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Bla Bla Blog - Page 2

  • Lunar Storm à la Boule Noire

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    Lunar Storm poursuit son chemin après avoir enregistré son premier album So Far From Home. Le groupe indie rock sera le 10 novembre prochain à la Boule Noire et se produira pendant environ une demi-heure dans le cadre du Festival Emergenza, un tremplin entendant récompenser les groupes amateurs de la région parisienne en leur permettant de jouer dans des salles mythiques (Boule Noire, New Morning, Alhambra et Bataclan) et pour les lauréats, de participer à un grand festival en Allemagne. 

    Le billet au tarif de 11€ permet l’accès à une soirée concert placée sous le signe de l’éclectisme où se relaieront des groupes rock, rap et reggae. A l’issue de chaque performance, le public sera invité à voter à main levée. A l’issue de la soirée, les trois groupes qui ont obtenu le plus de votes passeront en demi-finale et seront amenés à jouer au New Morning dans le courant du mois de février. Lunar Storm se produira à 20h30.

    Lunar Storm, So Far From Home, auto-produit, sur les plateformes de téléchargement
    http://www.emergenza.net
    https://lunar-storm.fr/musique-rock-paris

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  • La Lutte des Classes : clap de fin

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    Durant ce week-end de la Toussaint, avait lieu le tournage de la Lutte des Classes, un court-métrage produit par l’association Éclectique, à Ingré (Loiret). Pour l’occasion, une équipe d’une vingtaine de personnes avait investi une école primaire, transformée pendant trois jours en un lycée pour les besoins du film.

    Alex Bongibault était à la mise en scène pour cette histoire de conseil de discipline, chargé de statuer sur le cas d’une lycéenne ayant provoqué une bagarre houleuse avec une autre élève. L’équipe technique était constituée d’Armand Medinger, pour le son, Samuel Beaubras et Marie Faranda pour les prises de vue, avec également Florence Blanchard, Karten Zajac et, bien sûr, Nora Méthivier à la direction générale.

    Les actrices et acteurs (Jennifer Dìas, Alicia Gonzalez, Flavie Kazmierczak, Pierre Richekare, Mikael Buxton, Aurélie Serrano, Mejgan Bayani, Sam Sam, Sylvie Mouillat, Nicolas Lefebvre et Nathalie Frebourg) étaient au diapason pour faire vivre les personnages de Diane, Sixtine, Charlotte ou Nathalie. L’histoire de La Lutte des Classes a été choisie par l’association Éclectique au terme d’un concours de scénario, dont le thème était :  "Les yeux du rêve."

    Les yeux du rêve, dans cette histoire de conseil de discipline, symbolisent la lucidité, la conscience, la connaissance et la compréhension que montre en particulier Diane (Jennifer Dìas). Cette professeure prend le parti de défendre Sixtine Ohana (Alicia Gonzalez) une élève dont elle est très attachée mais qui a commis un acte grave dans l'enceinte de son école, en s'en prenant à une autre lycéenne, Charlotte Balsan (Flavie Kazmierczak).

    Que ce soit dans une salle de réunion, au cours d’une classe de français ou bien dans une cour de récréation en pleine ébullition, l’ambiance du tournage mêlaient sérieux, concentration, bonne humeur et improvisation pour mettre dans la boîte ce qui devrait être un court-métrage diffusé au cours du printemps prochain.

    Bla Bla Blog n’a pas fini donc de parler de ce projet ciné.

    La Lutte des Classes, un film de Alex Bongibault, sous la direction de Nora Méthivier, scénario de Bruno Chiron
    avec Jennifer Dìas, Alicia Gonzalez, Flavie Kazmierczak, Pierre Richekare,
    Mikael Buxton, Aurélie Serrano, Mejgan Bayani,
    Sam Sam, Sylvie Mouillat, Nicolas Lefebvre et Nathalie Frebourg

    https://eclectiquecontact.wixsite.com/eclectique

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  • La Lutte des classes, l’équipe technique

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    J-1 avant le début de la grande aventure et le tournage du court-métrage La Lutte des Classes à Ingré (45). Nous parlions des interprètes de ce film, voici maintenant l’équipe technique, indispensable à la réalisation de ce projet.

