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pop

  • Les horizons de Falaises

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    Pour bien commencer l'année parlons de Falaises. J'étais impatient de découvrir le dernier opus de ce groupe parisien, créé il y a seulement deux ans. Ils viennent de sortir They Are Here : huit titres pour ce long EP, qui pourrait tout autant être catalogué comme un album, certes un peu court.

    Falaises c’est la pop la plus cool qui soit : moderne, électro, mélodique, d’une solide densité rythmique mais qui sait aussi jouer avec avec le contemplatif et l’onirisme. Un vaste horizon musical, passionnant et envoûtant.

    Avec Boy, dans deux versions ouvrant et clôturant le disque, on entre dans un univers jarrien électro. Les synthétiseurs marchent à plein régime, proposant de belles envolées servies par la voix aérienne d’Alice Maury.

    Pour la pop que propose Inherent Vice, on abandonne cette fois des machines à la Jean-Michel Jarre pour un titre aux accents plus Cranberry. En digne héritière de la regrettée Dolores O'Riordan, la chanteuse de Falaises nous amène vers une new wave dopée aux machines et aux ordinateurs, mais avec ce supplément d'âme grâce à sa voix sucrée et assurée (Daylight Dreamer).

    Facile, Falaises? Trop simple. A côté de rock plutôt rugueux comme le titre qui donne son nom à l'EP, les quatre Parisiens osent des morceaux expérimentaux (Twilight Splendor), voire planants (Drinkin Hell). Avec Hush on tient une perle sophistiquée et à la pop enlevée aux réverbérations oniriques, prête à vous faire bondir, voire tomber raide dingue amoureux.

    Falaises, They Are Here, Antipodes Music / Differ-Ant, 2018
    http://smarturl.it/theyarehere
    https://www.facebook.com/Falaisesmusic

    Voir aussi : "Brol d'elle"

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  • Le top 10 de Bla Bla Blog pour 2018

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    En ce début d’année, la période est parfaite pour faire un bilan de 2018. L’an dernier, 263 articles ont été publiés par Bla Bla Blog. Quels ont été les plus populaires ? Cette année encore, nous vous proposons un classement des articles les plus populaires en 2018. Plusieurs chroniques ont tiré leur épingle du jeu, mais aussi des artistes qui ont attiré l’attention de Bla Bla Blog. Pour ce top 10, attendez-vous à être étonnés. Cette chronique présente ce classement, accompagné d’une présentation, d’extraits et évidemment de liens pour lire ou relire les articles marquants de cette année.

     10  Liv Monaghan, en musique et en images

    Pour ouvrir ce classement, honneur à Liv Monaghan, que nous avons suivi en 2018, et que nous suivrons également dans les prochains mois. La musicienne a été une superbe découverte. Elle a terminé l’année avec un nouvel album et une interview dans Elle. Une vraie grande artiste est lancée.

    Xtm4MC-1_400x400.jpgExtrait
    "Physiquement il y a du Keren Ann dans la posture de Liv Monaghan. Mais musicalement ?

    Musicalement, c’est du côté du jazz alternatif – voire du world jazz – qu’il faut chercher l’influence de Liv Managhan qui, en décembre dernier, a sorti Beauty in the Park avec le groupe Bird & Bass, album qu’elle a d’ailleurs produit.
    Dans cet opus, le jazz s’affranchit de ses origines et vient se nourrir de rock (Yellow Suit), de blues (Ocean Blues), d’influences d’Europe orientale (Beauty In The Parks) ou de musique de chambre (Horses)."

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     9  Mariscal sur les pas de son brillant Ané

    Découvert en mars dernier, le moins que l’on puisse dire est que Mariscal a fait un grand bond cette année, jusqu’à faire la première partie d’un concert de Dominique A à l’Équinoxe de Châteauroux. C'était en décembre dernier. Lorsque nous disions que ce musicien allait sur les pas de son "brillant Ané", nous n’étions pas loin de la vérité.

    Mariscal.jpgExtrait
    "Je vais vous raconter, si vous le voulez bien, l’histoire de cette chronique.
    La semaine dernière, j’étais en train d’écrire au sujet de la passionnante exposition Rock ! Une histoire nantaise (Château des Ducs de Bretagne, à Nantes, du 24 février 2018 au 19 novembre 2019), dont une partie est consacrée à Dominique A, lorsque je suis tombé sur le premier album de Grégory Mariscal, Plus le Temps. Et là, le choc : les similitudes avec ce nouvel arrivant de la scène française et l’auteur de La Fossette (1992) ou de La Mémoire neuve (1995) me sont apparues évidentes.
    Le Coton a le grain du Vivement Dimanche de La Fossette. Quant à Je Marche Je Respire, ne renvoie-t-il pas au Je ne respire plus, Milos dans La Mémoire neuve ?"

    La suite ici…

     8  La Brodeuse Masquée a encore frappé

    C’est par hasard que Bla Bla Blog est tombé sur La Brodeuse Masquée et ses étonnantes créations. Chez elle, la broderie à l’ancienne subit un sérieux dépoussiérage grâce aux thèmes de cette artiste d’un nouveau genre. Ce qui intéresse La Brodeuse Masquée ? Des faits divers trash, des citations claquant comme des slogans et des références à actualité. Décalage et humour noire assurée par cette formidable créatrice.

    Brodeuse masquée.jpgExtrait
    "La Brodeuse Masquée sévit sur Internet, via ses comptes Facebook et Instagram, et elle mérite que l’on s’y intéresse.

