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  • Les monstres sont parmi nous

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    La série Hunters, débarquée il y a quelques semaines sur Amazon, avec Al Pacino dans le rôle titre, pourrait bien faire grincer des dents. D’abord parce que le showrunner David Weil a fait un choix étonnant pour cette histoire de chasse aux nazis à la fin des années 70 : aborder le sujet frontalement, sous l’angle du thriller déjanté que Quentin Tarantino n’aurait pas renié. Certains critiques ont parlé d’un croisement entre Inglorious Basterds et La Liste de Schindler : un raccourci, bien sûr, mais qui dit bien à quel point Hunters a choisi l’angle du thriller sanglant, de l’humour noir et de l’uchronie grinçante pour parler de la Shoah.

    En 1977, Jonah Heidelbaum, jeune new-yorkais vivant avec sa grand-mère, survivante de l’un camp de la mort, assiste à son assassinat. L’orphelin est bientôt accosté par un Meyer Offerman, un autre rescapé du génocide juif, qui lui propose son soutien. Jonah intègre, dans les jours qui suivent, une équipe de chasseurs de criminels de guerre installés en Amérique. Ces nazis cachés et intégrés ont un plan en tête pour déstabilisé le pays qui les a accueillis à bras ouverts.

    Un croisement entre Inglorious Basterds et La Liste de Schindler

    Le tout premier épisode commence par une scène choc mettant en scène le terrifiant – et aussi très drôle – Biff Simpson (Dylan Baker). Ce n’est que le début d’une longue série de meurtres, de chasses et d’enquête. Malgré un pilote aux longueurs certaines, Hunters se développe en assumant complètement son côté subversif s’inspirant tour à tour de la blackpoitation, des films de genre (action, ado, uchronie, thriller, drame familial) et du cinéma de Quentin Tarantino. Les créateurs incluent dans la série ancrée dans l’Amérique de Jimmy Carter (qui est d’ailleurs représenté) des scènes historiques au cœur du ghetto de Varsovie et d’un camp de la mort.

    Al Pacino est brillant, comme toujours, dans cette série sombre, sanglante, et filmée comme un divertissement morbide : que l’on pense au personnage Travis Leich, joué par Greg Austin. Une des morales de l’histoire est que le nazi n’est sans doute pas là où on le croirait, et qu’il peut avoir un visage d’ange.

    Hunters, série de David Weil, avec Al Pacino, Logan Lerman,
    Kate Mulvany, Tiffany Boone, Carol Kane, Saul Rubinek et Josh Radnor
    Saison 1, 10 épisodes, États-Unis, 2020, sur Amazon

    https://www.amazon.com/Hunters

    Voir aussi : "Mes parents étaient des espions communistes"

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  • Ma sorcière bien aimée

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    Plus maligne qu’elle n’y paraît, The Witcher coche toutes les cases de la série de fantasy : un royaume imaginaire durant un Moyen Âge fantasmé, des héros sans peur mais pas sans reproche, de la magie à tous les étages et des êtres fantastiques – elfes, loups-garous et bien entendu dragons. Adaptation télé de la saga à succès d’Andrzej Sapkowski, The Witcher vaut largement le détour dans sa manière de raconter les quêtes de ses trois personnages principaux : il y a le sorceleur Geralt de Riv, la sorcière Yennefer de Vengerberg et la princesse Ciri, sur la trace du premier.

    L’arrière-fond de cette histoire est une guerre secouant tout sur son passage, à grands renforts de combats à l’arme blanche, de sièges implacables… et de tours de magie pouvant s’avérer d’une incroyable efficacité (épisode 8, Bien plus). Le fantastique est omniprésent dans The Witcher. Le Sorceleur est un chasseur de monstres à la fois redouté et méprisé. Il trace sa route dans des contrées malveillantes, sans cacher sa morgue à qui croiserait son chemin (ah, les fameux "Merde !" de Geralt de Riv, interprété par Henry Cavill – le "Superman" made in DC Comics –, complètement transformé pour ce rôle !). Yennifer, la sorcière au destin improbable, va finir par fendre l’armure du ténébreux chasseur de mutants, même si l’histoire amoureuse s’avérera – sans rien spoiler – assez "compliquée".

