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Bla Bla Blog - Page 4

  • En-Jain it

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    Jain : enjoy it! Voilà qui illustrerait au mieux cette chronique sur le deuxième album de la jeune Toulousaine, en passe de devenir une superstar de l’électro-pop, au même titre que Christine and the Queens. Soudier et Chris : en cette rentrée 2018, l’actualité musicale est marquée par deux albums phares de la musique française. Deux albums, mais aussi deux chanteuses d’une vingtaine d’années, deux personnalités attachantes et deux phénomènes hyper douées : Jain et Chris cumulent les points communs et les singularités.

    Singulière, la native de Toulouse l’est sans aucun doute. Souldier était aussi attendu que craint : après le succès de Zanaka en 2015, la pression était sur elle. Son deuxième opus a fait pousser des oufs de soulagement autant que de ravissement à ses fans de plus en plus nombreux.

    En dépit d’un matraquage médiatique tous azimut, Jain ne choisit ni la facilité ni les sentiers battus. Souldier est même du jamais entendu. L’expression "electro world" n’a jamais aussi bien porté son nom dans un album où le son vient piocher dans des sonorités internationales : pop des années 80 (Feel it), arabe (On my way), soul américaine (Flash (Pointe noire)), funk (Oh man), folk (le magnifique Dream), reggae (Souldier, un hommage reggae au Buffalo Soldier de Bob Marley) ou le hip hop avec le fameux Inspecta, remixant le générique du dessin animé Inspecteur Gadget – un vrai hymne à la pop culture !

    Remixant le générique du dessin animé Inspecteur Gadget

    Soudier, sous tes airs d’opus mainstream, sait aussi se singulariser par des titres plus personnels qu’ils paraissent a priori. C’est par exemple le titre qui donne son nom à l’album, et qui est un hommage à la tuerie d’Orlando en juin 2016 (50 morts dans une boîte de nuit de la communauté LGBT) : "He's a soldier / I saw him with my eyes / Bearing roses in his arms / Yeah I saw him with my eyes / Spreading his love all around." La chanteuse offre également un vrai chant d’amour à la ville d’Abu Dhabi : "Pushing the limits of music from the inside / Your arabic sound is driving my mind / The first time I walked down into your town / A new kind of music had blessed my soul" (Souldier). 

    Jain s’amuse dans un album à la fois rythmé, généreux, dansant, coloré, avec ce je ne sais quoi d’irrévérencieux. Les boîtes à rythme sont survitaminées, les mélodies pleines de subtilités (On my Way, Dream ou le archi diffusé Alright) et la voix incandescente de la chanteuse fait tomber toutes les réticences. Sans oublier, dans un opus entièrement en anglais, cet accent français qui devrait faire chavirer le public international.

    Jain est entrée dans la cour des très grands artistes dont les futurs opus – soyons-en sûrs – seront attendus avec enthousiasme : "En-Jain it !"

    Jain, Souldier, Columbia, 2018
    https://www.jain-music.com/fr

    Voir aussi : "La reine Christine"

  • Amy Liptrot à l’écart

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    L’écart, en dehors de son sens bien connu, est le terme utilisé par les parents agriculteurs d’Amy Liptrot. Dans leur terre familiale située sur une des îles Orcades, au nord de l’Écosse, l’écart est un pré isolé, le plus grand de leurs pacages, ajoute l’auteure, et là où les animaux – brebis, agneaux et vaches de race highland – viennent paître durant l’été. Cette ferme isolée et a priori peu épanouissante pour une jeune femme, Amy Liptrot a choisi de la quitter après ses vingt ans pour faire sa vie à Londres. Elle y reviendra quelques années plus tard après des illusions et des expériences malheureuses marquées par l’alcool. 

    L’Écart est l’histoire d’un déracinement puis d’une réconciliation avec des terres rudes mais d’une grande beauté sauvage et peuplée par des habitants dont l’auteure salut la bienveillance et l’ouverture d’esprit.

    Dans une langue qui se déploie avec élégance et retenue, Amy Liptrot décrit le parcours étonnant d’une enfant de la campagne partie se frotter aux rêves d’une grande ville et qui en a gardé des ecchymoses.

    Sans aucun doute, cette expérience parlera à beaucoup de lecteurs, qu’ils soient anglais ou français. Il faut aussi préciser que ce qui intéresse cette enfant de la campagne orcadienne réside moins dans le descriptif de ses illusions urbaines que dans le récit de son retour en arrière vers l’archipel des Orcades, retour qui n’a été rendu possible que parce que l’alcoolisme l’y a contraint.