    Nora M-D : Direction général, production et post production. Polyvalente Présidente de l’association Éclectique

    Alex Bongibault : Réalisateur en chef, Alex participe à la captation vidéo des spectacles de l’association depuis deux ans déjà. 

    Armand Medinger : Technicien son, perchiste, Armand est musicien de l’association, il s’est également occupé du son du dernier spectacle produit par Éclectique. C’est son domaine pro et il est à l’origine du projet Les yeux du rêve. 

    Samuel Beaubras : Prise de vue, cameraman et cadreur. Samuel est un musicien de l’association passionné par le cinéma. 

    Marie Faranda : Prise de vue, cameraman et cadreur. Elle est comédienne et viens tous juste de rejoindre l’association. Elle travaille en binôme avec Samuel. 

    Florence Blanchard : Accessoiriste, maquilleuse. Également une nouvelle dans l’association. 

    Karten Zajac : Directeur de la photographie, technicien polyvalent. Karten va prendre des photos durant le tournage et aider à mettre en place les décors. Il est le secrétaire de l’association. 

    Clara Leprince : Assistance de production, en charge d'une partie de la logistique, notamment les caméras. Assistante dans tous les projets de l’association. 

    La Lutte des Classes, un film de Nora Méthivier, scénario de Bruno Chiron
    avec Jennifer Dìas, Alicia Gonzalez, Flavie Kazmierczak, Jonas Latour,
    Mikael Buxton, Aurélie Serrano, Mejgan Bayani,
    Sam Sam, Sylvie Mouillat et Nicolas Lefebvre

    https://eclectiquecontact.wixsite.com/eclectique

    Voir aussi : "La Lutte des Classes, les interprètes"
    "La Lutte des Classes, le pitch"
    "La lutte continue"

     

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  • Dhafer Youssef, la world music des sphères

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    Une sorte de syncrétisme guide l'album de Dhafer Youssef, Sound of Mirrors. Nous pouvons même dire que les reflets dont parle le titre nous propulsent vers un kaléidoscope assez unique. Ce sont des musiques dont on ne parvient plus à savoir d'où elles viennent exactement : traditions indiennes, arabes, turques, occidentales, religieuses, folk (Chakkaradaar "Atithi Devo Bhava" suite) ou bien new age (Shanti "Atithi Devo Bhava" suite) ?

    La meilleure image de cet opus à la facture moyen orientale est sans doute celle de ces paysages accidentés dans lesquels les échos nous renvoient des sons à l'infini et dont l'origine se perd. La comparaison est d’autant plus bienvenue pour le titre Humankind dans lequel la voix de Dhafer Youssef se lie et se confond avec celle d’un hautbois. Ou est-elle se demande l'auditeur ?

    Pour cet album world music enregistré à Bombay puis Istanbul avant un mixage à Göteborg en Suède, l'artiste tunisien et joueur de oud s'est entouré de quelque figures venues de tous horizons : Zakir Hussain aux tablâ, le guitariste norvégien Eivind Aarset et le clarinettiste turc Hüsnü Şenlendirici.

    Les rythmes sont hypnotisants (Dance Layan Dance, qui est un hommage à sa fille). Les titres se déroulent tels des voyages intérieurs (Al Wadood), lorsqu'ils ne sont pas mélancoliques (Satya "Satyagraha" suite). La voix de Dhafer Youssef gravit les octaves jusqu'à atteindre des sommets rarement entendus (Ruby Like Wine).

    Un vrai cheminement intérieur

    "L'exotisme" (je viens d’employer un gros mot...) est roi dans un album qui se joue des frontières musicales (Journey in Bergama) : "J’ai senti que, partant d’un socle culturel indien, nous pouvions aller vers un propos plus universel... Cet enregistrement m’a fait l’effet d’une ode à l’amitié et à la fraternité. Quand nous jouions ensemble, j’avais la nette sensation que des âmes sœurs se reflétaient. D’où le titre de l’album : Sounds Of Mirrors," commente Dhafer Youssef.

