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musique classique

  • Variations scandinaves

    Lorsque l’on parle variations et piano, un compositeur et une œuvre vient immédiatement en tête : Bach et ses Variations Goldberg. Un thème et trente variations écrits en 1740, devenus célèbres lorsqu’un certain Glenn Gould choisit de les interpréter en 1955 puis en 1981, donnant à cette œuvre longtemps restée discrète un opus fondamental dans le répertoire de Bach.

    Le compositeur et pianiste Håkon Skogstad nous vient de Norvège et lorgne largement du côté de ces Goldberg Variations. Il s’est fait remarqué et a été récompensé pour son travail sur la musique de tango. Le voici avec un opus plus intime et qu’il présente ainsi : "24 Variations for Piano est, dans une large mesure, le reflet de qui je suis en tant que pianiste et compositeur — façonné par les influences qui m’ont construit. Je pense que l’œuvre peut être appréciée par petites touches, mais je crois aussi qu’elle révèle quelque chose de particulièrement spécial à ceux qui prennent le temps de l’écouter du début à la fin."

    On oublie bien vite les Variations Goldberg, tant cet opus a sa propre identité. La ligne mélodique du thème principal est d’une grande simplicité, toute en concentration, voire en hésitations. Le compositeur scandinave choisi non sans audace d’inclure la toute première variation en la mineur dans le premier morceau (Main Theme and Variation N°1 in A minor).

    La grande difficulté du genre est de décliner un air en des variations aussi différentes que possibles, et aux durées souvent courtes (ainsi, la joueuse Variation N°17 en la bémol majeur dépasse à peine les 50 secondes). Håkon Skogstad se plie à l’exercice sans faillir et en variant les tonalités mineures et majeures. La maîtrise est là (Variation N°2 en do dièse mineur ou la néo-romantique Variation N°5 en ré bémol mineur). Mais sans poésie, quel serait l’intérêt ? Voilà le pianiste et compositeur debussyen dans sa Variation N°3 en si majeur, avant de revenir vers ses premières amours, le tango (Variation N°4 en mi mineur), un genre cher à son cœur et qui l’a fait connaître. 

    Des variations aussi différentes que possibles

    On parlait d’intimisme et de simplicité en parlant du thème. Håkon Skogstad aime la pureté comme le prouve la sixième Variation (en sol dièse), mélancolique et nostalgique.

    Il y a du jazz dans la Variation en si bémol majeur, et même du Gershwin : du rythme, du swing, bref de la joie de vivre. C’est ce que l’on aime dans cet opus : une cohérence et en même temps une variété qui fait que l’auditeur ou l’auditrice pourra écouter ensemble ou séparément chaque morceau, selon son humeur. À la tristesse infinie de la huitième variation (sol mineur) viendra répondre l’étrange Variation N°9, entre onirisme et vitalité toute stravinskienne. Il y a parfois de la légèreté (la jazzy Variation N°15 en ré mineur), vite contrebalancée par la funèbre seizième Variation en fa dièse mineur).

    Grâce à Håkon Skogstad le contemporain devient immédiatement proche, presque un ami (Variation N°10 en mi bémol majeur). Le compositeur norvégien revient vers le tango avec la Variation N°11, un nuevo tango sombre, bien différent du mouvement suivant, plus classique, aux couleurs qu’Erik Satie n’aurait pas renié (Variation N° 12 en mi majeur).

    Saluons les palettes de couleurs, justement, que parvient à tisser Håkon Skogstad (Variation N°13 en fa mineur). L’auditeur ou l’auditrice se laissera séduire par la délicate quatorzième Variation (en mi bémol mineur), néoromantique dans l’âme et à l’esprit tango. Néoromantique comme l’est la Variation N°18 en do mineur, épurée et bouleversante.

    Håkon Skogstad a grandement été nourri par le répertoire pour piano des XIXe et XXe siècle, que ce soit Debussy, nous le disions (Variation N°19 en sol bémol majeur), mais aussi le répertoire russe dans ses expressions exacerbées (Les N°22 et 23). Sans oublier un esprit pop (l’orientale Variation N°20 en fa majeur) ou la musique traditionnelle norvégienne. Le compositeur précise que pour la vingt-et-unième Variation, il s’est inspiré d’un air folklorique norvégien.

    La vingt-quatrième et dernière Variation conclut en douceur un album néoclassique aux multiples couleurs musicales. Une jolie réussite.

    Håkon Skogstad, 24 variations pour piano, Øra Fonogram, 2026
    https://www.orafonogram.no/hkon-skogstad
    https://www.hmskogstad.net
    https://www.facebook.com/skogstadpianist
    https://www.instagram.com/hakonskogstad

    Voir aussi : "Au cœur de l’Europe"
    "Éternelle et musicale Norvège"
    "Les Variations ”Gouldberg”"

  • So romantic

    Les Amours du poète est la traduction française des Dichterliebe de Robert Schumann, au cœur d’un enregistrement Klarthe de Romain Guyot à la clarinette et de Chloe Mun au piano. Ces deux là font le choix du Romantisme, avec trois pièces du compositeur allemand : ces Dichterliebe, donc, mais aussi les Fantasiestücke  op.73 et les Trois Romances op. 94.

