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jazz

  • Brassage musical

    Je vous parlais il y a peu des Headshakers et de leur jazz mêlé de funk. Voici, avec l’album Higher, le troisième album des Big Funk Brass, une autre de ces rencontres musicales passionnantes où se mêlent le jazz (Rain, Little Man), le son des brass-bands de la Nouvelle Orléans, le funk (Move Your Fonky Booty) et même le hip-hop (Rock The Stage). Pour enregistrer cet album intégralement autoproduit, le groupe a élu domicile au studio Gil Evans à Amiens.

    Big Funk Brass montre qu’il n’a peur de rien lorsqu’il s’avance sur des terres à la fois si proches et si lointaines. Outre Teach You To below, en featuring avec FP, très dansant et rythmé, le groupe vient se mesurer avec du jazz cool et à la rigueur impeccable (Caol Ila).

    Après un début sous les promesses du rap, Higher s’impose comme ce qu’il est : un album de jazz chatoyant, coloré, joyeux et dense (Fireworks, Manhunt, Lucky Fucker).

    Pour Higher Funk le groupe des Big Funk Brassss s’est carrément offert la collaboration de Ben L’Oncle Soul. 

    L’album se termine par Make Your Choices, avec cette fois un jazz tournant les yeux vers les caraïbes.

    Big Funk Brass, Higher, 202
    http://bigfunkbrass.fr
    https://www.facebook.com/bigfunkbrass

    Voir aussi : "Les doigts dans le nez"

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  • Les doigts dans le nez

    Sur une note de rock progressif puis punk rock, le nouvel album des Lillois de HeadShakers nous mène sur un drôle de chemin mêlant rock et jazz (Fingers In The Noise) et surtout funk (Funk First, comme son nom l’indique), avec pour ligne conductrice du jazz pleinement assumé, mais aussi et surtout du groove. Les séries NXP1 et NXP2 développent de leurs longues digressions d’impros, faites de funk, de jazz et de pop-rock.

    Les origines du nom de la formation proviennent du célèbre groupe Jazz-Funk : The HeadShakers, figure tutélaire qui inspire les huit musiciens lillois depuis déjà près de douze ans.

    Pour leur deuxième opus, le funk acéré et seventies des HeadShakers adresse des clins d’œil appuyés en direction de la blaxploitation, avec Cutry Dance Party (avec Dréo en featuring) ou le bien nommé Architect Of Funk (le tromboniste Fred Wesley y est dans une forme éclatante). Le jazz de cet album a également des inspirations pop-rock, avec Laids Medias ou Me Myself And I avec ses éclairs lumineux de riffs de guitare électronique. Du cool aussi avec un morceau aux accents mélancoliques et romantiques, The World Will Soon Sound Like This.

    Bref, on est dans une une joie de vivre communicative à l’exemple de Head'n'Shakers. Pour le titre On Green Dolphin Street, les HeadShakers se sont adjoints la collaboration du trompettiste Russell Gunn pour un moment de jazz hypnotique et chaleureux.

    L’un des titres les plus frappants est la reprise du tube I Want You Back des Jackson 5 par une Dréo langoureuse, donnant à ce tube intersidéral un sex-appeal incroyable.

    The HeadShakers, The HeadShakers, featuring Fred Wesley, Russell Gunn et Dréo, 2020
    http://www.theheadshakers.com
    https://www.facebook.com/theheadshakers

    Voir aussi : "Coquette comme Tuck"

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  • Coquette comme Tuck

    Dès les premières notes de Coquette, le dernier EP de Hailey Tuck, la grâce, l’élégance et la magie sont là. Cette découverte promet d’être à marquer d’une pierre blanche, tant la musicienne impressionne par sa simplicité, sa fraîcheur et finalement son audace.

    Avec son look à la Louise Brooks, pas de doute : nous sommes dans les années 20. La musicienne nous entraîne vers un univers mêlant jazz, folk, pop et cabaret, d’une fraîcheur délicieuse et au goût acidulé. Son premier album est composé de reprises de Rufus Wainwright (A Bit Of You), de Kent (Juste quelqu’un de bien), de Peter Sarstedt (Where Do You Go to?), mais surtout de nouveautés (SeaBird, Every Over Night, Every Other Night, Talking Like You).

    Hailey Tuck a produit avec une très grande classe un opus que n’importe qui devrait avoir dans sa discothèque, tant la chanteuse s’impose avec sa voix à la fois mutine et sexy (A Bit Of You), avec ce je ne sais quoi d’esprit français (Where Do You Go to?, Juste quelqu’un de bien), comme le prouve aussi le titre de l’album.

    Un opus que n’importe qui devrait avoir dans sa discothèque

    Disons-le ici : Coquette, ce sont six petits bijoux capables de défier les années par une artiste au caractère d’ores et déjà si affirmé que l’on ne peut qu’attendre le meilleur pour elle (la native d’Austin a d’ailleurs été nominée aux Grammy Awards en 2019 pour son premier album remarqué, Junk).

    Oui, nous avons bien là une œuvre musicale hors du commun, à telle enseigne que lui coller l’étiquette "jazz" paraît bien trop restrictive. Folk (Seabird, Talking Like You), pop (A Bit Of You), ballades (Where Do You Go to?, Every Other Night), et même chanson française (Juste qu’un de bien) ont leur place dans cet EP pluriel mais, au final, très cohérent.