    Une grande modernité conduit Sounds of mirrors qui revisite a la sauce contemporaine des sons ancestraux (Like Dust I May Rise), parfois avec des accents pop et folk comme Nasikabhushani.

    Sounds of Mirrors est aussi et surtout un vrai cheminement intérieur (Satya "Satyagraha" suite), comme le revendique l’artiste : "Pour moi, c’est un disque plus méditatif, plus spirituel et plus facile d’accès que le précédent, Diwan Of Beauty and Odd. Mais attention ! Ici, rechercher une forme de paix profonde et de sagesse n’a rien de la démarche religieuse."

    Tout l'album de Dhafer Youssef invite à s'imprégner d'une musique à la richesse rarissime se cachant derrière chaque nuance d’instrument et chaque grain de voix.

    Dhafer Youssef, Sounds of Mirrors, Anteprima, 2018
    http://www.dhaferyoussef.com

     

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  • Complètement à l’ouest

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    Je confesse bien volontiers un mauvais jeu de mot pour cette chronique sur Boomerang (éd. Héloïse d’Ormesson), un roman de Tatiana de Rosnay paru en 2009 qui navigue entre Paris et la Vendée.

    Antoine Rey, brillant mais stressé architecte parisien, peine à se remettre d’un divorce traumatisant. Malgré des relations plus apaisées avec son ex-femme Astrid, il lui faut gérer ses trois enfants, une vie sentimentale frustrante, un travail qui l’oppresse et un père tyrannique. Un week-end, il décide d’emmener sa sœur Mélanie à Noirmoutier, autant pour fêter son anniversaire que pour faire un break avec sa vie parisienne. Ce bref séjour leur permet aussi de renouer avec les souvenirs de leur enfance, et surtout de leur mère, Clarisse, une femme décédée alors qu’ils étaient jeunes. C’est à Noirmoutier que la famille Rey au grand complet a passé des vacances pendant plusieurs saisons. Mais un lourd secret secret entoure Clarisse, dont l’existence comme la disparition sont nimbés de mystère. Mais ce passé refait violemment surface lors de ce week-end. Lors du voyage de retour, la voiture que conduisait Mélanie fait une embardée. Au moment de l’accident, elle s’apprêtait à faire une révélation à Antoine. Mais à son réveil à l’hôpital, elle ne s’en souvient plus.

    Comme pour À l’Encre russe et Sentinelle de la Pluie, c’est l’existence d’un homme paumé qu’ausculte Tatiana de Rosnay. En revisitant ses souvenirs familiaux et en particulier ceux ayant trait à sa mère, c’est sur lui-même que se retourne Antoine. Le passé lui revient en pleine face, tel un boomerang. La tragédie prend peu à peu forme, transformant les silences et les non-dits assourdissants de ses proches – et en premier lieu ceux de son père et de sa grand-mère – en preuves implacables d’un véritable complot contre une femme exceptionnelle à tout point de vue.

    Le passé lui revient en pleine face, tel un boomerang

    Le lecteur suit avec passion un livre qui aurait pu être un énième thriller. Cela fait-il de Boomerang un roman ténébreux ? Non, car Tatiana de Rosnay – qui apparaît elle-même en filigrane dans la scène du TGV – a voulu d’abord bâtir une histoire sur la reconstruction, la réconciliation et, au final écrire une histoire d’amour, un thème assez neuf dans son œuvre.

    Une histoire d’amour ou plutôt deux histoires d’amour. En entreprenant son enquête familiale sur le secret que Mélanie s’apprêtait à lui révéler, Antoine, un homme tombé dans une routine morne d’homme séparé, découvre la puissance dévastatrice d’une passion qui aura finalement eu raison de sa mère. Par la même occasion, c’est une renaissance que lui offre celle-ci, comme un boomerang traversant les années : l’accident de Mélanie entraîne en effet la rencontre d'Antoine avec le très beau personnage d’Angèle – une envoûtante embaumeuse. Cette femme, travaillant parmi les morts, et tout aussi romanesque qu’Astrid, conduit un homme intérieurement dévasté et psychologiquement moribond parmi les vivants. 

