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Artistes et événements "Cherry"

  • Le salon de la littérature érotique remet le couvert

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    Après la réussite de sa première édition, le Salon de La Littérature Érotique remet le couvert le dimanche 26 novembre de 15 heures à 21 heures au 153 (Paris, 3e).

    Bla Bla Blog avait suivi en 2016 la création de cet événement, qui était à l’époque organisée autour d’une exposition de peinture du dessinateur érotique Alex Varenne. Cette année encore, la littérature érotique aura l’honneur d’être mise en avant, mais aussi démystifiée. Vaste projet pour ce genre spécialisé, souvent considéré avec méfiance, et dans lequel les femmes tiennent sans conteste le haut du pavé. Lors de sa première édition, le public se pressait dans une galerie d’art cosy mais étroite. Cette fois, c’est sur les trois étages du bar  Le 153 que se retrouveront une dizaine d’auteurs pour des rencontres et des dédicaces.

    Parmi, les personnalités et artistes présents figureront Brigitte Lahaie, actuellement animatrice sur Sud Radio, mais aussi Octavie Delvaux, qui est de retour cette année, Anne Vassivière, Virginie Bégaudeau, Guenièvre Suryous (dont Bla Bla Blog avait déjà parlé pour son ouvrage écrit à deux mains avec Flore Cherry, Guide de Survie sexuelle de l’étudiant/e), Camille Emmanuelle, les auteurs de la start-up B.Sensory, Simpere Françoise, Emma Cavalier, Etienne Liebig ou encore Julie-Anne De Sée.

    Pour faire sortir la littérature érotique des fantasmes courant à son sujet, plusieurs conférences seront proposées : "Le retour de la morale dans la littérature érotique" par Spengler Franck , "Le sexe sans enjeux est un jeu délicieux" par Simpere Françoise, "Comment poser sa voix sur de la littérature érotique ?" par Philippe Lecaplain, avec également des lectures du jeu concours Chuchote-moi.

    Les organisateurs ont également mis en place des défis d'écritures organisés toute la journée, avec des cadeaux à gagner pour celles et ceux qui voudraient s’initier à ce genre littéraire.

    Des happenings et des surprises compléteront cet événement, avec notamment une exposition de planches de BD érotique par Tabou éditions, une animation des comédiens d'Une femme extraordinaire, le cadavre exquis des fantasmes par Nathalie Giraud et Isabelle Bize.

    À partir de 21 heures, le salon se transformera en soirée libre, pour les plus motivées et les plus coriaces.

    Salon de La Littérature érotique
    Le 153, 153 rue Saint-Martin, 75003 Paris
    Dimanche 26 novembre de 15 heures à 21 heures
    Prévente : 8 €
    Sur place : 10 €

  • Dix ans d’âge métal

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    Il n’y a pas destruction sans construction et inversement, nous dit Romain Lienhardt au sujet de sa série intitulée Dix ans d’âge métal.

    Le concept de ces créations plastiques ? Un travail d’appropriations, de déstructurations et de reconstructions à partir d’objets de notre enfance. Les jouets et les souvenirs sont détournés, démontés, remontés, déboîtés, recollés et transformés en fétiches faussement sacrés, ready-made caustiques ou créations surréalistes : un ours en peluche comme sorti d’une poubelle in extremis, des jouets cabossés symbolisant la souffrance de l’enfance, un aquarium où s’agite un requin sur le point de dévorer un Playmobil que l’on vient de lester, un crucifix Big Jim transformé en relique syncrétique ou encore une figurine de Goldorak démembrée. L’enfance de Romain Lienhardt se cristallise en effet autour de figures iconiques détournées, tel ce Dark Vador sanglé sur un banc clouté (Dark Adore).

    Romain Lienhardt transforme les objets les plus innocents en créations provocatrices. Les souvenirs de notre enfance deviennent les symboles de jeunes années plus rudes et violentes qu’on ne l’imagine. Ce sont aussi ces armes faites en Lego, cette maison de poupée devenant un lieu de perdition, ce bilboquet inoffensif transformé en instrument de torture ou encore ces poupées comme martyrisées.

    L’artiste parle encore de l’enfance avec ces poupées désarticulées dans la série Scarecrows, afin "qu'il ne reste du songe / Qu’une marque de sang / Et un épouvantail". Les poupées de l’artiste plasticien deviennent totems et figures taboues : l’assemblage d’une pédale d’embrayage et de boîtes de conserves devient figure anthropomorphique, une petite bonne femme portant coiffe, tenue de ville et sac à main ou bien la pathétique relique représentant un Templier au combat.

    Dans Child Game, Romain Lienhardt utilise la peinture comme moyen d’expression basique, naïf et transgressif. Le pinceau s’affranchit des règles académiques comme le ferait un enfant. La peinture se fait coloriage, grimage et barbouillage. La traditionnelle palette sert à transformer une photographie anodine en création brute ou à créer ex-nihilo des tableaux à la Cy Twombly.

    La photographie est capitale dans le travail de Romain Lienhardt. Grâce à ce médium, l’artiste fait se rencontrer le travail documentaire (Amusement Park) et la création pure, parfois très sombre. Clinical model (Espace Artcore, Paris 2006) nous transporte dans un lieu secret que le tueur en série Dexter n’aurait pas renié : les sujets sont cette fois des mannequins démembrés et réduits à l’état de victimes anonymes.

    La série Figurative frappe par son apparente hétérogénéité. L’artiste y a rassemblé des clichés comme autant de pièces à conviction sur notre époque. S’y côtoient des clichés faussement documentaires (l’enseigne d’une pharmacie semblant "pleurer"), des compositions surréalistes (une chaise an cœur scintillant ou un panneau de signalisation aux signes kabbalistiques), des accumulations à la Arman (des armes) ou des ready-mades inspirées de Marcel Duchamp (pissotières laissées à l’abandon). Cette série a son pendant, Transfigurative, plus engagée et plus noire aussi : portraits ou personnages composés, déstructurés, tatoués, anamorphosés, mis en scène ou "code barrés." Romain Lienhardt se fait plus engagé et particulièrement grinçant avec une revisite de la Joconde en camisole de force et voilée.

    La religion, extrêmement présente chez l’artiste (à l’exemple de Graveyard), est au centre de Night Vision, un triptyque de 2014. Romain Lienhardt s’est intéressé à une crèche située dans un petit village allemand près de Monschau. Le résultat ce sont des scènes moins religieuses que fantastiques : "La nuit, berceau des rêves et des projections imaginaires, permet à ce bestiaire d’exister dans des représentations fantasmagoriques inspirées des œuvres de Giuseppe Arcimboldo ou de Jérôme Bosch" commente-t-il.

    À ces visions sombres, répond le blanc clinique, impersonnel et tout aussi inquiétant de la série Blank. Décors, mobiliers, statues, compositions et installations géométriques sont travaillés avec un soin tout particulier. L’artiste joue avec l’épure, les lumières diaphanes ou les brumes épaisses lorsqu’il compose des paysages oniriques tout droit sortis d’un film de Tim Burton. On cherche en vain un être humain dans ces clichés ; on n’y trouve que chaises vides, lits défaits, nature déserte et studios impersonnels. Et surtout ce blanc, omniprésent. Le titre de cette série peut d’ailleurs rappeler la fameuse page "blank" d’un navigateur Internet n’amenant vers rien.

