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gainsbourg

  • Le Manureva de Marc Fichel

    Impossible de ne pas être chamboulé par le Manureva de Marc Fichel, le classique d’Alain Chamfort aux paroles écrites par Serge Gainsbourg (il faut aussi citer Jean-Noël Chaléat, co-auteur de la musique).

    Marc Fichel, que nous continuons de suivre sur Bla Bla Blog, prouve son attachement à la chanson française avec plusieurs revisites de notre patrimoine. L’une des plus mémorables est ce Manureva, qui ouvre son dernier EP, Mes années cover, consacré à quelques standards des années 80.

    Pour ce titre, Marc Fichel a choisi le piano et la voix afin de mettre en valeur le texte exceptionnel de Gainsbourg : "Où es-tu, Manu Manuréva ? / Bateau fantôme toi qui rêvas / Des îles et qui jamais n'arriva."

    Pour illustrer ce titre déchirant, racontant l’histoire de la disparition en 1978 du navigateur Alain Colas et de son bateau, le Manureva, le chanteur est accompagné dans le clip par la danseuse Marie Gaudillière.

    Un double moment de grâce.

    Marc Fichel, Manureva, 2020
    Marc Fichel, Mes années cover, EP, TAC / Faubourg du Monde, 2019
    https://marc-fichel.com
    https://www.facebook.com/MarcFichelOfficiel

    Voir aussi : "Marc Fichel et sa boîte à musique"

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  • Gainsbourg par...

    Monsieur Gainsbourg revisited est un album sorti en 2006 regroupant des reprises en anglais de certains succès de Serge Gainsbourg. Réédité cette année, notamment dans une très belle version vinyle, il est grand temps de le découvrir – voire de le redécouvrir.

    Notons tout de suite que la plupart des adaptations sont l’œuvre de Boris Bergman et Paul Ives. Quelques semaines après une chronique sur les versions jazzy de standards du patrimoine musical par Thomas Dutronc, place cette fois à un autre monument du patrimoine musical : Serge Gainsbourg. Cette fois, ce n’est pas un "Frenchy" qui s’y colle, mais de solides pointures de la scène pop-rock française et internationale, donnant à ces joyaux gainsbouriens une facture assez incroyable. Ce sont de vraies revisites, choisissant parfois de contre-pieds sur lesquels l’Homme à la tête de chou n’aurait certainement pas mégoté !

    Le moins que l’on puisse dire c’est que l’auditeur risque d’être surpris, au point de ne pas reconnaître les morceaux originaux, que ce soit le rock aride Sorry Angel (A Song For Sorry Angel) par Franz Ferdinand, le Je suis venu te dire que je m’en vais (I Just Came To Tell You That I’m Going) par Jarvis Cocker et Kid Loco dans une version pop aux teintes reggae, ou encore Au Revoir Emmanuelle (Goodbye Emmanuelle) devenu un titre trip-hop de Tricky.

    Trip hop encore avec Portishead qui reprend une chanson méconnue de Gainsbourg, Un jour comme un autre, devenu un Requiem for Anna, morceau sombre et rugueux qui précède une version du Requiem pour un con (Requiem For A Jerk) réadapté par le trio formé de Fautline, Brian Molko et Françoise Hardy, une des rares artistes françaises de cet album de reprises. Puisque nous parlons de Brian Molko et de son groupe Placebo, il faut aussi citer leur reprise électro-pop de La Ballade de Melody Nelson (The Ballad of Melody Nelson), mais aussi Boy Toy(I'm The Boy) de Marc Almond et Trash Palace, dans une facture que l’on pourrait appeler "placéboienne".

    Le grand classique de Gainsbourg, Le Poinçonneur des Lilas, titre intraduisible pour le public anglais, devient Just a Man With A Job. Il est proposé par The Rakes qui revisite en rock de A à Z ce classique de la chanson française.

    Contre-pieds sur lesquels l’Homme à la tête de chou n’aurait certainement pas mégoté !