    La réconciliation avec la vie et l’amour sera d'abord celle de la rencontre avec une mère qu’il ne connaissait finalement pas. Impossible de ne pas accrocher à cette quête dans laquelle le passé se rappelle à nous.

    Tatiana de Rosnay, Boomerang, éd. Héloïse d’Ormesson, 2009, 379 p.
    http://www.tatianaderosnay.com

    Voir aussi : "Tatiana de Rosnay, son œuvre"
    "Sous l'eau"
    "Des hommes, des eaux et des arbres"

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  • T’as le bonjour d’Albert

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    Albert : son musée Somme 1916, sa basilique néo-byzantine, ses cimetières militaires et son jardin public. Devrions-nous maintenant ajouter sa brasserie, le Hygge Café ?

    Petite précision lexicale : qu’est-ce que le "hygge" ? Il s'agit d'un terme scandinave qui désigne une atmosphère de bien-être, intime et chaleureuse. Voilà qui nous met tout de suite dans l’ambiance.

    Il faut être honnête : entrer dans une brasserie tient souvent de l’aventure, tant ce genre d’établissement recèle le meilleur et le pire, comme si revendiquer une forme de gastronomie traditionnelle pouvait justifier le mauvais goût en matière d’art-déco ou une atmosphère poussiéreuse, avec un service qui sent la naphtaline et des plats lourds comme des obus de la Grosse Bertha.

    Une bonne partie de mes inquiétudes s’est effacée dès l’entrée de cet établissement situé en face de la basilique. C’est plutôt une ambiance de pub qui prévaut dans cette brasserie fréquentée d’Albert, et tenue par un Tourangeau dont le sens de l’accueil est exemplaire, et qui change pas mal de nombre de ses confrères et consœurs.

    Exemplaire

    Le décorum, soigné mais sans ostentation, rappelle que nous sommes dans une cité détruite pendant la première guerre mondiale : photographies anciennes, affiches et fac-similés de journaux d’époque sont omniprésents – en plus d’une petite bibliothèque pour les clients pas seulement attirés par les nourritures terrestres.

    Si vous voulez rester dans l’ambiance british de cet établissement, vous opterez, comme beaucoup de clients venues de la Perfide Albion, pour le traditionnel fish and chips. Lors de ma découverte du Hygge, j’ai de mon côté craqué pour un steak tartare le plus simple qui soit, accompagné d’une Judas, une bière belge sublime et au solide tempérament : diable ! Si vous entrez dans cette brasserie inoubliable, ne ratez surtout pas son tiramisu à la légèreté incroyable.

    Le Hygge Café, très couru paraît-il des touristes anglais, américains ou australiens (le centre John Monash n’est qu’à quelques encâblures), risque de ne pas être déserté d’ici la fin des commémorations du 11 novembre.

    Hygge Café, 29 place d’Armes, 80300 Albert
    Tél. 03 22 75 47 12
    Page Facebook du Hygge Café

    Voir aussi : "Les filles de La Plaisance"
    "Aussies au front"

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  • La lutte des classes, les interprètes

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    La lutte des classes diapo2.png

    Le tournage de La Lutte des Classes se précise. Il aura lieu à Ingré (Loiret), les 1er, 2, 3 et 4 novembre à Ingré. 

    Parmi les rôles titres de ce court-métrage, citons Jennifer Dìas, Alicia Gonzalez, Flavie Kazmierczak et Sylvie Mouillat dans les rôles principaux.

    La Lutte des Classes, un film de Alex Bongibault, sous la direction de Nora Méthivier, scénario de Bruno Chiron
    avec Jennifer Dìas, Alicia Gonzalez, Flavie Kazmierczak, Pierre Richekare,
    Mikael Buxton, Aurélie Serrano, Mejgan Bayani,
    Sam Sam, Sylvie Mouillat et Nicolas Lefebvre

    https://eclectiquecontact.wixsite.com/eclectique

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  • Obéir ou désobéir ?

