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roman

  • Lorsqu’un François en cache un autre

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    Avec Le Manuscrit de Quimper, le premier roman de François Lange, ancien policier reconverti en écrivain de polar historique, nous voilà dans une atmosphère sombre et une intrigue rocambolesque qui ne sont pas sans rappeler la série Vidocq. Sauf que, cette fois, l’histoire se déroule non pas durant le premier Empire puis la restauration mais en 1858, durant les premières années du règne de Napoléon III. Quant au protagoniste, l’inspecteur François Le Roy, il exerce non pas à Paris mais en Bretagne. Voilà pour camper ce roman publié par les éditions Palémon.

    Le manuscrit de Quimper est cet objet qui est au cœur d’une histoire sur fond de conspiration mais aussi de vols ourdis par une troupe insaisissable. Lorsqu’un antiquaire est retrouvé sauvagement assassiné chez lui, l’émoi est à son comble chez les notables mais aussi les autorités locales, la préfecture en tête.

    Un exutoire

    L’inspecteur Fañch Le Roy – dont on devine que l’auteur, qui porte le même prénom que son héros, a mis beaucoup de lui-même – est chargé de retrouver le ou les criminels. Bientôt, il apparaît qu’un étrange manuscrit, qui conduit tout droit à une société secrète, pourrait être la solution de ce mystère. Et pendant ce temps, il y a aussi cette affaire de vols à grande échelle : une autre épineuse affaire à régler au cœur de la Bretagne bigoudène.

    Roman historique se déroulant durant le Second Empire, Le Manuscrit de Quimper est un agréable polar régional, dans un pays que François Lange connaît bien. À bien des égards, ce roman – le premier que l’auteur a écrit, et qui a bien failli rester dans un tiroir –, était un exutoire lorsqu’il exerçait comme officier de police : " Je l’ai commencé en 2005. J’ai ressenti le besoin d’écrire en raison d’une mésentente avec la procureure de la République en poste à l’époque," dit-il dans une interview pour Côté Quimper. Redécouvert 13 ans plus tard, Le Manuscrit de Quimper est finalement publié et devient le premier tome d’une série sur ce policier pugnace, courageux et dévoué qu’est François Le Roy, avec "ce même regard transparent et apparemment vide de tout sentiment."

    François Lange, Le Manuscrit de Quimper, éd. du Palémon, Quimper, 2018, 189 p.
    https://www.palemon.fr
    Page Wikipédia de l’auteur

    Voir aussi : "La femme est l'avenir de l'homme planqué"

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  • Point de fuite

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    "Le chagrin est une œuvre d’art comme les autres" annonce Céline Guarneri en exergue de son dernier roman, Furtiva Lagrima (éd. La Trace). Il est vrai que son récit commence comme un drame que l’auteure va élégamment et avec justesse déployer sur quelques jours.

    Ce drame est annoncé par le premier chapitre consacré à Louis Maurand, un critique et collectionneur d’art contemporain lyonnais qui a imposé son autorité sur sa famille, une épouse qui s’est volontairement effacée (et que le lecteur ne croise qu’épisodiquement) et surtout leurs quatre enfants avec qui les relations n’ont jamais été simples. Il y a les deux jumeaux, Maxime et Stanislas, la sœur Béatrice et Hadrien.

    Stanislas est devenu violoniste international reconnu. C’est "le fils parfait, le fils préféré", coulant un amour a priori parfait avec sa fiancée, Salomé, une danseuse de tango argentine (un domaine que l’auteure connaît bien).

    Maxime, qui est artisan ébéniste, cache de son côté deux secrets qu’il ne parvient pas à révéler à un père qui l’a toujours impressionné.

    Béatrice, elle, s’est installée non loin de ses parents dans une vie triste, bourgeoise et frustrante, avec un mari qui a fini par l’insupporter et deux enfants, deux filles un poil têtes à claques ("Elle avait parfois une envie furieuse de claquer la porte, de monter ans un avion et de fuir son rôle de maman à plein temps").