    Disons-le ici : une forme d’insolence baigne dans l’album Monsieur Gainsbourg Revisited, insolence que n’aurait pas renié Gainsbarre, même si la grammaire du chanteur français est bien là. Ainsi, l’essence sensuelle et sexuelle de Je t’aime Moi non plus est respectée pour la version de Cat Power et Karen Eson (I Love You Me Either). Le Boomerang 2005, une adaptation de Boomerang par Gonzales, invite à sa table Feist et surtout Dani, l’interprète originale de Boomerang. Quant à Slogan, le groupe The Kills a choisi de le jouer dans une version aux accents sixties (I Call It Art).

    Marianne Faithfull et Sly and Robbie adoptent, tout comme l’original, le reggae (mais aussi la pop) pour leur Lola Rastaqueuere (Lola R. For Ever). On saluera au passage la manière dont a été pensée la traduction anglaise : "Her cylop’s eye in the middle of your head / An Oedipus complex dug deep in the sea / And when all’s been done, and nothing’s been said / You leave the joint, and roll to sleep."

    L’auditeur pourra aussi découvrir plusieurs curiosités : une version déjantée et punk rock des Sucettes par Keith Flint (The Lollies) ainsi qu’une adaptation mêlant pop, électro et negro-spiritual pour Sorry Angel (décidément, ce titre inspire !), cette fois par Nina Persson et Nathan Larson (Angel's Fall). Quant à Ces petits riens, ils deviennent sous la bouche de Carla Bruni un titre folk où affleure la sensibilité proverbiale de la chanteuse (Those Little Things). Un titre méconnu de Gainsbourg, L’Hôtel particulier, ressort enfin grâce à Michael Stipe, qui propose de découvrir ou redécouvrir ce titre pop mélodique et mélancolique sobrement intitulé L’Hôtel.

    Monsieur Gainsbourg Revisited est une divine surprise, qui ne convaincra sans doute pas tous les inconditionnels de l’Homme à la tête de chou, mais qui prouve en tout cas l’influence du chanteur français sur la pop internationale. Pour quelqu’un qui disait ne pas rêver de passer à la postérité et qui s’avère l’un des musiciens français les plus reconnus hors des frontières, voilà qui est ironique.

    Monsieur Gainsbourg Revisited, Barclay / Universal, 2020
    http://www.gainsbourg.org
    https://www.gainsbourg.net

    Voir aussi :"Gainsbourg, un enfant de la chance"
    "Thomas Dutronc, c'est si bon"

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  • J’avoue j’en ai bavé pas vous

    La Javanaise est à l’honneur cette semaine de fin de confinement, grâce à un projet lancé par Radio France et le Théâtre du Châtelet. Les organisateurs avaient invités tous ceux qui le souhaitaient à interpréter ce joyau de Serge Gainsbourg.

    L’opération portait un nom faisant directement référence aux paroles de ce titre légendaire: "Le temps d’une chanson" : "J'avoue j'en ai bavé pas vous / Mon amour / Avant d'avoir eu vent de vous / Mon amour / Ne vous déplaise / En dansant la Javanaise / Nous nous aimions / Le temps d'une Chanson."

    Les amateurs de tout poil avaient jusqu’au 1er mai pour envoyer leur propre interprétation de La Javanaise afin de constituer un chœur virtuel. Au total, ce sont 900 interprètes – confinés – de tous horizons qui ont répondu… dont Jane Birkin elle-même.

    Le résultat, aussi impressionnant qu'émouvant, a été mis en ligne ce 9 mai à 18 heures. Le voilà enfin.

