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  • Je rêvais d’un autre monde

    Cet album propose une plongée dans un univers musical singulier ! Quand je dis "univers", je parle aussi de cosmos, en référence à Primordial Cosmos, la première œuvre qui ouvre l’album Saga Trilogy (b.records) consacré au compositeur contemporain américain Joseph Swensen. Il est en plus aux manettes de l’Orchestre National Bordeaux Aquitaine. 

    L’ambition de Joseph Swensen sonne immédiatement aux oreilles dans Primordial Cosmos, en deux mouvements, Lento Mesto et Molto agitato. Le compositeur américain, à la baguette pour cet enregistrement, a écrit une musique d’un autre monde, partant d’un magma originel, chaotique, faisant grincer et pleurer les cordes. Joseph Swensen fait de Primordial Cosmos la première partie d’une saga qui le dépasse même, comme il l’avoue dans le livret de présentation.

    Dans le mouvement Lento Mesto, l’auditeur ou l’auditrice aura l’impression de voir surgir des particulaires cosmiques primaires au cœur du néant, à la fois inquiétant et fondamental, jusqu’à la formation d’un début d’ordre. Les cordes se structurent peu à peu en nappes. Du chaos naît quelque chose, tout aussi primaire. C’est l’objet du second mouvement Molto Agitato et Andante Sostenuto, plus mystérieux, plus métaphysique aussi. À ce sujet, le compositeur américain avoue l’influence d’Olivier Messiaen, en particulier son Quatuor pour la fin du temps. La facture de Primordial Cosmos devient plus harmonique, pour ne pas dire néoromantique. On ferme les yeux et on se laisse porter par ce souffle délicat, porteur de vie. 

    La nature a horreur du vide

    L’enregistrement se poursuit avec le bien nommé Saga, une pièce pour violoncelle, orchestre et accordéon. Violoncelle avec Jonathan Swensen, fils du compositeur et chef d’orchestre dont la naissance a inspiré l’écriture de cette œuvre. Citons aussi la présence de Bruno Maurice à l’accordéon. Il est rare de voir cet instrument mis à l’honneur dans le répertoire classique et contemporain. Jonathan Swensen domine avec aplomb la partie Méditation, toute en intériorité et  en gravité. La musique des sphères devient un mouvement finalement très humain, dans ce bourdonnement cosmique dont les spécialistes de l’espace parlent, non sans émotion. Joseph Swensen nous apprend que ce son primaire, bien réel et dû aux interactions entre trous noirs, a une hauteur spécifique, un si bémol "très, très grave".

    La nature a horreur du vide, dit-on. Or, cet espace, ici, est enrichi de constructions sonores tout à fait envoûtantes (Méditation) et passionnantes, à l’instar du Scherzo en forme de Passacaille. Il s’agit là du mouvement sans doute le plus audacieux de Saga, mêlant chaos, rythmiques primaires et percussions joueuses pour parler de la vie s’ébrouant maladroitement. Qui dit Passacaille dit Bach. Or, c’est Bach que l’on trouve derrière l’Aria "After Bach". Le compositeur propose un troisième mouvement réconciliant répertoire classique et création contemporaine. Cela donne une partie somptueuse de langueur, de mélancolie et de méditation, avec ces infimes variations, jusqu’à une dernière section dominée par l’accordéon singulier de Bruno Maurice, au service d’un bouillonnement vital.

    La pièce Song Of Infinity, pour clarinette, chœur et orchestre, vient clore ce programme de l’Orchestre National Bordeaux Aquitaine. Joseph Swensen l’a sous-titré "My name is Infinity. As yours will one day be!", que l’on pourrait traduire par : "Mon nom est Infinité. Le vôtre le sera un jour". Le premier mouvement Andante est dominé par un solo de clarinette méditatif, bientôt rejoint par l’orchestre. L’auditeur ou l’auditrice se laissera prendre par la main dans une partie symphonique et même néoromantique, jusqu’à l’arrivée en fanfare de chœurs, dans un beau tohu-bohu. Une arrivée qui marque le début du dernier mouvement Choral, placé sous le signe et l’influence d’Olivier Messiaen. Songs Of Infinity est écrit et interprété comme une œuvre lumineuse et même métaphysique. La clarinette de Stéphane Batut dialogue avec l’orchestre et le chœur, dans un long chant méditatif, comme une prière vers l’au-delà. Et c’est lorsque les voix résonnent que la présence de Messiaen devient la plus évidente. Un vrai voyage cosmique... Pardon, une vraie saga cosmique !   

