivain voyage dans le sud marocain pour y trouver la tranquillité dont il a besoin pour écrire son prochain roman, d’un nouveau genre pour lui : la littérature érotique. Après plusieurs jours de recherche, il trouve à l’Hôtel de la Palmeraie un endroit idéal selon lui pour écrire, mais qui ne l’empêche pas d’échapper à la page blanche.

    Le salut de notre auteur incapable d’avancée dans son roman viendra d’une rencontre inattendue : une jeune femme croisée dans l’hôtel l’entraîne vers une expérience sensuelle et raffinée, un "contrat érotique" – et même une "religion" comme il le dit. Et voilà notre romancier entraîné à abandonner un roman qui ne l’inspirait pas au profit d’un journal intime, une mise en abîme déroutant aussi bien pour l’auteur que pour le lecteur.

    Monsieur Tour le Monde propose à la fin de son roman L’Emprise une nouvelle érotique, La dernière Nuit.

    Monsieur Tout Le Monde, Emprise, Amazon, 2018, 177 p.
    https://monsieurtoutlemond5.wixsite.com/emprise

  • Zob in job

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    On ne va pas vous faire un dessin sur ce Guide de Survie sexuelle de la Bussiness Girl (éd. Tabou). Ou plutôt si. Guenièvre Suryous s’est d’ailleurs chargée d’illustrer avec finesse, tact et sensualité ce nouveau livre écrit par Flore Cherry. Il s’agit du deuxième opus d’une "collection ludique, décalée et informative" comme l’annonce l’éditeur spécialisé.

    Après le premier tome, Le Guide de Survie sexuelle de l’Étudiant/e, place cette fois aux femmes actives, ces business women contraintes, comme le dit dans la préface la youtubeuse et entrepreneuse Clémity Jane, de jongler avec mille et un aspects de la vie quotidienne : la maison, le travail, la famille, les sollicitations, les projets personnels, et bien sûr le sexe.

    Flore Cherry, que nous avions rencontrée pour Bla Bla Blog, a réussi à ne pas tomber dans le piège d’un ouvrage vulgaire ou enfonçant des portes ouvertes. Le lecteur trouvera même un discours très sérieux sur le sexisme en entreprise et la manière de désamorcer des situations compliquées pouvant transformer la vie dans un bureau en véritable enfer ("Comment survivre dans un milieu professionnel sexiste ?"). La business girl, la militante, la cadre supérieure, la gérante de start-up ou la femme politique trouveront dans ce petit livre savoureux et décomplexé de quoi apprendre sur le plus universel des sujets. Elles y trouveront aussi des "témoignages de survivants," une liste de "questions relous" ou un chapitre traitant de "culture G"...

    Culture G...

    Les fiches de premiers secours abordent des thématiques aussi différentes que la gestion d’une aventure amoureuse au bureau, les rencontres sur un site de dating, les grossesses, la manière de s’habiller au travail, l’e-reputation ou comment concilier au mieux le télétravail et la vie intime. Et pour épicer ces thèmes sérieux, Flore Cherry n’oublie pas de parler de quelques positions du Kamasutra ou d’inviter à ces pauses oasis, indispensables dans nos vies souvent trépidantes et épuisantes : le yoga, prendre du recul sur sa pause sentimentale ou la pratique... de l’orgasme minute.

    Dire que ce Guide de Survie sexuelle est distrayant est un euphémisme. Les illustrations de Guenièvre Suryous servent avec bonheur un ouvrage avant tout destiné à un public féminin. Les auteures espèrent pour ce nouveau Guide de Survie sexuelle le même succès que celui qui était destiné aux étudiant·e·s. Un livre à picorer et déguster entre deux rendez-vous – qu’ils soient professionnels ou très privés.

    Flore Cherry et Guenièvre Suryous, Guide de Survie sexuelle de la Bussiness Girl,
    éd. Tabou, 2018, 127 p.

    "La vie (sexuelle) des jeunes"
    "Union TV : un nouveau média pour une nouvelle révolution sexuelle"

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  • Le top 10 de Bla Bla Blog en 2017

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    198 articles ont été publiés sur Bla Bla Blog en 2017. Quels ont été les plus populaires ? Nous vous avons fait, comme pour les années 2015 et 2016, un top 10, avec quelques figures marquantes, connues ou moins connues, et surtout de jolies surprises.
    Cette chronique présente ce classement, accompagné d’une présentation, d’extraits et évidemment de liens pour lire ou relire les articles marquants de cette année.

     10  Âmes qui vivent

    Un livre et un roman pour commencer ce classement. En février dernier, nous consacrions une chronique au roman de Sabrina Philippe, Tu verras, les Âmes se retrouvent toujours quelque part (éd. Eyrolles). Près d’un an plus tard , la popularité de cet article s’est confirmée : il entre à la 10e place de notre classement.

    704390995.jpgExtrait
    "À quoi reconnaît-on un bon roman ? Sans doute à ce qu’il soit un page-turner et que chaque fin de page nous attire vers la suivante. Et à quoi reconnaît-on un excellent roman ? Sans doute à ce que sa lecture agisse en nous à la manière d’un excellent thé qui infuserait, nous rendant différent de ce que nous étions avant la lecture de la première page. Le roman de Sabrina Philippe, Tu verras, les Âmes se retrouvent toujours quelque part (éd. Eyrolles), appartient à cette seconde catégorie. L’auteure, psychologue et chroniqueuse pour la radio et télévision, signe ici un premier roman sur le thème de la rencontre d’âmes par-delà le temps, qu’elle choisit de traiter sous une forme d’un roman psychologique envoûtant.
    Tu verras, les Âmes se retrouvent toujours quelque part débute par le récit à la première personne d’une séparation cruelle. La narratrice, présentatrice de télévision (l’auteure a travaillé plusieurs années pour le petit écran), doit gérer sa vie mise sens dessus-dessous après le départ de son compagnon. Seule et minée par la dépression, elle erre telle une zombie à travers Paris et finit par tomber sur un café de l’Île Saint-Louis qui devient son havre. C’est là qu’elle tombe sur une femme plus âgée qu’elle, une ancienne journaliste et écrivain, une habituée "aux yeux clairs" et à "l’intelligence tourmentée". Entre les deux, une conversation s’engage..."
    La suite ici...