    Amy Liptrot entreprend son récit comme une analyse de ses années de boisson : "J’avais envie de boire en permanence. Cette idée ne me quittait jamais : elle était ancrée en moi, à l’arrière-plan de mes pensées, comme un bruit de fond ou un acouphène dont je ne parvenais pas à me débarrasser." La jeune Orcadienne, qui étouffait dans une famille sur le point d’éclater en raison surtout d’un père malade, fuit vers la capitale anglaise pour, croit-elle, s’y épanouir. Dans une langue déliée et riche, Amy Liptrot décrit pourquoi et comment dans cette ville elle s’est bientôt sentie "comme le petit bateau de pêche dans une position précaire." Loin de sa "base", ses îles finissent par la hanter comme elle le dit elle-même : "Je portais en moi ces mers déchaînées, ces ciels infinis et une facilité à apprivoiser la peur du vide."

    L’Écart est un cheminement intérieur et le récit d’une reconstruction dans laquelle les forces de la nature prennent tout leur sens. Il faut lire la manière dont l’auteure parle de son retour aux Îles Orcades après une longue période d’échecs amoureux, amicaux et professionnels dus à l’alcool. Un jour, elle découvre un phoque échoué sur un rivage. Voilà ce qu’elle en dit : "J’ai échoué ici, moi aussi, sobre depuis neuf mois, récurée par les vagues de la vie, polie comme un galet. Me voici de retour à la maison après une année de tempête, dans les vents qui m’ont forgée, là où le sel marin m’a écorchée vive. j’ai droit à un nouveau départ, mais pour aller où ?"

    L’épouse du roi caille

    La destination qui lui offre est celle d’un lieu qu’elle n’a finalement jamais quitté. L’ancienne aventureuse d’une grande métropole se découvre l’âme d’une Orcadienne découvrant le pays de son enfance : la ferme familiale (et ce fameux écart), les agnelages au cours desquels elle endosse le rôle de "sage-femme", l’ambre gris des baleines échoués sur les côtes, les îles abandonnés dont elle choisit de retracer des récits historiques et quelques légendes, mais aussi et surtout la nature omniprésente (guillemots, petits pingouins, macareux, cormorans huppés, mouettes ou fulmars). En quelques mois, Amy Liptrot devient d’ailleurs "l’épouse du roi caille" ("The Corncrake Wife"). Elle est embauchée par la Société Royale de Protection des Oiseaux (RSPB) pour localiser et recenser les râles des genêt ou roi caille dans l’archipel, des oiseaux en voie de disparition : "Le roi caille est devenu mon credo, ma bataille, mon obsession." Ces mâles chanteurs deviennent des compagnons autant que des doubles de l’ancienne londonienne : "En un sens, nous connaissons le même sort, eux et moi. Je tente de rester sobre et de m’accrocher à la vie « normale ». Les rois cailles, eux, tentent de s’accrocher à l’existence même."

    À l’écart de l’alcool, pour Amy Liptrot la renaissance passe par l’ornithologie, la nature mais aussi la rencontre avec ses semblables des Orcades, "des gens qui me ressemblaient." Pour autant, la vie citadine et la modernité ne sont pas en reste. Pas question d’oublier Internet, qui a facilité la vie des insulaires comme le rappelle l’auteure qui avoue non sans malice qu’elle a troqué, lors d’une nuit dégagée, "les boules à facettes des discothèques pour les lumières célestes."

    Bien mieux qu’un simple témoignage, Amy Liptrot parle de son retour aux Orcades comme d’un essai semi-scientifique pour elle-même, une reprogrammation intérieure et une "exploration bathymétrique" de son âme. Reprogrammation qui ne l’empêche pas de rester autant la fille des Orcades que l’ancienne fêtarde londonienne : "J’ai l’impression d’être une gymnaste en train d’effectuer un salto arrière sur un trampoline, retenue par des élastiques fixés aux tringles du chapiteau. Je suis coincée entre deux univers : j’ai les pieds sur Papay et la tête à Londres sur Internet… Je veux absolument me soigner et aller de l’avant."

    Ça, dit-elle encore, c’est la liberté qu’offre la sobriété. La liberté, la vraie.

    Amy Liptrot, L’ Écart, éd. Globe, 2018, 334 p.

    Voir aussi : "Aimez-vous Tamara Drewe ?"

