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Bla Bla Blog - Page 8

  • Dans une cuisine, y'a un frigo

    Place cette semaine avec Cuisine et Dépendances, tiré et adapté de la pièce de théâtre du même titre d'Agnès Jaoui et de Jean-Pierre Bacri. Une cuisine, nous dit-on ; et aussi un frigo, aurait pu nous préciser notre chroniqueur de L’‎Œil du frigo qui n'avait que l'embarras du choix pour sa série inimitable.

    On ne présente plus Cuisine et Dépendances, un film à voir ou à revoir sans fin, tellement tout y est à sa place. Mais je ne l'avais jamais regardé avec le point de vue d'un frigo, et franchement ça change la donne. Le réalisateur d'ailleurs ne s'en cache pas : dans une cuisine il y a un frigo, et il va s'en servir. J'aurais pu vous en montrer à la pelle... j'aurais eu l'air intelligent, moins vide que le frigo du voisin. Car des séquences de frigo qui s'ouvrent et qui se ferment dans ce film, il y en pléthore.

    j'ai donc choisi la première séquence car elle est nouvelle, inédite. Nous avons un champ contre champ entre frigo. Du jamais vu. Un dialogue de porte ouverte et de loupiote entre deux machines à froid. Du grand, grand art !

    Le regard de Bacri se ballade au dessus des toits et tombe sur un voisin plongé dans sa solitude. Elle est tellement prégnante qu'il ouvre machinalement le frigo, dont on imagine qu'il est à moitié vide, et prend quelque chose sans grande conviction. Ceux qui se sont déjà retrouvés seuls à tourner en rond, atteints d'insomnie ou pas, savent de quoi je parle. Il arrive toujours un moment où l'on ouvre le frigo. On sait pourtant qu'il n'y a personne et qu'il n'y a pas grand chose pour vous réconforter, mais on l'ouvre, comme on ouvre son âme dans le vide. Et puis, rien. Alors, on prend un fromage moisi ou un yaourt périmé, et on le mange sans trop de conviction. Dans les moments les plus graves, on y retourne même... C'est dire si l'attraction frigoristique est grande !

    Et à coté de Bacri, il y a la vie, le stress, la vie sociale... Sam Karman se ramène dans la cuisine à fond, pose et ouvre le frigo dont on voit la joie de vivre. C'est rapide, furtif, mais il y a assez dans le frigo pour nourrir tout le bâtiment. La bouteille de champagne s'extrait rapidement, et hop, la soirée va commencer.

    C'est un champ contre champ subtil, vous avez une vie qui frôle le désert et une autre haute en couleur. Les deux frigos fournissent pourtant le même froid, mais c'est comme toujours : cela dépend de ce que l'on en fait. Alors, je vous le dis : ne vous laissez pas abattre quand rien ne va, que le monde s'écroule et que la vie se vide : remplissez votre frigo. Achetez des bons produits avec de la couleur, des odeurs et ouvrez votre frigo aussi souvent que vous voulez. Le moral repointera assez rapidement son nez. Pour les autres, qui ont une vie sociale bien achalandée, laissez tranquille votre frigo : Il vous le rendra dans les moments les plus sombres.

    ODF

    Cuisine et Dépendances, comédie française de Philippe Muyl
    avec Agnès Jaoui, Jean-Pierre Bacri, Zabou,
    Sam Karmann et Jean-Pierre Darroussin,
    1992, 96 mn

    Voir aussi : "L’‎Œil du Frigo débarque sur Bla Bla Blog"
    "Cuisine et Dépendances Frigo"
     

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  • "Rock'n'love" : inédit 2

    Je vous propose de découvrir un nouveau texte inédit de Rock'n'love. Cette fois il est question d'une dispute qui aura des conséquences non négligeables par la suite.

    Je sentais toutefois que ce n’était la fin que du premier acte.

    Le deuxième survint des années plus tard lorsque Max me mit devant un fait accompli : il avait accepté des responsabilités au sein de Radius, l’entreprise qui l’employait. Son N+1, Guillaume Soros, l’avait à la bonne. Contre une augmentation minime, une prime annuelle de quelques centaines d’euros et un poste de sous-directeur que ses responsables lui promettaient dans un proche avenir, Max allait avoir en charge des responsabilités auprès de la direction. Je n’avais pas été que stupéfaite de l’apprendre le jour où il avait pris ses fonctions. J’étais effarée d’apprendre les fonctions qu’il occupait, pour une rémunération à peine supérieure au poste qu’il occupait précédemment. Je pouvais encore comprendre qu’un junior tombe dans le panneau, mais pas à un homme avec l’expérience de Max. Il se faisait rouler dans la farine en beauté. Son patron, le fondateur de Radius, était trop heureux de se décharger de tâches à quelques années de la retraite, et à moindre frais.

    Notre discussion au sujet de ses nouvelles fonctions de Consultant Expert Senior dégénéra un soir de décembre en dispute homérique. À l’époque, nous approchions des fêtes. Le sapin était décoré et la télévision diffusait La Traviata sur Arte. Max m’avait annoncé avec de la désinvolture qu’il avait accepté des responsabilités dans son entreprise, par amitié pour son supérieur qui lui avait fait gravir les échelons. J’eus le malheur de douter du bien fondé de sa décision. Il prit mal mes critiques et se défendit par l’attaque. Il me reprochait de mettre en doute ses choix professionnels et ses ambitions alors que pendant des années il avait tout mis entre parenthèses pour moi.

