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  • Notre cœur fait Boum!

    Une découverte peut en cacher d’autres. Il y a d’abord la pianiste chinoise, Siqian Li qui sort en ce moment son premier album solo, Voyage among Fragments (Sagitta Musica). Découvertes aussi de compositeurs et d’œuvres rares adaptées pour piano dans un programme à la fois rare et audacieux.

    On ne sera pas si surpris que cela de trouver Maurice Ravel et sa Valse. Or, elle est proposée ici dans une version pour piano, adaptée par Alexander Korsantia. Une vraie claque ! Siqian Li s’empare avec un mélange de virtuosité, de grâce et d’élégance de ce morceau écrit après la première guerre mondiale. Moins hommage à la valse viennoise que vision sombre d’une Europe anéantie sous les bombes, cette œuvre frappe par sa modernité comme par son extrême noirceur, comme si des danseurs et danseuses valsaient au-dessus d’un abîme.

    Toujours aussi aventureuse, la pianiste chinoise propose une majestueuse Romance de Nicolas Dalayrac (1753-1809), un compositeur français méconnu qui devrait pourtant être célébré car il a participé à l’élaboration en France du droit d’auteur… Mais passons. Sa Romance, extraite de son opéra-comique Nina ou la Folle par amour, a été adaptée par le pianiste polonais Ignaz Friedman (1882-1948). Il en a fait un morceau néoromantique (l’œuvre originale date pourtant de 1786). Siqian Li caresse les touches pour proposer cette pièce délicate que l’on découvre avec plaisir.

    Cela fait depuis longtemps que le classique sort des sentiers battus et se frotte au répertoire populaire pour lui donner un autre éclat. La preuve avec ces adaptations par Alexis Weissenberg (1929-2012) de standards de Charles Trenet. La pianiste chinoise affirme aussi son sens du swing… autant que son amour pour le répertoire français. L’auditeur ou l’auditrice découvrira sans doute le délicat et nostalgique Coin de rue, le fringant et jazzy Vous oubliez votre cheval ou le nostalgique En avril à Paris. On fond carrément pour la transcription du célèbre Boum!, plus jazz que jamais et que Siqian Li prend un réel plaisir à proposer. Vous qui passez sans me voir, autre standard de Trenet, devient, sous les doigts de la pianiste, une pièce néoromantique, voire onirique. Avec pudeur, la musicienne fait passer les tourments d’un homme seul qui voit passer un amour disparu. Il semble entendre la voix du Fou Chantant : "Vous qui passez sans me voir / Sans même me dire bonsoir / Donnez-moi un peu d'espoir ce soir…" Ménilmontant vient conclure ces adaptations au piano de Trenet comme s’il s’agissait d’une miniature colorée et enlevée. 

    Le sens du swing

    Franz von Vecsey (1893-1935) était un compositeur hongrois. Sa Valse triste, nous rappelle le livret de l’album, est un joyau du répertoire pour violon. Or, c’est au piano que Siqian Li propose cette pièce, dans une adaptation de György Cziffra. L’interprète nous fait pénétrer dans cet univers romantique, plein de nostalgie et de grâce.  

    Nous parlions de répertoire populaire avec Trenet. Siqian Li propose un autre tube, cette fois d’un compatriote, Wang-hua Chu. Jasmine Flower Fantasia est une magnifique découverte. Ce morceau aux ornementations orientales et au délicat naturalisme n’est pas dénué de couleurs debussyennes. Onirique, néoromantique mais aussi intimement chinois, cette fantaisie musicale a le parfum (de jasmin) de ces découvertes inoubliables.

    Plus classique, la Rhapsody in Blue de George Gershwin est proposée par Siqian Li dans une version pour piano seul. On ne soulignera jamais assez les qualités de virtuosité qu’il faut pour s’attaquer à ce classique qui a su marier aussi bien classique et jazz. La pianiste chinoise s’y ballade avec la même aisance que sa compatriote Yuja Wang que nous avions chroniqué il y a peu pour un concert filmé. Les versions pour piano solo de la Rhapsody in Blue sont suffisamment rares pour ne pas goûter cette version jamais écrasante, alliant expressivité, sens du swing, encore, et moments de grâce.

    Charles Gounod vient conclure ce programme avec sa Méditation sur le premier Prélude de J.S. Bach, extrait du Clavier bien tempéré. Un retour au classique, avec une pièce devenue culte. Siqian Li propose une pièce aérienne, laissant de côté la virtuosité. Il est vrai que c’est aussi la voix de Gounod qui se fait entendre. Et aussi celle d’une pianiste qui a frappé fort dans un premier album à la fois personnel et intelligent.