    Qui est cette mystérieuse femme, œuvrant dans l’ombre avec un sens de l’humour décalé dans un créneau jusque-là has-been, celui de la broderie ?
    Pour se présenter, notre Brodeuse Masquée use d’une phrase pompée avec malice dans le jargon complotiste : "Qui est-elle ? Quels sont ses réseaux ? Seuls ceux qui savent savent…" Quelques indices sur ses créations – un hommage au club de football de l’AS Nancy Lorraine et un autre au régional de l’étape, Michel Platini – laissent à penser que c’est en Meurthe-et-Moselle qu’il faut chercher la trace de cette artiste d’un autre genre."

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     7  Vanished Souls, les enfants du rock

    Parmi les nombreux coups de projecteurs musicaux, celui sur Vanished Souls a permis aux quatre Parisiens d’entrer dans notre classement. Une occasion parfaite pour redécouvrir ce groupe de rock que nous avions aimé.

    Vanished souls.jpgExtrait
    "Les Vanished Souls, ont décidé de faire un sort au rock à papa. Pas de parti pris chez ces quatre petits Français découverts en 2013, qui sortent en mars leur nouvel album éponyme : le maître mot de cet opus est de s’aventurer sur la route longue, sinueuse et passionnante du rock et de ses nombreux dérivés. Et le moins que l’on puisse dire c’est que les surprises sont nombreuses.
    DriX, Svein, Fred et Yann Forléo ne cachent pas leurs références musicales – et pop-rock – tous azimuts , que ce soit Radiohead, My Bloody Valentine, Archive, Sigur ros ou Pink Floyd."

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     6  Seul en scène, entre amis

    La pièce de théâtre Ça aurait pu commencer comme ça ! de Paul Morel et Julien Delpech a fait le buzz sur Bla Bla Blog : une belle réussite pour un spectacle créé et produit par deux amis que nous avons pris plaisir à faire découvrir.

    Seul en scène entre amis.jpgExtrait 
    "Ce seul en scène, une vraie performance en soi, promet une plongée séduisante dans le milieu du spectacle, comme dans la tête de ces artistes que Bla Bla Blog a plaisir à faire découvrir.
    Paul Morel raconte l’histoire de Paul, cet autre que lui-même pour reprendre une citation de Proust, un jeune homme certain de son talent de comédien, mais qui finit par se saborder lui-même par manque de travail, de compassion et d’humilité.
    "

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     5  Des dominos pour faire chuter la maladie de Charcot

    Voir à la cinquième place de notre classement un événement caritatif a une saveur particulière. Le 28 avril 2018, l’association verdunoise 2A2S proposait une exceptionnelle chute de 30 000 dominos pour sensibiliser le public à la maladie de Charcot. On doit à Sébastien Brunella, touché par cette affection, cette manifestation. Le public de Bla Bla Blog y a été sensible, comme le prouve cette belle cinquième place.

    Des dominos.jpgExtrait 
    "Le bloggeur assistait à Verdun non pas à un record mais à un événement qui s’en approchait : une chute géante de 30 000 dominos pour une bonne cause.
    L’association verdunoise 2A2S (Association d’Aide et de Soutien à Sébastien) a été créée autour de Sébastien Brunella, atteint de la maladie de Charcot, ou SLA (Sclérose Latérale Amyotrophique). Cette affection terrible touche aujourd’hui environ 8 000 malades en France, un chiffre pas assez important pour mobiliser les laboratoires à la recherche de rentabilités, et trop élevé pour intéresser l’AFM, comme le rappelait Sébastien Brunella lors de la manifestation caritative organisée le samedi 28 avril autour de ces dominos."

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     4  Double focus sur Patricia LM

    Quelle plaisir de trouver Patricia LM dans notre classement annuel ! Après l’exposition "Sensual self-portraits" en janvier à la Concorde Art Gallery de Paris, l'artiste faisait l'actualité à Concarneau cet automne. Deux chroniques ("À l’origine" et "Les filles du port") ont mis à l’honneur cette photographe exceptionnelle. Une photographe dont Bla Bla Blog va encore parler en 2019.

    image.jpgExtrait
    "Cela se passe en ce moment et jusqu’au 15 novembre à Concarneau : une Escale 7 rue du Port. Bla Bla Blog ne pouvait pas passer à côté de cet événement. Pourquoi ? Parce que nous avions parlé il y a deux ans d’une des deux artistes venues exposées.
    Patricia LM fait se rencontrer la photographie et la peinture, le folklore breton et le pop-art, mais aussi l’intimité et la sensualité. Elle partage l’Escale avec Anh Gloux, graphiste à la ligne claire et résolument tournée vers la mer, qu’elle soit avec liée à la mythologie grecque ou au folklore breton."

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     3  Deborah de Robertis l’ouvre de nouveau

    Pourquoi, cette année encore, Deborah de Robertis est-elle sur le podium de Bla Bla Blog ? En 2017, l’actualité de sa performance scandaleuse au Louvre avait fait parler d’elle. Cette année, c’est dans la ville de Lourdes que l’artiste franco-luxembourgeoise a choisi de faire parler d'elle - au grand dam de certains. Mais Deborah de Robertis a aussi connu un coup de projecteur mondial inattendu à l’occasion de l’acte V des Gilets Jaunes

    XVM9157b47c-af51-11e8-9c2e-8cd135438702.jpgExtrait
    "Elle a un nom qui fleure bon le latin et les versets bibliques. Là s’arrête pourtant le point commun entre l’institution catholique et Deborah de Robertis, qui doit s’expliquer avec l’Église dans les prochains mois. La performeuse franco-luxembourgeoise a été en effet été arrêtée le 1er septembre dernier pour s’être dénudée devant le sanctuaire de Lourdes. Elle comparaîtra en correctionnelle le 19 mai 2019 pour exhibitions sexuelles.
    Deborah de Robertis avait déjà fait une performance publique remarquée devant La Joconde en 2017. La justice n’avait pas été dans le sens du musée du Louvre, considérant que la jeune femme agissait en tant qu’artiste et militante. Tel est aussi le discours que cette dernière tient au sujet de Lourdes et de sa prestation."

