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ukraine

  • Gloire aux liquidateurs

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    C’est la série du moment, celle que la critique encense et qui est en passe de s’imposer devant des créations aussi populaire que Game of Thrones et Breaking Bad. Chernobyl, mini-série britannique et américaine, a pourtant tout pour rebuter : sujet sombre, réalisation austère, décors gris et visages quasi mortuaires. Le parti-pris classique et sérieux de Craig Mazin s’imposait, tant il est vrai que relater l’histoire de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl imposait un indispensable savoir-faire.

    Dans la nuit du 25 au 26 avril 1986, un test de sécurité à la centrale ukrainienne de Tchernobyl provoque la fusion du cœur du réacteur puis une explosion sans précédent contaminant une zone de plusieurs dizaines de kilomètres autour de la centrale. Dès les premiers jours, les autorités soviétiques sont complètement dépassées par cet événement majeur. Les morts et les contaminés se multiplient alors que les radiations, s’échappant toujours de la centrale éventrée, menacent de rendre l’Europe inhabitable pour des milliers d’années. Valeri Legassov (Jared Harris), scientifique renommé, est chargé de trouver des solutions inédites, en compagnie de Boris Chtcherbina (Stellan Skarsgård), vice-président du Conseil des ministres et chef du Bureau des combustibles et de l’énergie. Le Kremlin l'a chargé de diriger les opérations. Bientôt, des enjeux politiques – l’URSS en est à ses dernières années d’existence – dépassent les deux hommes, mus par le désir commun d’arrêter la catastrophe et de comprendre ce qui s’est passé.

    Les liquidateurs, les vrais héros de Tchernobyl

    Chernobyl est d’abord à saluer pour sa reconstitution historique, même si quelques aménagements scénaristiques (l’invention du personnage d’Ulana Khomyuk, joué par Emily Watson) ont été imaginés comme l’expliquent les auteurs. Pour le reste, la mini-série américano-britannique nous plonge dans cette catastrophe apocalyptique d'une manière plus vraie que nature : le sort des premières victimes, les opérations pour stopper la réaction nucléaire, les ravages physiques des radiations, l’évacuation des populations civiles ou les décontaminations à grande échelle. Des scènes incroyables et jamais montrées font de cette reconstitution une série plus terrifiante et hallucinante que n’importe quelle fiction : le travail des mineurs sur le site, le sort fait aux animaux abandonnées dans la zone interdite et le travail des liquidateurs, chargés de se relayer toutes les 30 secondes pour déblayer les gravats radioactifs. Ce travail titanesque, fait dans des conditions épouvantables, a fait de ces liquidateurs sans doute les vrais héros de Tchernobyl.

    Chernobyl assène enfin une impitoyable charge contre les autorités russes de l’époque. Le dernier secrétaire soviétique, Mikhaïl Gorbatchev, a souligné que Tchernobyl avait sans doute constitué un coup de poignard mortel contre l’URSS. Trois ans plus tard, le Mur de Berlin tombait : ce n’était pas le fruit du hasard.

    Chernobyl, mini-série historique de Craig Mazin
    avec Jared Harris, Stellan Skarsgård et Emily Watson
    USA et Grande-Bretagne, une saison, cinq épisodes
    HBO, Sky Atlantic, actuellement sur OCS, 2019

    Voir aussi : "Mes parents étaient des espions communistes"

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  • Coupez le son

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    L'affaire des prises de position pro-russe de la pianiste ukrainienne Valentina Lisitsa (voir l'article que je consacrais à ce sujet) a des conséquences inattendues. 

    Les compagnies aériennes KLM et Lufthansa ont retiré les enregistrements de l'artiste des playlists proposés dans leurs avions.

    Cette décision fait suite aux protestations de voyageurs (combien ? mystère...), ulcérés, semble-t-il, par les positions engagées (même si elles peuvent être critiquables) de Valentina Lisitsa. 

    Où il est encore question de liberté d'expression.

    "Lorsqu'une pianiste parle politique internationale"
    "Concerto pour piano seul"

     

  • Lorsqu'une pianiste parle politique internationale

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    J'avais parlé il y plusieurs mois de la pianiste ukrainienne Valentina Lisitsa, géniale interprète du 2ème concerto pour piano de Rachmaninov, retranscrit pour piano seul ("Concerto pour piano seul"). 

    C'est sur le terrain de la politique internationale que l'on retrouve cette artiste. 

    En affichant sur Twitter sa défiance à l'égard du pouvoir ukrainien en place, alors que ce pays est en guerre civile contre les russophones ukrainiens, Valentina Lisitsa s'est attirée les foudres de toute part. Le Toronto Symphony Orchestra (TSO) a même annulé un concert en avril 2015, nous apprend la revue Diapason.   

    En se frottant à un sujet particulièrement chaud (le conflit entre la Russie et l'Ukraine), la pianiste a découvert ce qu'il lui en coûtait d'afficher des opinions n'allant pas dans le sens de la diplomatie internationale. "Je pensais que ce genre de chose n'arrivait qu'en Turquie, à Fazil Say", a-t-elle remarqué, en référence aux déboires du pianiste turc, condamné pour blasphème dans son pays. Valentina Lisitsa pose en même temps la question de la liberté d'expression. Et Diapason de s'interroger : "Quelle liberté pour les artistes s'exprimant publiquement ?

    Valentina Lisitsa n'a pourtant pas rendu les armes et poursuit son engagement aux côtés des russophones ukrainiens.

  • Concerto pour piano seul

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    Le deuxième concerto pour piano de Rachmaninov est souvent considéré comme un des summums du répertoire pour clavier, en raison de sa virtuosité. 

    C'est sur Internet que la pianiste Valentina Lisitsa s'est fait connaître grâce à une interprétation rarement vue et entendue de ce concerto pour piano puisque, à défaut d'orchestre pour l'accompagner, elle l'interprète seul. Un véritable exploit, tant cette oeuvre est riche en couleurs et en variations. 

    On peut ne pas être sensible à la facture un peu désuète de ce film mais sûrement pas au tour de force de Valentina Lisitsa qui a pris en main un "Everest" de la musique classique avec audace et conviction.

    Egalement visible sur Youtube, le deuxième mouvement et le dernier mouvement.