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roman

  • Chaussures à son pied

    Allez, parlons de nouveau de Freida McFadden qui nous avait cueilli à froid avec sa Femme de ménage. Les mauvaises langues diront que l’autrice américaine s’est trouvée un filon en dénichant ses inspirations dans le milieu professionnel car, après les aides à domicile et les psys, voilà le milieu professoral qui est mis à l’honneur dans La prof (éd. City).

    En l’occurrence, c’est un couple d’enseignant qui est ausculté avec malice. Elle, Eve, est professeure de mathématiques, exigeante avec ses élèves, sérieuse, mais aussi frustrée sexuellement qui a deux secrets péchés plus ou moins mignons, notamment son amour pour les chaussures. Son mari Nathanael, ou Nate pour les intimes, prof d’anglais aussi bien noté par ses collègues qu’apprécié par ses élèves, n’est pas insensible à Addie, une lycéenne de 16 ans à l’origine, un an plus tôt, de méfaits pas jolis, jolis… Cette relation toxique, Eve s’en méfie comme de la peste, et elle a bien raison.

    Le roman ronronne d'abord comme un bon vieux diesel

    Freida McFadden prend son temps pour laisser infuser son trio – bientôt rejoint par des personnages secondaires importantes. Le roman ronronne d'abord comme un bon vieux diesel, alternant des chapitres courts racontés par Eve, Nate et Addie.

    L’autrice américaine n’est jamais aussi à l’aise que lorsqu’elle vent décortiquer la méchanceté humaine, les perversités et les secrets sagement gardés et qui finissent tôt ou tard par exploser. Et, soyons honnêtes, c’est ce qu’attend justement le lecteur ou la lectrice.  

    Comme pour ses opus précédents, le milieu du travail, la vie privée, les secrets de famille et les crimes commis par des gens ordinaires sont savamment dosés dans un roman qui, certes, ne révolutionnera pas la littérature mais qui fait le job. Un pur moment de plaisir… vicieux.  

    Freida McFadden, La prof, éd. City, 2025, 400 p.
    https://www.freidamcfadden.com
    http://www.city-editions.com

    Voir aussi : "Premier nettoyage à sec"
    "Les larmes ne se voient pas dans l'eau des piscines"

  • Les larmes ne se voient pas dans l'eau des piscines

    Remontons six ans en arrière, en 2020 plus précisément, année de la sortie de Celle qui pleurait sous l’eau (éd. Calmann-Lévy et au Livre de poche). Dans la véritable armée des auteurs français de polars, il y a Niko Tackian, pas forcément le plus connu mais indubitablement un romancier à découvrir et que l’on aime déjà.

    On suit le policier Tomar Khan, archétype du flic blasé et sanguin par nature. Dans le roman, ses défauts lui causent des bricoles, en l’occurrence, ici, une enquête de sa hiérarchie suite à un ancien meurtre. Pendant qu'il s'échine à se disculper, c’est sa collègue et amante Rhonda qui prend en main, avec pugnacité, une affaire de suicide. 

    Dans une piscine art-déco, une jeune femme est découverte noyée, victime a priori d’un suicide. Pratique et simple pour classer une enquête mais notre policière ne s’en laisse pas conter et s’intéresse à cette pauvre Clara.

    Pauvre Clara

    Souvent, les auteurs de polars ne savent paradoxalement pas faire dans l'efficacité : on a souvent droit à des pavés, des chapitres brefs mais nombreux et des fausses pistes jusqu’à la nausée. Rien de tel ici et voilà pourquoi Niko Tackian est à lire. Un roman d’un peu plus de 250 pages, une enquête au cordeau, certes complétée par une histoire bis autour de Tomar et d’un règlement de compte sur lui.

    L’auteur sait bien mener son histoire – ou ses histoires. Celle d’ailleurs de notre policier, harcelé par sa hiérarchie et en particulier l’ambitieuse, inquiétante et flamboyante substitute Ovidie Metzger, n’est pas la moins intéressante (que l’on pense aux scènes avec le dealer Momo et compagnie).

    Chez Tackian, pas de scénario alambiqué. Pas de scènes trash pour choquer un lectorat voyeur. Mais du réalisme et un auteur qui s’est solidement documenté, y compris sur les crimes sexistes. Car ce qui intéresse le plus Niko Tackian c’est de bâtir un roman de divertissement mai qui parle également de faits de société, ici les violences faites aux femmes.

    Une réussite sur toute la ligne. À découvrir, donc, pour les amateurs et amatrices de bons polars.