    — OK, si tu veux prendre ce risque, vas-y.

    Ce n’était pas un blanc-seing, mais une manière de me laver les mains : vas-y, mon chéri, prends tes responsabilités, mais ne viens pas pleurer si ça tourne au vinaigre. Ce genre de truc. C’est là où je me dis que des millénaires de patriarcat prenaient leur revanche sur notre couple que je trouvais moderne, justement parce que pour une fois c’était moi, la femme et épouse, qui mettait en avant sa carrière. Max argumentait en utilisant des termes qui fleuraient bon la frustration et les non-dits : « sacrifice », « non-choix », « suivisme », « humiliation »…

    — OK.

    Je le toisais avec calme, attendant qu’il vide son sac. Il n’en finissait pas. Il parlait de Nina, avec qui les relations allaient de mal en pis. Il mettait sur le tapis Janus que j’impressionnais (première nouvelle !). Il évoquait sa mère qu’il ne voyait pas suffisamment. Il citait une soirée au cours de laquelle je l’avais contredit avec une assurance qui frisait la correctionnelle.

    — OK.

    Je n’avais pas envie de discuter. Pendant des années, notre couple avait fonctionné correctement.
    Je tentais de clore la conversation par des « OK »conciliants mais il tournait en boucle ses reproches, les reprenant, les étirant, les déclinant, apportant ça et là un détail supplémentaire ou un dialogue. Les larmes me venaient aux yeux, comme si je m’apercevais que je venais de perdre une guerre et que l’ennemi me présentait mon offre de capitulation qu’il ne me restait plus qu’à signer.

    — OK.

    Je me retenais. Moi, l’avocate, j’étais l’accusée dans ma propre maison. Je ne voulais qu’une chose : fuir. Je regardais autour de moi : notre intérieur était si parfait, si ordonné, si bien agencé. Je n’en voulais plus. La soirée avec Jonathan avait eu lieu quelques jours plus tard, et ce n’était pas un hasard..

    Arsène K., Rock’n’love, éd. Harlequin, coll. HQN, 2020, 237 p.
    au format numérique
    https://www.harlequin.fr/livre/13167/hqn/rock-n-love

    Voir aussi : "Mon cœur battra toujours au même rythme que le tien"
    "Rock’n’love : extrait 2"

    Photo : Anastasia Shuraeva - Pexels

    roman,lucrèce,arsène k

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  • Lillie country

    Mieux vaut tard que jamais : Lilie Mae toque discrètement à nos oreilles grâce à son premier album sorti il y a un an pile (Other Girls for That).

    Mais qu’est-ce qui fait la singularité de cette artiste quasi inconnue en France ? Sans doute qu’elle s’approprie la country, un genre injustement boudé et moqué par le public français, à l’oreille musicale pourtant infaillible – non, je déconne…

    Bref, Lillie Mae, découverte par Jack White en personne, s’impose par son choix de trousser des titres mêlant country et pop folk avec une rare sensibilité (Wash Me Clean, You’ve Got Other Girls for That).

    À l’instar de Ben Harper, ses pairs ne s’y sont pas trompés qui ont fait de Lillie Mae une de ces nouvelles voix américaines à suivre.

    Au public français de se débarrasser de ses préjugés pour craquer sur cette chanteuse pop-rock country, à la voix et au physique fragile et irrésistible.

    Lillie Mae, Other Girls for That, Third Man records, 2019
    https://www.lilliemaemusic.com

    Voir aussi : "O'Brother"

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  • Comics-19

    "Ressusciter n’est pas une mince affaire", cette phrase qui a donné le titre à la BD de Fiamma Luzzati (éd. Florent Massot), est cité par Violette, l’une des protagonistes de ces Petites et grandes histoires du Covid-19. Cette productrice de télé à la vie trépidante, et se croyant invulnérable, revient sur sa contamination par le Covid-19 et sur son hospitalisation, jusqu’aux portes de la mort. Une vraie résurrection comme elle le dit elle-même après coup, mais une résurrection douloureuse.

    Évidemment, seulement deux mois après la fin du Grand Confinement en France, il était impossible à Fiamma Luzzati de cerner tous les aspects de cette période marquante. Pour autant, l’auteure en saisit l’essentiel, avec ce caractère d’urgence jusque dans le coup de crayon.

    La vie, la maladie et la mort. Tel est le cœur de ces huit chapitres, qui sont autant des tranches de vie autour du Grand Confinement : la guerre contre la maladie ("«Il faudrait dire la vérité » : une étudiante en médecine face au Covid"), la peur, la manière de vivre le confinement, les méfiances réciproques entre les politiques et les citoyens, les séparations, les enfants ("Qui a peur du grand méchant virus ? Les enfants parlent du Covid-19"), les guerres de couples ("Le coronavirus tue le couple : comment s'immuniser"), les traumatismes, le deuil ("Covid-19 : mourir seul, rester seul - Le deuil impossible") le déni, la colère, le combat ou le fatalisme d’un combat perdu d’avance.

