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chanteur

  • Jour 1

    Qui a dit que l’électro ne pouvait pas être charmeuse ? La preuve avec AVBE (il faut prononcer "Aube") et son premier EP, Dawn., qui nous propose un son électro-pop  ("Ever, Ever More") refusant la facilité et la virtuosité agressive.

    AVBE a travaillé deux ans, entre la France et les Etats-Unis, avant de proposer cet album aux multiples inspirations et où le plaisir musical est la seule règle : "Écoutez la musique. Ressentez la. Rigolez et pleurez - mais continuez à danser. Nous sommes tous des fous emplis d’émotions", annonce le musicien.

    Il y a de l’urbain dans "Day 0",  un premier titre aux rythmes enveloppées de réverbérations étranges, alors que le titre plus pop, "Who I Am", est traversé d’éclairs lumineux et mélancoliques, avec des pointes jazzy.

    Pour "Dawn", le morceau qui donne son titre à l’EP, c’est une balade mélancolique que propose AVBE, avec ce son acoustique et folk, mêlé à des teintes électro-jazz. Plus jazzy encore, "Where I Go", en featuring avec Sam H., se veut plus plus lumineux encore et même planant.

    Dawn adopte une facture franchement électro avec "Moon", grâce à ses pulsations organiques mais où la pop ne baisse pas les armes, grâce à une vraie recherche musicale. Des sons primitifs s’allient aux machines au service d’un morceau éthéré, s’envolant ailleurs, vers des jours cléments. 

    AVBE, Dawn, EP, 2020
    https://www.facebook.com/AVBEmusic

    Voir aussi : "Apple Jelly, hors-contrôle"

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  • Respect pour Naud

    Naud, c’est la fusion quasi parfaite entre la pop et l’électro. Dans son premier EP, Cames, le musicien français se sent comme un  poisson dans l’eau dans un univers à la fois fun, coloré et bourré de trouvailles sonores et textuelles.

    Les 5 titres forment un ensemble à la fois homogène et déclinant plusieurs visages de la pop, tout en se servant intelligemment de l’électronique. À côté de l’aérien "Déjà vu", Naud propose le joyeux et sautillant "Déjà vu". La voix aérienne de Naud se joue des nappes synthétiques, sans jamais perdre l’auditeur. "Dads" atterrit doucement, avec sa facture de titre pop-folk, et avec un message de tolérance : "2 Dads are not the best thing a child can get / It can have two mothers as well / Harassing has become a full-time job / Maybe happiness should decide what’s good for all".

    Le compositeur insuffle du funk et du reggae dans "Sad Gurus", un morceau tout aussi engagé et aussi diablement bien écrit : "And they don't know, that's the way I will teach. Please respect my disrespect / If I can't grasp, maybe I should learn before getting these big cameras all around me". Bien dit. "Respecte, s’il te plaît, mon irrespect" : respect pour cette trouvaille en forme d’appel à la paix autant qu’à la liberté d’expression.

    "Chemin noir" est le dernier titre de l’EP, est aussi le seul en français. Une composition solide dans laquelle la chanson française se marie à merveille avec l’électro : "Y’ a plus de râle, notre jeu se fige, Narcisse se fane enfin / T’as plus mal depuis que je suis ton meilleur pote et plus un despote / victimaire amer / Les autres ont pris un nouveau sens / Mon feu ne t’allume plus à l’essence."

    Un vrai beau tour de force que cet opus étonnant et séduisant, que Naud commente de façon définitive : "Produire et mixer un EP de A à Z en moins d'un mois était intense, stupide mais gratifiant… Je ne referai plus jamais ça de cette façon !"

    Naud, Cames, 2020
    https://naud-music.fr

    Voir aussi : "Consolation"

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  • David Linx, trouble-fait 

    Virtuose et incandescent : voilà les premiers mots qui viennent à l’écoute du dernier album de David Linx, Skin In The Game. 40 ans de carrière et toujours la flamme chez le jazzman, l’inventeur du "chanteur de jazz européen", qui a brûlé les planches à 14 ans seulement.

    L’artiste bruxellois, et parisien d’adoption, a le sens du lyrique ("Azadi"), aidé en cela par la formation qui l’accompagne, et en premier lieu Grégory Privat au piano.

    Avec "Here I Can See", nous sommes dans un jazz à la Michel Legrand, coloré et vivifiant – mais en anglais. Une vraie composition digne d’une comédie musicale de Jacques Demy. Classique et imparable. Les vagues pianistiques virtuoses et rythmées de Grégory Privat font là encore merveille.

    Pour "Changed In Every Day", Languissant et sensuel à force d’être mélancolique, David Linx propose un chant et un voyage astral et amoureux, bien loin de la photo âpre et sombre du jazzman sur la pochette de son album. De même, "Prophet Birds" peut s’écouter comme une incantation mystique, une prosopopée chantée avec justesse et une grande douceur, grâce à sa voix riche et étendue.