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    Le café philosophique de Montargis se délocalise en novembre pour une séance spéciale au cinéma Le Vox de Château-Renard. Cette soirée spéciale aura lieu le vendredi 2 novembre à 20H30, après la diffusion du film Libre de Michel Toesca.

    "Obéir ou désobéir ?" Les animatrices et animateurs du café philosophique de Montargis proposeront un débat autour de la notion de liberté, de l’engagement et la désobéissance. Nous aspirons tous à vivre dans une société paisible, dans laquelle les lois entendent maintenir cette concorde. Mais que se passe-t-il lorsque ces lois me semblent "injustes" ? Peut-on considérer que c'est une raison suffisante pour ne pas lui obéir ? Comment vivre sa citoyenneté dans une société conflictuelle ? Quels principes peuvent nous conduire à la désobéissance ?

    Ce seront autant de questions qui seront débattues au Vox, le vendredi 2 novembre 2018, à partir de 20H30.

    http://cafephilosophique-montargis.hautetfort.com
    http://www.levox.fr/libre

  • Cali, métamec

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    2018 aura été marqué par de grandes légendes de la chanson française : il y a eu la découverte il y a un an de Lily Passion de Barbara dans sa version studio inédite, le décès de Charles Aznavour il y a deux semaines et, il y a quelques jours, la célébration des quarante ans de la mort de Jacques Brel. Mais il fait aussi compter sur Léo Ferré, dans l’actualité en ce moment avec la sortie de plusieurs reprises par Cali.

    Sur la pochette de l’album, celui-ci pose avec un chimpanzé, l’alter-ego de Pépée, le célèbre singe de Ferré disparu en 1968 et qui inspira un titre éponyme – mais qui n’est singulièrement pas présent dans cette série d’adaptations.

    C’est extra, Vingt ans, Ni dieu ni maître, Les anarchistes, Joli môme ou Avec le temps font partie des classiques que reprend Cali, dans un souci de dépoussiérer, de moderniser, voire de révolutionner des chansons de Ferré : c’est "une sorte de laboratoire musical" comme il le dit lui-même. Pour l’occasion, il s’est entouré de Steve Nieve au piano et de François Pioggio à la guitare.

    Cali se met au service des textes de Ferré avec le souci de proposer des arrangements parfois désarçonnants mais souvent très convaincants. Le choix de l’acoustique et de la simplicité guident un chanteur qui entend mettre en valeur, plutôt que d’étouffer, les textes de Ferré, que ce soit ceux de La Mélancolie ou de Paris je ne t’aime plus.

    Dans C’est extra, l’orchestration minimaliste est soutenue par des explosions de lumières et des averses de pianos, permettent de voir sous un autre jour un standard archiconnu.

    Cali s’approprie si bien les œuvres de son aîné que l’on penserait que certains titres, à l’exemple d’Ils ont voté, ont été écrits pour lui en 2018 : "A porter ma vie sur mon dos / J'ai déjà mis cinquante berges / Sans être un saint ni un salaud / Je ne vaux pas le moindre cierge /Marie maman voilà ton fils / Qu'on crucifie sur des affiches / Un doigt de scotch et un gin fizz /Et tout le reste je m'en fiche / Ils ont voté... et puis, après ?"

    Pour ce chef d’œuvre qu'est Les étrangers, Cali en fait une adaptation sèche, rythmée et presque ludique. On pourra préférer la version originale mais on n’enlèvera pas la prise de risques de l’interprète. Autre prise de risques : celle avec Vingt ans, cet impertinent, tendre et cruel hymne à la jeunesse : "Pour tout bagage on a vingt ans / On a des réserves de printemps / Qu'on jetterait comme des miettes de pain / A des oiseaux sur le chemin." Là, Cali choisit opportunément la modernité et l’électro. Pour Ni dieu ni maître, c’est le rock qui est préféré dans cette chanson sur l’anarchie et qui renvoie à cet autre titre emblématique, Les Anarchistes, aussi sombre et mélancolique que la version de Ferré pouvait être combative et engagée : "La plupart fils de rien ou bien fils de si peu / Qu'on ne les voit jamais que lorsqu'on a peur d'eux / Les anarchistes / Ils sont morts cent dix fois / Pour que dalle et pourquoi ?"