    "Petit porcelet"

    Qui dit quête, dit transformation identitaire des personnages, à commencer par Ciri, enfant royale choyée avant d’être plongée du jour au lendemain dans un monde de sang, de fer et de feu. La fin de la première saison promet d’ailleurs de futurs développements intéressants sur cette "enfant-lumière" – pour reprendre le terme du Shining de Stephen King.

    Contre toute attente, The Witcher brouille les cartes : Yennifer, paysanne laide et rejetée au début du récit (le "petit porcelet", souffre-douleur) devient grâce à la magie une magnifique et magnétique sorcière (épisode 3, Lune de trahison), au grand dam de sa perceptrice Tissaia, que le dernier épisode va montrer sous un nouveau jour.

    Mais si The Witcher fascine, c’est aussi et surtout parce que la showrunneuse Lauren Schmidt Hissrich a pris le parti d’un scénario non-chronologique, faisant alterner les époques, les quêtes, les voyages, les rencontres et les chasses aux monstres – qui ne sont pas toujours ceux que l’on croit.

    La série ne fait pas l’impasse sur les combats rudes à la Game of Thrones, sur les guerres politiques ou sur les intrigues fantastiques (épisode 5, Espèces rares), mais avec une économie singulière de scènes érotiques – #Metoo est sans doute passé par là.

    The Witcher, vrai trip de fantasy, offre en plus un étonnant couple constitué de l'impressionnant Geralt de Riv et de la magnifique Yennefer de Vengerberg.

    The Witcher, série de fantasy de Lauren Schmidt Hissrich avec Henry Cavill, Freya Allan
    Anya Chalotra, Jodhi May et Björn Hlynur, USA, saison 1, 8 épisodes, Netflix, 2019
    https://www.netflix.com
    https://sapkowskipl.wordpress.com

    Voir aussi : "Ton univers impitoyable"

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  • Sur un air de Rameau

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    Dire que les séries françaises ont le plus grand mal à parler de politique et de notre société est un doux euphémisme. Il y a bien entendu ces exceptions (Baron Noir, Vernon Subutex ou Hippocrate), mis avouons tout de même que les grandes chaînes de télé françaises se la jouent très souvent plan-plan : scénarios convenus, personnages caricaturaux, dialogues indigents. Une série a cependant attiré l’attention de Bla Bla Blog par son choix de faire de la politique-fiction autant qu’un vrai drame social qui nous renvoie le visage d’une France au bord de la crise de nerf.

    Les Sauvages commence par l’ascension irrésistible d’Idder Chaouch aux plus hautes fonctions de l’État. Figure marquante d’une immigration qui a réussi, le soir du deuxième tour de l’élection présidentielle un coup de feu éclate. Le futur Président s’écroule. En quelques heures, la France plonge dans l’incertitude et le chaos. Et avec elle, la propre famille de Chaouch, à commencer par Jasmine, la fille d’Idder. Fouad, son petit ami, voit son destin et ses rêves se briser. Il rejoint sa famille et ses proches à Saint-Étienne, afin de comprendre ce qui s’est passé. Il est soutenu par Marion Rihbeiro (Marina Foïs), responsable de la sécurité du Président.

    Sur un air de Rameau (plus précisément des Indes Galantes), la série Les Sauvages conte une double histoire familiale : celle des Chaouch, bien sûr, derrière la figure d’airain d’Idder (avec un impressionnant Roschdy Zem), qui est l’histoire d’une réussite sur fond d’intégration réussie, mais qui n'est pas sans susciter haines, jalousies et manœuvres politiciennes. Plus crépusculaire, le chemin des Nerrouche, dont Fouad semble être le surdoué et le fils prodige, n’est pas le moins intéressant. Les Sauvages est le tableau d’une France qui se déchire, ou du moins ne se comprend plus. Sur fond d’attentat, la série de Rebecca Zlotowski raconte ces angles morts de la République qui ont pour nom : "incompréhensions", "communautarismes", "frustrations" ou "erreurs."