    Les  Fantasiestücke de 1849 ouvrent ce programme en trois mouvements. Le compositeur allemand est au faît de sa maîtrise. Il écrit d’ailleurs cette pièce en seulement deux jours, en février 1849, une année fastueuse s’il en est. Le Romantisme domine la scène musicale. Un Romantisme au cœur de cet opus, tout à, tour mélancolique (le mouvement Zart mit Ausdruck), léger et joueur (Lebhaft, leicht) et passionnée, pour ne pas dire exubérant (Rasch mit Feuer).    

    Cette même année 1849, Schumann donne naissance à ses Trois Romances pour hautbois et piano (Drei Romanzen, op. 94) que le compositeur offre, dit la petite histoire, à Clara Schumann en guise de cadeau de Noël. La clarinette de Romain Guyot étincelle dans cette pièce d’une jolie subtilité (Nicht schnell). Le sens mélodique de Robert Schumann est irrésistible (Einfach, innig). Au piano, Chloe Mun sait donner des teintes et des nuances avec un talent d’autant plus remarquable que ces trois romances donnent une grande importance à la clarinette. Le livret de l’album précise par ailleurs que le piano utilisé est un Becker 1900, celui-là même que Rachmaninov avait fait venir de Saint-Pétersbourg.

    Les fameux Amours du poète opus 48 sont de quelques années antérieures. Dichterliebe a été écrit comme un cycle de seize , d’après des poèmes de l'écrivain romantique allemand Heinrich Heine. Cette année-là, Robert Schumann se marie avec son grand et célèbre amour, la pianiste Clara Wieck, future Clara Schumann.

    Cadeau de Noël

    Bien qu’ils soient destinés à une voix masculine, ces lieder sont joués ici pour clarinette et piano. Les chants sont en général courts, voire très courts – de trente secondes à quatre minutes et demi. Des morceaux denses, donc, et d’une grande richesse où l’amour entre les deux tourtereaux semble être omniprésent (Im Wunderschönen Monat Mai). La clarinette de Romain Guyot apporte des nuances et des sensibilités touchantes (Ich will meine Seele tauchen ou le virevoltant Ein Jüngling liebt ein Mädchen). Le Romantisme se fait même naturaliste dans ce superbe "paysage musical" qu’est le lied Im Rhein, im heiligen Strome ("À Cologne, la ville sainte, / La cathédrale au front serein / Reflète sa gothique enceinte / Aux flots majestueux du Rhin") ou l’avant dernier lied Aus alten Märchen winkt es ("Les vieux contes charmant nos veilles / Parlent en langage ingénu, / D’un beau pays, plein de merveilles, / Qui reste à la terre inconnu"). Pour autant, le cœur des Dichterliebe est justement celui, amoureux, du musicien, parfois ostentatoire (Ich grolle nicht), parfois délicat (Und wüssten's die Blumen), parfois joyeux, par exemple dans cette noce improvisée (Das ist ein Flöten und Geigen, "De ma belle aujourd'hui c'est la noce") ou avec gravité, comme si le musicien pressentait la fin de son idylle (Ich hab' im Traum geweinet, "En pleurant j’ai rêvé, ma belle, / Que la mort éteignait tes jours"). Robert Schumann semble restituer tous les affects de cette période, y compris la nostalgie (Hör' ich das Liedchen klingen, "Quand j'entends cet air qu'autrefois").

    Le sens de la mélodie reste l’un talents géniaux de Schumann (Am leuchtenden Sommermorgen).  Romain Guyot et Chloe Mun – surnommée non sans affection "la nouvelle Clara" – dialoguent avec intelligence dans ces Amours du poète – ou plutôt du musicien. Il a fait de cette pièce en forme d’hommage et de présent à Clara Schumann une belle déclaration (Allnächtlich im Traume, "Chaque nuit je revois tes charmes / Dans un rêve où tu me souris; / Je tombe à genoux, et mes larmes / Vont arroser tes pieds chéris").

    Les Dichterliebe se termine avec le chant le plus long (quatre minutes trente). Die alten, bösen Lieder parle de la fin inéluctable de son amour ("Chants d’amour, tourments de mon âme, / Espoirs trompés, rêves en deuil, / La tombe est là qui vous réclame ; /– Que l’on m’apporte un grand cercueil !"). Pas de doute, nous voilà au cœur de ce grand Romantisme, si justement joué par le duo clarinette-piano. Les sentiments éclatent au grand jour, d’autant plus violents et passionnés qu’ils ont face à eux une mort que l’artiste doit affronter en la regardant bien en face : "Ce grand cercueil est nécessaire ; / Car, apprenez que sans retour / Dans sa nuit profonde il enserre / Et ma souffrance et mon amour !" Gloups. 

