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documentaire

  • Oh les filles, oh les filles

    A l’évidence, parler du documentaire Adolescentes de Sébastien Lifshitz, primé de trois Césars ce week-end (dont celui du meilleur montage, largement mérité si l’on pense aux kilomètres de rush tournés), renvoie à un autre film, une fiction cette fois. En 2014, Boyhood, de Richard Linklater, proposait une fiction tournée sur près de 12 ans, permettant de raconter l’histoire – fictive, donc – d’un garçon, jusqu’à sa majorité.

    Adolescentes suit fois deux adolescentes sur cinq années du Collège à la fin du lycée. Emma et Anaïs vivent à Brive, dans deux milieux différents. Elles sont amies. De 13 à 18 ans, elles sont face à des changements et à des choix qui vont être déterminants dans leur vie. Le réalisateur a choisi de les suivre, avec pudeur, tact et tendresse, dessinant également le portrait d’une jeune génération et aussi d’une France en plein changement. Études, conflits avec les parents, premiers émois amoureux, engagements – ou non – et passions (on pense notamment à Emma et à son combat contre sa mère pour imposer à sa mère des études qu’elle voudrait faire).

    Sur deux heures de film,  Sébastien Lifshitz propose ce documentaire, Adolescentes, bien plus ambitieux que beaucoup de films sortis ces dernières années. Un Prix Louis-Delluc a salué cette performance, et donc trois Césars : Meilleur film documentaire, Meilleur son et Meilleur montage. Il est cependant dommage que la musique, signée des Tinderstics, n’ait pas eu droit elle aussi à sa statuette. 

    Adolescentes, documentaire français de Sébastien Lifshitz, 2019, 115 mn, sur Canal+
    https://www.advitamdistribution.com/films/adolescentes
    https://www.canalplus.com/cinema/adolescentes/h/13545792_40099

    Voir aussi : "L'histoire d'un garçon" 

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  • Chaplin, le vagabond magnifique

    Une canne, un chapeau melon trop petit, un pantalon trop large, une veste très cintrée, des chaussures de plusieurs tailles plus grandes et une petite moustache pour vieillir Chaplin jugée trop jeune à l’époque où il est engagé pour son premier rôle au cinéma – nous sommes en 1913 et il n’a pas 25 ans : le vagabond est né. Il n’a pas de nom mais en France il s’appellera Charlot. Un personnage né en quelques minutes, "mais il vient de loin en réalité", commente Mathieu Almaric dans l’excellent documentaire de près de 2H30 consacré à Charlie Chaplin.

    France 3 proposait ce mercredi en prime-time Charlie Chaplin, le génie de la liberté, l'excellent film d’Yves Jeuland. Puisque France Télévision a la fâcheuse habitude de restreindre ses programmes en replay à 8 jours après leur diffusion en direct, il ne vous reste qu’une semaine pour le découvrir. Autre regret : que les extraits des films ne soient ni doublés ni sous-titrés.

    2H30 : c’est à la fois long pour un documentaire et court pour retracer une carrière exceptionnelle commencée très tôt, à Londres, puisque le jeune Charles Spencer Chaplin, né en 1889, a brûlé les planches dès son plus jeune âge. Une vraie enfance à la Dickens : un père alcoolique les ayant abandonné, une mère courage enfermée épisodiquement dans un asile après une carrière de comédienne pantomime. Cette dernière, nous apprend le documentaire, élevait ses enfants de telle manière qu’ils agissent comme des aristocrates distingués, ce qui sera l'une des caractéristiques de Charlot. C’est à sa mère et à son enfance anglaise que Chaplin doit de nombreuses inspirations, et en premier lieu son fameux personnage, vagabond apatride, digne et humain, qui est aussi un hommage à un clochard londonien élégant qu’il imitait enfant pour faire rire sa mère.