    Joseph Swensen, Saga Trilogy, Orchestre National Bordeaux Aquitaine dirigé par Joseph Swensen,  b•records, 2025
    https://www.b-records.fr/disques/saga-trilogy
    https://www.josephswensen.com
    https://www.opera-bordeaux.com

    Voir aussi : "Pom, pom, pom, pom"
    "Parveen Savart : ‘Une modestie bouleversante’"
    "Très grand Bacri"

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  • Harpe en majesté

    Place à l’un des plus beaux instruments qui soient, la harpe, que nous avions déjà mis à l’honneur avec Anaëlle Tourret. Intéressons-nous cette fois à Mélanie Laurent – qui n’a rien à voir avec l’actrice.  

    La jeune harpiste nous offre une déambulation à travers son album Pastel (Indésens). Voyage tout d’abord en Amérique avec The Colorado Trail de Marcel Grandjany (1891-1975). Le compositeur est né en France et naturalisé et décédé aux États-Unis, d’où ce titre somptueux, sentant à la fois les grands espaces, cette intériorité méditative et cette facture très musique française. Le livret de l’album nous rappelle que ce Colorado Trail est au départ une chanson de cowboy pleine de mélancolie. Elle raconte l’histoire d’une jeune fille de 16 ans reposant près de la piste du Colorado. Marcel Grandjany en fait une pièce mêlant tristesse, mélancolie et puissance de la nature. Il est présent dans l’enregistrement avec sa Rhapsodie pour harpe (1921), une pièce très jouée pour cet instrument. C’est un Marcel Grandjany qui a encore la tête en France et en Europe avec un morceau s’inspirant d’un chant grégorien qu’il a dédié à Henriette Renié, sa professeure, et que l’on retrouve plus tard.

    Marcel Tournier (1879-1951), lui, nous invite au Japon dans ses Pastels du Vieux Japon, op. 47. De nouveau un compositeur du XXe siècle, harpiste et compositeur français également. Que Gabriel Fauré se soit intéressé à lui n’est pas étonnant. Mélanie Laurent a choisi une suite orientalisante en forme de peintures musicales que l’on dirait impressionnistes au vu des titres : "Berceuse du vent dans les Cerisiers", "Le Koto chante pour l'Absente" et "Le danseur au Sabre". La harpiste caresse les cordes dans ces miniatures que l’on dirait venues tout droit du Pays du Soleil Levant (l’éloquent "Danseur au Sabre"). Marcel Tournier propose ici un passionnant pont entre Orient et Occident. On parle bien de passion car son amour pour le Japon est indissociable de celui pour Yoshie Abe, une de ses élèves à qui il dédie cette œuvre. Elle est d’autant plus triste et nostalgique que le compositeur français l’a écrite en pleine Occupation pour s’évader autant que pour retrouver en esprit la jeune femme restée dans son pays, lui aussi en guerre.

    Des possibilités sonores quasi infinies

    On est heureux de retrouver Cecile Chaminade (1857-1944) dont nous avions parlé sur Bla Bla Blog. Mélanie Laurent propose sa Valse d’automne, transcrite pour la harpe par l’interprète elle-même. Cecile Chaminade, que Georges Bizet surnommait "mon petit Mozart", a eu une carrière riche et comme compositrice (plus de 400 œuvres) et comme interprète. Elle a été saluée par la critique et aimée par son public, avant ses soucis de santé et une mort triste en 1944. Elle a longtemps été oubliée, avant qu’on ne la découvre depuis quelques années, dans ce mouvement de redécouverte de compositrices souvent reléguées injustement au second plan. Proposer cette féerique valse permet à Mélanie Laurent de souligner que le répertoire pour harpe est relativement peu  important. Cela dit, les pièces de musique de chambre frappent souvent par leur excellente beauté, grâce à un instrument aux possibilités sonores quasi infinies. Preuve supplémentaire avec la pièce Près du Ruisseau, op. 9, de Mel Bonis (1858-1937), de nouveau une transcription pour harpe par Mélanie Laurent. Mel Bonis est une compositrice moins connue, malgré sa production importante. Elle est présente dans l’enregistrement de Mélanie Laurent avec une jolie pièce onirique. Le livret rappelle que le morceau a été composé en 1894, une date qui a son importance chez les harpistes car elle marque l’invention de la harpe chromatique, sans pédales.

    Germaine Tailleferre (1892-1983) était membre du Groupe des Six, avec Georges Auric, Louis Durey, Arthur Honegger, Darius Milhaud et Francis Poulenc – elle est la seule femme. On a peine à croire que l’union de ces artistes va remuer le petit monde musical. Créé en pleine première guerre mondiale, le Groupe des Six fait souffler un vent de modernité et de fraîcheur insouciante. De la fraîcheur, il y en a certes dans la Sonate pour harpe de Germaine. On est dans un néo-classicisme typique de la musique française de cette période, harmonique, joueuse (Allegretto), immédiatement attachante (Lento) et aussi naturaliste, avec ces pluies de notes cristallines (Perpetuum mobile). Cette sonate est une œuvre importante pour cet instrument, "la plus moderne de ce programme".