    Le temps d'une chanson : grand chœur virtuel sur La Javanaise
    https://www.francemusique.fr

    Voir aussi : "Gainsbourg, un enfant de la chance"

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  • M au salon

    -M- Mathieu Chedid ne laisse pas tomber la musique et les concerts en cette période de confinement.
    Il propose sur Facebook et sur Instagram un concert live "Spécial Baïa" : au programme, des reprises à la gutare de ses créations (Baïa, Onde sensuelle, Le roi des ombres) mais aussi des reprises (Les mots bleus de Christophe, Le requiem pour un con de Serge Gainsbourg et C’est comme ça de Catherine Ringer et des Rita Mitsouko.

    Confiné ou pas, M n’a pas abandonné le glam pour cette prestation chez lui : veste rouge, guitare rose, une étoile scintillante en arrière-plan.

    Cette fois encore, les artistes et les musiciens sont devenus nos meilleurs amis en cette période de confinement.

    -M- en live sur Facebook et Instagram
    https://www.facebook.com/MatthieuChedid
    @m_chedid

    Voir aussi : "Marc Fichel, confiné, motivé"

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  • Charlotte for ever

    charlotte gainsbourg,days off,rest,philharmonie,serge gainsbourg,gainsbourg,miles kane,sebastianCharlotte Gainsbourg était à la Philharmonie le mardi 9 juillet à l’occasion des Days Off. Un moment rare pour une artiste à la réserve légendaire.

    On oublie aussi trop souvent que Charlotte Gainsbourg est une figure à part dans la musique, choisissant un chemin entre la pop-rock, la chanson et l’électro. Une synthèse souvent très audacieuse – mais il est vrai que la fille de Serge Gainsbourg sait de qui tenir en la matière.

    Après un set rock énergique de Miles Kane, gâché cependant par une sono peu avare en basses, Charlotte Gainsbourg arrivait sur scène, plus attendue que jamais. En tee-shirt blanc et jeans comme ses musiciens, la chanteuse est restée dans l’ombre – ou plutôt sous la lumière de dix quadrilatères futuristes – pendant plusieurs titres, avant d’apparaître sur le devant de la scène, habillée à chaque fois de jeux de lumières d’une belle sophistication.

    Ce concert de Charlotte Gainsbourg, dans l'écrin tout en courbe et en douceur de la grande salle Pierrre Boulez, reprenait très largement les titres de son dernier album Rest produit en grande partie par SebastiAn : Lying With You, Ring‐a‐Ring o' Roses, I'm a Lie, Deadly Valentine, Les crocodiles, Les oxalis et le très émouvant Kate. Deux grands classiques, écrits par son père, ont marqué la soirée : un Charlotte for ever hypnotique et une version tout aussi mémorable de Lemon Incest qui clôturait le set. Malgré sa timidité légendaire, Charlotte Gainsbourg montrait à travers ce dernier rappel qu’elle n’a rien perdu de son audace, avec ce nouvel hommage à son père.

    Charlotte Gainsbourg, Rest, Because Music, 2017
    Charlotte Gainsbourg, Festival Days Off, Philharmonie
    mardi 9 juillet 2019

    http://www.charlottegainsbourg.com
    https://daysoff.fr/fr
    https://www.mileskane.com

    Voir aussi : "Il n'y a pas que la beat dans la vie"

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  • Vingt-sept ans à la limite

    Après ses deux EP, Mesure Première et Mesure Seconde, on attendait la sortie du premier album de Laurie Darmon. Que nous réservait la jeune chanteuse, vingt-sept ans à peine, qui avait fait sensation avec ses chansons au flow irrésistible et sensible, Rupture, Ta Voix ou le formidable Juillet Formiguères ? Son album Février 91 ne déçoit pas et suit la même veine intimiste et la même couleur rythmique.