    C’est le blanc d’une chambre d’hôpital où a gît un moribond que l’on vient d’évacuer vers une morgue. C’est le blanc du studio de photo qui attend la star "condamnée" à être la "cible" d’appareils braqués sur elle tels les fusils d’un peloton d’exécution. Le blanc est celui de ces paysages peuplés de figues fantomatiques ou de décors inquiétants et cliniques : des scènes de plein air aux lumières saturées et comme peuplées d’ectoplasmes ou bien le décorum d’un chef d’état. C’est le blanc surréaliste, mystérieux ne cherchant aussi qu’à être rempli. C’est le blanc du possible, du tout est possible ou du rien n’est possible.

    Le travail de Romain Lienhardt sera exposé à la rentrée prochaine dans le cadre des journées In The Mood For Art, dont Bla Bla Blog sera partenaire.

    http://www.romainlienhardt.com
    © Romain Lienhardt

  • 500

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    Bla Bla Blog vient de publier sa 500ème chronique en moins de trois ans.

    C'est l'occasion de revenir sur  cette aventure éditoriale autant qu'humaine qui a entraîné le bloggeur vers des horizons passionnants. Bla Bla Blog s'est fixé dès le départ un seul principe : la curiosité. Sortir des sentiers battus n'empêche pas de parler de sujets plus classiques. Ni élitiste, ni mainstream, Bla Bla Blog peut aussi bien parler du formidable mais méconnu groupe Carré-Court  que revenir sur David Bowie. Et faire découvrir le travail d'artistes comme Fanny de la Roncière ou la "pétillante" Laura Lambrusco n'empêche pas de parler de Tintin ou de Star Wars.

    Dans les prochaines chroniques, il sera ainsi question de l'étonnante et sulfureuse Stella Tanagra mais aussi du groupe Edgär, d'Oren Lavie que le public français commence à découvrir, ou encore de la série Versailles (à paraître samedi prochain).

    Et Bla Bla Blog sera également partenaire du deuxième épisode de l'événement parisien In The Mood For Art, Panic room/Art, en septembre prochain.

  • In The Mood for Art

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    In the mood for Art se présente comme une mystérieuse aventure à vivre en petit comité le temps d’une après-midi à Paris dans un lieu de rêve tenu secret jusqu’à la dernière heure. Vitrine artistique vivante, lieu de rencontre entre artistes, auteurs et collectionneurs, elle se propose de flatter vos sens à travers une exposition d’œuvres contemporaines, puis de taquiner la muse en participant à un "ARTelier" ou atelier d’écriture appliqué à l’art.

    Les ateliers d’écriture de Cherry Gallery explorent l’art sous toutes ses formes, qu’il soit contemporain ou historique, figuratif ou abstrait, pictural, sonore ou sculptural. Ces "ARTeliers" proposent une relation privilégiée entre l’œuvre et son spectateur.

    À partir d’une lecture sensible et l’exploration de différents thèmes, ils invitent à poser un regard nouveau, riche de récits inédits sur une peinture, une sculpture, une photographie ou toute autre création. Les participants à l’atelier d’écriture seront invités à explorer une variation contemporaine du Verrou de Fragonard : Le Verrou d’Alex Varenne.

    Pour le premier épisode de cette nouvelle série d’aventures artistiques, Cherry Gallery a le plaisir de mettre en avant les artistes Fanny de la Roncière et Alex Varenne qui présenteront leurs œuvres, ainsi que les écrivains Philippe Lafitte et Anaïd Demir dans le cadre des "ARTeliers".

    Entre initiation à l’écriture et à la narration, lecture créative voire intuitive de l’œuvre d’art, Cherry Gallery en collaboration avec les écrivains Philippe Lafitte et Anaïd Demir, propose une démarche originale où l’art et le récit permettront à chacun d'exprimer en toute liberté son désir d'écriture.

    Dès 13h : Preview autour d’un lunch time, ouvert au public sur invitation
    15h à 18h : Visite privée de l’exposition en présence de l’artiste plasticienne : Fanny de la Roncière
    18h à 20h : Les “ARTeliers” : Quand les arts visuels rencontrent l’écriture
    20h : Cocktail dînatoire en présence de l’artiste Fanny de la Roncière et Alex Varenne, avec le chef Jérôme Marchand.

    In The Mood for Art
    Samedi 25 mars 2017, de 13H à 23H30
     Au Kiss Keys, 37 bis rue du Colisée Paris 8eme
    Inscription obligatoire
    Métro : saint Philippe du Roule
    http://www.cherry-gallery.fr

    © Fanny de la Roncière
    © Alex Varenne

  • Voir peut-il rendre fou ?

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    Depuis 1987, Aurélie Dubois a entamé un parcours artistique où elle explore le dessin, la photographie, la vidéo et les installations.

    Dès le départ, son travail revêtit en toile de fond l’idée d’une garde, une garde artistique. Cette idée de l’artiste de garde, définie par le psychanalyste et écrivain Daniel Androvski en 2008, habite ses créations, en résistance à l’idée qu’une oeuvre d’art serait faite pour décorer plutôt que pour donner du sens ou révéler la nature des choses.

    "Nous pouvons considérer le corps comme une partition qui dès la naissance s’exprime par des cris ; Aurélie Dubois affirme par son oeuvre que ces cris s’écrivent même si ce qui se crie ne s’écrit pas. Au pire, ça se dessine, notamment sous la forme du sexe, de la tension, du râle et de certains hurlements" analyse Daniel Androvski.

    L’exposition présentée en mars prochain à Paris, est une rétrospective de ses œuvres passées et plus récentes. L’accent est mis sur le dessin, un étage entier de l’exposition lui est consacré. C’est aussi l’occasion de découvrir ses vidéos, telles que The Corridors, court métrage sélectionné pour le festival Coté Court en 2015, Traverse Vidéo en 2016 ainsi que son dernier court métrage expérimental Amour écrit en fer.

    Le commissariat de l’exposition est confié à Paul Ardenne, écrivain et curateur indépendant. "Aurélie Dubois est une artiste multidisciplinaire. Elle cherche, avec constance, à faire se rencontrer la création et la théorie dans ses oeuvres. Ses principales interrogations plastiques sont la sexualité et les rapports femme-homme, l’indétermination, la folie, la marginalité, l’étrange. Aurélie Dubois renouvelle l’image érotique pour éveiller notre imaginaire" explique Paul Ardenne.

    La rencontre entre ces différentes oeuvres permettra de prendre la pleine mesure de la philosophie d’Aurélie Dubois, son appel à la résistance et à la vigilance, face aux dérapages de notre société contemporaine et à ses tabous. "Rester en alerte, sur le qui-vive" !

    "Je considère être une Artiste de Garde. Je suis là, tout le temps. D’être en alerte me place dans la résistance aux idées reçues et aux convenances liées au corps et à ses sexualités. Je considère que mon travail de création est lié à la trahison de l’imaginaire sexué. Pourquoi résistante? Parce qu’il me semble nécessaire de démonter les systèmes conventionnels liés aux corps, l’érotisme bas de gamme, la pornographie liée au business. Par définition je suis en guerre. Ma démarche d’artiste vient donc trahir notre mensonge. Mais quel ce mensonge? Me direz-vous? C’est ce que nous faisons et que nous ne disons pas."