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     2  Union TV : un nouveau média pour une nouvelle révolution sexuelle

    À la deuxième place de ce classement annuel de Bla Bla Blog, c’est à la fois un média et une personnalité attachante qui sont mis à l’honneur. Le média est Union TV, la déclinaison télé du célèbre magazine érotique et libertin. La personnalité est Flore Cherry, sa responsable transformation digitale. Il y a quelques mois, elle nous parlait d’Union TV, de sexualité mais aussi de féminisme.

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    "Le vénérable Union entrerait-il dans une nouvelle ère ? Créé en 1972, le magazine érotique et libertin fait lentement mais sûrement sa mue. Après l'édition web, c'est une chaîne de télévision qui vient de naître fin janvier (disponible sur la box SFR). Nous avons rencontré Flore Cherry, responsable de la transformation digitale à Union, pour en savoir plus sur ce nouveau média."

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     1   Berry, de retour

    La première place de ce top 10 est, cette année encore, une chanteuse - après Marie Cherrier, Alka puis  Fishbach, respectivement en 2015, 2016 et 2017... Depuis juin 2018, Berry a fait exploser les compteurs de Bla Bla Blog grâce à un article paru il y a près d'un an de cela... Nous nous demandions ce que devenait l’auteure de Mademoiselle et des Passagers. Cette année, quelques réponses ont été apportées grâce à plusieurs concerts, dont nous avons parlé il y a quelques mois, mais aussi à une audience exceptionnelle pour une artiste hors du commun. Berry a prouvé qu’elle était toujours attendue : cette première place le prouve, s’il en était encore besoin. Et d'ailleurs, elle était bien de retour cette année et elle sera d'ailleurs toujours là début 2019. Ouf...

    Berry.jpgExtrait
    "On avait quitté Berry en 2012, avec l’album Les Passagers. La chanteuse avait choisi le fil conducteur du voyage pour des chansons délicates et pudiques, portées par une voix caressante, l’une des plus belle sans doute de la scène française. Est-elle revenue de ses voyages ? Où est-elle aujourd’hui et quelle est son actualité ?
    Il convient au préalable de faire quelques rappels sur la carrière de Berry, commencée en 2008 avec un premier album, Mademoiselle, remarqué par la critique et le grand public. Disque d'or, il a été suivi de plusieurs centaines de concerts en France comme à l'étranger (Brésil, Corée du Sud ou Serbie). Mademoiselle ce sont 10 joyaux musicaux que la chanteuse a sculpté avec ses acolytes Manou et Lionel Dudognon." 

    La suite ici...

    Voir aussi : "Le top 10 de Bla Bla Blog en 2017"
    "Le top 10 de Bla Bla Blog pour 2016"
    "Le top 10 de Bla Bla Blog pour 2015"

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  • "Étélectro" et Beauté sauvage

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    C’est une électro estivale que je vous invite à découvrir avec le premier EP de Beauté Sauvage, The Sound of the Waves.

    Impossible de ne pas se laisser enrouler dans les vagues synthétiques de ce single langoureux. Les flux et les reflux de la mer accompagnent un album pop, chill et minéral (The Sound of the Waves).

    Zen attitude requise pour le duo parisien mené par Jay-b Bricklear, aux manettes d’un mini-album au son french touch, électro-pop et funky (Sunset). Les voix chaleureuses accompagnent un EP parfait pour accompagner ces chaudes et paresseuses journées d’été. 

    Leur premier EP est disponible sur Soundcloud.

    Beauté Sauvage, The Sound of the Waves, Beauté Sauvage, juillet 2018
    Disponible sur Soundcloud

    Page Facebook de Beauté Sauvage

    Voir aussi : "Nouvelle vague"

  • Nouvelle vague

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    Il y a de la fraîcheur eighties chez les trois garçons d’Amoure, un groupe de la scène pop strasbourgeoise né en 2014. Ils signent leur nouvel EP, Vague, léger comme un farniente estival et d’un séduisant dynamisme. Prise de tête interdite : "Je veux faire des vagues / Quitte à nager en plein délire. / Je veux faire des vagues, / Les chevaucher jusque Agadir"(Vague).

    Les quatre titres pop ne lésinent pas sur l’énergie, et vous serez bien en peine de ne pas les écouter à plein volume lorsque vous lézarderez sur votre plage préférée. C’est une joyeuse parenthèse dorée que nous proposent les trois membres du groupe, Nicolas Lietaert, Julien Hermann et Thibault Dutt : du vague, des plages (Sable), de la lumière (Claire) et un trip à Rome en bonus.

    Le premier titre, Vague, annonce la couleur : ce nouvel EP des Amoure se veut estival. Estival et aussi, quelque part, new wave : c’est en effet du côté d’Indochine mais aussi d’Étienne Daho que nos trois musiciens viennent chercher une partie de leur inspiration. Des influences qu’ils revendiquent dans l’adaptation, en forme d’hommage, de Week-end à Rome. Et l’on repart, sous le soleil italien et avec Daho cette fois : "Week-end à Rome, / Tous les deux sans personne / Florence, Milan, s'il y a le temps / Week-end rital, en bagnole de fortune / Variété mélo à la radio."

