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mendelssohn

  • Trip en Écosse

    Le chef Alexis Kossenko poursuit son exploration de l’œuvre pour orchestre de Felix Mendelssohn Bartholdy avec sa 3e Symphonie "Scottish" en la mineur et  l’Ouverture Les Hébrides (Aparté).

    Compositeur phare de la période romantique, il a été cependant été redécouvert tardivement à partir de la seconde moitié du XXe siècle. Ses origines juives et l’antisémitisme étant pour beaucoup dans cette injustice, et ce bien que ses contemporains le considérait comme un génie.

    Artiste allemand précoce, mort prématurément à l’âge de 38 ans, il commence à composer sa troisième symphonie, dite "Écossaise" à seulement 20 ans. Grand voyageur, il est parti au Royaume-Uni et découvre, enthousiaste, l’Écosse. La nature brute de cette contrée lui inspire cette œuvre profondément attachante. Il met cependant 12 ans pour la finir… à Londres. Bon, ce n’est certes pas en Écosse mais la boucle est bouclée. À son écoute, c’est simple : même si Mendelssohn n’est pas le plus connu des classiques, on a envie de l’aimer.

    À la tête des Ambassadeurs et de La Grande Écurie, Alexis Kossenko a pris le parti des instruments d’époque, donnant à ces deux œuvres – la Troisième et Les Hebrides de Mendelssohn, donc – un lustre certain et aussi une grande authenticité.

    Dans cette symphonie écossaise, le mouvement ample du premier mouvement (Introduction. Andante con moto – Allegro un poco agitado) exprime les paysages tourmentés et brumeux du pays de Mary Stuart, dont le compositeur allemand a visité le palais. Un grand vent romantique souffle sur cette partie dense et laissant le spectateur sans répit. "Agitado" dit l’indication de tempo pour la dernière partie de ce mouvement. Et il est vrai qu’aux tourments de l’âme répondent ceux de l’orchestre. Si l’on peut parler de naturalisme et de romantisme chez Mendelssohn, ce premier mouvement en est une belle illustration.

    Fibre beethovénienne

    Le premier mouvement dépasse les 16 minutes. Le deuxième, Scherzo. Vivace non troppo, lui, fait moins de 5 minutes. Relativement bref donc, mais aussi léger. Sans doute peut-on entendre, derrière les sons de la clarinette, l’écho des cornemuses qui ont dû fasciner le jeune homme de l’époque.

    Contrevenant aux conventions, l’Adagio n’arrive qu’ensuite, dans un troisième mouvement lent et méditatif. Mendelssohn prend son temps, tout comme l’ensemble mené par Alexis Kossenko. Coloré, dense et vibrant, cet adagio-là n’a pas le caractère funèbre de bien d’autres symphonies. Il apaise et exprime le calme intérieur du compositeur.

    La fibre beethovénienne est évidente dans les quatre parties, et notamment dans le Finale guerriero. Un "final guerrier" donc, dans lequel Mendelssohn se nomme disserte s’agissant des indications de tempo : Allegro vivacissimo et Allegro maestoso asai. Voilà du travail rondement mené pour le chef d’orchestre et pour son ensemble orchestral. Cette Symphonie "écossaise" se termine dans la majestuosité, hommage sans doute à un pays qu’il a adoré – même s’il est notoire que l’Écosse est bien loin de la pompe royale.

    L’Ouverture des Heberides, op. 26, vient compléter ce programme. Précisons que malgré son titre, cette pièce est autonome et n’est composée que d’un seul mouvement. Comme pour la 3e Symphonie, elle a été inspirée par un voyage en Écosse dont nous parlions. Mendelssohn y avait découvert la grotte de Fingal sur l’île de Staffa. Cette composition peut être qualifiée de naturaliste, tant l’auditeur ou l’auditrice peut voir apparaître le paysage marin qui l’a tant fasciné. Alexis Kossenko excelle dans sa manière de rendre vivant les éléments – la mer, le vent, la minéralité et bien sûr la verdoyante nature. Génie absolu, maintenant admiré, Mendelssohn a finalement laissé après son voyage écossais les plus belles cartes postales qui soient : musicales et intemporelles. 