    La série réussit parfaitement à faire monter la pression tout au long des six épisodes, ponctuant la série de scènes fortes, à l’instar d’un match de football au stade Geoffroy-Guichard ou du dernier discours d’Idder Chaouch.

    Il semblerait qu’aucune saison 2 des Sauvages ne soit en préparation : les créateurs ont signé avec Les Sauvages un énorme coup de poing, d’une très grande pertinence pour parler d’une France méconnue, et sans caricature. Une suite pourrait-elle apporter plus ? Sans doute non.

    Les sauvages, série dramatique de Rebecca Zlotowski et Sabri Louatah, avec Roschdy Zem, Amira Casar, Marina Foïs, Sofiane Zermani et Souheila Yacoub, France, saison 1, 6 épisodes, Canal+, 2019
    https://www.canalplus.com/series/les-sauvages

    Voir aussi : "Vernon et ses amis"

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  • Dans la zone

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    Depuis plusieurs mois, on l’attendait. – Quoi ?– Le retour de Twilight Zone. La Quatrième Dimension a fait les beau jours de la télévision depuis 1959 et a marqué des générations de spectateurs. Rod Steiger, créateur et narrateur concis et froid, présentait des épisodes tour à tour fantastiques, incroyables, facétieux et troublants, parvenant à chaque fois – ou presque – à dérouter des spectateurs scotchés devant ces petits bijoux, ne dépassant souvent pas les 25 minutes. La série américaine s’offrit même le luxe de s’offrir quelques stars : Buster Keaton, Lee Marvin, Mickey Rooney, Robert Redford, Dennis Hopper, Leonard Nimoy, Charles Bronson, Agnes Moorehead, Patrick Macnee, Martin Landau, Roddy McDowall ou Peter Falk.

    Il y a eu dans les années 80 une nouvelle version, cette fois en couleur et avec une voix off venue d’outre-tombe. Avouons-le : la magie n’opérait plus. Une Treizième Dimension, diffusée au début des années 2000, plus discrète encore, ne marqua pas plus les esprits, malgré la présence de Forest Whitaker en narrateur. La version en noir et blanc de Rod Steiger continuait à être la référence considérée comme indépassable. Cette année, nous apprenions que Twilight Zone revenait, avec cette fois Jordan Peele (Get Out, Us, la série Fargo) dans le rôle du narrateur, apparaissant au début et à la fin de chaque épisode. Quelles surprises allaient nous proposer ce nouveau Twilight Zone ? 

    Pour cette saison proposée par CBS, 10 épisodes sont proposés, avec le même ADN : des scénarios alambiqués, une intrigue se terminant par une chute spectaculaire ou étonnante et des personnages perdus dans une réalité qui perd soudain pied, sans oublier la bande originale reprise pour les génériques de début et de fin et le célébrissime thème de Jerry Goldsmith.

    Sans oublier le célébrissime thème de Jerry Goldsmith

    La première saison de la série propose dix histoires mystérieuses et parfois terrifiantes de gens ordinaires perdus dans une autre dimension, faite tour à tour de rêves, de cauchemars ou de folies. Un humoriste sans talent se voit proposer un talent soudain et irrésistible mais à un prix très élevé. Un passager apprend en détail par un podcast que l’avion où il est embarqué va s’écraser. Une femme noire va essayer de déjouer un destin cruel grâce à un caméscope aux étranges pouvoirs. En Alaska, une policière se trouve nez à nez avec un voyageur pendant la nuit de Noël. Un conseiller un communication suit un jeune garçon, persuadé qu’il peut devenir le futur Président. Quatre astronautes sont en toute vers Mars sans doute au plus mauvais moment. Une jeune femme est témoin d’une pluie de météorites aux conséquences incroyables… Voilà quelques épisodes proposés, pouvant séduire ou non, avec des mention spéciales pour Cauchemar à 30 000 pieds pour son ton grinçant, au formidable Replay, interprété de main de maître par Sanaa Lathan et à Pas tous les hommes, efficace, engagé et lorgnant avantageusement du côté de Stephen King.