    Pour le public français, il faut signaler que la chanteuse propose au passage une reprise de Juste quelqu’un de bien, dans une version d’une mélancolie déchirante.

    "Je me suis souvent laissée  aller à la rêverie et j’espère que les arrangements apportés et l’ambiance générale de Coquette traduisent cet état" dit Hailey Tuck au sujet de son dernier opus. Elle ajoute ceci : "Je recherche constamment les expériences de ma propre vie, et de celle des autres qui me fascinent, pour créer une histoire, une anecdote amusante, un tableau. J’ai décidé de canaliser tout ceci dans l’écriture, qui pour moi est la seule chose qui m’intimidait, de choisir également les morceaux en fonction des paroles que j’aurais aimé écrire, et enfin dans une perspective, certes ironique,  de faire un album avec un budget illimité !"

    Coquette est l’une des plus belles découvertes de ces derniers mois : qu'on se le dise.

    Hailey Tuck, Coquette, Hailey Tuck Music, 2020
    https://haileytuckmusic.com
    https://smarturl.it/Buy-Listen-Coquette

    Voir aussi : "Chaud, fort et bon"

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  • De larges et étranges horizons

    Si le jazz du XXIe siècle pouvait être attribué à un album, sans doute pourrait-il choisir le futuriste Wallsdown d’Enzo Carniel. Pour preuve, l’illustration en couverture de l’album imaginée par Laure Nicolaï : un paysage sorti tout droit d’un roman de Franck Herbert.

    Dans le groupe House of Echo, figure en premier lieu Enzo Carniel. Il est au piano, aux synthétiseurs et à l'électronique. L’accompagnent Marc Antoine Perrio à la guitare et à l'électronique (il est également à la composition pour le titre Winds). Il y a aussi Simon Tailleu à la contrebasse et Ariel Tessier à la batterie et aux percussions.

    Wallsdown est un album organique et à bien des égards novateur dans sa manière de faire du jazz une musique du futur, tout en puisant largement dans des influences tous azimuts, à l’exemple du titre Dreamhouse, avec ses rythmiques tribales ou Ruines circulaires, se nourrissant de pop-rock.

    Avec l’électo-jazz – le mot est lâché – de Rituel Horizon, nous sommes dans une musique des sphères, et presque new age ("Break the wall / open your mind"), dans lequel le piano étincelant d’Enzo Carniel se mêle à des sons électroniques et planants (Wallsdown, Winds ).

    Une réincarnation du jazz cool au XXVe siècle, dans l’univers de Buck Rodgers

    Mais l’univers SF du musicien sait se faire aussi sombre que Blade Runner (Tones of Stones), une gravité traversée dans d’autres morceau d’espaces sonores lumineux, à l’exemple de Traya ou de Lune, un titre aux accents debussyens, comme si le compositeur de Pelléas et Mélisande venait s’asseoir quelques minutes devant un clavier de synthétiseur.

    L’auditeur se laissera porter par Unwall, aux arabesques de couleurs, de sons, de rythmes et de flux et reflux, comme une réincarnation du jazz cool au XXVe siècle, dans l’univers de Buck Rodgers.

    Pour marquer la sortie de l'album Wallsdown, Enzo Carniel a décidé de confier la vidéo à l’artiste plasticien Louis-Cyprien Rials. Celui-ci nous emmène dans l’intérieur des appartements abandonnés du complexe Al-Sawaber bâti en 1981 par l’architecte Arthur Erickson, et qui fut l’un des endroits les plus multiculturels du Koweït, mélangeant des habitants de toutes les confessions et origines lorsque le bâtiment fut abandonné après la guerre du Golfe en 1990.

    C’est dire l’ambition universelle de Wallsdowsn, poussant les murs de tout côté et élargissant les horizons bien au-delà du jazz :  "J’ai imaginé une relation entre les différents plans sonores de cette musique, allant de la Terre à l’Esprit (de la pierre à l’électronique) : comme une connexion intemporelle où la matérialité et la spiritualité se fondent l’une dans l’autre..."

    Enzo Carniel & House of Echo, Wallsdown, Jazz&People, 2020
    https://www.enzocarniel.com
    https://www.facebook.com/jazzenzo

    Voir aussi : "Jazz Méditerranée"

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  • Thomas Dutronc, c’est si bon

    Bon, je pense qu’on sera tous d’accord pour dire que Frenchy, le dernier album de Thomas Dutronc, s’empare d’un concept imparable, pour ne pas dire archi rebattu : réadapter des grands classiques du répertoire français, mais aussi quelques standards américains. Il le fait dans une facture jazz,y largement inspirée par Django Reinhardt, d’ailleurs présent dans une reprise de deux titres : Minor Swing et Nuages (All For You).

    La vie en rose, C’est si bon, Les feuilles mortes, La mer : rien que de plus classique pour le chanteur à la guitare, qui s’offre en plus le luxe de bénéficier de brillantissimes featurings : Diana Krall, Iggy Pop (C’est si bon), Billy Gibbons des ZZ Top (La vie en rose), Jeff Goldblum (La belle vie), mais aussi la chanteuse coréenne Youn Sun Nah (Playground Love), la jazz woman Stacey Kent (Un homme et une femme) et la révélation américaine Haley Reinhart (Ne me quitte pas).