    En mandarin, "crise" se traduit aussi par "opportunité"

    On ne peut être que reconnaissant à Fiamma Luzzati d’avoir évité à la fois le pathos et l’angélisme dans ces chroniques qui sont autant de témoignages plus vrais que nature. On s’arrêtera par exemple sur ces planches consacrées à la crise sanitaire en Italie, lorsque la péninsule transalpine faisait figure de banc d’essai de tout ce qui s’est passé en Europe les semaines suivantes ( "Covid-19 en Italie : Une réanimatrice témoigne du cœur de la tourmente"). Un personnage rappelle aussi au passage qu’en mandarin, "crise" se traduit aussi par "opportunité." Toujours en Italie, c’est cette fois de déconfinement dont il est question dans le tout dernier chapitre ("Syndrome de Stockholm : Le bonheur de rester confiné à Rome"). Fiamma Luzzati met en scène une conversation entre trois Italiennes se plaignant qu’une de leur amie a choisi de rester chez elle. La situation leur permet de réfléchir sur les conséquences du confinement et surtout du déconfinement : "On assiste à un autre phénomène inédit avec le déconfinement : beaucoup de gens refusent de revenir à la vie d’avant… On finit par aimer sa geôle et ses geôliers."

    Un autre chapitre attirera sans doute l’attention : celui consacré à un sujet à ma connaissance jamais abordé : celui de l’autisme durant la crise sanitaire ("Si je craque tout le monde craque : l’autisme et le Covid"). Il est question d’Alima, une lycéenne qui se promène avec sa sœur autiste alors que ses parents sont tombés malades. Une poignante tranche de vie autour d’une jeune femme courageuse, se battant pour ne pas craquer.

    La littérature post-covid a sûrement de beaux gestes à vivre. Avant que nous soyons submergés par la littérature post-covid-19, la BD de Fiamma Luzzati se démarque comme une œuvre à la fois fraîche, sincère et frappant en plein cœur.

    Fiamma Luzzati, Ressusciter n’est pas une mince affaire,
    Petites et grandes histoires du Covid-19
    éd. Florent Massot, 2020

    https://www.lemonde.fr/blog/lavventura

    Voir aussi : "Aung San Suu Kyi et les bouddhistes extrémistes"
    Hors-série "Grand Confinement"

    © Fiamma Luzzati

    fiamma luzzati,bande dessinée,covid-19,confinement,déconfinement,italie,rome,coronavirus

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  • O’Brother

    Voilà une nouvelle découverte pour Bla Bla Blog.

    Dans une rythmique pop et jazz, et chanté en mina, un dialecte qui vient du sud de ce pays africain, Amen Viana chante Brother. Ce titre à l’enthousiasme communicatif nous parle de l’amour fraternel capable de soulever bien des montagnes.

    Originaire du Togo, Amen Viana monte rapidement les échelons de la scène musicale ouest-africaine, avant de traverser la Méditerranée pour s'établir en France. Sa virtuosité à la guitare rappelle celle de Jimi Hendrix, son énergie rock celle de Living Colour, et il se taille rapidement une réputation dans de nombreux événements internationaux où il est invité à jouer aux côtés d'artistes comme Black-Eyed Peas, Angélique Kidjo, Indila, Cheick Tidiane Seck, Tony Allen.

    Brother est un extrait de The Afrocanalyst, nouvel album en préparation.

    Amen Viana, Brother, 2020
    https://www.amenviana.com
    https://www.facebook.com/amenvianamusic

    Voir aussi : "La Baie animée"

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  • Gerhard Richter, sans le dire

    Il s’agit au préalable de définir ce que peut être cette publication des éditions Saint-Simon, L’œuvre sans auteur.

    Évidemment, le livre de Florian Henckel von Donnersmarck renvoie au film du même nom, sorti il y a deux ans, et dont il est le réalisateur (on lui devait auparavant La Vie des Autres, archi récompensé). Une adaptation donc, et par Florian Henckel von Donnersmarck lui-même, qui a signé le scénario du long-métrage.

    Scénario, roman, adaptation : en vérité, nous avons affaire ici à un objet littéraire hybride, qui échappe à la sécheresse du genre scénaristique, tout en adoptant son efficacité et la force des dialogues. Le lecteur, qui n’a pas vu le film (ou du moins les films, puisque le long-métrage allemand était en deux parties), trouvera dans la version écrite de L’œuvre sans auteur ce qui s’en rapproche le plus.

    Mais il existe également une autre particularité dans L’œuvre sans auteur qui rend le roman, mais aussi le film, remarquable. En fin de livre, dans l’entretien que Florian Henckel von Donnersmarck a accordé au journaliste Thomas Schultze, l’écrivain, scénariste et cinéaste explique la genèse de cette œuvre qui est indissociable de la vie du peintre Gerhardt Richter, même si son nom n’est jamais cité. Henckel von Donnersmarck raconte que l’idée de raconter le début de sa carrière, commencée en RDA quelques années après la fin de la seconde guerre mondiale, n’a été rendue possible par Richter qu’à condition que les noms des personnages soient changés et que les tableaux du peintre ne soient pas utilisés. Le cinéaste précise que pour le tournage de son long-métrage, ce sont d’autres toiles qui ont été spécialement utilisées, grâce à des élèves de Richter lui-même.