    Le racisme, le populisme, le féminisme, les menaces qui pèsent sur la planète, la bioéthique ou la soif de célébrité : finalement c’est de notre monde et de nous que parlent ces épisodes fantastiques, tout comme la guerre froide, l’apocalypse nucléaire ou les OVNIS (qui ne sont cependant pas absents de la version de Jordan Pelle) étaient des thèmes abordés dans les épisodes des années 60.

    Ces dix voyages entre rêves et cauchemars, malgré quelques ratés (Six degrés de liberté) sont à découvrir en ce moment. Bienvenue dans la quatrième dimension. Forcément mémorable.

    The Twilight Zone, série de science-fiction et fantastique de Jordan Peele
    saison 1, 2019, sur Canal+

    Voir aussi : "Fallait-il une nouvelle adaptation du Nom de la Rose ?"

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  • Fallait-il une nouvelle adaptation du Nom de la Rose ?

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    L’adaptation en série du Nom de la Rose, plus de trente ans après la version de Jean-Jacques Annaud, avait tout pour rester dubitatif. Il est vrai que le roman d’Umberto Eco a tout du roman inadaptable et le réalisateur français avait su relever le gant, offrant des moments de cinéma restés dans les mémoires : l’interprétation magistrale de Sean Connery dans le rôle du moine-enquêteur Guillaume de Baskerville, des rôles secondaires marquants (Adso de Melk, Bernardo Gui ou l’hérétique Salvatore) et des scènes marquantes (la découverte de la bibliothèque, la rencontre d’Adso et de la jeune fille, le procès ou les bûchers). Des médiévistes ont pu s’alarmer des entorses faites à l’histoire, notamment au sujet de Bernardo Gui, qui a réellement existé. Il n’en est pas moins vrai que le film d’Annaud reste immanquable. Alors, pourquoi retourner Le Nom de la Rose, cette fois en série ?

    La première tient au roman d’Umberto Eco : un pavé dense et complexe qu’une version cinéma ne peut que rendre partiellement : que l’on pense à ces disputes théologiques, intelligemment mais clairement ramassées dans la version cinéma mais sur laquelle la série s’intéresse plus longuement.

    L’autre qualité de la version télé du Nom de la Rose est de pouvoir suivre dans la longueur un cheminent narratif sur la longueur et creuser des personnages, simplement esquissés dans le roman de Jean-Jacques Annaud : Adso de Melk et ses choix, la jeune fille dont il tombe amoureux, Remigio et son passé obscur au sein de la secte de Dolcino.

    Quelques mots sur l’intrigue, maintenant : en 1327, le moine franciscain Guillaume de Baskerville se rend avec son novice Adso de Melk dans une abbaye bénédictine au nord de l’Italie. C’est là que doit se dérouler un débat entre l’autorité papale et l’ordre franciscain, soutenu par l’empereur du Saint Empire Germanique, au sujet d’une querelle théologique portant sur la pauvreté du Christ. Évidemment, cette disputatio n’est qu’un prétexte pour des enjeux d’abord politiques. Lorsque Guillaume de Baskerville arrive dans l’enceinte du monastère, un meurtre vient d’avoir lieu. Le visiteur et son novice commencent une enquête qui semble tourner autour d’une mystérieuse bibliothèque. Lorsque l’inquisiteur Bernardo Gui rejoint à son tour les lieux, cet homme qui est chargé par le pape d’escorter les représentants pontificaux, décide de reprend l’enquête à sa manière et trouve très vite un coupable idéal. Mais le climat se tend et les morts continuent de tomber.

    Une place singulière laissée aux femmes

    La série de Giacomo Battiato respecte la trame policière d’Umberto Eco sans oublier les enjeux théologique et politiques (avec un mention spéciale pour Tchéky Karyo, dans le rôle d’un Jean XXII perfide en diable). Dans cette nouvelle adaptation du Nom de la Rose, une place singulière est laissée aux femmes, malgré le décor de l’histoire et l’importance des hommes qui s’y croisent : moines aussi mystérieux ou inquiétants les uns que les autres, soldats impériaux et représentants pontificaux. La jeune fille, maîtresse d’Adso (Nina Fotaras) et la pugnace Anna (Greta Scarano) insufflent à l’histoire écrite par Umberto Eco un nouveau souffle romanesque, sans pour autant que ces héroïnes ne fassent de l’ombre au personnage de Guillaume de Baskerville. Sean Connery avait incarné avec maestria cet enquêteur hors-norme. Il fallait un acteur de la carrure de John Turturro pour jouer ce rôle, avec une densité tout aussi forte.