    Aurélie Dubois, "Voir peut-il rendre fou ?"
    Exposition du 16 au 26 mars 2017 au 24Beaubourg
    24, rue Beaubourg 75003 Paris
    www.aurelie-dubois.com
    "Aurélie Dubois unmakes sex"

  • Le top 10 de Bla Bla Blog pour 2016

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    Comme l'an dernier, Bla Bla Blog vous présente le bilan 2016, après 208 articles publiés. Littérature, télévision, cinéma, musiques, expositions, bande dessinée, philosophie ou histoire : quelles ont été les publications les plus populaires et les plus marquantes de cette année ? Le bloggeur vous dit tout, sous forme d'un top 10.

     10  Dans l'enfer du Taj Mahal

    Le seul article consacré au cinéma pour ce Top 10 vient d'un film totalement inattendu, un authentique coup de cœur. Taj Mahal, de Nicolas Saada, avec Stacy Martin dans le rôle principal, mérite amplement cette place pour un petit bijou hitchkockien, qui est aussi un drame contemporain consacré au terrorisme. 

    Taj Mahal.jpgExtrait
    "Beaucoup d’entre nous sont passés à côté de Taj Mahal, sorti il y a un an peu après les attentats du 13 novembre, et qui mérite de figurer parmi les fleurons du suspense français...

    Aucune star pour le deuxième film de Nicolas Saada, auteur du remarqué Espion(s), aucun grand moyen et un film tourné ni en France ni aux États-Unis mais en Inde, une intrigue sèche comme un coup de trique et un sujet d’actualité – le terrorisme – traité avec minimalisme."
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     9  Aurélie Dubois unmakes sex

    Aurélie Dubois est une artiste à suivre absolument. "L'artiste de garde" exposait en avril au salon "Salo IV" et y présentait en avril son oeuvre-phare, Mes tresses s'amusent. Ce dessin représente la quintessence d'une artiste qui a fait du sexe et du fantasme son terrain de recherche.

    Dubois.JPGExtrait
    "Qui es-tu pour ne pas te reconnaître ?" annonce le site Internet d’Aurélie Dubois. La citation de Daniel Androvski, psychanalyste et écrivain, annonce la couleur : les œuvres qui sont proposées par l’artiste risquent d’en dérouter plus d’un et nous tendre un miroir dérangeant sur le corps, le désir, le fantasme et le sexe. Une démarche revendiquée par Aurélie Dubois, "artiste de garde", qui affirme ceci : "Je considère que je ne fais que traduire la météo des pulsions."
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     8  Une fleur pour l'Orage nu

    Le focus sur Fleur Offwood, une musicienne douée - très douée, même – n'est pas passé inaperçu. Cet article fait sait aussi écho à un concours de NoMadMusic dans le cadre de Normandie Impressionniste dont il sera question plus loin. Fleur Offwood est une découverte de ce label et gageons que l'artiste a une longue arrière devant elle.

    Fleur.jpgExtrait
    "En janvier dernier, le prix du jury a été décerné à Fleur O., alias Fleur Offwood (Fleur Dupleich pour l'état civil), pour une création originale de 2:17, L’Orage nu.
    La jeune musicienne a fait le choix d’une composition audacieuse, offrant une pièce de musique de chambre contemporaine que le Kronos Quartet n’aurait pas renié : les leitmotivs entêtants, inquiétants et teintés de naturalisme (l’auditeur peut être transporté à la campagne en été, un jour d’orage) semblent faire le pont entre le sérialisme viennois du début du XXe siècle (Schoenberg, Berg et Webern) et le courant répétitif américain, une influence que la musicienne revendique en faisant référence au compositeur contemporain Steve Reich.

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     7  Mes hommes 

    Nathalie Cougny a été une des belles découvertes de cette année 2016. Cela a commencé par son exposition "En Corps !" au Julia le 23 janvier, à l'occasion de la sortie de son roman Amour et Confusions... Cette artiste engagée et touchante méritait bien plusieurs articles sur Bla Bla Blog.

    cougny.jpgExtrait
    "Amour et Confusions... : le titre du dernier livre de Nathalie Cougny pourrait faire passer son dernier livre pour un roman sentimental convenu. Ceux qui suivent l'auteure de cette autofiction savent que cela serait très mal la connaître.
    C'est hors des sentiers battus que Nathalie Cougny, peintre, écrivain et femme engagée, entraîne le lecteur – qui est tutoyé, tel un ami et confident – dans une série d'aventures amoureuses. La narratrice, Aurore, nous parle de sa soif d'émancipation amoureuse, de sa recherche de l'amour et de ses hommes.
    Le roman commence par une fuite et une émancipation : un soir, une femme quitte son mari pour rejoindre son amant. Aurore tire ainsi un trait sur son passé, sans pour autant entamer une nouvelle histoire "sérieuse" car cette relation restera éphémère. Elle le sait. Après cet homme, elle en rencontrera d'autres, tous différents, tous marqués par des souffrances parfois indicibles, tous aimants aussi, à leur manière. Faut-il choisir entre eux ?
    "
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     6  Bouées, sardines et jolies poupées

    Le hasard peut offrir des découvertes inespérées. Prenez Patricia LM : c’est dans le cadre d’un séjour estival que le bloggeur est tombé sur sa discrète galerie à Concarneau. Retenez l’adresse : elle se situe au coin de la rue Laënnec et de la rue Dumont D'Urville, à quelques centaines de mètres de la corniche. Un air marin pour une artiste qui faits se rencontrer le folklore breton (filets de pêche, boîtes de sardines, bouées), la photographie et le pop-art. Patricia LM est à découvrir absolument si vos pas vous amènent dans le Finistère sud.

    musicienne,fleur offwood,nathalie cougny,aurélie dubois,stacy martin,nicolas saadaExtrait 
    "Patricia LM retravaille de la même manière ses modèles féminins. L'artiste a pris le parti de les photographier en gros plan, s’intéressant aux jambes, aux pieds ou aux bustes. Les corps et les vêtements (dont une série sur les jeans) sont mis en valeur avec d’autant plus de respect que les clichés sont là aussi retravaillées et rehaussés de couleurs chaleureuses. Le bleu pastel, le gris velouté et le rose délicat se répondent, au service de photographies qui nous parlent d’intimité, de pudeur, de séduction ou de rendez-vous amoureux secrets dans des lieux interlopes."
    L’atelier de Patricia LM propose, outre les dessins au format à l’italienne de pin-up, d’autres créations étonnantes et qui ne sont pas à manquer."
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     5  Annulation du Carmen de la Fabrique Opéra de Toulouse

    L’invité surprise de ce Top 10 est un article sur un événement – qui n’a pas eu lieu ! La Fabrique Opéra de Toulouse préparait pour le mois de mai dernier un Carmen, un projet de spectacle dont Bla Bla Blog s’était fait l’écho quelques mois plus tôt. L’annulation n’a pas été sans controverse, les organisateurs toulousains s'estimant lâchés financièrement par l'association nationale qui, de son côté, se défend et plaide le non-respect de leur partenariat. Il n’est que dommageable que dans l’histoire ce soit les bénévoles (en majorité des lycéens) qui aient été les victimes de ce couac. Une cinquième place, donc, que nous aurions préféré ne pas voir ici.

    musicienne,fleur offwood,nathalie cougny,aurélie dubois,stacy martin,nicolas saadaExtrait 
    "Les 3, 4, 8 et 9 mai 2016 le Zénith de Toulouse devait accueillir pour la première fois Carmen par La Fabrique Opéra Toulouse.
    M
    alheureusement, les organisateurs toulousains sont dans l’obligation d’annuler pour des raisons économiques le spectacle à la suite de la décision de La Fabrique Opéra nationale de rompre unilatéralement la convention qui les unissait depuis 2015."
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     4  Mell, on "Danse" ou on déprime ?