    Scénario, roman, adaptation : en vérité, nous avons affaire ici à un objet littéraire hybride

    "Un récit inspiré de personnages réels", est-il précisé dans le roman publié par les éditions Saint-Simon. Kurt Barnety est Gerhardt Richter, l’une des plus grandes figures de la peinture du XXe et du XXIe siècle. Elizabeth May est Marianne Schönfelder, sa tante internée puis exécutée comme malade mentale pendant le IIIe Reich. Carl Seeband est Heinrich Eufinger, gynécologue, chirurgien, membre de la SS et impliqué dans le programme d’euthanasie à grande échelle mis en place par le régime nazi. Il deviendra plus tard le beau-père de Richter, après le mariage de ce dernier avec sa fille Elizabeth ou Ellie (Ema Eufinger dans la vie réelle).

    Voilà pour les protagonistes de cette histoire allemande, dans lequel les grandes tragédies du XXe siècle, les traumatismes de la seconde guerre mondiale, les histoires familiales et l’art se percutent de plein fouet.

    Karl est un artiste jeune et très doué lorsqu’il commence à Dresde un cursus dans les beaux-arts. Nous sommes à la fin des années 40 et l’Allemagne est scindée en deux pays : la RFA occidentale et la RDA communiste, où le peintre prometteur doit s’adapter à l’académisme et au réalisme soviétique. Quelques années plus tôt, sa tante Elizabeth lui faisait découvrir l’art moderne (dit "dégénéré"), avant d’être internée et tuée en raison de sa schizophrénie. À Dresde, Kurt rencontre une jeune femme dont il tombe amoureux. Elle s’appelle Elizabeth, elle aussi, et elle est la fille de Carl Seeband, l’un des responsables du programme qui a envoyé à la mort des centaines de milliers de malades mentaux. Mais ça, Kurt l’ignore. Par amour pour Ellie, il se fond bon gréé mal gréé dans cette famille au lourd passé. Et lorsque son beau-père décide de quitter la RDA pour la RFA en raison d’une enquête soviétique sur les anciens criminels de guerre nazis, Kurt le suit pour ne pas quitter Elizabeth. Il arrive dans un nouveau pays et doit trouver sa voie artistique.

    Ce passionnant itinéraire personnel autant qu’artistique est aussi une histoire d’amour se heurtant aux souffrances du passé. Grâce au choix littéraire de Florian Henckel von Donnersmarck, L’œuvre sans auteur se lit d’une traite et a l’immense intérêt de pousser à découvrir l’œuvre de Gerhardt Richter. L’un des plus grand peintres vivants, sans aucun doute.

    Florian Henckel von Donnersmarck, L’œuvre sans auteur,
    Le destin tragique d’une famille allemande
    Trad. Olivier Mannoni, éd. Saint-Simon, 2019, 167 p.

    http://www.editions-saintsimon.com/livres/oeuvre-sans-auteur
    http://diaphana.fr/film/l-oeuvre-sans-auteur
    https://www.gerhard-richter.com

    Voir aussi : "Sage et libre comme un poisson rouge"

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  • Thomas Dutronc, c’est si bon

    Bon, je pense qu’on sera tous d’accord pour dire que Frenchy, le dernier album de Thomas Dutronc, s’empare d’un concept imparable, pour ne pas dire archi rebattu : réadapter des grands classiques du répertoire français, mais aussi quelques standards américains. Il le fait dans une facture jazz,y largement inspirée par Django Reinhardt, d’ailleurs présent dans une reprise de deux titres : Minor Swing et Nuages (All For You).

    La vie en rose, C’est si bon, Les feuilles mortes, La mer : rien que de plus classique pour le chanteur à la guitare, qui s’offre en plus le luxe de bénéficier de brillantissimes featurings : Diana Krall, Iggy Pop (C’est si bon), Billy Gibbons des ZZ Top (La vie en rose), Jeff Goldblum (La belle vie), mais aussi la chanteuse coréenne Youn Sun Nah (Playground Love), la jazz woman Stacey Kent (Un homme et une femme) et la révélation américaine Haley Reinhart (Ne me quitte pas).

    Frenchy est l’album à succès de ces dernières semaines, bien que les mauvaises langues accuseront Thomas Dutronc de prendre un minimum de risque avec des tubes d’Edith, Piaf, de Charles Trenet ou d'Yves Montand.

    De véritables redécouvertes

    Mais c’est un peu oublier que ces adaptations font figure de véritables redécouvertes, y compris pour le public français. Alors, certes, le C’est si bon chanté par Diana Krall et un Iggy Pop a une saveur délicieusement surannée mais aussi diablement glamour, alors que La vie en rose ne surprend guère l’auditeur. Par contre, entendre (ou réentendre) le Petite fleur de Sidney Bechet ravira beaucoup d’entre nous, tant le morceau semble sortir d’un quasi oubli.