    Quant à Hadrien, sur lequel Céline Guarneri concentre peu à peu tout son récit, c’est un fils à la réussite éclatante : il est trader à Paris et coule le grand amour avec Daphné, une brillante et irrésistible intellectuelle parisienne. Il est aussi celui qui a pu rompre tout lien avec son père, à telle enseigne que lorsqu’il apprend son accident de voiture, il hésite à se rendre à son chevet, malgré l’insistance de sa petite amie.

    Une figure paternelle à la fois incontournable, impressionnante et mystérieuse

    Dans cette famille lyonnaise déchirée et aux lourds secrets, voilà donc la fratrie réunie à l’occasion d’un drame qui concerne une figure paternelle écrasante, suscitant tour à tour l’admiration, le respect, la colère, mais aussi la fuite, comme le devine d’instinct Salomé ("Décidément, les frères Maurand étaient tous porteurs du gène de la fuite"). La fuite est du reste ce qui semble l’emporter chez ces quatre rejetons qui ont toujours été en attente d’une forme de reconnaissance, à l’instar de l’ébéniste et artiste contrarié, Maxime.

    Louis Maraud, personnage omniprésent, est singulièrement le grand absent de ces retrouvailles qui, des quais de la gare Lyon Part-Dieu aux couloirs d’un hôpital en passant par la luxueuse maison de Béatrice, font figure de "sinistre corrida des émotions."

    Grâce à son écriture précise et sensible, Céline Garneri observe en entomologiste patiente cette famille dont la souffrance semble se transmettre inexorablement de père à enfants. De Paris à Lyon, en passant par Budapest et l’île italienne d’Ischia, l’auteure trace des points de fuite qui ramènent toutes à une figure paternelle à la fois incontournable, impressionnante et mystérieuse. La sœur et les trois frères, à commencer par Hadrien, s’interrogent sur la reconnaissance qu’ils n’ont souvent jamais eue et sur un amour paternel qui semble faire surface au cours de cette semaine tragique : "La mort nous jette sur une plage inconnue et austère où se côtoient souvent tristesse et colère, désespoir et culpabilité et cette terrible sensation d'abandon."

    Cette période crépusculaire, Céline Guarneri la décrit aussi comme le moment-clé où des destins mais aussi des amours se jouent. Ce qui était une réunion familiale douloureuse se révèle finalement comme une catharsis salutaire, au risque de bousculer les vies et les couples : "Les émotions, c’est fait pour sortir. Les cornichons aussi sortent du bocal un jour."

    Céline Guarneri, Furtiva Lagrima, éd. La Trace, 2020, 260 p.
    https://www.celineguarneri.fr
    https://www.editionslatrace.com/product-page/furtiva-lagrima

    Voir aussi : "Roman-feuilleton 3.0 sur un air de tango"

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  • Une autre Amérique

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    C’était en 2007. L’écrivain américain Philip Roth décrivait dans Le Complot contre l'Amérique une uchronie. Il imaginait la prise au pouvoir en 1940 de Charles Lindbergh, le héros de la traversée de l’Atlantique (1927). Alors que l’Europe plongeait dans la catastrophe nazie, les États-Unis s’enfermait dans un neutralisme coupable, attisés par des relents d’antisémitisme et de complicité avec l’Allemagne du IIIe Reich.

    The Plot Against America est l’adaptation en mini-série de cette réécriture de l’histoire, sur le modèle du Maître du Haut Château de Philip K. Dick. Que se serait-il passé si, au lieu du deuxième mandat de F.D. Roosevelt, les Américains avaient choisi le "héros de l’Atlantique" et de personnalités respectées, à l’exemple d’Henry Ford ? La question n’a rien d’absurde, tant l’opinion américaine était à l'époque partagée au sujet de l’interventionnisme. Ajoutez à cela la peur du communisme et l’antisémitisme bien présent. Le terme de "complot" prend tout son sens, et le spectateur de 2020 verra dans cette histoire écrite il y a plus de dix ans de troublantes analogies avec les soubresauts du monde moderne : la peur, les "aventuriers"en politique ou les extrémismes de tout bord. Ça ne vous rappelle rien ?