    Voilà qui rappelle aussi The Kid (1921), son premier long-métrage, qui est aussi le plus personnel. C’est d’ailleurs de ce film que traite en ouverture le documentaire d’Yves Jeuland : le Charlot gagman génial et parfois féroce se transforme grâce à ce film en chevalier désargenté et généreux, recueillant un gamin qui avait son âge lorsque sa mère fut internée et qu’il dut se débrouiller seul.

    Pas tout à fait seul, cependant. Son frère Spencer lui permet, malgré son jeune âge, de rejoindre une troupe de spectacles, celle de Fred Karno. Il y fait se ses premières armes, se fait remarquer par son génie comique et conçoit des postures qui lui vont lui servir des années plus tard, à l’instar des virages à cloche-pied et à angle droit, une des habitudes de Charlot. Il rencontre aussi un certain Arthur Stanley Jeffersson, sa doublure et qui deviendra plus tard Stan Laurel.

    Une tournée aux États-Unis lui permet d’être remarqué puis recruté en 1913 pour jouer dans un de ces innombrables films dans lequel apparaît le personnage de Charlot.

    Au bout de deux ans, Chaplin devient "l’homme le plus célèbre au monde". Le documentaire parle de 12 millions de spectateurs par jour. "La folie Chaplin" se mesure en nombre de livres, de BD, de chansons, de dessins animés, de produits dérivés mais aussi de (mauvais) plagiats – y compris féminins ! – et de (pathétiques) imitations. Et pourtant, il n’a que 27 ans et n’a tourné aucun long-métrage.

    La perfection guide son travail de comédie, menée à l’excellence. Tout est chronométré dans les gags et ses histoires rappellent son passé fait de privations, de violences, de faim et d’humiliations. L’Émigrant, est-il dit, est son film préféré de l’époque.

    "L’homme le plus célèbre au monde"

    Après la création en 1919 de la compagnie United Artists avec Mary Pickford – "la petite fiancée de l’Amérique" –, Douglas Fairbanks (son véritable ami) et D. W. Griffith, Chaplin se lance sans ses grands longs-métrages : La ruée vers l’or (1925), Le cirque (1928), un de ses grands chefs d’œuvre et Les Lumières de la ville. Ce film de 1931 sort alors que le cinéma parlant commence à tout écraser. En plein crépuscule du muet, Chaplin créé un film toujours muet, avec une ouverture sonore mais sans parole (1931), avec la scène finale sans doute la plus bouleversante de l’histoire du cinéma. C’est un de ses grands triomphes, qui finit de lui apporter la gloire. En contrepoint à ce succès, le documentaire ne passe pas sous silence des histoires de mœurs dans l’Amérique puritaine : une liaison avec Lita Grey, mineure à l’époque, et qui se conclue par un mariage arrangé.  

    Après un voyage en Europe et en Asie digne d’un chef d’État, il s’attaque à un autre de ses grands films : Les Temps modernes, tourné et sorti en pleine Dépression (1936). Il a engagé, comme partenaire aux côtés de Charlot, Paulette Goddard avec qui il s’est marié en toute intimité. Pour la première fois, la voix de Charlot se fait entendre, mais en musique uniquement, et dans une langue inventée – un nouveau pied de nez à l’industrie du cinéma parlant, auquel le réalisateur n'adhèrera jamais complètement.

    Suivra Le Dictateur (1940), une comédie engagée, enragée et irrésistible contre Adolf Hitler. Les deux hommes sont nés la même année, le même mois, la même semaine, rappelle le documentaire. Chaplin faisait remarquer que le dictateur allemand a adopté la même petite moustache de Charlot : "Charlie joue deux rôles : le requin et le petit poisson… Le dictateur et le coiffeur, mais surtout Hitler et Chaplin. Pastiche et postiche . Un duel au sommet entre les deux personnages les plus connus du monde. L’homme qui fait rire face à l’homme qui fait peur." Chaplin a écrit ceci à propos de ce nouveau chef-d’œuvre : "Le dictateur est mon premier film dans lequel l’historie est plus grande que mon petit vagabond". Le premier film antinazi de l’histoire du cinéma, un triomphe public et un événement majeur, est paradoxalement le chant du cygne d’un artiste au sujet duquel les critiques américaines ne sont pas tendres : antimilitariste, Chaplin est jugé comme "sentimentaliste", "déplacé" et même "marxiste" !