    Felix Mendelssohn, Symphony n°3 "Scottish" – The Hebrides,
    Les Ambassadeurs et La Grande Écurie, direction Alexis Kossenko, 2025

    https://apartemusic.com/fr/album-details/mendelssohn-symphony-no-3-scottish-the-hebrides

    Voir aussi : "Élise Bertrand, de l’ombre à la lumière"

  • Souvent musique varie

    Même sans être familier de Brahms, l’écoute de son Thème et Vériations, op. 18b paraît immédiatement familier. Au piano, Sandra Chamoux va à l’essentiel : lignes mélodiques simples mais prenantes et surtout le romantisme chevillé au clavier. Oui, cette œuvre qui ouvre cet enregistrement Indésens résonnera fatalement chez l’auditeur et l’auditrice. Sandra Chamoux rappelle d’ailleurs dans le livret que "le mot Resonare veut dire Résonner, et le mot Sonarae : Jouer…"

    Le fameux thème de Brahms est issu de son premier Sextuor à cordes que Clara Schumann, dont il était amoureux, aimait. À sa demande, Brahms écrivit pour son anniversaire une transcription pour piano solo du mouvement lent du sextuor. On est d’accord pour dire, avec Sandra Chamoux, que cet opus 18b est peu connu. C’est fâcheux et cela rend d’autant plus précieux sa présence dans l’album Résonare proposé par la pianiste française. Que l’on pense à la dernière variation, la septième, écrite comme une marche funèbre.  

    Autres variations, celles de Félix Mendelssohn dont on ne dira jamais assez que la mort de ce génie à l’âge de 38 ans a laissé un vide immense, tant il a brillé par son influence sur le XIXe siècle. Voilà une autre preuve avec ses Variations sérieuses en ré mineur op. 54. Après un thème Andante, dix-sept variations , suivies par un Presto finale, viennent montrer toute la maîtrise de Mendelssohn. À l’instar de Bach – dont la Chaconne, présent d’ailleurs dans l’enregistrement de Sandra Chamoux, l’inspire – le compositeur allemand déploie sa virtuosité – canons, ballades, chorals, mouvements lents, vifs, très vifs, agités ou au contraire comme suspendus. On parle de virtuosité dans la composition. Il en faut aussi chez Sandra Chamoux pour proposer ces courtes variations (de moins de vingt secondes à un peu plus d’une minute) sans ciller, en variant les effets et en ne laissant pas la technique jouée sur l’émotion.         

    "Variations corelliennes"

    Serge Rachmaninov est présent dans ce programme grâce à ses Variations sur un thème de Corelli, op. 42. On reconnaîtra ce thème ancien, populaire en Italie depuis la fin du XVe siècle. Il s’agit au départ d’une danse appelée Folia qui va ensuite devenir un thème musical apprécié chez les compositeurs. En 1700, Corelli l’utilise pour sa Sonate pour violon et basse continue. En 1931, Serge Rachmaninov est exilé en France depuis la Révolution russe. Il compose 20 variations sur ce thème, une œuvre qui sera à la fois la seule écrite dans notre pays et la seule pièce pour piano seul. Ces "variations corelliennes" ont une place particulière dans son répertoire. Rachmaninov propose, comme il en a peu l’habitude, une œuvre dépouillée, sombre, pour ne pas dire aride. C’est l’âme d’un Russe banni de son pays, d’un exilé s’apprêtant à quitter le continent européen et qui ne reverra plus son pays. Voilà vingt variations poignantes que Sandra Chamoux dévoile avec dans toute sa nudité.  

    Nous parlions de la Chaconne de Bach. Elle est présente dans sa version de Busoni. Modernisée, dépouillée, bouleversante. Sandra Chamoux déploie les près de seize minutes de cette œuvre spectaculaire. La Chaconne a été écrite entre 1717 et 1720 par un Bach au sommet de son art. Elle entre dans la deuxième Partita pour violon. La Chaconne, qui termine la pièce, impressionne tant les compositeurs que des variations sont écrites. Brahms s’y attelle notamment. Pourtant, c’est la variation d’un musicien bien moins connu, Ferruccio Busoni (1866-1924) qui vient donner une ampleur inédite à la création originelle. Bach était déjà éternel. Busoni lui apporte en plus une modernité incontestable.  

    Sandra Chamoux, Résonare, Indésens Calliope, 2025
    https://www.sandrachamoux.com
    https://www.instagram.com/sandrachamoux
    https://www.facebook.com/profile.php?id=100042048775710
    https://indesenscalliope.com

    Voir aussi : "Un inconnu nommé Dupont"

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