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Bla Bla Blog - Page 5

  • Projet Visser

    Parmi les succès surprises de Netflix, il faut citer la pourtant discrète série fantastique Archive 81. On comprend d’ailleurs pourquoi cette histoire abracadabrantesque a suscité un certain engouement, avec son délicieux goût nostalgique tournant autour de la culture pop, des séries télé et du cinéma fantastique.

    Oui, il y a du régressif dans ce récit nous entraînant sur les pas de Dan Turner, un professionnel reconnu dans la restauration de vieux films. Le voici engagé par une multinationale, la LMG, pour enquêter sur un lot de vieilles vidéos VHS des années 90 : à l’époque, en 1994 précisément, Melody Pendras, une étudiante en sociologie, enquêtait sur les locataires d’un immeuble le Visser, incendié avec tous ses habitants. La jeune femme a disparu, non sans entraîner avec elle le mystère sur cet immeuble.

    Une grosse dose de nostalgie

    Le Président de la LMG, Virgil Davenport, invite le spécialiste et restaurateur à travailler sur la restauration de ces cassettes dans un centre de recherche aux Catskills. Dan y découvre les vidéos tournées par l’étudiante 25 ans plus tôt. Un sentiment de familiarité commence à se saisir du jeune homme.

    Les ingrédients d’Archive 81 sont suffisamment riches pour intriguer : meurtres, disparitions, voyages dans le passé, ajoutez à cela une secte, des mondes parallèles, des personnages inquiétants et une grosse dose de nostalgie… La série de Rebecca Sonnenshine a des atouts certains. À cela s’ajoutent des influences du côté du cinéma et de la télévision : Shining, Solaris, Le Projet Blair Witch, voire la série Lost.  

    Archive 81 peut même être revu et revu pour jouer à déceler les clins d’œil innombrables. Bref, un bon moment autant que des frissons de bon aloi. 

    Archive 81, série fantastique et d’épouvante américaine de Rebecca Sonnenshine,
    avec Mamoudou Athie, Dina Shihabi, Martin Donovan et Matt McGorry,
    saison 1, 8 épisodes, Netflix

    https://www.netflix.com/fr/title/80222802

    Voir aussi : "Dans la dèche"

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  • Oula, oula ! Ça va trop vite

    C’est avec un joli clip coloré et girly que Noy Meirson présente son dernier single "Oulé Oulé".

    La chanteuse israélienne choisit le français pour ce delicat titre en forme de philosophie de vie : "Ça va toujours trop vite / Tout le monde prend la fuite / Et si on se posait / Et si on respirait".

    Le parcours de l’artiste a suivi des chemins de traverse, de son pays natal du côté de la méditerranée orientale jusqu’aux États-Unis, en passant par le Congo et bien sûr la France. Tout cela donne un morceau de pop mêlant chanson française, sons électros et urbains.

    La musique a sans nul doute sauvé la jeune femme, dont la carrière a commencé avec la reprise remarquée de "Redemption song" de Bob Marley en 2017, suivie du single original "Au-delà" En 2020, Noy choisit de s’arrêter en France où elle sort plusieurs singles : "Tic tac" suivi de "Ça va aller" et "Dilemme".

    Avec "Oulé Oulé" entend nous mettre des fleurs dans la tête : "Vous voulez bouger ? / On est là pour kiffer / Un instant oublier / Et seulement rêver".

    Noy Meirson, Oulé Oulé, single 2022
    https://fr.noymeirson.com
    https://www.facebook.com/noymeirson1
    https://www.instagram.com/noymeirson

    Voir aussi : "Fishbach se téléporte"

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  • Belle galerie d’artistes

    Une nouvelle galerie parisienne ouvre ses portes ce 12 mai à Paris :  la galerie Didier DB, à Paris, dans le 14e arrondissement.  

    Le créateur de ce lieu se définit comme un "aventurier sans filet", un galeriste passionné, mais aussi agent artistique, organisateur de salons d’art contemporain.

    L’ouverture d’une nouvelle galerie est non seulement un événement mais aussi une bouffée d’oxygène bienvenue qu’il faut absolument soutenir.

    Le galeriste Didier Bierjon insiste sur la grande ouverture de son lieu, "orienté vers des choix diversifiés", servis par son expertise et son expérience. L’engagement ne sera pas absent, pas plus que la diversité : expressionnisme, naïf, figuration narrative ou abstraction. La galerie se veut aussi fervente défenseuse d’artistes femmes, ce qui mérité d’être souligné.