    Amoure, Vague, Deaf Rock Records, mai 2018
    Amoure, en concert le 31 juillet à l’Estival Open Air, Estavyer (Suisse)
    http://www.bonjouramoure.fr
    https://www.facebook.com/amouremusic

  • Quelques notes de graphisme

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    Voilà une exposition qui va en mettre plein les yeux aux amateurs de pop music, comme aux amateurs de graphisme. Le Centre du graphisme d’Échirolles avait déjà présenté entre novembre 2017 et mars 2018 Pop Music 1967 – 2017, Graphisme & Musique. Cette exposition est de nouveau visible à la Cité internationale des arts de Paris jusqu’au 13 juillet.

    Pourquoi le choix de 1967 alors que le disque vinyle faisait partie du paysage depuis des lustres ? Pour les organisateurs, cette année révolutionnaire avant-l’heure (les pavés de mai 68 n’allaient pas tarder à faire parler d’eux) marque la naissance d’une contre-culture pop-rock et beatnik avec le concert de Jimi Hendrix au festival de Monterey mais aussi la sortie de l’album Sergent Pepper des Beatles. Un album qui a autant marqué les esprits pour ses titres légendaires que pour sa pochette. À partir de cette époque, les maisons de production vont prendre un soin tout particulier dans la conception graphique des disques qu’elles sortent. Les plus grands graphistes conçoivent d’authentiques joyaux pour le plus grand plaisir des amateurs de musique pop-rock.

    L’exposition Pop Music 1967 – 2017 propose un voyage inédit et passionnant à travers 1200 albums, 600 biographies de groupes et d’artistes, 100 pochettes de disques commentées et 16 studios graphiques invités.

    Des graphistes prestigieux

    Trois époques sont traitées séparément : de 1967 à 1982, l’âge d’or du microsillon, de 1983 à 1999, qui marque la naissance et le développent du CD, puis de l’an 2000 à 2017 correspondant à la fin progressive du support physique et l’arrivée de l’iPod (2004-2005). Dans l’exposition, l’accent est mis sur les productions américaines, britanniques et françaises.

    Près de 1300 pochettes d’albums sont présentées sur l’ensemble de l’exposition, accompagnées de nombreux repères et commentaires musicaux, historiques et graphiques. Des portraits d’artistes, photographies de concerts et des magazines musicaux complètent le propos, ainsi qu’une bande-son personnalisée.

    Les spectateurs seront en terrain connu avec des artistes qui continuent de nous accompagner : David Bowie, Björk, Daft Punk, Aretha Franklin, Michael Jackson, Madonna, Massive Attack, Joni Mitchell, Nirvana, Queen, Patti Smith, Shakira, Telephone, Tina Turner, Stevie Wonder ou Amy Winehouse.

    Des graphistes, aux noms souvent prestigieux (Laurent Fétis, M/M (Paris), Jean-Paul Goude, Vaughan Oliver, Form Studio, Julian House, Tom Hingston, Martin Andersen, Laurence Stevens, Big Active Agency, The Designers Republic, Zip Design, Matthew Cooper, Stylorouge, StormStudio et Malcom Garrett), seront les autres vedettes de cette exposition à la fois visuelle et musicale. "Les graphistes, les illustrateurs et les photographes ont des inspirations tous azimuts : ils puisent dans l’histoire de l’art, les innovations technologiques, les productions underground ou les autres cultures (Inde, Afrique, Caraïbes…)" commentent Michel Bouvet et Blanche Alméras, les commissaires de l’exposition.

    Les visiteurs pourront s’arrêter sur ces pochettes d’album élevées au rang d’authentiques chefs d’œuvres, que ce soit l’album Foreverland de Divine Comedy (2016) par Matthew Cooper à la facture klimtienne, le visage amoureusement déstructuré de Grace Jones par Jean-Paul Goude (Slave To The Rhythm, 1986), le regard bouleversant d’Annie Lennox capté pour l’album d’Eurythmics, Shame (1987), les créations graphiques magnétiques de Big Active Agency pour MonnBoots (First Landing, 2017) ou Bag Raiders (Checkmate, 2016), le design de Laurent Fétis pour Tahiti 80 (Darlin, 2010) ou encore la célèbre et mythique pochette de Pink Floyd, Division Bell (1993) par Storm Studios.

    Tout cela est à voir en ce moment à la Cité internationale des arts de Paris. Et à écouter, bien entendu.

    Pop Music 1967 – 2017, Graphisme & Musique,
    proposé par le Centre du graphisme d’Échirolles
    Cité internationale des arts, Paris 4e, 18 rue de l’Hôtel de Ville
    Du 14 juin au 13 juillet 2018, entrée gratuite

    Catalogue Pop Music 1967 – 2017, Graphisme & Musique,
    éd. du Limonaire / Centre du graphisme d’Échirolles, 400 p. 2018

    www.citedesartsparis.fr
    www.echirolles-centredugraphisme.com

     ©  Laurence Stevens Studio, Eurythmics, Shame, vinyle, 1987.

  • Le Grand Paon est un animal de nuit

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    Sur la pochette du premier album de Palatine, se tient une silhouette mystérieuse au regard triste, menaçant et sombre. Sombre ou plutôt rouge, car c’est bien la couleur dominante de Grand Paon de Nuit. La voix androgyne à la M de Vincent Ehrhart-Devay plane sur un album pop aux images obsédantes.

    Et avec toujours ce rouge, véritable fil conducteur : rouge rassurant (Comme ce Rouge me plaît), rouge passion (Stockholm), rouge violence (Ecchymose) ou le rouge dépaysant d’un road-movie dans le sud des États-Unis (Baton Rouge).

    Le grand paon est un animal de nuit annonce Palace dans le rock nimbé d’électro, City Of Light, et dans Paris - L’ombre où le noctambule parle de ses défauts sublimés.