    Siqian Li, Voyage among Fragments, Sagitta Musica. 2026
    https://www.siqian-li.com
    https://www.facebook.com/siqianpianist
    https://www.instagram.com/siqianpianist
    https://www.youtube.com/@siqianpianist

    Voir aussi : "Yuja Wang, de main de maîtresse"
    "Une route de la soie"
    "Hanni Liang et les voix (féminines) du piano"

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  • Petit ange parti trop tôt

    Pergolesi – ou Pergolèse, en français – est une figure à part dans l’histoire de la musique. Véritable étoile filante (1710-1736), décédé à l’âge de 26 ans, il est pourtant considéré comme une figure majeure du répertoire baroque. Il a laissé une œuvre remarquable et plus importante qu'on ne le croit. Elle est souvent résumée à son Stabat mater, certainement son chef d’œuvre. On retient aussi de lui l’opéra La serva padrona et de nombreuses pièces religieuses, dont des messes, des cantates ou des motets, dont les Salve Regina en la mineur et en fa mineur. On ne peut que regretter sa mort précoce et rêver à ce qu’il aurait pu produire les années suivantes.

    Christian Mendoze, à la direction de l’ensemble Musica Antiqua Mediterranea, est accompagné de la soprano Elena Bertuzzi et de la contralto Marie Pons pour le Stabat mater (Indésens), très certainement ce qui se fait de mieux en matière de musique religieuse et de baroque. L’enregistrement vient d'une captation à la Chapelle Saint-Julien des Salinelles en octobre 2024.

    L’écriture tardive du Stabat mater a contribué à écrire la légende de Pergolèse, à l’instar du Requiem de Mozart plus de 50 ans plus tard. Il a écrit cet hymne religieux à la Vierge Marie quelques semaines avant sa mort, alors qu’il est atteint d’une phtisie pulmonaire, hélas courante à l’époque. On peut qualifier ce Stabat mater d’œuvre "douloureuse" (Stabat mater dolorosa), sans doute représentative, hélas, de l’état santé du compositeur à l’époque. Ne pense-t-il pas à lui-même lorsqu’il s'attaque au O Quam tristis et afflicta, chant de regret d’une vie qui s’éteint ? Or, ce Stabat mater vient d’une commande, très certainement du mécène de Pergolèse, le duc de Maddaloni. Ajoutons que c’est dans un monastère que le compositeur créa cette séquence religieuse. On ne pouvait rêver endroit plus inspirant pour un tel hommage. 

    Consolation et compassion

    Œuvre religieuse, oui. Mais le Stabat mater parvient à émouvoir même les non-croyants. L’écoute du Quae moerebat et dolebat exprime les sanglots d’une mère au pied de son fils supplicié. "Quel est l’homme qui ne pleurerait s’il voyait la Mère du Christ dans un si grand supplice ?", plaint le texte latin (Quis est homo, qui non fleret, Matrem Christi si videret in tanto supplicio ?).

    L’expressivité baroque sied à merveille cette œuvre pathétique. Christian Mendoze dirige l’ensemble Musica Antiqua Mediterranea et les deux solistes pour appuyer comme il faut sur l’aspect théâtral (le Vidit suum dulcem naturum insiste sur la solitude de la douleur).

    Il y a derrière ce Stabat mater bouleversant une lumière apaisante, celle de la consolation et de la compassion (Eia Mater, fons amoris, Me sentire vim doloris fac, ut tecum lugeam, "Ô Mère, source d'amour, fais-moi sentir la force de ta douleur que je pleure avec toi"). On peut être moins sensible aux élans baroques du Fac, ut ardeat cor meum, nerveux et aux ornements qui ont fait de Pergolèse un maître baroque reconnu très tôt. On en oublierait presque que cette œuvre est avant tout religieuse (Sancta Mater, istud agas), tant la musique comme l’accent bouleversant viennent nous happer presque charnellement. Le Sabat mater a des accents de tragédie (Fac ut portem Christi mortem) voire de déclaration enflammée (Inflammatus et acentus), et ce jusqu’au poignant Quando corpus morietur. N’est-ce pas Pergolèse qui se parlait à lui-même, à quelques jours de sa mort ("À l'heure où mon corps va mourir, fais que soit donnée à mon âme la gloire du paradis") ? Le Amen vibrant et implacable vient conclure avec génie cette œuvre incroyable.

    L’ensemble Musica Antiqua Mediterranea vient compléter cet album avec deux Salve Regina, le premier en la mineur et le second en fa majeur. Le premier a pour soliste la soprano Elena Bertuzzi, le second la contralto Marie Pons. L’auditeur ou l’auditrice découvrira sans doute ces œuvres qui sont des prières à la Vierge Marie. Nous sommes encore là en plein baroque. L’accent est mis sur l’expressivité et sur la richesse d’ornementation, ce qu’offre à la perfection Christian Mendoze et son orchestre. Dans le Salve regina en la mineur, Elena Bertuzzi se fond avec bonheur dans ce court opus lyrique à souhait, jusqu’à la bouleversante supplique à la miséricorde (O clemens).

