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Replongeons quelques années plus tôt. Il y a plus de 12 ans, un auteur complètement inconnu, policier de son État, sortait un polar frappant et sonnant juste. Code 93 révélait Olivier Norek : un auteur proposant une intrigue à la fois simple et implacable. Et avec ça, le souci du réalisme. Un réalisme brut montrant Paris et sa banlieue sous la plus hideuse des manières.
2011. Une jeune toxicomane est découverte dans un piteux état. Violée, martyrisée et abandonnée comme un déchet, elle n’intéresse personne, pas même sa famille qui choisit de ne pas l’identifier. Un an plus tard, c’est un autre corps qui est découvert, celui d’un autre toxicomane, affreusement brûlé. Puis, un autre homme à qui on a ôté les testicules de son vivant. Or, rien ne se passe comme prévu. A l'intérieur du corps du premier homme, un portable se met à sonner, tandis que le second se réveille. Le capitaine Coste a devant lui une affaire épineuse qui va l’amener bien plus loin que ce qu’il prévoyait.
Une première vraie réussie
Voilà un de ces polars qui ont fait la réputation des auteurs français : intrigue bien ficelée, ici avec crédibilité, du réalisme (le pedigree de Norek, ancien lieutenant de police explique cela) et des messages derrière ce roman fort distrayant.
Norek suit ses personnages, les abandonne quelques pages pour s’intéresser à l’assassin et revient afin de continuer à boucler l’affaire. Pour autant, le lecteur ou la lectrice ne sont jamais perdus complètement. Ajoutez à cela un policier sérieux mais désabusé et des collègues souvent bien campés.
Cela donne cette plongée dans un Paris très, très noir.
Une première vraie réussie. Olivier Norek venait de naître.
Étrange pop que celle proposée par Be My Wife. Aussi étrange que David Bowie lui-même, Be My Wife ayant choisi pour pseudonyme d’artiste le titre d’une chanson du génie anglais (plus précisément un titre présent dans le légendaire album Low de sa Trilogie berlinoise). En mars dernier, Be My Wife avait sorti un précédent EP, The Restless Pursuit.
Be My Wife est étrange oui (que l'on jette un coup d'œil sur la pochette de l'album pour s'en convaincre) mais surtout créatif, à l’instar du morceau qui ouvre l’opus, Who You Are, morceau dense, aux sombres échos et aux éclats de lumière. Oui, assurément, il y a bien du Bowie là dessus.
Be My Wife confirme, avec son EP To Deliver A Feeling, son envie de proposer une pop de notre temps, décapante et dopée aux sons électroniques (Complicate Me) et aux influences venues d’autres continents et d'autres cultures que l'anglais ou le français (Me Cuesta).
Étrange oui mais surtout créative
Cela donne à l’opus un grain lo-fi, avec la voix de Be My Wife déstructurée (Melodramatic). On est dans une pop à la fois d’un autre temps et d’un autre espace (Radically Sealed, Another Light), mais également paradoxalement actuelle dans ses messages : "Relentlessly persistent / The world is up in a roar / We raise our fists with you / But do they see us? / Yeah we’re shook to the core ("D'une persistance implacable / Le monde est en émoi / Nous levons les poings avec vous / Mais nous voient-ils ? Oui, nous sommes secoués jusqu'au plus profond de notre être)".
On est curieux de découvrir un Only You, bien différent du standard des Platters. On est face à un titre bien de notre époque, mais tout aussi enflammé : "And now / Let’s keep going towards the light".
Alors que les titres pop dépassent difficilement aujourd’hui les trois minutes, avouons que les morceaux de plus de cinq minutes font figure de singularité. Singulier comme le sont les deux EP de Be My Wife. Bowie peut dormir en paix : son héritage musical continuera encore longtemps.
Bla Bla Blog gage que cette année 2026 sera placée sous le signe des arts, de la culture, de l'intelligence, de l'audace et aussi de la curiosité. Beaucoup de curiosité !