    Fil rouge conducteur

    Les quatre garçons de Palace, JB Soulard, Adrien Deygas, Toma Milteau et bien entendu Vincent Ehrhart-Devay, proposent onze titres alternant le rock sombre à la PJ Harvey (Golden Trickets), l’easy-listening (Marions-nous), l’électro pop (City Of Light) ou encore la chanson française, celle d’Alain Bashung ou de Christophe (Faux-Brouillards). Baton Rouge est un voyage dans les bayou, grâce à un électro country-folk aux guitares joueuses. Ce titre avait déjà été enregistré dans une version publique pour le premier EP de Palace, sorti en 2015.

    Beaucoup plus sombre, Ecchymose est un titre aux accents grunge, aussi torturé, provocateur et paradoxalement lumineux que le Where The Wild Roses Grow de Nick Cave & The Bad Seeds et Kylie Minogue  : "Bye-bye bye-bye / Je dois partir / Là où mes mains se posent / Poussent des ecchymoses."

    Palace c’est aussi du symbolisme mis en musique comme la chanson titre, Grand Paon de Nuit : "J’ai les yeux rouge / Je sors seulement la nuit/ Personne ne bouge / J’aime le silence."

    Il y a quelque chose d’unique et de fatal dans ce premier album, obsédant comme cette femme croisée dans C’était un Loup : "On voyait tout / mais pas son âme / C’était un loup sous une peau de femme." De nouveau, le rouge passion.

    Palatine, Grand Paon de Nuit, Yotanka, 2018
    En concert au Café de la Danse le 15 mai 2018
    http://palatinemusic.fr

  • Les idées noires de Louis Arlette

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    C’est un rock ambitieux, engagé et sombre que propose Louis Arlette dans son premier album, Sourire Carnivore. Un rock à la Noir Désir, travaillé avec un son électronique (À cœur ouvert), cher à un artiste fasciné par l’univers de Kraftwerk et ayant collaboré avec le groupe AIR. Sourire Carnivore a d’ailleurs été enregistré en partie dans leur studio de l’Atlas. Pour son premier album, le musicien a également été rejoint par le batteur Julien Boyé (Gush, Nouvelle Vague) et le guitariste Daniel Jamet (membre fondateur de La Mano Negra, Gaëtan Roussel et Saez).

    Que l’on ne se fie pas à ce nom vintage : Louis Arlette propose un opus soigné dans la musique et les paroles pour offrir un opus moderne et âpre (Sourire carnivore), aux rythmiques appuyées et sophistiquées (Providence) et aux textes où se mêlent désillusions (À la dérive), spleen (Tristesse limpide), colères (À la dérive) mais aussi percées de lumières et de soleil (L’Avalanche).

    Idole de Proust

    À l’instar de Jean-Louis Murat, Louis Arlette excelle dans ces textes d’une belle maîtrise (Jeux d’Or), tel ce titre pop lumineux qu’est Tristesse limpide : "Comme tu es rigide / Et si bien contrôlée / Il n’y pas une seule ride / Sur ton calme frigide / Triste comme un rocher / Sombre comme un passage à vide." Et l’on apprend non sans surprise que l’artiste cite volontiers quelques gens de lettres l’ayant influencé : Balzac, Hugo, Flaubert, Aragon, Villon et surtout Marcel Proust, son "idole". Rien que ça.

    Louis Arlette est parti à la recherche du temps pour mettre bas un album franc et engagé qui peut se lire aussi comme un marqueur de notre époque. L’auditeur pourra trouver dans À notre Gloire une référence au Bataclan dans cette "jeunesse dorée" fauchée par le "carnage" au "monstrueux reflet" qui "a changé de visage."

    Sombre, vivant et sacrément actuel, Sourire Carnivore marque la naissance d’un chanteur à la personnalité forte et à l’univers hors des modes. Un album à mordre à pleines dents. 

    Louis Arlette, Sourire Carnivore, Le Bruit Blanc / One Hot Minute / Wagram, février 2018

  • L'été sera électro dans les maillots

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    Un été électro : c'est ce que propose le groupe Fergessen dans leur album bien nommé L'Été. Le duo français formé par David et Mikaëla propose une pop acidulée dans laquelle voix et électronique se répondent, voire s'affrontent joyeusement (Tu veux la guerre).

    Le premier album de Fergessen, Les accords tacites, était paru sous le label Mvs Records en 2011, avant que les deux artistes ne soient repérés dans The Voice en 2015. Pour ce deuxième opus, on assiste bien ici à une des nombreuses métamorphoses que nous offre en ce moment la chanson française.

    Séduisant et électrisant

    Sous la direction artistique d’Antoine Essertier, Fergessen surfe sur la vague électro avec une énergie et un enthousiasme communicatifs (Old is beautiful) sans perdre de vue, à l'instar de La Femme, l'importance du texte ("L'eau du ciel a jeté un peu de chagrin / Sur la ville / Là je ferme mes yeux / Le temps a changé. / Un rayon audacieux tente une percée", L'été), y compris dans les titres anglais à la facture eighties (I want love, Old is beautiful ou Wet dragon).

    Le groupe Fergessen propose avec L'Été un album séduisant et électrisant, que soit dans la langueur suffocante de L'été, l'efficacité pop d’Old is beautiful ou le lyrisme de Tangerine.

    Encore une histoire de soleil, de plages et de saison estivale. Pas de doute, avec Fergessen, l'été sera bien électro dans les maillots.

    Fergessen, L'Été, Echoïd Prod, 2018
    En tournée en Chine avec l’Alliance française tout le mois de mars
    En France, le 14 avril à Nilvange (57), le 21 avril à Jassans-Riottier (01),
    le 12 mai à Saint-Pée-sur-Nivelle (64), le 26 mai à Valentingey (25)
    et le 61 juin à Erstein (67)

    http://www.fergessen.fr
    Page Facebook de Fergessen

  • Mariscal sur les pas de son brillant Ané

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    Je vais vous raconter, si vous le voulez bien, l’histoire de cette chronique.