    Dans le Salve Regina en fa mineur, Marie Pons met de côté la luxuriance baroque (si l’on oublie le bref et majestueux Eja ergo, advocata nostra) au profit d’une interprétation poignante où la douleur semble ne jamais s’arrêter (Ad te clamamus). Musique religieuse, le Salve Regina l’est (Et Jesum), mais elle sait aussi parler aux cœurs quelles que soient les croyances de chacun et chacune (O clemens).

    Giovanni Battista Pergolesi, Stabat mater, Musica Antiqua Mediterranea, Christian Mendoze (direction), Elena Bertuzzi (soprano), Marie Pons (contralto), Indésens Calioppe, 2025
    https://indesenscalliope.co
    https://www.musicaantiquaprovence.com
    https://www.youtube.com/channel/UC_yyjoHJKAu2KWGFVik_muA

    Voir aussi : "Shakespearien Monteverdi" 
    "‘Faire peau à peau avec ce bijou de musique’" 

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  • En famille avec Brahms

    C’est un Brahms intime que propose l’ensemble mené par l’altiste Arnaud Thorette. Family est le nom de l’album (Indesens). Son opus propose un choix de pièces chambristes, grâce à un ensemble musical et ami. Et aussi familial, comme le montrent les deux dernières pièces de l’enregistrement. Brahms est en bonne compagnie.

    Des Cinq Lieder, op. 105 (Fünf Lieder), Arnaud Thorette propose la première, Wie Melodien zieht es mir leise durch den Sinn. Voilà une belle entrée en matière, poétique et mélodique, porté par l’alto vibrant d’Arnaud Thorette, faisant corps avec les instruments.    

    Il est rejoint par la mezzo-soprano Karine Deshayes pour les deux chansons de son opus 91, Zwei Gesänge. Nous sommes ici dans l’intimité du compositeur allemand. Il composa ces deux mélodies en 1884 pour son ami et violoniste Joseph Joachim. Les deux chansons, Gestillte Sehnsucht et Geistliches Wiegenlied, sont à écouter comme des messages d’amour et de soutien de Brahms adressés à Joachim et à son épouse et chanteuse Amalie Schneeweiss. On est ici au cœur du Romantisme mais aussi du cercle privé de Brahms. La nature répond aux épanchements de l’âme. À la fin de sa vie, Brahms écrit ses deux Sonates op. 120. Arnaud Thorette propose la deuxième, dans sa version pour alto et piano, avec Dominique Plancade au clavier. La vision crépusculaire d’un Brahms en fin de vie frappe aux oreilles (Allegro amabile). Brahms garde cependant cette âme romantique et passionnée (Allegro appassionato avec Trio : Sostenuto), avant un Andante (Andante con moto : Tema con variazona ; Allegro) alliant apaisement et tensions dans ce Brahms intime. .

    Au cœur du Romantisme

    L’ensemble mené par l’altiste propose l’Adagio de la Troisième Sonate pour violon, op. 108. Nous sommes là encore dans les dernières années du compositeur allemand. Poignant et ténébreux, Brahms semble laisser épancher ses regrets.

    Nous avions déjà parlé sur Bla Bla Blog de la fameuse Sonate F.A.E. Elle a été composée à trois par Brahms, Schumann et Albert Dietricht. Nous sommes en 1853. Cette pièce porte un nom étrange mais plein de sens : "F.A.E." pour "Frei Aber Einsam" ("Libre mais solitaire"). Elle était destinée au violoniste Joachim, encore lui. C’est le Scherzo de Brahms qui est proposé. Un mouvement plein d’énergie, d’enthousiasme et de fraîcheur, marquant durablement avec cette Sonate F.A.E. l’histoire de la musique romantique. Une histoire d’amitiés aussi.

    Nous parlions d’intimité, de relations amicales et de famille. C’est ainsi que l’on écoute le Feldeinsamkeit, tiré de ses Six Lieder, op. 86. Ils sont proposés pour alto et piano. Dans la mélodie Geheimnis (extrait des Fünf Gesänge, op. 71), Brahms semble nous susurrer à l’oreille quelque secret.  

    On est particulièrement séduit par l’Adagio du Trio pour alto, violoncelle et piano, op. 114. Une vraie entente entre Arnaud Thorette, Antoine Pierlot (violoncelle) et Johann Farjot pour un mouvement majestueux sans être grandiloquent, paisible et invitant à la quiétude. Brahms se fait plus méditatif dans son éloquente Sappische Ode, tiré des Cinq Lieder, opus 94.