    Résultat : une série ample et passionnante qui n’a pas à rougir de la comparaison avec le chef-d’œuvre de Jean-Jacques Annaud. Grâce aux moyens donnés à cette fiction historico-théologico-policière, comme au choix du scénario de Giacomo Battiato, le Nom de la Rose parvient à sortir des murs de l’abbaye, lors par exemple d’âpres combats à l’arme blanche : Game of Thrones est passé par là.

    Les nostalgiques de la version d’Annaud bouderont sans doute cette nouvelle adaptation du Nom de la Rose. Il n’en reste pas moins vrai que cette série est une excellente découverte.

    Le Nom de la Rose, série historique de Giacomo Battiato, Andrea Porporati et Nigel Williams
    Italie et Allemagne, avec John Turturro, Damian Hardung,
    Rupert Everett et Michael Emerson,
    Saison unique, 8 épisodes, 2019, en ce moment sur OCS et Canal+

    https://www.ocs.fr/actualite/le-nom-de-la-rose-la-serie-lintegrale-sur-ocs

    Voir aussi : "Umberto Eco, un mélange"

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  • Le garçon qui murmurait à l’oreille des ados

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    C’est sans doute en partie par chauvinisme que le public français s’est intéressé à la série américano-britannique Sex Education, dont la première saison est diffusée sur Netfix. Emma Mackey, actrice et mannequin franco-britannique tient l’un des rôles principaux, celui de Maeve Wiley, une lycéenne à forte tête, intelligente, débrouillarde mais aussi méprisée par ses camarades. Il est vrai que la native du Mans prend à bras le corps le personnage essentiel d’une série qui se penche sur un sujet épineux et semé d’embûches : la sexualité des adolescents.

    Dans un lycée britannique, le jeune Otis Milburn (Asa Butterfield), vivant avec sa mère Jean (Gillian Anderson), une brillante psychologue, vit le quotidien d’un adolescent mal dans sa peau dans un bahut très ordinaire. Il a pour ami Eric, un camarade excentrique et ouvertement gay (avec une performance exceptionnelle de Ncuti Gatwa).

    La rencontre d’Otis et de Maeve, que tout oppose a priori, scelle le début d’un étrange business : la lycéenne désargentée propose au jeune homme, doué d’empathie, de qualités d’écoute et surtout de connaissances en gynécologie, d’ouvrir un cabinet sauvage de sexologie au cœur même de leur lycée. Contre toute attente, les services d’Otis trouvent leur public. De (jeunes) clients s’adressent au garçon, toujours vierge, pour lui demander son aide sur des problèmes les plus intimes qui soient.

    Un étrange business

    Sur un sujet aussi délicat que celui-ci, les créateurs de Sex Education ont sans doute créer la série la plus étonnante et la plus mémorable de ce début d’année. Cette comédie dramatique en huit épisodes choisit la légèreté pour parler de sujets graves : l’identité, la frustration, le harcèlement, la violence, la solitude ou la misère sexuelle. Les actrices et acteurs sont tous parfaits dans une série qui pouvait tomber dans de la grivoiserie ou de la provocation inutile.

    Asa Butterfield et Emma Mackey s’en sortent avec les honneurs et n’ont certainement pas fini de faire parler d’eux. Quant à Gillian Anderson, l’ex Dana Scully d’X-Files, elle étonne par ce rôle à contre-emploi de psychothérapeute hors-norme. Hors-norme, comme du reste cette série.

    Sex Education, série de comédie dramatique de Laurie Nunn
    avec Asa Butterfield, Gillian Anderson, Ncuti Gatwa et Emma Mackey
    USA et Grande-Bretagne, première saison, huit épisodes, Netflix, 2019

    Site officiel Netflix

    Voir aussi : "Kidding, à en rire ou à en pleurer"

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  • C’est quoi ce pays ?

