Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Livres et littérature

  • Le salon de la littérature érotique remet le couvert

    Pin it!

    Après la réussite de sa première édition, le Salon de La Littérature Érotique remet le couvert le dimanche 26 novembre de 15 heures à 21 heures au 153 (Paris, 3e).

    Bla Bla Blog avait suivi en 2016 la création de cet événement, qui était à l’époque organisée autour d’une exposition de peinture du dessinateur érotique Alex Varenne. Cette année encore, la littérature érotique aura l’honneur d’être mise en avant, mais aussi démystifiée. Vaste projet pour ce genre spécialisé, souvent considéré avec méfiance, et dans lequel les femmes tiennent sans conteste le haut du pavé. Lors de sa première édition, le public se pressait dans une galerie d’art cosy mais étroite. Cette fois, c’est sur les trois étages du bar  Le 153 que se retrouveront une dizaine d’auteurs pour des rencontres et des dédicaces.

    Parmi, les personnalités et artistes présents figureront Brigitte Lahaie, actuellement animatrice sur Sud Radio, mais aussi Octavie Delvaux, qui est de retour cette année, Anne Vassivière, Virginie Bégaudeau, Guenièvre Suryous (dont Bla Bla Blog avait déjà parlé pour son ouvrage écrit à deux mains avec Flore Cherry, Guide de Survie sexuelle de l’étudiant/e), Camille Emmanuelle, les auteurs de la start-up B.Sensory, Simpere Françoise, Emma Cavalier, Etienne Liebig ou encore Julie-Anne De Sée.

    Pour faire sortir la littérature érotique des fantasmes courant à son sujet, plusieurs conférences seront proposées : "Le retour de la morale dans la littérature érotique" par Spengler Franck , "Le sexe sans enjeux est un jeu délicieux" par Simpere Françoise, "Comment poser sa voix sur de la littérature érotique ?" par Philippe Lecaplain, avec également des lectures du jeu concours Chuchote-moi.

    Les organisateurs ont également mis en place des défis d'écritures organisés toute la journée, avec des cadeaux à gagner pour celles et ceux qui voudraient s’initier à ce genre littéraire.

    Des happenings et des surprises compléteront cet événement, avec notamment une exposition de planches de BD érotique par Tabou éditions, une animation des comédiens d'Une femme extraordinaire, le cadavre exquis des fantasmes par Nathalie Giraud et Isabelle Bize.

    À partir de 21 heures, le salon se transformera en soirée libre, pour les plus motivées et les plus coriaces.

    Salon de La Littérature érotique
    Le 153, 153 rue Saint-Martin, 75003 Paris
    Dimanche 26 novembre de 15 heures à 21 heures
    Prévente : 8 €
    Sur place : 10 €

  • Une bonne coupure

    Pin it!

    On entre dans l’univers de Nicolas Le Bault comme s’il s’agissait d’un territoire hors du temps. Rien ne ressemble à ses créations déroutantes, et c’est bien pour cela qu’il faut absolument découvrir cet artiste aux multiples facettes.

    Bla Bla Blog avait consacré une chronique à son élégant et très lynchien roman graphique Hygiène Rose, toujours disponible aux éditions Réseau Tu Dois. Nicolas le Bault s’est lancé cette fois, avec trois acolytes, Frederika (pour le texte), Frédéric Fenollabbate (pour les dessins en noir et blanc) et Stéphane Rengeval (pour les photographies), dans une nouvelle aventure artistique, White Rabbit Dream. Le premier volume, La Coupure, sort cet automne.

    Autant dire tout de suite que l’on aime ou que l’on déteste cet imaginaire fait de rêves, de cauchemars, d’illusions, de fantômes, de perversions et de personnages ambivalents. En tout cas, la patte de Nicolas Le Bault est reconnaissable entre toutes : dessins tout droit sortis de l’enfance, visages expressifs, couleurs vives. L’univers de l’enfance est récupéré, recyclé et dynamité à la TNT afin de mettre à nue toute la cruauté du monde et son absurdité. Hygiène Rose proposait, sous l’aspect d’un innocent conte pour enfant, un voyage sensuel et morbide dans lequel l’amour conduit à l’aveuglement, à la souffrance, au meurtre et au martyr. Nous nous trouvons ici dans un monde similaire mais créé en collaboration avec trois autres artistes.

    Dans le premier volume de White Rabbit Dream, présenté comme un "magazine d'art contemporain & de transgression", les quatre auteurs proposent un concept de série graphique compacte, dense et truffé d’inventions visuelles. Textes, BD, anagrammes, photographies ou dessins inspirés de l’œuvre d’Aurélie Dubois se répondent dans un récit truffé de symbolismes, de dessins faussement enfantins et d’admonestations : "Je me demande dans quel terrier tu as vécu jusque-là. On dirait que tu n’as rien vu."

    L’invitation à la coupure, qui se traduit ici par "vivre à la campagne", est le début d’un récit horrifique et "très dangereux", que Nicolas Le Bault représente sous forme d’une courte bande dessinée sanglante et sans paroles (The Bleeding Tree Horror). C’est par ellipse visuelle que les deux auteurs nous entraînent ensuite vers une histoire d’apocalypses, de meurtres et de rituels étranges "par notre Sainte-Mère-Furie… une entreprise de démolition contre l’esprit."

    C’est chez le Marquis de Sade qu’il faut chercher les influences de la seconde partie de ce volume : enfermements, univers carcéral dominé par une "caste d’Eunuques à l’envers", violence omniprésente et éducation à la perversité et au sadisme. Le premier volume de la série nous met en présence d’une narratrice, Amandine L., victime sur le chemin de la rédemption et de la fuite, alors que "le monde est en train de se restructurer". Pour en savoir plus, il faudra au lecteur patienter pour découvrir la suite de ce cycle où arts et transgressions font bon ménage. Bienvenue dans le monde enfantin, sensuel et terrifiant de Nicolas Le Bault.

    White Rabbit Dream, vol. 1, La Coupure, éd. White Rabbit Dream, 2017, 48 p. 5 €
    http://www.whiterabbitprod.com
    http://nicolaslebault.com
    https://nicolaslebault.tumblr.com
    "Au-delà du miroir"
    "La coupure de Nicolas Le Bault : cruel et enfantin !"

  • Le silence est un sport de combat

    Pin it!

    Une citation du poète belge Jacques Goorma ouvre la dernière partie du récit de Mélanie Hamm, Écoute : "Les mots s’échangent. Seul le silence se partage." Cette citation pourrait servir d’exergue à l’ensemble du récit de l’auteure qui nous délivre le récit d’une jeune femme atteinte d’un handicap très peu connu. Être malentendant c’est vivre, nous dit Mélanie Hamm, avec une particularité "insoupçonnée" et invisible. C’est être ni sourd ni vraiment entendant : "Parfois sourde, parfois entendante," c’est condamner "à rester entre les deux."

    La malentendance est ici racontée avec pudeur mais néanmoins précision dans les rapports de l’auteure avec les autres : ses proches, sa famille, ses amis, ses camarades d’écoles mais également ses professeurs. Spécialisée dans les sciences de l’éducation, Mélanie Hamm consacre de nombreuses pages à l’école, à l’apprentissage et à ses difficultés à se faire une place dans une société qui peine à s’adapter à son écoute mal aisée, ce que l’auteure formule ainsi : "Un goût de citron naquit dans ma bouche, celui de la gêne d’être différente face à autrui."

    Le silence est un sport de combat, et plus encore la lutte pour apprivoiser une conversation et naviguer "entre deux mondes, le silence et le bruit." Le mot handicap n’est pas tu par l’auteur et l’apitoiement convient bien mal à ce qui est aussi une histoire d’initiation. La construction de soi, la découverte du handicap, l’ouverture vers les autres, les incompréhensions réciproques, la découverte des mots, la littérature, le lycée, l’adolescence et l’amour font d’Écoute un récit sans pathos ni leçons moralisatrices. Le lecteur trouvera aussi quelques jolis passages consacrés à… la musique classique, l’une des passions de l'auteure.