    Restons en famille pour terminer. Arnaud Thorette inclut dans son programme la participation de sa fille Aurore Thorette Paillette. À 11 ans, elle s’épanouit dans le rare et bref Spruch, WoO 27. Puis, c’est son frère Anatole Thorette Paillette qui lui succède. Au piano, le garçon de 15 ans interprète le célèbre Wiegenlied (tiré de ses Fünf  Lieder). "Un clin d’œil familial et de passage de témoin", comme le dit l’altiste, pas peu fier de voir sa progéniture le rejoindre, en famille donc.

    Brahms, Family, Arnaud Thorette (alto), Indésens Calliope, 2025
    https://indesenscalliope.com
    https://www.arnaud-thorette.com

    Voir aussi : "Bouquets de Fauré"
    "Nuit et lumières chez les Schumann"

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  • Point de bascule

    Un album sur Arnold Schönberg et Anton Webern, deux des trois maîtres de la seconde école de Vienne – le troisième étant Albert Berg : voilà qui est culotté. Et immanquable. C'est ce que propose b.records avec l'album Wendepunkt. Pierre Dumoussaud dirige un orchestre fait au poil, avec les ensembles de musique de chambre du Quatuor Hanson, du Quatuor Hermès, du Quatuor Magenta et l’Ensemble Ouranos pour un programme enregistré au cours du Festival de Pâques de Deauville, les 26 et 27 avril 2025.

    Est-ce bien du Schönberg que l’on écoute dans cette première Kammersymphonie, op. 9 (littéralement "symphonie de chambre") ? Écrite en 1907, elle berce dans la modernité, sans les coups de boutoirs et les provocations dodécaphoniques et sérielles du compositeur autrichien quelques années plus tard.  

    On est à un "tournant" (ou "point de bascule", comme le précise Pierre Dumoussaud dans le livret), traduction du mot "Wendepunkt", qui est le titre de l’album b.records. C’est évident à l’écoute de cette Kammersymphonie n°1 qui s’éloigne à coup sûr du romantisme wagnérien finissant pour proposer une œuvre plus expressionniste, mordante. Les révolutions de la musique contemporaine ne sont pas loin. 

    Un orchestre "all-star"

    Dans cette seconde école de Vienne, Webern est sans doute le compositeur qui nous touche le plus. La preuve avec cette passionnante version de son Langsamer Satz (elle a été orchestrée pour orchestre à cordes par Gerard Schwartz).

    Nous sommes en 1905, soit à la même période que la première "symphonie de chambre" de son maître. À l’époque, le jeune compositeur est amoureux. Il a rencontré sa future épouse Whilhemine Mörti. Il écrit ceci dans son journal : "Marcher toujours ainsi parmi les fleurs, avec ma bien-aimée auprès de moi, se sentir si puissamment ne faire qu’un avec l’univers, sans inquiétude aucune, aussi libre que l’alouette dans le ciel." Les chafouins et chafouines critiqueront ces propos très guimauves. Il n’en reste pas moins que ce Langsamer Satz, conduit de main de maître par Pierre Dumoussaud avec son orchestre "all-star" (sic) sur mesure respire les élans et les influences de Mahler. L’auditeur ou l’auditrice découvrira une œuvre attachante, lumineuse et colorée tout à la fois, propre à faire fondre n’importe quelle personne endurcie.

    Retour dans ce programme à Arnold Schönberg et à sa Symphonie de chambre no 2, op. 38. Nous sommes en 1939, soit 20 ans plus tard. Une première guerre mondiale a ravagé l’Europe et une deuxième s’apprête à éclater. Le compositeur autrichien s’est exilé aux États-Unis quelques années plus tôt. C’est un artiste pessimiste et sombre qui doute même de ses innovations musicales. Il reprend la seconde Kammersymphonie, commencée peu après la première. Il la retravaille en exil, pense ajouter un troisième mouvement à l’Adagio et au Con fuoco mais finalement y renonce. Cette œuvre concentre finalement le travail et les réflexions d’un Schönberg très affecté. Impossible de ne pas être remué par cette œuvre moderne et expressive.

    Pierre Dumoussaud et son formidable orchestre – constitué, répétons-le par égard pour eux, des quatuors Hermès, Magenta et l’Ensemble Ouranos – parvient à rendre attachant et immédiatement accessible Schönberg et Webern. Ce qui n'est pas un moindre exploit. 

    Wendepunkt, L’Atelier de musique, dirigé par Pierre Dumoussaud,
    Quatuor Hanson, Quatuor Hermès, Quatuor Magenta, Ensemble Ouranos, b•records, 2025

    https://www.b-records.fr/disques/wendepunkt
    https://musiqueadeauville.com
    https://www.instagram.com/pierre.dumoussaud

    Voir aussi : "Je rêvais d’un autre monde"

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  • Marion Frère, à l'origine

    L’histoire commence… Ainsi démarre Originelles (au féminin !), un projet musical et artistique imaginé par Marion Frère, au texte et au violoncelle. Démarrant comme un conte sur les bords de la Méditerranée, la compositrice et musicienne tire de son instrument des sons incroyables pour parler de son art et de son voyage dans son imaginaire (Baou).

