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  • Amis pour la vie

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    Part-Time Friends fait feu de tout bois avec son nouvel EP, le bien-nommé Fire, sorti en début d’été, un an après leur second album Born To Try.

    C’est un vrai plaisir de revoir l’un des couples pop-rock le plus attachants de la scène française qui prouve qu'il n'est pas là par hasard. Un mélange de vagues synthétiques délicates et de guitares étincelantes planent sur ce mini-album d’une très grande efficacité.

    L’osmose est parfaite chez ces deux là, aucune voix ne venant l’emporter sur l’autre, à l’instar de Better DaysFire dégage une douce chaleur d'été indien, parfaite sur votre platine les jours de vague à l’âme (Less Than Nothing Else).

    Part-Time Friends séduit par la justesse de leurs mélodie et le soin qu’ils mettent à créer un son immédiatement accessible : du pop-rock sexy et virevoltant, qui vient caresser les oreilles (For Your Eyes).

    Part-Time Friends, Fire, Un Plan Simple / Sony Music, 2019
    En concert, le 14 septembre à Saint-Herblain (44) au Festival Jours d’Été
    Le 15 septembre à Troyes (10), au Troyes Fois Plus
    Le 22 septembre à Hambourg (Allemagne) au ReeperBahn Festival
    Le 29 septembre à Pau (64) à la base d’eau vive du Pont d’Espagne
    http://www.parttimefriendsmusic.com
    https://www.facebook.com/theparttimefriends

    Voir aussi : "Deux amis"

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  • No money kids, oiseaux de nuit

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    Pop, rock, folk et même hip hop (Chains, en featuring avec Charles X) : le duo parisien No Money Kids, que nous avions découvert il y a un an et demi sur Bla Bla Blog, n’a pour parti pris dans son dernier album Trouble que celle d’un son à la fois familier, efficace et immédiatement attachant. Le cinéma et la télé ne s’y sont pas trompés en choisissant plusieurs de leurs titres pour leurs BO : Banshee, Veep, Goliath (avec Billy Bob Thornton), Misconduct (avec Al Pacino et Anthony Hopkins) ou Baby, Baby, Baby (avec Bradley Cooper).

    Écouter The Street c’est déambuler dans un New York noctambule, le cerveau embrumé, avec dans les oreilles ces guitares pleines de vagues à l’âme : "The street will sing / For the poor and the other men / All those workers death / Are in my brain / I will sing for the poor / And the dead men."

    Tout aussi acoustique, Nowhere Land est un titre pop-folk ponctué de respirations étranges et fantastiques. Avec Hush Hush, No Money Kids assume ses influences folk-rock semblant sortir des légendaires barbes des ZZ Top. Comme pour leur deuxième album Hear The Silence, les guitares se déploient généreusement dans Trouble, avec des constructions harmoniques savamment étudiées (See Me Laughing). Ce qui n’empêche pas le groupe de partir sur des routes poussiéreuses invitant au voyage dans une Amérique mythique (Wake Me Up, Family Blood ou Blue Shadow).

    Des ectoplasmes dansants

    Pour Crazy, c’est l’électronique que choisissent Félix Matschulat et J.M. Pelatan pour cette reprise du tube de Gnarls Barkley (2006), une reprise au-dessus de laquelle semblent planer des ectoplasmes dansants : "I remember when I lost my mind / There was something so pleasant about that place / Even your emotions have an echo in so much space / And when you're out there, without care / Yeah I was out of touch / But it wasn't because I didn't know enough / I just knew too much / Does that make me crazy?"

    Lost Generation (avec The Toxic Avenger) propose de son côté une fusion séduisante entre le rock et un électro eighties, lui donnant cette facture planante. Plus pop, My Loneliness laisse les guitares en arrière-plan au profit d’un titre rythmé, à l’instar de Radio Sound, plus british que yankee. Ici, ce sont les mânes des Clash qui semblent être invoquées dans un craquant morceau que les radios FM des eighties n’auraient pas renié.

    Better, la dernière piste de l’album, retrouve l’ADN d’un rock américain musclé et régressif dans lequel les riffs des guitares enflent, jouent et soufflent avec un plaisir partagé.

    No Money Kids, Trouble, Roy Music, 2018
    https://www.nomoneykids.com

    Voir aussi : "Écoute ce silence"

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  • Orage lunaire annoncé

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    Lunar Storm, il en avait été question sur ce site il y a plusieurs mois de cela à l’occasion du tremplin Festival Emerganza. Ce véritable marathon musical conduit Lunar Storm jusqu’en finale au Bataclan, le 29 Juin prochain à partir de 19h45. Rien que ça.

    Dans la foulée, le groupe parisien a sorti son premier album, So Far From Home, à l’énergie noire d’une belle intensité. Sans nul doute c’est la sincérité et le savoir-faire de véritables artisans pop-rock qui peut expliquer que Lunar Storm apparaisse en pleine lumière, un peu plus de deux ans seulement après leur formation. Pas de machines, ni d’ordinateurs, ni de boîtes à rythme pour ce groupe parisien, mais que du pop rock durable, garanti sans OGM et élevé au grain.

    Dès son entrée en matière, Lunar Storm roule toute bride abattue, cheveux au vent à l’exemple de Bicycle à la facture nineties, et qui pourrait aussi s’écouter comme un hommage au My Bicycle de Queen.

    Du pop rock durable, garanti sans OGM et élevé au grain

    Des guitares lumineuses éclairent Cold Streets, dans un duo mêlant mélancolie et une sorte de fureur pop-folk et noctambule. Avec Unwanted, on reste plus que jamais aux États-Unis, avec ce titre pop folk qui semble nous entraîner sur les routes poussiéreuses de l’Alabama ou du Tennessee à bord d’une Buick sans âge.