    Robert Schumann, Les amours du poète,
    Romain Guyot (clarinette) et Chloe Mun, piano, Klarthe, 2026

    https://www.klarthe.com
    https://www.chloemun.org
    https://www.instagram.com/chloejmun
    https://www.facebook.com/p/Romain-GUYOT

    Voir aussi : "Au cœur de l’Europe"

  • Honneur aux dames

    Il est probable que les noms de Mel Bonis, Amy Beach, Amanda Röntgen-Maier, Rebecca Clarke et Dora Pejačević ne diront rien à la plupart des auditeurs et auditrices. Clara Schumann, Nadia et Lili Boulanger un peu plus. Ces compositrices oubliées font l’objet d’un passionnant album de compilation, Ladies First (Indésens) interprété par deux autres femmes, la violoniste suisse Rachel Kolly et la pianiste indo-américaine Pallavi Mahidhara.

    Voilà qui est à la fois audacieux et pertinent, tant il est indispensable de sortir de l’enfer de l’oubli ces musiciennes – parce qu’elles étaient justement musiciennes - et pas musiciens.

    On tombe d’emblée sous le charme de la Sonate en si mineur d’Amanda Röntgen-Maier (1853-1894). Disparue prématurément à l’âge de 41 ans, cette violoniste et compositrice suédoise, reconnue à sa juste valeur, a du, comme beaucoup de femme de cette génération, mettre fin à sa carrière publique. La Sonate pour violon date de 1878. Elle a 25 ans et prouve la grande maîtrise d’une pièce tendue, solide et aux lignes mélodiques irrésistibles (Allegro). Le mouvement lent Andantino a cette facture néo-romantique surfant sur les influences de Robert Schumann, Félix Mendelssohn ou Brahms. Plus enlevé est l’Allegro molto vivace, et néanmoins emprunt de nostalgie.

    Mel Bonis (1858-1937) est une compositrice française, toujours très peu jouée et enregistrée. Elle a pourtant laissé un catalogue de près de 200 œuvres. Sa Pièce n° 2, avec ici l’Allegretto non troppo, Op. 84 est présentatrice des influences de la musique française de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. L’influence de Gabriel Fauré et de Debussy est évidente dans cette pièce de 1910 néo-classique, saluée par Saint-Saens qui alla jusqu’à s’étonner… qu’une femme puisse écrire si bien. Le violon de Rachel Kolly et le piano de Pallavi Mahidhara font planer une lumière étrange sur court mouvement.

    On peut remercier Rachel Kolly et Pallavi Mahidhara d’avoir pris leur "bâton de pèlerin"

    La notoriété de Clara Schumann (1819-1896) n’est plus à faire ; mais que ce fut long et dur, tant son mari Robert lui a fait de l’ombre. Ses Trois romances pour violon et piano op. 22 sont proposées. Le romantisme est roi dans cette œuvre datant de 1855.

    Amy Beach (1867-1944) a connu la gloire comme interprète dans son pays, les États-Unis, mais aussi en tournée en Europe. On la découvre ou redécouvre ici dans une Romance, son opus 23 dédiée à la violoniste Maud Powell. Nous sommes en 1893 et les artistes américaines sont encore très marqués par les influences du vieux continent. Très bientôt, ils ou elles parviendront à imposer leur propre langage. En attendant, nous voilà avec une romance à la facture néo-romantique, élégante et délicate, qui a fait le succès de la musicienne, et que Rachel Kolly et Pallavi Mahidhara interprètent avec un plaisir visible.

    Dora Pejačević (1885-1923) est une vraie belle découverte. Cette compositrice croate a beau avoir appartenu à l’aristocratie austro-hongroise (elle était comtesse), elle est, à sa façon, une révolutionnaire – oubliée, hélas, en raison de son sexe. Elle a baigné dans un milieu intellectuel particulièrement revigorant – Ibsen, Thomas Mann, Rilke, Kierkegaard ou Nietzsche. Voilà qui forge un caractère, un tempérament et un langage ! Elle a aussi été une interprète ayant couru les salles de spectacle dans toute l’Europe. Sa Sonate pour violon n° 2 "Slavique", op. 42 date de 1919. Elle a en fait été écrite en 1917, en pleine première guerre mondiale, au cours de laquelle l’artiste s’est courageusement engagée comme ambulancière. Dora Pejačević n’entend pas se laisser enfermer dans un style. Le romantisme côtoie l’expressionnisme. Au rythme dansant de l’Allegro, qui n’est pas dénué de noirceur ni d’éclats de passion voire de colère, répond une sorte de chant funèbre qu’est l’Andantino, lancinant et implacable par moment, souvent bouleversant dans cette pièce qui nous parle surtout de la fin d’un monde et d’une époque. Rappelons que nous sommes à l’époque durant la Grande Guerre. Même le dernier mouvement Allegro molto vivace, vif et rythmé, ressemble à une danse macabre, d’une grande modernité – comme d’ailleurs l’ensemble de l’opus. Sacré pari et bonne idée pour Rachel Kolly et Pallavi Mahidhara que d’avoir eu l’idée de proposer cette formidable musicienne qui mériterait d’être plus présente en concerte et en album.