    Parmi ces artistes présentés, figurent Aliénor de Cellès, dont Bla Bla Blog avait déjà parlé, JC Millepied, Oebr & Pad ou Noël Verin.

    Cela se passera dans le 14e arrondissement parisien, Galerie Bierjon, au 24 rue Morène.    

    Galerie DB, 24 rue Morène, Paris 14e
    Métro Porte d’Orléans
    https://www.facebook.com/DidierBierjonAgentdArtistes
    https://www.didierbierjonagentdartiste.com

    Voir aussi : "Arbres-danseuses à Toulon"
    "2017, année des « Cellettes »”

    Ill. Aliénor de Cellès, Au café par un doux matin, gouache sur toile, 50X60, 2021

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  • Solaris et son double

    Parlons aujourd'hui de Solaris : un titre pour deux long-métrages adaptés et tournés à trente ans d’écart, respectivement par Andreï Tarkovski et Steven Soderbergh. Quelles sont les ressemblances et les différences ? Focus sur deux œuvres différentes mais tout aussi intéressantes l'une que l'autre, en dépit de la ligne narrative semblable.

    Sur un roman du Polonais Stanisław Lem, Solaris conte une mission spatiale autour de la planète imaginaire Solaris. D’étranges phénomènes se sont déroulés lors d’une mission scientifique : des morts suspectes, dont un suicide. Lorsque le scientifique est envoyé sur les lieux, il se trouve face à une apparition, sa compagne disparue des années plus tôt. Il semblerait qu’elle émane de la planète Solaris, puisant dans l’esprit humain pour réveiller et générer des êtres plus humains que nature.

    Le Solaris de Tarkovski, sorti en 1972, transcende le space-opera, à la manière du 2001 L’Odyssée de L’Espace de Stanley Kubrick. La référence n’est pas anodine : quatre ans après le chef d’œuvre américain, la Russie soviétique voulait proposer elle aussi un film de SF mémorable. Pari – presque réussi – même si le succès public n’a pas été celui de Kubrick.

    Message philosophique

    Disons aussi que Tarkovski s’intéresse moins à la SF qu’au message philosophique. Le cinéaste boudé par les officiels soviétiques ne parviendront jamais à s'attirer les bonnes grâces d'une Russie déjà sclérosée. Le futurisme de son Solaris apparaît comme un décor et une illusion au service d’un discours philosophique et métaphysique sur l’humanité, Dieu, le sens de la vie, mais aussi la culture humaine, les traditions, les souvenirs et le cheminement intérieur, lorsque Kris Kelvin rencontre Diane – ou plutôt son double extra-terrestre (la superbe et magnétique Natalia Bondartchouk). 

    Évidemment, le remake qu’en a fait Steven Soderbegh trente ans plus tard, n’a pas manqué d’être comparé avec l’œuvre de Tarkovski. Il y a des similitudes dans l’intrigue : une mission spatiale qui tourne mal, une série de drames dans l’espace et une apparition qui vient bouleverser le personnage principal, en l’occurrence Chris Kelvin, psychologue de son état, veuf depuis quelques années suite à un drame que Soderbegh met en scène dans le dernier quart du film.

    Au message philosophique du Solaris de Tarkovski, Soderbegh répond par un film hollywoodien, avec deux acteurs au glamour irrésistible, George Clooney, Natascha McElhone ainsi que des seconds rôles convaincants (Jeremy Davies et Viola Davis). Le Solaris de 2002 est riche de ses décors soignés et d’effets spéciaux magnifiques, qui n’écrasent cependant pas le film.

    Soderbegh s’est prudemment défendu de "refaire" le Tarkovski, préférant proposer une nouvelle adaptation du roman de Stanisław Lem. Le résultat est franchement probant, même si le message philosophique du cinéaste russe devient, dans le Solaris de 2002, un drame intime, jusqu’à une conclusion sous forme d’une porte ouverte vertigineuse. Une jolie réussite. 

    Solaris, science-fiction russe d’Andreï Tarkovski,
    avec Natalia Bondartchouk et Donatas Banionis, 1972, 90 mn, en DVD, MK2

    Solaris, science-fiction américaine de Steven Soderbergh, avec George Clooney, Natascha McElhone, Jeremy Davies et Viola Davis, 2002, 99 mn, en DVD, 20th Century Fox
    https://www.dvdclassik.com/critique/solaris-tarkovski
    https://www.leblogducinema.com/original-vs-remake/1-solaris-vs-solaris-96527

    Voir aussi : "2001 en 1968"

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  • La grande Zarra 

    La Zarra a déboulé en France avec fracas cette année. La chanteuse québécoise s’impose avec son univers glamour et sa sensibilité, comme si elle voulait être le maillon manquant entre la chanson française classique – celle d’Édith Piaf, de Charles Aznavour ou de Dalida – et les sons plus actuels, électros et urbains.