    Lunar Storm connaît ses classiques, à l’instar du bien nommé Blues. Le groupe parisien sait pour autant adopter des dérapages contrôlés sur une route qui semblait a priori bien balisée : les voix s’envolent, grincent et pleurent (Blues), les guitares slaloment à grand renfort de riffs pour finir par se percuter dans un rock râpeux et intense (Accidental Harmony), lorsqu’elles ne s’affranchissent pas définitivement de leurs créateurs (Out Of My Shoes). Quant à Shine, il peut s’écouter comme une mécanique infernale, démarrant comme une ballade folk avant de perdre tout contrôle et de tout démolir sur son passage, dans un rock grunge percé de trouées lumineuses. Un morceau de bravoure est à ne pas manquer : Jolene, un titre pop country joué avec un enthousiasme communicatif.

    Qu’on se le dise : un orage lunaire est sur le point d’éclater, et cela se passera au Bataclan le 29 juin avec Lunar Storm. Le groupe sera également en concert à L’Alimentation Générale le samedi 18 mai à partir de 20H30.

    Lunar Storm, So Far From Home, auto-produit, sur les plateformes de téléchargement
    En concert à L'Alimentation Générale, le samedi 18 mai 2019, 20H30, gratuit

    Au Bataclan, le samedi 29 juin 2019, à partir de 19H45 
    http://www.emergenza.net
    https://lunar-storm.fr/musique-rock-paris

    Voir aussi : "Lunar Storm à la Boule Noire"

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  • Hop, Bongo Hop

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    L’ouverture de Satingarona, le deuxième opus de Bongo Hop, laisse une première impression que l’auditeur va voyager dans un univers latino, créole et caribéen. Grenn pwonmennen, avec en featuring Kephny Eliacin, propose une visite dans les paysages haïtiens, mais avec une rythmique de samba… ramenée tout droit d’Angola. Un grand écart musical passionnant, surtout si l’on pense que Bongo Hop est né du côté de Lyon et est le fruit de la rencontre du trompettiste, journaliste et globe-trotteur Étienne Sevet et du producteur Patchworks.

    Il y une fraîcheur poétique assez incroyable dans le bien nommé Agua fría. La voix veloutée de Laurène Pierre-Magnani (Lord Rectangle) étire, sur un rythme chaloupé, son flow poétique d’une rare densité : "Supposons que je vienne d’ailleurs, que j’ai perdu mon chemin. J’ai oublié le jour et l’heure et le temps qu’il fera demain. Je viendrai vous parler d’un monde qui disparut en un instant. Les siècles qui passaient comme le secondes, comme on nous file un diamant."

    Un opus syncrétique, d’une belle sophistication

    Une certaine mélancolie, pour ne pas parler de gravité, est présent dans les titres de cette saison 2 : la déforestation (Grenn pwonmennen), un crash d’avion au Venezuela (La Carga, avec Nidia Gongora) ou le formidable titre urbain mené par Greg Frite (ex Triptik).

    Satingarona pt. 2 est une œuvre où le métissage est maître. Le français, le créole et l’espagnol se fondent dans un album avec paradoxalement une belle cohérence. Le voyage et l’expérience musicale, entre jazz, pop, samba, calypso et hip hop, guident la bande d’Étienne Sevet. L’album coloré, rythmé et souriant (O na ya, avec Cindy Pooch) ne verse jamais dans la caricature de l’album tropical, chaud et cool : Bongo Hop offre un opus syncrétique, d’une belle sophistication. Passionnant.

    The Bongo Hop, Satingarona pt. 2, Underdog / Big Wax / Believe, 2019
    https://www.facebook.com/bongohopmusic

    Voir aussi : "Odyssée musical pour Dowdelin"

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  • Hum Hum, duo né du cinéma

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    Sophie Verbeeck est la voix de Hum Hum. Si cette chronique s’ouvre sur cette précision c’est qu’indéniablement son timbre marque les esprits dans le premier EP du duo qu’elle forme avec Bernard Tanguy.

    Blueberries, le premier titre qui ouvre l’album du même nom, respire une pop très nineties au goût sucré, avec une belle élégance et des plages poétiques incroyables, à l’exemple de l’onirique Rêves clandestins : "Je suis partie prenante à des rêves clandestins / Mon humeur vagabonde et se pose pour un rien / J’ai le cœur qui abonde et qui épie le tien / J’ai le cœur qui abonde des affects assassins."

    Une belle élégance et des plages poétiques incroyables

    Sophie Verbeeck n’est pas tout à fait une inconnue, pas plus du reste que Bernard Tanguy. Les deux se sont rencontrés sur un plateau de cinéma, l’un dirigeant l’autre dans le film À Trois on y va (2015). L’actrice belge (également vue dans Les Provinciales), devenue musicienne pour le duo Hum Hum qu’elle a lancé avec son complice, prend à bras le corps ce premier EP, avec conviction, audace et un plaisir évident.

    Pop anglaise ou pop française – ou plutôt franco-belge ? Impossible de trancher. Le léger accent frenchy dans Poetry a tout pour séduire le public anglo-saxon.

    Ce premier EP est un vrai petit diamant brut, dont les textes ont été écrits par Sophie Verbeeck elle-même. La chanteuse et Bernard Tanguy se sont bien trouvés. On attend leur premier album avec impatience. Eux aussi, sans doute.

    Hum Hum, Blueberries, Water Music, 2019
    https://www.facebook.com/humhum.music

    Voir aussi : "Numéro un"

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  • Juvénile, Oui Oui Oui

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    Oui Oui Oui : un étrange nom d’un bel optimisme pour ce groupe lyonnais, qui s’offre en plus le luxe de nommer leur premier album Ok Ok !

    Oui Oui Oui a été découvert il y a deux ans au Printemps de Bourges lors de ses fameux iNOUïS, deux ans après la sortie de de leurs deux premiers EP, Tell me secret et Please Another Dream.