    Mélanie Hamm écrit sans doute le passage le plus poignant dans l’histoire d’une idylle marquante mais inaboutie avec un professeur brillant. Celui-ci se révèle comme englué dans un échec personnel, offrant à la lycéenne malentendante le visage d’un homme "handicapé" par ses faiblesses, ses doutes et ses lassitudes. Où la personne handicapée n’est pas là où on le pense.

    Vivant au milieu des "entendants", c’est aussi parmi les sourds que la jeune femme découvre une forme de sérénité : "J’aimais de plus en plus leur compagnie. Leur silence m’apaisait, leurs signes me ravissaient. Avec eux, je me sentais instantanément protégée du bruit et de la trépidation de la vie."

    Plus qu’un simple témoignage, Mélanie Hamm livre une analyse rare, sensible et percutante sur l’ouïe et sur l’écoute, que, paradoxalement, la malentendante a réussi à "surdévelopper" et, à force de combat, à utiliser telle une arme pour vivre et survivre : "Qu’est-ce qu’entendre ? C’est entendre avec le corps. l’oreille entend le rythme oral, le corps comprend l’expression verbale… Ma force intrigue. Faut-il que je l’écrive autrement : le silence est ma force ? Il fend les monts et les océans."

    Mélanie Hamm, Écoute, éd. Calleva, 2012, 166 p.

  • Exclusivité Bla Bla Blog | Leonard Adreon : "Je suis préoccupé par la situation en Corée"

    Pin it!

    Les récits de guerres sont nombreux, beaucoup moins ceux concernant la Guerre de Corée (1950-1953), un conflit oublié et pourtant fondamental dans l’histoire de la Guerre froide. La Guerre de Corée prend une résonance particulière aujourd’hui avec la crise nord-coréenne et les tensions entre le Président américain Donald Trump et le dictateur nord-coréen Kim Jong-un.

    Leonard Adreon, ancien lobbyiste puis conseiller auprès de Ronald Reagan, est l’auteur d’un récit sur son passé de soldat pendant la guerre de Corée : Hilltop Doc (éd. BookBaby, non-traduit en français).

    leonard adreon,guerre de corée,corée du nord,corée du sud,emmanuel macron,donald trumpLeonard Adreon a vécu certains des pires carnages de la guerre de Corée mais aussi des moments plein d'humanité. Sa description saisissante donne vie à la guerre entre l'armée chinoise et les Marines américains, au cours de batailles faisant rage pour la conquête de collines en Corée. Aide-soignant dans les Marines, Leonard Adreon raconte son histoire, celle d'un jeune homme de Saint-Louis sans expérience médicale mais chargé de sauver des vies au milieu du chaos sanglant de la guerre. Il décrit des scènes sinistres, bouleversantes et parfois comiques des champs de bataille, avec sa propre histoire en arrière-fond – qui est aussi celle de ses erreurs et des vicissitudes de l'armée qui l'ont fait atterrir sur le 38e parallèle.

    Leonard Adreon a accepté de répondre à nos questions. Il nous parle de son expérience de vétéran, nous livre sa vision de la crise nord-coréenne et propose des leçons à tirer de la guerre à laquelle il a participé.

    Bla Bla Blog : Pensez-vous que la Guerre de Corée soit une "guerre oubliée" ?
    Leonard Adreon : Oui, la guerre de Corée est une guerre oubliée. Elle était coincée entre la monumentale seconde guerre mondiale et la tragique guerre controversée du Vietnam. Elle a commencé sur le 38e parallèle et s'est terminée sur le 38e parallèle. La perception en Amérique est qu’elle avait lieu au milieu de nulle part et qu’elle n’a rien changé. Les 50 millions de personnes qui ont été sauvées en Corée du Sud seraient en désaccord avec cette perception.
    BBB : Cette guerre est inconnue par une majorité de Français. Et les Américains ?
    LA : Ma précédente déclaration répond à cette question sur la méconnaissance de cette guerre par les Américains.
    BBB : Pourquoi êtes-vous allé à la guerre ? Quel âge aviez-vous ? Le regrettez-vous aujourd’hui ?
    LA : J'ai été enrôlé à l'âge de 17 ans en 1944. J’ai rejoint les réserves, avant d’être libéré de mes obligations. Puis, j’ai été remobilisé en 1950 lorsque la guerre de Corée a commencé.
    BBB : Vous parlez dans votre livre de la Dog Company (Compagnie des Chiens) Qu'est-ce que la Dog Company ?
    LA : Les compagnies marines étaient désignées par des lettres. Ma compagnie était la compagnie D. Elles étaient ensuite surnommées à partir de ces lettres : Able, Baker, Charlie, Dog, et Easy, etc.
    BBB : Sur quels champs de bataille avez-vous été ?
    LA : Les champs de bataille étaient les collines et les vallées autour du 38e parallèle.
    BBB : Pourquoi avoir attendu 60 ans pour raconter votre histoire, et pourquoi avez vous décider de parler maintenant ?
    LA : J'ai attendu plus de 60 ans parce que quand j'ai quitté la Corée, moi et les membres de mon peloton avons décidé que nous allions mettre l'expérience coréenne derrière nous et passer à autre chose dans nos vies quand nous retournerions à la maison et si nous y pouvions y retourner. J'ai décidé de parler maintenant parce que ma mémoire est claire et précise sur ce qui s'était passé. Par ailleurs, la faculté de l'Université Washington de Saint Louis, où j’exerce dans le cadre de cours d'écriture, a découvert que j'avais fait la guerre et m'a encouragé à écrire un livre.
    leonard adreon,guerre de corée,corée du nord,corée du sud,emmanuel macron,donald trumpBBB : Quels camarades et amis proches avez-vous perdu là-bas ? Qu'aimeriez-vous leur dire aujourd'hui ?
    LA : J'ai perdu un certain nombre de camarades de Marines très proches. Je parle d’eux dans Hilltop Doc. Je voudrais leur dire qu'après un long silence, j'ai écrit ce livre pour les honorer et que je penserai à eux jusqu'à ma mort.
    BBB : Pouvez-vous nous parler d'un événement en Corée qui vous a particulièrement touché ?
    LA : Dans le prologue du livre, je fais référence à Big Mike, un Marine de carrière qui avait survécu aux affreuses batailles d'Iwo Jima [février-mars 1945] pour finalement perdre la vie sur une colline en Corée. Il a succombé après que ses instincts affûtés m’aient sauvé de la mort moi et son équipe de pompiers à cause d’une grenade chinoise. Par la suite, je n'ai pas réussi à le sauver. Je l'ai porté en bas de la colline et j'ai aidé à charger son corps sur un camion, avant son long voyage de retour. Je lui devais ma vie. Cela m’a profondément affecté.
    BBB : Êtes-vous retourné en Corée après la fin de la guerre ?
    LA : Non, je ne suis pas retourné en Corée.
    BBB : Avez-vous parlé à vos enfants de votre expérience de soldat ?
    LA : Mes filles en ont entendu parler quand j'ai commencé à écrire ce livre.
    BBB : Qu'aimeriez-vous dire à vos petits-enfants au sujet de votre expérience militaire ?
    LA : Je veux dire à mes six petits-enfants que la guerre est le pire des règlements lorsqu’il y a un différend entre parties. S'ils lisent Hilltop Doc, ils devraient comprendre le message.
    BBB : Est-ce que la situation en Corée vous inquiète ? Pourquoi ?
    LA : Je suis préoccupé par la situation aujourd'hui. À moins que la Chine n'intervienne et que Kim Jon-un abandonne son programme nucléaire en échange d'une garantie de survie de la Corée du Nord, la menace d'une conflagration majeure risque de tuer beaucoup de personnes en Corée du Nord, en Corée du Sud et dans de nombreux endroits d’Asie du Sud-Est, sans compter aux États-Unis.
    BBB : Pensez-vous que nous pouvons revivre aujourd'hui ce qui s'est passé il y a 60 ans ?
    LA : Nous ne pouvons pas revivre ce qui s'est passé il y a 60 ans, mais nous pouvons comprendre cet événement. En tout cas, c’est ce que mon livre tente de faire.
    BBB : Si vous pouviez conseiller le président Trump, que lui diriez-vous ?
    LA : J'espère que le président Trump épuisera toutes les possibilités de faire pression sur Kim Jong-un, probablement via la Chine, pour mettre un terme à ses programmes nucléaires potentiellement désastreux. Si la Chine ne peut ou ne veut pas le faire, le président devrait chercher un changement de régime. Attaquer la Corée du Nord est un dernier recours désespéré.
    BBB : Si vous pouviez dire quelque chose au président français Emmanuel Macron au sujet de la guerre de Corée et de la Corée de Kim Jong, qu'est-ce que ce serait ?
    LA : J'espère que le président français se joindra à d'autres pays du monde pour forcer la Corée du Nord à cesser ses programmes nucléaires intercontinentaux.
    BBB : Comment pouvons-nous mieux aider les anciens combattants de la guerre de Corée et et des autres guerres ?
    LA : Les vétérans de la guerre de Corée diminuent en nombre. Je pense que la meilleure chose que nous pouvons faire est de les honorer pour leur service en se souvenant de cette guerre oubliée. Les vétérans, vivants et morts, comme les victimes de la guerre, méritent de ne pas être oubliés et d’être respectés.
    BBB : Merci pour vos réponses, Leonard Adreon.