    La semaine dernière, j’étais en train d’écrire au sujet de la passionnante exposition Rock ! Une histoire nantaise (Château des Ducs de Bretagne, à Nantes, du 24 février 2018 au 19 novembre 2019), dont une partie est consacrée à Dominique A, lorsque je suis tombé sur le premier album de Grégory Mariscal, Plus le Temps. Et là, le choc : les similitudes avec ce nouvel arrivant de la scène française et l’auteur de La Fossette (1992) ou de La Mémoire neuve (1995) me sont apparues évidentes.

    Le Coton a le grain du Vivement Dimanche de La Fossette. Quant à Je Marche Je Respire, ne renvoie-t-il pas au Je ne respire plus, Milos dans La Mémoire neuve ?

    Certes, la voix tendue et si particulière de Dominique Ané fait place à un timbre moins aérien (à l’exception toutefois de l’onirique All the world flees), mais il n’en reste pas moins vrai que Mariscal marche bien sur les traces de son brillant... aîné. Ajoutons d’ailleurs que Jeff Hallam, collaborateur notamment de Dominique A, a collaboré à ce premier album : bon sang ne saurait mentir.

    Comme lui, Grégory Mariscal empreinte le rock par des chemins de traverse, offrant par là-même un opus passionnant et personnel. Le dernier titre, qui donne son nom à l’album, est à ne pas manquer. Sur une ballade acoustique, Grégory Mariscal parle du temps qui passe et de son propre parcours : "Plus le temps nous laisse /Plus on le conteste / On est tous quelque-part / Le temps défile / En fuyant le hasard / Le temps défile / Être de quelque-part" (Plus le Temps passe).

    Un univers à la fois brut, intime et poétique

    L’écoute de Plus le Temps de Mariscal réserve des surprises étonnantes et un parti-pris artistique à saluer : pop minimaliste (All the world flees), travail artisanal soigneux (Cimetière de l’Amour), sujets rarement traités (La Rouille) ou textes charpentés (La Rue Des Corps Saints).

    Le musicien tourangeau impose son univers à la fois brut, intime et poétique : "Poser tes mains avant un rêve / Regarder l’animal qui dort / Penser aux gens à qui tu rêves / Poser tes lèvres et puis ton sort / Écoute les mots et les regards / Par la fenêtre la nuit très tard / Respire le corps juste à côté / Qui dort doucement sans se soulever / Fier de sa solitude" (Fier de sa Solitude).

    Rock, pop, chanson et électro se mêlent dans une jolie symbiose, à l’exemple du séduisant Buvons, un hymne à l’amitié, à l’insouciance et au lâcher-prise : "Allez buvons / Parce qu’il faut boire : Un dernier soir / Avant l’hiver / Buvons / Assis au bord / Du Guadalquivir / Qui dort."

    L’amateur de mots pourra goûter les texte simples, lumineux et efficaces d’un vrai auteur : "Ils marchent dans la rue des Corps Saints / Marchent sur un chemin / Portent tous un rêve. / Ils marchent, agitant leur destin / dans la rue des Corps Saints / entendent des Sirène / Et ils chantent My Way" (La Rue Des Corps Saints).

    Huit clips accompagnent la sortie de ce premier album et déroulent une narration à tiroir, comme un puzzle qui s’assemble, avec des personnages croisés dans les chansons de Plus le Temps.

    Marsical a mis huit ans pour sortir son premier album. Le résultat final est là, dans cet opus âpre, soigné et inventif.

    Mariscal, Plus le Temps, La Familia, sortie le 2 mars 2018
    Page Facebook de Grégory Mariscal

  • Accords célestes avec Mehari

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    Mehari est le nom bien français choisi par un duo toulousain qui s’était fait connaître en 2013 avec leur premier EP Red Moon – et avant une reprise remarquée du sulfureux Lover’s Cave d’Is Tropical. Mehari, donc, comme la mythique Citroën, familière des vacanciers, aventuriers et autres baroudeurs. Et il est vrai que ce nom n’est pas mal trouvé pour un groupe aux accents électroniques et célestes qui invite au voyage.

    Dans leur deuxième EP, All This Time, constitué de trois titres dans deux versions, Pierre-Henri Izambert and Matthieu Hernandez vont chercher leurs influences assez loin, dans le rock électronique des années 70 qui découvrait toutes les possibilités du synthétiseur. Mehari revendique ses influences chez Giorgio Moroder, Pink Floyd mais aussi, plus près de chez nous, Air.

    Pop et planant

    Après un titre pop et ascendant, All This Time, Breathe a le souffle de ces morceaux pop et planants qui nous amènent dans la pop des années 80 de Vangelis ou Jean-Michel Jarre. Le troisième morceau, Long Way Home, est un beau et long voyage céleste, à la fois spatial et temporel. On y trouvera les couleurs de la new age, lorsque Brian Eno collaborait avec David Bowie pour la Trilogie berlinoise.

    Le duo toulousain offre une palette chaleureuse de sons, de rythmes et de trouvailles musicales d’une rare élégance. Après de convaincants premiers singles, Les Toulousains pourraient bien transformer l’essai dans les prochaines années. Signe des temps, Mehari travaille sur un premier album, à surveiller de près.

    Mehari, All This Time, Champcaine Records, 2017
    http://champcaine.com/mehari
    https://www.facebook.com/wearemehari

  • Écoute ce silence

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    Pour commencer cette année musicale, allons voir un peu en France, si vous le voulez bien. L’un des plus internationaux des duos a retenu notre attention. No Money Kids, comme son nom ne l’indique pas, est un groupe de la banlieue parisienne aux couleurs pop, rock et soul réjouissantes.