    Mais Thomas Dutronc propose aussi de vraies petites surprises : les Français connaissent par cœur le Ne me quitte pas de Jacques Brel, mais beaucoup moins la version américaine, If You Go Away, rendue célèbre par Neil Diamond. Il redécouvrira avec le même plaisir la version de La belle vie de Sacha Distel (The Good Life), mais aussi Autumn Leaves – les fameuses Feuilles mortes de Jacques prévert. Moins surprenant, Comme d’habitude est ici proposée dans l’adaptation américaine de Paul Anka (le célébrissime et bouleversant My Way, que l’on est en droit de largement préférer à son original français).

    Et au milieu de cet album, dont le plaisir d’écoute est irrésistible, on découvrira un joyau inattendu : Get Lucky, vieux de seulement 7 ans – pour ainsi dire, le "bébé" de cet opus. Mettre les Daft Punk au même niveau que les Piaf, Brel ou Francis Lai, il fallait oser ! Et le petit Frenchy l’a fait.

    Je suis prêt à parier mon béret que les Américains vont adorer.

    Thomas Dutronc, Frenchy, Blue Note, 2020
    http://thomasdutronc.fr

    Voir aussi : "Diana Krall, Superstar"

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  • La Baie animée

    Chaque nouveauté de Clara Luciani mérite que l’on s’y attarde.

    En attendant un deuxième album, sur lequel l’artiste dit travailler, c’est un clip qui fait le buzz.

    La Baie, déjà présent dans Sainte-Victorie, était une adaptation en français de The Bay par le groupe Metronomy. Un titre pop à la fois acidulé et et sensuel. Bref, un morceau qui sent bon les vacances, et que son nouveau clip, réalisé par Charlie Montagut avec Bruno Jésus pour les dessins, illustre à travers un dessin animé coloré et cartoonesque.

    De toute beauté, bien sûr : "On est si bien / Sur la baie..."

    Clara Luciani, La Baie, 2018 et 2020
    https://www.facebook.com/claralucianimusique
    https://claraluciani.store/

    Voir aussi : "La Femme libérée"

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  • Vous prendrez bien un peu de cervelle

    Frisson réfrigéré garanti pour Hannibal, la suite du Silence des Agneaux. Et évidemment, ce film ne pouvait être abordé par notre chroniqueur de L’‎Œil du frigo que sous un point de vue culinaire et électroménager... Terrifiant et palpitant.

    Clarice Starling, alias Julianne Moore (qui reprend le rôle initialement tenu par Jodie Foster dans Le Silence des Agneaux) va coincer l'infâme Hannibal Lecter qui se prépare une cervelle fraiche.

    Elle l'épie dans l’entrebâillement de la porte. Et oui  : l'agent est une voyeuse, et on se demande bien ce que peut faire Hannibal devant cette cervelle ouverte.

    Le regard passe sur le frigo en arrière plan, car c'est bien lui qui va devenir le personnage principal de la scène. Comme elle n'est pas très douée pour faire une attaque par surprise. Elle se retrouve plaquée contre le frigo, un magnifique appareil vintage de la marque Frigidaire (dont j'ai retrouvé la trace ici). Elle se fait piéger par la porte d'un frigo (apparemment vide) et Hannibal. Le malin brise la poignée de ce dernier. Petite appréhension de ce qui va suivre : il est prêt à tout. Car arracher la poignée de son frigo vintage c'est un acte douloureux mentalement qu'il surpasse avec brio. Mais, mieux encore, embrasser sa belle piégée par un frigo alors qu'il n'a qu'une envie c'est de la dévorer, là on est dans un délire absolu. Une sorte de mise en abîme du frigo sur fond de scène sadomasochiste avec une crinière coincée dans un frigo. Parfois je me demande si les réalisateurs sont bien frais dans leur tête pour imaginer ce genre de scène. Ou alors ils ont dû former un club secret pour créer des scènes toujours plus folles avec un frigo.

    Tout y est : nourriture, amour, sexe, peau, regard, frigo et jouissance finale dans l'horreur absolue. Comme si la belle Julianne au sommet de son masochisme éprouvait un inconvenant plaisir à se faire découper la main alors qu'elle est prisonnière d'un frigo de la marque Frigidaire. Sa crinière est déjà au frais, alors on peut y mettre aussi le reste bien découpé en morceaux. Prête à tout elle aussi pour arrêter l'homme qui l'attire et qui la découpe mentalement puis physiquement... On est presque dans du Cronenberg.

    Oui j'avoue je me pose cette drôle de question : voulait-il embrasser la belle Julianne ou la porte de son frigo qu'il vient de casser ? La question restera en suspens devant cette scène terriblement à fleur de peau.

    A voir sans appétit.

    ODF

    Hannibal, film d'horreur américain de Ridley Scott
    avec Anthony Hopkins, Julianne Moore et Giancarlo Giannini,
    2001, 131 mn

    Voir aussi : "L’‎Œil du Frigo débarque sur Bla Bla Blog"
    "Hannibal Frigo"
     

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  • Fin de saison pour le café philo de montargis

    café philo,montargisLa crise sanitaire a contraint le café philosophique de Montargis a mettre prématurément fin à ses débats.