    Tout aussi naturaliste, Le Jardin mouillé de Jacques de la Presle (1868-1969) propose une pièce lumineuse, servie par une Mélanie Laurent impeccable dans ces ruisseaux de notes et faisant découvrir un compositeur rare qui citait des vers d’Henri de Régnier en exergue de sa partition : "Il pleut, et les yeux clos, j’écoute / De toute sa pluie à la fois / Le jardin mouillé qui s’égoutte / Dan,s l’ombre que j’ai faite  en moi".

    Henriette Renié (1875-1956), figure importante de la harpe, fait le choix de la méditation Contemplation, un morceau inhabituellement peu virtuose ("Andante religioso", comme elle le notait). On est heureux de la présence de Debussy avec ces Danses Sacrées et Profanes. Elles sont présentes ici dans une version pour quatuor à cordes. Citons les violonistes Manon Galy et Sarah Jegou-Sageman, Élodie Laurent à l’alto et Maxime Quennesson au violoncelle. On n’insistera jamais assez la modernité de Debussy comme l’attachement que l’on a inévitablement dès sa première écoute. Mélanie Laurent fait plus que maîtriser son sujet. Elle propose une version lumineuse et aux mille nuances de ces deux pièces d’un raffinement extrême. À l’écoute de la Danse profane, Debussy nous paraît proche et semble nous parler.    

    Autre figure majeure de la musique, Maurice Ravel est présent avec le monument qu’est l’Introduction et Allegro pour harpe, flûte, clarinette et quatuor à cordes. Toute l’essence de Ravel est là : poésie, modernité, subtilité des dialogues entre instruments et légèreté qui n’est absolument pas de la facilité. Bien au contraire. .

    Ce très beau programme dédié à la harpe se termine avec Marcel Tournier et sa pièce L’Éternel rêveur. Mélanie Laurent la dédie à son père, décédé peu de jours avant l’enregistrement de l’album. Il s’agit d’une courte pièce infiniment mélancolique, l’une des dernières du compositeur. Elle vient clore à point nommé ce très bel opus de Mélanie Laurent. 

    Mélanie Laurent, Pastel, Chaminade – Debussy – Ravel, Indésens Calioppe, 2025
    https://indesenscalliope.com/boutique/pastel
    https://melanie-laurent-harpiste.com
    https://www.facebook.com/melanie.laurent.3726
    https://www.instagram.com/melanie_laurent_harpiste
    https://www.youtube.com/channel/UCjaneaX0NKjqnfvX-wL67yg

    Voir aussi : "Anaëlle Tourret : ‘Il me tient toujours à cœur de proposer des horizons nouveaux’"
    "Perspectives de la harpe"
    "De la Tchéquie à Vienne avec Vanhal"

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  • Devenir Andrea Ponti

    On est heureux de revoir et de réentendre Andrea Ponti, avec son nouvel EP, Deviens. 

    On retrouve son univers et son idéal : un monde coloré, lumineux et fait de résilience. Dans Sors, la chanteuse parle d’un sujet qui ne peut pas rester indifférent : l’absence de nuances ("On ne mélange pas les couleurs") et cette incapacité de s’ouvrir au monde, de sortir. On ne peut qu’être sensible à cette manière de s’engager, dans la douceur et avec pertinence et intelligence. 

    Pour Tu t'envoles, De sa voix veloutée, Andrea Ponti laisse exprimer la maman qu’elle est, regarder son enfant quitter son foyer : "Tu ne pars pas / Tu t envoles / Et si je pleure juste un peu / C’est que mes larmes / Consolent / Ce cœur qui pleure / De te savoir heureux".

    Résilience

    Sensible, Andrea Ponti l’est et elle ne s’en cache pas. Deviens, le morceau qui donne son nom à l’opus, laisse parler la petite fille qu’elle était : "Tu la vois l’enfant fragile / Sous mes airs assurés / Les yeux au bord, Le cœur docile / D’avoir su trop aimer… / Regarde / Ferme les yeux pour me voir / On se voit mieux dans le noir". C’est aussi Va vis deviens, dont nous avions déjà parlé sur Bla Bla Blog, et qui voit l’artiste parler à la gamine qu’elle était quelques années plus tôt.

    Musicalement, Andrea Ponti arrive à marier chanson française et pop d’aujourd’hui, sans s’empêcher de jolis mariages sonores et rythmiques (Toi aussi).

    Avec cet EP, l’artiste impose sa marque de fabrique, avec une production soignée sur laquelle se sont penchés des noms reconnus, à commencer par  Igit (Barbara Pravi, Eurovision) ou encore Jonathan Cagne (Héléna, Louane).