    leonard adreon,guerre de corée,corée du nord,corée du sud,emmanuel macron,donald trumpThe books about wars are numerous, much less those concerning the Korean War (1950-1953), a conflict that is fundamental in the history of the Cold War. We are talking today about this war forgotten because of the North Korean crisis and the tensions between US President Donald Trump and North Korean dictator Kim Jong-un.

    Leonard Adreon, a former lobbyist and Ronald Reagan advisor, is the author of a story about his past as a soldier during the Korean War: Hilltop Doc (BookBaby).

    As a Marine corpsman, Leonard Adreon saw some of the worst of the Korean War’s carnage and the best of its humanity. His gripping description brings to life the war between the Chinese army and the U.S. Marines as they battled to take the high ground. As a corpsman, Adreon tells the story from the unique perspective of a young man from St. Louis, with no medical background, thrown into the role of saving lives amid the war’s violence. He leavens the grim, emotional, and sometimes ironic battlefield scenes with his background story – of how his own mistakes and the military’s bumbling landed him at Korea’s 38th Parallel.

    Leonard Adreon accepted to answer our questions. He talks about his experience as a veteran, tells us his vision of the North Korean crisis and gives some lessons after his military past in Korea.

    Bla Bla Blog: Do you think that the Korean War is a “Forgotten War” ?
    Leonard Adreon: The Korean War is a forgotten war. It was squeezed in between the monumental WW 2 and the tragic, controversial Viet Nam War. It started at the 38th Parallel and ended at the 38th Parallel. The perception in America was that it went nowhere and accomplished nothing. The 50 million people of South Korea who were saved would disagree with that perception.
    BBB: This war is unknown by a majority of French. What about the Americans?
    LA: My statement above answers the question about American’s knowledge of the war.
    BBB: Why did you go to war?" How old were you ? Do you regret it?
    LA: I was drafted at age 17 in 1944. Joined the reserves when released from service and called back in 1950 when the Korean War began.
    BBB: You're talking about the Dog Company (Chapter 15) What is the Dog Company?
    LA: Marine companies were designated by letters. My company was D Company. Companies were called Able, Baker, Charlie, Dog, and Easy etc.
    BBB: On what battlefield have you been?
    LA: The battlefields were the hills and valleys in the area of the 38th Parallel.
    BBB : Why do you waited 60 years to tell tour story, and why do you decide to speak now?
    LA : I waited more than 60 years because when I left Korea the members of my platoon decided that we were going to put the Korean experience behind us and move on with our lives when and if we made it home. I decided to speak now because my memory was vivid and clear about what happened and the faculty of Washington University of St. Louis, where I facilitate writing classes, discovered that I was in the war and urged me to write a book.
    leonard adreon,guerre de corée,corée du nord,corée du sud,emmanuel macron,donald trumpBBB : What companions and close friends have you lost there? What would you like to tell them today?
    LA : I lost a number of close Marine buddies and I have written about them in Hilltop Doc. I would like to tell them that, after a long delay, I wrote a book to honor them and that I will think of them until I die.
    BBB : Can you tell us about an event in Korea that particularly affected you?
    LA : In the prologue of the book I make reference to Big Mike, a career Marine who had survived the horrible battles of Iwo Jima [february-march 1945] only to loose his life on a hillside in Korea. He lost his life after his quick instincts saved me and his fire team from death by a Chinese grenade. After I was unsuccessful in saving him, I carried him down the hill and helped load his body on a truck to start his long journey home. I owed him my life. It had a profound effect on me.
    BBB : Did you return to Korea after the end of the war?
    LA : I did not return to Korea.
    BBB: Have you talked to your children about your experience as a soldier?
    LA: My daughters heard from me about it when I proceeded to write the book.
    BBB: What would you like to tell your grandchildren about your military experience?
    LA : I tell my 6 grandchildren that war is worse alternative to settling disputes between people. If they read Hilltop Doc they will get the message.
    BBB : Does the situation in Korea worry you? Why ?
    LA : I am concerned about the situation today. Unless China steps in and causes Kim Jon-Un to give up its nuclear program in exchange for a guarantee by China of North Korea’s survival, there is a serious danger of a major conflagration that will kill many in North Korea, South Korea and, possibly, in many places in Southeast Asia and the United States.
    BBB : Do you think that we can relive today what happened 60 years ago?
    LA : We can’t relive what happened 60 years ago, but we can understand it which is what my book attempts to do.
    BBB : If you could advise President Trump, what would you tell him?
    LA : I hope President Trump will exhaust all possibilities of pressuring Kim Jong-Un, probably via China, to discontinue his potentially disastrous nuclear programs. If China can’t or won’t do it, the President should seek regime change. Attacking North Korea is a desperate last resort.
    BBB : If you could say something to french President Emmanuel Macron about the Korean War and the Korea of Kim Jong un, what would that be?
    LA : I hope the French President will join with other world nations to force North Korea to cease its intercontinental nuclear programs.
    BBB : How we can better serve veterans of the Korean War and beyond?
    LA : The veterans of the Korean War are diminishing in numbers. I think the best thing we can do is to honor them for their service by remembering the forgotten war. The veterans, living and dead, and the casualties of the war deserve to be remembered and appreciated.
    BBB : Thank you for your answers, Leonard Adreon.

    Leonard Adreon, Hilltop Doc:
    A Marine Corpsman Fighting Through the Mud and Blood
    of the Korean War
    , BookBaby, 244p. 2017

    http://www.hilltopdoc.com

  • Guillaume de Baskerville en chair et en os

    Pin it!

    C’ est le site InfoGenova qui nous informe de cette séduisante adaptation italienne : Le Nom de la Rose d’Umberto Eco se retrouve sur scène au Teatro della Corte à Gênes. Le dramaturge Stefano Massini a réussi le pari presque impossible de transposer en chair et en os l’enquête policière, philosophique et religieuse de Guillaume de Baskerville et de son assistant Adso. Dans ce qui est devenu un classique de la littérature, l’ex-inquisiteur et son novice sont chargés de faire la lumière sur une série de crimes commis dans un monastère bénédictin du XIVe siècle. Rapidement, il s’avère que le mystère de ces meurtres est à chercher du côté de la bibliothèque et d’un mystérieux manuscrit.