    Mell est une musicienne, et une musicienne vachement douée. La Lorraine a posé ses valises au Canada et poursuit une carrière qui a séduit Bla Bla Blog comme ses lecteurs. Son sixième album est sorti en fin d’année. C’est l’occasion de découvrir une artiste pleine de promesse aux influences pop, rock et électro tous azimuts.

    musicienne,fleur offwood,nathalie cougny,aurélie dubois,stacy martin,nicolas saadaExtrait
    "Mell puise aussi avec énergie dans les années 80 pour des chansons punk-rock coup de poing et enlevées. Hey, Mort de rire et Danse c’est The Clash ressuscité et dopé à l’électro par une musicienne qui n’a pas froid aux yeux. Mell carbure à la new wave dans Au cinéma, transportant l’auditeur dans une salle obscure pour une idylle sucrée et éphémère : "Emmène-moi au cinéma / Que je puisse te toucher dans le noir / Comme si c’était la première fois / Je tremblerai / Tu souriras" : injection de nostalgie garantie.
    Le titre de l’album parle de déprime. Disons, pour être juste, que c’est vers la mélancolie et la nostalgie que penche la majorité des titres. C’est She said, ballade électro, Mon enterrement, une mélodie folk à l’ironie mordante, ou encore Tes yeux verts, titre folk lumineux et minimaliste : "Dans tes yeux clairs / J’ai vu la mer / Dans tes yeux verts / J’ai vu l’enfer… / Non je n’ai pas peur des tempêtes."
    Où te caches-tu ? penche du côté de Nick Drake : "Où te caches-tu mon amour / Dans quel pays / Dans quel faubourg". Cette ballade folk, sur le thème de l’amour et de l’identité, est savamment mise en relief par petites touches, sans dénaturer une mélodie simple, une voix délicatement posée et une guitare sèche lofi."
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     3  Normandie Impressionniste

    D’avril à août 2016, Bla Bla Blog a consacré un dossier de 11 articles sur le Festival Normandie Impressionniste qui se déroulait du 16 avril au 26 septembre. Il était impossible de parler des 800 manifestations proposées. Le focus a été fait sur les événements les plus marquants : l’exposition "Scènes de la vie impressionniste" au Musée des Beaux-Arts de Rouen, les rétrospectives sur Eugène Boudin (MuMa, Le Havre), celle du peintre John Batho (Musée de Normandie - Château de Caen) et la découverte en France du Norvégien Fritz Thaulow. Bla Bla Blog s’est également intéressé à des initiatives plus particulières : Bill Viola à Yvetot, le partenariat de la SNCF et de Normandie Impressionniste, le concours de NoMadMusic au sujet de la Sonate de Vinteuil de Marcel Proust, la vidéo Éclipse de Thibault Jehanne et un focus sur Rineke Dijkstra,une des artistes invitées par la Frac Haute-Normandie pour l’exposition "Portrait de l'artiste en Alter" à Sotteville-lès-Rouen.

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    "La 3e édition de Normandie impressionniste revient à partir de ce week-end, et jusqu’à la fin 2016. Comme en 2011 et 2013, la Normandie rend hommage et célèbre l’impressionnisme à travers 800 manifestations réparties sur autant de sites. Signalons que pour la première fois, l’essaimage territorial de Normandie Impressionniste se calque sur la nouvelle grande région Normandie.
    Le thème choisi par le festival est celui du portrait qui est décliné autour d’expositions, de spectacles vivants, de créations contemporaines, de danses, de concerts, de pièces de théâtre, d’opéras, de colloques ou de guinguettes.

    L’impressionnisme a été un mouvement pictural révolutionnaire, admiré autant que décrié au XIXe siècle, et dont les apports dans le monde de l’art ont été incommensurables. Erick Orsenna, président du Conseil Scientifique du festival Normandie Impressionniste, rappelle que les peintres impressionnistes ont eu à cœur le goût de l’innovation (le travail sur les couleurs, sur lumière, sur le travail en plein-air plutôt qu’en atelier…), au cours d’une période foisonnante et tournée vers les révolutions (politiques, sociales, culturelles, artistiques ou industrielles. "Ils ont révolutionné la peinture et ouvert la voie à toutes les audaces. Quel encouragement pour les artistes d’aujourd’hui, pour tous les artistes !" dit Erik Orsenna."
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     2  Alex Varenne et le premier salon de la littérature érotique 

    La deuxième place de ce podium revient à un double événement : l'exposition Alex Varenne à la galerie Art en Transe Gallery et le premier salon de la littérature érotique qui s'y tenait à cette occasion (le 23 novembre 2016). Bla Bla Blog était partenaire de ces deux manifestations. Présenter la peinture d'Alex Varenne (et ses Strip Art) a été aussi l'occasion de parler de son œuvre de dessinateur et de son apport à la BD érotique. Le salon ad hoc était à la fois une parenthèse naturelle à l'exposition Strip Art et un coup de projecteur porté à une littérature audacieuse, dans tous les sens du terme.

    musicienne,fleur offwood,nathalie cougny,aurélie dubois,stacy martin,nicolas saada,patricia lm,mellExtrait
    "Dans le cadre de l’exposition "Strip Art" consacrée à la peinture d’Alex Varenne, avait lieu à la galerie Art en Transe Gallery, ce samedi 26 novembre, le premier salon de la littérature érotique. Bla Bla Blog était d'ailleurs partenaire de cet événement.
    C’est dans ce lieu cosy que Flore Cherry, créatrice et animatrice des Écrits Polissons, avait invité la fine fleur de ce genre littéraire, souvent considéré avec dédain, pour ne pas dire pudibonderie. Or, ce samedi, le public se serrait en nombre dans la galerie Art en Transe Gallery, entouré des toiles d’Alex Varenne. Ah, si ses modèles avaient pu parler ! Et bien, s’ils avaient pu parler, ils auraient pu dire bien des choses en somme."
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     1  Alka

    Ce n'est pas un mais plusieurs articles qui méritent la première place de ce top 10 en 2016. La comédienne, mannequin et chanteuse Alka Balbir fait feu de tout bois depuis trois ans. Sur Bla Bla Blog, nous aimons Alka, une des premières chanteuses chroniquées sur ce site pour son disque La première Fois, écrit par Benjamin Biolay. 2016 a vu Alka Balbir sur grand écran (Gaz de France, avec Philippe Katerine dans le rôle principal) avant que l'artiste ne se lance dans plusieurs concerts, annonciateurs, n'en doutons pas, de futures réalisations musicales. Comptez sur Bla Bla Blog pour vous en parler.

    musicienne,fleur offwood,nathalie cougny,aurélie dubois,stacy martin,nicolas saada,patricia lm,mellExtrait
    "Alka Balbir a figuré parmi les premiers artistes que j'ai chroniqués sur ce blog en raison de son premier disque, La Première Fois produit par Benjamin Biolay ("Suprême Alka"). Il me paraissait logique de produire un nouveau billet pour signaler sa présence dans la comédie Gaz de France, réalisée par Benoît Forgeard.
    Philippe Katerine est en première ligne dans le rôle d'un Président de la République impopulaire (Tiens, ça vous rappelle quelque chose?) et tentant de remonter dans les sondages grâce à quelques conseillers aussi interlopes. Alka Balbir fait partie de ce casting.
    Gaz de France est présentée comme une fable absurde et intelligente : "Avec une étonnante économie de moyens, un décor minimaliste et une poignée d'acteurs talentueux (...), le cinéaste nous enferme dans un étrange huis clos. En ligne de mire, la politique vidée de son sens et la mainmise de la communication... Dans ce décorticage très caustique du théâtre politicien et de ses coulisses, il donne à voir la peur de la guerre et du chaos, le chacun pour soi" nous apprend Télérama."
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    Le bloggeur mentionnera enfin deux publications déjà anciennes, mais qui continuent à être consultés régulièrement : le dossier "Montargis la Chinoise", consacré à la naissance à Montargis de la Chine communiste au début du XXe siècle et "Lectures au bout de la nuit" sur l'émission maintenant culte Voyages au bout de la Nuit.