    Leur deuxième album Hear The Silence, tour à tour envoûtant, régressif et musclé, nous fait voyager dans une Amérique rêvée ou fantasmée. Car c’est bien de ce côté de l’Atlantique qu’il faut chercher les influences de No Money Kids.

    Envoûtant, régressif et musclé

    Qui a dit que le rock se mourrait ? Les deux Parisiens Félix Matschulat et J.M. Pelatan témoignent d’une belle vitalité autant que d’une foi de charbonnier pour ce qui se fait de mieux musicalement dans le pays de James Brown, d’Elvis ou de Nirvana. No Money Kids puise là son inspiration : la soul tout droit sortie des caveaux du Bronx (Man Down ou Take Me To Your Home), le rock rugueux à la ZZ Top (Loaded Gun, The Hangman ou Black Hole), la folk (le somptueux Hear The Silence) ou ces titres bondissants que sont Burning Game ou Easy.

    Puisque nous sommes en 2018, l’électronique est également présent (The Hangman ou Shot The Master), mais il est utilisé avec justesse et bon escient, afin de laisser les guitares se déployer avec une telle générosité que l’auditeur se prend à rêver d’écouter le groupe en concert et se laisser empoigner par les riffs de Loaded Gun, les accords irrésistibles de My Love ou les lignes mélodiques de Hear The Silence.

    Généreux, No Money Kids sait l’être dans le son comme dans les thèmes traités : l’esclavage (Shot the Master), le deuil (Man Down), la rébellion (Loaded Gun), l’amour (Take Me To Your Home) ou la séparation (Easy).

    Voilà une raison supplémentaire pour vous précipiter vers ce deuxième album, voire les écouter en live. Après plus de 60 concerts en 2017 dans l’hexagone, en Belgique et en Allemagne, No Money Kids est en effet en tournée au moins jusqu’à la fin juin

    No Money Kids, Hear The Silence, Roy, 2017
    http://www.nomoneykids.com

  • Écoute ce silence

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    Pour commencer cette année musicale, allons voir un peu en France, si vous le voulez bien. L’un des plus internationaux des duos a retenu notre attention. No Money Kids, comme son nom ne l’indique pas, est un groupe de la banlieue parisienne aux couleurs pop, rock et soul réjouissantes.

    Leur deuxième album Hear The Silence, tour à tour envoûtant, régressif et musclé, nous fait voyager dans une Amérique rêvée ou fantasmée. Car c’est bien de ce côté de l’Atlantique qu’il faut chercher les influences de No Money Kids.

    Envoûtant, régressif et musclé

    Qui a dit que le rock se mourrait ? Les deux Parisiens Félix Matschulat et J.M. Pelatan témoignent d’une belle vitalité autant que d’une foi de charbonnier pour ce qui se fait de mieux musicalement dans le pays de James Brown, d’Elvis ou de Nirvana. No Money Kids puise là son inspiration : la soul tout droit sortie des caveaux du Bronx (Man Down ou Take Me To Your Home), le rock rugueux à la ZZ Top (Loaded Gun, The Hangman ou Black Hole), la folk (le somptueux Hear The Silence) ou ces titres bondissants que sont Burning Game ou Easy.

    Puisque nous sommes en 2018, l’électronique est également présent (The Hangman ou Shot The Master), mais il est utilisé avec justesse et bon escient, afin de laisser les guitares se déployer avec une telle générosité que l’auditeur se prend à rêver d’écouter le groupe en concert et se laisser empoigner par les riffs de Loaded Gun, les accords irrésistibles de My Love ou les lignes mélodiques de Hear The Silence.

    Généreux, No Money Kids sait l’être dans le son comme dans les thèmes traités : l’esclavage (Shot the Master), le deuil (Man Down), la rébellion (Loaded Gun), l’amour (Take Me To Your Home) ou la séparation (Easy).

    Voilà une raison supplémentaire pour vous précipiter vers ce deuxième album, voire les écouter en live. Après plus de 60 concerts en 2017 dans l’hexagone, en Belgique et en Allemagne, No Money Kids est en effet en tournée au moins jusqu’à la fin juin

    No Money Kids, Hear The Silence, Roy, 2017
    http://www.nomoneykids.com

  • Archive du Nórd

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    Stéphane Grangier (Nórd) et Craig Walter, le chanteur anglais d’Archive, ont uni leur force et leur talent dans un album ample et ambitieux, Ce Siècle.

    Pas moins de 14 titres mêlant textes denses à la Noir Désir ("Ce siècle a des allures d’enfer / Un point pour toi un point pour les autres / J’observe les sept têtes sortir de la mer / Un océan de gaz et de mazout", Ce siècle), rock aiguisé (Alors sans cesse) ou psychédélique (Ce siècle), pop anglaise des années 70 (Burning inside), violons lyriques (Foule étrange), chanson française (Les mots du monde) et une techno savamment dosée (Into the void).

    Le duo franco-anglais fonctionne à merveille dans cet album début de siècle sombre, romantique et élégant qui nous parle de notre époque faite d’incommunicabilité, de désespoir, de guerres et d’une nature prête à reprendre sa vengeance ("Et la mer un jour recouvrira le tout et nous nagerons / Pour toujours", Foule étrange).