    Les conditions n’ont pas été réunies ces dernières semaines pour organiser une nouvelle séance.

    Qu’à cela ne tienne : les organisateurs donnent déjà rendez-vous pour la prochaine séance, qui sera la première de la saison 12, le vendredi 18 septembre 2020 au Belman (à confirmer). Le débat commencera à 19 heures, et le sujet sera celui qui avait été choisi il y a plusieurs mois par les participants du café philo : "Peut-on réussir sans aucun effort ni aucun talent ?"

    La participation sera libre et gratuite.

    Café philosophique de Montargis
    http://cafephilosophique-montargis.hautetfort.com

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  • "Rock'n'love" : Inédit 1

    Quelques semaines après la sortie de Rock'n'love, je vous offre sur Bla Bla Blog un passage inédit du roman. Cet extrait est un dialogue entre Lucrèce et Alessandro, au sujet d'un étrange tatouage.

    — C’est quoi ce dessin ?

    Il y avait, tatoué sur le haut de son épaule droite le torse d’une femme aux seins dénudés, sur lesquels étaient imprimés deux têtes. Il pointa du doigt deux inscriptions: « EODM » au niveau du cou et « Zipper down » au niveau de fa fermeture éclair.

    — C’est un hommage à l’album des Eagles Of Death Metal qui est sorti peu de temps avant leur concert au Bataclan.

    — L’attentat du 13 novembre, fis-je.

    — C’est mon hommage. On a perdu deux amis ce soir-là. J’ai fais faire ce tatouage dans les semaines qui ont suivies. C’est ma modeste contribution. On va d’ailleurs faire une adaptation de Complexity dans notre prochain album.

    Arsène K., Rock’n’love, éd. Harlequin, coll. HQN, 2020, 237 p.
    au format numérique
    https://www.harlequin.fr/livre/13167/hqn/rock-n-love

    Voir aussi : "Mon cœur battra toujours au même rythme que le tien"
    "Rock’n’love : extrait 2"

    Photo : Andrea Piacquadio - Pexels

    roman,lucrèce,arsène k

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  • Les Français aiment la culture, mais...

    Sale période pour le secteur culturel, malmené par près de trois mois de confinement. Des milliers d'établissements dans le secteur des arts et du divertissement ont été contraints de fermer pendant la crise sanitaire, que ce soit les salles de cinéma, les parcs d’attraction, les théâtres, les festivals ou les médiathèques.

    Il faut bien avoir en tête que ce secteur est aussi un des piliers de notre économie : selon le Ministère de la Culture, il réalise 44,5 milliards d'euros de chiffre d'affaire et emploie 620 000 personnes.

    S’ajoute à cela le lien tout particulier que le public hexagonal a pour la culture sous toutes ses formes.

    L'agence d'étude et de marketing culturel L’œil du Public a voulu interroger les Français, et en particulier les publics occasionnels ou réguliers de ces lieux culturels et de loisirs, sur leurs ressentis et leurs pratiques pendant le confinement, ainsi que sur leurs intentions et leurs attentes suite au déconfinement et à la réouverture des lieux de culture.

    Les questions posées entendent être un reflet à un instant T de ce lien très fort, alors que notre pays reste secoué par la crise sanitaire : Qu’est-ce qui a le plus manqué les Français dans le domaine de la culture et des loisirs pendant le confinement ? Qu’ont-ils fait pour continuer à se divertir ? Quand et à quelles conditions les publics envisagent-ils de sortir à nouveau ? Au moment des réouvertures, quels lieux ou activités vont-ils retrouver d’abord ? Les Français les plus impliqués dans ces pratiques vont-ils reprendre le même rythme de fréquentation ?

    L’étude a également été conduite en Suisse et a donné des résultats assez similaires, ce qui tend à confirmer les tendances sur les comportements à venir.

    L’enquête a été menée du 1 au 5 juin 2020 sur un échantillon représentatif de la population française (sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle, région et taille d’agglomération des interviewé.e.s) qu’ils aient ou non des pratiques culturelles occasionnelles ou régulières.

    Des résultats similaires en Suisse

    Quels sont donc les résultats de cette enquête ?

    Tout d’abord, c’est indéniable : les Français aiment la culture !

    Pendant le confinement, nombreux sont ceux qui ont éprouvé un sentiment de manque lié à l’absence de sorties culturelles. Ils ont notamment regretté de ne plus pouvoir se rendre au cinéma ou assister à des spectacles vivants. Les musées et les lieux de patrimoine ont quant à eux manqué aux Français qui les visitent régulièrement en temps normal.

    Alors pour composer cette absence de loisirs, les Français ont eu recours au streaming. Seulement 30% des personnes interrogées n’ont pas eu d’activités culturelles sur le web.

    Qu’est-ce que la période de déconfinement a changé ?

    Depuis juin, si près d’un Français sur deux est prêt à retourner dans les lieux culturels tout en restant vigilant sur les mesures sanitaires. En revanche, 30% des personnes interrogées déclarent préférer attendre la fin de l’épidémie.