    Après un démarrage mystérieux, minimaliste et électro (Room), le trio composé de Manon Rudant (violoncelle et au chant), Jacques Vanel (guitare) et  Arthur Delaval (claviers, chants et boites à rythme) s'aventure sur les terres d'un pop rock qui sait être nerveux (No future), aventureux (Lost) ou joyeux (Dance on the beach).

    Le contraste est étonnant dans ce premier album particulièrement enlevé. Ok Ok ! vient goûter à des fruits venus de divers horizons : électro eighties (Under the smile), post punk rock (No future), ballade délicate et onirique (Alive), new wave (My dear), blues (Lost) ou chanson française (Madame Chou).

    Il est temps de ne pas grandir

    Ok Ok ! a une ligne conductrice : une jeunesse, une fougue et un refus de s'arrêter sur une ligne musicale figée. Les trois membres de Oui Oui Oui n’hésitent pas à aller chercher dans un univers rock que l’on croyait révolu et qu’ils parviennent à revisiter avec une attachante audace : le titre rock So long II mêle par exemple violoncelle, guitares et claviers.

    Tout aussi vintage, il y a le rockabilly en français Nathalie, sans oublier Dance on the beach, à la joie de vivre communicative. À l'instar de Sweety, la facture sixties est singulièrement présente dans un album qui s'ouvrait pourtant sur une proposition franchement électro.

    Au final, les trois artistes lyonnais proposent un album rafraîchissant et non sans audace : juvénile dans le bon sens du terme. Grows up est de ce point de vue une signature de Oui Oui Oui, à la nostalgie à fleur de clavier. Il est temps de ne pas grandir.

    Oui Oui Oui, Ok Ok !, Youz Prod / Inouïe Distribution, 2018
    https://www.facebook.com/etouiouioui

    Voir aussi : "Les horizons de Falaises"

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  • On a retrouvé le disque de la bagnole

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    Le top de la mise en abîme serait de glisser le disque de Korin F, CD de voiture, dans l'autoradio de votre bagnole – si encore vous n'avez pas encore succombé aux affreux et peu pratiques ports USB.

    Korin F., composé de Pierre Thomassian à la musique et du cinéaste Maxime Grayt, avance en roues libres, sans regarder dans le rétroviseur. Il allie des considérations bassement prosaïques a des envolées lyriques pour ne pas dire baudelairiennes (Plaisir binaire).

    Le premier EP de Korin F. se veut un terrain d'expérimentations ou l'électro se marrie à la musique concrète et des textes talk-over, avec une voix à la Partenaire Particulier : celle d'un grand adolescent semblant tout droit sorti du Palace d’Eva Ionesco (La jungle des champions).

    CD de voiture mêle joyeusement le hip hop, le rock, l’électro jarrien et de la chanson française décalée (C'est pas tout). Et puis, on retombe sur terre, mais une terre digne de l’Oulipo avec Le corps se leste.

    Beaucoup moins Je-m'en-foutiste que la pochette du EP ne le laisserait paraître, CD de voiture peut très bien avoir sa place dans votre boîte à gants. Si le cœur vous en dit.

    Korin F., CD de Voiture, EP, 2018
    https://www.facebook.com/korinfmusic

    Voir aussi : "Odyssée musical pour Dowdelin"

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  • Les horizons de Falaises

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    Pour bien commencer l'année parlons de Falaises. J'étais impatient de découvrir le dernier opus de ce groupe parisien, créé il y a seulement deux ans. Ils viennent de sortir They Are Here : huit titres pour ce long EP, qui pourrait tout autant être catalogué comme un album, certes un peu court.

    Falaises c’est la pop la plus cool qui soit : moderne, électro, mélodique, d’une solide densité rythmique mais qui sait aussi jouer avec avec le contemplatif et l’onirisme. Un vaste horizon musical, passionnant et envoûtant.

    Avec Boy, dans deux versions ouvrant et clôturant le disque, on entre dans un univers jarrien électro. Les synthétiseurs marchent à plein régime, proposant de belles envolées servies par la voix aérienne d’Alice Maury.

    Pour la pop que propose Inherent Vice, on abandonne cette fois des machines à la Jean-Michel Jarre pour un titre aux accents plus Cranberry. En digne héritière de la regrettée Dolores O'Riordan, la chanteuse de Falaises nous amène vers une new wave dopée aux machines et aux ordinateurs, mais avec ce supplément d'âme grâce à sa voix sucrée et assurée (Daylight Dreamer).

    Facile, Falaises? Trop simple. A côté de rock plutôt rugueux comme le titre qui donne son nom à l'EP, les quatre Parisiens osent des morceaux expérimentaux (Twilight Splendor), voire planants (Drinkin Hell). Avec Hush on tient une perle sophistiquée et à la pop enlevée aux réverbérations oniriques, prête à vous faire bondir, voire tomber raide dingue amoureux.

    Falaises, They Are Here, Antipodes Music / Differ-Ant, 2018
    http://smarturl.it/theyarehere
    https://www.facebook.com/Falaisesmusic

    Voir aussi : "Brol d'elle"

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  • Let’s talk about dance, baby

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    Si vous fermez les yeux, Nola French Connection ressemblerait à ces groupes de brass-band réunis dans un quartier populaire de São Paulo ou de Port au Prince.

    Ça sent la rythmique caribéenne, le sang chaud latino-américain mais aussi la bande de potes vous invitant à danser sur des airs de salsa.

    Chercheurs de sons révolutionnaires, passez votre chemin : pas de prise de tête chez les Nola French Connection mais juste du boum-boum enfiévré, du cuivre chaleureux, des corps qui se collent, s'affolent et s’échauffent (Love ride) et des voix qui ne trichent pas et invitent à la fête (Turn it up).