    Frenchy est l’album à succès de ces dernières semaines, bien que les mauvaises langues accuseront Thomas Dutronc de prendre un minimum de risque avec des tubes d’Edith, Piaf, de Charles Trenet ou d'Yves Montand.

    De véritables redécouvertes

    Mais c’est un peu oublier que ces adaptations font figure de véritables redécouvertes, y compris pour le public français. Alors, certes, le C’est si bon chanté par Diana Krall et un Iggy Pop a une saveur délicieusement surannée mais aussi diablement glamour, alors que La vie en rose ne surprend guère l’auditeur. Par contre, entendre (ou réentendre) le Petite fleur de Sidney Bechet ravira beaucoup d’entre nous, tant le morceau semble sortir d’un quasi oubli.

    Mais Thomas Dutronc propose aussi de vraies petites surprises : les Français connaissent par cœur le Ne me quitte pas de Jacques Brel, mais beaucoup moins la version américaine, If You Go Away, rendue célèbre par Neil Diamond. Il redécouvrira avec le même plaisir la version de La belle vie de Sacha Distel (The Good Life), mais aussi Autumn Leaves – les fameuses Feuilles mortes de Jacques prévert. Moins surprenant, Comme d’habitude est ici proposée dans l’adaptation américaine de Paul Anka (le célébrissime et bouleversant My Way, que l’on est en droit de largement préférer à son original français).

    Et au milieu de cet album, dont le plaisir d’écoute est irrésistible, on découvrira un joyau inattendu : Get Lucky, vieux de seulement 7 ans – pour ainsi dire, le "bébé" de cet opus. Mettre les Daft Punk au même niveau que les Piaf, Brel ou Francis Lai, il fallait oser ! Et le petit Frenchy l’a fait.

    Je suis prêt à parier mon béret que les Américains vont adorer.

    Thomas Dutronc, Frenchy, Blue Note, 2020
    http://thomasdutronc.fr

    Voir aussi : "Diana Krall, Superstar"

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  • Sarah Lancman amoureuse

    "Mélancolie souriante et insolente / Amant-ami / Ainsi va la vie" : l’essence de Parisienne, le nouvel album de Sarah Lancman est tout entier dans ces trois vers de son premier titre (Et ainsi va la vie). La jazzwoman s’y livre avec un plaisir manifeste, avec aussi insouciance, liberté, mais aussi une forme de douce gravité.

    Nous avions parlé d’elle sur Bla Bla Blog comme d’une héritière convaincante de Michel Legrand. C’est particulièrement vrai notamment pour le morceau qui ouvre Parisienne. Un album qui revient vers la France après son escapade italienne (Intermezzzo, Jazz Eleven, 2019). A l'image de l'ensemble de l'opus, Et ainsi va la vie est éclatant, mélancolique, doux-amer et coloré comme une bande original de Jacques Demy.

    Sarah Lancman, à la composition et au chant (et toujours avec son complice et ami Giovanni Mirabassi), se pose en évidente disciple de l’auteur des Demoiselles de Rochefort (Dis-le-moi) et propose un album bien plus fécond et varié qu’il n’y paraît a priori.

    Ainsi, Tokyo Song, déambulation romantique dans une ville qu’elle connaît bien (elle a travaillé et joué à plusieurs reprises avec le trompettiste et chanteur Toku) a des accents jazz américains, et un esprit très européen lorsque la chanteuse use d’acrostiches pour rendre hommage à la capitale nippone : "Take me / Over land and over sea / Keep my heart in Tokyo / You know how to read my mind and feelings / Only you, I love you so /  So you see, I come to you my love / On my way to know you’re / Near tome, I feel your eyes above / Gazing at me if I’m true."

    "J’ai du mal à écrire autre chose que des chansons d’amour", confie Sarah Lancman

    C’est l’amour qui guide la Parisienne (Love You More Than I Can Sing jazzy). "J’ai du mal à écrire autre chose que des chansons d’amour", confie-t-elle d’ailleurs. Dans Parisienne, l’amour est dans tous ses états : parfois évanescent, parfois fuyant, mais omniprésent : "J’avais espoir / Tout ce que j’aimais / C’était en toi" (C’était pour toi).

    Sarah Lancman ne craint pas de voyager entre jazz et chansons. Elle ne craint pas plus de se frotter aux standards, à l’exemple d'une chanson de Charles Aznavour, une des plus belles rencontres du début de sa carrière. La chanson Parce que, que Serge Gainsbourg avait repris avec une rare élégance en 1985, devient chez elle un titre jazzy, servi merveilleusement par l’accordéon de Marc Berthoumieux. Sarah Lancman choisit singulièrement la légèreté pour un titre qui sonne comme l’aveu d’un échec sentimental ("Tu joues avec mon cœur comme un enfant gâté / Qui réclame un joujou pour le réduire en miettes").

    Dans The Moon And I ou A New Star, Sarah Lancman s’affirme avec une belle audace comme une grande crooneuse. Elle semble nous entraîner au Carnegie Hall de New York pour ce qui s'apparente à un bel hommage aux classiques américains des années 50. Et l’amour, toujours : "My love is real for you dear / I want to share all / Your smiles and all your tears."