    Avec son premier album Traîtrise, La Zarra fait de l’amour un fil conducteur. Voilà un thème a priori archi rebattu, mais que de jeunes artistes ont mis au goût du jour, à l’instar de Juliette Armanet et de Clara Luciani. L’opus décline ce sentiment tout au long des 14 titres, en passant par le spleen ("Pas le cœur à la fête"), les larmes ("Traîtrise", "Je coule") et surtout la passion ("TFTF", "Simple ami", "Comme je l’aime").

    L’artiste québécoise allie la puissance de sa voix à l’expressivité pour parler du désarroi que peut avoir le sentiment amoureux : "Oui je dis souvent ça va / Même si c’est le bordel autour de moi / Je ne suis pas une fille de joie" ("Fille de joie").

    Dans "LVQM", elle chante l’amour bohème avec un mélange de grâce, de romantisme ("C'est la vie qu'on mène / Elle est remplie de poèmes"), de désenchantement et de gravité ("La liberté n'est pas donnée / Et l'amour n'est plus dans le pré / L'appartement est déjà vide / Je donne le chien à la voisine"). 

    "Simple ami" parle, de son côté, d’une incompréhension fatale entre un homme et une femme, de la séduction et du piège de l’amour ("Je parle la bouche pleine / Mais je mâche pas mes mots / Et si tu viens chez moi, tu seras dans de beau draps"). La Zarra se fait femme fatale lorsqu’elle assène, avec gourmandise, envie et défi : "Je te laisse crier échec et mat / Car j'aime te voir quand tu t'éclates / Je veux surtout pas éteindre ta flamme… Ici, on joue aux dames".

    La modernité n’est cependant pas accent dans ce premier opus sincère. Il y a la facture musicale urbaine, bien présente, mais aussi la présence de bidouillages sonores  ("Simple ami", "TFTF") qui donnent à Traîtrise une sincérité attachante. 

    La modernité n’est cependant pas accent dans ce premier opus sincère

    Le désormais célèbre "Tu t’en iras" est un morceau que l’on pourrait qualifier d’électro-pop rock, dépeignant la méfiance et la déception amoureuse : "Tu t'en iras, comme tous les autres hommes avant toi". L’amour, le couple, l’homme, la femme et les malentendus : l’amour est-il toujours possible, se demande en substance l'artiste canadienne ? La réponse de la chanteuse tient en un mot, cinglant : "traîtrise".

    Est-ce à dire que La Zarra baisse les bras ? Pas vraiment si l’on en croit cet autre extrait, "TFTF". La musicienne se fait tout feu tout flamme pour ce titre qui propose une sorte de contrat : "As-tu peur de moi, comme j'ai peur de moi / Moi je peux compter jusqu'à trois / Mais pourrais-je compter sur toi". L’amour est compliqué mais la solitude ne semble pas être une option pour autant : "Tout feu, tout flamme / Toute seule je crame, / C'est le drame dans ma tête".

    "Traîtrise" le morceau qui donne son nom à l’album, est un  joyau mêlant rythmes de flamenco, de pop, d'lectro et bien entendu de chanson française. Cette histoire d’une infidélité et d’une séparation est racontée avec amertume et mélancolie : "Perdue sans lui, / J'ai le cœur noir / Il m'a jetée sans crié garde / Perdue sans lui, je n'ai plus d'histoire".

    L’auditeur sera immédiatement happé par la facture pop de ce premier album langoureux mais non sans ces moments alliant mélancolie et nostalgie ("Pas le cœur à la fête", "Ne m’en veux pas"), lorsque La Zarra ne se fait par écorchée vive ("Je coule").  

    Parlons aussi de cette jolie balade qu’est "Amour de quartier", en forme de promesse douloureuse : "Je t'ai gardé tout près de mon cœur / Même si il est rempli de douleur / Tu fermes les yeux et je te dis adieu / Je me rappelle toujours notre amour de quartier". Quant à "Fleur oubliée", on pourra l’écouter comme un délicat et touchant chant d’une femme trompée et déboussolée : "J’ai plus besoin des hommes / C’est le vert dans la pomme… / Où trouver me bonheur ?".