    Le jazz n'est pas absent dans ce mini album (We good) aux accents Latinos. Serions-nous face à un New style comme le dit le dernier titre des NOLA French Connection ? Pas d’emballement, baby : viens, on déballe et on danse…

    NOLA French Connection Brass Band, NOLA French Connection, Fo Feo Productions, 2018
    https://www.facebook.com/nolafrenchconnection

    Voir aussi : "Cocktail Ginkgoa"

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  • Lucy, Racquel et moi

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    Dans l’avalanche de musiques électro et de rap, voilà un album qui tranche par son parti pris qui sent bon la fin de cette belle saison et l’été indien. Le trio Lucy, Racquel And Me propose ni plus ni moins qu’un retour aux seventies avec leur premier album, Where The Moon Never Sets.

    Le moins que l’on puisse dire c’est que ces trois-là ne renient absolument pas cette Amérique que l’on adore : celle du power flower, des road-movies en combi orange, du surf, des The Mamas and the Papas, des Eagles ou des Beach Boys. Les Lucy, Racquel And Me ne cachent pas leurs influences : The Wings, Fleetwood Mac, Elton John, Supertramp, America, Electric Light Orchestra ou Cat Stevens.

    Les guitares résonnent et s’appuient sur des chœurs légers comme des brises californiennes. Les cordes s’élèvent comme aux plus belles heures du pop rock des années 60 et 70 (Unravel). Les mélodies ont le mérite de l’efficacité et sont portées par la voix caressante de Racquel (Millions out There). Les riffs de guitare à la Santana (Inside My Vault) et le rock psychédélique ne sont pas en reste non plus (Pool down the moon).

    Un piège à filles

    Parmi les titres proposés par le groupe, certains mériteraient de figurer parmi les standards que l’on prendrait plaisir à jouer sur une plage à la tombée du soir : de vrais pièges à filles, à l’exemple du délicieux Grey, acoustique, mélodique et délicat à souhait.

    Mais qui est au juste ce trio que l’on a vu débarquer cette année ? Là réside sans aucun doute la particularité d’un groupe séparé par quelques milliers de kilomètres. Les membres de Lucy, Racquel And Me travaillent à distance, depuis l’Australie pour Lucy, la Californie pour Racquel et la région parisienne pour Philippe, le compositeur. Une démarche artistique inédite et qui fonctionne, dans un album que certaines mauvaises langues qualifieraient de régressif.

    Autre prise de risque de ce trio : proposer ce premier album gratuitement sur Internet (sur Spotify, Soundcloud, Youtube , Deezer, Bandcamp et sur leur site). Le public sera ravi. Il le sera moins en apprenant que ce groupe, que l’on peut qualifier de virtuel, ne prévoit ni formation physique, ni concerts. Dommage.

    Lucy, Racquel And Me, Where The Moon Never Sets, Records DK, 2018
    https://lucy-racquel-and-me.com

  • Rencontre avec Odrylane, les plus celtes des Alsaciens

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    Il y a quelques mois de cela, Bla Bla Blog avait consacré une chronique sur Odrylane, un groupe strasbourgeois parti s’aventurer sur les chemins d’une world music où se mêlent le rock, la pop, le hip hop mais aussi la musique traditionnelle celte.

    Voilà qui ne pouvait qu’aiguiser notre curiosité. Bla Bla Blog a interrogé Quentin Bangert, Guillaume Levy et Valentin Descourvières, trois des quatre membres d’Odrylane (leur quatrième comparse est Piel Benoît). Nous les avons interrogés à l’occasion de la sortie de leur premier album.

    Bla Bla Blog – Voulez-vous vous présenter et parler de votre rencontre ? De quand date-t-elle d’ailleurs ?

    Odrylane (Quentin Bangert) – Je suis Quentin et je joue la guitare classique. Nous étions à la fac de musique avec Guillaume dans la même promo. Un jour je lui ai proposé de venir chez moi pour jammer ensemble car je savais qu'il faisait du bouzouki. On a composé et enregistré des morceaux pour s'amuser et dans le cadre des cours et comme ça marchait très bien on a décidé de créer un groupe. La création du groupe a eu lieu en 2015 et avec Guillaume nous nous sommes rencontrés en 2012.

    (Guillaume Levy) – Comme l’a dit Quentin on s’est rencontré et on est devenu amis en 2012. Dans les projets musicaux de la fac on galérait un peu à jouer ensemble par moment (rire). Mais bizarrement quand on a jammé ensemble en 2015 ça a fait un déclic. C’était trop cool de jouer ensemble, jouer avec Quentin m’a beaucoup appris sur la musique.

    (Valentin Descourvières) – Alors, moi, c’est Valentin, le violoniste du groupe. En fait, on vient tous de la faculté de musicologie à Strasbourg et c’est de là qu’on s’est connus. Je me rappelle avoir fait irruption dans le studio de répétition où se trouvaient Guillaume et Quentin, parce que le son du bouzouki m’intriguait. À l’époque, ils avaient déjà fait quelques concerts sous le nom d’"Odyssée", mais cherchaient encore des musiciens pour améliorer la qualité de leurs compositions. Je suis resté pour écouter, et, au fil de la discussion, on est partis sur une petite improvisation et j’ai été adopté. Quelques mois plus tard, on a changé de nom pour Odrylane, et on a dû trouver un nouveau percussionniste pour remplacer l’ancien. C’est comme ça que Piel a rejoint l’aventure.

    BBB – Racontez-nous votre manière de travailler ? Qui compose ? Comment sont partagés les rôles ?

    Odrylane (Quentin Bangert) – Nous composons tous les deux, Guillaume et moi. Lors de la création de composition on cherche toujours un équilibre entre mélodie et accompagnement et cet équilibre se fait naturellement. Parfois Guillaume ramène une idée ou alors c'est moi. Parfois, on cherche une atmosphère ou un caractère particulier. Ça dépend vraiment de notre humeur, du lieu et de ce que l'on écoute.