  • Livre d’art ou bande dessinée ?

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    ... Un peu les deux. Alex Varenne, un auteur marquant de la BD érotique, qui a fait l’objet de plusieurs chroniques sur Bla Bla Blog en 2016, présentait en cette fin d’année un autre visage : celui de peintre. Dans la lignée de Roy Liechtenstein, l’auteur des cycles Ardeur et d'Erma Jaguar exposait à la galerie Art en Transe Gallery un choix de toiles, Strip Art.

    Les éditions Zanpano proposent le catalogue de cette exposition, des reproductions d’environ 120 peintures, élégantes, chatoyantes mais aussi osées.

    Chaque page s’apparente à une planche de bandes dessinées, avec titre calligraphié, toutes regroupées en chapitres (Territoire de la Femme, Reines de l’Amour, Pulsions et Compulsions, Charmes asiatiques, Requiem et Épilogue).

    Quelques commentaires éclairent ces parties, mais sans trahir ce livre d’art conçu comme une authentique BD, rendant l’ouvrage d’une grande accessibilité.

    Dans sa préface, Vincent Bernière rappelle que "dans les années 60, des peintres américains ont pillé la bande dessinée pour en faire de l’art." Et voilà que 50 ans plus tard, par un retournement de l’histoire, Alex Varenne, "l’ancien tachiste", mais aussi légende de la bande dessinée érotique, s’est retrouvé adoubé par le milieu des beaux-arts et par les grandes salles de vente – jusqu’à "se venger phonétiquement du pop part." Et devenir l’égal de ses pairs.

    Alex Varenne, Strip Art, préface de Vincent Bernière, éd. Zanpano, 2016, 128 p.
    Dossier "Alex Varenne"

    © Alex Varenne

    Bla Bla Blog était partenaire de l'exposition Strip Art

  • Le Bilboquet c’est sexy

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    Le bilboquet est ce jeu d’enfant dont le principe pourrait rappeler des activités un peu plus adultes. Mais Bilboquet c’est aussi le magazine des étudiants de l’association C'BD du CESAN, la première école de bande dessinée et d’illustration parisienne dont le premier numéro est justement consacré au sexe. Leurs auteurs étaient venus présenter leur ouvrage dans le cadre du premier salon de la littérature érotique.

    Le premier intérêt d’une telle revue collective est la variété de styles, d’univers et de talents. De ce point de vue, Bilboquet rassemble un vivier de créateurs qui risquent bien de faire parler d’eux dans quelques années. Mais n’allons pas trop vite en besogne et arrêtons-nous sur cette revue auto-éditée qui sera notamment présentée au prochain festival d’Angoulême (26 au 29 janvier 2017) et au Pulp Festival (du 21 au 23 avril 2017). Les responsables du projet, Matthias Bourdelier et Arthur Doremus, par ailleurs auteurs de plusieurs œuvres dans ce collectif, présentent l’ouvrage comme "un paysage éclectique, une diversité de personnalités, qui feront les prochains talents de la bande dessinée et de l’illustration."

    Aux planches poétiques, oniriques et surréalistes de Margaux Sourriceau, Claire LafargueKelly Calvez ou Charlotte Valerio (illustration de cet article) répondent des saynètes passionnantes et touchantes comme Je suis de Celles de Sarah Ulrici, une adaptation BD d’un titre de Bénébar (au passage, les fans du musicien populaire découvriront une interprétation culottée d’une de ses chansons). Emma Geisert propose, elle, une chronique sur un amour de vacances contrarié.

    Dans cet album dédié au sexe, certains auteurs se démarquent en prenant des chemins détournés, qui ne sont pas les moins intéressants. Le bloggeur citera d’abord Maël Nahon et ses très frappantes planches pop-art consacrées au bondage. Dans un genre diamétralement opposé, Antonin Serrault choisit la veine minimaliste grâce à une conversation entre deux hommes sur le thème du coup de foudre et rêve romantique. Le lecteur saluera le soin apporté au texte comme la finesse du coup de crayon. Le style du prometteur Antonin Serrault n’est pas sans rappeler Bastien Vivès que nous aimons particulièrement sur Bla Bla Blog et qui augure une carrière prometteuse.

    Autre style, autre auteure, Camille Brunier propose plusieurs pages au graphisme très travaillé. C’est d’abord Désir, deux somptueuses pages dans lesquelles les textes, en forme de suppliques amoureuses, viennent épouser des corps contorsionnés et comme gravés. Camille Brunier confirme son talent d’illustratrice avec sa suite de peintures aux formes naïves parfois réduites à leur plus simple expression. Les influences seraient à chercher du côté de l’affichiste des années 30, Cassandre.

    Dans une veine plus comique (Pin up Dessinatrice), Lounis choisit de détourner les jeux de points à relier et les labyrinthes pour activités interdites aux mineurs. Nico et Chad Poroi montrent de leur côté d’un humour noir assumé : le sexe n’est plus ludique ou futile mais souffre de névroses, de pulsions, voire de folie. Le personnage autobiographique de Nico ou ce couple de petits vieux de Chad Poroi grimacent et copulent dans des scènes rythmées et très rock.

    Matthias Bourdelier propose deux histoires différentes mais aussi touchantes et bien vues l’une que l’autre. La première, muette, met en scène un couple s’étreignant dans une salle de bain aux couleurs chatoyantes ; l’autre narre en noir et blanc une rencontre entre Jérôme et Sophie. La sécheresse de leurs dialogues et leur distance deviennent le véritable enjeu de ce couple, jusqu’aux dernières cases cruelles et à la rare pertinence.

    Les lecteurs pourront également admirer comment Arthur Doremus traite avec talent, réalisme et causticité de la vie sexuelle des agents de la RATP. De son côté, Marina Savani illustre au crayon sur deux pages une danse acrobatique, sensuelle et insolente entre corps féminins et motos. Une lointaine influence de Brigitte Bardot ?

    Elric Dufau clôt Bilboquet avec une série de six planches drôles, impertinentes, et qui sont une relecture croustillante de comics américains des années 50.

    Comment ne pas terminer cette chronique avec Marine des Mazery qui ouvre ce collectif ? Ses trois historiettes savoureuses s’inspirent des contes pour enfant qui, grâce à un simple carré de plastique rouge, deviennent des histoires salées. Et voilà comment le lecteur tombe dans le piège espiègle de cette jeune auteure. Il est vrai aussi que là, comme ailleurs, le plastique peut avoir des vertus insoupçonnées.