  • Restons vigilants avec The Oversleep

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    Parenthèse étymologique sur le terme d’oversleep : "The Oversleep. n.m [ði ˌəʊvəˈsliːp]. État propre à une période de sommeil excessive, impliquant une suspension prolongée de la vigilance et un contexte onirique agité. Peut perdurer après le réveil, se manifestant à travers une perte des repères spatio-temporels, une impression de déréalisation, et un ensemble de sentiments confus." Mais The Oversleep est également le nom d’un duo musical bordelais qui a choisi de créer une œuvre électronique planante.

    Nous avons écouté et regardé leur clip Like Blood On Snow, un étonnant et subjuguant titre psychédélique. Des voix aériennes soutiennent de une orchestration minimaliste au son trip hop. C’est du reste de ce mouvement musical des années 90, quasi oublié aujourd’hui mais qui risque bien d’ici peu de revenir en force, qui est revendiqué par le duo français.

    L’auditeur – et le spectateur – de Like Blood On Snow est entraîné dans une déambulation onirique à la suite du personnage du clip. Sommeil ou réalité ? Rêve ou cauchemar ? Jour ou nuit ? The Oversleep laissent planer le doute et démontrent un sacré savoir-faire musical et vidéo. S’agissant de la suite de leur carrière, la vigilance s’imposera.

    The Oversleep, Like Blood On Snow, 2018
    https://fr-fr.facebook.com/theoversleep
    http://www.la-tangente.fr/the-oversleep

    Voir aussi : "Trip en trip hop avec Otis Stacks"

  • Trompe-moi, mon amour

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    "Je n’étais pas le genre de fille qui couche avec tout le monde" : voilà le préliminaire des confessions d’Émilie, alias Mélanie Bauche, l’auteure sous pseudonyme de Parfois sans mon Homme (Amazon), un roman sur le caudalisme.

    À ce stade de la chronique, il est sans doute bon pour les non-initiés de rappeler ce que signifie le terme de "caudaliste." Le caudalisme est une pratique consistant à aimer voir son ou sa partenaire avoir des relations sexuelles. Le terme vient de l’Antiquité : Caudale, roi de Lydie au VIIe s. av JC, très amoureux de sa femme Nyssia, demande à un officier de sa garde personnelle d’assister au coucher de celle-ci, ce que le soldat finit par accepter. Une vieille pratique, donc. Au passage, le lecteur apprend les déclinaisons de ce mode amoureux : le cuckolding, le hotwifing, le dogging, le wife-watching, le wife-sharing ou le fluffing. Un petit tour à la page 31 permet un rapide décrassage et de s’endormir moins idiot.

    Dans Parfois sans mon Homme, Émilie narre ses aventures qu’encourage son compagnon Jérôme – le cocu de service, donc. Mais un cocu qui, dans l’organisation de ses plans caudalistes – dans toutes les positions, les partenaires et les combinaisons possibles – est le réel maître du jeu. Il confie d’ailleurs ceci à sa partenaire "officielle" : "Je cherche une jouissance plus cérébrale, plus personnelle. Avoir une femme qui profite des plaisirs de la vie sans honte grâce à moi, c’est bien mieux que d’aller baiser à droite, à gauche moi-même."

    Ça s’emballe, ça se déballe, ça s’allonge, ça râle

    Émilie est largement partante, et y trouve même des avantages qu’elle décrit en long, en large et en travers. Elle le dit autrement : "J’aurais le beurre, l’argent du beurre, et la bite du crémier !"

    Dans Parfois sans mon Homme, il est question à la fois de rencontres, de transgressions mais aussi de fantasmes qui n’ont pour but que d’épicer la vie d’un couple soudé : "Ça m’amuse, tous ces gens qui laissent le conformisme social prendre le dessus sur leur complicité de couple" se réjouit un Jérôme lors d’une conversation avec Émilie qui doute d’assumer en public ses pratiques.

    Mélanie Bauche ne s’interdit rien dans cette histoire épicée et sans tabous : ça s’emballe, ça se déballe, ça s’allonge, ça râle et ça se laisse prendre dans tous les sens. Il n’est bien sûr pas question de morale dans ce roman, ou, si morale il y a, elle est à chercher dans le choix d’une sexualité atypique : "L’infidélité est si répandue que les gens n’imaginent pas qu’elle puisse être consentie… Mes amants croient partager avec moi le secret d’une escapade adultère, alors qu’ils ne font que participer à une forme d’ébat dont mon chéri est bel et bien partie prenante."

    Si vous êtes allergique au conformisme sexuel, ce roman dense et se croquant avec appétit, est pour vous.