    Nadia Boulanger (1887-1979) et sa sœur Lili Boulanger (1893-1918) n’ont pas été oubliées, tant ces deux femmes (la seconde est morte prématurément à l’age de 24 ans) sont des exceptions en musique classique. Elles ont été admirées, sont toujours jouées et ont eu une influence majeure dans la musique du XXe siècle. Rachel Kollu a adapté pour violon et piano la pièce Soleils couchants de Nadia Boulanger datant de 1905. Nous sommes en pleine Belle Époque. Le symbolisme et le néoromantisme imprègnent cette pièce mystérieuse. Il s’agit d’une mise en musique d’une pièce de Verlaine. On y devine des accents impressionnistes et debussyens, interprétés avec subtilité par  Rachel Kolly et Pallavi Mahidhara.

    Toujours dans une veine néoromantique, l’auditeur ou l’auditrice se laissera bercer par sa Nocturne de 1911 et l’alerte Cortège de 1914, quelques années après sa mort qui a laissé inconsolable sa sœur Nadia.

    L’album se termine par une dernière découverte, en l’occurrence la compositrice anglaise Rebecca Clarke (1886-1979). La pièce Midsummer Moon date de 1926. Il faut saluer sa modernité, sans pour autant que le classicisme soit balayé. Une grande mélancolie règne sans cette œuvre. Rebecca Clarke était une altiste reconnue comme altiste géniale et a tourné en Europe et dans le monde. Voilà une artiste farouchement éprise de liberté, ce que l’on devine à l’écoute de ce morceau semblant faire la synthèse entre romantisme debussyen et expressionnisme. En trois mots : indépendance, audace et génie.

    On peut remercier Rachel Kolly et Pallavi Mahidhara d’avoir pris leur "bâton de pèlerin" pour donner une chance à ces consœurs que l’on fini, comme elles par aimer.

    Elles méritent d’entrer dans le répertoire aussi naturellement qu’une mélodie de Fauré, une ballade de Brahms ou une suite de Debussy. 

    Ladies First, Bonis – Schumann – Beach – Boulanger,
    Rachel Kolly (violon) et Pallavi Mahidhara (piano), Indésens Calioppe, 2026

    https://indesenscalliope.com/boutique/ladies-first
    http://rachelkolly.com
    https://www.facebook.com/rachelkolly
    https://www.pallavimahidhara.com
    https://www.facebook.com/pallavimahidharapianist

    Voir aussi : "Brahms doublement suisse (et même triplement)"

     
     
     
     
     
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  • Âme de musicien, âme de cinéphile

    Revoilà Philippe Guilhon-Herbert, après un formidable album Ravel et une interview exclusive pour Bla Bla Blog, le pianiste français revient avec Cinéma (Indésens). Comme son titre l’indique, l’album est consacré aux musiques de film.

    Voilà un genre adoré par le grand public et de plus en plus plébiscité par le milieu classique qui, au fur et à mesure des années, a fini par reconnaître que ce genre dépassait largement l’illustration sonore d’un film. Mieux, il y avait des chefs-d'œuvre trouvant largement leur place dans un concert ou un album classique. Philippe Guilhon-Herbert reconnaît par ailleurs que le cinéma est son autre grande passion. Quoi de plus logique donc, que cet album.

    La preuve avec cet opus dominé d’une bonne tête par des pièces de Michel Legrand. L’auditeur ou l’auditrice retrouvera ainsi Romance, extrait des Parapluies de Cherbourg et What Are You Doing The Rest Of Your Life de The Happy Ending. Ajoutons à cela le titre Pieces Of Dreams tiré du film éponyme. Outre le jazzy et nostalgique I Will Say Good Bye, citons aussi ce bijou qu’est Sea And Sky, One Day Summer 42 ou Years Of My Youth.

    Philippe Guilhon-Herbert fait un tour par le classique et Prokofiev, via La Danse des couteaux de Roméo et Juliette. Il est vrai que ce morceau de Prokofiev a été archi-utilisé tant par le cinéma que la télévision, voire la publicité.

    Faites entrer l’accusé

    Cinéma est une authentique récréation, tant le pianiste y semble à l’aise. Le piano seul suffit à son bonheur et à notre bonheur, tant l’instrumentiste y semble à l’aise.

