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Livres et littérature

  • "Échange de patins" : Extrait 6

    Cette nuit du master d’Orléans avait marqué le changement radical de leur couple. Alors qu’ils dansaient sur la piste de la boîte de nuit – cette fois sans jury, ni notations, ni public attentif – Diane accueillit le baiser de Brian avec un mélange de surprise, d’excitation et de certitude : il ne pouvait pas en être autrement. Elle se remémora les semaines précédentes et trouva les signes précurseurs de ce rapprochement : les sourires chaleureux de Brian, les frissons lors des portés ou ses mains moites lorsqu’ils dansaient en couple pendant les entraînements.

    Arsène K., Échange de patins, éd. Jenn Ink, 2026
    https://www.facebook.com/ArsneK1

    Voir aussi : "'Échange de patins' : Extrait 5"

    Photo : Pexels -  Pavel Danilyuk

     

  • Comprendre les chefs d’oeuvre de la peinture

    Les ouvrages consacrés à l’art et à l’interprétation de chefs-d’œuvre sont légion. Bla Bla Blog en a d’ailleurs chroniqués plusieurs. Cette publication récente des éditions Larousse a deux particularités : son format de poche d’abord et son choix de peintures et d’artistes parfois peu connus ensuite. On oubliera donc La Joconde, La jeune fille à la perle, Guernica ou Le déjeuner sur l’herbe.

    Si l’on croise dans l’ouvrage de Liz Rideal les noms de Monet, Cézanne, Titien ou Ingres, ce sont souvent des tableaux peu connus qui intéressent l’autrice. D’ailleurs, elle ne s’appuie que sur 50 œuvres, ce qui est à la fois peu et suffisant.

    Alors, oui on trouvera dans ce petit livre Les Ménines de Vélasquez, le Portrait d’Adèle Bloch Bauzer de Klimt ou L’Atelier du peintre de Courbet. Cependant, ce qui intéresse Liz Rideal c’est moins d’offrir un manuel des plus grands chefs-d’œuvre de la peinture occidentale que de proposer des clés de lecture. On parlerait presque de vade-mecum qui allie l’efficacité à la pertinence.

    L’ouvrage est scindé en deux parties, en plus d’une courte introduction et d’annexes (glossaire, index, bibliographie). La première partie est consacrée aux "Fondamentaux du langage pictural". Des notions parfois oubliées et qui sont pourtant capitales : les formes et les supports, les matériaux, la composition, les styles, les techniques et les symboles. Bizarrement, une partie sur l’autoportrait est incluse dans cette section.

    On en regardera plus une motte de beurre de la même façon

    La deuxième partie, la plus longue, est consacrée à 50 œuvres, par ordre chronologique et par thème (portraits, paysages, œuvres narratives, natures mortes et abstraction). Chaque tableau est présenté puis détaillé visuellement en deux pages en faisant ressortir les détails les plus remarquables, et parfois les moins évidents. Le lecteur ou la lectrice découvrira par exemple les reflets discrets mais éloquents dans le Portrait Louis-François Bertin par Ingres. La Tempête de neige en haute mer de Turner permet de saisir le chaos et les formes presque abstraites d’un des plus grands paysagistes de l’histoire. On s’arrêtera aussi avec curiosité mais aussi malice sur la Vénus au miroir de Titien qui nous a réservé des surprises dans ce portrait de 1555.

    Le choix des artistes peut surprendre. Beaucoup sont anglais ou américains (George Bellows, Sir John Everett Millais, John Hogarth, Sargent ou Whistler), relativement peu de peintres français du XIXe siècle, et encore moins de tableaux médiévaux. Ce choix est paradoxalement une grande force du livre, en comparaison des autres ouvrages de cette nature, car le lecteur ou la lectrice pourra découvrir des artistes moins connus, des femmes aussi (Anne Vallayer-Coster, Helen Frankenthaler, Pat Steir ou la formidable Zinaïda Serebriakova, trop brièvement évoquée). Voilà l’autre qualité de ce livre : nous ouvrir à des artistes dont on parle moins.

    Bref, voilà une ouverture inédite vers les beaux-arts. Parions enfin qu’après la lecture de cet ouvrage et la découverte de l’art de la nature morte chez Antoine Vollon, on en regardera plus une motte de beurre de la même façon.

    Liz Rideal, Comprendre les chefs-d’œuvre de la peinture, éd. Larousse, 2026, 256 p.
    https://www.editions-larousse.fr
    https://lizrideal.com
    https://www.instagram.com/ideal_rideal

    Voir aussi : "Peintures à la loupe et au scalpel"
    "Le peintre qui aimait les femmes"

     
     
     
     
     
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  • Peintures à la loupe et au scalpel

    Gérard Julien-Dalvy, intellectuel et spécialiste de l’art est aux manœuvres de ces 100 énigmes de la peinture (éd. Hazan), un épais livre de beaux-arts sorti en 2018. Au menu de son ouvrage ? Près de mille ans de peinture, à travers des œuvres connues pour beaucoup (La Joconde, Les Ménines, Guernica ou Le déjeuner sur l’herbe) et pour beaucoup méconnues. Ainsi, on connaît Bosch pour Le jardin des délices mais moins pour l’Escamoteur. Les non-spécialistes découvriront tout autant La Sainte-Famille de Bronzino, pas forcément l’artiste le plus connu, à l'instar du Parmesan (l'artiste, pas le fromage !) ou de Pontormo.