    Bilboquet, Cesan, 2016
    Matthias Bourdelier
    Arthur Doremus
    Marine des Mazery
    Margaux Sourriceau
    Claire Lafargue
    Kelly Calvez
    Sarah Ulrici
    Maël Nahon
    Antonin Serrault
    Marina Savani
    Elric Dufau
    et avec aussi : Charlotte Valerio, Camille Brunier, 
    Nico
    Lounis, Chad Poroi et Emma Geisert

  • Alex Varenne : prolongation jusqu'au 11 décembre

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    Pour les retardataires, vous avez jusqu'au 11 décembre pour découvrir la peinture d'Alex Varenne, l'un des maîtres français de la bande dessinée érotique. La galerie Art En Transe Gallery nous fait découvrir ses créations picturales dans l'exposition "Strip Art". 

    Retrouvez sur cet article "Alex Varenne, peintre" une chronique de Bla Bla Blog à ce sujet. 

    L’exposition "Strip-Art" d’Alex Varenne se déroule à la galerie Art en Transe Gallery, 4 Rue Roger Verlomme, 75003 Paris. 

    "Alex Varenne - Strip Art", prolongation jusqu'au 11 décembre 2016
    Art en Transe Gallery, 4 rue Roger Verlomme, Paris 3ème
    Tél. 09 81 39 39 80

    © Alex Varenne

    Bla Bla Blog est partenaire de cette exposition

  • La fille à la Jaguar

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    Parmi les créatures féminines d’Alex Varenne, celui d’Erma Jaguar occupe une place à part. Cette personnification du fantasme féminin a fait l’objet de trois volumes entre 1988 et 1992, réunis dans une intégrale aux éditions Drugstore. Erma, nommée d’après la marque du véhicule qu’elle conduit tout au long de ce cycle, est une figure centrale dans l’oeuvre d’Alex Varenne.

    Qui est cette vamp dont nous suivons l’étrange road-movie à la fois sombre, sensuel et surréaliste ? Erma se dévoile finalement moins qu’elle ne se déshabille. Dans la première partie, elle rencontre Charlotte, son "Sancho Panza" féminin. Les deux femmes commencent une aventure dangereuse et érotique, passant de bras en bras dans les lieux interlopes, des garages sombres, des aires d’autoroute, des auberges de province ou des palaces somptueux. Les deux femmes croiseront sur leur route des hommes souvent transformés en pantins mais aussi des femmes au centre de tous les désirs et de tous les fantasmes.

    La deuxième partie met en scène Nina, troublante réincarnation de la Cicciolina, recueillie par Erma et Charlotte dans la fameuse Jaguar. Le trio de fuyardes se retrouve dans le château de Versailles, tels des personnages d’un conte de fées. Au terme d’une nuit mouvementée et torride, Erma est réveillée par sa femme de chambre Charlotte. Rêves, fantasmes ou fruits de l’imagination d’un auteur facétieux ?

    La troisième partie y répond grâce à une déambulation surréaliste au cours duquel Erma et sa coéquipière expérimentent les aspects les plus sombres de la sexualité – bondage, viols et actes pervers – moins vécus que rêvés. Ces personnages féminins, libres et retors adressent un dernier clin d’oeil au scénariste et dessinateur, se mettant en image dans les dernières vignettes. Une mise en abîme pas moins troublante que les aventures amoureuses d’Erma Jaguar.

    Alex Varenne, Erma Jaguar, L’intégrale, éd. Drugstore, 2010, 152 p.

  • Le salon de l’érotisme sous le regard des modèles d’Alex Varenne

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    Dans le cadre de l’exposition "Strip Art" consacrée à la peinture d’Alex Varenne, avait lieu à la galerie Art en Transe Gallery, ce samedi 26 novembre, le premier salon de la littérature érotique. Bla Bla Blog était d'ailleurs partenaire de cet événement.

    C’est dans ce lieu cosy que Flore Cherry, créatrice et animatrice des Écrits Polissons, avait invité la fine fleur de ce genre littéraire, souvent considéré avec dédain, pour ne pas dire pudibonderie. Or, ce samedi, le public se serrait en nombre dans la galerie Art en Transe Gallery, entouré des toiles d’Alex Varenne. Ah, si ses modèles avaient pu parler ! Et bien, s’ils avaient pu parler, ils auraient pu dire bien des choses en somme.

    Sous le regard de la jeune Chinoise fleurie Ri-Shu-Shi, la musicienne et écrivain Julia Palombe présentait son dernier ouvrage, Au Lit Citoyens (éd. Hugo et Cie). Ce livre qui a fait du bruit dans Landerneau lors de sa sortie, est un réquisitoire contre toute forme de contrainte, d’interdits voire d’injonctions (la fellation, "la double péné" ou la marchandisation de nos partenaires) autour d’un sujet qui devrait être avant tout une affaire de liberté et de choix : "La sexualité est le bac à sable des grandes personnes", proclamait Julia Palombe. "La pornographie n’est pas un problème en soi" ajoutait cette dernière à quelques centimètres du tableau Yin et Yang, montrant une Chinoise dans une position peu équivoque. L’artiste s’en prenait aux religions lorsqu’elles s’immiscent dans nos lits.

    Le public était invité, dans le cadre de ce salon de l’érotisme, à faire preuve d’imagination en participant à des jeux d’écriture préparés par les auteurs invités. Les peintures d’Alex Varenne Jambes de Tango, Couple endormi ou Typologie de la Femme, pouvaient inspirer les amateurs tentés d’écrire, par exemple, une phrase sexuellement explicite avec les mots "Pieuvre", "Télécommande" et "Bretelle".

    La Professionnelle semblait écouter avec grand intérêt la présentation du B.Sensory, le premier sextoy connecté relié à des ouvrages érotiques, pour des lectures interactives plus vraies que nature. Le modèle peint par Alex Varenne découvrait sans doute ce que pouvait être la littérature érotique 3.0, à l’heure du digital. Sa créatrice, Christel Le Coq, remarquait que la pornographie et l’érotisme sont sans nul doute des moteurs économiques incroyablement dynamiques : Canal+ n’aurait sans nul doute pas connu son succès de chaîne à péage sans le fameux "film du premier samedi du mois", disait-elle en substance. La responsable de la start-up prévoyait ensuite que la prochaine évolution dans le domaine du sexe allait passer par les vêtements (et les sous-vêtements?) connectés.

    Pourquoi la lecture publique de la bloggeuse Charlie Liveshow faisait-elle étrangement écho à la toile Le Verrou de Fragonard ? La camgirl se trouvait en terrain familier dans ce salon et se faisait la voix de sa consœur Octavie Delvaux, auteure de La Tentation de Palerme, une nouvelle du recueil À Cœur pervers. L’auditeur était plongée dans une atmosphère à la fois surannée et un brin pervers, justement. Un homme et une femme se rencontrent et se séduisent : rien que de trop normal si ce n’est que l’homme que Gwen séduit est un homme d’église. Charlie contait, à quelques pas d’une adaptation moderne et pop-art du Verrou de Jean-Honoré Fragonard, une histoire écoutée… religieusement.

    Parlons enfin du tableau en forme de manifeste féministe, Womanpower, où avait lieu une performance de Cécile Morel. Elle chuchotait à l’oreille de qui le souhaitait des passages du monologue Molly Bloom, la mythique séquence finale de l’Ulysse de James Joyce (voir aussi cet article). Molly Bloom (ou Pénélope) est le premier personnage littéraire à parler de sa condition de femme sans fard, sans limite et sans faux-espoirs : "Il me semble que Pénélope (Molly) est une femme parfaitement saine, complète, amorale, amendable, fertilisable, déloyale, engageante, astucieuse, bornée, prudente, indifférente" disait d'elle l’écrivain irlandais. Qu’elle prenne vie sous le Womanpower d’Alex Varenne était un joli clin d’œil pour ne pas dire une intelligente audace des organisateurs du premier salon de la littérature érotique. 