    L’auditeur s’arrêtera sans doute plus longuement sur le titre Ton silence, par sa manière d’interpréter tout en douceur des sentiments indicibles : "Ton silence en dit long / Ton silence est bien là / Posé, ancré au sol / Telle une statue."

    La reprise de l’Hymne à l'amour est sans doute l’un des gros morceaux du nouvel album de Sarah Lancman. La chanteuse ose un exercice périlleux avec l’adaptation de ce classique indémodable. Elle fait le choix d’un Hymne à l’amour jazzy et tout en retenue, même si la fin de la chanson fait souffler un vent de tragédie : "Et si un jour la vie t'arrache à moi / Si tu meurs, que tu sois loin de moi / Peu m'importe si tu m'aimes / Car moi je mourrai aussi."

    Sarah Lancman, Parisienne, Jazz Eleven, 2020
    https://www.sarahlancman.com
    https://www.facebook.com/sarahlancmanjazz
    https://www.instagram.com/sarahlancman

    Voir aussi : "Retour et parenthèse italienne avec Sarah Lancman et Giovanni Mirabassi"
    "Les bonnes fées de Sarah Lancman"

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  • Jazz or not jazz ?

    Beautiful Life, le nouvel album des NoJazz est, comme leur nom ne l'indique pas, une déclinaison du jazz. Un jazz qui se serait nourri à de multiples influences : pop (We are Mysic, Daylight), world (Outra Vida), funk (Get Ready, Tokyo Touch) ou électro (Croisement, Crazy Days).

    Dans Daylight, le jazz pop et vocal est nappé de douces vagues d'électronique et de rythmes funks.
    L’album de NoJazz ne s'interdit pas un passage par le trip hop dans Loose Control, avec en featuring Raashan Ahmad. Par son histoire (une naissance remarquée en 2001), ses rencontres (citons Maurice White, Stevie Wonder ou Claude Nougaro) ou et ses tournées à travers le monde (Montréal Jazz Festival, Jazz à La Villette, Jazz Open à Stuttgart ou le Festival International Cervantino au Mexique), NoJazz s’affirme comme un groupe qui n’est jamais plus à l’aise lorsqu’il sort des sentiers battus.

    Un chemin nouveau et hors espace-temps

    Pour Beautiful Life, en prenant des chemins de traverse (Outra Vida, avec Toto ST), le jazz se montre le vrai maître de cérémonie, intransigeant, fun et comme revigoré (que l’on pense au morceau qui donne son nom à l’opus).

    Au fur et à mesure que l’album avance, Le jazz s'éloigne de plus en plus de ses racines américaines pour prendre un chemin nouveau et hors espace-temps (Massive, Tokyo Touch, Crazy Days). Sans doute pourrions-nous parler d'une forme de world jazz capable de nous emmener dans les quatre coins du monde, de l'Amérique latine (Outra Vida) à l'Asie (Tokyo Touch) en passant par l'Afrique (Méroé), jusqu'à prendre des teintes orientalisantes (le très inspiré titre instrumental Indian Mood).

    Jazz or not jazz ? That is the question.

    Nojazz, Beautiful Life, Pulp Music / Kuroneko, 2019
    https://www.nojazz.fr
    https://www.facebook.com/nojazzofficiel

    Voir aussi : "Manuel Anoyvega Mora, premier album"

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  • Manuel Anoyvega Mora, premier album

    Comme son nom l’indique, il souffle sur Cubacuba, l'album de Manuel Anoyvega Mora un parfum de Caraïbes. 40 ans de carrière mais un premier album : pour l’occasion, le pianiste cubain est accompagné de Pierre Guillemant à la contrebasse, Abraham Mansfarroll Rodriguez à la batterie, Guillaume Naturel au saxophone et à la flûte et Inor Solotongo aux percussions.

    On entre dans la danse dès le premier morceau, Veneracion : un jazz latino, frais et rythmé dans lequel le musicien ne trahit ni ses origines ni ses appétences pour le jazz… et la salsa. Un jazz frais et mené tambour battant donc (Alizé), comme si le musicien proposait dans son opus un bœuf avec ses amis.

    Manuel Anoyvega Mora est un pianiste à la technique sans faille. Sa touche magique le place dans le sillage de très grands interprètes jazz et classiques (Preludiosa Mantanzas, Marinna). L’opus alterne plages de détachement debussyennes (Soplos de Musas) et moments dansant au tempo irrésistible (Ilduara Carrandy).

    Cuba ! Cuba ! Perla Preciosa est un authentique morceau de bravoure proposant, en un titre, un concentré du talent de Manuel Anoyvega Mora : du rythme, de la virtuosité, de la densité, des couleurs (Ah, cette flûte poétique !) et des voix heureuses d’être là.

    On navigue entre ses mouvements, comme un bateau affrontant tous les temps (Frescoson) : résolument voyageur, Manuel Anoyvega Mora fait de son jazz un brillant exemple de mariage franco-cubain.

    Manuel Anoyvega Mora, Cuba Cuba, Fofo Production / Caroline International, 2019

    Voir aussi : "Mais qui sont ces Cubains ?"