    Laurie Darmon a opportunément intitulé son premier opus en référence à sa date de naissance. Album très personnel, Février 91 parle de jeunesse, d’adolescence et des premiers émois. Il s’ouvre avec 17 ans, que la chanteuse propose dans deux versions – la seconde (17 ans Face B) s’avérant la plus efficace : "Ce soir, dis moi, t'as 17 ans déjà déjà / Ce soir, dis moi, t'as 17 ans, 17ans / Fugace, cocasse, / L'instant se forme et puis s'enfuit pour n'être plus qu'un souvenir…" A l’instar du Vingt ans de Léo Ferré, les adolescents de 2018 verront dans ce titre un hymne tendre, poignant et non sans humour à leurs jeunes années ("Puis un jour t'auras des gosses / Et tu leur criera "Bosse, bosse. / Puis après t’auras même des petits gosses / Et à eux tu leur diras « Encore tu bosses ? »"), chanté par une grande sœur bienveillante.

    Sans lâcher son flow tendu, Laurie Darmon construit des textes auto-fictionnels dans lesquels il est beaucoup question d’elle (Moment d’Absence), de recherche de soi (Je pense), de dépression (La Rage au Cœur : "Elle ne m'a pas quitté vous savez / La rage au corps qui me bouffe depuis sept longues années / Comme un tunnel que je n'ai pas emprunté / Parfois je n'en vois pas le bout / Il y a de l'ombre partout / Sur le monde que j'ai tant aimé / Tant croqué / Les plaisirs de la vie s'échappent / Et ne reviendront pas") ou de fantasmes (Désirs interdits).

    Laurie Darmon plonge avec un mélange de culot, d’audace et de sensibilité dans le royaume de l’intime. Elle parle de "Rêves / De choses un peu mauvaises / De douleurs qui apaisent / De gestes qui déplaisent… / De marcher sur la braise" dans ce Désirs interdits, un titre qui annonce le joyau gainsbourien qu’est Monte encore : "Au coin d'une rue / Je me suis perdue / Telle une chienne / Je me démène / Pour m'en sortir / Te voir languir / Au coin du feu / Me ferai jouir / C'est désarmant / Ce calme fou / Que tu prétends / Garder à bout / A bout de force / Je m'efforce / Tu me regardes / Sale bête féroce…" Tout, dans ce petit chef d’œuvre, que ce soit l’écriture ciselée et incandescente, la composition bluffante ou l’orchestration brillante, en fait l’un des titres inoubliables de cet album d’une grande ambition artistique.

    Incandescente

    À côté de l’étonnant, touchant et piquant hommage aux soldats anonymes (Les Militaires), l’auditeur s’attardera sur le sublime portrait Clémentine : "Clémentine part en vacances / mais Clémentine n'a pas de chance / le soleil s'est pas levé / alors elle est restée couchée / Clémentine n'a pas le moral / il l'a quitté et ça fait mal / Clémentine s'en remettra /Clémentine c'est un peu toi…"

    Laurie Darmon propose avec Les Jupons de Madame une parenthèse sobre et élégante. Le slam fait place à une valse légère, classique et mélancolique, largement inspirée du répertoire de Barbara : "Les jupons de Madame ont vu pousser de jolies jambes / Auxquelles, ils ont vite enseigné l'intimité des jolies chambres / Là-bas, la porte reste close, la nuit dure une éternité / Madame baigne dans l'obscurité à l'abri d'une enfance morose."

    Et puis, il y a Février 91. Ce titre de presque dix minutes clôture de la plus belle des manières un premier album très personnel. Laurie Darmon, qui nous avait parlé d’adolescence, propose un slam intime et bouleversant. Même si vous êtes nés bien avant 1991, il n’est pas possible de rester insensible à l’écoute de ces souvenirs égrainés par l’auteure, souvenirs qui parleront particulièrement aux trentenaires : "Février 98, bonne élève. Des mots de vocabulaire à apprendre tous les soirs. / Les dictées, les devoirs. Tom Tom et Nana sur Canal J. La douche, le dîner. / Denis la Malice le mercredi matin sur France 3. Les Minikeums. Les Filles d'à Côté. / Les jeux de bille au pied des troncs d'arbre dans la cour. /Les mammouths." Laurie Darmon slame avec grâce, pudeur et délicatesse. Elle nous ouvre son journal intime et partage la liste de saynètes de son enfance, de personnes qui ont croisées sa route ou de découvertes personnelles. Laurie Darmon parvient ici, comme ailleurs, à nous prendre par la main avec l’élégance, le culot et le talent d’une musicienne hors-pair.