    Une des plus belles voix de la scène jazz

    Dans un tout autre univers, pour "Skin In The Game", qui donne le titre à l’opus, le jazz se pare de couleurs urbaines. David Linx chante en featuring avec Marlon Moore pour ce, morceau plus sombre et comme déconstruit. "Night Wind" a cette même facture urbaine, comme si le jazz américain entrait de plein pied dans un futur mystérieux et fantasmagorique. Fantasmagorique, pour ne pas dire métaphysique, à l’exemple des titres lents et planants "On The Other Side Of Time" ou "To The End Of An Idea".

    Tout aussi américain, avec "Walkaway Dreams", nous sommes dans un jazz mêlant esprit new-yorkais et influences contemporaines européennes, avec un David Linx semblant énormément s’amuser.

    Dans un album à l’univers étendu, le chanteur belge sait jouer le "trouble-fait", à l’instar du bien-nommé "Troublemakers" : il s’agit d’un morceau inventif, caractéristique d’un chanteur ayant pour boussole sa voix, et que l’auditeur, même non-expert, identifiera vite. Et avec toujours ce piano virevoltant de Grégory Privat. 

    L’album se termine avec "A Fool’s Paradise", une ballade jazzy sucrée et lancinante, comme une jolie promenade avec un musicien à la fois lumineux et attachant, et qui est aussi une des plus belles voix de la scène jazz.

    David Linx, Skin in The Game, Cristal Records, 2020
    http://www.davidlinx-official.com
    https://www.facebook.com/DavidLinxOfficiel

    Voir aussi : "Un tour du jazz à la voile"

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  • Debbie, Thomas et nous

    Nous avions parlé de Thomas Cousin à l’occasion de la sortie de son formidable single "À perdre le sommeil". Voilà enfin son premier album solo, Debbie et moi, après avoir travaillé depuis plus de 20 ans  au sein de différentes formations (Aron’C, Tax Brothers & the old Racoon ou Shy).

    "J’ai passé 25 années de ma vie à « faire chanter » les autres, à m’habiller de leur pensée pour essayer de tailler sur mesure des mélodies et des mots qui les mettent en valeur, qui leur correspondent. Il y a 8 ans, un peu avant la naissance de ma fille, j’ai commencé à ressentir le désir et le besoin d’écrire des textes plus intimes. Des textes que je ne pouvais pas mettre dans la bouche de quelqu’un d’autre. J’ai commencé à accumuler trois puis quatre chansons, cette démarche a ouvert une brèche et je me suis retrouvé à écrire sur mon enfance, mes amours, mes névroses…" explique l’artiste.

    De fait, on retrouve l’appétence du chanteur pour des textes travaillés, poétiques, mélancoliques et invitant l'auditeur à se perdre dans l’aventure et la nature, à l’instar de "Voir la mer", qui ouvre l’opus : "A bout de souffle au bout des vents se perdre dans les océans c’est comme nager dans le désert / On pourrait marcher sur des braises ou bien se jeter des falaises et si on allait voir la mer."

    Il y a du Gaëtan Roussel dans cette manière de parer sa chanson française de teintes pop rock, avec riffs de guitares garantis ("Dans ma tête", "Jour de braise"), voire d’électro ("Chanson de pluie", "Pas comme tout le monde").  

    Thomas Cousin fait de son premier album un vrai voyage au long cours et une invitation à jeter les voiles, mais ces escapades sont aussi des promesses de rencontres et d’histoires d’amour : trains de nuit, hôtels discrets pour des rendez-vous amoureux, "dans un dernier sursaut de romantisme usé" ("Chanson de pluie").

    Un vrai voyage au long cours

    Le terme de "romantisme" n'est pas galvaudé pour un album poétique, plein de spleen, de promesses, mais aussi de constats sur l’inexorable fuite du temps (les chansons bréliennes "Toi tu crois", "La passerelle", "Que se fanent les roses").

    Tout en assumant ses influences du côté de ses brillants aînés – Brel, nous l’avons dit, mais aussi Ferré ou Roussel –, Thomas Cousin fait des incursions du côté de l’urbain, à l’instar de "J’crame tout", en featuring avec Aron Cohen. Un titre rap aux influences méditerranéennes. Encore un morceau qui invite à pousser les murs et à "changer d’air", parce que, "pendant ce temps là, le monde avance sans toi."

    Dans un album produit avec soin, Thomas Cousin se distingue comme un compositeur capable de faire vibrer grâce à des titres denses ("Parle-moi de nous") et écrits avec grâce ("À nos fenêtres nos solitudes devaient se chanter le prélude avant que l’on ne se fasse la belle / On est partis sous d’autres ciels à la recherche d’autres merveilles à vivre nos vies parallèles", "La passerelle"), sinon déchirement ("Je laisserai bien le temps, tu sais faire les choses / Sans que fanent les roses.").