    Uchronie

    Pour cette uchronie dont le récit s’étale sur six épisodes, les showrunners Ed Burns et David Simon font le choix de la fidélité au roman de Philip Roth. Charles Lindbergh est singulièrement peu présent dans la mini-série, ce qui peut être regrettable, car il y avait sans doute matière à booster cette uchronie grâce à l’histoire tragique de l’enlèvement médiatisé de son fils.

    Cette Amérique imaginaire mais plus vraie que nature est vue sous l'angle d'un petit garçon juif, Philip – comme l'auteur. La mini-série HBO reconstitue avec soin l’Amérique des années 40, tout en déployant avec soin une histoire familiale, qui est aussi le récit d’une enfance.

    Y figurent en bonne place les parents de Philip, Alvin (Anthony Boyle) et Elizabeth Levin (Zoe Kazan, formidable). Mais il convient de dire que ce sont deux autres personnages, bien que mis au second plan, qui sont les plus intéressants : John Turturro  dans le rôle du rabbin Lionel Bengelsdorf et Winona Ryder. Cette dernière irradie, fascine et exaspère à chaque plan dans son rôle de compagne admirative et aveuglée d’amour pour cet homme influent d'obédience juive qui a choisi, contre toute attente, le camp de Lindbergh.

    Ces deux protagonistes sont sans doute les deux grands atouts d’une série qui nous interroge – parfois maladroitement et de manière trop appuyée – sur ces complots qui menacent nos démocraties et sur la manière dont un pays peut se déshonorer.

    The Plot Against America, série uchronique américaine d’Ed Burns et David Simon,
    avec Winona Ryder, Zoe Kazan, Morgan Spector,
    John Turturro et Anthony Boyle, saison 1, 6 épisodes, 2020, sur OCS et Canal+

    Philip Roth, Le Complot contre l'Amérique, éd, Gallimard, 2007, 476 p.
    https://www.hbo.com/the-plot-against-america
    https://www.ocs.fr
    https://www.philiprothsociety.org

    Voir aussi : "Matthew Rhys sur les pas de Raymond Burr"

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  • "Rock'n'love" : extrait 4

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    Après un retour dans les années 1990, Peter Alabama avait disparu de la circulation, la faute à un album considéré par beaucoup comme raté. Cet échec coïncidait avec les décès rapprochés de son père et surtout de sa mère, Peggy Paloma. L’ex-chanteur des Babydolls s’était donc enfui en Californie, officiellement pour se « régénérer », officieusement pour soigner une dépression. Il fit tout de même quelques concerts dans des salles confidentielles, à Los Angeles, mais le public français finit par s’habituer à son absence.

    Arsène K., Rock’n’love, éd. Harlequin, coll. HQN, 2020, 237 p.
    au format numérique
    https://www.harlequin.fr/livre/13167/hqn/rock-n-love

    Voir aussi : "Mon cœur battra toujours au même rythme que le tien"
    "Rock’n’love : extrait 2"

    Photo : Thibault Trillet - Pexels

    arsène k,roman,lucrèce,mes publications mes créations

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  • Gerhard Richter, sans le dire

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    Il s’agit au préalable de définir ce que peut être cette publication des éditions Saint-Simon, L’œuvre sans auteur.

    Évidemment, le livre de Florian Henckel von Donnersmarck renvoie au film du même nom, sorti il y a deux ans, et dont il est le réalisateur (on lui devait auparavant La Vie des Autres, archi récompensé). Une adaptation donc, et par Florian Henckel von Donnersmarck lui-même, qui a signé le scénario du long-métrage.

    Scénario, roman, adaptation : en vérité, nous avons affaire ici à un objet littéraire hybride, qui échappe à la sécheresse du genre scénaristique, tout en adoptant son efficacité et la force des dialogues. Le lecteur, qui n’a pas vu le film (ou du moins les films, puisque le long-métrage allemand était en deux parties), trouvera dans la version écrite de L’œuvre sans auteur ce qui s’en rapproche le plus.