    Niko Tackian, Celle qui pleurait sous l’eau, éd. Calmann-Lévy, Le Livre de poche, 2020, 288 p.
    https://www.calmann-levy.fr/livre/celle-qui-pleurait-sous-leau-9782702166246
    https://www.livredepoche.com/livre/celle-qui-pleurait-sous-leau-9782253241683
    https://www.facebook.com/niko.tackian.auteur

    Voir aussi : "Naissance de Norek"

  • "Échange de patins" : Extrait 5

    Alors qu’il discutait avec Stephan, Diane remarqua que Brian était absorbé par son téléphone. Elle le rejoignit pour échanger avec lui sur son nouveau projet. Comment prenait-il la situation ? Elle mit en place ses protège-patins sous ses bottines, dépassa la balustrade et le rejoignit dans les gradins. Il remarqua sa présence et lui grimaça plus qu’il ne lui sourit.
    — Tu en penses quoi ? lui demanda-t-elle. Il la fixa, mal à l’aise.
    — Tu parles de reprendre la compétition sans moi, de me laisser ?

    Arsène K., Échange de patins, éd. Jenn Ink, 2026
    https://www.facebook.com/ArsneK1

    Voir aussi : ""Échange de patins" : Extrait 4"

    Photo : Pexels -  Erik Mclean

  • "Échange de patins" : Extrait 4"

    Diane et Rudy se lancèrent dans quelques tours, patinant de concert. Les lames des chaussures crissaient en rythme. Les deux patineurs s’observaient du coin de l’œil. Ils étaient deux inconnus appelés à se côtoyer souvent à l’avenir. Pouvaient-ils travailler ensemble ? Martha en était convaincue. Stephan aussi. Diane progressait sur la glace avec des gestes automatiques, se contentant de surveiller Rudy, lui aussi dans une attitude d’observation.

    Rudy pivota et piqua l’une de ses lames pour s’arrêter net et s’accouder à la balustrade de la patinoire. Les deux coachs les observaient depuis l’opposé de la piste. Diane choisit de l’imiter. Visiblement, il voulait lui parler. De là où ils étaient, personne ne pouvait les entendre.

    — Tu en penses quoi, réellement ? lui demanda-t-il.
    — De ce traquenard, tu veux dire ? fit-elle, évasive, tout en haussant les épaules. Laisse-moi le temps de voir ce que ça peut donner.

    Arsène K., Échange de patins, éd. Jenn Ink, 2026
    https://www.facebook.com/ArsneK1

    Voir aussi : ""Échange de patins" : Extrait 3"

    Photo : Pexels -  Tima Miroshnichenko

  • "Échange de patins" : Extrait 3

    La manière dont il regardait Diane, avec un mélange de séduction et d’aplomb, la mettait mal à l’aise. Elle était maintenant pressée de rentrer chez elle. Ça tombait bien : son bus arrivait. Elle regarda une dernière fois Rudy.

    — Je dois y aller, lui fit-elle. J’espère que vous allez pouvoir vous entendre avec Ann-Carolyn.

    — Espérons-le. J’espère de mon côté que ce n’est pas trop grave pour ton partenaire et qu’il sera vite remis sur pied, répondit-il avec civilité. Tu es sûre que tu ne veux pas que je te ramène ?

    Elle secoua la tête tout en montant dans le bus, se retourna vers son interlocuteur et lui fit un signe de la main qui avait l’accent des adieux.

    Arsène K., Échange de patins, éd. Jenn Ink, 2026
    https://www.facebook.com/ArsneK1

    Voir aussi : ""Échange de patins" : Extrait 2"

    Photo : Pexels - Pavel Danilyuk

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  • "Échange de patins" : Extrait 2

    — Pardon, pardon ! Je ne t’ai pas blessé ?

    Elle leva les yeux vers le patineur, cependant que sa partenaire grognait son insatisfaction. Diane le soupçonnait d’être à peine plus âgé qu’elle – vingt ans à tout casser et sans doute moins. Ses longs cheveux châtain clair bouclés tombaient en cascade, encadrant un visage carré et des pommettes saillantes. Son regard bleu interrogeait la patineuse qui venait de se jeter dans les bras de son partenaire. Ce dernier était vêtu d’un pantalon de jogging sombre et d’un large pull-over écossais. Il fixait Diane avec un mélange de perplexité et d’amusement.

    — Non, la rassura-t-il. Pas de souci. En revanche, ton copain c’est une autre histoire.