    La dernière partie du documentaire traite de la partie la plus sombre de celui qui figure parmi les 5 plus grands cinéastes de l’histoire.

    Le FBI le place sous écoute en raison de ses sympathies communistes. L’affaire Barry, du nom de Joan Barry une jeune actrice qui le fait chanter après une aventure malheureuse, jette en pâture un Charlie Chaplin écœuré. Son film suivant,  la comédie meurtrière Monsieur Verdoux (1947) - cette fois sans Charlot – n’a plus l’éclat des films précédents.  

    Une tournée européenne en 1952 pour la promotion de son long-métrage Les Feux de la rampe l’éloigne pour le bon des États-Unis. Son visa américain ayant été révoqué, Chaplin décide de ne plus y revenir.

    Il termine les 25 dernières années de sa vie en Suisse, continuant de travailler sans relâche sur sa musique, sur ses mémoires mais aussi sur ses derniers films, Un roi à New York (1954) et  La Comtesse de Hong-Kong (1967).

    Le film se termine sur le dernier hommage que lui a finalement rendu l’Amérique à la faveur d’une récompense aux Oscars en 1972, 5 ans seulement avant son décès. A 83 ans, on lui accorde un visa de 10 jours, le temps de son voyage aux États-Unis : "C’est bien. Ils ont encore peur de moi" commente, sarcastique, Charlie Chaplin. Le soir où l’oscar lui est remis, l’enthousiasme de la salle le bouleverse. Dans le public, il y a Jackie Coogan, l’acteur qui jouait le gamin du Kid, le petit vagabond auquel il s'est tellement identifié.

    Yves Jeuland, Charlie Chaplin, le génie de la liberté, documentaire français, 146 min, France 3
    https://www.france.tv/documentaires/art-culture
    https://www.charliechaplin.com

    Voir aussi : "The Kid" mis à l’honneur par La Poste"

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  • Un tour du jazz à la voile

    A Love Secret, que Mazeto Square ressort en DVD, peut se se regarder comme le film testament du jazzman Siegfried Kessler. Lorsqu’en 2002 Christine Baudillon a choisi de le suivre et de le filmer sur son bateau, elle ne s’attendait certainement pas à ce que le musicien décède 5 ans plus tard en mer, au large de La Grande-Motte.

    Grâce à des moyens réduits – la réalisatrice a filmé « Siggy » grâce à une petite caméra DV – on entre dans l’univers d’un artiste hors-norme, finalement autant marin que musicien. De son accent inimitable, avec un bagout et un humour confondants, Siegfried Kessler se confie sur son art, sur le jazz, sur son mode de vie, sur sa santé inébranlable malgré le tabac et sur sa consommation immodérée d’alcool, mais aussi sur la passion pour la mer et son Maïca.

    "La musique est un  langage", dit-il lors d’un de ses échanges, et cette musique ne se limite pas au jazz dont il a été une figure importante. Le film commence d’ailleurs par la Chacone de Bach, avant que ne résonnent tour à tour un morceau contemporain, des rythmes africains et, bien entendu, des titres jazz de lui-même ("Phenobarbital", "A Love Secret") ou de ses confrères, Ned Washington, Victor Young ou Thelonious Monk. Respecté par ses pairs, le pianiste né à Sarrebruck parle aussi de ses pianistes fétiches :  Thelonious Monk, Cedar Walton ou Walter Bishop.

    "La musique, il faut que ça voyage"

    C’est Archie Shepp qui est le plus longuement évoqué, précisément à la fin du film, avec des souvenirs et l’extrait d’un concert en duo au JAM de Montpellier ("Le matin des noirs"). Le marin Siegfried Kessler devient pianiste, au style alternant âpreté, délicatesse et poésie.