    Mais il existe également une autre particularité dans L’œuvre sans auteur qui rend le roman, mais aussi le film, remarquable. En fin de livre, dans l’entretien que Florian Henckel von Donnersmarck a accordé au journaliste Thomas Schultze, l’écrivain, scénariste et cinéaste explique la genèse de cette œuvre qui est indissociable de la vie du peintre Gerhardt Richter, même si son nom n’est jamais cité. Henckel von Donnersmarck raconte que l’idée de raconter le début de sa carrière, commencée en RDA quelques années après la fin de la seconde guerre mondiale, n’a été rendue possible par Richter qu’à condition que les noms des personnages soient changés et que les tableaux du peintre ne soient pas utilisés. Le cinéaste précise que pour le tournage de son long-métrage, ce sont d’autres toiles qui ont été spécialement utilisées, grâce à des élèves de Richter lui-même.

    Scénario, roman, adaptation : en vérité, nous avons affaire ici à un objet littéraire hybride

    "Un récit inspiré de personnages réels", est-il précisé dans le roman publié par les éditions Saint-Simon. Kurt Barnety est Gerhardt Richter, l’une des plus grandes figures de la peinture du XXe et du XXIe siècle. Elizabeth May est Marianne Schönfelder, sa tante internée puis exécutée comme malade mentale pendant le IIIe Reich. Carl Seeband est Heinrich Eufinger, gynécologue, chirurgien, membre de la SS et impliqué dans le programme d’euthanasie à grande échelle mis en place par le régime nazi. Il deviendra plus tard le beau-père de Richter, après le mariage de ce dernier avec sa fille Elizabeth ou Ellie (Ema Eufinger dans la vie réelle).

    Voilà pour les protagonistes de cette histoire allemande, dans lequel les grandes tragédies du XXe siècle, les traumatismes de la seconde guerre mondiale, les histoires familiales et l’art se percutent de plein fouet.

    Karl est un artiste jeune et très doué lorsqu’il commence à Dresde un cursus dans les beaux-arts. Nous sommes à la fin des années 40 et l’Allemagne est scindée en deux pays : la RFA occidentale et la RDA communiste, où le peintre prometteur doit s’adapter à l’académisme et au réalisme soviétique. Quelques années plus tôt, sa tante Elizabeth lui faisait découvrir l’art moderne (dit "dégénéré"), avant d’être internée et tuée en raison de sa schizophrénie. À Dresde, Kurt rencontre une jeune femme dont il tombe amoureux. Elle s’appelle Elizabeth, elle aussi, et elle est la fille de Carl Seeband, l’un des responsables du programme qui a envoyé à la mort des centaines de milliers de malades mentaux. Mais ça, Kurt l’ignore. Par amour pour Ellie, il se fond bon gréé mal gréé dans cette famille au lourd passé. Et lorsque son beau-père décide de quitter la RDA pour la RFA en raison d’une enquête soviétique sur les anciens criminels de guerre nazis, Kurt le suit pour ne pas quitter Elizabeth. Il arrive dans un nouveau pays et doit trouver sa voie artistique.

    Ce passionnant itinéraire personnel autant qu’artistique est aussi une histoire d’amour se heurtant aux souffrances du passé. Grâce au choix littéraire de Florian Henckel von Donnersmarck, L’œuvre sans auteur se lit d’une traite et a l’immense intérêt de pousser à découvrir l’œuvre de Gerhardt Richter. L’un des plus grand peintres vivants, sans aucun doute.

    Florian Henckel von Donnersmarck, L’œuvre sans auteur,
    Le destin tragique d’une famille allemande
    Trad. Olivier Mannoni, éd. Saint-Simon, 2019, 167 p.

    http://www.editions-saintsimon.com/livres/oeuvre-sans-auteur
    http://diaphana.fr/film/l-oeuvre-sans-auteur
    https://www.gerhard-richter.com

    Voir aussi : "Sage et libre comme un poisson rouge"

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  • "Rock'n'love" : Inédit 1

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    Quelques semaines après la sortie de Rock'n'love, je vous offre sur Bla Bla Blog un passage inédit du roman. Cet extrait est un dialogue entre Lucrèce et Alessandro, au sujet d'un étrange tatouage.