    L’auditeur s’arrêtera avec émotion sur l’un des plus beaux titres de l’album, "La chaise vide", écrite pour le père du chanteur. L’opus se conclue sur un autre titre personnel, "La plantade" : Thomas Cousin y parle d’un des lieux de son enfance : "Au rendez-vous de ma mémoire, moi j’y vais souvent faire un tour / Dans ton jardin et dans l’espoir de pouvoir y cueillir des toujours."

    Thomas Cousin, Debbie et Moi, Champ Libre, 2020
    https://www.facebook.com/ThomasCousinpage

    Voir aussi : "Voyages intimes de Thomas Cousin"

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  • Étincelant Vincent Cateigne

    C’est avec plaisir que nous retrouvons Vincent Cateigne, guitariste français expatrié à l’autre bout du monde.

    Après un premier album en début d’année, Izipizi, il revient, cette fois en collaboration sur le single Cœur vagabond, slamé par La Voix Basse.

    Nous voilà dans un univers moins pop-rock psychédélique et résolument plus urbain, mais où la guitare de Vincent Cateigne étincelle de mille feux. Sur un air de bossanova, elle accompagne, sans l'étouffer, le flow généreux de La Voix Basse.

    Cœur vagabond est le chant d’un aventurier, sans attache, libéré, en route vers son destin : "Si l’envol est essentiel, l’atterrissage est important".

    La Voix Basse et Vincent Cateigne, Cœur vagabond, Nudacy Records, 2020
    Clip Sébastien Tessier
    https://www.facebook.com/watch/vincentcateigne
    https://www.facebook.com/lavoixbasse

    Voir aussi : "Vincent Cateigne : trop facile !"

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  • Ex-pop

    Oui, voir des expositions est encore possible en cette période de confinement. C’est ce que propose Nicolas Vidal, chanteur, compositeur et aussi photographe, qui propose sur Faces un portfolio inédit.

    Le thème ? La musique. Et plus précisément la pop et les concerts. Nicolas Vidal refuse l’apitoiement, comme il l’écrit lui-même, et choisit l’hommage aux salles de concert, aux festivals, aux boîtes de nuit, aux théâtres, aux stades et même aux appartements et aux plages où viennent se produire musiciens et musiciennes pop.

    Un crève-cœur, bien sûr, pour tous les amoureux de la scène : "Qui eut cru il y a quelques mois qu’une pratique aussi naturelle qu’aller écouter de la musique en live allait être interdite par un virus et une pandémie mondiale ? L’économie de la musique, la vie des artistes, des musiciens, des techniciens ont changé radicalement et la perspective de retourner voir nos artistes préféré.e.s très amoindrie, en tout cas pour le moment".

    Heureusement, il reste les images, et, pour Facezine, les photos et ce très beau portfolio en ligne qui rend hommage à ces chanteurs et chanteuses – ces dernières sont, du reste, en majorité.

    Émilie Marsh, Marvin Jouno, Hervé, Beyoncé, Alain Chamfort, Cléa Vincent, Clara Ysé, Juliette Armanet, Zaza Fournier, PR2B, Pomme, Canine, Maud Lübeck, Minuit, Aya Nakamura ou Fleur Offwood font partie de ces artistes mis en l’honneur dans de splendides clichés en noir et blanc.

    Un hommage autant qu’un rendez-vous pris pour retrouver ces artistes lorsque nous serons débarrassés de ce virus : "Et nous reviendrons dans les salles, nous taperons dans les mains, nous danserons ensemble, nous chanterons à tue-tête “Djadja” avec Aya Nakamura, nous danserons sur les chansons de Cléa Vincent, nous vibrerons avec les mots de Marvin Jouno, ensemble, nombreux ou à 5 dans une cave de Belleville, mais avec une joie tellement énorme, sur scène et en face, qu’on se dira que ça valait la peine d’être patient".

    En attendant, il reste dès aujourd’hui cette exposition virtuelle : l’une des plus chouettes idées musicales en cette période de confinement.

    Nicolas Vidal, "Des concerts pop", exposition
    https://www.faceszine.com/desconcertspop

    Voir aussi : "Chanteuses, je vous aime"

    © Nicolas Vidal

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  • Le Manureva de Marc Fichel

    Impossible de ne pas être chamboulé par le Manureva de Marc Fichel, le classique d’Alain Chamfort aux paroles écrites par Serge Gainsbourg (il faut aussi citer Jean-Noël Chaléat, co-auteur de la musique).