    Les guitares fument sur un rythme espagnol étouffant

    Outre le joyeux et mutin Joli Môme, un titre qui avait été écrit au départ pour Annie Butor, la belle-fille de Ferré, Cali propose une interprétation de La mémoire et la mer assez proche, dans les gènes, à l’original studio, mais avec une facture lo-fi et des percussions sombres qui lui confèrent une indéniable puissance nostalgique et une singulière patine du temps : "Je me souviens des soirs là-bas / Et des sprints gagnés sur l'écume / Cette bave des chevaux ras / Au ras des rocs qui se consument / Ô l'ange des plaisirs perdus / Ô rumeurs d'une autre habitude / Mes désirs dès lors ne sont plus / Qu'un chagrin de ma solitude."

    Impossible de ne pas parler de l’un des classiques le plus célèbres de Ferré. Avec le Temps renaît grâce un enregistrement audacieux par l’utilisation d’une guitare nue et un admirable jeu d’échos. L’auditeur peut féliciter Cali pour son interprétation sans fioriture, lui permettant de laisser les mots du poète dominer le sujet : "Avec le temps, va, tout s'en va et l'on se sent blanchi / Comme un cheval fourbu et l'on se sent glacé / Dans un lit de hasard et l'on se sent tout seul / Peut-être, mais peinard / Et l'on se sent floué par les années perdues."

    Cali, le "métamec", pour reprendre le titre de l’album posthume de 2000, se fait carrément aventurier pour Le flamenco de Paris qui devient, grâce à lui, une authentique création musicale. Les guitares fument sur un rythme espagnol étouffant, faisant de ce flamenco un vrai chant de mort.

    On s’arrêtera aussi longtemps et plusieurs fois sur ce joyau qu’est Thank You Satan : lumineux, majestueux et d’une belle épaisseur instrumentale et rythmique. Les mots de Ferré renaissent avec lyrisme dans une chanson qui n’est pas forcément la plus connue dans la discographie de Ferré : "Pour la solitude des rois / Le rire des têtes de morts / Le moyen de tourner la loi / Et qu'on ne me fasse point taire / Et que je chante pour ton bien / Dans ce monde où les muselières / Ne sont pas faites pour les chiens."

    L’album se termine avec un titre rare de Ferré, L'amour est dans l'escalier. Ce poème de Léo Ferré, mis en musique par Steve Nieve et François Poggio, est interprété par le Mathieu Ferré, son fils, au timbre de voix si familier. Cali semble quitter cet album d’adaptations réussies sur la pointe des pieds, en laissant le dernier mot à Léo Ferré lui-même. Il aurait eu 102 ans cette année, déjà.

    Cali chante Léo Ferré, BMG, sorti le 5 octobre 2018
    En concert à Paris, le 16 novembre 2018 au Théâtre Dejazet
    https://www.calimusic.fr

    Voir aussi : "Le retour de la femme mimosa"
    "Aznavour, le mal-aimé"

  • Les filles de La Plaisance

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    Le décor du restaurant de La Plaisance n’a évidemment pas été choisi par hasard. Pour un établissement situé sur le port, quai de la Vicomté, quoi de mieux qu’un intérieur vous immergeant à l’intérieur d’un bateau ? Lambris blancs, parquet impeccable ou hublots aux murs : parfait pour se trouver propulsé dans un transatlantique, avec vue imprenable sur la côte normande.

    Côté cuisine, c’est du côté de la mer vers laquelle ira la préférence du client. Pourquoi pas des moules à la crème – normande, bien entendu ? Pour ce premier blabla gastronomique, j’ai choisi un filet de bar au beurre nantais – et tant pis si nous sommes loin de la Loire-Atlantique. Simple, délicat et imparable. Pour accompagner ce plat, le choix d’un Muscadet-sèvre-et-maine sur lie était de rigueur : un Domaine de l'Olivier. Déception : peu vif, et encore moins minéral, je suis resté sur ma soif. Quant au dessert, la tarte normande est un choix à ne pas discuter.