    — C’est quoi ce dessin ?

    Il y avait, tatoué sur le haut de son épaule droite le torse d’une femme aux seins dénudés, sur lesquels étaient imprimés deux têtes. Il pointa du doigt deux inscriptions: « EODM » au niveau du cou et « Zipper down » au niveau de fa fermeture éclair.

    — C’est un hommage à l’album des Eagles Of Death Metal qui est sorti peu de temps avant leur concert au Bataclan.

    — L’attentat du 13 novembre, fis-je.

    — C’est mon hommage. On a perdu deux amis ce soir-là. J’ai fais faire ce tatouage dans les semaines qui ont suivies. C’est ma modeste contribution. On va d’ailleurs faire une adaptation de Complexity dans notre prochain album.

    Arsène K., Rock’n’love, éd. Harlequin, coll. HQN, 2020, 237 p.
    au format numérique
    https://www.harlequin.fr/livre/13167/hqn/rock-n-love

    Voir aussi : "Mon cœur battra toujours au même rythme que le tien"
    "Rock’n’love : extrait 2"

    Photo : Andrea Piacquadio - Pexels

    roman,lucrèce,arsène k

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  • "Rock’n’love" : extrait 3

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    Alessandro débriefait le concert avec ses trois partenaires. Tout le monde avait l’air grave des soirs de rupture. Je voyais de près le chanteur et bassiste, qui brandissait une bouteille d’Évian vindicative en direction de la pianiste, une blonde aux cheveux peroxydés et à la mâchoire proéminente. Le batteur, un type corpulent à la calvitie naissante, avait pris le parti de ne pas intervenir. Il regardait le plafond avec une expression de profond ennui. La plus véhémente était l’autre guitariste du groupe, une petite brune surnommée Frankie. Je l’entendis déclarer à Alessandro qu’il devait arrêter de se la jouer, qu’il n’était pas le groupe à lui tout seul et que c’était elle qui l’avait engagé. Il lui rétorqua que c’était la dernière fois qu’il acceptait de se produire dans ces conditions. Anna et moi débarquions au mauvais moment.

    Arsène K., Rock’n’love, éd. Harlequin, coll. HQN, 2020, 237 p.
    au format numérique
    https://www.harlequin.fr/livre/13167/hqn/rock-n-love

    Voir aussi : "Mon cœur battra toujours au même rythme que le tien"
    "Rock’n’love : extrait 2"

    Photo : Wendy Wei - Pexels

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  • Sortie de "Rock'n'Love"

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    C'est aujourd'hui que sort Rock'n'Love d'Arsène K (éd. Harlequin, HQN).

    L'histoire : de sa carrière de brillante avocate à son quotidien de maman dévouée, Lucrèce a toujours réglé sa vie comme du papier à musique. Sans l’ombre d’un doute, cet équilibre était la clé de son bonheur. Mais, en quelques jours à peine, celui-ci a volé en éclats. Alors que sa fille a fugué sans laisser de trace, son ex-petit ami, Alessandro, réapparaît sans prévenir. Ce chanteur célèbre au corps d’Apollon, à qui elle n’a pas parlé depuis vingt ans, est empêtré dans une affaire de plagiat qu’elle seule peut démêler. Prête à le défendre, Lucrèce doit pourtant rester prudente. Car, elle le sait, si elle se laisse de nouveau charmer par le rockeur, la partition qui accordait sa vie ne sera plus jamais la même.

    Arsène K., Rock’n’love, éd. Harlequin, coll. HQN, 2020, 237 p.
    au format numérique
    https://www.harlequin.fr/livre/13167/hqn/rock-n-love

    Voir aussi : "Mon cœur battra toujours au même rythme que le tien"
    "Rock’n’love" : à propos de Lucrèce"

    Photo : Lucas Pezeta - Pexels

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  • "Rock'n'Love" : à propos d'Alessandro

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    En attendant la sortie de Rock’n’love le 1er juillet prochain, et après la présentation de Lucrèce Hunger, voici ce qu’il faut savoir sur Alessandro, l'autre personnage central du roman.