    Marc Fichel, que nous continuons de suivre sur Bla Bla Blog, prouve son attachement à la chanson française avec plusieurs revisites de notre patrimoine. L’une des plus mémorables est ce Manureva, qui ouvre son dernier EP, Mes années cover, consacré à quelques standards des années 80.

    Pour ce titre, Marc Fichel a choisi le piano et la voix afin de mettre en valeur le texte exceptionnel de Gainsbourg : "Où es-tu, Manu Manuréva ? / Bateau fantôme toi qui rêvas / Des îles et qui jamais n'arriva."

    Pour illustrer ce titre déchirant, racontant l’histoire de la disparition en 1978 du navigateur Alain Colas et de son bateau, le Manureva, le chanteur est accompagné dans le clip par la danseuse Marie Gaudillière.

    Un double moment de grâce.

    Marc Fichel, Manureva, 2020
    Marc Fichel, Mes années cover, EP, TAC / Faubourg du Monde, 2019
    https://marc-fichel.com
    https://www.facebook.com/MarcFichelOfficiel

    Voir aussi : "Marc Fichel et sa boîte à musique"

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  • Plein soleil sur Yvan Marc

    Écouter Yvan Marc c’est visiter un ami dans son pays – celui de la Haute-Loire où le chanteur a écrit, composé et enregistré son huitième album, Ancien soleil. Avec une interprétation sans fioriture, et l’art de raconter des histoires de cheminements, d’attentes, d’amour et de désirs, Yvan Marc est aussi le peintre musical d’une nature à la fois exigeante, familière et chaleureuse.

    L’album démarre fort, avec ce qui est sans doute son plus beau titre. "Je reviendrai" est une histoire d’amour sur fond de guerre, celle des années 1939-1945, qui renvoie aussi au sort des migrants d’aujourd’hui comme le montre le clip. Un jeune homme adresse une lettre à sa fiancée alors qu’il rejoint la Résistance. Il lui fait la promesse de jours meilleurs : "Je reviendrai mon cœur / Nous libérer des ombres / Nous cueillerons les fleurs / Je reviendra ma fleur / Me blottir sur ton cœur / J’embrasserai ton front… Il est proche le jour J / Il approche et je suis / Comme un marin / Avec la peur dans les mains". La voix d’Yvan Marc raconte avec une simplicité et une émotion désarmante ces rêves et ces destins pris dans la grande histoire, dans un monde déconfit. C’est aussi le thème de "Tu m’attends". Il est question d'un retour du guerrier, mais aussi d’attente, d’espoir et d’un bonheur à venir, sans doute : "C’est la fin des grandes batailles / Des cavaliers chargeant sous le feu / la mitraille / J’ai balancé le fusil / J’ai balancé l’uniforme aussi… Et toi tu m’attends / Mon amour / Ma mie / Ma douce / Tu m’attends".

    Plus sombre mais aussi plus actuel, "Qu’ont-ils fait ?" parle du dérèglement climatique dans une adresse lucide : "Étaient-ils conscients qu’arrivait la déroute… Qu’ont-ils faits de la planète ? / Ils lui ont tourné le dos". Pas question pour autant de jouer la carte du passé et de l’âge d’or : "la quête des racines" et "l’ancien soleil" est le constat cruel que "nos ancêtres étaient des idiots".

    Folk à la française, poétique, discrète et cabrélienne

    La nature : nous voilà dans l’une des grandes thématiques d’Ancien soleil. Mais cette nature est à la fois un havre de paix et le lieu de tous les amours, à l’instar de son duo avec Cécile Hercule "Rendez-vous" : "En longeant le ruisseau près de l’ancien moulin / J’ai trouvé bien caché / Un chemin qui conduit / Où ? / Je n’en sais rien / Peut-être bien / Vers ma peau / vers mes mains / Vers mon dos / Vers mes seins". Autre lieu, autre titre : "Le Jardin" au son plus eighties et qui sonne lui aussi comme une invitation à se revoir ("Tu reviendras quand me voir ?").

    Dans une folk à la française, poétique, discrète et cabrélienne, Yvan Marc déambule dans une nature et des lieux où l’on se donne "rendez-vous, là sur les fougères" et où nous attend la personne que l’on adore : "Ça va mieux depuis que je me terre là / Dans ce village où la lumière me caresse les doigts". Le musicien chante l’isolement loin de la ville, à la campagne : "Je chante pour les arbres parfois / Les oiseaux le font mieux que moi" ("Ta douceur"). "Mes rêves sont jolis / Lorsque tu éblouis / Mes journées", chante-t-il encore dans "La nuit est ainsi." Retrouver l’autre mais aussi soi-même dans ce "village enchanté" qui permet de retrouver "sa place" sur terre ("J’en ai rêvé").