    Il ne lui était pas possible de passer à côté de l’une des pièces les plus incroyables et bouleversantes d’Ennio Morricone. Il interprète le thème central d’Il était une fois en Amérique, gardant sa mélancolie, la noirceur en moins, mettant en valeur les lignes mélodiques envoûtantes. Il est encore question d’Ennio Morricone qui a composé la musique du film Cinéma Paradisio, un grand succès à sa sortie mais que la postérité a surtout retenu pour sa BO.

    Autre monument de la BO : Georges Delerue. Sans surprise, c'est Le Mépris, qui a été choisi. Il est vrai que ce chef-d’œuvre est d’une modernité incroyable. Il ne perd jamais ni son efficacité ni son fil conducteur porté par une mélodie simple et inoubliable. L’arrangement pour piano devient une évidence sous les doigts de Philippe Guilhon-Herbert.

    Les accords du Messager parleront sans aucun à l’auditeur ou l’auditrice. Le génie de Michel Legrand a sans doute sa musique plus célèbre encore que le film de Joseph Losey – grâce notamment à l’émission Faites entrer l’accusé…

    Leigh Harline ne dira sans doute rien à beaucoup. Et pourtant, ce compositeur américain a été un prolifique auteur de musiques de film, notamment pour Disney. Philippe Guilhon-Herbert propose dans son Cinéma une version piano de When You Wish Upon A Star, tiré du Pinocchio de Disney. Une manière de montrer qu’ici comme ailleurs les interprètes classiques savent souvent garder leur âme de passionné et d’enfant.

    Cinéma, Philippe Guilhon-Herbert (piano), Indésens Records Calliope, 2026
    https://indesenscalliope.com/boutique/cinema
    https://www.facebook.com/pghpianist

    Voir aussi : "Philippe Guilhon Herbert : ‘Ravel est au plus près de mon parcours de musicien’"
    "Ravel nu"
    "Thierry Caens a le Smile"

  • Handel, jamais aussi proche

    Qui connaît vraiment Haendel ? Voilà un compositeur prolifique, admiré à son époque, encore archi joué, vraiment admiré, mais dont la personnalité et l’âme demeurent un mystère. En comparaison, ses contemporains Bach et Mozart sont devenus hyper populaires à partir du XXe siècle. Oui, il y a bien un mystère Haendel – ou plutôt Handel, Clara Ponty ayant choisi l’orthographe anglais utilisée après l’installation du compositeur allemand de l’autre côté du Channel.

    La pianiste a choisi de "ré-imaginé" Handel dans l'album Handel reimagined (Neo Classic), sorti cet année mais né il y a six ans pendant le confinement, alors que la musicienne venait de se produire à Halle, la ville natale du compositeur. "Pendant le confinement, ma meilleure thérapie a été de m’asseoir à mon piano et de jouer une heure de musique baroque presque chaque jour », confie l’artiste. « Ce fut ma plus grande consolation dans une période difficile."

    C’est au piano que la musicienne américaine réinterprète quelques grands titres – on a même envie de préciser "quelques grands tubes" – de l’auteur de Water Music, du Messie… ou de l’hymne de la Champions League ! Il faut aller à la dernière piste pour écouter le Royal Anthem, extrait de Zadock The Priest, adapté par Benjamin Britten deux siècles plus tard pour le grand plaisir des fans de football.

    L’objectif de Clara Ponty est on ne peut plus clair : "Je souhaite donner une nouvelle vie à cette musique exceptionnelle. Mon espoir est que cet album soit perçu comme une passerelle, prouvant que le classique n’est pas une musique de niche, mais une émotion universelle."                         

    L’hymne de la Champions League

    Rappelons que Georg Friedrich Haendel, né à Halle, donc, en 1685 et mort à Westminster en 1759, est un représentant capital de la période baroque (que l’on pense au Mysterious Minuet). Clara Ponty choisit le dépouillement (Sweet Gigue), donnant à ces œuvres intemporelles un extraordinaire dénuement, jusque dans la célèbre Sarabande (Sarabande reimagined). L’Américaine a sans doute en tête ses compatriotes du courant répétitif américain – Adams, Reich, Glass. Il y a du minimalisme dans cette manière d’interpréter le baroque handelien. Et pourquoi pas ? Autre tube, la Passacaille, devenue ici la Gladsome Passacaille, tout aussi irrésistible et demandant la même virtuosité.

    "Handel Made in Ponty" ce n’est pas une relecture, mais des relectures allant du classique au moderne, en passant même par la pop. C’est ce que l’auditeur ou l’auditrice se dira d’ailleurs à l’écoute de Permets-moi de pleurer, extrait de l’opéra Rinaldo. Prenez ce morceau, écrivez des paroles et vous aurez sans doute un tube de notre époque.       