    Andrea Ponti n’a jamais caché son riche parcours et son choix. Elle peut même le porter comme une médaille ! L’EP Deviens fait figure de confession émouvante mais aussi d’une filiation musicale. La preuve avec Je l’aime à mourir, une sensible et féminine interprétation du classique de Francis Cabrel.

    Andrea Ponti, Deviens, Satine Prod, 2025
    https://andreaponti.net
    https://www.facebook.com/andreaponti.off
    https://www.instagram.com/andreaponti_off
    https://www.tiktok.com/@andreaponti_off

    Voir aussi : "Que devient Andrea Ponti ?"
    "Andrea Ponti : 'Aujourd’hui, nos retrouvailles sont une évidence'"
    "Regarde Andrea Ponti"

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  • Made in Switzerland

    Ces trois là nous viennent de Suisse – de Romandie pour être plus exact. Ils nous proposent avec l'album Secret Songs (chez Indésens) un programme de musique allemande. La soprano Léonie Renaud, le clarinettiste Damien Bachmann et le pianiste Christian Chamorel s’attaquent à trois figures du romantisme germanique, à savoir Louis Spohr, Carl Maria von Weber et l’incontournable Franz Schubert.

    Arrêtons-nous d’abord sur les deux premiers. Louis – né Ludwig – Spohr (1784-1859), assez rare sur disques et en concerts, a pourtant été le plus grand compositeur de son époque, après les morts de Weber et surtout de Beethoven. Chef d’orchestre archidoué et pédagogue reconnu, il a su faire sa place dans le beau monde allemand et autrichien. On le découvre ici comme compositeur de Six Lieder allemands.

    Léonie Renaud s’en empare avec bonheur, alternant passion ravageuse (Sei still mein Herz : "Sois calme mon cœur, et n'y pense plus, / C'est maintenant la vérité, le reste est illusion."), candeur (le court et bucolique Zwiegesang), mélancolie (Sehnsucht) ou nostalgie (Das heimliche Lied). L’auditrice ou l’auditeur fondera à l’écoute de la berceuse (Wiegenlied), comme susurrée par la soprano suisse. La clarinette de Damien Bachmann semble se pencher tout autant au-dessus de l’enfant sur le point de s’abandonner. Il faut saluer le trio d’artistes en osmose dans un programme de chambre d’une très grande finesse. Christian Chamorel, que nous avions croisé avec Rachel Kolly dans un remarquable album sur Brahms, accompagne avec tact et efficacité ses deux acolytes, laissant la place à une Léonie Renaud enflammée (le vibrant Wach auf!) et un Damien Bachmann éclatant, donnant à son instrument souffles, rythmes et couleurs.

    Il faut saluer le trio d’artistes en osmose dans un programme de chambre d’une très grande finesse

    Jusque là discret, Christian Chamorel prend une place plus importante dans le Grand Duo concertant pour clarinette et piano op. 48 de Carl Maria von Weber (1786-1826). Une autre figure reconnue du romantisme allemand, mais lui aussi boudé après sa mort prématurée à l’âge de 39 ans – il était d’une santé fragile. Weber a laissé une œuvre abondante souvent peu jouée, si l’on excepte son opéra Der Freischütz. On le retrouve ici dans ce Grand duo en mi bémol majeur. Bachmann et Chamorel s’y disputent la vedette avec virtuosité (Allegro con fuoco). Le romantisme pointe le bout de son nez dans l’Andante con moto à la beauté funèbre, avant que la vie ne danse avec la nuit (le scintillant Rondo: Allegro).

    Franz Schubert (1797-1827) apparaît comme la grande star de ce programme romantique. Renaud, Bachmann et Chamorel ont choisi 5 lieder représentatifs du génie allemand. Il y a ce court An den Frühling, pudique chant de bienvenue et de regret adressé à un jeune homme. Le Sprache der Liebe, quant à lui, plus long, est la déclaration à une bien-aimée, en musique bien sûr. Avec le lied Rastlose Liebe, op. 5 n°1, nous retrouvons l’ADN du romantisme dans lequel nature et sentiments sont étroitement liés. Léonie l’a parfaitement compris, qui insuffle sa fougue et sa douloureuse passion.

    L’amour, toujours l’amour, avons-nous envie de dire en écoutant le Sei mir gegrüßt!, déchirante adaptation d’un poème des Roses d’Orient de Friedrich Rückert en forme de missive ("Je suis avec toi, / Tu es avec moi, / Je te serre dans mes bras, / Salutations ! / Je t'embrasse !"). La poétesse  Caroline Louise von Klencke est l’autrice du texte d’Heimliches Lieben op. 106. n°1. Schubert semble se faire à la fois plus léger et aussi plus sensuel dans le poème originellement nommé À Myrtille : "Ma vie, en cet instant, ne tient qu'à ta douce bouche rosée, et manque de m'abandonner dans ton étreinte intime". Quelle belle déclaration ! La soprano l’interprète avec sensualité.  