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  • Ozma, hyperjazz

    C'est un jazz étonnant qui nous est proposé par le quintette Ozma - French Explosive Jazz. Un jazz XXIe siècle et, dirions nous, très urbain. C'est en effet la ville qui sert de fil conducteur à un album dans lequel cuivres, batterie et machines sont au service d'un projet musical ambitieux.

    Il souffle sur Hyperlapse, le septième album d’Ozma, un vent à la fois magnétique (le trombonne de Dust City, nous entraînant à Pékin) et déroutant dans son approche electro-pop (le son industriel du titre qui donne son nom à l'album et placé sous le signe de Hambourg).

    Ozma conduit son véhicule jazz aux quatre coins du monde. A côté de villes bien connues (Beijing, Marrakech, Hambourg ou Djakarta), il est question de coins plus confidentiels : Ahmedabad en Inde, Purwokerto en Indonésie ou Bulwayo au Zimbabwe.

    Il s'agit bien d'un voyage musical sans répit, dépaysant et d'une grande densité, à l'instar du morceau Clay Army (Xi'An). L'exotisme est très présent, notamment lorsque le jazz se teinte de couleurs méditerranéennes et orientales, avec par exemple le titre À Leila (Marrakech). Hyperlapse ne se refuse rien : ni l'hypermodernisme de Hambourg, ni le zen et l'ivresse du bien nommé Spleen Party (Ahmedabad), ni non plus la mélancolie du voyageur perdu en Indonésie, loin de ses terres (Infinite Sadness, Entre chien et loup).

    Puissant et même naturaliste – Tuk-Tuk Madness (Mumbai) – le jazz de Ozma – French Explosive Jazz revendique un son world mais qui ne renie jamais son souffle occidental (One Night In Bulawayo), cette cool attitude ou ce goût de l'improvisation présent dans Die Gielde (Lübeck).

    Du vrai jazz globe-trotteur.

    BC

    Ozma, Hyperlapse, Cristal Records, 2020
    https://www.facebook.com/ozmajazz
    https://www.instagram.com/ozmajazz

    Voir aussi : "Glass Museum, une certaine vision du jazz"

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  • Le temps d’une chanson

    Lou Tavano revient avec Uncertain Weather, un deuxième album qu’elle a écrit avec Alexey Asantcheeff. Un retour aux sources pour un opus revivifiant, mélancolique et interrogeant un temps incertain, comme son titre l’indique. "J’avais atteint le point de rupture, je devais partir de Paris. Alexey, écossais par sa mère, avait une maison là-bas, face à la mer, vide, avec un vieux piano à queue. C’était exactement ce qu’il me fallait. Là-bas je me suis retrouvée face à face avec une nature-miroir de mes propres émotions. Un équilibre parfait entre paix et fureur. Le fil conducteur m’était révélé. Avant même d’avoir les chansons, je savais que l’album s’appellerait Uncertain Weather", résume la chanteuse.

    As One, le premier titre, commence par une note plaintive maintenue par des cordes avant que ne s'élève une voix veloutée et hyper tendue, celle de Lou Tavano. Le duo qu’elle forme avec Alexey Asantcheeff ose l’économie de moyens, à l’instar de Memories Of Tomorrow et surtout de Simples Way To Be : une boîte à rythmes minimales, un piano, un violoncelle et cette voix qui nous parle du désir d'être. Tout simplement.

    Lou Tavano fait de sa voix magique un authentique instrument de recherche sophistiqué, lorsqu'elle se lance par exemple dans un concerto pour voix et piano dans The Dancer, où se mêlent construction harmonique et improvisation jazz. Avec As We part, Lou Tavano prouve son talent à se mettre au service de balades qui, par leur classicisme, restent d'une rare efficacité.

    Digne de figurer dans une BO de James Bond

    Artiste pop ou jazz? La chanteuse sait déjouer les frontières, à l'exemple de Memories Of Tomorrow, un titre digne de figurer dans une BO de James Bond, ou du délicat You See Me Now, dans lequel la palette vocale de la chanteuse s'étend avec bonheur.

    J'attends est l'un des deux titre français, interprète dans un parler chanté bienvenu, afin de laisser la place à un texte existentiel sur l'attente et l'espoir : "Il y a des jours comme cela / Où seul le silence couvre ma voix." Seule Lou Tavano pouvait parler le temps d’une chanson de la solitude d'une chanteuse de jazz. "Je doute en permanence. Je suis à la fois ma meilleure amie et ma pire ennemie. Ce disque est l’histoire de ce combat intérieur", commente-t-elle.

    Le fil de la vie empreinte un chemin poétique que Michel Legrand n'aurait pas renié. On imaginerait volontiers Lou Tavano chanter et danser dans un Paris féerique : et si l'on tenait là autant un miracle vivant du jazz, et pourquoi pas une future très grande interprète de comédie musicale ?

    L'album se termine avec Uncertain Weather qui lui donne son titre. L'artiste propose une dernière ballade, brillante grâce à l’osmose d’un violoncelle métaphysique et d’une voix venue de nulle part.