    Mélanie Bauche, Parfois sans mon Homme, Amazon, 2018, 51 p.

    Voir aussi : "L'ennui avec les princesses"

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  • Baiser Salé pour Liv Monaghan

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    On connaît Liv Monaghan avec son projet Bird & Bass. Nous en avions parlé sur Bla Bla Blog. C'est avec un nouveau quartet qu’elle revient sur la scène du Baiser Salé. Nouveau projet, nouvelles compos mais toujours cette voix sublime et l ‘apaisante présence scénique de la chanteuse irlandaise. Des accents pop, folk et psyché rencontrent un jazz charnel et enivrant.

    Come and listen to the new line up with a new album on the way, you can hear the new work before anybody else.

    Liv Monnaghan sera à voir et à écouter au Baiser Salé le week-end prochain.

    Liv Monaghan Quartet au Baiser Salé, 58 rue des Lombards (Paris Ier),
    samedi 29 septembre 2018 à 21H30

    Avec Soheil Tabrizi Zadeh, Sava Medan et Adrien Cao

    Voir aussi : "Liv Monaghan, en musique et en images"

  • Ce trimestre, dans Hexagone

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    Le bloggeur chronique sur Hexagone, le magazine trimestriel de la chanson.

    Dans le numéro de cet automne, vous retrouverez une chronique sur le dernier EP de Fabian Tharin, Fosbury, et une critique de l'album de Dick Annegarn, 12 Villes 12 Chansons.

  • Le bleu piscine va bien à Nicolas Vidal

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    Revoilà Nicolas Vidal. L’ex-fan des eighties avait fait l’objet d’une chronique sur Bla Bla Blog. Il est revenu cet été avec Bleu piscine.

    Sans surprise, ce troisième album est un retour aux années 80, devenues particulièrement hype ces derniers temps. Cette décennie, longtemps malmenée, pour ne pas dire ringardisée, a été depuis réhabilitée grâce notamment à la nouvelle scène electro-pop. Ce mois ci le magazine Magic fait même de 1988 la plus grande année du rock. Ni plus ni moins.

    Mais là n'est pas le sujet. Les années 80 font depuis longtemps parti de l'univers de Nicolas Vidal à l’exemple de Bleu Piscine, dont le titre renvoie au Pull Marine, le tube emblématique d’Isabelle Adjaini. Le moins que l'on puisse dire est que cette couleur va bien à Nicolas Vidal. Le musicien alterne rythmes, variations et sonorités renvoyant aux eighties, à l’exemple de ces titres pop acidulés que sont Ar (Mon Amour) et Roche. Ils côtoient d’autres titres plus électros (L’Amour qui penche), et toujours avec des textes finement écrits : "Jouir de la vie sans entrave / avec un pardessus moiré / Jurer à la saison des braves / De ne jamais s’ennuyer / Déclarer à la littérature / Son unique fidélité / Puis inspirer des murmures / À la faune électrisée / Voilà un été dandy / À digérer tes frasques / Nous à l’été dandy / Immaculés fantasques / Surprenant été dandy / Élégant iconoclaste" (Été dandy).

    Balades noctambules à Londres ou dans le Paris du Palace

    La new wave tient une bonne place dans cet album chaleureux (Transe) qui, si il est écrit en français, n’en reste pas moins marqué par l’influence de la pop anglaise post-Beatles, à l’exemple du très réussi John, en featuring avec Une Femme Mariée. Impossible également de ne pas citer Alain Chamfort (Été dandy) et bien entendu le Gainsbourg dernière époque (Bleu Piscine).

    Non sans mélancolie (Balboa, Pop Boy à Paris ou John), Nicolas Vidal semble déambuler dans ces "hauts quartiers de peine" comme le chantait Dominique A : ses balades noctambules à Londres ou dans le Paris du Palace est aussi la peinture baroque d’une époque passée dans la postérité pour son mauvais goût devenu légendaire. Nicolas Vidal en fait une oraison électro gothique dans Été Dandy et une balades romantique (Sous ton ombrelle).

    Certaines et certains pourront s'agacer d'un album à la nostalgie assumée (La Vie D'avant) ; beaucoup pourront par contre se laisser prendre au piège par un opus qui semble faire un grand retour vers le futur.