    On est tout autant heureux de retrouver deux extraits de la Water Music, cette "musique sur l’eau", l’une des plus grandes compositions de l’histoire consacrée à la fête. Et à la vie. Clara Ponty fait de l’Ode to River Thames une interprétation mystérieuse, singulière, légère et au bonheur pudique. Quant à A Majestic Air, nous voilà dans un titre aérien – justement – à la mélodie imparable et rappelant qu’Handel est un compositeur immédiatement attachant, bref si proche de nous grâce notamment à la magicienne qu'est Clara Ponty. Un gros big up pour elle !

    Clara Ponty, Handel reimagined, Neo Classics, 2026
    https://www.claraponty.com
    https://www.facebook.com/ClaraPonty
    https://x.com/ClaraPonty
    https://www.youtube.com/ClaraPonty

    Voir aussi : "À la recherche de Philippe Malhaire"

  • L’autre Mendelssohn

    Mendelssohn, pour piano. "OK", me direz-vous. Rien de très marquant. Sauf qu’il s’agit ici de Fanny Mendelssohn (1805-1847). Une femme donc, proposée et même célébrée par le label Présences compositrices. Cette Mendelssohn-là est la sœur de Felix. Peu connue, elle a été pourtant une pianiste de renom. Elle peut se targuer d’une œuvre abondante, quoique peu publiée de son vivant – son père, mais aussi son frère, voyaient sans doute mal une compositrice capable de faire de l’ombre à Felix Mendelssohn. Inconcevable de la part d’une femme pour l’époque.

    La pianiste Marie Vermuulin nous la fait découvrir à travers le cycle pour piano Das Jahr, proposé par Présences compositrices. Cette fameuse "année", c’est 1841 durant laquelle cet opus fut composé, soit six ans avant la mort de l’artiste. L’œuvre est composée de douze pièces, comme les douze mois de l’année – elles portent d’ailleurs leur nom. Un Choral (Nachspiel) vient compléter ces douze sections.

    Le romantisme fait la part belle à la nature comme reflet des passions humaines. Autant dire qu’on est en plein dedans. Que l’on pense à ce lugubre Janvier (Januar. Ein traum), joué adagio . Marie Vermeulin séduit d’emblée avec l'Adagio ("quasi una fantasia, presto"), suivi par un Février (Februar), joué scherzo et presto. Il y a une sorte de joyeuse impatience, comme si la compositrice voulait hâter le cours du temps, traverser l’hiver et arriver au printemps.

    Le recueillement frappe aux oreilles dans la partie März. Pas de printemps ensoleillé et réconfortant mais un Andante mélancolique. Fanny Mendelssohn exprime des tourments intérieurs tus pudiquement, la tête ailleurs et pas forcément vers la nature qui s’éveille. La pianiste laisse la place aux silences et à la retenue, non sans quelques éclats, avant un mois d’avril plus léger, plus frais et en forme de caprice (April. Capriccioso. Allegretto, allegro). Nous sommes au cœur du printemps. Marie Vermeulin s’y ballade avec insouciance, à la suite de son aînée (Mai, Frühlingslied. Allegro vivace e gioioso). Il faut souligner que l’art de Fanny Mendelssohn s’épanouit dans cette partie, prouvant qu’elle est une musicienne majeure de l’époque romantique.

    Une compositrice capable de faire de l’ombre à Felix Mendelssohn

    En revisitant la sérénade pour son mois de Juin (Juni. Serenade. Larghetto), la compositrice fait preuve d’une certaine audace : sens de la mélodie, rythme, expressivité, le tout servi par une pianiste au jeu tour à tour alerte, concentré, mélancolique, sombre et faussement léger.

    Étrange Juillet (Juli). Il est joué lui aussi comme une sérénade, avec une profonde langueur (Larghetto), comme si la chaleur ardente venait écraser l’auditeur ou l’auditrice, avant un mois d’août aux couleurs estivales (August. Allegro, tempo di marcia, allegro assai), sur un rythme de marche.

    Le début de l’automne est idéal pour refléter l’esprit romantique (September. Am flusse). Il faut une certaine virtuosité pour jouer ces vagues mélodieuses, aux sacs et ressacs mélancoliques. Octobre (Oktober) est plus joyeux, presque insouciant. Novembre prend des couleurs automnales, et même vives si l’on écoute November joué allegro. Pas de tristesse ici mais la chaleur d’un âtre rassurant, jusque dans le début d’un hiver apaisant (Dezember). Il y a pourtant un je ne sais quoi de nostalgique dans cette dernière partie des quatre saisons. Un sombre, bachien et court Choral (Nachspiel) vient conclure l’œuvre.  

    Au final, on se dit que Das Jahr déploie une panoplie de teintes, de rythmes et d’atmosphères, à l’image des sentiments qui peuvent nous assaillir pendant les douze mois d’une année – la joie, la tristesse, la déception, l’espoir ou l’inquiétude. Voilà qui prouve tout le talent de Fanny Mendelssohn que Marie Vermeulin nous fait découvrir avec cœur, intelligence et infiniment de persuasion. 