    "La musique, il faut que ça voyage", dit encore le jazzman, de son phrasé qui n’est pas sans rappeler celui de Karl Lagerfeld. Tout en évoquant Beethoven, Poulenc, Wilhelm Kempff ou le groupe Art Blakey and The Jazz Messengers, c’est bien d’une métaphore sur la mer dont il est question.

    Car, grand voyageur autant que musicien, Siegfried « Siggy » Kessler confie qu’il se sent d’abord comme un "loup de mer" faisant "parfois" de "bons concerts". La réalisatrice l’a suivi pendant un an, de La Grande-Motte au Frioul, en passant par l’Île de Planier.

    Le titre du documentaire de Christine Baudillon parle d’un secret amoureux. Il ne s’agit pas de jazz ni de musique mais de bateau et de voyages, précisément du port d’attache de Kessler dans le Frioul. "Je suis très heureux d’être en contact avec mon amour secret" confie-t-il à la réalisatrice. Et l’on voit l’homme à la proue de son Maïca, jouant au clavier, onirique et mystérieux, devant une crique rocheuse et désertique qui est son seule public. Le titre de ce morceau ? "A Love Secret", bien entendu.

    Siegfried Kessler, A Love Secret, documentaire de Christine Baudillon,
    Mazeto Square, DVD, 2004, 2020, 56 mn

    https://www.mazeto-square.com/product-page/siegried-kessler-a-love-secret-dvd
    https://www.facebook.com/MazetoSquare

    Voir aussi : "Éric Legnini et ses amis"

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  • Trump vu par Karel

    Ce dimanche, M6 diffusera un documentaire exceptionnel réalisé par le multi primé William Karel.

    Avec son film Le Monde selon Trump, le cinéaste propose un éclairage intransigeant sur le 45e Président, que les électeurs américains vont réélire ou non, le 3 novembre prochain.

    L’homme d’affaire et chef d’état républicain et populiste, candidat à sa propre succession, est lancée dans une course contre son concurrent Joe Biden pour l’emporter sur une élection que tous les observateurs considèrent comme capitale pour le pays… et aussi dangereuse pour la démocratie américaine.

    Dans quel état Donald Trump laissera-t-il son pays après quatre années d'un mandat déjà marqué par un nombre incalculable de décisions ubuesques, de scandales et de tweet rageurs ? Le plus imprévisible des dirigeants de l'histoire des États-Unis pourra-t-il être réélu ?

    Intransigeant

    William Karel retrace quatre années d'une présidence hors-normes qui a laissé l'Amérique profondément divisée. Pour raconter Donald Trump au pouvoir, de l'intérieur, William Karel a interviewé plusieurs de ses anciens proches collaborateurs, comme John Bolton, ex-conseiller à la sécurité nationale, et Anthony Scaramucci, ex-directeur de la communication de la Maison-Blanche, mais aussi des journalistes vedettes qu'il a pris pour cible dans sa croisade contre la presse. Le réalisateur a également rencontré des psychologues et des psychiatres qui ont étudié la personnalité de Trump et aussi les responsables sanitaires, une militante de Black Lives Matter et un pasteur évangélique qui, lui, le soutient sans réserve.

    William Karel (Le Monde selon Bush, Opération Lune ou Poison d'avril) propose au final un portrait engagé, implacable et sans concessions sur le plus controversé des présidents américains, à quelques jours d'une élection décisive pour l'avenir des États-Unis.