    BC

    Lou Tavano, Uncertain Weather, L’Un L’Une, 2020
    https://loutavanomusic.com
    https://www.facebook.com/loutavanomusic

    Voir aussi : "Vole, Céline, vole"

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  • Étincelant Thomas Grimmonprez

    Étincelant : voilà le terme qui caractérise sans doute le mieux la dernière production de Thomas Grimmonprez. Pour son dernier album Big Wheel, Le musicien a réuni autour de lui un quartet composé de Manu Codjia à la guitare, Jérôme Regnard à la contrebasse, Benjamin Moussay aux claviers et bien sûr lui-même à la batterie. "Une longue amitié nous lie, cʼest celle-ci qui mʼa poussé à écrire Big Wheel : La grande roue. La roue qui nous rappelle notre rapport au mouvement et au temps. La roue libre du lâché prise , du moment suspendu" dit le jazzman au sujet de son dernier opus.

    Trois ans après Kaléidoscope, nous voilà embarqués dans un jazz à la fois classique dans sa structure cristalline (le titre Big Wheel, qui donne son nom à l’album) et très personnel.

    Thomas Grimmonprez parle de son dernier opus, un vrai hymne à "l’idée de cycle," à la "création perpétuelle" : en un mot à "l’éternel retour." Voilà ce qu’en dit le musicien : "La symbolique de cette grande roue inspire mythes et thèmes sacrés, elle se rapporte à lʼidée de perfection comme le cercle, elle renvoie surtout au mouvement, au devenir et à lʼévolution. Cʼest aussi le recommencement, la création perpétuelle. Cʼest cette idée de cycle et de recommencement qui mʼa donné lʼenvie de composer cet album, un nouveau répertoire avec des compagnons de toujours."

    Comme quoi une guitare électrique aussi peut atteindre des sphères métaphysiques

    Loin de tout dogmatisme esthétique, le quartet fait le lien entre jazz, pop-rock psychédélique (Heavy Soul) ou musiques traditionnelles, à grands coups d’envolées de piano et de guitares électriques (Sweet Cake). Thomas Grimmonprez ne s’éloigne pourtant jamais d’une idée d’un jazz cool – cool, du reste, tels ces space cakes musicaux qu’il nos offre, mais toujours avec délicatesse (Suspended Time).

    Avec Cats And Dogs, le jazz se pare de couleurs mi-américaines mi-orientales dès les premières notes, avant de s’envoler derrière la guitare étincelante de Manu Codjia Manu Codjia.

    Quiet choisit l’apaisement avant une débauche de sons et de rythmes qui se croisent, se touchent, hésitent et se rapprochent dans des valses hésitations sensuelles, mêlant singulièrement chants tibétains et jazz cool. Un choix artistique aussi étonnant que le morceau suivant, Hypnosis, qui dénote par sa facture brute et très expérimentale : percussions, claviers et guitares virevoltent dans des arabesques déconcertantes. Comme quoi une guitare électrique aussi peut atteindre des sphères métaphysiques.

    Avec Spain Time, nous sommes paradoxalement plus du côté de New York que de la Méditerranée. Le jazz du Thomas Grimmonprez Quartet se prélasse, prend son temps et déambule amoureusement, au diapason d’un piano lumineux, joueur, mais aussi volontiers swing.

    L’album Big Wheel se clôture avec Highway, une déambulation apaisante mariant à merveille piano, guitare contrebasses et rythmique. Un étincelant voyage.

    Thomas Grimmonprez Quartet, Big Wheel, Outnote Records, 2019
    https://www.facebook.com/thomasgrimmonprez

    Voir aussi : "Voyages en jazz avec Anne Paceo"

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  • Vole, Céline, vole

    Des les premières notes de Still Running on devine que Céline Bonacina va nous proposer dans son cinquième album Fly Fly des paysages musicaux inédits et un jazz largement métissé, à l’instar du leitmotiv du premier titre, une mélodie enjouée portée par un chœur aux teintes latinos. Un vrai concerto pour saxo et voix aux multiples variations y compris orientales (Tack Sa Mycket) ou zen (Caméos Carvings).

    Car les voix sont très présentes dans cet opus où le jazz se fait voyageur (Care Her Gone) : "On y retrouve l’évocation de paysages et de souvenirs, de lieux où nous avons séjourné, de moments forts de nos vies respectives" explique la musicienne. Le saxophone soprano et baryton de l'une des meilleures jazzwoman de sa génération s'avance avec une présence moins tapageuse que joueuse.

    Aux côtés de Céline Bonacina, plus lyrique que jamais (Ivre Sagesse), on retrouve Chris Jennings à la basse (et co-compositeur de l’album), Jean-Luc Di Fraya à la batterie et au chant, et Pierre Durand à la guitare électrique.

    Une des meilleures jazzwoman de sa génération

    On est dans un va-et-vient incessant entre saxo esseulé, et parfois plaintif (Du Haut de là), sinon mélancolique (An Angel's Whisper). La jazzwoman peut révéler des titres métaphysiques (An Angel's Caress, Vide Fertile) ou proposer des titres plus enlevés, voire carrément rock, et tout autant travaillés (High Vibration, Friends & Neighbours Too).

    Céline Bonacina se fait chercheuse, sur la piste d'un jazz ouvert à tous les horizons, à l'instar du titre Borderline, sombre dense et naturaliste, porté par le leitmotiv de Still Running.

    Avec ces envolées qui n'ont peur de rien (Fly Fly To The Sky), l'album de Celine Bonacina n'a jamais aussi bien porté son nom.