    (Guillaume Levy) – Quand on joue ensemble on se complète et on arrive à embellir le jeu de l’autre. Nos visions sont a priori complémentaires. C’est toujours génial quand l’un de nous ramène une mélodie et que l’autre plaque les accords et que ça créer quelques chose ou on se dit : "Woow !" Après, on le joue un petit moment en boucle et c’est parti. On l’amène à Valentin et Piel afin qu’ils mettent en valeur les morceaux avec leurs idées.

    BBB – On ne peut parler de votre travail sans évoquer vos influences.

    Odrylane (Quentin Bangert) – Il n'y a aucune frontière dans ce que j'écoute et dans mes influences. J'essaye d'écouter et de découvrir la musique de tous les horizons. Mais à la base, j'écoutais du rock, du métal principalement.

    (Guillaume Levy) – Comme Quentin mes goûts sont éclectiques on peut trouver de l’intérêt dans tous les genres. Ça dépend des moments et de ce que l’on recherche. Cependant mes préférences restent le pagan folk/celtique et le métal.

    (Valentin Descourvières) – Piel, lui, vient du hard rock et touche beaucoup à la musique progressive. Quant à moi, je suis issu du conservatoire et ai donc à la base une formation classique de laquelle j’ai quelque peu… dévié.

    BBB – Il y a aussi la Bretagne. Si je vous dis que le rock celtique est dans vos gènes, est-ce que j’exagère ?

    Odrylane (Quentin Bangert) – Dans les gènes je ne sais pas, mais dans les musiques traditionnelles de cette région, les danses, les légendes, il y a quelque chose d'attirant.

    (Guillaume Levy) – Grave ! Les sonorités et les légendes sont fascinantes… En live, quand on arrive à faire danser les gens c’est génial, un de ces jours faudra quand même qu’on apprenne la jig, l’Hanter dro …

    (Valentin Descourvières) – Dès qu’on parle de rock celtique, on pense immédiatement à la Bretagne où cette part du folklore est vraiment marquée. Alors oui, évidement, c’est une musique qui nous parle et qui nous influence énormément, au même titre que la musique irlandaise par exemple. Maintenant, de là à dire que c’est dans nos gènes… J’imagine qu’on aimerait bien !

    BBB – Et pourtant, vous venez d’Alsace...

    Odrylane (Quentin Bangert) – Ja, Prima.

    (Guillaume Levy) – Ah yo, mais il faut avouer que nos paysages sont inspirants (la vue du haut du Château du Hohenbourg est magnifique) et il y a des légendes sympa en Alsace.

    (Valentin Descourvières) – Oui en effet ! On y est même un peu disséminer (50% Bas-Rhin, 50% Haut-Rhin…). Mais nous nous basons à Strasbourg pour répéter, pour des raisons pratiques.

    BBB – Odrylane pourrait-il d’ailleurs un jour s’intéresser au répertoire alsacien traditionnel (Bloosmusik, Guggenmusik ou le Cabaret alsacien), pour le revisiter à la mode pop-rock ?

    Odrylane (Quentin Bangert) – Pourquoi pas un jour.

    (Guillaume Levy) – Qui sait, si quelque chose attire notre attention un de ces jours. Mon grand-père était accordéoniste dans un groupe de musique alsacienne. Il tournait bien, en plus.

    (Valentin Descourvières) – Je ne pense pas que ce soit au programme. À vrai dire, on n’en est pas très friand, et personnellement, ce n’est vraiment pas ma tasse de thé…

    BBB – Parlez-nous de ce nouvel album, mais aussi des instruments que vous utilisez.

    Odrylane (Quentin Bangert) – Nous avons réalisé l'enregistrement avec nos propres moyens. Il y a juste le mix et le mastering qui ont été réalisés par Maxime Kolb du Krnoyz Studio. Dans cet album, j'ai joué de la guitare, du banjo et du piano. Valentin a joué du violon et Piel de la batterie.

    (Guillaume Levy) – De mon côté j’ai joué du bouzouki, de la flûte irlandaise, de la basse… C’était vraiment chouette de tester nos morceaux avec les possibilités qu’offre le studio. Doubler les grattes à Quentin pour la puissance, faire des harmonies de violons, inverser des roulements de batterie ... Maxime à fait un super travail.

    "On nous compare souvent à Manau, évidemment"

    (Valentin Descourvières) – On a eu énormément de chance pour la réalisation de cet album. Ça faisait deux ans qu’on faisait des concerts dans tous les coins de l’Alsace et que tout l’argent qu’on gagnait partait dans une caisse commune. On hésitait à investir dans un disque. On a eu besoin de mettre notre musique sur un disque, donc on s’est lancés dans ce projet et on a commencé à enregistrer de notre côté en sachant que les fonds qu’on avait accumulés ne suffiraient pas à préparer une sortie d’album digne de ce nom. Un ami nous a alors suggéré de lancer un financement participatif pour monter le projet, conseil qu’on a très bien fait de suivre, puisque a obtenu la somme de 1000 € en un jour pour financer le pressage, les droits de diffusions et la promotion de l’album… On n’en revenait pas. Sans ce soutien on n’aurait jamais pu le sortir aussi vite…

    BBB – J’aimerais que vous nous parliez d’une chanson étonnante de cet album : Le Diable. J’imagine que cette chanson a son histoire. D’abord, où l’avez-vous écrite ?

    Odrylane (Quentin Bangert) – C'est Guillaume qui a écrit cette chanson lorsqu’il était en vacances dans le sud. D'autres chansons ont également leurs petites anecdotes très marrantes, mais qu'il nous faut garder secrètes…

    BBB – Impossible aussi de ne pas faire référence à Manau et à la Tribu de Dana, avec cet autre titre, Sous les Étoiles.

    Odrylane (Quentin Bangert) – Cette chanson a mis beaucoup de temps avant de prendre sa forme actuelle. Mais le fait que tu cites Manau ça nous fait bien plaisir car c'est une grande influence pour nous.