    Le type de lieux que les français déclarent vouloir retrouver en priorité illustre ces craintes. Nos compatriotes vont en effet privilégier les lieux dans lesquels les visiteurs sont “mobiles” (musées, expositions, parcs). La réticence est plus forte pour les spectacles en salle close et les festivals qui drainent souvent des publics importants.

    Face à la crise économique qui s’annonce et au contexte sanitaire encore incertain, beaucoup de français déclarent vouloir moins fréquenter certains lieux ou tout simplement réduire leur nombre de sorties.
    Ils sont aussi 43% à vouloir diminuer leurs dépenses culturelles, surtout les jeunes.

    De plus, seulement la moitié des abonnés des théâtres ou autres lieux culturels vont reprendre en septembre leurs abonnements. Les autres hésitent ou envisagent de réduire leurs dépenses culturelles.

    Rendez-vous sur le site de L’oeil du public pour en savoir plus.

    https://loeildupublic.com
    Pratiques-culturelles-post-covid-France
    https://www.facebook.com/loeildupublic
    @loeildupublic

    Voir aussi : "Du temps pour lire, s’il vous plaît..."

    Photo : JESHOOTS.com - Pexels

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  • Jazz Méditerranée

    Dire qu’un souffle méditerranéen souffle sur le dernier album du trompettiste Dominic Ntoumos est un doux euphémisme. En réalité, son opus Back To The Roots, qui a été produit par Eric Legnini, transporte un délicieux parfum d’Orient, et ce dès son ouverture, Apsilies, en featuring avec Mehdi Haddad.

    Jazzman solidement enraciné en Europe du sud, Ntoumos propose dans son sixième album des œuvres écrites pour la plupart entre 1920 et 1940. D’où ces couleurs nostalgiques et mélancoliques (Ap Tin Poli enas mortis, Vre Mánges Dio Sti Filakí, en featuring avec Sotiris Papatragiannis ou Ap Tin Poli enas mortis) : les chansons traditionnelles grecques, les rythmes tziganes ou les airs balkaniques s'habillent d'un électro-jazz d’une liberté majestueuse.

    La trompette de Ntoumos est étincelante et a la couleur bleue et blanche du sud de l’Europe, à l’exemple du balkanique et volcanique Tsifteteli, écrit par Manolis Karantinis ou encore le titre Kakouria Petera.

    Mou Ipan Na Min Sagapo a des teintes pop, quand elles ne sont pas rock (Underground-Čoček, avec Marcel Rãmba en invité).

    C’est un album proprement solaire, pour ne pas dire dansant (Joc de Beica, avec Marcel Rãmba), par un artiste sans frontière.

    Ntoumos, Back To The Roots, Staciarecords, 2020
    https://www.facebook.com/ntoumos

    Voir aussi : "Éric Legnini et ses amis"

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  • Mes sœurs, mes semblables

    Il y a plusieurs mois, nous parlons de Claudine Loquen et de son exposition au Musée Nicolas-Poussin des Andelys. L’artiste y présentait des portraits de femmes tour à tour oniriques, naïves, surréalistes ou tourmentées. Elle revient sur ce même sujet avec un livre, qui est le premier volume d’une série intitulée Les Oubliées (éd. La Grisette).

    Ces oubliées de l’histoire s’appellent Emma Clotilde, Boudica ou Aliénor d’Aquitaine. Ce sont aussi l’aéronaute Sophie Blanchard, les peintres Jacqueline Lamba et Marthe Lucas ou encore les résistantes Marie Reynoard et Geneviève de Gaulle. Elles sont des personnages historiques mais aussi des figures fictives ou encore des anonymes, à l'instar d'Emma Bovary ou de ces Maliennes.

    Femmes invisibles et oubliées

    "L'artiste explore toutes modalités de la sororie, depuis les sœurs de Lampérière jusqu’aux sœurs de Beauvoir. Et si elle n'est directement évoquée que dans une seule toile intitulée Jumelles, la question du double et de la gémellité, traverse insensiblement, toute la peinture de Claudine", écrit Frédérique-Anne Oudin en préface du livre.

    On retrouve la patte reconnaissable entre toutes de Claudine Loquen. Elle opte pour des saynètes à la Marc Chagall (Aliénor en croisade), empruntant autant au surréalisme qu’à l’iconographie orthodoxe (Aoua, princesse Malienne) pour des portraits si lumineux qu'ils en deviennent majestueux.

    Résolument féministe, farouchement attachée à arracher à l’oubli ses "sœurs" et ses "semblables", Claudine Loquen complète son ouvrage par des notices biographiques bienvenues.

    Claudine Loquen, Les Oubliées, tome 1, éd. La Grisette, 2020, 36 p.
    http://www.claudine-loquen.com

    Voir aussi : "Femmes extraordinaires des Andelys"

    © Claudine Loquen

    claudine loquen,peintre,marc chagall,féminisme,oubliées

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  • Hollywood interdit

    La rétrospective que propose le Festival Lumière en collaboration avec la Warner couvre une période très courte dans l’histoire du cinéma : de 1929 à 1934, alors qu’une crise économique sans précédent balaye les États-Unis, quelques créateurs et créatrices d’Hollywood jouissent d’une liberté de ton sans précédent, et vont s’en servir au service de films subversifs, scandaleux, glamours, révolutionnaires ou à l’esthétique nouveau.