    En 1986, Sean Connery incarnait le Sherlock Holmes franciscain dans une adaptation de Jean-Jacques Annaud qui fit date. Dans la mise en scène de Leo Muscato, c’est Luca Lazzareschi qui prête ses traits à Guillaume de Baskerville. Les créateurs présentent cette adaptation comme une fresque ambitieuse et engagée, ponctuée de "tableaux brechtiens." Leo Muscato décrit ainsi l’intention de ce projet artistique : " S'il est vrai que le cœur de cette œuvre d’Eco est la lutte acharnée entre, d’une part, ceux qui croient posséder la vérité et agissent par tous les moyens pour la défendre, et, d’autre part, ceux qui conçoivent la vérité comme la libre conquête de l'intelligence humaine, il est tout aussi vrai que ce n'est pas la foi qui est à remettre en question mais deux façons différentes de la vivre. L'une est tournée vers l’extérieure, l'autre vers l'intérieur. L’une est sérieuse, l'autre très ironique."

    Cette histoire de crimes, de foi et de rire sera à découvrir, en italien, à Gênes, du 17 octobre au 29 octobre 2017. En espérant qu’une adaptation française pourra être proposée elle aussi dans le futur.

    Il nome della rosa, adaptation du roman d’Umberto Eco par Stefano Massini
    Avec Luca Lazzareschi, Luigi Diberti, Eugenio Allegri, Bob Marchese et Giovanni Anzaldo
    Teatro della Corte - Teatro Stabile di Genova, Gênes, du 17 octobre au 29 octobre 2017

    https://www.teatrostabilegenova.it
    "Umberto Eco, un mélange"

    Photo © Alfredo Tabocchini

  • Ivre de vers et d’alcool

    Pin it!

    Le lecteur français trouvera dans Sur l’Écriture (éd. Au Diable Vauvert), passionnant recueil de lettres de Charles Bukowski, l’un des meilleurs moyens de découvrir l’un des plus grands poètes américains des cinquante dernières années. Dans sa postface, Abel Debritto parle de cette anthologie comme d’une "photographie très nette de l’humeur de Bukowski à cet instant précis."

    La correspondance de l’auteur de Women ou des Contes de la Folie ordinaire commence en 1945. Le jeune Henry Charles Bukowski, tout juste 25 ans, s’adresse avec un certain culot à la revue Story qui vient de lui refuser un de ses textes : "Si jamais vous aviez besoin d’un lecteur de manuscrit en plus, n’hésitez pas à me faire signe. Je ne trouve aucun boulot nulle part, donc autant m’adresser directement à vous."

    Cette première lettre donne le ton d’un recueil nous faisant pénétrer dans le quotidien autant que dans l’esprit d’un homme à la dérive qui sera toute sa vie obsédé par l'alcool, les femmes ("Les femmes sont meilleures que nous. Tout autant qu'elles sont... Les femmes ne sont pas conçues pour le mal. Les hommes le sont"), les courses de chevaux, mais surtout l’écriture. Artiste maudit, écrivain dans la dèche et peinant à vendre ses textes, Charles Bukowski s’accroche désespéramment à un idéal littéraire : "L’écriture est juste le résultat de ce qu’on est devenu jour après jour au fil des ans… C’est une vie qui se passe de toute considérations morales et mortelles" écrit-il le 27 mars 1986.

    Le lecteur suit le long chemin qui le mène du statut d’écrivain pauvre, maudit et ignoré, "avec ses bouffées de spleen, des envies de suicide, des rêves avinés" à celui d’idole de la contre-culture américaine. Dans sa correspondance, Bukowski parle de son admiration pour Céline, Kafka, Dostoïevski ou John Fante (lettres du 31 janvier 1979 et du 2 décembre 1979). Par contre, il ne se prive pas de se montrer critique et féroce contre quelques-uns de ses contemporains, dont Ernest Hemingway, Karl Shapiro ou Allen Ginsberg. La route est longue vers le succès. Elle est ponctuée par les excès de toute sorte, et en premier lieu l’alcool. On est également frappé par la légèreté avec laquelle il arrose les éditeurs de textes perdus dans la nature ("Je suis bordélique", avoue l’écrivain américain en août 1961, qui regrette de ne pas avoir le même sens de la méthode que son ex femme Barbara Fry) ou de dessins formidables récupérés par des graphistes sans scrupule (l’histoire de l’enseigne de Texaco dans la lettre d’avril 1962).

    La reconnaissance vient avec la parution plus ou moins régulière de poèmes :"Un peu vieux pour débuter en poésie : j’ai eu 38 ans", avoue-t-il non sans morgue. Nous sommes en 1958 et Bukowski parvient à placer des histoires et à réveiller les critiques, souvent peu élogieuses pour ses textes underground. Bukowski défend en 1960, avec sa langue verte, sa conception d’une littérature âpre, indépendante et rigoureuse : "La plupart des merdes ‘modernes’ sont des coquilles vides… Il y a des faux-poètes dans toutes les écoles." Bukowski se voit en écrivain rigoureux, en marge et autant critique envers ses contemporains de la beat generation que pourfendeur de l’american way of life, lui qui a multiplié des dizaines de métiers avant de se consacrer corps et âmes à l’écriture. Une écriture souvent noyée, du reste, dans l’alcool : "La bouteille et les poèmes sont parfois les seuls alliés pour surmonter une mauvaise passe" (6 juillet 1988).

    Car l’écriture est bien ce qui motive l’homme. Une écriture sincère, spontanée, ancrée dans la vérité ("Je ne retravaille pas mes poèmes") et qui n’est pas sans virulence lorsqu’il est question des éditeurs frileux, des directeurs de magazine hautains, des fans, des critiques ou des confrères écrivains. À ce sujet, le lecteur s’arrêtera sans doute plus longuement sur deux lettres d’août 1965 adressées à Henry Miller. L’écrivain, écorché vif, suicidaire et parfois insupportable (les Français se souviendront à ce sujet de ce personnage scandaleux véhiculée par la séquence culte de l’émission Apostrophe en 1978), se transforme en admirateur autant qu’en confrère devenu une référence contemporaine. Une étude critique de l’œuvre de Charles Bukowski paraît d’ailleurs peu de temps plus tard, en 1969.

    Avec la reconnaissance nationale et internationale, vient la période des scandales qui vont coller à la peau de Bukowski jusqu’à la fin de sa vie. Le 30 octobre 1970, il parle ainsi de la nouvelle Christ with Barbecue Sauce qui vient d’être publiée et qui traite de cannibalisme. Sa publication fait du bruit : "C’est une histoire drôle car elle peut s’appliquer à toutes les variables humaines dépourvues de culpabilité." Le 13 août 1972, il défend avec véhémence son œuvre face aux critiques d’Alta, poète et éditrice féminine : "Je me réserve le droit de créer librement selon ce que me dicte la réalité, l’humour ou même une lubie." Le 8 novembre 1973, face à une levée de boucliers de lecteurs réclamant la fin de publications de nouvelles de Bukowski, celui-ci réagit avec un mélange de dédain et de fierté. Il y parle de "révolution… dans les Arts" et se décrit comme "un récepteur, pas un penseur." Il ajoute ce commentaire : "La nature de mon travail dans l’ensemble n’est qu’une spéculation." Le 22 janvier 1985, c’est cette fois contre l’interdiction dans les librairies néerlandaises de son livre sulfureux  Contes de la Folie ordinaire que se dresse Charles Bukowski : "La censure est l’outil de ceux qui éprouvent le besoin de passer certaines réalités sous silence."