    (Valentin Descourvières) – On nous compare souvent à Manau, évidemment. Particulièrement avec ce titre. C’est vrai que c’est un peu eux qui ont réussi à faire revivre cette musique en France, toute en la modernisant. Finalement, on a un peu la même démarche, même si seul ce titre est autant marqué par l’influence hip-hop.

    BBB – Qu’écoutez-vous aujourd’hui ? Que trouve-t-on dans votre playlist à chacun ?

    Odrylane (Quentin Bangert) Irfan/ The Eternal Return et j'ai découvert un groupe de post rock coréen qui joue sur des instruments traditionnels asiatiques : c'est Jambinai.

    (Guillaume Levy) – Saltatio Mortis, We Drink Your Blood (Powerwolf cover), Hedningarna, Räven ou Heilung, Krigsgaldr

    (Valentin Descourvières) – Globalement, je dirais qu’on y trouve beaucoup de style différents, allant du métal à la musique du Moyen-Âge, en passant par la musique du monde, le jazz, l’électro ou encore le rap !

    BBB – Et y a-t-il un titre "honteux" que vous aimez écouter ?

    Odrylane (Quentin Bangert) – Oui, j'aime bien Pakito c'est de la techno, A night to remember.

    (Valentin Descourvières) – Récemment, pour une raison mystérieuse que je ne saurai expliquer, j’ai branché La danse des canards, mais ne le criez pas sur les toits par pitié !

    BBB – Quel est le dernier livre et le dernier film que vous avez lu et vu ?

    Odrylane (Quentin Bangert) – La nature dans ma vie de Sarah Marquis

    (Guillaume Levy) – Home de Yann Arthus Bertrand

    (Valentin Descourvières) – En ce moment, j’essaie d’avancer dans le Coran, parce que j’estime que ça fait partie de la culture générale, mais j’avoue avoir quelque peu abandonné … Quant au dernier film, c’est complètement hors contexte, mais il s’agit du Dîner de Con

    BBB – Quelle est votre prochaine actualité après la sortie de cet album ? Des concerts ? Des tournées?

    Odrylane (Quentin Bangert) – Nous allons refaire des photos pour mieux représenter l'univers du groupe, et il se peut que nous puissions jouer à Tours dans un festival. Et surtout la création de nouveaux morceaux…

    (Valentin Descourvières) – À l’heure actuelle, on est tous plus ou moins en vacances. On a quelques concerts de prévus, nous avons joué notamment au festival du Summerlied, le 19 août à Ohlungen. Mais même si on ne présente pas beaucoup d’actualité, je sens que le besoin de composer à nouveau va se faire sentir prochainement.

    BBB – Merci d’avoir répondu à nos questions.

    Odrylane (Quentin Bangert) – Merci et à bientôt.

    (Guillaume Levy) – Merci à la prochaine !

    Odrylane, Odrylane, 2018
    http://odrylane.fr

    Voir aussi : "Breizh'n roll"

  • Nouvelle vague

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    Il y a de la fraîcheur eighties chez les trois garçons d’Amoure, un groupe de la scène pop strasbourgeoise né en 2014. Ils signent leur nouvel EP, Vague, léger comme un farniente estival et d’un séduisant dynamisme. Prise de tête interdite : "Je veux faire des vagues / Quitte à nager en plein délire. / Je veux faire des vagues, / Les chevaucher jusque Agadir"(Vague).

    Les quatre titres pop ne lésinent pas sur l’énergie, et vous serez bien en peine de ne pas les écouter à plein volume lorsque vous lézarderez sur votre plage préférée. C’est une joyeuse parenthèse dorée que nous proposent les trois membres du groupe, Nicolas Lietaert, Julien Hermann et Thibault Dutt : du vague, des plages (Sable), de la lumière (Claire) et un trip à Rome en bonus.

    Le premier titre, Vague, annonce la couleur : ce nouvel EP des Amoure se veut estival. Estival et aussi, quelque part, new wave : c’est en effet du côté d’Indochine mais aussi d’Étienne Daho que nos trois musiciens viennent chercher une partie de leur inspiration. Des influences qu’ils revendiquent dans l’adaptation, en forme d’hommage, de Week-end à Rome. Et l’on repart, sous le soleil italien et avec Daho cette fois : "Week-end à Rome, / Tous les deux sans personne / Florence, Milan, s'il y a le temps / Week-end rital, en bagnole de fortune / Variété mélo à la radio."

    Amoure, Vague, Deaf Rock Records, mai 2018
    Amoure, en concert le 31 juillet à l’Estival Open Air, Estavyer (Suisse)
    http://www.bonjouramoure.fr
    https://www.facebook.com/amouremusic

  • Beb des Soggy, le Sugar Man français

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    Soogy : ce groupe de rock né en 1978 et dissous en 1982 a miraculeusement refait surface grâce à un concours de circonstances exceptionnelles que nous raconte le documentaire Soggy, Un truc de dingue ! d’Olivier Hennegrave qui fut le batteur de cette formation musicale éphémère. Le film est diffusé en exclusivité sur Spicee le 13 juin 2018.

    Plus qu’un revival, c’est le destin exceptionnel de Beb, le chanteur des Soggy, qui intéresse le réalisateur, au point que l’expression de "Sugar Man" français n’est pas usurpé. Sugar Man fait référence au parcours de Sixto Díaz Rodríguez, musicien américain tombé dans l’oubli alors que son single Sugar Man devint culte en Afrique du Sud en plein Apartheid – et sans que lui-même le sache (une épopée racontée en 2012 dans Searching for Sugar Man de Malik Bendjelloul).