    Authentique création contemporaine où la musique est à la fois littéraire et fable, Originelles est aussi la confession d’une musicienne sur son art et sur l’art lorsqu’il vous libère. Marion Frère ne manque pas de culot dans cet album qui ne ressemble à rien d’autre. Le violoncelle devient une partie d’elle-même lorsque la compositrice en sort des grincements douloureux, des moments de méditation mais aussi de respirations, comme si l’instrument avait besoin de respirer (Baou).

    Après une réflexion de la narratrice Camille Villanove (Sons et sensations), Marion Frère fait un détour par le répertoire classique et vers une compositrice classique, Rita Strohl (1885-1941). Il s’agit de la Grande sonate dramatique "Titus et Bérénice". Marion Frère, accompagnée au piano par Théo Penven, s’y livre tout autant, en particulier dans l’ample et mélodieux Allegro moderato. Les respirations du violoncelle sont là, tout comme la passion néoromantique de cette compositrice sortie récemment de l’oubli.

    À l’exemple du Vivace de la sonate de Rita Strohl, Marion Frère prouve qu’elle fait partie de ces compositeurs et compositrices actuelles revendiquant leur attachement à la mélodie, après des décennies de bouderies dans certains milieux : "Les mélodies jaillissent de l’âme" dit-elle plus loin dans l’opus. La preuve encore avec le bouleversant Lento, tristamente ou le sombre Allegro molto movimento, toujours de Rita Stroh. 

    N’est-ce pas d’elle même qu’il s’agit ?

    Musicienne et compositrice, Marion Frère est aussi une autrice autant qu’une philosophie. Si bien qu’il n’est pas singulier de voir dans son programme une figure aussi essentielle qu’Hidegarde von Bingen (1098-1179). Mystique et religieuse bénédictine sanctifiée par l’Église catholique, elle a laissé une œuvre considérable. Marion Frère interprète avec Bathazar Naturel une de ses pièces liturgiques, l’antienne O Virtus sapientiae. Voilà qui illustre la vision sacrée de l’art pour la compositrice et violoncelliste : "L’art hors de l’intelligence et du raisonnement".

    On l'aura deviné, cet art est pris à bras le corps dans un album dominé par les femmes. Que ce soit Marion Frère – bien sûr – mais aussi Rita Stroh, Hidegarde von Bingen, mais aussi Marthe Angot Bracquemond (1898-1973) et Marguerite Canal (1890-1978).

    Ces deux dernières sont présentes dans des œuvres de la deuxième moitié du XXe siècle. Marion Frère est accompagnée de l’ensemble Les Gabriëles pour les Trois pièces pour quatuor à cordes de Marthe Angot Bracquemond. Il est important de découvrir cette compositrice rare ayant laissé peu d’œuvres, des œuvres influencées autant par le répertoire folklorique et ancien (Dans une allure populaire), le néoromantisme que le contemporain (son Andante  - Allegro vivo). Voilà une voix et une voie singulière et passionnante.

    Autre découverte, celle de Marguerite Canal et sa brève et touchante pièce justement intitulée Spleen. Marion Frère et Théo Pleven déroulent avec tendresse cette délicate œuvre pleine de mélancolie. Marion Frère conclue Originelles en parlant de ces gens aspirant à la vie, au désir et à la découverte. N’est-ce pas d’elle même qu’il s’agit ? En tout cas, voilà deux magnifiques découvertes : celle d’un album passionnant et d’une artiste attachante, rare, sensible et sacrément culottée.

    Marion Frère, Originelles, Evidence Classics, 2025
    https://www.marionfrere.com
    https://marionfrere.bandcamp.com/album/originelles

    Voir aussi : "Rita Strohl en robe de chambre"

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  • Shakespearien Monteverdi

    Si Monteverdi n’est pas le créateur de l’opéra, il en a en tout été le premier grand compositeur et celui qui a posé les bases de ce genre pour plusieurs siècles.

    Le Couronnement de Poppée, écrit sur un livret de Giovanni Francesco Busenello d'après Les Annales de Tacite, a été créé à Venise en 1643, quelques mois avant la mort du maître italien. Il s’agit donc de son quatrième et dernier opéra – sans compter ses autres œuvres perdues. L’ensemble Les Épopées a mis en musique une nouvelle version de L’Incoronazione di Poppea, sur une production du Château de Versailles.        

    Le Couronnement de Poppée marque un tournant pour le compositeur italien en ce qu’il campe son intrigue à partir de faits historiques, même s’ils ont été largement transformés, sinon fantasmés. On y trouve l’empereur Néron, son épouse légitime Octavie qu’il veut répudier au profit de sa maîtresse Poppée – finalement couronnée, comme le titre de l’opus l’indique –, sans oublier Sénèque, au cœur d’une intrigue dans l’intrigue. Ici, amour, philosophie et pouvoir viennent s’affronter, avec un seul vainqueur au bout du compte. Je ne vous dis pas lequel.  