    Alessandro Sullivan a entre quarante et quarante-cinq ans lorsqu’il revoit Lucrèce Hunger. Cela fait 20 ans qu’ils ne se sont pas revus. L’ancienne étudiante et ex petite amie est devenue entre-temps une avocate à la solide réputation.

    Alessandro Sullivan est bassiste et chanteur dans le groupe Solitude Mineure, qu’il a créé a lorsqu’il était étudiant. Lors de sa rencontre avec Lucrèce dans une MJC de Trappes, il fait là son unique concert avec le groupe qu’il s’apprête à quitter, les Mineures + Mineurs (avec des reprises de Nirvana, Blur et Eeels, ainsi que quelques compositions).

    Il fonde un nouveau groupe, Solitude mineure, avec une autre musicienne, Amanda Lautréamont. C’est une artiste écorchée vive et paumée. Un troisième musicien, Clément, un batteur, les suit dans l’aventure : Clément. C’est sans compter également avec Lucrèce et la sœur d’Alessandro, Anna.

    Après le départ de Lucrèce, le groupe Solitude Mineure compose une dizaine d’albums, aux succès souvent modestes, lorsqu’ils ne sont carrément pas confidentiels : Child Game, Oui + Non (avec le titre Dis juste non), Seuls (avec les singles Hey! et Together and Alone) et surtout Coralie (15 titres, dont Lucrèce, Bitume, Coralie, Dick in Dock), leur album cathartique, sorti très discrètement, mais considéré comme le plus abouti de toute la production de Solitude Mineure.

    Lorsque commence Rock’n’Roll, Alessandro Sullivan fait appel à Lucrèce et à son cabinet pour un problème de droits d’auteur : il soupçonne Peter Alabama, star vieillissante de la pop-rock de l’avoir plagié pour un de leur nouveau titre, Fort, chaud et tendre comme le rock.

    Lucrèce va-t-elle accepter de suivre ce dossier qui la ramène des années en arrière ?

    Arsène K., Rock’n’love, éd. Harlequin, coll. HQN, 2020, 237 p.
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    https://www.harlequin.fr/livre/13167/hqn/rock-n-love

    Voir aussi : "Mon cœur battra toujours au même rythme que le tien"
    "Rock’n’love" : à propos de Lucrèce"

    Photo : Lucas Pezeta - Pexels

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  • "Rock’n’love" : à propos de Lucrèce

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    En attendant la sortie de Rock’n’love le 1er juillet prochain, voici ce qu’il faut savoir sur la narratrice et personnage principale du roman.

    Lucrèce Hunger a entre 40 et 45 ans au moment du récit. Née à Paris, dans le quinzième arrondissement, elle est mariée et mère de deux enfants, Nina, 17 ans et Janus, 10 ans. Avec son mari Max, qu’elle a rencontré 20 ans plus tôt juste après sa rupture avec Alessandro Sullivan, l'autre personnage phare du roman, elle vit une vie rangée et bien organisée. Elle habite en région parisienne, dans les Yvelines, dans un élégant quartier résidentiel.

    Au moment où commence l’histoire, elle travaille comme avocate pour le cabinet Marks Prins & Jefferson, avenue Marceau, non loin des Champs-Élysées. Elle a pour amie Silvia, à la fois confidente, collègue et assistante. Lucrèce a la réputation d’être une professionnelle aguerrie et pugnace, qui a toujours cherché à contrôler sa vie comme sa carrière. Cela lui a réussi car elle est une avocate reconnue. 

    Alessandro, l’ex qu’elle a aimé pendant deux ans lorsqu’elle était étudiante, et sur qui elle a tiré un trait, réapparaît 20 ans plus tard, au plus mauvais moment.

    Bientôt, je vous parlerai d'Alessandro Sullivan.