     9  Dans les villes de grande solitude

    Fanny de la Roncière est une des belles découvertes de Bla Bla Blog. La voir dans ce classement 2017 est une vraie satisfaction, autant qu’un indice de son incontestable talent. La chronique de Bla Bla Blog qui lui était consacrée en mars dernier présente une œuvre et une artiste attachantes.

    1100194762.jpgExtrait
    "Bien entendu, Fanny de la Roncière ce sont d'abord ces petites nanas à la Pénélope Bagieu, que ce soit cette Bretonne joyeusement déshabillée sous une pluie iroise, ces bandes de copines désœuvrées ou bien ces trentenaires nonchalantes croquées avec humour. Tous ces personnages tendres et attachants sont à découvrir sur le site de l'artiste.
    Mais Fanny de la Roncière excelle surtout dans un autre genre, tout aussi graphique mais dans un style diamétralement opposé : les villes.
    Les cités que l’artiste "arrache" à son imagination ne sont pas de simples collages comme le spectateur pourrait le penser de prime abord. Fanny de la Roncière utilise des techniques mixtes où intervient une part de hasard…
    "
    La suite ici…

     8  La vie sexuelle de Laura L.

    Chaud les bananas… En huitième position, Laura Lambrusco est parvenu à tirer son épingle du jeu, grâce à son roman d’une belle facture, Comment j’ai raté ma Vie sexuelle (éd. Act). Comme quoi, l’audace peut payer. Un livre drôle et percutant à découvrir absolument.

    997818073.jpgExtrait
    "Récit, roman, ou autofiction ? La catégorie du livre de Laura Lambrusco, Comment j’ai raté ma Vie sexuelle (éd. Act), importe sans doute moins que la facture décomplexée d’un ouvrage à la langue aussi verte qu’un gazon irlandais et aussi pétillant qu'un verre de lambrusco.
    En 14 chapitres, cette auteure qui n’a pas froid aux yeux dévoile tout de ses frasques amoureuses, de ses parties de jambes en l’air et de sa vie sociale régie par les petits boulots, les fins de mois difficiles et les amants et maîtresses de passage.
    A l’instar de Catherine Millet (
    La Vie sexuelle de Catherine M.), mais avec plus de légèreté et de verve, Laura L. ne cache rien du sexe dont elle a exploré les moindres recoins, dans toutes les positions et avec à peu près n’importe qui. Voilà qui fait d’elle quelqu’un de tout indiqué pour nous parler "sérieusement" du sujet le plus universel, le plus partagé mais aussi le plus caché : "La baise, l’amour, les pratiques bizarres, l’exclusivité sexuelle dans le couple, la bisexualité, l’homosexualité, la beauté, la branlette, l’enculage, le cocufiage, le mariage, les gosses, le boulot, les boîtes à partouze… et encore tout un tas de questions qui font chier, au fond, parce qu’elles dérangent l’ordre social plus que nous-mêmes"..."
    La suite ici…

     7  Nathalie Cougny, en adoration

    En 2016, nous avions découvert la romancière, peintre et femme engagée Nathalie Cougny. Et elle avait fait partie du top 10. Et elle était, également à une très belle septième place. Nous la retrouvons cette année, presque sans surprise, bien placée dans notre classement pour son recueil de poésie, Adoration (Mon petit éditeur). Il faut ajouter que l’année 2017 a été riche pour cette singulière artiste. Ajoutons que la chronique qui la place aussi bien a été aussi l’une des dernières publiées par Bla Bla Blog.

    couv jpeg.jpgExtrait
    "Sur Bla Bla Blog, nous adorons Nathalie Cougny pour des tas de raisons : son caractère entier, son opiniâtreté, son engagement auprès de causes qui lui tiennent à cœur (le féminisme et la protection de l’enfance) mais aussi et surtout son travail d’artiste se jouant des barrières et des étiquettes. N’avait-elle pas présenté au Julia (Paris 3e) en décembre 2015 son roman Amour et Confusions… (éd. Sudarènes) dans le cadre d’une exposition de peintures et de photos, au cours de laquelle étaient accrochée ses propres toiles ? Plus récemment, c’est le théâtre que l’artiste a choisi d’investir, à travers Sex&love.com, une pièce abrupte et sincère – sur l’amour et les femmes, toujours.
    Nathalie Cougny est entière, sincère et sans artifice. La poésie tient pour cette raison une place essentielle dans sa vie comme dans son œuvre. Mais il s’agit d’une poésie proche de nous, sensuelle et au plus près des corps : "
    Ma poésie traite essentiellement du sentiment amoureux. Depuis des changements importants dans ma vie personnelle, je pose des mots en musique, celle des émotions du corps et de l’âme" dit-elle au sujet de son dernier ouvrage""
    La suite ici…

     6  Eva-Léa, la coureuse de rêves

    Une découverte musicale a singulièrement affolé les compteurs sur Bla Bla Blog. La responsable ? Eva-Léa, une chanteuse qui lançait son premier EP à la rentrée, avant une série de concerts. Ce top 10 permettra de refaire un coup de projecteur mérité et opportun sur cette musicienne prometteuse.

    1888742989.jpgExtrait 
    "Eva-Léa sort son premier EP en septembre prochain, avant une série de concerts à Paris. Qui est cette Eva-Léa ? Une fille d’ici et d’aujourd’hui qui, du haut de ses 27 ans, est bien décidée à faire une place au soleil sur la scène de la chanson française.
    Dans une pop acidulée aux délicates touches électroniques mais aussi 80’s, Eva-Léa propose six titres portés par une voix fraîche et posée avec une belle assurance.
    Dans Élégie, le premier titre que l’on pourrait qualifier d’"électro onirique", Eva-Léa ose, dans une veine gainsbourienne, une ode moderne et baudelairienne : “Le temps qui tonne et qui traîne me tue / Sous les nuages dans l’étang j’attends nue / Qu’un coup d’éclair me transforme en statue"..."
    La suite ici...