    Au début du premier acte, Othon, amant de la belle Poppée, surprend une garde impériale au pied de chez elle. Il comprend que Néron est là, avec elle. À la déception de l’amoureux trahi, font écho les déclarations enflammées de la jeune femme et de l’empereur. L’auditeur ou l’auditrice sont témoins de leur pacte, Poppée n’étant pas la dernière à croire en son avenir brillant grâce à son amant d'empereur. Pendant ce temps, Octavie, l’épouse légitime, n’est pas dupe des infidélités de Néron. Doit-elle réagir, se venger ou trouver une consolation auprès d’un amant ? Et pourquoi Octavie n’utiliserait pas Othon ? Les nœuds de la vengeance se nouent autour de ces quatre personnages, force restant bien sûr à l’empereur. Quant au philosophe stoïcien, son sort semble être écrit à l’avance, comme le lui annonce la déesse Pallas Athéna.

    Le Couronnement de Poppée n’est ni sage ni datée

    Monteverdi a pris bien sûr de la liberté avec l’histoire pour cet opéra exceptionnel. Les personnages historiques sont prétextes à un théâtre musical autour de l'affrontement entre  amour illégitime mais passionné et amour légal, avec la politique et la soif du pouvoir en arbitres. Le Couronnement de Poppée est une œuvre foisonnante, faisant se croiser les intrigues. Les enjeux politiques et les jalousies de pouvoir (Néron contre Sénèque) rencontrent les intrigues amoureuses (Néron et Poppée, bien sûr, mais aussi Drusilla et Othon). Ce drame ne s’interdit pas l’humour ni le sarcasme, à l’instar du duo des soldats (acte 1, scène 2). Le librettiste et le compositeur vont jusqu’à convoquer Athéna ou Mercure, dans la grande tradition des récits mythologiques. L’érotisme n’est pas non plus absent ("Comment as-tu trouvé, Seigneur, la nuit passée, les doux et suaves baisers de ma bouche ?  (…) Et les rondeurs de ce sein ?", demande ainsi Poppée à son amant d’empereur" dans la scène 10 de l’acte 1).

    Le dernier opéra de Monteverdi, qu’il achève à l’âge de 74 ans, est un univers à lui tout seul. Le théâtre chanté est tout aussi luxuriant musicalement : airs, recitar cantando (que l’on n’appelle pas encore "récitatifs"), madrigaux (la Renaissance n’est pas loin) et danses. Il y a du Shakespeare dans cet art de laisser la parole aux gens de la rue (les soldats de l’acte 1 ou le valet et la demoiselle dans l’acte 2, dans un duo poignant)

    Voilà une belle "épopée" que nous propose l’ensemble dirigé par Stéphane Fuget qui nous plonge en plein XVIIe siècle. C’est baroque, c’est passionné et c’est tout aussi fidèle à l’esprit vénitien, la Cité des Doges ayant accueilli la première de L'Incoronazione di Poppea durant son carnaval de 1643. Pour cet enregistrement de l’opéra de Monteverdi, le contre-ténor Nicolò Balducci campe un Néron faussement doux et fragile, face à une Octavie vibrante de chagrin (Eva Zaïcik) et une Poppée passionnée jusqu’à l’excès (la formidable soprano Francesca Aspromonte). La figure imposante de Sénèque ne pouvait qu’être jouée par une basse puissante (Alex Rosen, en l’occurrence).

    Le Couronnement de Poppée n’est ni sage ni datée. Œuvre sensuelle et dure, elle se veut aussi une réflexion autant qu’une démonstration sur la soif du pouvoir (que ce soit Néron et, bien sûr, Poppée ), son machiavélisme et sur les sentiments que l'on peut écraser sans vergogne. Il y a aussi cette place laissée à la philosophie stoïcienne et à l’annonce de la mort de Sénèque (Acte 2, scène 3).

    Depuis les années 80, il est devenu inconcevable de ne pas proposer ces œuvres baroques autrement que sur instruments d’époque. Stéphane Fuguet propose ici une version des plus baroques, justement, où les excès et les fioritures, jusqu’aux interprétations théâtrales de Nicolò Balducci dans le rôle de Néron font de ce Couronnement de Poppée une savoureuse et néanmoins cruelle tragédie sur l’amour et la sagesse sacrifiées sur l’autel du pouvoir. Rien de nouveau, hélas, sous le soleil.

