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true detective

  • C’est pas de la télé, c’est HBO

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    Oz, Les Soprano, Sex and the City, The Wire, True Blood, True Detective, Game of Thrones : le point commun de ces séries, outre leur succès et leurs qualités plébiscitées, est d’avoir été créées par HBO, une chaîne du câble américain, devenue une référence télévisuelle.

    Pourtant, que de chemins parcourus depuis la naissance, en novembre 1972, de Home Box Office, modeste canal de télé payante dont la programmation se limitait à des petits films indépendants, des matchs de boxe et des documentaires…

    Un livre d'Axel Cadieux, Jean-Vic Chapus et Mathieu Rostac, La Saga HBO (éd. Capricci) retrace l’itinéraire exceptionnel d’une chaîne pas comme les autres qui a lancé une véritable révolution culturelle et artistique : celle des séries, après les premières expérimentations télévisuelles que furent Twin Peaks, X-Files, Buffy contre les Vampires ou Ally McBeal.

    Les auteurs s’omettent pas de mettre un coup de projecteur sur quelques-uns des responsables de HBO : son créateur d’abord, Charles Dolan, mais aussi ces autres responsables que sont Chris Albrecht, Michael Fuchs, Jeff Bewkes, Carolyn Strauss, sans oublier quelques-uns des showrunners qui ont fait le succès de la chaîne.

    La Saga HBO ouvre d’ailleurs largement ses pages à ces scénaristes-producteurs hors du commun que sont David Chase (Les Soprano), David Milch (Deadwood), David Simon (The Wire) ou Tom Fontana (Oz). Certains sont d’ailleurs interviewés pour les besoins du livre.

    Rétrospectivement, la réussite de HBO tient dans une alchimie impeccable mêlant liberté de création, confiance réciproque entre showrunners et responsables de HBO, mais aussi efficacité commerciale acceptée et assumée par tous les maillons de la chaîne.

    Les auteurs de ce passionnant essai retrouveront exposés la genèse et les secrets de fabrication de quelques-unes des plus emblématiques séries estampillées HBO : les chefs-d’œuvres The Wire, Les Soprano ou Six Feet Under, le western métaphysique Deadwood, la série de fantasy True Blood, devenue phénomène de la pop culture et, bien entendu, le raz-de-marée Game of Thrones.

    Axel Cadieux, Jean-Vic Chapus et Mathieu Rostac ne cachent pas les échecs qui ont jalonné l’histoire de la chaîne du câble, souvent en pointe, du reste, pour sentir, voire devancer, les goûts du public. Il y a eu l’arrêt du péplum Rome après deux saisons et 100 millions de dollars engloutis dans une fresque impressionnante, ou encore la déception de Carnivàle (La caravane de l’Étrange). Mais HBO a aussi dû subir la concurrence d’autres chaînes, bien décidées à ne pas lui laisser le monopole de séries ambitieuses, engagées, voire décalées : AMC (Mad Men, The Walking Dead ou Breaking Bad), Showtime (Dexter, Weeds ou The L World) et Fx (Californication, The Shield ou Damages).

    Pour autant, HBO parvient à se redynamiser après 2008, grâce à quelques-uns de ses succès les plus marquants : True Blood, True Detective, Girls, Game of Thrones ou Wesworld pour ne citer qu'eux. Une santé insolente qui lui permet de voir l’avenir en rose : une deuxième saison de Westworld pour 2018, une troisième de True Detective et même une adaptation possible de Fondation d’Isaac Asimov, avec, aux manettes, le showrunner Nic Pizzolatto, le comédien Robert Downy Jr et le réalisateur Roland Emmerich.

    Le terme de chefs-d’œuvres n’est pas galvaudé pour plusieurs séries, pourtant fortement dépendantes des contraintes commerciales de HBO et du couperet de l’arrêt de la saison. Les auteurs, mais aussi journalistes de la revue spécialisée SoFilm, citent des épisodes considérés comme des musts artistiques : l’épisode 11 de la saison 3 des Soprano (Pine Barrens), l’épisode 9 de la deuxième saison de Deadwood (Amalgamation and Capital) ou l’épisode 13 de la saison 4 de The Wire (Final Grades).

    Contre toute attente, HBO a su faire de la série télé une authentique matière artistique. Richard Ellenson, le publicitaire qui a proposé, en 1995, à la petite chaîne du câble son slogan qui lui colle à la peau, "It’s not TV, it’s HBO", a dit ceci : "Surtout ne culpabilisez pas, cher(e)s abonné(e)s. Quand vous passez sur notre canal, vous ne regardez pas la télé. Trop vulgaire. En fait, vous ne le savez pas encore, mais vous regardez des programmes qui pourraient tout à faire faire de l’ombre au cinéma."