     5  Game of Thrones pour les nuls

    C’est une demie-surprise de voir un article sur Game of Thrones. La célèbre série de HBO déboule en bonne place dans notre classement. C’est la première fois qu’une série suscite autant l’intérêt des lecteurs de Bla Bla Blog. Il est vrai que l’adaptation du cycle de romans de fantasy de GRR Martin a fait un énorme buzz mondial à l’occasion d’une septième (et avant-dernière) saison attendue par ses fans.

    2425440072.jpgExtrait 
    "Le compte à rebours a commencé pour les millions de fans de Game of Thrones. Il faudra attendre le 16 juillet 2017 pour découvrir la saison 7 de la série culte de fantasy, inspirée de l’œuvre de George RR Martin.
    Première mauvaise surprise pour celles et ceux qui suivent les aventures de Tyrion Lannister, Daenerys Targaren ou Jon Snow, cette saison ne comportera que 7 épisodes (au lieu de 10). Et comme une mauvaise nouvelle n’arrive jamais seule, une saison supplémentaire, encore plus courte, viendra clôturer la saga, sans doute courant 2019..."
    La suite ici…

     4  Où es-tu Berry ?

    C’est une artiste que l’on aime : Berry. L’interprète de Mademoiselle, du Bonheur ou de Las Vegas Parano s’était montrée discrète depuis son second album, Les Passagers, sorti en 2013. Que devenait-elle ? Bla Bla Blog a voulu répondre à cette question. Une chronique qui n’a pas laissé indifférent. Espérons revoir Berry très bientôt pour un nouvel album. Nous l'attendons de pied ferme.

    091.jpegExtrait
    "On avait quitté Berry en 2012, avec l’album Les Passagers. La chanteuse avait choisi le fil conducteur du voyage pour des chansons délicates et pudiques, portées par une voix caressante, l’une des plus belle sans doute de la scène française. Est-elle revenue de ses voyages ? Où est-elle aujourd’hui et quelle est son actualité ?
    Il convient au préalable de faire quelques rappels sur la carrière de Berry, commencée en 2008 avec un premier album, Mademoiselle, remarqué par la critique et le grand public. Disque d'or, il a été suivi de plusieurs centaines de concerts en France comme à l'étranger (Brésil, Corée du Sud ou Serbie). Mademoiselle ce sont 10 joyaux musicaux que la chanteuse a sculpté avec ses acolytes Manou et Lionel Dudognon.
    L’univers de celle qui a commencé sur les planches de théâtre est déjà là, dans des chansons intimistes, mélancoliques et non sans noirceur, portées par une orchestration soignée et une voix claire et chaleureuse...
    "

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     3  Julia Palombe : Au lit, Citoyens !

    En cette année électorale, Bla Bla Blog avait consacré un dossier "Présidentielles". Julia Palombe, une des candidates - n’ayant toutefois pas passé le stade des 500 signatures - a accepté de répondre à des questions sur son projet politique, avec le parti du Jouir Ensemble. Tout un programme...

    3108138628.jpgExtrait
    "Candidate à l'élection présidentielle, l'auteure, danseuse, chanteuse et actrice Julia Palombe s'est lancée dans la course vers l’Élysée, avec, chevillée au corps, son engagement pour "la liberté, l'égalité et les sexualités." En septembre 2016, son un livre manifeste Au lit citoyens !" (éd. Hugo Doc-Blanche) signe le départ de sa campagne aux Présidentielles, avec le parti du Jouir Ensemble. Tout un programme !
    Entre deux meetings et trois concerts, Julia Palombe a accepté de répondre au questionnaire "Présidentielles 2017" de Bla Bla Blog. Qu'aimez-vous et qui aimez-vous, Julia ?..."
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     2  Deborah de Robertis l’ouvre

    Art, provocation, engagement… et aussi une pointe d’humour pour cette deuxième place occupée par la performeuse Deborah de Robertis. L’artiste a fait des galeries de musées prestigieux (Louvre, Orsay) le lieu de performances scandaleuses et placées sous le signe du féminisme, particulièrement d’actualité en cette année.

    3763625566.jpgExtrait
    "Ça s’est passé au Louvre le 15 avril 2017. Deborah de Robertis, artiste franco-luxembourgeoise féministe, engagée et aux performances sulfureuses, pose dénudée au milieu d’un parterre de touristes venus mitrailler et filmer La Joconde. Devant ce public médusé et vite acquis à sa cause, Deborah de Robertis expose son sexe, comme elle l’avait d’ailleurs fait au Musée d’Orsay en 2014 devant le tableau L’Origine du Monde de Gustave Courbet. La scène, brève et violente, est interrompue par les gardiens du musée et par l’auguste établissement qui choisit d’évacuer le public.
    Le 29 septembre dernier, Deborah de Robertis présentait au Silencio, le sélect club imaginé par David Lynch, son œuvre audiovisuelle, Ma Chatte mon ©. Ce film réalisé autour de sa performance d’avril "utilise les codes du rap US" et a été réalisé en "featuring" avec la rappeuse Mac Manu et le rappeur Yaway. À l’occasion de cette diffusion, un débat était organisé dans une salle pleine à craquer. Il réunissait Deborah de Robertis, son avocate Marie Dosé, la directrice du Centre culturel de Neimënster Ainoha Achotegui et la philosophe et féministe Geneviève Fraisse venus commenter cette performance..."
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     1   Fishbach

    C’est l’artiste qui a fait explosé tous les compteurs de Bla Bla Blog. Cette année, Fishbach occupe une première place plus que méritée. Le moins que l’on puisse dire c’est que la musicienne n’est pas passée inaperçue sur la scène française. La sortie de son premier album en début d’année était attendue, après un premier EP remarqué en 2016. En consacrant plusieurs articles sur Fishbach, Bla Bla Blog a fait mouche : vous avez été nombreux à nous suivre et à montrer votre intérêt pour une artiste hors-norme.