    Claudio Monteverdi,  L'Incoronazione di Poppea,
    avec Francesca Aspromonte, Nicolò Balducci, Eva Zaïcik,
    Paul-Antoine Bénos-Djian, Camille Poul, Alex Rosen,
    Les Épopées, avec Stéphane Fuget à la direction, Château de Versailles, 2025

    https://lesepopees.org/fr
    https://www.facebook.com/LesEpopees
    https://www.instagram.com/lesepopees
    https://www.live-operaversailles.fr/lincoronazione-di-poppea
    18 février : Concert Salle Gaveau - Stabat Mater, Pergolèse, Haendel, Porposa

    Voir aussi : "Je rêvais d’un autre monde"

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  • Un monde nouveau pour Hugo Jardin

    Si un terme pouvait coller à la peau de Hugo Jardin, cela pourrait "Solaire". Le chanteur sortait à l’automne dernier son EP Cantique, en forme de message.

    Sa chanson française est mêlée de pop anglaise, de grunge et de musique urbaine, le Parisien avouant des goûts éclectiques et d’intéressantes influences entre Ferré, Brel, Bashung, Feu!Chatterton, Bowie et Radiohead.

    De sa voix douce, le chanteur parle de notre monde en danger, sans chercher à en faire des tonnes : "Quand sur chaque chaîne / On parle du déclin / Ce n’est pas un rêve" (Rêve).

    Fins du monde

    Hugo Jardin parle de fins du monde ou de fin d’un monde, non sans onirisme ni un certain goût pour le prophétisme ("Des prêtres à demi-nus / Répètent des mots usés / Depuis les Hommes ont oublié", Cantique II). C’est aussi le thème de Cantique I qui clôture l’EP.    

    L’auditeur ou l’auditrice se laissera happé par le slam Eaux troubles, confession intime et déclaration d’amour où le mot "amour" est décliné dans l’urgence mais aussi la douleur et le manque ("J’aimais la façon que tu avais de me regarder").

    On s’arrêtera enfin avec curiosité sur son adaptation en français du classique de Nirvana, Dumb (Idiot). Le tube de Kurt Cobain et de ses camarades est revisité avec conviction par Hugo Jardin, vrai bel artiste sincère. On n’a sans doute pas fini de voir sa silhouette longiligne et dansante.    

    Hugo Jardin, Cantique, 2025
    https://hugojardin.com
    https://www.facebook.com/hugojardinofficiel
    https://www.instagram.com/_hugojardin_
    https://cantique.org/single2

    Voir aussi : "Devenir Andrea Ponti"

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  • "Faire peau à peau avec ce bijou de musique"

    Bla Bla Blog avait terminé l’année 2025 en beauté la découverte de VENEREM et leur album Strike. Une sacrée claque. Nous avons voulu en savoir plus sur ce groupe sacrément audacieux pour leur approche singulière du classique. Marlo Thinnes et  Laureen Stoulig-Thinnes, deux des quatre membres de VENEREM, ont bien voulu répondre à nos questions.   

    Bla Bla Blog – Bonjour. Pouvez-vous nous présenter Venerem ? Et d’abord, d’où venez-vous ? 
    Laureen Stoulig-Thinnes – Mes racines sont multiples : mon père est français mais ma mère est mauricienne, née d'un papa indien et d'une maman africaine. Le fait qu’on y parle le créole et que ce coin de paradis soit naturellement marqué par de nombreuses influences culturelles et religieuses est peut-être aussi la raison pour laquelle je ne suis pas une puriste. Le mélange des différentes influences, y compris musicales, m’a toujours fascinée. Je suis chanteuse baroque et classique, mais j’ai toujours été très ouverte d’esprit. VENEREM m’offre une chance de diversité, et c’est quelque chose que j’apprécie énormément. Peut-être quelques mots sur VENEREM, même si l’écoute de notre musique transmet sans doute plus que n’importe quel discours : VENEREM crée une musique d’un style inhabituel et sans précédent. Comme l’a récemment souligné un critique suisse, les arrangements de VENEREM ressemblent davantage à des œuvres d’art transformées, basées sur la musique ancienne allant de la Renaissance au baroque tardif. Ce style fait l’objet d’une modernisation audacieuse, qui projette l’art ancien vers l’avenir. Sur le plan des idées comme de l’artisanat musical, nos arrangements s’inspirent du classicisme et du romantisme tardif. On sait que la musique ancienne laissait souvent une grande place à l’improvisation, et VENEREM exploite pleinement cette liberté pour créer quelque chose d’individuel, de totalement nouveau. L’auditeur a l’impression d’entendre des œuvres originales : les fondements musicaux sont transformés de manière convaincante, avec un sens aigu de l’entrelacement des motifs, du contrepoint et des harmonies contrastées. Chez VENEREM, soprano, piano, basse électrique et percussions fusionnent en une combinaison envoûtante qui donne envie d’en entendre toujours plus.