    Nicolas Vidal, Bleu Piscine, n(ouvelle)v(ersion), 2018
    https://www.difymusic.com/nicolasvidal
    https://www.faceszine.com
    Pierre Evil, "1988", in Magic, septembre-octobre 2018

    Voir aussi : "Ex fan des eighties"

  • Tatiana chez Augustin

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    Quelques semaines avant que Bla Bla Blog ne commence son hors-série spécial sur Tatiana de Rosnay, Augustin Trapenard proposait un numéro de son émission culturelle 21CM à la femme de lettres franco-anglaise.

    Ce numéro passionnant et réjouissant, toujours en replay sur Canal+, dévoile un peu de l’univers de Tatiana de Rosnay. Et l’on apprend que l’auteure d’Elle s’appelait Sarah voue une passion pour Virginia Woolf, utilise l’anglais ou le français dans l’écriture au gréé de ses idées, utilise le parfum d’une manière particulière et sait être une vraie dancing queen, preuve à l’appui…

    Augustin Trapenard a l’art de mener son interview avec un mélange de sérieux, de légèreté, de respect et de fantaisie. Et lorsque l’écrivain joue le jeu, à l’exemple de Tatiana de Rosnay, cela donne un formidable numéro. Il est à découvrir maintenant, si, comme Bla Bla Blog, vous étiez passés à côté jusque-là.

    21CM d’Augustin Trappenard, tous les mois, Canal+

    Voir aussi : "Tatiana de Rosnay, ses œuvres"

  • La Lutte des classes va bientôt commencer

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    Bla Bla Blog vous tient au courant du projet La Lutte des Classes, un court-métrage en préparation dont le bloggeur est pleinement participant.

    Sous le nom de code des "Yeux du Rêve," du nom du concours qui avait été organisé par l’association Éclectique, le tournage se prépare.

    Sa préparation est passée par deux étapes cruciales : trouver le lieu de tournage pour un film se passant essentiellement dans une école et mettre en place un casting, assez étoffé pour un court-métrage, puisque pas moins de onze comédiens interviendront, en plus des figurants.

    Je vous parlerai très bientôt un peu plus précisément de ces actrices et acteurs qui viendront donner vie à Sixtine, Diane ou Souleymane.

    https://eclectiquecontact.wixsite.com/eclectique/cinema

    Voir aussi : "La lutte continue"
    "Les yeux du rêve"
    "Les yeux du Rêve : à l'origine, un concours"

  • Ne dors pas ma belle

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    Le Voisin ne fait certainement pas partie des ouvrages les plus connus de Tatiana de Rosnay. Il mérite pourtant à plus d’un titre qu’on le découvre ou redécouvre. Sorti en 2000 chez Plon avant d’être réédité chez Héloïse d’Ormesson, il fait partie de ces romans qui vous prennent à la gorge et vous laissent complètement KO debout.

    Qui aurait pu dire que Tatiana de Rosnay maîtrise à ce point le thriller psychologique et se montre sous les traits d’une auteure capable de manipuler son lecteur ? Son lecteur et son héroïne : car c’est une femme autour de laquelle se tisse une intrigue d’une perversité digne d’Alfred Hitchock.

    Elle se nomme Colombe et fait partie de ces jeunes femmes transparentes : un couple sans relief, un mari souvent en déplacement professionnel, deux garçons en bas âge qu’il faut élever, une carrière terne dans l’édition où elle sert de nègre et, depuis peu, un tout nouvel appartement dont elle doit s’occuper.

    C’est du reste cet appartement qui va être au centre des problèmes de Colombe. Peu de temps après son aménagement, Colombe est réveillée par de la musique venue de l’appartement du dessus, un tapage nocturne sous fond de Rolling Stones. Les nuits suivantes, le boucan se répète, encore et encore, toujours aux mêmes heures de la nuit. Les désagréments et les nuits blanches sont d’autant plus cauchemardesques qu’il semble que Colombe soit la seule que le bruit dérange : son mari ne la croit pas et ses voisins lui font un portrait très respectable de ce voisin bruyant, un certain docteur Faucleroy.

    Si Hitchcock avait été féministe, c’est sans aucun doute ce roman qu’il aurait écrit

    Une guerre psychologique semble être déclarée entre Colombe et cet homme discret qui vit à quelques mètres au-dessus d’elle. La jeune femme introverti et transparente, qui voit toute sa vie – et y compris son couple – se lézarder, se transforme bientôt en tigresse prête à tout pour retrouver la paix et faire taire son voisin – à moins que le silence ne soit finalement pire que tout.