    Céline Bonacina, Fly Fly, Cristal Records, 2019
    En concert le 17 janvier 2020 au Théâtre de Sartrouville (78)
    https://www.celine-bonacina.com
    https://www.facebook.com/C%C3%A9line-Bonacina-Official

    Voir aussi : "Une création de Céline Bonacina à La Défense Jazz Festival"

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  • Le S3NS du jazz d’Ibrahim Maalouf

    Après une incursion séduisante d’Ibrahim Maalouf dans la musique classique, avec la Levantine Symphony, boudée par certains ayatollahs du jazz mais réellement séduisante, voici Ibrahim Maalouf de retour avec S3NS. Un onzième album résolument jazz cette fois, qui prouve une fois de plus que le trompettiste franco-libanais est déjà en train de marquer l’histoire de ce genre.

    L’album s’ouvre sur Rosa Blanca qui, après une entrée délicate et mélancolique, se déploie avec générosité et luxuriante, grâce au featuring d’Harold López-Nussa. Un titre auquel vient répondre, plus loin dans l’opus, le tout aussi coloré et fantasque N.E.G.U., avec cette fois Alfredo Rodriguez.

    "Luxuriance" : le mot est trouvé pour qualifier un opus à la fois classique dans sa facture (orchestre de cuivre, rythmes enlevés, couleurs de jazz band, rythmes latinos) et d’une réelle maîtrise – mais on n’en attendait pas moins d’Ibrahim Maalouf. Luxuriance mais aussi audace car, de la même manière que Maalouf était entré dans le classique, en y apportant ses influences jazz et orientales, le trompettiste ne dédaigne pas plus la fusion, à l’exemple du canaille Na Na Na où viennent se rejoindre free jazz, manouche, pop et électro dans un joyeux fatras qui vient narguer les bien-pensants d’un jazz sous naphtaline.

    Un joyeux fatras qui vient narguer les bien-pensants d’un jazz sous naphtaline

    Le trompettiste fait feu de tout bois, ne s’interdisant pas de se nourrir de pop-rock, à l’exemple de l’attendrissant et mutin Happy Face, ou de proposer des architectures musicales faisant se concentrer l’électronique et le cuivre, dans S3NS, le titre qui a donné le nom à l’album. Pour Harlem, en featuring avec Irving Acao, nous voici, bien sûr, au cœur de New York, dans un morceau au funk assumé. La trompette d’Ibrahim Maalouf cavale toute bride apparue dans les quartiers bigarrés et colorés de la Big Apple. Harlem ce n’est pas juste un titre jazz virevoltant : c’est aussi une vraie scène cinématographique, au point qu’on l’imagine bien faire les honneurs d’une bande originale de film.

    Le musicien franco libanais s’offre le luxe de s’allier avec Roberto Fonseca pour Gebrayel, un titre latino à souhait, à la joyeuse exubérance mais non sans des respirations mélancoliques et bouleversantes. Bouleversantes comme le sont les sonorités et la facture de All I Can’t Say, dans lequel la trompette vivante d’Ibrahim Maalouf se déploie, langoureuse, lyrique et romanesque, avec des accents orientaux. Il semble que pour S3NS, Ibrahim Maalouf propose un album bien plus intériorisé qu’il n’y paraisse. Le titre qui termine l’opus, Radio Magallanes, nous parle de solitude et de repli à l’écart des autres, à l’instar de cette terre chilienne proche de l’Antarctique. Après la chaleur méditerranéenne, voilà pour terminer le froid du pôle sud, pour un opus qui nous a fait cavaler aux quatre coins du monde. Un vrai album qui fait S3NS, quoi.

    Ibrahim Maalouf, S3NS, Mister Ibe, 2019
    En concert, le 23 novembre au Zénith de Dijon
    Le 24 novembre au Zénith de Nancy
    Le 30 novembre à l’Opéra Garnier de Monte-Carlo
    Le 1er décembre au Dôme de Marseille
    Le 8 Décembre au Zénith Sud, deMontpellier
    https://www.ibrahimmaalouf.com
    https://www.facebook.com/ibrahim.maalouf

    Voie aussi : "Ibrahim Maalouf, déjà un classique"

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  • Contes symphoniques de Samy Thiébault

    Nous avions parlé il y a quelques semaines du précédent album de Samy Thiébault, Caribbean Stories et de son jazz se nourrissant de couleur créoles et caribéennes. Revoilà notre saxophoniste avec Symphonic Tales, un album tout autant syncrétique et bigarré, et cette fois avec grand orchestre, pour un alliage ambitieux entre jazz, classique mais aussi musiques du monde.

    Ces contes symphoniques avec l’Orchestre Symphonique de Bretagne, sous la direction d'Aurélien Azan Zielinsky, sont autant de morceaux de bravoure, d’une ambition désarçonnante. Le premier titre, The Flame, cueille ainsi a froid l’auditeur grâce à son opulente richesse musicale aux parfums orientaux.