    Arsène K., Échange de patins, éd. Jenn Ink, 2026
    https://www.facebook.com/ArsneK1

    Voir aussi : "Bientôt, sortie d'Échange de patins"

    Photo : Pexels - Pavel Danilyuk

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  • "Échange de patins" : Extrait 1

    La première chose que Diane entendit ce fut un craquement, suivi d’un choc sourd sur la glace. Puis, elle entendit le gémissement de son partenaire, Brian :

    — Oh, non !

    La plainte était si faible qu’elle ne se rendit pas compte sur le moment de la gravité. Avait-il heurté la balustrade de la patinoire ? S’était-il trompé pour la énième fois dans un salchow ou bien avait-il déchiré son pantalon de survêtement ? Elle sourit à l’idée de voir Brian en mauvaise posture et de devoir assumer le regard amusé des autres patineurs et patineuses. Malaisant.

    Arsène K., Échange de patins, éd. Jenn Ink, 2026
    https://www.facebook.com/ArsneK1

    Voir aussi : "Bientôt, sortie d'Échange de patins"

    Photo : Pexels - Tima Miroshnichenko

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  • Un si long procès

    Étrange couverture que celle du Crépuscule des hommes (éd. Robert Laffont), le dernier roman du journaliste et écrivain Alfred de Montesquiou. On y voit au premier plan un homme cravaté courir, avec une démarche qui fait penser à une danse. Un inconnu que le lecteur ou la lectrice ne vont pas tarder à connaître : le photographe américain Ray D’Addario, chargé de couvrir le plus grand procès de l’Histoire, celui de Nuremberg, mis en place en 1946 pour juger les grands criminels de guerre nazis – mais pas Hitler qui a préféré se suicider un an plus tôt. Ray D’Addario est l’un des nombreux protagonistes de ce récit.

    On y côtoie aussi – certes, parfois rapidement – Joseph Kessel, John Dos Passos,  le futur chancelier allemand Willy Brandt, le fils de bonne famille Didier Lazard, deux anciens survivant des camps, le journaliste Ernst Michel et la témoin Marie-Claude Vaillant-Couturier. Les hommes dont Alfred de Monstesquiou conte le crépuscule sont les 22 nazis, dont Goering, un crépuscule se référant au célèbre opéra de Wagner.

    S’agit-il d’un énième livre sur le Procès de Nuremberg ? Et bien, oui et non. Le sujet ayant été écrit et tourné à plusieurs reprises, l’auteur a choisi le pas de côté en suivant les journalistes, photographes et traductrices cohabitant au château de Faber-Castell pour suivre l’événement.

    On saluera la masse de documentation qui a été rendu nécessaire pour suivre les onze mois d’un procès qui a changé l’histoire du monde mais aussi du droit international. Nuremberg, symbole de la propagande hitlérienne a été choisi pour solder les comptes d’un régime qui a précipité le monde dans l’horreur. Hitler mort, il reste son cercle le plus restreint : Hjalmar Schacht, Franz von Papen, Hans Fritzsche, Hermann Göring, Wilhelm Keitel, Joachim von Ribbentrop ou Ernst Kaltenbrunner.

    Le tribunal a réservé un sort éloquent pour leurs dépouilles

    Le procès fait parfois figure de décor pour parler du microcosme des reporters, officiels et fonctionnaires alliés. Des amitiés se nouent, des amours naissent (celle de Ray D’Addario et de Margarette Borufka). On s’ennuie ferme aussi au cours de ces mois interminables, ponctués cependant par des moments frappants – les témoignages des anciens déportés ou les récits des grands massacres. On danse, on s’amuse, on drague, on cancane dans cette ambiance crépusculaire, dans une ville qui a été détruite et où l’idéologie nazie est toujours vivante.

    Mais le procès revient au cœur du livre dans les 60 dernières pages, lorsque le procès de Nuremberg en arrive aux verdicts. Et l’on découvre à la fois le sort clément réservé à trois accusés, pourtant centraux dans l’horreur nazie et les détails des exécutions des criminels condamnés à mort. Pour eux, le tribunal a réservé un sort éloquent pour leurs dépouilles. Voilà comment disparaissent les anciennes idoles.

    Le roman d’Alfred de Montesquiou a été salué par un Prix Renaudot. 

    Alfred de Montesquiou, Le Crépuscule des hommes, éd. Robert Laffont, 2025, 384 p.
    https://www.lisez.com/livres/le-crepuscule-des-hommes/97822212676601
    https://www.instagram.com/alfreddemontesquiou
    https://www.facebook.com/alfred.montesquiou

    Voir aussi : "Il faut capturer Mengele"

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