    L’amour se taille une part généreuse, faisant souffler sur à l’opus un souffle romanesque : "Je deviens ton disciple quand tu me parles d’amour... Entre juste cette fois / Mon antre sera à toi / Juste cette fois" ("Juste cette fois"). Aussi léger et généreux, "Merci" est l’histoire d’une liaison passionnée autant qu’aliénante avec une femme déjà mariée : "C’est pas drôle d’être sur le banc des remplaçants."

    Ancien soleil est sans nul doute l’album d’un homme heureux. Un songwriter posé et bien chez lui dans ce petit coin de Haute-Loire.

    Yvan Marc, Ancien soleil, LabelDiff43, 2020
    https://www.yvanmarc-officiel.com

    Voir aussi : "Aux environs de Rodolphe Burger"
    "Cécile Hercule pour avoir Bonne Conscience"

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  • Premier extrait du futur album d’Andréel, bien accompagné

    Andréel arrivera en janvier prochain avec son nouvel album, Tu m’apprends, qui regorge d’invités de choix comme Natacha Régnier, Amandine Bourgeois, Lucile Chriqui ou Judith Chemla.

    Et c’est du reste cette dernière qui est en duo avec lui dans "Mon Manque", le premier extrait de son futur opus.

    Sur un air latino et un rythme de bossanova, Andréel parle d’amour, du manque et de séduction ("Chéri / Tu me manques / Approche-toi de moi / Embrasse-moi.").

    Andréel ose un retour aux sources et le rappel d’un voyage au Brésil qui lui avaient inspiré son précédent album. Pour ce nouveau single, il est accompagné par une Judith Chemla parfaitement en osmose avec un titre écrit par l’actrice Isild Le Besco.

    "J’ai composé la chanson « Tu m’apprends » après avoir lu Les Nourritures Terrestres d’André Gide. J’ai ressenti le besoin de m’inspirer de textes qui me parlaient afin de me surprendre moi-même", commente le chanteur et compositeur.

    Rendez-vous donc en janvier pour en apprendre plus sur son album.

    Andréel et Judith Chemla, Mon manque, 2020
    Andréel, Tu m'apprends, Station Anvers / Believe Music, sortie prévue le 15 janvier 2021
    https://www.andreel.com
    https://www.facebook.com/andreelvirtuel

    Voir aussi : "Chic Chico"

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  • AURUS, poétique et vivant

    AURUS c’est Bastien Picot, à la composition et au chant dans ce premier EP à la fois poétique, enlevé et rigoureux. Une écriture riche et inspirée nous donne ce premier mini-album éponyme.

    Il s’ouvre avec des sons majestueux de cuivres sur le titre "Monumentum", un morceau dévoilé en mai 2019, avant qu'AURUS ne se produise à la Réunion au SAKIFO puis dans le cadre du Festival Opus Pocus.

    Son premier opus déploie une pop mêlant voix, électro et acoustique ("The Abettors", en featuring avec Sandra Nkaké). 

    C’est un euphémisme de dure qu’AURUS puise à des inspirations plurielles : il y a ainsi quelque chose de tribal dans "Scalp", comme si des guerriers de Game of Thrones venaient prendre possession des rues de Paris ou New York.

    Enlevé, vivant, onirique, aérien : tels sont les adjectifs que l’on pourrait donner à AURUS pour son EP passionnant, à l’image des dernières pulsations de "Mean World Syndrome", qui clôt l’opus. Il faut noter que La vidéo du clip a été réalisée par l'artiste visuel Sébastien Labrunie. Le "Mean World Syndrome" désigne une tendance à percevoir le monde comme étant plus dangereux qu'il ne l'est, à cause d'une exposition trop importante aux médias.

    Le message est lancé.

    AURUS, Sakifo Records, 2020
    https://aurusmusic.com
    https://www.facebook.com/aurusmusic

    Voir aussi : "Meylo vient faire le mélange des couleurs"

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  • BT93 ou le miracle d’une résurrection

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    La première écoute de BT93 nous plonge d’emblée dans la période eighties et nineties. Rien d’étonnant à cela : les titres de cet album ont été créés et enregistrés entre 1989 et 1994. Les connaisseurs reconnaîtront la facture des synthétiseurs devenus des références : Ensoniq ESQ1, TX7, TR707, Korg 01W.

    Nous sommes au mi-temps des années 90 et un jeune artiste anonyme, se faisant appeler BT93, envoie son album éponyme au format K7 à quelques maisons de production indépendantes, qui lui demandent gentiment d’aller voir ailleurs. Fin de l’histoire ? Non. Car celui qui signe le morceau rageur La hiérarchie chie laisse une œuvre d’autant moins morte-née qu’elle commence à tourner sur des platines d’inconnus et devient quasi culte. Entre-temps, BT93 s’est installé comme entrepreneur sérieux – ce qui n’est pas le moindre des paradoxes pour un homme qui chantait : "La hiérarchie chie, /Dans son froc en or massif, / Leurs couilles se sont fait la malle, / Ils ont perdu les pédales, tous à la manif !"