    Alors qu’il est dans la cinquantaine, Bukowski n’est plus cet écrivain maudit et fauché mais un auteur pouvant se permettre de négocier ses émoluments ("J’aime bien voir des $$$$ débouler dans ma vie"), sans pourtant perdre de vue ce qui est au cœur de sa vie : l’écriture : "C’est le miracle des miracles de gagner sa vie parle biais de la machine à écrire" (novembre 1970). Il écrit également ceci le 27 mars 1986 : "Et quand mon squelette reposera au fond du cercueil, si je dois y passer, rien ne pourra m’enlever le souvenir de ces nuis splendides, assis là devant cette machine."

    La lettre brève et touchante qui clôt le recueil est celui d’un auteur approchant de ses derniers jours. Presque cinquante ans plus tôt, Charles Bukowski tentait sans succès de publier des textes dans la revue Story. En février 1993, il voit trois de ses poèmes sélectionnés dans le magazine Poetry qui l'avait toujours snobé. L’écrivain, devenu célèbre et reconnu, ne cache pas sa joie : "Maintenant, voilà, je suis des vôtres… Merci, on peut dire que cette nouvelle année me gâte… Plus je vieillis, plus cette folie magique semble s’emparer de moi. Très étrange, mais je l’accepte."

    Charles Bukowski, Sur l’Écriture, éd. Au Diable Vauvert, 2017, 322 p.
    http://charlesbukowski.free.fr
    https://bukowski.net

  • La vie (sexuelle) des jeunes

    Pin it!

    Toi l’étudiant mal dégrossi, toi la première année de lettres qui ne sait pas par quel bout prendre ce qui nous tient chaud, toi l’ancien lycéen qui pensait avoir tout exploré du clitoris, ou encore toi, la future doctorante en histoire, bien décidée à faire de ta chambre étudiante autre chose qu’une cellule de nonne, vous avez deux interlocutrices au poil pour faire le point sur notre sujet favori : le sexe.

    Flore Cherry est l’auteure, avec Guenièvre Suryous pour les illustrations, du Guide de Survie sexuelle de l'étudiant/e (éd. Tabou).

    Ce vade-mecum est destiné à une population étudiante découvrant subitement le rythme universitaire, la vie hors du foyer familial, la liberté presque sans limite et les tentations de toute sorte. Lorène Lavocat et Dania Kaddur, créatrices de l’émission “Les Fesses à l’Air” sur Radio Campus Paris, défendent la nécessité d’un tel guide dans sa préface : "Dans cette jungle encore très vierge, nous, étudiants-pionniers, nous trouvons bien démunis, avec le porno comme seule boussole et les cours de prévention contre les infections sexuellement transmissibles comme unique guide."

    Pas de blablas ni de discours lénifiants dans ce Guide de Survie sexuelle. Flore Cherry prend à bras le corps leur sujet avec concision, méthode et pas mal d’humour à revendre. Conçu comme un manuel à glisser dans un sac à main ou une besace, le guide décrit ce qu’il faut savoir sur cette "période de la vie (sexuelle) pleine de rebondissements, d’intrigues et de découvertes."

    Les auteures proposent ainsi un ensemble de kits de survie, "pour le lol", destinés à se mouvoir dans un univers à géométrie variable. Flore Cherry et Guenièvre Suryous proposent ainsi une cartographie sexuelle qui "ne se limite pas évidemment au territoire de son campus universitaire mais s’étend bien souvent sur internet, dans sa famille, dans ses premières histoires sexuelles ou encore chez son médecin."

    Plus pratique, mais avec toujours cet humour déculpabilisant, Flore Cherry distille conseils et avertissements valables aussi bien pour les étudiants et étudiantes que les autres : comment enfiler un préservatif, comment gérer un sex-friend, comment improviser quand on n’a ni tampon ni serviette, comment survivre à une gueule de bois, comment jouer au BDSM avec les moyens du bord – et, justement, qu’est-ce que le BDSM...

    Fellation, sodomie ou masturbation sont traités sans tabous, dans un ouvrage drôle et pédagogique, aux couleurs girly et aux dessins bien léchés, délaissant toute vulgarité au profit du clin d’œil appuyé ou de l’illustration explicite.

    En bonne copine, Flore Cherry propose de faire le point sur les alliés des étudiants dans la "quête du bien-être et de l’épanouissement sexuel" : le corps médical, le ou la colocataire, le copain ou la copine, sans oublier les parents. Les auteures ont eu la bonne idée d’inclure une liste – non-exhaustive – de "questions relous", avec les suggestions de réponses : "Vous vous protégez au moins ?", "Hey mademoiselle, t’es charmante ! Bah alors ? T’as pas appris à dire merci ?", "Quoi ? T’as jamais vu de porno ?", "Tu vas quand même pas coucher avec lui dès le premier soir ?" Pour compléter ces choses dites et vécues, des témoignages de jeunes "survivants" apportent un supplément d’âme à ce guide pas tout à fait comme les autres.

    L’étudiant/e en mal d’amour et/ou de récréations physiques trouvera dans ce Guide de Survie sexuelle mieux qu’une mine d’informations : un livre drôle, rassurant et déculpabilisant qui, après la théorie, a de quoi inviter aux travaux pratiques.

    Flore Cherry et Guenièvre Suryous, Guide de Survie sexuelle de l’étudiant/e, éd. Tabou, 2017, 113 p.
    Radio Campus Paris

  • C’est pas de la télé, c’est HBO

    Pin it!

    Oz, Les Soprano, Sex and the City, The Wire, True Blood, True Detective, Game of Thrones : le point commun de ces séries, outre leur succès et leurs qualités plébiscitées, est d’avoir été créées par HBO, une chaîne du câble américain, devenue une référence télévisuelle.

    Pourtant, que de chemins parcourus depuis la naissance, en novembre 1972, de Home Box Office, modeste canal de télé payante dont la programmation se limitait à des petits films indépendants, des matchs de boxe et des documentaires…

    Un livre d'Axel Cadieux, Jean-Vic Chapus et Mathieu Rostac, La Saga HBO (éd. Capricci) retrace l’itinéraire exceptionnel d’une chaîne pas comme les autres qui a lancé une véritable révolution culturelle et artistique : celle des séries, après les premières expérimentations télévisuelles que furent Twin Peaks, X-Files, Buffy contre les Vampires ou Ally McBeal.

    Les auteurs s’omettent pas de mettre un coup de projecteur sur quelques-uns des responsables de HBO : son créateur d’abord, Charles Dolan, mais aussi ces autres responsables que sont Chris Albrecht, Michael Fuchs, Jeff Bewkes, Carolyn Strauss, sans oublier quelques-uns des showrunners qui ont fait le succès de la chaîne.

    La Saga HBO ouvre d’ailleurs largement ses pages à ces scénaristes-producteurs hors du commun que sont David Chase (Les Soprano), David Milch (Deadwood), David Simon (The Wire) ou Tom Fontana (Oz). Certains sont d’ailleurs interviewés pour les besoins du livre.

    Rétrospectivement, la réussite de HBO tient dans une alchimie impeccable mêlant liberté de création, confiance réciproque entre showrunners et responsables de HBO, mais aussi efficacité commerciale acceptée et assumée par tous les maillons de la chaîne.

    Les auteurs de ce passionnant essai retrouveront exposés la genèse et les secrets de fabrication de quelques-unes des plus emblématiques séries estampillées HBO : les chefs-d’œuvres The Wire, Les Soprano ou Six Feet Under, le western métaphysique Deadwood, la série de fantasy True Blood, devenue phénomène de la pop culture et, bien entendu, le raz-de-marée Game of Thrones.