    Une première observation : les œuvres de La Renaissance ou de la période classique – beaucoup de peintures italiennes, d’ailleurs – constituent le gros du corpus de Gérard Julien-Dalvy. L’art moderne et contemporain a droit à une portion congrue – voilà pour la faiblesse (la seule, sans doute) de cet ouvrage.

    Ce sont les énigmes qui intéressent l’auteur, et quand on parle d’énigmes disons qu’il s’agit souvent de lectures pointues et passionnantes sur des tableaux, bien plus complexes qu'on ne le pense.

    Choix mystérieux de tel ou tel sujet, détails cachés, influences

    Choix mystérieux de tel ou tel sujet (Le portrait du bouffon de Fouquet), détails cachés (Le Triptyque du Jugement dernier d’Hans Memling), influences (Guernica) et origines (le Portrait d’un vieillard avec son petit-fils de Domenico Ghirlandaio), le lecteur ou la lectrice fera de bien belles découvertes – ou redécouvertes. On peut penser au rare autoportrait d’Albrecht Dürer ou à La Vierge au chardonneret de Vinci que le lecteur ou la lectrice va sans doute redécouvrir.

    La lecture de Gérard Julie-Dalvy passionne dans sa science de retrouver le sens profond d’un chef d’œuvre, à l’instar de L’Amour sacré et l’Amour profane du Titien. Impossible également de ne pas s’arrêter longuement sur le tableau de Pontormo, Joseph en Égypte. Les peintures choisies par ce spécialiste passionné  frappent par leur originalité : le Double portrait du même Pontormo, l’Autoportrait au miroir convexe du Parmesan. On sera tout autant frappé par ces peintures singulières comme le saisissant Portrait d’une vieille femme de Quentin Mazssys, la représentation du suaire de Turin par Francisco de Zurbaran (La Sainte Face) ou notre préféré : Le Tableau retourné d’un certain Cornelius Norbertus Gijsbrechts, un tableau de 1670 mais dont la modernité saute aux yeux.   

    Plein les yeux, quoi !

    Gérard Julien-Dalvy, 100 énigmes de la peinture, éd. Hazan, 2018, 360 p.
    https://www.editions-hazan.fr/livre/cent-enigmes-de-la-peinture-nouvelle-edition

    Voir aussi : "Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur l’art sans jamais oser le demander"

  • "Échange de patins" : Extrait 5

    Alors qu’il discutait avec Stephan, Diane remarqua que Brian était absorbé par son téléphone. Elle le rejoignit pour échanger avec lui sur son nouveau projet. Comment prenait-il la situation ? Elle mit en place ses protège-patins sous ses bottines, dépassa la balustrade et le rejoignit dans les gradins. Il remarqua sa présence et lui grimaça plus qu’il ne lui sourit.
    — Tu en penses quoi ? lui demanda-t-elle. Il la fixa, mal à l’aise.
    — Tu parles de reprendre la compétition sans moi, de me laisser ?

    Arsène K., Échange de patins, éd. Jenn Ink, 2026
    https://www.facebook.com/ArsneK1

    Voir aussi : ""Échange de patins" : Extrait 4"

    Photo : Pexels -  Erik Mclean

  • "Échange de patins" : Extrait 4"

    Diane et Rudy se lancèrent dans quelques tours, patinant de concert. Les lames des chaussures crissaient en rythme. Les deux patineurs s’observaient du coin de l’œil. Ils étaient deux inconnus appelés à se côtoyer souvent à l’avenir. Pouvaient-ils travailler ensemble ? Martha en était convaincue. Stephan aussi. Diane progressait sur la glace avec des gestes automatiques, se contentant de surveiller Rudy, lui aussi dans une attitude d’observation.

    Rudy pivota et piqua l’une de ses lames pour s’arrêter net et s’accouder à la balustrade de la patinoire. Les deux coachs les observaient depuis l’opposé de la piste. Diane choisit de l’imiter. Visiblement, il voulait lui parler. De là où ils étaient, personne ne pouvait les entendre.

    — Tu en penses quoi, réellement ? lui demanda-t-il.
    — De ce traquenard, tu veux dire ? fit-elle, évasive, tout en haussant les épaules. Laisse-moi le temps de voir ce que ça peut donner.