    Il faut enfin s’arrêter sur l’un des plus beaux titres de l’album, "Vie d’artiste", bouleversant et sincère hommage d’une musicienne sur la vie de bohème. Voilà un  morceau digne de rentrer dans le panthéon des grandes chansons françaises : "Cette putain de vie d'artiste / Je ne voulais même pas rêver mieux / Mais ne manger qu'un jour sur deux / Dans les chansons c'est merveilleux / Mais dans la vie, c'est vraiment triste".

    La Zarra, Traîtrise, Universal Music, 2021
    https://www.la-zarra.com
    https://www.facebook.com/lazarramusique
    @LaZarra_

    Voir aussi : "Juliette Armanet franchit le mur du son"
    "On ne meurt pas d'amour"
    "Les chaudes eaux de La Bronze"

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  • Vite, les chats

    Pendant quelques jours encore, Andreea Gherghinesco, dont nous avions parlé sur Bla Bla Blog il y a plusieurs mois, expose à Gien (Loiret) à la Galerie Éphémère jusqu’au 15 mai prochain.  

    C’est l’occasion de découvrir ou redécouvrir cette artiste à l’univers singulier. Son style figuratif, immédiatement attachant et reconnaissable, frappe par sa fausse naïveté. Outre ces personnages d’enfants ou encore l’artiste elle-même, ce sont les chats qui peuplent principalement son œuvre.

    Dans une incroyable série animalière, des félins anthropomorphes, vêtus de leurs plus beaux atours, pensifs, fumant, interpelant le spectateur, seuls et souvent nimbés d’une mélancolie à la Edward Hopper, prennent possession de la galerie giennoise.

    Le passant ne devra pas hésiter à passer les portes de la Galerie Éphémère pour découvrir les toiles colorées, fauvistes et comme frappées par l’influence d’un certain Vincent Van Gogh.

    Et puis, il y a aussi ces chats, attachants, mystérieux et libres. Ils nous regardent, nous invitant à un instant comme suspendu du temps. Un espace pour eux leur ait même réservé à l'entrée... Mais je ne vous en dis pas plus.

    Vite, c'est à découvrir à Gien jusqu'au 15 mai prochain !

    Andreea Gherghinesco à la Galerie Éphémère
    Du 2 au 15 mai 2022
    21, rue Gambetta, 45500 Gien
    Tél. 06 79 05 07 41
    https://www.facebook.com/andreea.gherghinescu.1

    Voir aussi : "Des émaux, des choses et des chats"

    © Andreea Gherghinesco

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  • La vie des plantes

    S’arrêter au bord d’un torrent, grimper une colline, déambuler entre les allées d’un jardin familial, se perdre dans des forêts, ramasser des branches mortes ou gambader sous des chênes : Sophie Loizeau fait de la nature le fil conducteur de son recueil Les Épines rouges (éd. Le Castor astral). Cette nature est vécue à hauteur d’homme – et de femme.

    Le parti pris de l’auteure est de faire de ces textes un hommage à des plantes mal-aimées, "maltraités") et parfois menaçantes, dans un livre où la sensualité affleure à tout moment : "À Célesteville Virginia et moi sommes sur la plage / je la regarde délasser ses bottines / remonter sa robe s’avancer vers l’océan". Sophie Loizeau insuffle une singulière modernité dans ces textes où elle parle de déambulation en pleine nature : "Je cherche le silence mystique dans les forêts sans Freddy Krueger".

    L’auteure tire de ses souvenirs, dans la maison familiale d’Arnouville dans les Yvelines, une poésie essentielle, lorsqu’elle parle par exemple d’elle "toute rayonnante encore d’orgasmes" après avoir fait l’amour. Le jardin et la nature sont indissociables de la vie intime et familiale, avec l'évocation du père mourant, de la mère en mules ou de la grand-mère Eugénie. Il y a aussi cette sœur évoquée à plusieurs reprises : "En fait je ne me pardonne pas / sœur nantie d’avoir / vécu au contraire dans une bien / heureuse innocence / l’innocence crasse des animaux comme moi : c’est que j’ai pu être totalement dénuée de culpabilité".

    Sophie Loizeau part des ronces, les plantes les plus méprisés sans doute, pour construire une série de chants plongeant tout entiers dans une nature à la fois simple, proche et exigeante. "Qu’est-ce de dire je suis / l’égale de l’arbre (saule pin noyer) à cette seconde / féconde que je suis/ solidaire / et pas supérieure / à part lire & écrire". 