    Axel Cadieux, Jean-Vic Chapus et Mathieu Rostac ne cachent pas les échecs qui ont jalonné l’histoire de la chaîne du câble, souvent en pointe, du reste, pour sentir, voire devancer, les goûts du public. Il y a eu l’arrêt du péplum Rome après deux saisons et 100 millions de dollars engloutis dans une fresque impressionnante, ou encore la déception de Carnivàle (La caravane de l’Étrange). Mais HBO a aussi dû subir la concurrence d’autres chaînes, bien décidées à ne pas lui laisser le monopole de séries ambitieuses, engagées, voire décalées : AMC (Mad Men, The Walking Dead ou Breaking Bad), Showtime (Dexter, Weeds ou The L World) et Fx (Californication, The Shield ou Damages).

    Pour autant, HBO parvient à se redynamiser après 2008, grâce à quelques-uns de ses succès les plus marquants : True Blood, True Detective, Girls, Game of Thrones ou Wesworld pour ne citer qu'eux. Une santé insolente qui lui permet de voir l’avenir en rose : une deuxième saison de Westworld pour 2018, une troisième de True Detective et même une adaptation possible de Fondation d’Isaac Asimov, avec, aux manettes, le showrunner Nic Pizzolatto, le comédien Robert Downy Jr et le réalisateur Roland Emmerich.

    Le terme de chefs-d’œuvres n’est pas galvaudé pour plusieurs séries, pourtant fortement dépendantes des contraintes commerciales de HBO et du couperet de l’arrêt de la saison. Les auteurs, mais aussi journalistes de la revue spécialisée SoFilm, citent des épisodes considérés comme des musts artistiques : l’épisode 11 de la saison 3 des Soprano (Pine Barrens), l’épisode 9 de la deuxième saison de Deadwood (Amalgamation and Capital) ou l’épisode 13 de la saison 4 de The Wire (Final Grades).

    Contre toute attente, HBO a su faire de la série télé une authentique matière artistique. Richard Ellenson, le publicitaire qui a proposé, en 1995, à la petite chaîne du câble son slogan qui lui colle à la peau, "It’s not TV, it’s HBO", a dit ceci : "Surtout ne culpabilisez pas, cher(e)s abonné(e)s. Quand vous passez sur notre canal, vous ne regardez pas la télé. Trop vulgaire. En fait, vous ne le savez pas encore, mais vous regardez des programmes qui pourraient tout à faire faire de l’ombre au cinéma."

    Axel Cadieux, Jean-Vic Chapus et Mathieu Rostac, La Saga HBO, éd. Capricci, 2017, 207 p.
    Myriam Perfetti, "Le double looping des séries", in Marianne, 25-31 août 2017, pp. 62-65
    http://www.hbo.com

  • On achève bien les romans

    Pin it!

    Terry Pratchett, l’auteur mythique de la saga de fantasy Les Annales du Disque-monde refait parler de lui, deux ans après son décès le 12 mars 2015.

    Le 31 août dernier, c’est pour respecter ses dernières volontés que son ami Rob Wilkins s’est chargé de détruire les derniers travaux sur lesquels travaillait Terry Pratchett au moment de sa mort. Un disque dur de l’auteur britannique, comprenant notamment 10 romans inachevés et des notes inédites, ont été détruites en public… au rouleau compresseur.

    Avec un sens de la provocation peu commune pour ce genre d’événement, Rob Wilkins a choisi d’utiliser un engin de chantier du XIXe siècle. Le disque dur sacrifié devrait être exposé au musée de Salisbury à partir de septembre prochain.

    Et voilà comment s’achève l’œuvre romanesque d’une œuvre monumentale vendue à plus de 80 millions d’exemplaires. Face aux réactions courroucés d’admirateurs de Terry Pratchett, Rob Wilkins a commenté ainsi les dernières volontés de l’auteur des Annales du Disque-monde : "Un dangereux rouleau compresseur, 10 romans non publiés, et regardez tous les problèmes dans lesquels je suis."

    http://www.terrypratchett.fr
    "Terry Pratchett, ou comment conquérir le Disque-Monde ?", Fantasy à la Carte

  • Victor, Victoria

    Pin it!

    Je ne sais pas pour vous, mais moi j’ai un faible pour les romans traitant du diable, de rites sataniques et autres objets démoniaques. Il se dégage de ces livres un je ne sais quoi de soufre, de provocation, voire même d’interdits. Bien sûr, cela fait des lustres que ce genre d’ouvrages ne risque plus l’index de l’Église, les foudres des autorités publiques ou de passer sous les fourches caudines de la censure. Code Victoria de Thomas Laurent (éd. Zinedi) aurait été, en un temps pas si lointain, pointé du doigt. Pour le lecteur de 2017, ce thriller mené tambour battant apportera une délectation certaine.

    La Victoria du titre est la narratrice et personnage principale du roman : une journaliste et bloggeuse, partie à la recherche de son compagnon et âme sœur, Victor. Il a passé ses dernières heures à Rochehauh, un village paumé au fin fond de l’Ariège et condamné à disparaître englouti par les eaux d’un barrage. Victor est déclaré mort et Victoria part à sa recherche, recherche qui la mène sur les traces d’un manuscrit mystérieux, dans un lieu aux lourds secrets et aux stupéfiantes croyances. 

    La journaliste, transformée en héroïne d’un autre genre, à mi-chemin entre Guillaume de Baskerville et Lara Croft, est lancée dans une investigation à haut risque autour d'un codex médiéval crypté et, à l’instar d’un épisode de Twilight Zone, du diable emprisonné au sein d’un monastère : "L’Ordo Oleam a choisi l’endroit, et c’est un bon lieu. Pour que les hommes n’aient plus à craindre la Bête, ils l’y ont enfermée. Le Diable sommeille, et les moines en sont les gardiens. Ne gravissez jamais ces monts, disaient-ils, ne cherchez pas du regard leurs cimes au milieu des nuages : car là est et sera pour l’éternité la prison du Diable."

    Thomas Laurent s’est inspiré de l’histoire troublante de Rennes-le-Château et de l’abbé Bérenger Saunière tout autant que d’exemples de manuscrits mystérieux (celui de Voynich notamment) pour bâtir une intrigue à la Dan Brown. Des documents anciens, une relique ardemment chassée par des individus prêts à tout, du surnaturel, des crimes impunis, des disparitions mystérieuses et un passé peu glorieux forment un parfait cocktail pour une chasse au démon… et aux nazis.

    Dans un village de tous les dangers, Victoria, notre Indiana Jones féminine, se débat comme une diablesse pour faire surgir la vérité et aller sur les traces de son petit ami Victor. L’auteur strasbourgeois fait se croiser monde contemporain, érudition et croyances millénaires pour écrire son deuxième thriller. Tout comme son premier roman, Le Signe du Diable (éd. Zinedi), Thomas Laurent nous parle de surnaturel et de superstitions, finalement pas si étrangers que cela à notre époque contemporaine  : "Les hommes et les femmes du Moyen Âge, ceux qui avaient cru aux sorcières, aux goules et aux vampires, n’étaient pas si différents. Ils n’étaient pas plus stupides : on aurait tort de se croire préservé des superstitions, des croyances irrationnelles, sous prétexte que le monde avait changé. Rochehauh en était la preuve."

    Thomas Laurent, Code Victoria, éd. Zinedi, 2017, 261 p.
    https://www.facebook.com/thomas.laurent.ecrivain

    http://www.zinedi.com/pages/auteurs/thomas-laurent.html

      

  • La bosse des maths

    Pin it!

    Nous sommes en 2017. Toute l’édition est menacée par Amazon et la concurrence de l’Internet. Toutes? Non ! Un petit secteur d'irréductibles éditeurs, soit une trentaine de maisons, résiste encore et toujours à l'envahisseur : celui du scolaire et du parascolaire. Il représentait en 2016 11,5 % du chiffre d’affaire de l’édition (chiffres du Syndical National de l’Édition), malgré une baisse sensible depuis 2000. Pas de quoi cependant désespérer les professionnels qui voient d’un très bon œil le changement de programmes scolaires en cours. Sur les prochaines années, il va permettre le renouvellement de millions de manuels. Hormis les cahiers de vacances indémodables, le parascolaire représente une autre manne non-négligeable.