    Axel Cadieux, Jean-Vic Chapus et Mathieu Rostac, La Saga HBO, éd. Capricci, 2017, 207 p.
    Myriam Perfetti, "Le double looping des séries", in Marianne, 25-31 août 2017, pp. 62-65
    http://www.hbo.com

  • True Detective : les références

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    Il y a peu je parlais de la série True Detective, et de son succès tant critique que public. Une saison 2 débarque d'ailleurs d'ici quelques semaines. Le site Tumblr Tea and a movie nous offre une analyse cinématographique de la série d'HBO. On y découvre les multiples références de True Detective, à travers une courte vidéo. Les clins d'œil de cette série abondent : Seven de Finscher, Massacre à la Tronçonneuse de Tobe Hopper, Les Moissons du Ciel de Terrence Malick,  Le Silence des Agneaux de Jonathan Demme mais aussi... L’Enfance d’Ivan d'Andreï Tarkosvki.

    Une invitation supplémentaire à découvrir ou redécouvrir la création du showrunner Nic Pizzolatto.

    Tea and a movie
    True Detective : comparisons and references

    True Detective: Comparisons and References from MrRTJL on Vimeo.

  • Un détective, un vrai

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    true-detective-poster-16x9-1.jpgÀ quoi peut bien tenir la réussite d'une série ? La question se pose s'agissant de True Detective, créée par le talentueux scénariste et showrunner Nic Pizzolatto, quasi plébiscitée, récompensée à de multiples reprises et devenue une véritable référence du petit écran. 

    L'intrigue est pourtant d'une confondante simplicité : deux inspecteurs interrogent d'anciens policiers au sujet d'un dossier criminel classé sur lequel ils ont travaillé vingt ans plus tôt. Au milieu des années 90, une jeune femme est découverte assassinée. La mise en scène morbide et à connotation religieuse, des objets trouvés (des bois de cerf et une mystérieuse sculpture en bois) et la concordance avec une autre disparition indiquent qu'un serial-killer pourrait être à l'origine de ce crime. De fausses pistes en vrais indices, les policiers en charge de l'enquête mettent la main sur un coupable tout désigné. Mais les choses ne vont pas s'avérer aussi claires. Au bout de plusieurs années, le dossier est rouvert. 

    Rien de révolutionnaire dans ce pitch, en tout cas rien qui ne bouleverse profondément l'histoire de la fiction policière. Pour tout dire, l'enquête semblerait être même par moment le prétexte pour faire le portrait des deux personnages principaux, chacun  paumé à sa manière. Le premier, Martin Hart (Woody Harrelson), policier installé, marié et père de deux filles, s'annonce vite comme moins lisse qu'il n'y paraît. Personnage hâbleur, il va d'adultère en adultère. Son acolyte, Rust Cohle (le génial Matthew McConaughey), débarque dans le commissariat auréolé d'une réputation de policier doué et pugnace mais également d’une personnalité trouble. Peu aimé, cynique, indépendant, il s'avère être un détective hors du commun et doué pour faire confesser des suspects, lorsqu'il ne sombre pas dans ses travers : les drogues, l’alcool et la misanthropie. La performance de Matthew McConaughey, par ailleurs producteur de cette série créée par Nic Pizzolatto, est à saluer. L'acteur, oscarisé pour son rôle dans Dallas Buyers Club (2013), est impressionnant de présence. Son  partenaire Woody Harrelson parvient à imposer lui aussi son personnage de père de famille en voie de perdition. Je ne peux pas passer sous silence Michelle Monaghan qui joue à la perfection un second rôle particulièrement convaincant. 

    La mise en scène de Cary Fukunaga, soignée et impressionnante (je pense à un plan séquence vertigineux de dix minutes au cours du quatrième épisode), est au service de deux protagonistes, à la fois différents et solidaires pour le service de la même cause : la recherche de la vérité, une vérité qui mettra vingt ans à être dévoilée au grand jour.     

    Il existe un autre personnage important dans cette série : la Louisiane. Une Louisiane à la fois magnifiée et terrible. Les paysages sont filmés dans toute leur beauté. Et au milieu des bayous, se terrent les plus lourds secrets et les pires criminels qui puissent se voir. Ils sortiront de l'ombre grâce à la perspicacité et à la pugnacité d'un détective, un vrai.  

    True Detective, saison 1, Canal +, en ce moment
    True Detective, saison 2, Canal +, bientôt