    Grâce à Février 91, l’histoire artistique de Laurie Darmon, du haut de ses vingt-sept ans, ne fait que commencer.

    Laurie Darmon, Février 91, Universal Music, 2017
    http://lauriedarmon.com
    "Laurie Darmon, la fille formidable"

  • Romain Pinsolle, libre et solitaire

    Romain Pinsolle n’a pas oublié ses classiques, lui qui puise ses influences aussi bien dans le rock (Les Pales), le blues (La Pluie), le reggae (Encore) ou dans la pop des années 80 (Le Vin et L’Assassin) – décidément une source d’influence inépuisable en ce moment chez la jeune génération d’artistes compositeurs.

    Après un passage dans le groupe Hangar, encouragé par l’écurie Universal, le guitariste et co-compositeur a décidé de se lancer en solitaire dans un premier album solo, sorti en cette fin d’année.

    Pas de tergiversations ni de chichis pour Romain Pinsolle qui a travaillé à l’ancienne : instruments acoustiques (guitares, claviers, piano, saxophone), enregistrement live, compositions rugueuses et rageuses et plaisir de livrer un disque vivant et audacieux, comme le prouve l’ouverture du premier titre désenchanté et inspiré du poème éponyme de Charles Baudelaire : "Ma femme est morte / Je suis libre" (Le Vin et L’Assassin). En digne héritier de Gainsbourg, Romain Pinsolle s’y livre dans un parlé-chanté acide comme le rock : "Me voilà libre et solitaire ! / Je serai ce soir ivre mort / Alors, sans peur et sans remord, / Je me coucherai sur la terre, / Et je dormirai comme un chien."

    Tout aussi gainsbourien est le titre Encore, mais cette fois ce serait du côté du mythique album reggae Aux armes et cætera (1979) qu’aurait cherché le jeune chanteur pour ses influences.

    Dans la droite ligne d’artistes comme Alain Bashung Romain Pinsolle a soigné les textes de chansons au romantisme noir : "J’ai niqué mon encre éphémère / Coulé ma barque sur terre / T’es tombé sur moi comme une goutte de pluie / T’as glissé sur mes bras t’as fini dans mon lit" (La Pluie).

    Chercher l’amour chez Romain Pinsolle c’est se fracasser contre une "aliénante, / Ravissante / Traînée." Incommunicabilités et incompréhensions mènent des danses amoureuses, fiévreuses et terribles : "Dis à quoi tu penses / Quand tu baises dans le noir ?"

    Plus délicat, Romain Pinsolle propose le langoureux Léonita : "Des humeurs vagabondes / Étourdissent nos cœurs / Et dans le soir qui tombe / Il rachète leur bonheur" ou encore Gueule d’Ange, pour un "instant de volupté."

    L’influence de Jean-Louis Murat est visible dans le titre Les Joues creuses, à l’élégante austérité : "Cette présence qui se perd, / Toutes ces joies si éphémères / Comme une absente entre ces murs / Tu fais saigner tes veines dures." Le parlé-chanté de Romain Pinsolle s’appuie sur une instrumentation minimaliste et en particulier un délicat saxophone.

    Plus rock, En Arrière sent bon ces rocks aux riffs fiévreux, avant la lumineuse ballade amoureuse Pierre Bonnard : "Si j’étais peintre / Je te peindrais / Comme Matisse, Jean Renoir / Ou Pierre Bonnard." Romain Pinsolle s’y dévoile non plus en beau gosse impertinent du rock mais en artiste à fleur de peau, délivrant un premier album sincère, brut et au solide caractère.

    Romain Pinsolle, Soleil Oblique Records, 2017
    http://romainpinsolle.com