    Va-et-vient entre la nature et l’amour

    La poétesse fait des va-et-vient incessants entre observations de plantes ("Je suis Rubus fruti / cosus épineux des Rosacées je produis le / mûron") et textes où l’auteure se met en scène : "Au dictaphone ai-je fait j’étais sans stylo au bord de la rivière à voix basse de peur qu’on me lève".

    Le cœur des Épines rouges bat à chaque page, entre souvenirs d’enfance ("Ma sœur m’accuse de l’avoir jetée petite aux orties – aux ronces"), propos sur la mort ("Seule voilà ce qu’à moi sa mort m’a fait / il n’y a pas d’autre rupture que celle-là"), le sexe et l’amour ("On donne à entendre que la « petite graine » du mâle chez l’humain est l’étincelle / un échange de cellules sexuelles de part et d’autre").

    Un passage illustre ce va-et-vient entre la nature et l’amour : "Je me fais belle car je sais que JF sera là (peut-être) et qu’il aime que je sois en jupe / il y a trente ans le cerisier tout de suite à droite du jardin quand on arrive n’offrait rien avant août / ses cerises blanches étaient des olives en attente de chaleur jaunes d’or – pâles elles sont un peu amères / à la mi-juin on les croque". Le regret et l’amertume affleurent à chaque page comme l’écrit l’auteure : "Est-ce que je mourrai plus douloureusement / d’être poète à la vue des cercueils / j’aurais dû me consacrer à lire à ma mère / tout le temps de sa mort".

    Outre un singulier calligramme, il y a des descriptions poétique rarement écrites sur nos amies les plantes, des plantes incarnant la puissance des femmes : "La Gynescrie mi-femme mi ronce / ses dents vibrionnent dans sa bouche / – ce qui altère son langage / et ses baisers plusieurs autres forment / en petit des chaînes / de pics ou Femme de la lune (woman in the moon)". L’art est omniprésent dans un recueil qui s’interroge sur la représentation de la femme : "Redon la beauté de vos sarments fleuris d’un rouge mimosas qui pourrait bien être des flocons de viande crue".

    L’auteure complète ce recueil par un bestiaire "par ordre d’apparition", qu’elle a vu, raconté ou simplement rêvé mais aussi une palette chromatique, établie comme pour faire une nomenclature technique – et poétique. La deuxième partie, Feue, la nature fait place à l’élément du feu, avec toujours ces souvenirs d’enfance, la campagne, la nature et des émois remontant à la surface.  

    Mes cahiers de Malte forme la troisième partie du livre, avec ces textes écrits en 2020, tel un journal en friche : "Mon jardin périclite / il meurt d’une mort qui excède mon amour / qui l’impatiente". Sophie Loizeau ne manque pas de faire référence à l’incendie de Notre-Dame et à sa restauration : "Abattage des mille chênes suite à l’élection des huit pour refaire la forêt de Notre-Dame et partie de la flèche selon le plan de Viollet à l’identique ces cons – je vote pour une qui soit comme à Reims en béton".

    Sophie Loizeau, Les Épines rouges, Biographie d’une âme, éd. Le Castor astral, 2022, 136 p.
    https://sophieloizeau.wordpress.com
    https://www.castorastral.com/livre/les-epines-rouges

    Voir aussi : "Ça caille les belettes"

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  • Vas-y Joe, vas-y fonce

    Je vous avais parlé il y a quelques jours de la reprise de "Joe le Taxi" par Juli Chan.

    Voilà une autre reprise du tube de Vanessa Paradis, cette fois par Tiphanie Doucet. L’artiste choisit d’en faire une revisite électro-pop, au rythme groove, servi par une jolie voie délicate.

    Tiphanie Doucet n’est pas tout à fait inconnue du public français : actrice à la télévision (Le Bébé d'Elsa, Chante), elle est aussi chanteuse et danseuse, constamment sur scène ou en tournée, sur les plus grandes scènes de France ainsi qu’à la Télévision derrière David Guetta ou Prince.

    Après ce "Joe le Taxi" séduisant, on est impatient de découvrir son futur album.

    Tiphanie Doucet. Joe le Taxi, single, 2022
    https://www.tiphaniedoucet.com
    https://www.facebook.com/tiphaniedoucet
    https://www.instagram.com/tiphaniedoucet
    @TiphanieDoucet

    Voir aussi : "Juli le Taxi"

     

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