    Mais revenons à Beb, au centre du documentaire de son ami et ancien acolyte Olivier Hennegrave. À la fin des années 70, Soggy (en anglais, "atmosphère lourde avant l’orage") est un groupe de hard rock français parmi tant d’autres. Il se produit dans la région de Reims et est bien décidé à percer, grâce au charisme de son chanteur, une vraie personnalité ne se ménageant pas sur scène et qui a pris pour modèle Iggy Pop, avec cette devise éloquente : "On fout tout à fond et on se démerde."

    Les quatre membres du groupe (François Tailleurs à la basse, Eric Dars à la guitare, Olivier Hennegrave à la batterie et bien entendu Beb au chant) ont l’ambition de décrocher la timbale, et seront d’ailleurs à deux doigts de le faire puisque que, quelques semaines avant la dissolution en juillet 1982 de Soggy, ils devaient assurer la première partie de la tournée européenne de Judas Priest. Entre-temps, ils ont enregistré un 45 tours et deux titres, Waiting For The War et 47 Chromosomes, mais pas d’album. C’est la fin d’un groupe de la contre-culture rock qui aurait pu devenir le Stooges français.

    Jardinier aux espaces verts de la Ville de Reims

    Par la suite, toujours passionné de rock mais sans perspective musicale, Beb devient jardinier aux espaces verts de la Ville de Reims. Un homme normal dans un job alimentaire, à quelques semaines de la retraite, et surtout bien loin des frasques du milieu qu’il côtoyait. Nous apprenons qu’il a été marié, qu’il vit seul et qu’il s’astreint à une discipline de fer : abdominaux, lait de chèvre, pas d’alcool et pas de drogue pour conserver son corps "affûté et strié," lui donnant un physique à mi-chemin entre Iggy Pop et le professeur Emmett Brown de Retour vers le Futur.

    Une première résurrection a lieu en 2008 lorsque le label français Mémoire Neuve sort un vinyle avec les deux seuls titres enregistrés par les Soggy. Suit la publication sur YouTube du seul clip qu’ils ont enregistré en 1980 pour FR3 Champagne : Waiting For The War. En peu de temps, la vidéo devient virale. Un public de passionnés découvre un groupe français électrique et un chanteur survitaminé.

    Le groupe californien The Shrine part à la recherche de Beb et l’invite à un concert parisien. Il a lieu au Trabendo, le 15 novembre 2015, soit trois jours après les attentats du Bataclan. Voir l’ex-chanteur des Soggy, les cheveux blanchis mais l’énergie intacte, interpréter avec rage le titre devenu culte Waiting For The War prend évidemment tout son sens ("Depuis la guerre 14-18 mon père m’a toujours dit / Que chaque génération a sa guerre / A chaque seconde je tremble pour la mienne / En attendant la guerre").

    Sous la caméra d’Olivier Hennegrave, le rêve de jeunesse de Beb devient réalité trente-cinq ans plus tard. Les Shrine, dont les membres pourraient être ses fils voire ses petits-fils, invitent bientôt l’ex-Soggy a venir se produire en juin 2016 sur la scène du Hellfest de Clisson, avant une autre tournée à Las Vegas, cette fois, au festival Psycho, la plus grande manifestation pour les métalleux. Mais la barre n’est-elle pas trop haut pour un homme qui a raccroché le micro des décennies plus tôt ?

    Passionnant, drôle, émouvant : la caméra ne quitte pas cet homme simple, modeste et passionné, tout à coup transporté dans une autre dimension, ne croyant lui-même pas au destin que lui offrent ces Américains admiratifs et venus le chercher du côté de Reims. Beb s'illumine à caque seconde du documentaire, incrédule et heureux comme un enfant : "Je suis toujours en vie et je coupe des roses," comme le chantent les Shrine et Beb dans leur single Clipping The Roses.

    Preuve que l’aventure continue, Beb Soggy et The Shrine seront en concert le mercredi 13 juin 2018 au Badaboum.

    Olivier Hennegrave, Soggy, Un truc de dingue ! Documentaire français, 2018, 56:47,
    en exclusivité sur Spicee le 13 juin 2018 

    Beb Soggy et The Shrine, en concert au Badaboum (Paris), mercredi 13 juin 2018
    http://soggy.over-blog.fr

    Pour les lecteurs de Bla Bla Blog, et jusqu'au 15 juillet 2018,
    - 70% pour un abonnement annuel à la plateforme Spicee
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  • Beb des Soggy, le Sugar Man français

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    Soogy : ce groupe de rock né en 1978 et dissous en 1982 a miraculeusement refait surface grâce à un concours de circonstances exceptionnelles que nous raconte le documentaire Soggy, Un truc de dingue ! d’Olivier Hennegrave qui fut le batteur de cette formation musicale éphémère. Le film est diffusé en exclusivité sur Spicee le 13 juin 2018.

    Plus qu’un revival, c’est le destin exceptionnel de Beb, le chanteur des Soggy, qui intéresse le réalisateur, au point que l’expression de "Sugar Man" français n’est pas usurpé. Sugar Man fait référence au parcours de Sixto Díaz Rodríguez, musicien américain tombé dans l’oubli alors que son single Sugar Man devint culte en Afrique du Sud en plein Apartheid – et sans que lui-même le sache (une épopée racontée en 2012 dans Searching for Sugar Man de Malik Bendjelloul).

    Mais revenons à Beb, au centre du documentaire de son ami et ancien acolyte Olivier Hennegrave. À la fin des années 70, Soggy (en anglais, "atmosphère lourde avant l’orage") est un groupe de hard rock français parmi tant d’autres. Il se produit dans la région de Reims et est bien décidé à percer, grâce au charisme de son chanteur, une vraie personnalité ne se ménageant pas sur scène et qui a pris pour modèle Iggy Pop, avec cette devise éloquente : "On fout tout à fond et on se démerde."