    4112684903.jpgExtrait
    "Je vous préviens, Fishbach ne va pas vous laisser indemne. Son premier EP éponyme, sorti il y a un peu plus d'un an, est un mélange de d’électro-rock nerveux et de pop survitaminée. Dans la grande veine de ses aîné(e)s des années 80, l'artiste originaire de Charleville-Mézières ne craint pas de saturer ses titres de guitares saturées et de laisser sa voix puissante se noyer dans des torrents de synthétiseurs, tel le chant amoureux, sombre et gothique Tu vas vibrer : "Tu vas vibrer / comme un chien dans une caisse".
    La jeune chanteuse, que certains comparent déjà, pour son énergie déployée, à Catherine Ringer - certains ont même cité Jeanne Mas - pioche dans la new wave, ce mouvement musical que l'on pensait à tort disparu corps et âme depuis la fin des années 80...
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  • Nathalie Cougny, en adoration

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    Sur Bla Bla Blog, nous adorons Nathalie Cougny pour des tas de raisons : son caractère entier, son opiniâtreté, son engagement auprès de causes qui lui tiennent à cœur (le féminisme et la protection de l’enfance) mais aussi et surtout son travail d’artiste se jouant des barrières et des étiquettes. N’avait-elle pas présenté au Julia (Paris 3e) en décembre 2015 son roman Amour et Confusions… (éd. Sudarènes) dans le cadre d’une exposition de peintures et de photos, au cours de laquelle étaient accrochée ses propres toiles ? Plus récemment, c’est le théâtre que l’artiste a choisi d’investir, à travers Sex&love.com, une pièce abrupte et sincère – sur l’amour et les femmes, toujours.

    Nathalie Cougny est entière, sincère et sans artifice. La poésie tient pour cette raison une place essentielle dans sa vie comme dans son œuvre. Mais il s’agit d’une poésie proche de nous, sensuelle et au plus près des corps : "Ma poésie traite essentiellement du sentiment amoureux. Depuis des changements importants dans ma vie personnelle, je pose des mots en musique, celle des émotions du corps et de l’âme" dit-elle au sujet de son dernier ouvrage.

    Adoration (éd. Mon Petit Éditeur) entre dans le domaine de l’intime, celle "des coups de reins, des coups de rien. / Emmêlés dans cette jouissance en fusion." Nathalie Cougny s’est emparée de la poésie pour libérer ses propres tourments et s’interroger sur l’amour, le thème le plus traité en littérature. Nathalie Cougny prend à bras le corps ce sentiment universel : "Tu éclaires tous les contre-jours de ma vie", écrit-elle dans un élan qui ne saurait faire de distinction de genre et de sexe. Dans sa bouche, l’amour devient une religion envoûtante qui se joue de toutes les règles : "Délivre-moi du bien /Jusqu’à la défaillance."

    Les poèmes en vers ou en prose de Nathalie Cougny ne s’embarrassent pas de mièvreries. Ils sont racés, colorés, épanouis, et en même temps piquants comme autant de roses offertes en bouquets : "Je voudrais pleurer encore, de cet amour-là, / Qui me parlait en secret, pour ne rien me dire. / M'étrangler de tes silences, en liberté, / Égoïste, je les veux tous pour moi."

    "La belle charogne"

    Il est question de pulsions insensées et libératrices ("Je m’offre à ton emprise, / Comme une viande / À la belle charogne, / Léchant jusqu’à l’aube, / Ma cuisse, mon sexe et l’autre. / Profite, salive, viens !"), mais aussi de trahisons ou de fuites ("Tu n’as pas su m’habiller de tes souffrances. / Tu as pris le chemin de la fuite en instance"), avec ces mots qui savent happer le lecteur, le séduire, le désarçonner et se jouer de lui : "De ton âge à mon âge il y a deux pas, / Encore et encore, il n’y a qu’un pas. / Que dit ton corps à demi-mot ? / Un pas de plus, un pas de trop."

    C’est à pas feutré que l’auteure nous fait entrer dans ces intimités, telle cette "chambre blanche" qui a accueilli les étreintes de deux amants éperdus : "Nos mains désinvoltes, offertes aux instants, : Qui ont tout pris de ton corps, de mon corps. / Caresses sur caresses, langues curieuses, / Assoiffées de désir, puis nos souffles, chauds."

    Un grand souffle chaud balaie ce recueil. Il respire de vies et d’envies : "Au risque de me perdre, je fais ce voyage, / De mon corps à ton corps, sans aucun bagage, / J’approche ma bouche de tes envies, / Tu es cette sublime et divine rêverie." Nathalie Cougny a choisi de faire de ces amours-là une matière littéraire et libératrice – qui fait du bien.

    Nathalie Cougny, Adoration Poésie libre et sensuelle, inclus : (Ta) Plénitude – Carnet amoureux, éd. Mon Petit Éditeur, 2017
    https://www.nathaliecougny.fr
    "Mes hommes"
    "En corps troublé"
    "Homo errectus on ligne"

    Photo © Walt27

  • Le salon de la littérature érotique remet le couvert

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    Après la réussite de sa première édition, le Salon de La Littérature Érotique remet le couvert le dimanche 26 novembre de 15 heures à 21 heures au 153 (Paris, 3e).

    Bla Bla Blog avait suivi en 2016 la création de cet événement, qui était à l’époque organisée autour d’une exposition de peinture du dessinateur érotique Alex Varenne. Cette année encore, la littérature érotique aura l’honneur d’être mise en avant, mais aussi démystifiée. Vaste projet pour ce genre spécialisé, souvent considéré avec méfiance, et dans lequel les femmes tiennent sans conteste le haut du pavé. Lors de sa première édition, le public se pressait dans une galerie d’art cosy mais étroite. Cette fois, c’est sur les trois étages du bar  Le 153 que se retrouveront une dizaine d’auteurs pour des rencontres et des dédicaces.

    Parmi, les personnalités et artistes présents figureront Brigitte Lahaie, actuellement animatrice sur Sud Radio, mais aussi Octavie Delvaux, qui est de retour cette année, Anne Vassivière, Virginie Bégaudeau, Guenièvre Suryous (dont Bla Bla Blog avait déjà parlé pour son ouvrage écrit à deux mains avec Flore Cherry, Guide de Survie sexuelle de l’étudiant/e), Camille Emmanuelle, les auteurs de la start-up B.Sensory, Simpere Françoise, Emma Cavalier, Etienne Liebig ou encore Julie-Anne De Sée.