    Gallerie Art en Transe Gallery
    Écrits Polissons
    "Alex Varenne, peintre"
    "Molly Bloom Experience"

    http://www.juliapalombe.com
    http://blog.b-sensory.com
    http://charlie-liveshow.com

    Photos : Flore Cherry

  • Tentés par le premier salon de la littérature érotique ?

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    sexe,érotismeLe premier salon de la littérature érotique se tiendra le samedi 23 novembre prochain à Paris, à l'espace éphémère du Marais, 4 rue Roger Verlomme (Paris, 3ème arrondissement). Un rendez-vous insolite au cours duquel sexe et érotisme sont déclinés avec sérieux

    Ce salon créé s’inscrit dans le cadre de l’exposition "Strip Art" consacrée à la peinture d’Alex Varenne, sujet de plusieurs chroniques sur Bla Bla Blog.

    Conférences, ateliers, coins lectures, dédicaces, concours et surprises (l’on pourra notamment découvrir avec B.Sensory que l’amour connecté n’est pas qu’une expression) seront au programme de cette journée pour un salon plutôt culotté.

    Le public pourra y rencontrer quelques pointures d’un genre littéraire souvent considéré avec méfiance ou dédain mais qui a son public de fidèles et qui est aussi à la pointe de la liberté d’expression.

    Ce premier salon du genre réunira des artistes passionnés et engagés, à l’exemple d’Arthur Vernon, romancier et homme de spectacle fervent défenseur d’une sexualité ludique et désacralisée (Comment je me suis tapé Paris, ed. Tabou), Philippe Lecaplain journaliste à RFI qui a sorti son premier roman (Ces Dames de l'Annonce, éd. Tabou) ou Daniel Nguyen, auteur d’une des nouvelles du recueil Osez 20 histoires de Sexe... (éd. La Musardine).

    Mais ce sont d’abord les femmes qui seront à l’honneur au cours de ce salon. Le public pourra y rencontrer Eva Delambre (Devenir Sienne, éd. Tabou), Eve DeCandaulie (Mon Mari est un Homme formidable, éd. La Musardine) ou Octavie Delvaux (Sex in the Kitchen, éd. La Musardine), des auteures célébrant la transgression, que ce soit via la soumission, l’adultère ou le sadomasochisme. Deux autres écrivains pleines de promesses présenteront leur travail : Julie-Anne De Sée (10 Bonbons à l'Amante, éd. Tabou) et Stella Tanagra qui présentera son recueil de nouvelles Sexe Cité (IS éditions) consacré à la libido féminine. Deux artistes – féminines également – compléteront ce plateau : Marion Favry, coach en écriture, organisatrice des Dinécritures et auteure de S'occuper en t'attendant (éd. La Musardine) et la chanteuse rock décomplexée Julia Palombe, auteure de Au lit Citoyen (éd. Hugo et Cie).

    Ce rendez-vous du premier salon de la littérature érotique d’ores et déjà passionnant entend être celui de toutes les libertés.

    Alors, tentés ?

    Salon de la littérature érotique, samedi 26 novembre 2016
    Espace éphémère du Marais, 4 rue Roger Verlomme, Paris 3ème
    Entrée : 5 € (à régler sur place / consommations non comprises)
    Sur place : un foodtruck, accompagné de la bière "La Fessée"

    Bla Bla Blog sera partenaire de cet événement

    Daniel Nguyen : un auteur à part from Sandra Franrenet on Vimeo.

  • Le scénario de la bande dessinée pour les nuls

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    alex varenne,cesan,cherryLa bande dessinée vous intéresse, comme nous ? Vous souhaitez vous immerger l'espace d'un moment dans ce milieu ? Bla Bla Blog vous encourage à une initiation au scénario de BD. Il aura lieu ce samedi 26 novembre, de 13H30 à 14H30 au 4 rue Roger Verlomme, Paris 3ème, dans le cadre du salon de la littérature érotique.

    Cet atelier est organisé par l'école CESAN qui présentera sa revue Bilboquet, réalisée par le C'BD, l'association des étudiants de l'école CESAN. Pour ce premier numéro publié en juin 2016, ils ont planché sur les notions d'érotisme sous toutes ses formes : une collection de souvenirs, d'anecdotes, d'incongruités, de fantasmes et de performances... graphiques ! À l'image de l'école, la revue présente un paysage graphique et narratif éclectique et donne à connaître les personnalités artistiques hautes en couleurs de la toute jeune garde de la bande dessinée et de l'illustration.

    Le C'BD, l'association étudiante de l'école CESAN, permet aux étudiants et aux diplômés de créer et renforcer des liens entre les différentes générations et de se retrouver autour de manifestations spécifiques. L'association a pour principal objectif de mutualiser les fonds afin d'aider à la publication des projets des étudiants mais aussi de mutualiser les compétences et les réseaux professionnels de chacun. Le C'BD a un rôle de comité éditorial, les projets des étudiants sont lus et revus par les membres de l'association qui décident de leur publication. Enfin, le C'BD a pour vocation de promouvoir le travail des étudiants dans des festivals, des salons ou à travers des expositions collectives.

    L'inscription donnera accès à une initiation au scénario de la BD, un accès VIP de 15h à 21h30 au salon de la littérature érotique, la visite guidée de l'exposition "Strip-Art" par Alex Varenne, le catalogue collector Strip-Art (série limitée et signé), boisson offerte (les bières "La kékette") ainsi que des goodies (Kit Love). Et si vous venez accompagnés, 1 place achetée = 1 place offerte.

    Et si vous venez de la part de Bla Bla Blog, vous aurez droit à une réduction de 20% !

    Inscription : www.placeminute.com

    Atelier de scénario de la BD
    4 rue Roger Verlomme, Paris 3ème
    samedi 26 novembre, de 13H30 à 14H30
    16 € sur pré-inscription et 20 € sur place
    20 % si vous venez de la part de Bla Bla Blog

  • Z comme Zorg

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    "Nous n’avions pas l’intention, Alex et moi, de faire une véritable adaptation de Mars. Nous souhaitions surtout, avant que le temps n’estompe tout, fixer ce qui subsistait encore des années Zorn dans Zurich et le souvenir de ses proches." C’est ainsi que Daniel Varenne commente, dans la préface "Zurich… Zorn… Z", Angoisse et Colère, qu’il a créée avec son frère Alex Varenne.

    Œuvre OVNI dans la carrière de ce dernier, cette bande dessinée, scénarisée par Daniel Varenne, est sortie en 1988. Rétrospectivement, elle marque un point d’arrêt dans la collaboration de ce duo. Les deux frères s’étaient fait connaître au début de cette décennie avec l’emblématique cycle de science-fiction Ardeur. En réalité, quoi de plus différent que ces deux albums, en tout point opposés ? D’un côté, une saga post-apocalyptique de près de 500 pages que le bloggeur a qualifié de cyberpunk ; de l’autre, une dense et sobre adaptation littéraire du récit Mars, écrite par Friz Zorn, écrivain suisse malade et dépressif, décédé avant la publication de son texte devenu culte.