Très bientôt, sur ce site, vous retrouverez notre Top 10 de 2025.
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Bla Bla Blog termine l’année en beauté avec un des plus beaux et des plus surprenants albums de ces derniers mois. Nous sommes dans un univers affolant, plein d’aplomb, de passion mais aussi de justesse avec cet album de Venerem dont le titre frappe fort à propos : Strike (Orlando). Le quatuor propose là un album incroyable mêlant avec bonheur musique Renaissance, baroque, néoromantisme, classicisme et jazz. Le tout dans un esprit rock.
Le titre de l’opus fait référence à Strike The Viol, une ode pour l’anniversaire de la reine Mary. Laureen Stoulig propose l’une des plus étourdissantes versions de la pièce d’Henry Purcell (1659-1695). Impossible de ne pas parler des trois musiciens qui l’accompagnent dans cette version jazz électrisante, le pianiste et formidable arrangeur Marlo Thiennes, Michel Meis aux percussions et Simon Zauels à la basse électrique. Strike The Viol est l’un des plus beaux morceaux qui soient dédié à la musique, au plaisir et aux harmonies.
Le second morceau de Purcell est The Cold Song, un tube tiré de l’opéra King Arthur. Et dire que cet opéra date de 1691 ! The Cold Song est redevenu célèbre au début des années 80 grâce au regretté Klaus Nomi. L’air devient ici un authentique morceau rock, grâce à la voix de Laureen Stoulig que la soprano franco-mauricenne pousse jusqu’à ses extrêmes limites. Une version là aussi inoubliable, servie par une prise de son captant jusqu’à la moindre variation du souffle de la chanteuse.
L’auditeur ou l’auditrice découvrira sans doute le compositeur Franceso Bartolomeo Conti (1682-1732). L’Aria, Allegro, est extrait de sa cantate Languet anima mea. Comme pour le Strike The Viol de Purcell, il semble entendre chez les Venerem le même swing que Jacques Loussier, lorsque ce dernier faisait rimer Bach et jazz, ne s’interdisant pas plus l’irrévérence.
Un univers affolant, plein d’aplomb, de passion mais aussi de justesse
Après un instrumental – jazz, comme de bien entendu – de Marlo Thiennes, sous forme d’Entracte, c’est Vivaldi qui est présent avec le Cum Dederit, extrait du Nisi Dominum RV 608. La relecture moderne est plus sobre, gardant cet esprit sacré et recueilli, mais non sans d’infimes variations sonores. Voilà qui donne à ce Cum Dederit, un supplément d’âme et de mystère.
Mais les Venerem ne sauraient pas s’arrêter en si bon chemin, sur le répertoire Renaissance et baroque. Le quatuor interprète avec simplicité une mélodie du compositeur néoromantique Reynaldo Hahn (1874-1947). À Chloris est une jolie déclaration d’amour, réservée, pudique et comme hors du temps : "S'il est vrai, Chloris, que tu m'aimes / Mais j'entends, que tu m'aimes bien / Je ne crois pas que les rois mêmes / Aient un bonheur pareil au mien".
On est heureux de trouver dans ce somptueux album la magnifique Passacaille de Lully (1632-1687), extrait de son opéra Armide. La facture versaillaise, intacte, se pare des couleurs et des rythmes jazz. Le tout est porté par la voix cristalline de Laureen Stoulig.
L’album porté par le quatuor se révèle un tour de force musical, intelligent, entre vénération et audace. Décidément, ce Strike finit par nous mettre KO debout.
Les Cramés de la Bobine présentent à l'Alticiné de Montargis le filmLumière pâle sur les collines.Il sera visible le jeudi 1er janvier et le dimanche 4 janvier à 18H, le lundi à 5 janvier à 14H. Soirée débat le mardi 6 janvier à 20H.