    Je parlais de rester sur sa soif : impossible de ne pas parler de l’accueil d’un restaurant qui reste pourtant attrayant à plus d’un égard. Pour être clair, si vous êtes un habitué du Plaisance vous serez définitivement conquis par des serveuses particulièrement empressées. Pour les nouveaux, que vous soyez normands, parisiens, montargois ou bien anglais, et bien il faudra sans doute s’armer de patience ou faire preuve d’une certaine mansuétude, voire de certaines qualités sociables pour entrer en communication avec le personnel de la salle.

    Les plus gourmets oublieront ce défaut du Plaisance – qui peut être largement surmonté, n’en doutons pas.

    La Plaisance
    Quai de la Vicomté, 76400 Fécamp
    Tél. 02 35 29 38 14

  • La gastronomie aussi

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    Après les livres, la musique, les expositions ou le cinéma, Bla Bla Blog va également bientôt proposer de nouveaux blablas cette fois sur la gastronomie : restaurants, vins et bonnes tables.

    Très bientôt, le premier trip gastronomique de Bla Bla Blog vous amènera à Fécamp.  

  • Crues en clichés

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    Il y a deux ans, Montargis connaissait l’une des plus importantes crues de son histoire, des crues qui allaient frapper également la Seine et en particulier Paris.

    Pour marquer cet événement, l’association locale ATR (association pour la réinsertion des personnes en situation précaire) a eu l’idée d’éditer un livre présentant un recueil de photos, et notamment des photos aériennes prises par Éric Gauchy.

    Des clichés spectaculaires au service d’un livre peu ordinaire.

    Le Gâtinais sous l’eau (crue mai-juin 2016)
    ATR, Pannes, 270B rue de la Bézonde , 45700 Pannes

  • La naissance de la belle Rafaëla

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    Dans la postface de Tamara de Lempicka, la bande dessinée de Virginie Greinier et Daphné Collignon, Dimitri Joannidès rappelle qu’après une période flamboyante durant les années folles, Tamara de Lempicka a été oubliée du monde de l’art. Trop figurative ? Trop bourgeoise ? Pas suffisamment révolutionnaire ? Suspecte d’avoir été une vraie star dans le milieu parisien de l’entre-deux guerres ?

    C’est du reste cette période qui intéresse Virginie Greinier, au scénario, et Daphné Collignon, au dessin. Sans didactisme, avec une admiration certaine, et sans rien cacher des failles de la peintre, Virginie Greinier raconte l’année 1927 qui a vu la naissance de l’un des plus grands nus du XXe siècle, La Belle Rafaëla.

    La BD suit les pérégrinations de Tamara de Lempicka dans le Paris qui était la capitale mondiale des arts, celle d’André Gide, de Jean Cocteau ou de Picasso. Femme artiste dans une société toujours bridée, Tamara de Lempicka revendique farouchement sa liberté, y compris dans sa situation de femme mariée et mère d'une petite fille. Lorsqu’elle apprend à Gide qu’elle recherche un modèle pour son prochain tableau, ce dernier lui propose de lui présenter des femmes de ses connaissances. La peintre accepte de l’accompagner, mais aucune ne la convainc.

    Au dessin, Daphné Collignon nous propose des planches aux couleurs sépias qui sont chacune d’authentiques créations graphiques, renvoyant le lecteur dans les années folles. Voilà une entrée en matière passionnante et intelligente pour entre dans l’œuvre d’une artiste prodigieuse qui n’a été redécouverte qu’après sa mort, à partir des années 80.

    Il sera de nouveau question de Tamara de Lempicka dans quelques semaines, dans le cadre cette fois de notre hors-série sur Tatiana de Rosnay.

    Virginie Greinier et Daphné Collignon, Tamara de Lempicka
    postface de Dimitri Joannidès, éd. Glénat, 2018, 56 p.
    https://www.daphnecollignon.com