    L’album s’achève sur Le pâtre sur le rocher (Der Hirt auf dem Felsen, op. 129 D. 965), sans doute l’une des plus belles pièces du programme. Schubert compose ce lied incroyable sur son lit de mort en 1828. Impossible de ne pas voir dans ce chef d’œuvre un long et poig, autant qu'un chant d’amour pour la vie. La clarinette de Damien Bachmann est une merveille et Léonie Renaud y amène puissance vocale et accents pathétiques : "Bientôt ce sera le printemps / Le printemps, mon espoir / Il me faut maintenant / M'apprêter à partir". Une merveille. On n’est pas prêts d’oublier les dernières mesures de ce Pâtre sur le rocher.    

    Renaud / Bachmann / Chamorel, Secret Songs, Schubert / Spohr / Weber,
    Indésens Calliope Records, 2025

    https://indesenscalliope.com
    https://www.leonierenaud.ch
    https://damienbachmann.com
    https://christianchamorel.ch

    Voir aussi : "Brahms doublement suisse (et même triplement)"
    "Les nouveaux romantiques"

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  • Les nouveaux romantiques

    Dans l’album au titre poétique, Chimères (KNS Classical), c’est avec une belle énergie que la violoncelliste Mathilde Reuzé s’empare de la Sonate en fa majeur opus 6 de Richard Strauss. La pièce date de 1881. La vibrante puissance de la violoncelliste est soutenue par le piano sans faille d’Alessandro Tardino, dans un Allegro con brio tout en romantisme – ou plutôt néoromantisme. Que l’on pense aussi à ce déchirant Andante ma non troppo, pour lequel Mathilde Rezé fait ressortir toute l’âme de son instrument.  

    Nous sommes en plein XIXe siècle et Richard Strauss n’a que 19 ans lorsqu’il compose cette pièce pour un instrument qu’il connaît peu. Contre toute attente, elle va être l’un de ses premiers grands succès qui entre très vite dans le répertoire pour violoncelle. Que Mathilde Reuzé le propose n’est donc pas une surprise. Strauss avait écrite sa Sonate pour violoncelle et pianoforte. C’est le piano qui a été choisie ici, joué par Alessandro Tardino.

    La petite histoire raconte que cette sonate est intimement liée à Dora Wihan, pianiste et épouse du violoncelliste Hanuš Wihan à qui Richard Strauss avait dédié la sonate. Richard Strauss se lia d’amitié avec Dora Wihan, et sans doute d’amour. Et si derrière cette œuvre romantique il n’y avait pas des messages adressées à cette amie de Strauss ? L’écoute de l’œuvre, en particulier du Finale Allegro vivo laisse deviner un Richard Strauss à la fois sensible, jovial, mystérieux et… amoureux.  

    César Franck est présent avec sa délicate et mélodieuse Sonate en la majeur FWV 8. Elle a été écrite pour violon et piano. Elle est jouée ici pour violoncelle et piano. César Franck n’est pas le compositeur le plus populaire mais comment ne pas résister à ce néoromantisme si attachant ? L’Allegretto ben moderato est interprété avec onctuosité et un tact infini. Écrite en 1886 pour le violoniste Eugène Ysaÿe, la Sonate en la majeur a sans doute inspiré Marcel Proust comme modèle pour sa mythique et néanmoins imaginaire Sonate de Vinteuil, présente dans À la recherche du temps perdu. Contrairement à Richard Strauss pour son opus 6, quand il composé sa pièce, César Franck est à la fin de sa vie. Il décède en 1890. Quelque part, sa sonate en la majeur marque l’aboutissement artistique d’un compositeur auréolé de gloire mais qui se sait au crépuscule de son existence. Que l'on pense au singulier Allegro, qui ne l’est pas tant que ça !  

    Retrouver Claude Debussy

    La sonate de César Franck traduit également l’empreinte d’une musique française tentant de rivaliser avec le répertoire allemand, à commencer par Mahler et par – tiens ! – un jeune Richard Strauss. Le Recitativo-Fantasia séduit par ses lignes mélodiques et s’avère sans doute plus moderne qu’on ne veuille bien y croire, grâce à son caractère onirique. La sonate se termine par un quatrième mouvement, chose peu habituelle. Le court Allegretto poco mosso achève de nous convaincre de la pertinence de César Franck dans cet enregistrement menée par deux jeunes musiciens peu intimidés par le compositeur français.

