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europe

  • OTAN, O mœurs

    Il sera question  dans cette chronique de l’Otan, de son élargissement à la Finlande, de l’Union européenne, de la Russie et de terrorisme. Mais rassurez-vous, il ne sera pas question de la criminelle et piteuse "opération spéciale" et guerre en Ukraine mais d’un film d’action, sorti peu de temps avant les singeries de Poutine.

    Opération DeltaOmerta: 6/12 pour son titre original, visible en ce moment sur Canal+ – frappe d’emblée par sa singulière prescience. Cet honorable film d’action finnois surfe en effet sur un sujet qui, en 2021, n’intéressait a priori que quelques experts en géopolitique : le projet d’élargissement de l’OTAN à la Finlande. Voilà de quoi contrarier la Russie qui lance une opération terroriste en plein cœur d’Helsinki, lors de la fête d’indépendance nationale. Le Président et tout le gratin de la bonne société finnoise est pris en otage. Et, parmi eux, un général – français – de l’OTAN. Une force d’action spéciale est mise en branle pour contrecarrer les barbouzes russes et russophiles.

    Prescience

    Un film d’action tour droit venu de Finlande : voilà qui a de quoi titiller la curiosité. Avouons aussi que cette réalisation  d’Aku Louhimies avec Jasper Pääkkönen (Vikings, BlacKkKlansman : J'ai infiltré le Ku Klux Klan) a parfaitement digéré les canons des productions américaines de ce genre : courses poursuites, suspense, rebondissements et héros cabossés mais héroïques. À ce sujet, avouons que Jasper Pääkkönen et Nanna Blondell (Black Widow, House of Dragon) jouent parfaitement leur rôle : agents amis, attirés l’un par l’autre et surtout soudés par une solidarité sans faille.

    Mais le gros atout d’Opération Delta réside moins dans la séquence finale en Biélorussie – qui nous renvoie bien entendu à l’actualité internationale – que dans le cœur de l’intrigue : parler de l’OTAN, de l’Europe, des conflits avec la Russie – larvés au moment du tournage du film – et des relations diplomatiques délicates entre la Finlande et l’inquiétant voisin russe. On sait ce qui est arrivé quelques mois plus tard. Quand je vous parlais de prescience... 

    Opération Delta, film d’action finnois, d’Aku Louhimies, avec Jasper Pääkkönen, Nanna Blondell,
    Sverrir Gudnason, Cathy Belton, Nika Savolainen, Pertti Sveholm, Juhan Ulfsak,
    Dragomir Mrsic, Zijad Gracic, Miodrag Stojanovic,
    Slaven Spanovic et Märt Pius, 2021, 174 mn, Canal+

    https://www.canalplus.com/cinema/operation-delta/h/18092639_40099

    Voir aussi : "Sentinelles"
    "Sixties, sweet sixties"

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  • Iphigénie d’Europe

    mes publications mes créations,théâtre,drame,iphigénie,europe,libéralismeAu départ d'Iphigénie d’Europe il y a eu un défi : écrire une pièce de théâtre burlesque en vers de douze pieds sur un sujet très actuel : le libéralisme économique et la mondialisation.

    Ce postulat de départ n’est pas si étonnant qu’il n’y paraît : les drames de Racine ou de Corneille n’ont-ils pas pour toile de fond une guerre ? Et aujourd’hui la mondialisation n’est-elle pas une forme de guerre, moins sanglante certes mais tout aussi brutale ?

    Le mythe de la Guerre de Troie a été choisi comme modèle pour cette tragi-comédie.

    Iphigénie d’Europe se déroule de nos jours dans une entreprise informatique. Achille, son président, se voit proposer la veille de son mariage avec Hélène une alliance avec un de ses concurrents Jan Patrocle. L’objectif est in fine de conquérir le marché chinois. Hésitant d’abord, Achille finira, sous la pression d’Hélène, par accepter une fusion amicale. Ce sera le départ d’une catastrophe qui balaiera sur son passage destins, rêves et espoirs. Emportés par la fièvre de l’argent et du pouvoir, à l’époque du libéralisme triomphant, chaque personnage montrera finalement son vrai visage : le visage de ce que l'on pourrait nommer "des animaux économiques" !

    Au cœur de cette lutte, il y a aussi un double triangle amoureux – Achille-Hélène-Jan Patrocle d'une part et Hélène-Iphigénie-Ulysse d'autre part – triangle dans lequel l’argent est l’épicentre.

    Cette tragi-comédie est autant une réécriture de la Guerre de Troie qu'un hommage au théâtre, hommage où le pastiche n’est jamais très loin : de la tragédie classique au théâtre de l’absurde en passant par la comédie musicale, la poésie homérique, la création contemporaine (Joyce, Beckett ou Pinget), la danse ou la farce. Le chant épique côtoie la comptine et la lamentation amoureuse peut surgir après une déclaration des plus prosaïques, sur une recette de cuisine par exemple.