    Dans Le Voisin, Tatiana de Rosnay revendique les influences de son roman noir : Alfred Hitchcock et Daphné du Maurier en premier lieu : le huis-clos pesant, une histoire de voisinage délétère renvoyant à Fenêtre sur Cour, le personnage ambivalent qu’est Colombe, une femme effacée et frustrée cachant des pulsions inconnues, sans oublier cette Rebecca (la référence à Alfred Hitchcock et Daphné du Maurier est assumée), une "anti Colombe", que Tatiana de Rosnay transforme assez astucieusement en révélatrice des aspirations profondes de la petite nègre des éditions de l’Étain.

    L’auteure de Manderley for ever déploie sur 250 pages un roman à suspense maîtrisé de A à Z. elle tient son intrigue jusqu’au bout, dans cette histoire d’obsessions, de prison dorée et de folie domestique : un authentique thriller dans lequel il est aussi question de l’aliénation d’une femme prise au piège d’une vie sans aspérité. Gageons que si Hitchcock avait été féministe, c’est sans aucun doute ce roman qu’il aurait écrit. Que Le Voisin devienne une adaptation cinéma n’aurait rien d’étonnant, et pourrait bien remettre au goût du jour ce polar intelligent et d’une belle acidité.

    Tatiana de Rosnay, Le Voisin, éd. Plon, 2000, éd. Héloïse d’Ormesson, 2010, 240 p.
    http://www.tatianaderosnay.com

    Voir aussi : "Sur les pas de Daphne du Maurier"
    "Tatiana de Rosnay, son œuvre"

    "Sous l’eau"

  • Cocktail Ginkgoa

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    Le duo franco – américain Ginkgoa est le cocktail idéal pour ces derniers jours d’été. Nicole Rochelle, qui est new-yorkaise malgré ce que laisserait supposer son nom, propose avec le Français Antoine Chatenet leur nouvel EP One Time, une pop fusion aux pulsations endiablées.

    Le groupe ne s’embarrasse pas de suivre des sentiers battus, et le moins que l’on puisse dire c’est que leur choix artistique a fait mouche tant auprès des festivaliers de techno (le Fusion Fest de Lärz), de chanson (Francofolies de La Rochelle) qu’auprès des amateurs de jazz (Festival International de Jazz de Montréal ou le Montreux Jazz Festival).

    Ginkgoa a choisi son credo : faire danser, et surtout faire danser sur des rythmes inattendues et remixés comme si Nicole Rochelle s’invitait aux soirées de Gatsby Le Magnifique. La chanteuse américaine déploie une énergie monstrueuse au service d’un EP à l’enthousiasme communicatif. Grâce à Antoine Chatenet, le charleston et le swing semblent être passés dans la moulinette d’un sorcier fantasque.

    Coloré, rythmé, saturé de percussions et d’une joie de vivre incroyable, One Time pourrait bien faire la joie de quelques nightclubbers, en attendant de les découvrir prochainement en concert.

    Ginkgoa, One Time, EP, 2018
    https://www.ginkgoa.com

    Voir aussi : "Quelques pas d’électro-swing avec Scratchophone Orchestra"

  • Cyrielle Gulacsy, un point c’est tout

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    Si les pas vous conduisent à Los Angeles ces prochaines semaines, faites un saut à la Show Gallery. La Française Cyrielle vient y exposer pendant un mois sa série Visible Light.

    Des productions de Cyrielle Gulacsy, que ce soit ses travaux sur les galaxies (ARP 244 et Pareidolia en 2017), sur l’intelligence artificielle (The Big Crush, 2017) ou ses nus (00100001, 2017), il y a un point commun : le point, justement.

    L’artiste suit les pas de ses brillants aînés pointillistes pour créer des œuvres à la très grande technicité. Devenue maîtresse dans l’art du dessin, Cyrielle Gulacsy utilise le point comme on manipule les pixels. Des centaines d’heures et des millions de points sont nécessaires pour faire surgir ici une série de galaxies, là un parachute plus vrai que nature, là encore des corps humains. "Je pense que le pointillisme est bien plus qu’une technique. C'est à la fois la forme et la substance de ma recherche artistique. C'est une manière d'appréhender et de transposer la réalité du monde physique, constituée d'une infinité de particules séparées par l'espace," dit-elle dans une interview pour la galerie anglaise Moosey Art.