    Les auditrices ou auditeurs seront sans doute ravi de retrouver Claude Debussy conclure ce programme très XIXe siècle. Sa Sonate en ré mineur a été écrite en 1915, soit trois ans avant la mort du musicien. Il a composé une œuvre crépusculaire ce que traduisent Mathilde Rezé et Alessandro Tartino. Le piano vient soutenir un violoncelle dominant le Prologue mystérieux.

    Avec la courte Sérénade, Debussy rend hommage au répertoire ancien mais avec une folle modernité. À l’époque, Debussy, auréolé de gloire, peut tout se permettre, y compris montrer qu’il est à l’écoute du XXe siècle révolutionnaire. Mathilde Rezé affole les pizzicatos avec gourmandise, accompagnée par le piano discret d’Alessandro Tartino. Le Finale voit ressurgir le Debussy que l’on connaît : romantique et mystérieux. On a envie d’ajouter "onirique" et même "méditerranéen", avec ses clins d’œil à l’Espagne qu’il avait déjà mis en musique dans ses Images pour orchestre (Ibéria). Mathilde Rezé termine en beauté ce superbe album en y mettant du rythme, du souffle romanesque, de la chaleur et de la couleur. De là où il est, Debussy peut la remercier.

    Chimères, Strauss, Franck et Debussy, Mathilde Reuzé (violoncelle), Alessandro Tardino (piano), KNS Classical, 2025
    https://www.mathildereuzecello.com
    https://www.instagram.com/mathildereuze
    https://www.youtube.com/channel/UCfBPQiNV_JMWd06S4DSkPaA
    https://www.knsclassical.com/kns-classical
    https://alessandrotardino.com
    https://open.spotify.com

    Voir aussi : "Parveen Savart : ‘Une modestie bouleversante’"

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  • Irrévérence et vénération

    Bla Bla Blog termine l’année en beauté avec un des plus beaux et des plus surprenants albums de ces derniers mois. Nous sommes dans un univers affolant, plein d’aplomb, de passion mais aussi de justesse avec cet album de Venerem dont le titre frappe fort à propos : Strike (Orlando). Le quatuor propose là un album incroyable mêlant avec bonheur musique Renaissance, baroque, néoromantisme, classicisme et jazz. Le tout dans un esprit rock.

    Le titre de l’opus fait référence à Strike The Viol, une ode pour l’anniversaire de la reine Mary. Laureen Stoulig propose l’une des plus étourdissantes versions de la pièce d’Henry Purcell (1659-1695). Impossible de ne pas parler des trois musiciens qui l’accompagnent dans cette version jazz électrisante, le pianiste et formidable arrangeur Marlo Thiennes, Michel Meis aux percussions et Simon Zauels à la basse électrique. Strike The Viol est l’un des plus beaux morceaux qui soient dédié à la musique, au plaisir et aux harmonies.

    Le second morceau de Purcell est The Cold Song, un tube tiré de l’opéra King Arthur. Et dire que cet opéra date de 1691 ! The Cold Song est redevenu célèbre au début des années 80 grâce au regretté Klaus Nomi. L’air devient ici un authentique morceau rock, grâce à la voix de Laureen Stoulig que la soprano franco-mauricenne pousse jusqu’à ses extrêmes limites. Une version là aussi inoubliable, servie par une prise de son captant jusqu’à la moindre variation du souffle de la chanteuse.    

    L’auditeur ou l’auditrice découvrira sans doute le compositeur Franceso Bartolomeo Conti (1682-1732). L’AriaAllegro, est extrait de sa cantate Languet anima mea. Comme pour le Strike The Viol de Purcell, il semble entendre chez les Venerem le même swing que Jacques Loussier, lorsque ce dernier faisait rimer Bach et jazz, ne s’interdisant pas plus l’irrévérence. 

    Un univers affolant, plein d’aplomb, de passion mais aussi de justesse 

    Après un instrumental – jazz, comme de bien entendu – de Marlo Thiennes, sous forme d’Entracte, c’est Vivaldi qui est présent avec le Cum Dederit, extrait du Nisi Dominum RV 608. La relecture moderne est plus sobre, gardant cet esprit sacré et recueilli, mais non sans d’infimes variations sonores. Voilà qui donne à ce Cum Dederit, un supplément d’âme et de mystère.

    Mais les Venerem ne sauraient pas s’arrêter en si bon chemin, sur le répertoire Renaissance et baroque. Le quatuor interprète avec simplicité une mélodie du compositeur néoromantique Reynaldo Hahn (1874-1947). À Chloris est une jolie déclaration d’amour, réservée, pudique et comme hors du temps : "S'il est vrai, Chloris, que tu m'aimes / Mais j'entends, que tu m'aimes bien / Je ne crois pas que les rois mêmes / Aient un bonheur pareil au mien".