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    What The Fuck France est ce programme court présenté par le survitaminé Paul Taylor. Le comédien britannique, s’adressant aux spectateurs mais aussi à ses doubles français Jean-Pierre et Paul, épingle en moins de trois minutes les us, coutumes, habitudes et travers des Français : la cuisine, la mode, le café, les Césars, l’administration, la bise, la langue française, le romantisme ou le sacro-saint achat du pain.

    Dans la langue de Shakespeare, Paul Taylor énumère les trois raisons qui expliquent pourquoi ces spécificités sont stupides. Il nous explique pourquoi nous sommes des alcooliques refoulés, comment l’achat d’une baguette dans une boulangerie s’avère être un acte d’une grande gravité ou n'hésite pas à égratigner les Parisiennes – des "emmerdeuses". 

    Les 29 épisodes rythmées de What The Fuck France sont un délice d’humour, d’impertinence mais aussi de pertinence. Le comédien britannique n’est pas avare en punch-lines : "Le je t’aime bien est la pilule du lendemain du langage", "Il est plus difficile de comprendre la description d’un plat que de comprendre l’intrigue du film Inception" ou "Tu es tellement attaché à ta boulangère que tu es presque marié avec elle."

    Vous avez jusqu’au 24 juin pour découvrir sur Canal+ cette série hilarante... et française, of course.

    What The Fuck France de Paul Taylor et Robert Hoehn,
    réalisée par Félix Guimard, France, 2016, sur Canal+, jusqu’au 24 juin 2017

  • Buffy, vingt ans, tueuse de vampires

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    Nous fêtons cette semaine les 20 ans de la série culte, Buffy contre les Vampires. Les sept saisons et 144 épisodes des aventures de la chasseuse de vampires ont subjugué des millions d’adolescents et de jeunes adultes, mais aussi révolutionné l’histoire de la série télé. Buffy contre les Vampires représente sans doute l’un des musts de ce genre. Sarah Michelle Gellar, l’éternelle interprète de Buffy Summer, a été multi-récompensée et a contribué à donner à cette fiction de divertissement le statut d’œuvre culte. Pour parler de cette série d’urban fantasy multi-récompensée, Bla Bla Blog vous invite à vous reporter à cet article complet du site spécialisé Fantasy à la Carte, pour tout savoir ou presque sur l’une des meilleures séries de l’histoire de la télévision.

    Produite par Joss Whedon, Buffy contre les vampires marque un vrai tournant dans l’évolution des séries américaines. En effet, elle va ouvrir la voie à de nombreuses séries évoluant dans la même mouvance fantasy/fantastique.

    Dès ses premières diffusions, le succès est au rendez-vous en réunissant 4 à 6 millions de téléspectateurs aux États-Unis. En France, la série est diffusée de 1998 à 2003 d’abord sur Série Club, puis sur M6. Buffy compte ainsi 144 épisodes répartis en 7 saisons.

    Son scénario est assez conventionnel même si pour les néophytes du genre, il représente une révolution. Ici, on suit le destin peu ordinaire d’une jeune lycéenne dont la vie se partage entre le lycée, les cours, les amis, les sorties en boîte de nuit et une étrange mission, celle de tuer des vampires et autres démons venant menacer la vie tranquille de Sunnydale. Pour accomplir sa destinée d’élue, la jeune femme est accompagnée par un observateur qui la guide, la conseille, et l’entraine au besoin. Ce rôle est incombé à un bibliothécaire du nom de Rupert Giles dont l’érudition sera un atout majeur pour déterminer la provenance de chaque menace et découvrir ainsi le meilleur moyen pour la vaincre.

    Plus qu’un divertissement pour adolescents en mal d’aventure, Buffy contre les Vampires est une vraie série d’apprentissage car son héroïne va y connaître une sacrée évolution en passant de l’adolescente capricieuse, écervelée parfois à l’adulte sérieuse et responsable. Ce sont sept saisons qui se renouvellent à chaque fois afin d’offrir un programme à la mesure de sa renommée.

    La particularité de cette série est qu’elle est un peu transgenre dans le sens qu’elle ne se contente pas de raconter des attaques de vampires et des combats de tueuses...

    La suite ici...

    Fantasy à la Carte