    Pour faire sortir la littérature érotique des fantasmes courant à son sujet, plusieurs conférences seront proposées : "Le retour de la morale dans la littérature érotique" par Spengler Franck , "Le sexe sans enjeux est un jeu délicieux" par Simpere Françoise, "Comment poser sa voix sur de la littérature érotique ?" par Philippe Lecaplain, avec également des lectures du jeu concours Chuchote-moi.

    Les organisateurs ont également mis en place des défis d'écritures organisés toute la journée, avec des cadeaux à gagner pour celles et ceux qui voudraient s’initier à ce genre littéraire.

    Des happenings et des surprises compléteront cet événement, avec notamment une exposition de planches de BD érotique par Tabou éditions, une animation des comédiens d'Une femme extraordinaire, le cadavre exquis des fantasmes par Nathalie Giraud et Isabelle Bize.

    À partir de 21 heures, le salon se transformera en soirée libre, pour les plus motivées et les plus coriaces.

    Salon de La Littérature érotique
    Le 153, 153 rue Saint-Martin, 75003 Paris
    Dimanche 26 novembre de 15 heures à 21 heures
    Prévente : 8 €
    Sur place : 10 €

  • Deborah de Robertis, ou le droit qu’elle l’ouvre

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    Bla Bla Blog a consacré une chronique récente à Deborah de Robertis, auteure de performances remarquées, spectaculaires et engagées au Musée du Louvre : en septembre dernier, l’artiste franco-luxembourgeoise a exhibé son sexe devant le tableau de La Joconde, devant un public de visiteurs médusés et finalement acquis à la cause de cette féministe qui a fait de son corps une arme autant qu’un instrument artistique.

    Suite à cet événement (qui a fait l’objet d’un film, Ma Chatte mon ©), le parquet avait décidé de renvoyer l’artiste en comparution immédiate et le musée du Louvre de déposer plainte pour sa performance réalisée devant la Joconde. L’artiste avait été placée en garde à vue pour délit d’exhibition sexuelle.

    Le 18 octobre dernier, le tribunal correctionnel de Paris a relaxé Deborah de Robertis du chef d’exhibition sexuelle. Il a considéré que cette accusation était infondée, en raison de l’absence de l’élément matériel du délit (la pilosité cachait "ces organes génitaux que vous ne saurez voir...") et de l’élément intentionnel du délit (l’intention était de porter un message" militant et artistique", et "non sexuel"). Le tribunal a estimé que le travail de Deborah de Robertis ne pouvait constituer une infraction d’exhibition sexuelle du fait de sa dimension politique, militante et artistique. 

    L’artiste commente ainsi ce rendu judiciaire : "Cette victoire artistique et judiciaire s’inscrit dans une bataille qui risque de s’éterniser : le musée du Louvre n’a pas manqué de demander au tribunal de m’interdire tout accès à ses galeries et d’ordonner la suppression sur la Toile de toutes images provenant de mes performances. Il s’agit donc clairement de censure, d’atteinte à ma liberté de création, d’expression, et d’aller et venir. Le musée du Louvre, dans ce qu’il charrie de pire, a connu ici un premier et cinglant échec : en tentant d’interdire mon travail et de radier mon sexe de ses galeries,  il a cru pouvoir décider de ce qui pouvait ou non être vu. Mon œuvre a envahi ses murs, et continuera à les occuper."

    "Deborah de Robertis l’ouvre"

  • La vie (sexuelle) des jeunes

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    Toi l’étudiant mal dégrossi, toi la première année de lettres qui ne sait pas par quel bout prendre ce qui nous tient chaud, toi l’ancien lycéen qui pensait avoir tout exploré du clitoris, ou encore toi, la future doctorante en histoire, bien décidée à faire de ta chambre étudiante autre chose qu’une cellule de nonne, vous avez deux interlocutrices au poil pour faire le point sur notre sujet favori : le sexe.

    Flore Cherry est l’auteure, avec Guenièvre Suryous pour les illustrations, du Guide de Survie sexuelle de l'étudiant/e (éd. Tabou).

    Ce vade-mecum est destiné à une population étudiante découvrant subitement le rythme universitaire, la vie hors du foyer familial, la liberté presque sans limite et les tentations de toute sorte. Lorène Lavocat et Dania Kaddur, créatrices de l’émission “Les Fesses à l’Air” sur Radio Campus Paris, défendent la nécessité d’un tel guide dans sa préface : "Dans cette jungle encore très vierge, nous, étudiants-pionniers, nous trouvons bien démunis, avec le porno comme seule boussole et les cours de prévention contre les infections sexuellement transmissibles comme unique guide."

    Pas de blablas ni de discours lénifiants dans ce Guide de Survie sexuelle. Flore Cherry prend à bras le corps leur sujet avec concision, méthode et pas mal d’humour à revendre. Conçu comme un manuel à glisser dans un sac à main ou une besace, le guide décrit ce qu’il faut savoir sur cette "période de la vie (sexuelle) pleine de rebondissements, d’intrigues et de découvertes."

    Les auteures proposent ainsi un ensemble de kits de survie, "pour le lol", destinés à se mouvoir dans un univers à géométrie variable. Flore Cherry et Guenièvre Suryous proposent ainsi une cartographie sexuelle qui "ne se limite pas évidemment au territoire de son campus universitaire mais s’étend bien souvent sur internet, dans sa famille, dans ses premières histoires sexuelles ou encore chez son médecin."

    Plus pratique, mais avec toujours cet humour déculpabilisant, Flore Cherry distille conseils et avertissements valables aussi bien pour les étudiants et étudiantes que les autres : comment enfiler un préservatif, comment gérer un sex-friend, comment improviser quand on n’a ni tampon ni serviette, comment survivre à une gueule de bois, comment jouer au BDSM avec les moyens du bord – et, justement, qu’est-ce que le BDSM...

    Fellation, sodomie ou masturbation sont traités sans tabous, dans un ouvrage drôle et pédagogique, aux couleurs girly et aux dessins bien léchés, délaissant toute vulgarité au profit du clin d’œil appuyé ou de l’illustration explicite.