    Les quatre membres du groupe (François Tailleurs à la basse, Eric Dars à la guitare, Olivier Hennegrave à la batterie et bien entendu Beb au chant) ont l’ambition de décrocher la timbale, et seront d’ailleurs à deux doigts de le faire puisque que, quelques semaines avant la dissolution en juillet 1982 de Soggy, ils devaient assurer la première partie de la tournée européenne de Judas Priest. Entre-temps, ils ont enregistré un 45 tours et deux titres, Waiting For The War et 47 Chromosomes, mais pas d’album. C’est la fin d’un groupe de la contre-culture rock qui aurait pu devenir le Stooges français.

    Jardinier aux espaces verts de la Ville de Reims

    Par la suite, toujours passionné de rock mais sans perspective musicale, Beb devient jardinier aux espaces verts de la Ville de Reims. Un homme normal dans un job alimentaire, à quelques semaines de la retraite, et surtout bien loin des frasques du milieu qu’il côtoyait. Nous apprenons qu’il a été marié, qu’il vit seul et qu’il s’astreint à une discipline de fer : abdominaux, lait de chèvre, pas d’alcool et pas de drogue pour conserver son corps "affûté et strié," lui donnant un physique à mi-chemin entre Iggy Pop et le professeur Emmett Brown de Retour vers le Futur.

    Une première résurrection a lieu en 2008 lorsque le label français Mémoire Neuve sort un vinyle avec les deux seuls titres enregistrés par les Soggy. Suit la publication sur YouTube du seul clip qu’ils ont enregistré en 1980 pour FR3 Champagne : Waiting For The War. En peu de temps, la vidéo devient virale. Un public de passionnés découvre un groupe français électrique et un chanteur survitaminé.

    Le groupe californien The Shrine part à la recherche de Beb et l’invite à un concert parisien. Il a lieu au Trabendo, le 15 novembre 2015, soit trois jours après les attentats du Bataclan. Voir l’ex-chanteur des Soggy, les cheveux blanchis mais l’énergie intacte, interpréter avec rage le titre devenu culte Waiting For The War prend évidemment tout son sens ("Depuis la guerre 14-18 mon père m’a toujours dit / Que chaque génération a sa guerre / A chaque seconde je tremble pour la mienne / En attendant la guerre").

    Sous la caméra d’Olivier Hennegrave, le rêve de jeunesse de Beb devient réalité trente-cinq ans plus tard. Les Shrine, dont les membres pourraient être ses fils voire ses petits-fils, invitent bientôt l’ex-Soggy a venir se produire en juin 2016 sur la scène du Hellfest de Clisson, avant une autre tournée à Las Vegas, cette fois, au festival Psycho, la plus grande manifestation pour les métalleux. Mais la barre n’est-elle pas trop haut pour un homme qui a raccroché le micro des décennies plus tôt ?

    Passionnant, drôle, émouvant : la caméra ne quitte pas cet homme simple, modeste et passionné, tout à coup transporté dans une autre dimension, ne croyant lui-même pas au destin que lui offrent ces Américains admiratifs et venus le chercher du côté de Reims. Beb s'illumine à caque seconde du documentaire, incrédule et heureux comme un enfant : "Je suis toujours en vie et je coupe des roses," comme le chantent les Shrine et Beb dans leur single Clipping The Roses.

    Preuve que l’aventure continue, Beb Soggy et The Shrine seront en concert le mercredi 13 juin 2018 au Badaboum.

    Olivier Hennegrave, Soggy, Un truc de dingue ! Documentaire français, 2018, 56:47,
    en exclusivité sur Spicee le 13 juin 2018 

    Beb Soggy et The Shrine, en concert au Badaboum (Paris), mercredi 13 juin 2018
    http://soggy.over-blog.fr

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  • Breizh’n roll

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    Promettez-moi une chose : si cet été, ou plus tard, vous allez en Bretagne, pensez à mettre dans vos bagages l’album éponyme des Odylane. Pour une plongée dans la culture breizh, c’est l’idéal, avec en plus ce je ne sais quoi de punch et d’énergie.

    Odyssée et Gauloise c’est la tradition celtique "très rock’n roll" comme le dirait notre inénarrable Philippe Manœuvre. En parlant de tradition, on en est en plein dedans, avec l’envoûtant titre Le Diable. Cette chanson nous plonge dans le folklore breton, plus précisément dans un bar interlope de la Rue de la Soif : "Ce soir j’ai vu le diable / Aux ruses impeccables / Je suis tombé dans le panneau / On a pris l’apéro."

    Dans un bar interlope de la Rue de la Soif

    Du bon breizh’n roll donc, avec des sonorités celtes, rock mais aussi méditerranéennes (Un Italien en Irlande), pour un album autoproduit par un groupe... de la région de Strasbourg. Guillaume Levy et Quentin Bangert, accompagnés de leurs deux autres comparses Valentin Descourvières et Piel Benoit utilisent pour leur album une guitare classique, un bouzouki irlandais, un violon et d’un cajón, une sorte de caisse venue tout droit du Pérou.

    Dépaysement assuré donc pour ce groupe qui assume à 100 % ses influences traditionnelles (Polka du Cerf), pop rock (Soleil Levant) world et ethnique (La Prisonnière du Désert), même si c’est bien la musique celte qui domine dans leur album Odrylane, à l’exemple de Faune Sauvage et surtout de Galv an Dans, offrant une reprise mixée de Tri martelod et de La Jument de Michao.

    L’autre chanson à texte de cet album, Sous les Étoiles, est un titre hip hop qui n’est pas sans rappeler Manau et sa Tribu de Dana, avec le sens de l’engagement en plus : "Je vis à une époque / Où tout semble en toc / Il n’y a que des images / Où sont passés les sages."

    Du Breizh’n roll, d’accord. Mais aussi de l’exigence et de la chaleur (Un Italien en Irlande) dans un très bel album à mettre dans vos bagages pour cet été.

    Odrylane, Odrylane, 2018
    http://odrylane.fr