    C’est donc une résurrection, pour ne pas dire un petit miracle, que cet opus oublié. Près de trente ans après sa création, le disque sort enfin en vraie galette et sur les plateformes. Il est coproduit – excusez du peu – par Frédéric Lo, qui a mis sur le coup des musiciens additionnels : Marcello Giuliani à la basse et Patrick Goraguer à l’orgue Hammond et aux percussions. Tout a été remixé et remastérisé à partir d’enregistrements K7.

    Avec BT 93, nous voilà dans un album aux accents post punk-rock : Bronx generation, datant de 1989, revendique ces racines eighties, avec une chanson française dopée aux rythmes saccadés et aux synthétiseurs omniprésents et révolutionnaires. Ce premier morceau est le récit en musique d’une dangereuse rencontre dans un lieu interlope : "Tu f’rais mieux d’décamper / Le zoo du Bronx, quelle idée / Ta tête de youpie égaré / Comme dans l’« bûcher des vanités »…"

    Avec Say What Youy said, voilà un talk-over onirique (les paroles sont d’un certain Hervé Tanguy) qui peut se lire comme un hommage à Yves Simon : "J'avais oublié que je ne t'avais pas oubliée / Nous avions tant usé de salive / En mot, en baisers, en phrases définitives / Ce soir je me souviens de tes yeux, tes bras et tes pieds nus / De nos larmes et nos serments / Dont aucun ne fut tenu."

    Histoire d’amour encore avec Chasseur de tête et Pas ce soir mais peut-être demain, qui conte une "aventure d'un soir" : "Est-ce qu'on va se revoir / Ca fait longtemps que je broie du noir / J'ai un plan pour ce soir / Il faudrait juste que j’arrête de boire."

    Plus léger, On n'est pas sérieux avec les filles lorgne du côté de Patrick Coutin et de son J’aime regarder les filles : "Pourquoi j'devrais n'aimer qu'une fille / Quand tout nous pousse à en aimer plusieurs / En série mais aussi en parallèle / En solo ou bien en chœur."

    "La hiérarchie chie, /Dans son froc en or massif"

    Soyons clair : si BT93 est devenu culte c’est aussi et surtout en raison de ses titres engagés, à l’instar de Références, au parlé-chanté sombre et rugueux : "Les dirigeants d'entreprise, / Plus que jamais broyés par le quotidien, /Sont-ils condamnés à prendre des décisions / Comme des âmes soûles ?" Ce cri contre le libéralisme se fait à travers un travail sur le champ lexical économique et stratégique : "J.L. Bower, Managing the Ressource Allocation Process / Division of Research Graduate School of Business Administration / Harvard University / Cambridge, Massachussetts, 1970 / Références!" BT93 se montre par la suite bien plus explicite : "Cette chanson peut être entendue comme un plaidoyer pour un usage raisonnable d’outils relevant d’une nouvelle rationalité", chante l'artiste dont l'album unique est illustré par le cliché d'un jeune loup sautillant au milieu des tours d’affaires de La Défense, en costume cravate et attaché-case.

    Businessman privé ou énarque ? Ou les deux ? Dans L’énarque, c’est à la première personne qu’il se met dans la peau d’un de ces tristes sires : "Je suis un énarque / Parachuté au poste clé / Mais je mène ma barque / Allez faut manager..." Management, plans sociaux, consultants, carrière, petits cadeaux : pas de doute, nous sommes dans le portrait grinçant d’une de ces figures typiques du capitalisme de ces trente dernières années.

    Le moins que l’on puise dire c’est que BT93 a du répondant et assume son engagement, à l’exemple du morceau phare de l’album, Hiérarchie chie : "Moi je sais ce qui nous nique / C'est les segments stratégiques / Partage en business units / C'est pour ça que je milite." BT93 mitraille à tout-va. Le clip est un montage de plusieurs courts-métrages réalisés entre 2005 et 2010 et ayant comme thématique le monde du travail. Diffusés à la télé (France 3 notamment), avec le comédien Jean-Toussaint Bernard dans le rôle principal, le clip a été réalisé par l’artiste vidéo Yannick Dangin-Leconte (Stupeflip vite !!!).

    Fric rime avec neurasthénique. Les nuits d’un ex-winner, singulièrement plus mélancolique que rageuse, est la partie sombre de ces gagnants du libéralisme, ces pauvres types emprisonnés dans leur propre prison : "Même le Dénoral / N'a plus aucun effet / Sauf sur mon moral / Devenu papier mâché / Que faire d'un insomniaque / Chronique et hors d'attaque / Qui réclame ni dommage ni intérêt."