    Arsène K., Rock’n’love, éd. Harlequin, coll. HQN, 2020, 237 p.
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    https://www.harlequin.fr/livre/13167/hqn/rock-n-love

    Voir aussi : "Mon cœur battra toujours au même rythme que le tien"

    Photo : Jéshoots - Pexels

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  • "Rock'n'Love" : extrait 2

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    Alessandro…

    C’était bien lui… C’était improbable… Irréel… Pas ici, sur mon lieu de travail, après toutes ces années…

    Et il est pour toi… Chanceuse…

    Moi, chanceuse ? C’était moins une apparition miraculeuse qu’un cauchemar…

    Lorsque je franchis la porte du bureau, Alessandro se tenait devant moi. Je me sentais écrasée par sa présence, incapable de savoir comment réagir. Fallait‑il jouer la surprise, la décontraction ou bien rester distante ? Alessandro ne semblait pas s’embarrasser de ce genre de calculs. Il planta son regard bleu dans le mien.

    — Bonjour, fit‑il simplement, comme si nous nous étions quittés la veille.

    Je reconnaissais sa voix grave et chantante, même après toutes ces années. Il s’avança vers moi avec la souplesse d’un chat. Je crus qu’il allait m’embrasser, mais il se contenta d’un salut professionnel. Sa main fine enserra délicatement mes doigts. J’étais assommée par la surprise.

    Arsène K., Rock’n’love, éd. Harlequin, coll. HQN, 2020, 237 p.
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    https://www.harlequin.fr/livre/13167/hqn/rock-n-love

    Voir aussi : "Mon cœur battra toujours au même rythme que le tien"
    "Rock’n’love" : extrait 1"

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    arsène k,roman,lucrèce,mes publications mes créationsRock’n’love d’Arsène K. sort bientôt au format numérique chez Harlequin.

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    Arsène K., Rock’n’love, éd. Harlequin, coll. HQN, 2020, 237 p.
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  • "Rock’n’love" : extrait 1

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    Je pensais à mon métier d’avocate, au prétoire, à mes talents reconnus de plaideuse. J’avais défendu avec succès des voleurs à la tire, des escrocs professionnels et des maris prenant leur femme pour des punching-balls, mais j’étais incapable de maîtriser une dispute ordinaire dans ma propre maison.

    — Quel est ton projet, exactement ?

    Plus calme, la voix de Nina redescendit de quelques octaves.

    — Partir.

    Arsène K., Rock’n’love, éd. Harlequin, coll. HQN, 2020, 237 p.,
    au format numérique

    https://www.harlequin.fr/livre/13167/hqn/rock-n-love

    Voir aussi : "Mon cœur battra toujours au même rythme que le tien"

    Photo : Daria Shavtsova - Pexels

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  • Mon cœur battra toujours au même rythme que le tien

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    Sortie prochaine de Rock’n’love d'Arsène K., chez Harlequin au format nuémrique

    De sa carrière de brillante avocate à son quotidien de maman dévouée, Lucrèce a toujours réglé sa vie comme du papier à musique. Sans l’ombre d’un doute, cet équilibre était la clé de son bonheur. Mais, en quelques jours à peine, celui-ci a volé en éclats. Alors que sa fille a fugué sans laisser de trace, son ex-petit ami, Alessandro, réapparaît sans prévenir. Ce chanteur célèbre au corps d’Apollon, à qui elle n’a pas parlé depuis vingt ans, est empêtré dans une affaire de plagiat qu’elle seule peut démêler. Prête à le défendre, Lucrèce doit pourtant rester prudente. Car, elle le sait, si elle se laisse de nouveau charmer par le rockeur, la partition qui accordait sa vie ne sera plus jamais la même.

    Rock’n’love paraîtra chez Harlequin au format numérique à partir du 1er juillet 2020.

    Arsène K., Rock’n’love, éd. Harlequin, coll. HQN, 2020, 237 p.
    au format numérique

    https://www.harlequin.fr/livre/13167/hqn/rock-n-love

    Voir aussi : "Sortie de mon prochain roman sous le pseudo d’Arsène K."

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  • Point de salut

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    Appréhender le premier roman de Valérian Guillaume, Nul si découvert (éd. De l’Olivier) peut rebuter, en raison du double choix stylistique de l’auteur : proposer le long discours intérieur d’un narrateur sous la forme de phrases sans ponctuation.