    En bonne copine, Flore Cherry propose de faire le point sur les alliés des étudiants dans la "quête du bien-être et de l’épanouissement sexuel" : le corps médical, le ou la colocataire, le copain ou la copine, sans oublier les parents. Les auteures ont eu la bonne idée d’inclure une liste – non-exhaustive – de "questions relous", avec les suggestions de réponses : "Vous vous protégez au moins ?", "Hey mademoiselle, t’es charmante ! Bah alors ? T’as pas appris à dire merci ?", "Quoi ? T’as jamais vu de porno ?", "Tu vas quand même pas coucher avec lui dès le premier soir ?" Pour compléter ces choses dites et vécues, des témoignages de jeunes "survivants" apportent un supplément d’âme à ce guide pas tout à fait comme les autres.

    L’étudiant/e en mal d’amour et/ou de récréations physiques trouvera dans ce Guide de Survie sexuelle mieux qu’une mine d’informations : un livre drôle, rassurant et déculpabilisant qui, après la théorie, a de quoi inviter aux travaux pratiques.

    Flore Cherry et Guenièvre Suryous, Guide de Survie sexuelle de l’étudiant/e, éd. Tabou, 2017, 113 p.
    Radio Campus Paris

  • Deborah de Robertis l’ouvre

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    © Deborah De Robertis & Jean Paul Lubliner

    Ça s’est passé au Louvre le 15 avril 2017. Deborah de Robertis, artiste franco-luxembourgeoise féministe, engagée et aux performances sulfureuses, pose dénudée au milieu d’un parterre de touristes venus mitrailler et filmer La Joconde. Devant ce public médusé et vite acquis à sa cause, Deborah de Robertis expose son sexe, comme elle l’avait d’ailleurs fait au Musée d’Orsay en 2014 devant le tableau L’Origine du Monde de Gustave Courbet. La scène, brève et violente, est interrompue par les gardiens du musée et par l’auguste établissement qui choisit d’évacuer le public.

    Le 29 septembre dernier, Deborah de Robertis présentait au Silencio, le sélect club imaginé par David Lynch, son œuvre audiovisuelle, Ma Chatte mon ©. Ce film réalisé autour de sa performance d’avril "utilise les codes du rap US" et a été réalisé en "featuring" avec la rappeuse Mac Manu et le rappeur Yaway. À l’occasion de cette diffusion, un débat était organisé dans une salle pleine à craquer. Il réunissait Deborah de Robertis, son avocate Marie Dosé, la directrice du Centre culturel de Neimënster Ainoha Achotegui et la philosophe et féministe Geneviève Fraisse venus commenter cette performance.

    Vulgaire délit d’exhibition sexuelle – qui a d’ailleurs conduit l’artiste en garde à vue après une nouvelle "exposition" le 24 septembre, toujours au Louvre ? Acte de revendication d’une féministe s’érigeant en modèle d’émancipation appelant aux "les prémices d’une nouvelle ère" ? Simple buzz médiatique ? Ou bien authentique démarche créative devant le plus célèbre tableau du monde, devenu si iconique que les visiteurs du Louvre ne le regardent même plus et se contentent de le photographier et le filmer ?

    Deborah de Robertis ne serait-elle qu’une provocatrice, dont les actes se limiteraient à des délits d’exhibitions sexuelles ? Marie Dosé rappelait au cours du débat que jusqu’à récemment la justice n’a poursuivi que des hommes pour ce type d’agression, les femmes ne pouvant être que de fragiles victimes... L’avocate s’interrogeait parallèlement au sujet de la pudeur et de l’atteinte aux bonnes mœurs, lorsqu’il est question de dénuder une poitrine, comme chez les Femen : "Qu’est-ce qui dit qu’une poitrine masculine est plus sexuelle qu’une poitrine féminine ?"

    L’exhibition est partout dans notre société, était-il rappelé, y compris des exhibitions à visée commerciale et publicitaire. Est-il tenable que Deborah de Robertis soit sanctionnée pour un travail artistique ? L’artiste franco-luxembourgeoise a fait de son corps un instrument politique et de son sexe un medium – avec un copyright de bon aloi. Genevièvre Fraisse citait de son côté Michel Foucault : "Le sexe qui parle." Cette affirmation forte prend tout son sens s’agissant du travail de Deborah de Robertis : "Si j'ouvre mon sexe au lieu d'ouvrir ma bouche, c'est parce que c'est là où réside la transgression. En faisant ce geste, ce n'est pas mon sexe que j'expose, mais l'état du droit."

    Finalement, les performances des 15 avril et 24 septembre, ont permis à Mona Lisa de sortir du tableau de Léonard de Vinci et de s’incarner à travers une femme d’aujourd’hui. Le modèle venait ainsi prendre sa revanche sur le chef d’œuvre désincarné et Mona Lisa, la muse, prenait symboliquement sa revanche sur l’artiste. Une revanche déshabillée ? L’artiste et performeuse rappelle que La Joconde a probablement posé nue…

    Outre une suite judiciaire probable, Deborah de Robertis va continuer à asséner son message féministe à travers une campagne de crowdfunding où un objet phare est mis à l'honneur : les culottes d'artistes. "Lorsque j'ai exposé à la Fiac, j'ai eu l'impression de faire le tapin, alors tant qu'à "faire la pute", pourquoi ne pas vendre mes culottes ?" dit-elle. Provocatrice jusqu’au bout, en plus d’être drôle et douée.

    "Cachez ces seins"
    http://www.union.fr/actus/les-blablas-cul-ture/deborah-robertis-louvre-179285.html

  • La débandade

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    C’est un sujet très culotté auquel se sont attelés le scénariste Jim (Une Nuit à Rome, Une petite Tentation, Héléna) et le dessinateur Louis Chabane (Héléna, Si seulement, Mesrine, l’Évasion impossible).

    En deux tomes, L’Érection raconte une soirée de décembre a priori banale mais tournant à l’empoignade conjugale. Arrêtons-nous sur le titre provocateur de cette BD : "C’est un bonheur rare d’avoir dans sa bibliographie un album s’appelant L’Érection", confie Jim dans l’entracte qui clôt le premier tome.

    Le terme d’entracte n’est du reste pas galvaudé pour cet album en deux volumes écrit comme une pièce de boulevard en sept actes et comme une comédie de mœurs se situant dans l’appartement bourgeois d’un couple de quadras, Léa et Florent.