Malgré les difficultés, Sana tente d’offrir à ses jumeaux des vacances de printemps. Comme son Royaume-Uni, 1982. Une jeune anglo-japonaise entreprend d’écrire un livre sur la vie de sa mère, Etsuko, marquée par les années d’après-guerre à Nagasaki et hantée par le suicide de sa fille aînée. Etsuko commence le récit de ses souvenirs trente ans plus tôt, lors de sa première grossesse, quand elle se lia d’amitié avec la plus solitaire de ses voisines, Sachiko, une jeune veuve qui élevait seule sa fille. Au fil des discussions, l’écrivaine remarque une certaine discordance dans les souvenirs de sa mère… les fantômes de son passé semblent toujours là - silencieux, mais tenaces.
Diablement séduisant cet album des BB & The Bullets, tout comme l’illustration de l’album, simple, colorée et efficace. L’opus High Tide se compose de sept morceaux originaux et de cinq reprises de classiques du blues. : "Nous avons inclus des reprises de blues car nous voulions nous imposer comme un groupe de blues contemporain, capable de nous intégrer facilement à un festival ou à un concert aux côtés de groupes de blues modernes comme Joe Bonamassa et Eric Gayles", explique le leader du groupe.
L’efficacité justement de High Tide frappe aux oreilles dès le premier morceau de Brian Baker et ses amis. Avec Something In The Water, nous sommes dans un rock de bon aloi, serti de perles blues, y compris dans l’esprit (Born Under A Bad Sign).
BB & The Bullets ne nous vient pourtant pas des États-Unis mais de Nouvelle Zélande. Aucune importance, tant le trio a intégré l’ADN l’esprit du sud américain (High Tide). On sent que le groupe mené par Brian Baker s’arrache dans un album produit avec soin et semblant intemporel (I Can Tell).
Sacrément culottés
Le plaisir est manifeste dans cet album blues rock (Walking The Dog, Letting Go), par ailleurs d’une belle énergie (Little Fischies ou le formidable Brian’s Boogie). Tout cela sent la bonne cuisine à l’ancienne, sans conservateurs ni additifs… ni surtout instruments électroniques et autres ordis.
Sacrément culottés, les BB & The Bullets proposent une reprise très rock du tube I Want You de John Lennon Paul McCartney, un titre écrit pour l’album Abbey Road des Beatles. Une jolie surprise.
L’esprit pop n’est finalement jamais très loin dans cet album à la production bien soignée (The Thrill Is Gone), se terminant avec un Big Boot Running en forme de signature venue tout droit de l’autre côté de la planète. Comme quoi, l’avenir du rock peut aussi venir d’au-delà des États-Unis.
Le programme est composé d’œuvres de Nicolas de Grigny (1672-1703), Henry Du Mont (1610-1684), Louis Couperin (1626-1661), Étienne Richard (1621-1669), Charles Richard (1620-1652), Jean Lacquement Dubuisson (1622-1680), Jean de Sainte-Colombe Fils (1660-1720) et Antoine de Boësset (1586-1643).
De par leur notoriété, Du Mont, De Grigny et surtout Couperin sont mis en exergue. Il n’en reste pas moins vrai que Partout amour me vient chercher est une double découverte : celle de compositeurs, tels Étienne et Charles Richard, Lacquement Dubuisson et de Boësset, surtout connus des spécialistes, mais aussi celle d’une musique jouée par des instruments d’époque rares – dessus de viole, violoncelle d’amour, chalumeaux, cervelas (sic), basson baroque ou virginal – donnant à ce disque des couleurs singulières et un fort parfum d’authenticité. À cela s’ajoutent des chanteurs et chanteuses dans des registres là aussi inhabituels (dessus, bas dessus, haute-contre, taille et basse).
Nous voilà donc à la cour du Roi Soleil avec, pour commencer, Nicolas de Grigny et son Ouverture en G-resol-b par Mgr Degrigni (ou "Ouverture en G ré Sol"). Il faut souligner l’influence de ce compositeur, génie de l’orgue, influençant jusqu’à un certain Jean-Sébastien Bach.