    On est heureux de trouver dans ce somptueux album la magnifique Passacaille de Lully (1632-1687), extrait de son opéra Armide. La facture versaillaise, intacte, se pare des couleurs et des rythmes jazz. Le tout est porté par la voix cristalline de Laureen Stoulig.

    L’album porté par le quatuor se révèle un tour de force musical, intelligent, entre vénération et audace. Décidément, ce Strike finit par nous mettre KO debout.  

    Venerem, Strike, Orlando, 2025
    https://www.venerem-art-music.com
    https://orlando-records.com
    https://www.facebook.com/profile.php?id=100057786787723
    https://laureenstoulig.fr
    https://www.facebook.com/laureen.stoulig
    https://www.instagram.com/venerem_early_art_music

    Voir aussi : "Full sentimental"

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  • Zeland of the rock

    Diablement séduisant cet album des BB & The Bullets, tout comme l’illustration de l’album, simple, colorée et efficace. L’opus High Tide se compose de sept morceaux originaux et de cinq reprises de classiques du blues. : "Nous avons inclus des reprises de blues car nous voulions nous imposer comme un groupe de blues contemporain, capable de nous intégrer facilement à un festival ou à un concert aux côtés de groupes de blues modernes comme Joe Bonamassa et Eric Gayles", explique le leader du groupe.

    L’efficacité justement de High Tide frappe aux oreilles dès le premier morceau de Brian Baker et ses amis. Avec Something In The Water, nous sommes dans un rock de bon aloi, serti de perles blues, y compris dans l’esprit (Born Under A Bad Sign).  

    BB & The Bullets ne nous vient pourtant pas des États-Unis mais de Nouvelle Zélande. Aucune importance, tant le trio a intégré l’ADN l’esprit du sud américain (High Tide). On sent que le groupe mené par Brian Baker s’arrache dans un album produit avec soin et semblant intemporel (I Can Tell).

    Sacrément culottés

    Le plaisir est manifeste dans cet album blues rock (Walking The Dog, Letting Go), par ailleurs d’une belle énergie (Little Fischies ou le formidable Brian’s Boogie). Tout cela sent la bonne cuisine à l’ancienne, sans conservateurs ni additifs… ni surtout instruments électroniques et autres ordis.

    Sacrément culottés, les BB & The Bullets proposent une reprise très rock du tube I Want You de John Lennon Paul McCartney, un titre écrit pour l’album Abbey Road des Beatles. Une jolie surprise.

    L’esprit pop n’est finalement jamais très loin dans cet album à la production bien soignée (The Thrill Is Gone), se terminant avec un Big Boot Running en forme de signature venue tout droit de l’autre côté de la planète. Comme quoi, l’avenir du rock peut aussi venir d’au-delà des États-Unis. 

    BB & The Bullets, High Tide, Nixon Street Recordings/Dixiefrog, 2025
    https://www.facebook.com/bbandthebullets
    https://www.instagram.com/bb_and_the_bullets
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    Voir aussi : "Une Altiera bien corsée"
    "Dahlia colorée"

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  • Full sentimental

    Nous avions parlé il y a quelques semaines de l’excellente Compagnie Outre Mesure et de ses Tourbillons de l’amour. Retour aujourd’hui à Versailles pour cet autre ensemble, Cappella Leonis, dans un enregistrement lui aussi "full sentimental", Partout amour me vient chercher (chez Indésens) est le tire de l’opus.

    Le programme est composé d’œuvres de Nicolas de Grigny (1672-1703), Henry Du Mont (1610-1684), Louis Couperin (1626-1661), Étienne Richard (1621-1669), Charles Richard (1620-1652), Jean Lacquement Dubuisson (1622-1680), Jean de Sainte-Colombe Fils (1660-1720) et Antoine de Boësset (1586-1643).

    De par leur notoriété, Du Mont, De Grigny et surtout Couperin sont mis en exergue. Il n’en reste pas moins vrai que Partout amour me vient chercher est une double découverte : celle de compositeurs, tels Étienne et Charles Richard, Lacquement Dubuisson et de Boësset, surtout connus des spécialistes, mais aussi celle d’une musique jouée par des instruments d’époque rares – dessus de viole, violoncelle d’amour, chalumeaux, cervelas (sic), basson baroque ou virginal – donnant à ce disque des couleurs singulières et un fort parfum d’authenticité. À cela s’ajoutent des chanteurs et chanteuses dans des registres là aussi inhabituels (dessus, bas dessus, haute-contre, taille et basse).