    Le Monde selon Trump, documentaire de William Karel, Roche Productions, sur M6
    Avec la Participation de : M6, RDI, RTBF, TV4 Sweden, Canal + Polska,
    TV3, TV Canaria, PTS Taïwan, ORF 3, HRT

    Diffusé ce dimanche 25 octobre à 23h10 sur M6 dans Enquête Exclusive
    Jusqu'au 1er octobre 2021 sur M6 Replay
    https://pro.m6.fr/paris-premiere/programme/2020-45/le-monde-selon-trump-12047756
    https://www.imdb.com/name/nm0439137

    Voir aussi : "Cons et néocons"

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  • Vendanges amères

    Le hasard est parfois bien fait : alors qu’il y a quelques jours je découvrais le podcast d’Affaires sensibles consacré à l’histoire de la plus grosse arnaque dans le monde du vin, cette semaine je tombais sur le film Sour Grapes consacré au même sujet, et qui est disponible sur Netflix.

    Le protagoniste de cette affaire s’appelle Rudy Kurniawan. Un pseudo en réalité, qui est aussi un hommage à un joueur de badminton indonésien. Notre Rudy Kurniawan vient lui aussi de ce pays, d’une famille à l’histoire compliquée pour la faire brève, et que le film de Jerry Rothwell explique dans les dernières vingt minutes de son documentaire.

    Lorsque le fringant jeune homme asiatique apparaît dans la communauté des collectionneurs de vin à partir de 2000, il se montre évasif sur sa fortune. Il se présente comme un héritier passionné de bons flacons, capable de dépenser une fortune dans des bouteilles d’exception, la plupart françaises, et dans des millésimes rarissimes : Mouton Rothschild 1945, Chambolle-Musigny 1962, Vosne-Romanée-Conti, Château Petrus 1947 ou des Clos-saint-denis millésimés de 1945 à 1971. Et sur à cause de ces derniers vins qu’il va se faire pincer.

    Omerta

    Rudy Kurniawan est doué d’une connaissance encyclopédique en œnologie et il impressionne ses nouveaux amis collectionneurs. En quelques années, il devient un personnage emblématique des salles de vente et il s’associe avec le commissaire-priseur new-yorkais John Kapon qui se charge de revendre les vins de sa collection. Non seulement Rudy Kurniawan gagne beaucoup d’argent, mais il contribue aussi à bouleverser le marché du vin et à faire grimper les prix. L’escroquerie va être dévoilée parallèlement par le milliardaire et collectionneur Bill Koch et le viticulteur bourguignon Laurent Ponsot qui s’aperçoit que certains crus… n’ont jamais existé.

    Pas la peine d’être un spécialiste du vin pour apprécier Sour Grapes (comme d’ailleurs le numéro d’Affaires sensibles). Le spectateur sera fasciné par l’histoire d’une arnaque savamment organisée qui a tellement roulé dans la farine des hommes d’affaire roublards qu’aujourd’hui encore on estime que près de 10 000 faux crus de Rudy Kurniawan sont encore en circulation dans le monde. Et personne ne semble vraiment tenir à ce qu’on les déniche.

    Une vraie omerta qui a tout de même conduit derrière les barreaux un brillant spécialiste et fraudeur en vin, sans que l’on sache complètement toutes les complicités. Le milieu des collectionneurs de vin n’a pas été le moins gêné par cette escroquerie exceptionnelle. Et dans un milieu régi par le bling-bling, le fric et les signes extérieurs de richesse, on pourrait résumer ainsi les réactions des acheteurs des vins made in Kurniawan : "Qu’importe si mon Domaine de la Romanée-Conti à 85 000 dollars la bouteille est faux, du moment que l’étiquette indique que c’est un Domaine de la Romanée-Conti…"

    Sour Grapes, documentaire américain de Jerry Rothwell, avec Laurent Ponsot, Jay McInerney, Jefery Levy, Maureen Downey et Rudy Kurniawan, 2016, 85 mn, Netflix
    https://www.netflix.com
    "Le vigneron et le faussaire", Affaires sensibles, France Inter, 2017, en podcast
    https://www.franceinter.fr/emissions/affaires-sensibles

    Voir aussi : "Histoire sensible"

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  • Beau comme Apollo

    Le cinquantième anniversaire du plus grand événement de l’histoire humaine valait bien une commémoration digne de ce nom. Anthony Philipson propose de revenir sur la mission d’Apollo 11 en juillet 1969 qui permit aux premiers hommes de quitter le berceau terrestre pour visiter notre astre le plus proche, la lune.