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    Très sensible à l’astrophysique, Cyrielle Gulacsy parle facilement d’espace-temps, de relativité générale, de mécanique quantique, de gravité ou de... galaxies. Cette source d’inspiration, ajoute-t-elle, a été déclenchée par la lecture de l’ouvrage de Stephen Hawking, Une brève Histoire du Temps. Elle s’immerge dans l’univers, un univers qui peut être tour à tour interprété (Pareidolia), fantasmé (The Big Crush) ou alors prosaïque et d’un hyperréalisme bluffant (Parachute, Satellite Elektron 1 – 1964) : "Il y a un lien évident entre le cosmos et l'esprit et c'est un parallèle que je veux explorer," précise-elle. L’artiste prépare prochainement une série sur les moteurs d'avion et les pièces de fusées.

    De véritables "Variations Goldberg de l’amour"

    Cyrielle Gulacsy serait-elle une artiste perchée et obnubilée uniquement par l’infiniment grand, les phénomènes corpusculaires ou la dualité onde-particule ? Non. Celle qui a fait du point une technique lui permettant, comme le dit elle-même, de "[s’]isoler et de prendre [son] temps en retour," est bien une véritable héritière de la pop culture, mais une pop culture qui serait mixée avec le street art (l’artiste cite volontiers l’Argentin Felipe Pantone), l’art moderne européen (le pointillisme de Georges Seurat, Paul Signac, Camille et Lucien Pissarro mais aussi les monochromes à la Yves Klein dans sa série Visible Light) ou encore le geek art nourri de surréalisme (The Big Crush).

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    Dans sa dernière grande série, Visible Light, celle-là même qui est exposée à la Show Gallery de Los Angeles, la couleur fait une entrée fracassante dans l’œuvre de Cyrielle Gulacsy. L’artiste choisit cette fois de s’attaquer, vie des quasi monochromes, aux ciels et aux transformations de la lumière à certaines heures du jour : "J'ai commencé à étudier le spectre solaire, comment la lumière change au cours de la journée en fonction de son interaction avec l'atmosphère." Derrière des titres secs (20:19, 18:24 ou 07:49), les derniers travaux de Cyrielle Gulacsy parviennent à captiver, comme si le spectateur contemplait le ciel californien un matin d’été. Les points se parent de mille feux pour offrir de véritables galaxies de couleurs.

    C’est à voir en ce moment à la Show Gallery de Los Angeles jusqu’au 18 octobre.

    Cyrielle Gulacy à la Show Gallery de Los Angeles, 1515 N Gardner,
    du 13 septembre au 18 octobre 2018

    http://www.cyriellegulacsy.com
    https://www.instagram.com/cyrielle_gulacsy
    https://www.facebook.com/cyriellegulacsy
    https://www.show.gallery
    "Cyrielle Gulcsy Interviewed by Mooseyart 

    Robin Seemangal, "This French Artist Gets Her Inspiration From Space Travel" 

    Voir aussi : "Aurélie Dubois unmakes sex"
    "Si vous avez tout compris à cet article c’est que je me suis mal exprimé"

    © Cyrielle Gulacsy

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  • Imagine all the people

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    Près de cinquante après sa sortie, l’album Imagine n’a cessé d’être enregistré, masterisé et redécouvert au point que l’on ne compte plus les versions, les démos ou les prises de son ressorties du grenier. Mises bout à bout, l'intégrale d’Imagine par John Lennon (on vous fera grâce des reprises) compte 140 titres.

    Pour ceux qui ne seraient pas encore gavés de cet opus historique et culte, Universal propose un coffret luxueux d’Imagine avec ces titres mythiques que sont Imagine, Jealous Guy, Give Me Some Truth et How Do You Sleep?

    John Lennon, Imagine: The Ultimate Collection, Capitol Records, sortie le 5 octobre 2018
    http://www.johnlennon.com

  • Va-t-on trop vite ?

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    Le café philosophique de Montargis est de retour le vendredi 21 septembre à partir de 19 heures pour une nouvelle saison. Cela se passera cette fois encore au café Le Belman, qui ouvrira ses portes à l’équipe du café philo et à son public pour un débat qui portera sur cette question : "Va-t-on trop vite ?"

    Ce questionnement n’est pas nouveau mais il est surtout très contemporain. Notre mode de vie et les contraintes de notre société semblent pousser de plus en plus d’individus à ne jamais s’arrêter : courir pour ne pas être en retard, être toujours connecté pour être informé dans l’immédiateté ou utiliser des moyens de locomotion de plus en plus rapides. La lenteur semblerait être considérée comme une tare et la vitesse comme une vertu. Des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent cependant pour réclamer moins de vitesse. Mais de quelle vitesse parle-ton ? La vitesse est-elle une réalité objective ? Ne pas aller trop vite ce serait ralentir voire s’arrêter : mais dans quel but ? La vitesse ne peut-elle pas être autant aliénante que la lenteur ?