    Fanny Mendelssohn, Das Jahr, Marie Vermeulin (piano), Présences compositrices, 2025
    https://www.presencecompositrices.com/mag/das-jahr-fanny-mendelssohn-marie-vermeulin
    https://www.marievermeulin.com

    Voir aussi : "Compositrices entre classicisme et romantisme"
    "Trip en Écosse"

  • Monographie à plusieurs

    Partons à la découverte d’un compositeur d’aujourd’hui, en l’occurrence Laurent Lefrançois. Nord Sud, proposé par Indésens, propose un parcours d’un univers musical, à la fois moderne et solidement appuyé sur des références qui se nomment Schumann, Bach, Scarlatti… ou Léo Ferré. Voilà qui ne fera pas fuir les curieux et curieuses de création contemporain.

    Nord Sud est le nom de la pièce onirique qui ouvre l’album éponyme. Ce poème symphonique est d’une belle densité, puisant ses influences aussi bien chez Debussy, Ravel ou Satie que dans le jazz ou le répertoire contemporain. Cela donne un paysage sonore vif et vivifiant aux multiples facettes. Alerte par moment, léger dans d’autres, avec des éclats de lumières et des instants sombres, il semble que Laurent Lefrançois traverse un pays du nord au sud, justement, et accepte de se perdre. Tel a été d’ailleurs l’objectif de Laurent Lefrançois pour cet opus crée en 2022 en Australie : "Il s’agissait pour moi de relier les musiciens par-delà la distance". Le Quatuor Parisii sert parfaitement, et avec gourmandise même, cette ambition.  

    Le compositeur normand, né en 1974, est présent comme comme adaptateur de pièces classiques. Commençons par l’Opus 70 de Robert Schumann, avec en particulier cet Adagio aux couleurs chaudes et vibrantes. Le Romantisme prend un nouveau lustre avec cette version pour clarinette, alto et piano – au départ écrit pour cor et piano par le compositeur allemand.  Patrick Messina (clarinette), Marie Fraschini (alto) et Fabrizio Chiovetta (piano) s’acquittent avec délicatesse et tendresse de cette pièce pour lui donner une nouvelle facture romantique.

    L’auteur de Jolie Môme aurait adoré !

    Autre arrangement, celui de la Sonate K466 en fa mineur de Domenico Scarlatti, écrite à l’origine pour violon et violoncelle. Laurent Lefrançois a choisi de la proposer pour flûte (Magali Mosnier) et clarinette (Paul Meyer). Le duo final est bien différent de la pièce d’origine, comme le reconnaît le compositeur et adaptateur français, mais elle acquiert aussi un magnétisme indubitable.

    L’auditeur ou l’auditrice s’arrêtera sûrement sur le choix le plus audacieux de l’album, mais tellement bienvenu ! Il s’agit d’une version pour musique de chambre du Temps du tango de Léo Ferré. L’auteur de Jolie Môme aurait adoré ! Certes, les mots du poète sont absents ; par contre, le chanteur est présent et son génie de mélodiste éclate grâce à cette version, se terminant par les dernières mesures sur ondes Martenot, comme dans le titre original d’ailleurs.

    On oublie souvent Buxtehude et son influence capitale sur le répertoire classique, et en particulier sur Bach. Laurent Lefrançois lui rend hommage dans Sample Bux, une pièce pour accordéon (avec Pascal Contet) et clarinette (de nouveau, Paul Meyer). On est dans une pièce se jouant de beaucoup de styles, que ce soit le baroque, le classique, le contemporain, jusqu’à la pop. "J’ai extrait des ‘séquences’ que j’ai reliées entre elles et ‘samplées’ à la manière d’un DJ", explique Laurent Lefrançois dans le livret.

    Jean-Sébastien avait fait 400 kilomètres à pied pour rencontrer Buxtehude, le plus grand organiste de l’époque. On sait l’influence qu’eut ce dernier sur celui qui allait dominer pour longtemps la musique. Il paraissait logique que Bach soit présent, via ici des extraits du Clavier bien tempéré, la Prélude et l’envoûtante Fugue en sol mineur BWV 863, complétées par un Interlude et un Postlude composé par Laurent Lefrançois, complétant et enrichissant plus que n’écrasant son brillant aîné. Le principal apport de cette section est l’instrumentation pour musique de chambre, grâce au quatuor formé d’une flûte (Magali Mosnier), d’un cor anglais (Laurent Deckler), d’une clarinette basse (Renaud Guy-Rousseau) et d'un basson (avec la formidable Lola Descours, dont nous avions déjà parlé sur Bla Bla Blog).