    Nos deux bobos, toujours amoureux après 25 ans de vie commune, invitent un couple d’amis, Alexandra, blonde pimpante quadra elle aussi, et son ami Jean-Fabrice. C’est l’anniversaire de Léa, qui fête ses 48 ans. Les enfants ont été casés chez les grands-parents pour l’occasion. La soirée débute d’une manière classique : "Discussion réglée comme du papier à musique : un tiers enfants, un tiers potes, un tiers séries TV."

    Après un premier couac lors de la remise des cadeaux d’anniversaire, Léa s’aperçoit que Florent a une érection alors qu’Alexandra leur apprend qu’elle et Jean-Fabrice sont sur le point de se séparer. Pour éteindre la scène de ménage qui commence après le départ des amis, Florent apprend à Léa une autre surprise de taille…

    Les auteurs de L’Érection ont réussi le tour de force de créer sur les 128 pages de cette BD passionnante une comédie de mœurs à la fois grave et désopilante. Le sujet est classique : une crise de couple dégénère en cataclysme domestique, avec son lot de rebondissements, de portes qui claquent, de dialogues ciselés et de personnages complètement en déroute.

    Le premier tome et ses trois premiers actes installent les quatre protagonistes et l’enjeu qui va anéantir en quelques instants un couple fusionnel et admiré. Les certitudes s’écroulent, la confiance n’est plus qu’un lointain souvenir et les reproches pleuvent : "Je ne simule jamais, je t’assure, jamais ! Tout au plus… je t’encourage..." lance un moment Léa, avec une belle assurance, auquel Florent répond, sans se démonter :"Tu m’encourages à finir, je t’encourage à commencer..."

    Le deuxième tome voit l’intrigue s’accélérer, avec de nouveaux enjeux, de nouveaux personnages et de nouveaux décors, mais avec toujours la même contrainte de temps et d’espace : une nuit de décembre, dans un immeuble haussmannien. On retiendra notamment, dans ces quatre derniers actes, la désopilante scène du pyjama d’Alexandra et la rencontre avec les petits voisins du dessus.

    Jim et Louis Chabane réalisent un magnifique bijou de bande dessinée, écrite et dessinée avec efficacité, précision, intelligence et un humour féroce. S’inspirant des théâtres de boulevard, ils autopsient avec sagacité et pertinence un sujet intarissable : les conflits entre les hommes et les femmes. Les auteurs citent à ce sujet, en exergue du deuxième tome, une citation de José Artur : "La guerre des sexes n’est pas prête de s’éteindre. Il y a trop de complicité avec l’ennemi."

    Jim et Louis Chabane, L’Érection, livres 1 et 2, éd. Grand Angle, 2016, 68 p. et 70 p.

    Une nuit à Rome from Jim / Thierry Terrasson on Vimeo

  • Dans la chaleur du Morbihan

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    Sur Bla Bla Blog, on aime Bastien Vivès. Cet artiste a déjà fait l’objet de trois chroniques pour ses formidables BD Amitié étroite, Polina et L’Odeur du Chlore. Pour Une Sœur (éd. Casterman), son nouvel album, c’est en Bretagne, et plus précisément sur l'Île aux Moines dans le Morbihan, que l’auteur nous entraîne.

    Antoine, un adolescent de 13 ans, et son petit frère Titi, accompagnent leurs parents dans leur maison de vacances au bord de la mer. Nous sommes dans l’insouciance de l’été. La chaleur est là. L'océan aimante et électrise. Peu de temps après leur arrivée, une visite impromptue vient casser la routine estivale : Sylvie, une amie des parents qui vient de vivre une fausse-couche, est accueillie pour quelques jours avec sa fille. Cette dernière s’appelle Hélène. Elle a 16 ans. Bientôt, s’instaure entre elle et Antoine une complicité fraternelle.

    L’amitié, l’amour, l’adolescence : ces thèmes chers à Bastien Vivès sont concentrés dans un ce petit bijou qu’est Une Sœur. Sur une intrigue tenue, l’auteur parvient à tisser une histoire où se mêlent tableaux vécus plus vrais que nature, tragédie, comédies humaines, liens fraternels, relations ambiguës, moments de grâce et sensualités. Les corps et les adolescents se cherchent et se découvrent. On est à des âges où les cordons ombilicaux avec papa et maman sont en passe d'être rompus.

    Bastien Vivès ne cherche pas à provoquer ni à transgresser. Comme il le dit dans le magasine CasMate, Ma Sœur parle d'une rencontre inespérée, à la fois légère et capitale pour le jeune homme : "Je voulais que le ivre refermé, Hélène partie, on comprenne qu’elle et Antoine ont vécu un moment superchouette, un moment privilégié. Que plus tard ils y penseront avec tendresse."

    Avec un sens de l’économie, le dessinateur fait de ses jeunes gens les héros d’aventures et de romances rhomériennes dans lesquelles les adultes ont le second rôle, y compris singulièrement Sylvie, la mère d’Hélène malgré le drame qui l’a touchée.

    Bastien Vivès est en état de grâce dans cette bande dessinée bouleversante : le noir et blanc somptueux, les visages et les corps délicatement esquissés, les cadrages, l’intrigue patiemment déployée et rythmée par des points de bascule, jusque dans les dernières pages. L'auteur de Polina et de L'Odeur du Chlore propose l'histoire d'une rencontre érotique tout autant que d'un apprentissage, derrière laquelle pointe le drame et la tragédie que personne n'attendait.

    Ce magnifique album terminé, le lecteur n'a qu'une envie : se replonger dans ce récit simple et bouleversant. Éblouissant, comme un soleil d’été.

    Bastien Vivès, Une Sœur, éd. Casterman, 2017, 212 p.
    "Les meilleurs amis du monde"
    "De la piscine comme univers métaphysique"
    "Petite danseuse deviendra grande"
    http://bastienvives.blogspot.fr
    "Le sexe en 12 leçons", in Casemate, mai 2017

  • Ma chair et tendre

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    Vous êtes avertis que le dernier ouvrage de Stella Tanagra s’aventure dans un domaine très chaud et prend à bras le corps un sujet universel : le sexe.