    Ce sont autant de pistes de réflexions qui pourront être débattues lors de la séance du vendredi 21 septembre 2018 à partir de 19 heures au café Le Belman, boulevard des Belles Manières, à Montargis.

    La participation sera libre et gratuite.

    http://cafephilosophique-montargis.hautetfort.com

  • Pas de deo gratias pour Deborah de Robertis

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    Elle a un nom qui fleure bon le latin et les versets bibliques. Là s’arrête pourtant le point commun entre l’institution catholique et Deborah de Robertis, qui doit s’expliquer avec l’Église dans les prochains mois. La performeuse franco-luxembourgeoise a été en effet été arrêtée le 1er septembre dernier pour s’être dénudée devant le sanctuaire de Lourdes. Elle comparaîtra en correctionnelle le 19 mai 2019 pour exhibitions sexuelles.

    Deborah de Robertis avait déjà fait une performance publique remarquée devant La Joconde en 2017. La justice n’avait pas été dans le sens du musée du Louvre, considérant que la jeune femme agissait en tant qu’artiste et militante. Tel est aussi le discours que cette dernière tient au sujet de Lourdes et de sa prestation. Deborah de Robertis considère que son message tient d’abord de l’hommage à l’une des femmes mythiques de l’histoire de l’humanité : "Magnifique le ventre qui t’a porté, Magnifique le sexe qui t’a offensé, Magnifique le sein qui t’a allaité," cite-t-elle en reprenant des versets de l’Évangile selon s. Luc.

    Des versets de l’Évangile selon s. Luc

    Dans un communiqué qu’elle adresse en guise de droit de réponse, Deborah de Robertis entend se placer au-dessus de la querelle religieuse et morale. C’est en féministe et en intellectuelle engagée qu’elle s’exprime : "Par ce geste de mise à nu, j’incarne l’apparition de la Vierge avec mon corps de chair et de femme vivante… Ce geste est un hymne à la vie, d’où le titre "L’origine de la vie", en référence à "l’origine du monde". Si l’on observe attentivement nous pouvons voir que le dessin des plis du voile de certaines vierges imite parfaitement les formes du sexe féminin. Dans les religions monothéistes, Marie est le modèle féminin le plus emblématique, le plus représenté, le plus connu et donc le plus exploité. En effet, la représentation humaine et donc féminine est très rare dans les autres religions monothéistes. C'est la raison pour laquelle j'ai choisi d'incarner la Vierge Marie qui, au delà de sa dimension religieuse, est l’une des femmes les plus connues au monde. Mais, en réalité par cet acte j'ai aussi incarné Marie-Madeleine, une femme libre et une autre figure emblématique qui a été diffamée, invisibilisée et dont l’image a été déformée car "trop" incarnée et "trop" sexuée… Il en est de même pour les femmes dans l'art et dans la société en général. Elles ne sont jamais reconnues immédiatement et pour la plupart elles sont exclues de l'Histoire… La figure de Marie à Lourdes, est au fond aussi exploitée que le visage de la Joconde au Louvre. À Lourdes la Vierge est adulée mais aussi utilisée comme la "poule aux œufs d'or". C'est elle qui est le pilier économique de la cité mariale. Comme la Joconde, on la retrouve sur des tasses , des tee-shirts et des porte-clefs. Comme le sexe féminin de "L'origine du monde" qui attire les touristes et remplit les caisses du musée d’Orsay, la représentation de Marie attire les pèlerins du monde entier… En incarnant les modèles féminins, mon propos est de les libérer du cadre dans lequel ils sont figés et inverser ainsi le point de vue à partir du regard des femmes, et cela sur le plan historique, politique et artistique."

    Au passage, Deborah de Robertis adresse une banderille aux institutions religieuses, qui ont laissé prospérer dans le lieu sacré de Lourdes de vrais marchands du temple, la Vierge Marie faisant pour beaucoup figure de poule aux œufs d’or pour des millions de fidèles. Pour un deo gratias de l’Église catholique, la performeuse franco-luxembourgeoise devra repasser. 

    https://vimeo.com
    https://twitter.com/D_derobertis
    https://www.instagram.com/deborah_de_robertis_official
    https://www.facebook.com/pg/derobertisdeborah/posts

    À voir aussi : "Deborah de Robertis l’ouvre"
    "Deo gratias pour Bernadette"