    Pour cet opus, Samy Thiébault s’est entouré, en plus de l’ensemble symphonique breton, d’Adrien Chicot au piano, Sylvain Romano à la contrebasse, Philippe Soirat à la batterie et Mossin Kawa au tablas. "Après m'être réapproprié la lenteur, j'étais mûr pour l'orchestre" commente le saxophoniste de jazz, qui avoue aussi s’être essayé à la composition symphonique lors de ses études au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris. "Cela correspond à des choses que je voulais entendre chez moi depuis longtemps"ajoute-t-il, dans cet opus finalement plus personnel que ne laisse entendre la réalisation impressionnante de Sébastien Vidal et de Philippe Teissier Du Cros au son.

    Facture classique et facile ? Non : mais romantisme et goût de l'épique, à l'instar d'Élévation dont la puissance lyrique est contrebalancée par un deuxième mouvement jazz que l'on croirait cinématographique.

    Les deux premiers titres de ces Symphonic Tales constituent à eux seuls presque la moitié d’un album composé de huit morceaux. C’est dire la place de The Flame et Élévation, impressionnants dans leur architecture comme dans leur orchestration. Samy Thiébault ignore la frontière entre jazz et classique, entre John Coltrane et Claude Debussy ou entre Ravi Shankar et Maurice Ravel.

    Diva and Shiva, romanesque et enlevé, donne au saxophone toute sa place comme si le jazzman proposait un concerto bigarré, coloré et aventureux. Pour Jahan Jog Joy, on sent tout le parfum orientalisant, laissant aussi toute sa place à l’ improvisation. À l’instar du titre Ajurna, aux percussions d’une belle variété, l’artiste mixe les influences avec une passion communicative.

    L'album se termine sur un Diwali concis, mais non moins coloré en guise de clôture délicate et déroutante.

    Samy Thiébault, Symphonic Tales
    Avec l’Orchestre Symphonique de Bretagne, s
    ous la direction d'Aurélien Azan Zielinsky
    Gaya Music/l’Autre Distribution, 2019

    http://www.samythiebault.com
    https://www.facebook.com/samythiebault

    Voir aussi : "Les histoires caribéennes de Samy Thiébault"

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  • Éric Legnini et ses amis

    Eric Legnini a choisi le clin d’œil à la série Six Feet Under pour son nouvel album, Six Strings Under, un album qui n’a pour autant rien d’un calembour. Il prône même à sa manière le sérieux et le travail grâce à un projet artistique passionnant mettant en avant le piano mais aussi la guitare – ces fameux six cordes – dans tous ses états.

    La dernière production du complice de Joe Lovano, des frères Belmondo (Wonderland), de Claude Nougaro (son dernier album, La note bleue) ou encore d’Ibrahim Maalouf propose un opus attachant a la production soignée, chaleureuse et bigarrée se nourrissant avec délectation de multiples influences : cool (Night Birds), pop (Space Oddity), rock (The Jive), latinos (La Mangueira), afrobeat (Boda Boda) ou manouches (la reprise du classique d’Edgar Sampson, Stompin' At The Savoy). Un vrai voyage aux quatre coins du monde.

    Le pianiste belge, lauréat de la Victoire du Jazz 2011 du meilleur album de l’année, déroule en virtuose dans des titres où l'improvisation sait se faire sa place (Boda Boda), et avec à chaque fois une importance capitale laissée aux deux guitaristes qui l’accompagnent ici : Hugo Lippi et Rocky Gresset.

    Éric Legnini a su s’accompagner de musiciens – dont le contrebassiste Thomas Bramerie – aussi investis que lui dans cette belle production. Le jazz respire la voie de vivre, même dans ses morceaux les plus mélancoliques (Breakfast At Dawn). La cool attitude est évidente, par exemple dans ces dialogues concertants pour piano et guitare (Doo We Do), telles des étreintes rieuses.

    Une reprise lente et sombre de Space Oddity

    Le jazz de Six Strings Under est une déambulation musicale, empruntant des sons et des mélodies cinématographiques, nostalgiques et pleines de relief (Eterna Gioventu, Daydreaming).

    L'auditeur s'arrêtera sans doute avec intérêt et curiosité sur la reprise lente et sombre de Space Oddity. Le classique de David Bowie dévoile, plus encore que l'original sans doute, son architecture musicale. Le pianiste belge dit ceci : "C’était le challenge : je voulais une version lente et dépouillée. Mais je voulais aussi coller au plus près de la mélodie et de son interprétation originale."

    Après cette incursion dans la pop, Éric Legnini nous fait redescendre sur terre dans le titre enlevé, rythmé et coloré qu'est La Mangueira, un morceau dédié à la musicienne Marcia Maria, disparue en 2018. Quant à Stompin' At The Savoy c'est un passage par le jazz parisien de Django Reinhardt dont le son a accompagné l’enfance liégeoise du pianiste belge.

    The Drop nous entraîne vers un jazz moins rutilant, caressant nos oreilles et déroulant ses notes avec une belle élégance, tout comme du reste Night Birds, jolie promenade noctambule dans un New York rêvé. Éric Legnini et ses amis terminent cet album avec un Jive à la fraîcheur communicative.

    Au final, Six Strings Under vient vient contredire l’adage comme quoi pianistes et guitaristes ne feraient pas bon ménage. CQFD.

    Éric Legnini, Six Strings Under, Anteprima Productions, 2019
    http://www.ericlegnini.com

    Voir aussi : "Ibrahim Maalouf, déjà un classique"

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