    Ce voyage exceptionnel de huit jours, trois heures, dix-huit minutes et trente-cinq secondes, dont deux heures seulement sur notre satellite naturel, est relaté dans le documentaire de la BBC au titre très "Jules Verne" : 8 jours de la Terre à la Lune.

    C’est à partir d’un mélange d’images d’archives, pour beaucoup inédites, et de reconstitutions fidèles basées sur des enregistrements sonores de l’époque – car l’intégralité du voyage a été captée par la NASA – que le film suit les trois astronautes dans ce périple, depuis les derniers préparatifs jusqu’à leur minuscule vaisseau spatial de moins de 5 m², propulsée par la fusée Saturn V, un monstre de technologie haut de 36 étages et propulsé par des moteurs d’une puissance prochaine d’une bombe nucléaire.

    L’aspect technique n’est en effet pas éludé dans ce film qui rappelle l’exploit scientifique de ces missions inédites par leur ampleur : il n’y a qu’à penser à ces reconfigurations qui ont permis la transformation de la fusée gigantesque en un module lunaire à plus de 16 000 kilomètres heures. Des quelques jours de voyage dans un vaisseau à peine plus grand qu’une petite automobile, les astronautes Neil Armstrong, Buzz Aldrin et Michael Collins se sont cependant montrés discrets en révélations : la recherche d’une caméra, quelques exercices sportifs et l’écoute d’actualités pour rester en contact avec la terre constituent les seules anecdotes.

    "Ce que c’est beau !" dit un de ces trois voyageurs de l’impossible

    Le moment le plus attendu de ce documentaire est bien entendu celui de la cinquième journée, le 20 juillet 1969, qui est celui de l’alunissage d’Eagle, le module lunaire, un appareil qu’Armstrong et Aldrin n’ont utilisé qu’en simulateur de vol. L’alunissement du minuscule engin n’a pas été si simple que prévu, avec un ordinateur de bord (bien moins puissant que le plus modeste de nos smartphones) finissant par saturer en raison du nombre élevé d’informations à traiter et des astronautes ayant de peu échappé au pire. "C’est un petit pas pour l’homme mais un bond de géant pour l’humanité" prononce Armstrong au moment où il pose le premier pas sur le sol poussiéreux du désert lunaire. Les petites deux heures de ces hommes sur la lune ont marqué à jamais l’histoire de l’humanité et constituent encore aujourd'hui l'une des aventures les plus prodigieuses qui soit.

    On ressort fasciné par la magie des photos et des films à la qualité médiocre pris à 385 000 kilomètres au-dessus de nous. "Ce que c’est beau !" dit un de ces trois voyageurs de l’impossible au moment du voyage spatial le plus ahurissant qui ait jamais été fait. Cinquante ans plus tard, à défaut de viser les étoiles, la beauté de la mission d’Apollo 11 reste intacte et inédite.

    8 jours de la Terre à la Lune, documentaire d’Anthony Philipson,
    Grande-Bretagne, BBC, 2019, 98 mn, actuellement sur Canal+

    https://www.bbc.co.uk/mediacentre/mediapacks/8-days

    Voir aussi : "Si vous avez tout compris à cet article c’est que je me suis mal exprimé"

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  • Chef, un petit verre

    Depuis les Brèves de comptoir on savait que le zinc était une source d’inspiration intarissable, capable de livrer citations pleines de bon sens, réflexions socio-philosophiques ou punchlines incroyables.

    Paroles de Zinc, websérie documentaire sortie en ce début d’année, ne fait rien d’autre que s’incruster au cœur des bistrots, troquets et autres cafés pour une plongée au milieu de l’univers si français des bistrots parisiens, l’un des derniers grands lieux populaires.