    Il y a de l’épaisseur et de la grâce chez Nórd jusque dans ces chansons plus intimes, comme c’est le cas pour As-tu ("As-tu la pluie / Comme chaque automne / Qui te parle quand la fin est proche / As-tu la foi / Que je te donne") ou bien Je n’ai pas dormi ("Je n’ai pas dormi / je retenais la nuit / Je suspendais mes yeux à la lumière du jour / J’attendais qu’on me dise encore un jour un signe / Pour que j’existe"). Il y a du Noir Désir dans ces titres rock à la fois sombres et aux textes ciselés (Je m’égare). Mais il n’est pas non plus absurde de chercher chez Nórd l’influence de brillants aînés, que ce soit Alain Bashung (Ce siècle), Yann Tiersen (Un monde à part), Léo Ferré (Les mots du monde), Jacques Brel (Je ne voulais pas t’aimer), le Serge Gainsbourg des années 80 (Je fume) ou encore The Doors (Burning Inside). Le duo anglo-français cite volontiers d’autres figures musicales : Serge Reggiani, Hubert-Félix Thiéfaine, Janis Joplin ou encore The Velvet Undergound. Rien que ça.

    On ne peut qu’être admiratif devant ce qui est un authentique concept album conçu avec un soin particulier, autant dans le son que dans le texte ("Et nos mains se soignent en se caressant le corps délétère / D’une statuette de marbre / Arrogant sûr de nous-même quand l’autre répond / Je suis moi"). Nórd fait preuve d’une belle présence vocale et un engagement sans faille (Je fume). Il est servi et accompagné par un orchestre de 40 musiciens, preuve que Ce siècle appartient déjà à la gamme des albums hauts de gamme. Du bel ouvrage.

    Parallèlement à la sortir de cet album prévu début 2018, Stéphane Nórd sortira son roman Je suis célèbre (éd. Écrans) un récit initiatique explorant l’envers du monde de la musique, en résonance avec Ce siècle. Chaque chapitre du livre s’ouvrira par un texte de chanson de son dernier opus.

    Nórd, Ce siècle, Sony Music / Sterne / Canitro & Co / High Valley, début 2018
    Stéphane Nórd, Je suis célèbre, éd. Écrans, janvier 2018

  • Adrienne Pauly, toute excusée

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    On excusera tout à Adrienne Pauly, qui a attendu 9 ans avant de sortir son nouvel album (À vos amours, disponible le 19 Janvier 2018, Choï Music/Because), qui sera suivi d’un concert à la Maroquinerie le 19 mars prochain.

    En attendant, la musicienne propose le premier clip de cet album, L’Excusemoihiste. Réalisé par Virginie Sauveur (réalisatrice d’Engrenage), Adrienne Pauly s’est offerte – excusez du peu – la participation de Jackie Berruyer et Catherine Laborde.

    L’auteure de J’veux un mec (2006), marquait l’arrivée fracassante la patte d’une musicienne survoltée et à la pop acide. Adrienne Pauly revient avec un premier clip réjouissant à la hauteur des attentes. Rien que pour cela, il sera tout pardonné à Adrienne Pauly.

    https://www.adrienne-pauly.com

  • Du plaisir à Eugene avec Loftän

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    Vous ne connaissez certainement pas Loftän, mais vous devriez. Pas sûr d’ailleurs que de ce côté-ci de l’Atlantique beaucoup se soient, pour l’instant, intéressés à ce duo féminin venu de l’Oregon.

    Janell Riedl et Julia Mahncke forment ce groupe pop-folk indie qui a sorti son premier EP, From Here un an plus tôt.

    Il y a du plaisir à découvrir et écouter le son de Loftän fait d’instruments acoustiques et surtout de deux voix harmonieusement posées. Doorway, ballade pop psychédélique, nous parle d’attente, de frustration et de ces moments comme en suspension ("Why don't you walk me back home / And leave me out on the porch steps / You whisper the words you know you know.") Il est encore question d’amour dans I Will Find You. D’amour, d’attente et d’espoir : "I will find you / No matter how long it takes / I will find you behind the door / That breaks so easily / If you push it right / And I’m sure / You are just as lonely as I am." Les deux filles de Loftän savent happer l’auditeur dans ce titre d’une belle efficacité, avec un son pop tout droit sorti des années 90. Un son que l’on retrouve d’ailleurs dans une version lofi que le groupe a mis en ligne sur son site.

    Undercover frappe par la richesse des textes. À l’instar de Bob Dylan – d’ailleurs cité dans ce titre – Janell Riedl et Julia Mahncke, déroulent de leur voix cristalline une ballade folk qui nous parle d’une fille d’aujourd’hui perdue dans un spleen moderne : "She sings along to Dylan songs she holds her secrets tight / Buying what you’re selling / If you catch her in the night."

    Le EP From Here se termine par Mystery Blue. Loftän nous entraîne dans un voyage onirique et coloré : "I see pink / And I see dark grey / And I see rose colored clouds floating / On mystery blue." Cette fois c’est du côté de Cocorosie que l’on peut chercher l’influence de ce dernier titre.

    Le site de Loftän propose d’autres jolies perles à découvrir : A Short Song et sa folk acoustique, une reprise d’All You Need Is Love ou le très convainquant Roomate, que l’on a hâte d’écouter dans une version studio plus aboutie.

    Loftän sera en tournée à Eugene et à Salem. Si d’aventure les pas vous mènent aux États-Unis, et plus précisément du côté de l’Oregon, allez les écouter sans faute. Vous pourrez toujours dire que vous venez de la part de Bla Bla Blog.

    Löftan, From Here, 2016
    https://thebandloftan.com
    Kaitlin Sevy et Loftän, Sam Bond's Brewing Co., Eugene, Oregon, 27 octobre, 18H

    Live Music Loftän, Alesong Brewing and Blending, Eugene, Oregon, 11 novembre, 17H
    Loftän au Space, 9 décembre 2017, Salem, Oregon