    Bla Bla Blog a choisi de faire le focus sur un de ces ouvrages, paru aux éditions Ellipses : Méthodes pour progresser en Calcul algébrique et sur les Fonctions, avec ses 260 exemples et exercices corrigés. Les objectifs de cet ouvrage sont de combler les lacunes et ainsi pouvoir progresser, consolider les méthodes et les acquis en calcul algébrique, nous précise l'éditeur. 

    Le lecteur pourra trouver dans cet ouvrage spécialisé pour les classes de secondes des points de cours, de nombreux exemples, des exercices détaillés à la fin de chaque thème et des exercices de synthèse pour utiliser plusieurs notions à la fois. Il est notamment question dans ce manuel d’ensembles de nombres, d’expressions algébriques et de fonctions. Clair, net, précis et sans bavure, ce nouveau manuel parascolaire est idéal, sinon pour aider à devenir un fort en maths, du moins pour ne pas passer sa classe de seconde tourmenté par Pythagore et ses héritiers.

    L'auteure, Bernadette Chiron, elle-même professeure de mathématiques, insiste dans son avant-propos sur son constat en tant que professeure de mathématiques "de lacunes en calcul algébrique, lacunes qui nuisent incontestablement à l’assimilation de nouvelles notions abordées en classe de seconde, en particulier pour ce qui a un lien avec les fonctions. Ces lacunes, si elles ne sont pas comblées assez rapidement, sont un handicap majeur pour aborder les classes de première et terminale et ceci dans la quasi-totalité des séries."

    Ce livre parascolaire se veut un vade-mecum pour y voir plus clair dans la jungle des programmes scolaires. Plus d’excuse maintenant pour ne pas bosser ses maths.

    Bernadette Chiron, Méthodes pour progresser en Calcul algébrique et sur les Fonctions,
    éd. Ellipses, 224 p., sortie le 22 août 2017
    http://www.editions-ellipses.fr

  • Renversante philosophie

    Pin it!

    "Du grec anagramma,renversement de lettres’, l’anagramme est un mot formé à partir des lettres d’un autre mot, placées dans un sens différent." Voilà ce que rappellent les auteurs Raphaël Enthoven et Jacques Perry-Salkow dans l’étonnant et renversant ouvrage de philosophie Anagrammes pour lire dans les Pensées (éd. Actes Sud).

    L’art combinatoire est utilisé par le philosophe et le professeur pour cerner d’une autre manière concepts et auteurs philosophiques. Voilà un biais amusant, inventif et déculpabilisant pour entrer dans une matière parfois obscure. Jeux de mot, jeux de l’esprit : "L’anagramme, avec ses piquantes métamorphoses, se joue de nous, se joue d’un monde rempli d’apparences trompeuses et... prometteuses" dit Jacques Perry-Salkow en introduction – avec une première anagramme, par-dessus le marché.

    Quel autre domaine que la philosophie se prête le mieux aux anagrammes ? Comme le rappelle Raphaël Enthoven, "tout philosophe est un innocent de haute lutte, un résistant, un homme du soleil qui persiste à tenir pour énigmatique l’univers qui semble aller de soi." L’anagramme peut se voir comme une construction littéraire cryptée, où chaque mot peut être dévoilé par un autre qui lui donnerait une nouvelle clé de lecture.

    Concepts et auteurs philosophiques voient leurs mots anagrammés : "la matière" devient "ma réalité", "l’épreuve de philo du bac" peut se lire comme "l’approche bleue du vide", "le dépassement de soi" permet d’avoir "le monde à ses pieds", quant à ces comportements inconscients que sont "les actes manqués", ils "cassent le masque."

    Ouvrage d’éveil à la philosophie autant que recueil ludique, d’ouvrage de Raphaël Enthoven et Jacques Perry-Salkow ouvre des sas de réflexion : "Carpe diem" ? "Ça déprime" répond son anagramme. "Le baiser du soir" offrirait la "libido rassurée." "L’allégorie de la caverne de Platon" rend compte de ce qu’est "le réel vacant le long de la paroi."Quant à la sempiternelle question sur "l’avoir ou l’être", le renversement de lettres nous donne cette proposition lumineuse : "L’or ou la vérité."

    Les auteurs nous offrent aussi quelques anagrammes engagés. "Le sectarisme", "c’est la misère", "la solidarité" égale "droit d’asile", "le Front National" serait "l’entonnoir fatale", "le populisme" une "simple loupe", "le réchauffement climatique" "ce fuel qui tâche le firmament" et "Daesh" "Hadès."

    Les philosophes ont aussi droit à leur anagramme. "Monsieur Blaise Pascal" est "ce simple roseau si bancal", "Maître Lao-tseu" "l’âme artiste" et "Emil Cioran" est identifié à "l’acrimonie."

    Subtil, brillant, petit joyau philosophique et artistique, les auteurs osent des inventions audacieuses et miraculeuses. L’une des plus belles anagrammes de cet ouvrage s’empare d’une citation des Pensées de Blaise Pascal :"L’homme n’est qu’un roseau le plus faible de la nature mais un roseau pensant" devient "Où est l’homme traînant sa peur, auquel Pascal, frêle et usé, donna un sens sublime ?"

    Renversant.

    Raphaël Enthoven et Jacques Perry-Salkow, dessins de Chen Jiang-Hong,
    Anagrammes pour lire dans les Pensées, éd. Actes Sud, 2016, 155 p.

  • L'odyssée de Nicci, vers l'infini et au-delà

    Pin it!

    Je vous ai trouvé une lecture idéale pour cet été. Je ne vous parle pas de polars, de romans historiques ou d’une guimauve sentimentale. Non, l’un des musts pour cet été est de mettre dans votre valise un livre de fantasy, et de la bonne si possible.

    Terry Goodkind a signé L’Épée de vérité, un cycle de 15 volumes (sans les préquelles), bien connu des amateurs de fantasy. La Maîtresse de la Mort est le premier volume de son nouveau cycle, Les Chroniques de Nicci.

    Cette Nicci, aux lointains airs de Daenerys Targaryen et au doux surnom de "Maîtresse de la Mort", est une magicienne apparue avec L’Épée de vérité. Elle devient le personnage principal de cette nouvelle série de Terry Goodkind.

    Accompagnée du sorcier Nathan Rahl, un autre revenant du précédent cycle, la magicienne a été chargée par le seigneur Richard Rahl de visiter les limites de l’empire connu – et au-delà. C’est en diplomate vers des terres inconnues que Nicci entend aussi tourner une page de sa propre existence et retrouver "sa vie et sa liberté".

    Les voyageurs entament la mission par la visite de Rouge, une voyante réputée. Le sorcier se voit délivrer son Livre de Vie, sensé contenir le passé et le l’avenir de son possesseur. Or, le futur des deux envoyés pourrait bien se situer dans un étrange lieu, Kol Adair, dans une zone de l’Ancien Monde.

    Ainsi commence cette première Chronique de Nicci. La magicienne et Nathan sont bientôt rejoints par un troisième compagnon, Bannon. Le voyage de ces ambassadeurs d’un nouveau genre devient une odyssée épique et picaresque dans des régions inconnues et reculées. L’aventure, les dangers, les rencontres impromptues et les morts brutales jalonnent ce premier volume passionnant où l’imagination de Terry Goodkind fait merveille : attaque de selka et de morts-vivants, découvertes de villes surnaturelles, raid d’esclavagistes Norukai, affrontement avec l’impitoyable Juge Suprême et, the last but not the least, la guerre contre les éléments naturels de vie et de mort à partir du Surplomb du Monde.