    Bruno Chiron, Iphigénie d'Europe. Manuscrit.com, 2007, 165 p.
    http://www.manuscrit.com/book.aspx?id=10246
     
    Voir aussi : "« Rock'n'Love » d'Arsène K., toujours disponible »"
    "Les publications du blogger"
    "Les Fabuleuses"

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  • Le léger problème du chômage

    Bande dessinée et enquête, l’ouvrage de Benoît Collombat et Damien Cuvillier, Le Choix du Chômage (éd. Futuropolis), est beaucoup plus passionnant et attrayant que ne le laisse deviner le titre mais aussi la couverture.

    On sait que l’économie fait partie de ces domaines à la fois boudés par le public français et assez peu vulgarisé. Tout porte à croire que cette pseudo-science traitant aussi bien des monnaies que la vie des entreprises ou la circulation de l’argent soit à la fois tabou et forcément réservée à des spécialistes qui feraient tout pour la rendre imbitable. Les plus cyniques pourraient ajouter que, ce faisant, les économistes prendraient bien soin de nous cacher des réalités peu reluisantes. Admettons.

    Voilà pourquoi il faut absolument lire la bande dessinée de Benoît Collombat et Damien Cuvillier, qui entend balayer près de 50 ans de choix économiques qui ont fait du chômage, sinon un domaine mineur, du moins "une variable d’ajustement" au service d’enjeux libéraux.

    "Libéralisme" : voilà le mot qui est au centre de la bande dessinée Le Choix du Chômage.

    Les auteurs proposent au lecteur une immersion dans leur travail d’investigation, constitué pour l’essentiel d’entretiens avec d’anciens ministres, des hauts fonctionnaires en exercice ou non,  des mandarins du libéralisme et des spécialistes en économie, droit du travail, juristes ou chercheurs en sciences sociales.

    Le terme de vulgarisation n’a rarement aussi bien convenu à un ouvrage, une bande dessinée de surcroît, qui nous entraîne dans les arcanes du pouvoir politique et économique. Ce qui est au cœur du récit est bien le libéralisme – pour ne pas dire l’ultralibéralisme – qui s’est d’autant plus imposé dans les pays européens ces 30 dernières années, dont la France, que le continent a vu trois alignements de planètes favorables à son essor : l’influence des néolibéraux américains et anglais portés respectivement par Reagan et Thatcher, la Chute du Mur de Berlin et une crise économique dont le salut pouvait venir d’un libéralisme assumé jusqu’à des choix les plus extrêmes.

    Le chômage comme variable d’ajustement, voire épine dans le pied

    Et parmi ces choix, il y a celui du chômage, qu’un certain  François Hollande, pourtant socialiste, théorisait ainsi en 1985 : "Faire le choix des grands équilibres  au risque de sacrifier l’emploi." No comment. Benoît Collombat et Damien Cuvillier décrivent au fur et à mesure de leur ouvrage ce qui a conduit à faire tomber les frontières, permettre une libre-circulation des marchandises (presque) sans contraintes et finalement considérer que l’emploi n’était pas une priorité, voire pouvait être un frein au développement économique.

    Après un survol historique de l’économie mondiale après la seconde guerre mondiale (Plan Marshall, naissance de la CEE, domination du dollar), les auteurs en viennent au cœur du récit contemporain, qui est celui d’une Europe se construisant sur un modèle libéral. Pour appuyer leur théorie, outre la figure de Jean Monnet, c’est Jacques Delors, socialiste lui aussi, qui est épinglé. Les auteurs font d’ailleurs de l’exemple du virage de la rigueur en 1982 un symptôme de choix économiques – avec toujours le chômage comme variable d’ajustement, voire une épine dans le pied qui sera rarement considérée comme prioritaire.

    Précis, rigoureux, impitoyables, mais aussi capables de nuances (le sombre destin de Pierre Bérégovoy en est le plus brillant exemple), les auteurs tirent à boulet rouge sur une Europe qui est devenue résolument libérale. Les exemples ne manquent pas.

    Parsemant la BD de parenthèses de vignettes très imagées ou de planches biographiques, Benoît Collombat et Damien Cuvillier assument leur engagement, tout en inscrivant leur ouvrage dans l’actualité contemporaine, celle des Gilets Jaunes et du Covid. On peut toutefois regretter que la parenthèse socialiste de 1995-2002 soit laissée sous silence, puisque cette fois le gouvernement Jospin avait fait du chômage sa grande priorité, non sans succès. 

    Benoît Collombat et Damien Cuvillier, Le Choix du Chômage, Préface de Ken Loach, éd. Futuropolis, 2021, 288 p.
    https://www.futuropolis.fr/9782754825450/le-choix-du-chomage.html
    https://www.franceinter.fr/personnes/benoit-collombat

    Voir aussi : "Noir coton"

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