    Il n’y a pas plus de salut dans le titre acide RV avec les ressources humaines où le milieu de l’entreprise est aussi celui de la cruauté pleinement assumée : "Quand je serai PDG / J'en connais qui vont morfler / Chez les psychologues diplômées."

    L’album se termine avec le surprenant RER pour la défonce. Un morceau qui boucle cet album cohérent. Le titre est évidemment un calembour que pas mal de voyageurs et travailleurs franciliens reconnaîtront. "Dans les couloirs noirs je m'enfonce / Du RER pour la défonce / Cravate serrée / Moi cadre étriqué / Ouvrir dossiers / Jusque nuit veiller."

    BT93 est ressuscité, et on le doit largement à Frédéric Lo : près de trente ans après la création de cet opus, son message reste plus que jamais d'actualité.

    BT93, BT93, Dragon Accel, 2020
    https://www.facebook.com/BT93.music
    https://distrokid.com

    Voir aussi ! "Concrètement, Mona San"

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  • Aux environs de Rodolphe Burger

    Parce qu’il est un musicien aux multiples facettes (rock, pop, jazz, world, électro ou chanson française), chaque création de Rodolphe Burger fait figure d’événement.

    En juin dernier, l’ancien complice d’Alain Bashung proposait son 6e album, Environs. Il vient de sortir ces derniers jours un deuxième extrait de ce dernier opus, Le Chant des pistes.

    En injectant dans un texte poétique du rock, des pulsations électroniques et des chants chamaniques, Roland Burger marque son territoire qu’il veut vaste et passionnant à découvrir : "Voici le chant des étoiles / Car nous sommes nous-mêmes / Les étoiles / Car nous sommes des oiseaux faits de feu / Et nous traçons une route pour notre âme."

    Réalisé par Léa Troulard et entièrement tourné en Bretagne, le clip met en scène Bartok et Torero, deux magnifiques chevaux chorégraphiés par Thomas Chaussebourg.

    Rodolphe Burger, Le Chant des pistes, 2020
    Rodolphe Burger, Environs, Dernière Bande, 2020
    https://www.facebook.com/burger.rodolphe
    https://rodolpheburger.com

    Voir aussi : "Lumineux Agustín Galiana"

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  • Lumineux Agustín Galiana

    Omniprésent, à la télévision, au cinéma et dans les médias en général, Agustín Galiana, le plus français des Espagnols, fait aussi une entrée rafraîchissante sur la scène avec un joli album de reprises, Plein Soleil. Un opus qui est aussi un hommage à la France qui l'a accueilli à bras ouverts.

    Pour celles et ceux que le terme de "reprise" fait tiquer, il faut préciser que le comédien – et désormais chanteur – propose à côté de standards hispaniques (Por que te vas, Piensa en mí), des revisites chaleureuses thématiques – le soleil, la plage, la Méditerranée – et fleurant bon les années eighties et nineties (Duel au soleil, L’amour à la plage, Le soleil donne, Le sud, La corrida).

    L’auditeur ne boudera pas son plaisir à découvrir des versions lumineuses d’Étienne Daho (Duel au soleil), Niagara ou Laurent Voulzy. Pas plus qu’il dédaignera un Por que te vas dédaignant la mélancolie au profit d’un bonheur nonchalant.

    Et parmi ces reprises, il ne faut pas passer à côté de Tuyo, la chanson générique de Rodrigo Amarante pour le générique de la série Narcos.

    Agustín Galiana, Plein Soleil, Fontana, 2020
    https://www.facebook.com/agustingaliana

    Voir aussi : "Gainsbourg par..."

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  • HK ne lâche rien

    Plus engagé que jamais, HK chante dans Eldorado sa vision du bonheur et d’un certain idéal de vie : fuir la vanité ("Je veux la fuir comme la peste") et l’argent ("Je ne veux pas perdre mon âme / Pour quelques pièces quelques diamants") pour préférer la découverte de l’autre, l’amour et "les richesses du monde" : "De cœur, d’esprit et de corps / Je ne revendique aucun empire / Moi je ne veux qu’aimer encore / Aussi longtemps que je respire."

    Toujours fidèle à l’esprit qui animait le Ministère des affaires populaires, HK propose un titre folk cabrélien, acoustique, généreux et humaniste. Eldorado est le premier single de son album Petite Terre. On ne lâche rien et on découvre ce chanteur infiniment attachant.

    HK, Eldorado, 2020
    HK, Petite Terre, Épicerie des Poètes, 2020
    https://www.facebook.com/hksaltimbanks
    https://openagenda.com/hk-pres-de-chez-vous

    Voir aussi : "Voyages intimes de Thomas Cousin"

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  • Gainsbourg par...

    Monsieur Gainsbourg revisited est un album sorti en 2006 regroupant des reprises en anglais de certains succès de Serge Gainsbourg. Réédité cette année, notamment dans une très belle version vinyle, il est grand temps de le découvrir – voire de le redécouvrir.