    Au début des années trente, les ligues de vertu ne dominent pas encore les commissions de censure et le Code Hays ne s’est pas encore imposé. Hollywood va profiter de ce vent de liberté inédit.

    Ces artistes, réalisateurs, actrices ou acteurs se nomment Barbara Stanwyck, Jean Harlow, Loretta Young, Clark Gable, John Wayne, Lionel Barrymore, Clarence Brown, William Wellman, Roy Del Ruth ou Michael Curtiz. En cinq ans ils vont offrir au cinéma mondial quelques bijoux, le plus souvent oubliés, et que le Festival Lumière et la Warner proposent depuis le 1er juillet, grâce à une rétrospective, visible en salle tout l’été.

    Le public va pouvoir redécouvrir ces dix films méconnus, pour ne pas dire oubliés :

    Âmes libres de Clarence Brown, avec Norma Shearer, Leslie Howard, Lionel Barrymore et Clark Gable (1931)
    La fille d’un avocat tombe amoureuse d’un élégant gangster que son père a défendu avec succès… Un film noir avec les remarquables Lionel Barrymore (Oscar du meilleur acteur), Clark Gable et Norma Shearer.

    L’Ange blanc de William A. Wellman, avec Barbara Stanwyck, Ben Lyon, Joan Blondell et Clark Gable (1931)
    Une infirmière tout juste diplômée (Barbara Stanwyck) découvre qu’un praticien laisse mourir les enfants de la famille où elle travaille pour toucher un héritage… Un magnifique portrait de femme et brûlot sur l’institution hospitalière.

    Blonde Crazy de Roy Del Ruth, avec Norma Shearer, Leslie Howard, Lionel Barrymore et Clark Gable (1931)
    Bert et Ann travaillent dans le même hôtel, et deviennent vite un duo d’inséparables arnaqueurs… Un film de hors-la-loi à l’intrigue audacieuse et la mise en scène libre et belle.

    Jewel Robbery de William Dieterle, avec William Powell, Kay Francis, Helen Vinson, Hardie Albright et Alan Mowbray (1932)
    Vienne. Une baronne adultère s’éprend d’un élégant voleur durant le braquage d’une bijouterie… Une brillante comédie cynique mêlant haute société, cambriolage et séduction, avec William Powell et Kay Francis, éblouissants.

    La Belle de Saïgon de Victor Fleming, avec Clark Gable, Jean Harlow, Gene Raymond, Mary Astor, et Donald Crisp (1932)
    En Indochine, le triangle amoureux entre le directeur d’une plantation, l’épouse de son ami et une aimable prostituée au charme magnétique… Un grand drame érotique avec Clark Gable et Jean Harlow.

    La Femme aux cheveux rouges de Jack Conway, avec Jean Harlow, Chester Morris et Lewis Stone (1932)
    Une femme ambitieuse séduit son patron marié pour s’élever, par tous les moyens, dans la hiérarchie de la Compagnie Legendre… Un des films les plus subversifs de l’ère pré-Code, noir, incisif et comique, avec la mythique Jean Harlow.

    Employees’ Entrance de Roy Del Ruth, avec Warren William, Loretta Young et Wallace Ford (1933)
    New York. Un directeur de grand magasin tyrannique et abusif engage Madeline en échange d’une nuit avec elle… Un film impertinent sur le capitalisme triomphant, entre dénonciation et humour.

    The Mind Reader de Roy Del Ruth, avec Warren William, Constance Cummings et Allen Jenkins (1933)
    Chandra, un escroc passant pour un guérisseur aux produits miraculeux, parcourt les foires du pays avec son complice… Une comédie et romance mordante, portrait d’une Amérique en pleine Grande Dépression.

    Baby Face d’Alfred E. Green, avec Barbara Stanwyck, George Brent, Donald Cook, Alphonse Ethier, Henry Kolker et Margaret Lindsay (1933)
    Ignoblement prostituée par son père, Lily Powers (Barbara Stanwyck) part à New York. Elle gravit les échelons d’une banque, utilisant les hommes comme marchepied… Un très grand film provocateur, qui choqua l’Amérique.

    Female de Michael Curtiz, avec Ruth Chatterton, George Brent, Lois Wilson, Johnny Mack Brown et Ruth Donnelly (1933)
    Alison Drake dirige fermement l’entreprise héritée de son père. Elle s’éprend d’un inconnu, qui s’avère avoir pour mission de sauver son entreprise en faillite… Un film étonnant dont la liberté de ton laisse poindre une critique du capitalisme.

    Une rétrospective avec le soutien de l'Association Française des Cinémas d'Art et d'Essai (AFCAE), de l'Agence pour le Développement Régional du Cinéma (ADRC) et du Centre National du Cinéma et de l'image animée (CNC). 

    Rétrospective "Forbidden Hollywood"
    Proposée par Warner et le Festival Lumière à Lyon
    http://www.festival-lumiere.org
    https://www.warnerbros.fr

    Voir aussi : "Le paradis d'Hollywood"

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