Le titre de l’album reprend une des chansons de Du Mont. Bien que le compositeur belge – mais qui a fait toute sa carrière en France – ait excellé dans la musique religieuse, ce sont des chansons que propose l’Ensemble Capella Leonis, dirigé par Cédric Costantino et Philippe Foulon. Authenticité garantie pour ces pièces touchantes et aux sonorités nous renvoyant près de 350 ans en arrière (Chanson VII : Je n’ay jamais parlé, Chanson I : Laisse moy soupirer) , la plupart singulièrement longues : plus de 9 minutes 30 pour Quand l’esprit accablé et pas moins de 7 minutes pour Je n’ay jamais parlé, Laisse moy soupirer et Ô mon cœur ! Osez-vous aymer Silvie ? Henry Du Mont insuffle cependant ce je ne sais quoi d’esprit religieux, à commencer par le bien nommé Air spirituel et Chanson XX, Quand l’esprit accablé.
Décidément, Henry Dumont est largement à l’honneur dans l’album de l’Ensemble Capella Leonis
Décidément, Henry Dumont est largement à l’honneur dans l’album de l’Ensemble Capella Leonis. Bannissons la mélancolie (Chanson III), avec une légèreté inhabituelle dans le répertoire louisquatorzien. Légèreté également dans la courte et souriante chanson à boire Je ne sçay ce que c’est ("Pour bien entonner cette liqueur bachique / Je ne céderois pas à toute la musique").
On retrouve avec plaisir François Couperin et ses Carillons de Paris, une pièce d’un parfait équilibre entre baroque versaillais majestueux et ce je ne sais quoi de joliesse propre à faire danser, comme si tout Versailles partait s’encanailler dans les rues de la Capitale.
Arrêtons nous plus longtemps sur les frères Richard dont nous savons peu de choses, et sur leur vie et leur œuvre. Étienne Richard était réputé comme organiste, claveciniste et compositeur, bien que ses créations nous soient parvenues de manière lacunaire. Il est présent ici avec une Sarabande suivie de son double. Voilà une vraie découverte, délicate, tout en brio, dans une danse appréciée à l’époque. Il s'agit d'une pièce pudique et envoûtante tout à la fois. Son frère Charles Richard est également présent avec un Prélude pour orgue, orchestré ici sur instrument d’époques. Le livret émet un doute quant à la paternité de cette pièce qui pourrait bien être de son frère. Mais peu importe, tant il est rare d’écouter ces compositeurs.
Autre quasi inconnu, Jean Lacquement Dubuisson a pourtant laissé une œuvre abondante de près de 111 pièces, toutes pour basse de viole seule. Rien d’étonnant donc à ce que l’on retrouve ici une Fantaisie pour cet instrument.
On sait depuis le film Tous les matins du monde que le répertoire versaillais inclus des pièces aux antipodes du baroque européen : épurées, sensibles et déchirantes. Le nom de Sainte-Colombe, père, vient immédiatement en tête. Or, c’est Jean de Sainte-Colombe, le fils, que l’Ensemble Capella Leonis a choisi de mettre à l’honneur. Il s’agit d’une Fantaisie en rondeau pour viole de gambe seule. Même technicité, même simplicité cistercienne, même intériorité pour ce morceau faisant honneur au répertoire de cette époque.
Terminons par un dernier compositeur rare. Il s’agit d’Antoine de Boësset. Il est né à la fin des Guerres de Religion et fait le lien entre la Renaissance (son apprentissage musical eut lieu, comme par hasard, à Blois et Tours) et le milieu du XVIIe siècle qui n’est pas encore versaillais. Ses airs de cour polyphoniques ont été fameux. On retrouve un de ces morceaux, Ô mort, l’objet de mes plaisirs. Auteur prolifique, il a été malgré tout oublié, si bien que le redécouvrir sur disque est d’un réel intérêt. L’Ensemble Capella Leonis rend fidèlement un malheureux transport amoureux : "Ô mort… Pourquoy secourable à mes vœux / N’esteins tu l’ardeur de mes feux ?"