    Arsène K., Échange de patins, éd. Jenn Ink, 2026
    https://www.facebook.com/ArsneK1

    Voir aussi : ""Échange de patins" : Extrait 3"

    Photo : Pexels -  Tima Miroshnichenko

  • Eschyle dépoussiéré

    Focus sur l’édition 2017 de L’Orestie d’Eschyle publiée par Larousse. L’auteur ? Un vieux monsieur de près de 2500 ans. Auteur classique, le tragique grec est l’auteur de plus de cent pièces de théâtre, dont seulement sept nous sont parvenues. Parmi celles-ci, il y a les trois volets de sa trilogie L’Orestie, Agamemnon, Les Choéphores et Les Euménides. Elles sont présentes aux éditions Larousse dans une version moderne qu’il est bon de découvrir ou de redécouvrir.

    L’Orestie appartient presque à un genre à part, celui de la saga troyenne. La Guerre de Troie a fortement marqué les auteurs et poètes Grecs. Ils en ont fait le décor de beaucoup d’œuvres. Agamemnon en fait partie. Le roi d’Argos revient au pays après dix ans de guerre. Il porte sur lui le meurtre de sa fille Iphigénie, sacrifiée pour la victoire des Grecs contre les Troyens. La reine Clytemnestre, sa femme, est là. Elle ne l’attendait plus et se montre tour à tour heureuse, troublée et finalement déconcertée. Elle a un amant, Égisthe, n’a pas oublié la mort de sa fille et constate que son mari amène avec lui une esclave troyenne, l’ex-princesse troyenne Cassandre. Le drame est là. Clytemnestre tue son mari et cette esclave. Un meurtre qui n’est que le début d'un cycle de meurtres. 

    Crime-vengeance-crime

    Le processus crime-vengeance-crime est enclenché dans Agamemnon. Dans Les Choréphores, Oreste, le fils du roi, entreprend de laver sa mort en tuant sa propre mère. Eschyle vient puiser dans la mythologie et la religion qui nourrissent sa réflexion sur le mal et l’interdit.

    Nous sommes dans un triple drame suivant le conflit dévastateur de Troie, comme si la victoire sur la cité ennemie appelait à un retour de bâton. La Grèce a subi de plein fouet une guerre dont les femmes semblent être des protagonistes fondamentales et surtout des victimes. Comme pour L’Orestie. Clytemnestre est celle qui déclenche le cycle de la mort par jalousie autant que par douleur.

    Dans cette histoire de drames mêlant chœurs, incantations, dialogues faisant avancer le récit et lamentations, Eschyle parle de la manière dont la violence s’enclenche et comment les déesses de la vengeance (les Érinyes) peuvent se transformer en celles de la justice (Les Bienveillantes). Une vision poétique autant qu’éthique qui n’a pas prise une ride. 

    Eschyle, L'Orestie, éd. Larousse, 2017, 144 p.
    https://www.editions-larousse.fr/livre/lorestie-9782035938992

    Voir aussi : "Un si long procès"

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  • "Échange de patins" : Extrait 3

    La manière dont il regardait Diane, avec un mélange de séduction et d’aplomb, la mettait mal à l’aise. Elle était maintenant pressée de rentrer chez elle. Ça tombait bien : son bus arrivait. Elle regarda une dernière fois Rudy.

    — Je dois y aller, lui fit-elle. J’espère que vous allez pouvoir vous entendre avec Ann-Carolyn.

    — Espérons-le. J’espère de mon côté que ce n’est pas trop grave pour ton partenaire et qu’il sera vite remis sur pied, répondit-il avec civilité. Tu es sûre que tu ne veux pas que je te ramène ?

    Elle secoua la tête tout en montant dans le bus, se retourna vers son interlocuteur et lui fit un signe de la main qui avait l’accent des adieux.

    Arsène K., Échange de patins, éd. Jenn Ink, 2026
    https://www.facebook.com/ArsneK1

    Voir aussi : ""Échange de patins" : Extrait 2"

    Photo : Pexels - Pavel Danilyuk

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  • "Échange de patins" : Extrait 2

    — Pardon, pardon ! Je ne t’ai pas blessé ?

    Elle leva les yeux vers le patineur, cependant que sa partenaire grognait son insatisfaction. Diane le soupçonnait d’être à peine plus âgé qu’elle – vingt ans à tout casser et sans doute moins. Ses longs cheveux châtain clair bouclés tombaient en cascade, encadrant un visage carré et des pommettes saillantes. Son regard bleu interrogeait la patineuse qui venait de se jeter dans les bras de son partenaire. Ce dernier était vêtu d’un pantalon de jogging sombre et d’un large pull-over écossais. Il fixait Diane avec un mélange de perplexité et d’amusement.

    — Non, la rassura-t-il. Pas de souci. En revanche, ton copain c’est une autre histoire.

    Arsène K., Échange de patins, éd. Jenn Ink, 2026
    https://www.facebook.com/ArsneK1

    Voir aussi : "Bientôt, sortie d'Échange de patins"

    Photo : Pexels - Pavel Danilyuk

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