    BBB – Votre album Strike est un projet singulier, alliant musique classique et jazz. Qui a eu l’idée de cette lancer dans une telle aventure musicale ?
    LST – VENEREM n’est plus un projet : nous sommes arrivés à un point d’aboutissement et nous nous sentons désormais comme un ensemble réellement stable et affirmé. L'idée est née de l'écoute d'un disque de L'Arpeggiata, formidable formation dirigée par Christina Pluhar. J'ai alors compris qu'on "avait le droit" de toucher ainsi à la musique ancienne. Mon mari [Marlo Thinnes] connaît mon amour pour la liberté et, avec passion et génie, il m'a suivie.

    "J'ai compris qu'on "avait le droit" de toucher ainsi à la musique ancienne"

    BBB – Mêler jazz et classique n’est pas nouveau. On pense à Jacques Loussier et à son Trio Play Bach. Dans quelle mesure son travail et son œuvre vous a influencé ?
    LST – Mon mari écrit les arrangements. C’est lui qui a donné un visage à VENEREM. Je ne sais pas vraiment comment il fait. En tous cas, je dois dire que je me sens comme une reine à qui l’on déroule le tapis rouge — musicalement parlant ! À chaque arrangement, il parvient à me surprendre davantage. J’adore cela et je perçois aussi toutes les transformations subtiles, puisque je connais les œuvres originales. Je pense cependant que, de manière générale, son empreinte personnelle, sa façon de penser issue de la musique classique — peut-être du baroque tardif jusqu’au romantisme tardif — s’y reflète fortement.

    BBB – Le second morceau de Purcell est le célèbre Cold Song. Comment qualifiez-vous votre adaptation ? Classique ? Baroque ? Jazz ? Ou bien rock ? Avec beaucoup de pièges pour la voix de la chanteuse.
    LST – Cold Song est né en une seule répétition. Il n’y avait pas grand-chose à faire. Marlo sait quand il vaut mieux réduire, n’utiliser que quelques effets. Je crois que cette musique est déjà si particulière et si puissante dans sa version originale qu’un arrangement trop ample ne ferait que la perturber. Et puis, je suis particulièrement fan de ce que Michel [Michel Meis], notre fou de batteur parvient à produire dans cette pièce. Tant de silence et de mystère naissent de son jeu. Il y a une sorte de transe qui peut s'installer en moi. il s'agit alors de se laisser habiter et transporter. La voix elle-même en est surprise je pense. Une expérience merveilleuse et défi considérable… 

    BBB – Reynaldo Hahn fait partie des compositeurs que l’on redécouvre en ce moment. On n’est donc qu’à moitié étonné de le retrouver ici. Vous avez choisi la pièce À Chloris. Pourquoi cette œuvre ?
    LST – Comme déjà mentionné, les exceptions confirment la règle ! Et puis, j'avais envie de faire peau à peau avec ce bijou de musique si délicat, lumineux qu'il faut chérir dans chaque note, dans chaque respiration, et mon cœur s'enivre de ces mots d'amour, d'ambroisie. Quelle chance de se laisser habiter et d'articuler tant de beautés !

    BBB – Pouvez-vous nous parler de vos futurs projets, que ce soit à la scène ou en studio ? 
    LST – Plusieurs concerts passionnants sont à venir... et une magnifique invitation du Festival baroque de La Valette, à Malte, pour janvier 2027. De nouveaux arrangements sont également en cours d’élaboration, et un autre album studio est déjà en gestation. Sans oublier mon souhait de co-créer avec une artiste indienne… Let's see !

    BBB – Bla Bla Blog aime être touche à tout. Pouvez-vous nous parler de vos derniers coups de cœur au cinéma, à la télévision, dans les galeries et bien sûr en musique ?
    LST – A vrai dire, l'écoute du silence me passionne bien plus que l'écoute de la musique. J'ai récemment adoré pouvoir regarder et ressentir les œuvres de Zoran Music, exposées à Paris. Les lectures de Rumi me font toujours autant voyager. Je ne regarde jamais la télé et ne vais que très rarement au cinéma, mais si il faut nommer un média, alors j'adore voyager sur Youtube, et tout spécialement partir à la rencontre d'éveilleurs de conscience, tels que le physicien Philippe Guillemant, ou la chamane Sandrine ShannAmer que je vais bientôt rencontrer et avec qui j'ai déjà des échanges très nourrissants. Les chemins de vie tels que celui de Lamya Essemlali qui protège les mers et les baleines, nos "gardiennes des mémoires du Monde", suscitent mon plus grand respect, ma plus grande écoute et admiration.

    BBB – Merci.

    Venerem, Strike, Orlando, 2025
    https://www.venerem-art-music.com
    https://orlando-records.com
    https://www.facebook.com/profile.php?id=100057786787723
    https://laureenstoulig.fr
    https://www.instagram.com/venerem_early_art_music

    Voir aussi : "Irrévérence et vénération"
    "Made in Switzerland"

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