    Nous voilà donc à la cour du Roi Soleil avec, pour commencer, Nicolas de Grigny et son Ouverture en G-resol-b par Mgr Degrigni (ou "Ouverture en G ré Sol"). Il faut souligner l’influence de ce compositeur, génie de l’orgue, influençant jusqu’à un certain Jean-Sébastien Bach.

    Le titre de l’album reprend une des chansons de Du Mont. Bien que le compositeur belge – mais qui a fait toute sa carrière en France – ait excellé dans la musique religieuse, ce sont des chansons que propose l’Ensemble Capella Leonis, dirigé par Cédric Costantino et Philippe Foulon. Authenticité garantie pour ces pièces touchantes et aux sonorités nous renvoyant près de 350 ans en arrière  (Chanson VII : Je n’ay jamais parlé, Chanson I : Laisse moy soupirer) , la plupart singulièrement longues : plus de 9 minutes 30 pour Quand l’esprit accablé et pas moins de 7 minutes pour Je n’ay jamais parlé, Laisse moy soupirer et Ô mon cœur ! Osez-vous aymer Silvie ? Henry Du Mont insuffle cependant ce je ne sais quoi d’esprit religieux, à commencer par le bien nommé Air spirituel et Chanson XX, Quand l’esprit accablé.

    Décidément, Henry Dumont est largement à l’honneur dans l’album de l’Ensemble Capella Leonis

    Décidément, Henry Dumont est largement à l’honneur dans l’album de l’Ensemble Capella Leonis. Bannissons la mélancolie (Chanson III), avec une légèreté inhabituelle dans le répertoire louisquatorzien. Légèreté également dans la courte et souriante chanson à boire Je ne sçay ce que c’est ("Pour bien entonner cette liqueur bachique / Je ne céderois pas à toute la musique").

    On retrouve avec plaisir François Couperin et ses Carillons de Paris, une pièce d’un parfait équilibre entre baroque versaillais majestueux et ce je ne sais quoi de joliesse propre à faire danser, comme si tout Versailles partait s’encanailler dans les rues de la Capitale.

    Arrêtons nous plus longtemps sur les frères Richard dont nous savons peu de choses, et sur leur vie et leur œuvre. Étienne Richard était réputé comme organiste, claveciniste et compositeur, bien que ses créations nous soient parvenues de manière lacunaire. Il est présent ici avec une Sarabande suivie de son double. Voilà une vraie découverte, délicate, tout en brio, dans une danse appréciée à l’époque. Il s'agit d'une pièce pudique et envoûtante tout à la fois. Son frère Charles Richard est également présent avec un Prélude pour orgue, orchestré ici sur instrument d’époques. Le livret émet un doute quant à la paternité de cette pièce qui pourrait bien être de son frère. Mais peu importe, tant il est rare d’écouter ces compositeurs.  

    Autre quasi inconnu, Jean Lacquement Dubuisson a pourtant laissé une œuvre abondante de près de 111 pièces, toutes pour basse de viole seule. Rien d’étonnant donc à ce que l’on retrouve ici une Fantaisie pour cet instrument.

    On sait depuis le film Tous les matins du monde que le répertoire versaillais inclus des pièces aux antipodes du baroque européen : épurées, sensibles et déchirantes. Le nom de Sainte-Colombe, père, vient immédiatement en tête. Or, c’est Jean de Sainte-Colombe, le fils, que l’Ensemble Capella Leonis a choisi de mettre à l’honneur. Il s’agit d’une Fantaisie en rondeau pour viole de gambe seule. Même technicité, même simplicité cistercienne, même intériorité pour ce morceau faisant honneur au répertoire de cette époque.

    Terminons par un dernier compositeur rare. Il s’agit d’Antoine de Boësset. Il est né à la fin des Guerres de Religion et fait le lien entre la Renaissance (son apprentissage musical eut lieu, comme par hasard, à Blois et Tours) et le milieu du XVIIe siècle qui n’est pas encore versaillais. Ses airs de cour polyphoniques ont été fameux. On retrouve un de ces morceaux, Ô mort, l’objet de mes plaisirs. Auteur prolifique, il a été malgré tout oublié, si bien que le redécouvrir sur disque est d’un réel intérêt. L’Ensemble Capella Leonis rend fidèlement un malheureux transport amoureux : "Ô mort… Pourquoy secourable à mes vœux / N’esteins tu l’ardeur de mes feux ?"

    Ensemble Capella Leonis, Partout amour me vient chercher,
    Du Mont, Couperin, De Grigny
    , Indésens,  Indésens Calliope, 2025

    https://www.facebook.com/p/Capella-Leonis-100080278509265
    https://www.youtube.com/@CappellaLeonis
    https://indesenscalliope.com

    Voir aussi : "Contredanses à Versailles (et ailleurs)"
    "Minute, un peu de Stéphane Michot"

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