    Les 28 planches éclairent, sondent et documentent un texte exigeant, lucide et à l’humour grinçant d’un Zurichois devenu malade – au sens propre comme au sens figuré – de son existence. Alex et Daniel Varenne travaillent une nouvelle fois en dehors des sentiers battus grâce à une relecture en bande dessinée de Mars. En documentalistes rigoureux, les deux auteurs ont visité les lieux où a vécu, jusqu’à sa mort en 1976, Fritz Zorn, ou Fritz Angst dans l’état civil. Les noms de l’auteur, Zorn (ou "colère" en allemand) et Angst ("angoisse") sont bien entendu les clés du titre de l’album. Tableau d’une ville bourgeoise autant que portrait d’un artiste malade, les Varenne offrent une déambulation terrible au cœur d’une ville occidentale, Zurich, prison argentée d’un homme, Zorn, qui avoue vivre dans un enfer feutré. Le salut viendra paradoxalement du cancer : "La chose la plus intelligente que j'aie jamais faite, c'est d'attraper le cancer" écrit-il dans son récit.

    Daniel Varenne s’étend, dans la préface de ce "roman graphique" avant l’heure, sur les lieux de l’auteur de Mars : l’université, l’appartement du jeune professeur dans la Frankengasse, la villa de son psychanalyste (33 rue de la Freiestrasse) et la rive de la Goldküste. Ce sont ces lieux qui forment la trame de la bande dessinée, tel le décor de théâtre d’un monologue tragique. Méditation sur la dépression, dénonciation d’une société bourgeoise zurichoise (cela vaut aussi bien entendu pour beaucoup de sociétés dans le monde), Angoisse et Colère peut se lire aussi comme l’hagiographie d’un martyr biberonné au lait d’une éducation faussement harmonieuse, sans aspérité, morte et sans amour : "Je n’avais pas d’amis et je n’avais pas d’amour… La sexualité ne faisait pas partie de mon univers car la sexualité incarne la vie" proclame le narrateur. Un propos que ne renierait pas Alex Varenne.

    L’album est complété par Bobby Lynn, portrait a priori très éloigné du Zurichois dépressif mais aux similitudes frappantes. Au contraire de Fritz Zorn, Bobby Lynn est l’homme de tous les excès. Cet acteur renommé, en réalité un enfant gâté et dépressif, finira par brûler la vie par les deux bouts, car il "n’avait pas eu le courage de regarder la vie en face."

    Fritz Zorn laissait le témoignage lumineux d’un désespoir qu’il révéla post-mortem au monde entier ; Bobby Lynn, lui, fit le vide autour de lui, après une carrière sous les projecteurs.

    Alex et Daniel Varenne, Angoisse et Colère, éd. Casterman, À Suivre, 1988, 69 p.
    Fritz Zorn, Mars, éd. Gallimard, Folio, 1982, 315 p.

  • Alex Varenne, peintre

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    Alex Varenne expose en ce moment et jusqu’au 4 décembre à la galerie Art en Transe Gallery (Paris 3e) non pas un choix de planches de bandes dessinées mais une série de peintures, dévoilant une autre facette de cet artiste.

    Bla Bla Blog s’est intéressé ces derniers mois à la carrière d’Alex Varenne et à ses albums de BD les plus emblématiques. Mais le dessinateur est également peintre, un peintre influencé par les Américains Jackson Pollock, Franz Kline ou encore Robert Motherwell. Il présente en ce moment une partie de sa production dans l'exposition "Strip Art". Le strip art c’est ce mouvement issu du pop-art dont le représentant le plus célèbre est Roy Liechtenstein, une référence et une influence majeure pour Alex Varenne.

    Le strip art détourne et recycle la technique de la case utilisé en bandes dessinées. Alex Varenne s’en sert pour faire de plusieurs tableaux des saynètes sur grand format : L’Appel, La Professionnelle, Shanghai années folles, Sur le bund de Shanghai, Suite ou Yin et Yang. Le spectateur se trouve d’emblée dans un univers de la peinture contemporaine familier. Le style populaire de la bande dessinée est utilisé à des fins artistiques dans la droite mouvance du pop-art. En accrochant le 9e art sur cimaises, Alex Varenne interpelle le spectateur grâce à des scènes semblant sorties d’un album de bande dessinées (bien que les tableaux soient d’authentiques œuvres originales) et appelant une suite que chacun peut imaginer à sa convenance. La bulle de BD est également utilisée dans plusieurs de ses peintures (Couple endormi, La Femme double, Shanghai années folles ou Suite).

    Parmi les influences visibles, il y a le manga. Alex Varenne est un amoureux de la culture asiatique, ce que plusieurs toiles montrent, tour à tour avec tact, audace, humour ou nostalgie (Shanghai années folles, Sur le bund de Shanghai, Yin et Yang et Ri-Shu-Shi).

    alex varenneHéritier du pop-art, Alex Varenne prouve également son attachement au classicisme. L’artiste est un fin connaisseur de l’histoire de la peinture et parle avec goût et passion de la peinture renaissance, de l’expressionnisme américain ou du pop-art. Le spectateur trouvera dans l’exposition "Strip Art" des détournements d’oeuvres familières : Le Verrou de Jean-Honoré Fragonard est revisité à la mode BD dans Le Verrou de Fragonard et L’homme de Vitruve de Léonard de Vinci devient un vibrant plaidoyer féministe dans l’impressionnant Womanpower. Quant au Cri, dont le titre renvoie au chef d'oeuvre d'Edvard Munch, le spectateur pourra y voir l’influence évidente de la peinture religieuse et des Pietà, à ceci près que cette fois c’est sur les genoux d’un homme que repose "la mort de sa fille ou de la femme qu’il aime". Avec une économie de moyen, l’auteur de La Molécule du Désir se révèle un lointain héritier du classicisme. La défunte, portée à bout de bras, a la pose théâtrale des modèles baroques. Le visage de profil semble être en pâmoison et la main posée sur l’épaule de l’homme sans tête est dessinée avec une infinie délicatesse et semble être encore vivante. 

    Alex Varenne utilise ce qu’il sait le mieux faire : la bande dessinée érotique. À la galerie Art en Transe Gallery, Alex Varenne expose avec élégance "ses audacieuses", ces femmes blondes, brunes, rousses ou asiatiques, portraitisées en déesses (Vénus ouverte, Voyage de peintre), surprises dans leur intimité, déshabillées ou vivant sans fard leurs fantasmes : Irina, communiant "en cachette des boissons pas très catholiques" (Irina au Collier rouge), Manuella la danseuse et ses "partenaires" (Jambes de Tango), Olga la dominatrice et soumise (La femme double) et Gina, la prostituée encore illusionnée par l’amour (La Professionnelle). D’amour, il en est question dans ces scènes d’amour, qu’elles soient pudiques (Couple endormi), ludiques et équivoques (L’Appel) ou très osées (Jouissance). Les hommes sont peu présents dans la production exposée en ce moment. Ou, du moins, ils sont toujours placés au second plan (L’Appel), en voyeurs (Typologie de la femme), spectateurs et demandeurs (Suite) ou tout simplement désœuvrés si ce n'est désespérés (Erectum ergro sum et Le Cri).

    L’exposition Strip-Art d’Alex Varenne est à découvrir à la galerie Art en Transe Gallery jusqu’au 4 décembre.

    "Alex Varenne - Strip Art", du 8 novembre au 4 décembre 2016
    Art en Transe Gallery, 4 rue Roger Verlomme, Paris 3ème

    Remerciements particuliers à Alex Varenne et Mai-Loan Roque

    © Alex Varenne

    Bla Bla Blog est partenaire de cette exposition