    Nicci, dangereuse et mystérieuse magicienne guerrière, porte à elle seule cette odyssée aux rebondissements incessants. Les derniers chapitres ouvrent même la porte non seulement à une suite mais aussi à un futur cycle : gageons que nous pourrons trouver en librairie d’ici quelques années de nouvelles chroniques autour des érudits et mémorialistes du Surplomb du Monde, Oliver et Peretta, chargés de faire le voyage inverse de celui de Nicci.

    En attendant, cette dernière production de Terry Goodkind ne trahit pas l’essence de la fantasy, la littérature de l’imaginaire par excellence. Tout y est : quête pour sauver le monde, luttes entre le bien le mal, héros attachants, messages édifiants ("Mes vœux, je fais en sorte qu'ils se réalisent, et ma chance je la fabrique", dit par exemple la magicienne), voyages initiatiques ("L'avenir et le destin dépendant à la fois du voyage et de la destination"), créatures fantastiques et civilisations créées de toute pièce. Ajoutez à cela quelques dragons, des femmes fatales, de l’humour et des dialogues vivants : Terry Goodkind offre à ses millions d’admirateurs le parfait compagnon de lecture et de voyages.

    Terry Goodkind, La Maîtresse de la Mort,
    Les Chroniques de Nicci
    , tome 1, éd. Bragelonne, 2017, 478 p.

    http://www.terrygoodkind.fr

  • Courts mais bons

    Pin it!

    Et si la nouvelle était le genre littéraire de demain ? La France pinaille encore à donner la place qu’elle mérite aux histoires courtes, dans une époque pourtant où la rapidité, la concision et la brièveté sont élevés au rang de vertus. Et pourquoi pas en littérature ?

    Le Brésil est à suivre en modèle : depuis les années 60, la micro-nouvelle est en vogue. La maison d’édition parisienne Anacona, qui s’est donnée pour but d’ouvrir les Français aux auteurs brésiliens, vient de publier un de ces recueils : 100 Mensonges pour de vrai de Helena Parente Cunha, illustré par des dessins zen de Lucia Hiratsuka.

    Le lecteur français est invité à se plonger dans cet ensemble de 100 micro-nouvelles qui ont pour point commun la concision extrême, la précision et l’efficacité. De cinq lignes à une page et demi maximum, les histoires de Helena Parente Cunha racontent des tranches de vie (Un bon père), des destins esquissés en quelques mots (Rejetée) des descriptions de personnages extraordinaires (Rudesse), attachants (Remords), baroques (Les histoires du Coronel Titino Cravo) ou des saynètes frappantes (La jeune fille au tramway).

    Pas de blablas et aller à l’essentiel : voilà le leitmotiv de ces nouvelles très courtes. Là où un auteur développerait un sujet sur des centaines de pages (Fille unique), Helena Parente Cunha s’en tient à une concision d’une grande rigueur, jusqu’à faire de certains textes de petits contes (La vieille fille), des morceaux de proses poétiques (Oui, Non) ou de brillants exercices de style (Cycle). Certains de ces textes sont constituées de phrases nominales, voire d’une unique phrase : "Immobile, elle se tenait là, près de l’arrêt du bus, grise et flétrie, tenant la laisse du petit chien d’une main, de l’autre main portant à la bouche, avec ferveur, l’esquimau rose glacé, la langue gourmande" (Gourmandise).

    Les thèmes abordés dans ces nouvelles suivent au plus près des personnages ordinaires que l’auteure sait rendre magnifiques, terribles ou au contraire pitoyables. Dans Le Gros, le portrait caricatural d’un glouton bascule subitement dans un moment plein de grâce. À la Page décrit une dame élégante que les années ont délabrée. Orgueil blessé suit les pas d’une adolescente pauvre dans un internat prestigieux. Le bloggeur a une tendresse particulière pour Point noir, une micro-nouvelle géniale dans son propos comme dans son écriture : il s’agit d’une histoire à la fois banale et rarement traitée d’une jeune fille tentant de faire éclater un fichu point noir sur le menton de son petit ami. Sourire attendri garanti...

    Helena Parente Cunha parle dans ce recueil raffiné de solitude (L’Habitude), de cruautés (Les gamins de la rue de la Travessa), de la vie à deux (Fidélité), de pauvreté (Omission), de l’enfance (Quatre ans et demi), du temps qui passe (Féminité), de destins brisés (Timidement), de départs cruels (L’Adieu), de sexe (La Réponse) ou d’amour (Une vieille histoire de cœur).

    Courtes mais bonnes, ces micro-nouvelles à découvrir et à déguster. Une excellente manière d’entrer en douceur dans la littérature brésilienne contemporaine.

    Helena Parente Cunha, 100 Mensonges pour de vrai, ill. Lucia Hiratsuka, éd. Anacaona, coll. Epoca, 209 p., 2016

    http://www.anacaona.fr
    http://www.helenaparentecunha.com.br
    http://www.luciahiratsuka.com.br

  • 5.000 amies

    Pin it!

    En l'honneur de la Journée internationale de l'amitié, le 30 Juillet prochain, le recueil de nouvelles américaines Sisterhood Folios: Live Out Loud (pas encore traduit en français) s’est donné pour objectif d'avoir un impact positif sur 5.000 femmes grâce à ce livre. À partir du 31 Juillet, et pendant 24 heures, Sisterhood Folios: Live Out sera disponible pour seulement 99 cents. Les 50 premiers qui téléchargeront et publieront une critique sur Amazon seront remboursés de leur achat.
     
    Dans The Sisterhood Folios: Live Out Loud, 19 histoires nous parlent de ces femmes qui ont choisi de sortir de leur zone de confort et de se mettre à nu. Elles nous parlent de liens humains, d’attention, de bienveillance mais aussi d’amour.

    Le lecteur découvrira dans The Sisterhood Chronicles Folios: Live Out des récits de relations fortes et réconfortantes, de chagrins d'amour, de voyages initiatiques et de rencontres aussi fortuites que vitales, dans une approche qui est très similaire à la mission d’un militaire, dans ce champ de bataille qu’est notre existence.

    In honor of International Day Of Friendship on July 30 The Sisterhood folios: Live Out Loud is on a mission to positively impact 5,000 women with their book. For 24 hours starting on July 31 The Sisterhood folios: Live Out Loud will be made available to everyone for only 99 cents. The first 50 that download and post a review on Amazon will be refunded their $0.99

    In The Sisterhood folios: Live Out Loud you will find 19 stories from average women who have stepped out of their comfort zone to bare their own souls. These connections are supportive, caring and passionate, and filled with love.

    Skimming the pages of The Sisterhood Chronicles folios: Live Out Loud you will find narratives describing heartwarming relationships, heartache, and journeys of self-discovery created by interactions with people brought into our lives; something very similar to the Army’s mission. Living out loud can mean something to one person and create a completely different scenario to someone else. Yet, no matter what the circumstance, as long as we embrace true authenticity and the people that make our lives possible we will always succeed!

    "If you loved reading Chicken Soup for the Soul when you were younger, you will love this book. The Sisterhood Chronicles: Live Out Loud, contains narratives describing heartwarming relationships, heartache, and journeys of self-discovery created by interactions with people who show up in our lives. This book connects with the deepest part of you when you least expect it to give you the inspiration and awareness to create your life from the place of your deepest hearts' desire! A must read for the truth-seeking woman who knows that community and sisterhood truly is the key to fulfillment"  (Marni Battista, MAEd, CPC).

    "In The Sisterhood Chronicles, has woven the different stages of what it is to be a woman and takes us with her on an emotionally connected journey to inspire us, uplift us, and bring home to us the depths of being a woman." (Agapi Stassinopoulos, author of Wake Up to the Joy of You).

    Carol Starr Taylor, The Sisterhood Chronicles: Live out Loud,
    Creative Publishing Group, 2017
    "Lorsque ma vie recommencera"
    http://www.un.org/fr/events/friendshipday