    Retour à une composition originale de Laurent Lefrançois avec son Sextuor Mode. Retour aussi et surtout à une pièce contemporaine d’une belle vivacité, comme une mécanique bien huilée. Cet opus date de plus de vingt ans, déjà. C’était l’œuvre d’un musicien dont l’ambition et le talent étaient déjà évidents. Voilà qui clôt à merveille ce que le compositeur nomme une "Monographie à plusieurs". Bien vu.   

    Laurent Lefrançois, Nord-Sud, Indésens Calliope, 2026
    https://www.facebook.com/lefrancoiscompo/?locale=fr_FR
    https://indesenscalliope.com/boutique/nord-sud

    Voir aussi : "Amitié franco-allemande"
    "Basson, toi mon ami"

  • Disque amoureux de Chopin

    Le pianiste suisse Pascal Godart nous propose un album Indésens qui peut s’écouter soit comme une piqûre de rappel romantique, soit comme une découverte en douceur de l’univers de Frédéric Chopin.

    Ne le cachons pas. Il est courant que l’œuvre du compositeur polonais passe systématiquement par des intégrales, que ce soit ses Nocturnes, ses Études, ses Concertos pour piano ou ses Mazurkas, à l’exemple du très beau double album proposé par Irina Chukovskaya et que Bla Bla Blog vient de chroniquer.

    Bref, avec Chopin, c’est tout ou rien. On peut être reconnaissant à Pascal Godart de nous offrir un enregistrement relativement court – moins d’une heure – regroupant un choix de pièces représentatives du compositeur romantique, avec un focus sur ses Ballades. Pas d’overdose donc, encore moins de best of mais un "disque amoureux", comme il y a des "dictionnaires amoureux". Au programme, les quatre Ballades (bon, on est d’accord, on peut parler "d’intégrale", même si elle se limite à quatre pièces…), la Berceuse opus 57 et trois Nocturnes, l’Opus 9 n°2, l’Opus 27 n°2 et l’Opus 72 n°1.

    Au sujet de son intégrale des Mazurkas, Irina Chukovskaya parlait de sa connaissance d’une œuvre qu’elle jouait depuis des années. Pascal Godart, lui, va mezzo voce, avouant que Chopin est un compositeur qui l’a longtemps intimidé, qu’il a beaucoup étudié mais qu’il a peu joué au public.

    Voilà sans doute la magie de cet album qui nous rend Chopin dans toute son intimité, à commence par sa Berceuse apaisante sans tomber dans le piège de la mièvrerie. Les lignes mélodiques sont irrésistibles et le jeu de Pascal Godart donne à entendre un Romantique qui s’est démarqué par sa discrétion mais aussi son modernisme.

    Chopin dans toute son intimité

    Nous l’avons dit, les Ballades constituent le gros morceau de ce programme. Il s’agit de pièces souvent longues, si on les compare par exemple aux Mazurkas. Introspectives et mélancoliques (la première Ballade op. 23), ce sont des mécaniques d’horlogerie demandant à la fois une grande technique et un solide tempérament, alliés bien entendu à de l’intelligence. Pascal Godart ne manque d’aucune de ces qualités. Il voyage de concert avec Chopin – et avec nous, tant qu’à faire.

    La deuxième Ballade op. 38 commence comme une méditation philosophique, presque une prière. Chopin avait dédiée cette pièce, écrite entre 1836 et 1839, à Robert Schumann. On est là au coeur du Romantisme, avec ces décrochages enfiévrés. Ajoutons aussi qu’à cette époque, Chopin vit une histoire d’amour devenue légendaire avec George Sand. Il est vrai qu’il y a quelque chose de la passion dans cette Ballade épique.

    Poétique, la Ballade n°3 séduit par sa fraîcheur mais aussi sa grande simplicité. Pas d’élans tapageurs ici mais une déambulation dans la campagne berrichonne où Chopin vient régulièrement auprès de George Sand. La Ballade n°4 op. 52, composée en 1842, est considérée comme un must de la musique chopinienne comme du genre romantique. Sombre mais aussi recueilli, elle se déploie grâce à des lignes mélodiques complexes. On peut presque parler d’architecture musicale complexe. À l’instar de Pascal Godart, il faut de la technique et de l’intelligence pour s’approprier ce morceau mêlant recueillement, expressivité et sens de l’épique.

    Les Ballades de Chopin sont complétées par quatre autres pièces, à commencer par la célèbre Nocturne op. 9 n°2. Impossible de laisser l’auditeur ou l’auditrice sur la touche, grâce à cette mélodie devenue un vrai tube de la musique classique. Pascal Godart a choisi deux autres Nocturnes, l’opus 27 n°2, délicate et mélancolique, ainsi que l’Opus 72 n°1, plus courte, écrite et jouée comme une déclaration d’amour.

    Frédéric Chopin, Ballades – Berceuse – Nocturnes,
    Pascal Godart (piano), Indésens Calliope Records, 2026

    https://indesenscalliope.com/boutique/chopin
    https://pascalgodart.ch

    Voir aussi : "Danses avec Chopin"