    Certes la forme n’est pas une nouveauté (que l’on pense à L’Automne du Patriarche de Gabriel García Márquez), mais cela reste tout de même suffisamment rare pour le signaler et pour décontenancer le lecteur. Quant au monologue à la Molly Bloom, s’il nous plonge dans le cerveau du narrateur grâce à ces flow de pensées, il a la particularité de nous donner peu d’informations sur lui. Tout juste sait-on que ce narrateur pour le moins déséquilibré est un jeune homme issu d’un milieu défavorisé, vivant seul (sa mère est morte et ses cendres sont conservée chez lui dans une urne), et dont les journées se passent essentiellement au cœur d’une cité sans âme.

    C’est là justement la grande puissance de ce roman qui met le style au service d’un message sur notre monde contemporain, à plus d’un égard déshumanisé.

    Cette déshumanisation est en effet au cœur du propos de Valérian Guillaume qui propose ici son premier roman. Il faut noter à ce sujet que l’artiste est également dramaturge (Désirades, Eclipses – et c’était quand même très bon, La Course), acteur (Les Oubliés de Julie Bertin et de Jade Herbulot à la Comédie Française), mais aussi scénariste pour la bande dessinée (prix Jeunes Talents 2018 du Festival International d’Angoulême avec le dessinateur Thibault Le Page).

    Un roman qui met le style au service d’un message sur notre monde contemporain

    Nul si découvert est une plongée dans un coin de France comme il en existe des milliers, avec ces zones périurbaines, ces parkings immenses, ces centres commerciaux sans âme et ses enseignes franchisées. Un de ces habitants, ce jeune homme paumé, vit là, se contentant de cet environnement froid, y voyant même une forme de poésie : "le complexe vient d’ouvrir il y a à peine deux mois c’était long mais ça en valait la peine parce que tout est hyper neuf et très joli il y a même des palmiers tropicaux à l’entrée ce qui fait que c’est vraiment immersif tout est éclairé avec une lumière bleu foncé et des étoiles de mer des dauphins et des baleineaux sont suspendus au plafond ce qui fait qu’on entre dans LaBaleine comme on entre dans une histoire."

    Une "petite vie" bien à lui, comme il le dit lui-même, avec ces longues promenades au milieu de rayonnages de biens de consommation, mais aussi ces instants de bonheur, lorsque par exemple il croise au centre nautique une jeune caissière, Leslie, qui finit par l'obséder : "j’imaginais Leslie partout dans la douceur j’imaginais Leslie de toutes les façons avec des coupes marrantes et des tenues charmantes le matin est le temps de l’invention et du ravissement." De trop brefs moments de plaisirs, vains en réalité, car tout est morne, gris ou tout simplement noir dans cet univers de PMU sordides, de rayons d’hypermarchés vendant quelques mirages de plaisir (que l’on pense à la grinçante scène de l’opération commerciale pour un jeu-concours), de prétendus amis et surtout de solitude abyssale.

    La détresse du personnage est à chaque page de cet impitoyable roman. Un roman aussi et surtout sur l’abandon : abandon de la mère, abandon du jeune homme dans une zone déshumanisée, abandon même de sa personnalité lorsque son "démon" prend le dessus sur lui.

    Valérian Guillaume déroule, impitoyable, son message pour sauver ce qui peut l’être dans notre société de consommation. Il le fait avec une écriture qui abandonne elle aussi toute ponctuation, comme s’il y avait un caractère d’urgence dans ce court roman, cinglant comme une gifle.

    Nul si découvert a été le lauréat de l'aide nationale à la création de texte dramatique – ARTCENA et sélection du prix Première de la RTBF et prix du premier roman de printemps 2020.

    Valérian Guillaume, Nul si découvert, éd. De l’Olivier, 2020, 127 p.
    http://www.editionsdelolivier.fr/catalogue/9782823615982-nul-si-decouvert
    https://www.artcena.fr/auteurs-soutenus/valerian-guillaume

    Voir aussi : "Les veilleurs immobiles"

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