    Le bistrot devient grâce à ces courts reportages une micro-société ou une grande famille où presque tous les sujets sont dissertés par des consommateurs prolixes : la crise, le travail, la dèche, la politique, le logement, le "village" de Paris, le RSA, les voyages ou les arts. Les réalisateurs, Seb, Fred et Will savent se faufiler entre les tables et le comptoir pour faire parler et écouter ces clients qui ne demandent qu’à raconter quelques tranches de leur vie. Paroles de Zinc permet également d’être témoin de plusieurs apparitions émouvantes du regretté Rachid Taha.

    Cinq épisodes sont déjà en ligne, "Bistrot", "Crise", "Paname", "Cinéma" et "Français". Ils ont été tournés dans deux bistrots parisiens typiques : Chez Ammad, dans le XVIIIe arrondissement de Paris et à La Liberté dans le XIIe. C’est l’occasion de rencontres, parfois très alcoolisées, avec des anonymes qui sont aussi des frères et des sœurs à qui l’on a envie d’offrir pour quelques minutes ou quelques heures de chaleur humaine. Comme le disait Antoine Blondin, "quand on meurt de faim, il se trouve toujours un ami pour vous offrir à boire."

    Paroles de Zinc, websérie documentaire, sur Youtube
    https://www.facebook.com/ParolesdeZinc

    Voir aussi : "Beb des Soggy, le Sugar Man français"

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  • Moi, Nadia, brodeuse et artiste

    broderie,brodeuse,nadja berruyer,maison lesage,christian lacroix,éléonore faucher,documentaire,artisanatC’est une artiste hors du commun qui a les honneurs du documentaire d’Aurélie Martin, sobrement intitulé : Nadja Berruyer, Brodeuse.

    Ce film est le fruit de sept ans de travail autour d’un art méconnu, lorsqu’il n’est pas dénigré. Nadja Berruyer parle de la genèse de ses tableaux perlés, comme de la manière dont elle les réalise.

    Perles de métal et de verre, paillettes, fils d'or et de soie : c’est tout un univers qui peuple son atelier si caractéristique. L’artiste brode également avec des matériaux plus spéciaux comme des pièces de monnaie, des engrenages d'horlogerie, des mécanos, des pendentifs, des plumes, des cheveux et des bijoux. Nadia Berruyer dépasse les frontières de l'artisanat et se donne toute liberté pour organiser selon sa volonté toutes ces matières qui la fascinent. Dans ce documentaire, Nadja Berruyer explique aussi pourquoi et comment elle est devenue brodeuse.

    Très jeune, le talent de Nadja Berruyer est reconnu. Elle travaille pour le prêt-à-porter, la haute couture : Christian Lacroix, le théâtre, le cinéma – pour le film Brodeuse d’Éléonore Faucher, elle crée un tableau de perles de 3 mètres de haut.

    Se débarrasser des idées reçues

    Depuis 30 ans, broder tous les jours pendant de nombreuses heures sans s'arrêter à fini par imposer à son corps de la souffrance due à la position de la broderie. Elle doit donc maintenant se reposer un peu plus souvent.

    Peu de choses filmées existent sur la broderie. Dans le film d’Aurélie Martin, la parole de Nadja est l'occasion de se débarrasser des idées reçues : un métier identifié de manière simpliste à la vénérable Maison Lesage, une activité ringarde et vieillissante réservée aux grands-mères fripées.

    Nadja Berruyer, Brodeuse entend parler autrement de cet art, exigeant et passionnant. Le film d’Aurélie Martin, disponible en DVD et VOD, fera aussi l’objet d’une projection exceptionnelle le dimanche 17 mars 2019 à 11H45 au cinéma Saint-André des Arts (Paris 6e). 

    Aurélie Martin, Nadja Berruyer, Brodeuse, France, 62 mn, en DVD et VOD
    Projection spéciale le dimanche 17 mars 2019 à 11h45
    au cinéma Saint-André des Arts, Paris 6e

    http://www.lesmutins.org/nadja-berruyer-brodeuse

    Voir aussi: "Spartacus, mon frère"

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