    Dans son recueil Sexe primé (éd. Tabou), celle que je nommerais "la petite princesse de l’érotisme" allie l’audace à une écriture ample et travaillée. Là est sans doute la spécificité de Stella Tanagra, qui n’entend pas laisser un pouce de terrain à la vulgarité facile, à l’intrigue neuneu ou à l’écriture basse de plafond : "Nos ergonomies s’éprennent comme deux ventouses dont les succions nous lient ardemment si bien que l’enchevêtrement de nos êtres est semblable à une sangsue géante. Nos apparats à l’accoutumée flasques se transforment en membres qui se contractent et s’allongent" (Ces Messieurs me disent).

    Pour brouiller les pistes, l’auteure débute et termine Sexe primé avec deux textes poétiques et amoureux (Tout se promettre sans le dire et Les Jours qui suivent), des sortes de contre-feux pour un recueil âpre, envoûtant et souvent déstabilisant. La passion (La dérive amoureuse), le coup de foudre (Ma Chair et tendre), la rencontre fortuite (Scène de crime), le quotidien triste, cruel et trivial (Un gentil garçon), le désir qui n’a ni âge ni raison (Puppy Love), ou encore les expériences extrêmes (Peau percée) parlent du désir, du corps, des fantasmes mais aussi des perditions. Le sexe, au cœur de ces nouvelles, est habillé de préliminaires littéraires grâce à une langue baroque et poétique.

    Dans La dérive amoureuse, une étreinte est racontée par un narrateur, installé avec sa femme Océane au bord d’une piscine. L’érotisme du moment se confond avec celui des souvenirs et des dialogues, jusqu’à cette scène tragique, décrite avec un lyrisme tout baudelairien : "Son visage livide aux lèvres violacées m’indiquait un message fatidique, celui de la laisser rejoindre la noirceur de la fosse océane."

    La mort et la souffrance affleurent d’ailleurs régulièrement dans le recueil. Scène de crime, qui commence par une scène de drague classique, glisse vers un jeu pervers : "Ton engin est une arme de crime excessivement jouissive." Stella Tanagra prend le lecteur à rebrousse-poil dans le texte Sans sortir. Cette étonnante et glaçante nouvelle est construite autour des cinq sens ("Vision", "Mélodie", "Parfum", "Sensation", "Saveur"). La jeune narratrice décrit une série de fantasmes rassurants dans un univers post-apocalyptique où le sexe est devenu l’arme du malheur, de l’abomination et de la solitude.

    Il est encore question de fantasmes dans Écran total. Un geek se fait le parangon du sexe triste à l’époque des écrans d’ordinateur, smartphones et autres tablettes : "Trop amoureux des femmes pour être capable de me contenter d’une seule, toujours à chercher plus que ce que j’ai déjà, je te tiens donc responsable, toi et ton petit cul à tomber par terre, de ma mélancolie de ce soir." La masturbation ne représente qu’un pis-aller dérisoire : "Ma vie sexuelle est une fatal error 404. Je me masturbe encore… Je suis un puceau qui a déjà tout vu mais qui n’a jamais rien fait."

    Il est vrai que "le fantasme est toujours plus ambitieux que le réel." Prenez l’exemple de la nouvelle Ma chair et tendre. Non sans référence à Alina Reyes (Le Boucher), l’auteure prend le partie d’érotiser des pièces de nourriture étalées dans un étal de boucherie. Une paupiette renvoie au bondage et une cliente devient l’objet de tous les fantasmes : "Toutes ses ficelles qui tracent les contours de son corps prononcent ses plantureuses rondeurs. Celles-ci se dévoilent à mesure que les filaments poursuivent les courbes de sa corpulence féminine… Saucissonnée dans ces fibres tendues de part en part de ses tissus organiques, je me gave de cette esthétique qui alimente ma déraison." Le péché de gourmandise devient dans la bouche de Stella Tanagra un moment de luxure délicieusement illicite : "La gloutonnerie est mon vice."

    Stella Tanagra reluit son érotisme d’une noirceur quasi omniprésente, en poussant loin l’audace. Aux descriptions bucoliques de Ces messieurs me disent répondent ces scènes sadiennes dans Les profondeurs ("J’étais dans l’antre des fantasmes") et plus encore dans Peau percée. Cette histoire à deux voix nous plonge dans une orgie racontée tour à tour par Tshuni (la "reine des bites") puis par son compagnon Luigi. Dans une langue ample et travaillée, la narratrice décrit un un gang bang fantasmagorique au cours de laquelle la jeune femme fait figure de déesse érotique autant que de défouloir collectif : "Mon corps s’écoule de tous ses avilissements, une liquéfaction libératrice sans doute et que reste-t-il ? Une peau neuve. Je me suis régénérée en emmagasinant les énergies de tous ceux qui ont fait de moi, la suite d’eux et de moi." L’auteure allie onirisme et crudité pour susciter chez le lecteur la même stupéfaction que le second narrateur : "Je croyais que les filles aimaient les contes de fées et les princes charmants. J’étais déboussolé, mes repères mis à mal."

    La violence se fait cruauté dans ce qui est la nouvelle la plus engagée, Un gentil garçon. L’auteure ouvre la chambre à coucher d’un couple ordinaire, avec un homme a priori au-dessus de tout soupçon mais qui se révèle un épouvantable pervers narcissique : "Il n’hésite pas à asséner des gifles soutenues sur les joues de Camille afin de libérer ses pulsions… Incapable de refréner ses élans passionnels, il aime la voir se mourir pour mieux la faire jouir."

    Sexe primé permet à Stella Tanagra de s’aventurer sur des chemins inattendus et aussi passionnants les uns que les autres. La petite princesse de l’érotisme fait trembler, l’air de rien, un genre littéraire parfois prisonnier d’archétypes. Ces 12 nouvelles délivrent au lecteur autant de coups de griffes revigorants, à l’instar celles qui ponctuent les étreintes des amants.

    Stella Tanagra, Sexe primé, éd. Tabou, 2017, 144 p.
    http://stellatanagra.com
    Pour adultes avertis

    © Stella Tanagra