    Notons tout de suite que la plupart des adaptations sont l’œuvre de Boris Bergman et Paul Ives. Quelques semaines après une chronique sur les versions jazzy de standards du patrimoine musical par Thomas Dutronc, place cette fois à un autre monument du patrimoine musical : Serge Gainsbourg. Cette fois, ce n’est pas un "Frenchy" qui s’y colle, mais de solides pointures de la scène pop-rock française et internationale, donnant à ces joyaux gainsbouriens une facture assez incroyable. Ce sont de vraies revisites, choisissant parfois de contre-pieds sur lesquels l’Homme à la tête de chou n’aurait certainement pas mégoté !

    Le moins que l’on puisse dire c’est que l’auditeur risque d’être surpris, au point de ne pas reconnaître les morceaux originaux, que ce soit le rock aride Sorry Angel (A Song For Sorry Angel) par Franz Ferdinand, le Je suis venu te dire que je m’en vais (I Just Came To Tell You That I’m Going) par Jarvis Cocker et Kid Loco dans une version pop aux teintes reggae, ou encore Au Revoir Emmanuelle (Goodbye Emmanuelle) devenu un titre trip-hop de Tricky.

    Trip hop encore avec Portishead qui reprend une chanson méconnue de Gainsbourg, Un jour comme un autre, devenu un Requiem for Anna, morceau sombre et rugueux qui précède une version du Requiem pour un con (Requiem For A Jerk) réadapté par le trio formé de Fautline, Brian Molko et Françoise Hardy, une des rares artistes françaises de cet album de reprises. Puisque nous parlons de Brian Molko et de son groupe Placebo, il faut aussi citer leur reprise électro-pop de La Ballade de Melody Nelson (The Ballad of Melody Nelson), mais aussi Boy Toy(I'm The Boy) de Marc Almond et Trash Palace, dans une facture que l’on pourrait appeler "placéboienne".

    Le grand classique de Gainsbourg, Le Poinçonneur des Lilas, titre intraduisible pour le public anglais, devient Just a Man With A Job. Il est proposé par The Rakes qui revisite en rock de A à Z ce classique de la chanson française.

    Contre-pieds sur lesquels l’Homme à la tête de chou n’aurait certainement pas mégoté !

    Disons-le ici : une forme d’insolence baigne dans l’album Monsieur Gainsbourg Revisited, insolence que n’aurait pas renié Gainsbarre, même si la grammaire du chanteur français est bien là. Ainsi, l’essence sensuelle et sexuelle de Je t’aime Moi non plus est respectée pour la version de Cat Power et Karen Eson (I Love You Me Either). Le Boomerang 2005, une adaptation de Boomerang par Gonzales, invite à sa table Feist et surtout Dani, l’interprète originale de Boomerang. Quant à Slogan, le groupe The Kills a choisi de le jouer dans une version aux accents sixties (I Call It Art).

    Marianne Faithfull et Sly and Robbie adoptent, tout comme l’original, le reggae (mais aussi la pop) pour leur Lola Rastaqueuere (Lola R. For Ever). On saluera au passage la manière dont a été pensée la traduction anglaise : "Her cylop’s eye in the middle of your head / An Oedipus complex dug deep in the sea / And when all’s been done, and nothing’s been said / You leave the joint, and roll to sleep."

    L’auditeur pourra aussi découvrir plusieurs curiosités : une version déjantée et punk rock des Sucettes par Keith Flint (The Lollies) ainsi qu’une adaptation mêlant pop, électro et negro-spiritual pour Sorry Angel (décidément, ce titre inspire !), cette fois par Nina Persson et Nathan Larson (Angel's Fall). Quant à Ces petits riens, ils deviennent sous la bouche de Carla Bruni un titre folk où affleure la sensibilité proverbiale de la chanteuse (Those Little Things). Un titre méconnu de Gainsbourg, L’Hôtel particulier, ressort enfin grâce à Michael Stipe, qui propose de découvrir ou redécouvrir ce titre pop mélodique et mélancolique sobrement intitulé L’Hôtel.

    Monsieur Gainsbourg Revisited est une divine surprise, qui ne convaincra sans doute pas tous les inconditionnels de l’Homme à la tête de chou, mais qui prouve en tout cas l’influence du chanteur français sur la pop internationale. Pour quelqu’un qui disait ne pas rêver de passer à la postérité et qui s’avère l’un des musiciens français les plus reconnus hors des frontières, voilà qui est ironique.

    Monsieur Gainsbourg Revisited, Barclay / Universal, 2020
    http://www.gainsbourg.org
    https://www.gainsbourg.net

    Voir aussi :"Gainsbourg, un enfant de la chance"
    "Thomas Dutronc, c'est si bon"

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