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électro

  • Palimpseste électronique

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    Bla Bla Blog n’est pas fermé aux découvertes, loin de là. Habituellement, en musique, c’est la pop, le rock et la chanson française qui sont mis à l’honneur. Une fois n’est pas coutume, Bla Bla Blog a choisi de faire un focus sur l’électro pure, avec Mardy, artiste nantais qui se décrit lui-même comme "mouvant et polymorphe."

    Écouter Palimpseste, son premier album publié en ligne, c’est faire un grand plongeon dans l’électro pure, aujourd’hui largement utilisée et déclinée. Mardy revient en quelque sorte aux sources de cette musique longtemps dénigrée et encore aujourd’hui considérée avec méfiance – sauf quand elle ne s’invite pas à plus ou moins petite dose dans la variété française et internationale.

    Arrêtons-nous sur le titre de cet album : le palimpseste désignait à l’époque médiévale ces manuscrits constitués à partir de manuscrits plus anciens et dont on avait préalablement effacé le texte afin de les réutiliser. Comme quoi, le recyclage reste une très longue et très vieille histoire. En utilisant ce terme de palimpseste, Mardy rappelle que l’électronique n’est jamais que la réutilisation de sons et de boucles agencées afin d’en faire des créations originales. L’auditeur retrouvera ainsi dans Angle ce travail d’échantillonnages, proposant une musique répétitive (au sens noble du terme), envoûtante et susceptible de faire danser les clubs les plus hypes de la planète.

    Les influences de Mardy sont à chercher du côté de l’électro minimale allemande de Cologne, comme il le rappelle lui-même.

    Le musicien ouvre les vannes et déploie de longues plages architecturales de près de sept minutes (Verticale). Cela donne un titre aérien et fantasmagorique, comme peut l’être, à sa manière, Lyoveldio, plus surnaturel, voire "extraterrestre" dans sa facture. Panorama adopte un style un peu plus pop psychédélique, que l’on dirait venu tout droit de la fin des années 70 et du début des années 80.

    Mardy fait le choix de ne pas laisser les instruments envahir à outrance ses compositions. Ils se placent de manière harmonieuse, à l’exemple du titre Panorama ou du lunaire et cinématographique Ork, qui clôture Palimpseste.

    Mardy, musicien de la scène électro prolifique, est à suivre sur les réseaux sociaux.

    Mardy, Palimpseste, Woody records, 2016
    https://soundcloud.com/mardy_artist_music
    Page Facebook de Mardy
    https://twitter.com/Mardy_music

  • Accords célestes avec Mehari

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    Mehari est le nom bien français choisi par un duo toulousain qui s’était fait connaître en 2013 avec leur premier EP Red Moon – et avant une reprise remarquée du sulfureux Lover’s Cave d’Is Tropical. Mehari, donc, comme la mythique Citroën, familière des vacanciers, aventuriers et autres baroudeurs. Et il est vrai que ce nom n’est pas mal trouvé pour un groupe aux accents électroniques et célestes qui invite au voyage.

    Dans leur deuxième EP, All This Time, constitué de trois titres dans deux versions, Pierre-Henri Izambert and Matthieu Hernandez vont chercher leurs influences assez loin, dans le rock électronique des années 70 qui découvrait toutes les possibilités du synthétiseur. Mehari revendique ses influences chez Giorgio Moroder, Pink Floyd mais aussi, plus près de chez nous, Air.

    Après un titre pop et ascendant, All This Time, Breathe a le souffle de ces morceaux pop et planants qui nous amènent dans la pop des années 80 de Vangelis ou Jean-Michel Jarre. Le troisième morceau, Long Way Home, est un beau et long voyage céleste, à la fois spatial et temporel. On y trouvera les couleurs de la new age, lorsque Brian Eno collaborait avec David Bowie pour la Trilogie berlinoise.

    Le duo toulousain offre une palette chaleureuse de sons, de rythmes et de trouvailles musicales d’une rare élégance. Après de convaincants premiers singles, Les Toulousains pourraient bien transformer l’essai dans les prochaines années. Signe des temps, Mehari travaille sur un premier album, à surveiller de près.

    Mehari, All This Time, Champcaine Records, 2017
    http://champcaine.com/mehari
    https://www.facebook.com/wearemehari

  • Sônge d’une nuit d’électro

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    Ça se passera à Penmarc’h dans le Finistère ce vendredi 20 octobre. Dans cette région du pays bigouden, plus habituée aux binious, bombardes et autres bagads, le Cap Caval accueillera la chanteuse d’électro Sônge.

    On avait découvert l’an dernier la jeune artiste aux Vieilles Charrues. La Quimperoise avait auparavant bourlingué plusieurs années en Europe du Nord – Belgique, Pays-Bas et Allemagne – avant de sortir son premier EP éponyme, fruit de rencontres et de découvertes musicales comme de son passage par le Conservatoire de Paris.

    Sônge c’est une électro mêlant pop, rap et Rn'B, à l’architecture impeccable et complexe (What Happened). La musicienne sait allier mélodies séduisantes et constructions rythmiques sophistiquées (Now). Sônge c’est aussi une voix venue d’ailleurs, dont les influences seraient à chercher du côté de Mia (Colorblind) ou de Björk (I Come From Pain).

    L’artiste devrait signer pour un futur album en 2018. Avant que Sônge ne crève définitivement l’écran, il ne reste plus aux chanceux traînant du côté de Penmarc’h cette semaine qu’à venir l’écouter en première partie du concert d’Isaac Delusion. Dans quelques années, vous pourrez dire : j’y étais.

    Sônge, en première partie du concert d’Isaac Delusion,
    salle Cap Caval, Penmarc'h, vendredi 20 octobre 2017 à 20h30

    Sônge, Sônge, EP, Parlophone, 2017
    http://www.songemusic.com

  • À la merci de Fishbach

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    Après un ou premier EP réussi, l’étape vers un premier album peut s’avérer un piège... mortel. Fishbach, qui avait été chroniquée sur Bla Bla Blog, a brillamment passé l’épreuve avec À Ta Merci. Il est vrai que la native de Charleville-Mézières avait frappé fort avec ses premiers titres, dont le plus connu, Mortel, qui nous revient dans une version légèrement liftée.

    Avec À Ta Merci, on est pris au piège d’un album qui assoit un peu plus l’électro-rock tendu et hyper sensible de Fishbach.

    Les comparatifs au sujet de cette révélation musicale 2016 sont plutôt flatteuses : Catherine Ringer et Christine And The Queens sont régulièrement cités, à tort ou à raison. Fishbach puise sans complexe dans les années 80 (Le Château) pour offrir des titres rugueux et à vifs. La musicienne propose dans Éternité des rythmiques et un son rarement entendus depuis 30 ans, revivifiant par là-même le pop-rock français. Dans Le Meilleur De La fête, Fishbach nous entraîne dans un titre très new wave, qui nous parle de liberté et de fuite : "J’ai vu le meilleur de la fête / Vous qui dansez en stéréo / N’êtes que de vagues silhouettes / Tout est foutu dans mon cerveau."

    La chanteuse sait se faire mélancolique, à l’exemple d’Un Beau Langage, jolie balade à l’heure du 3.0 et des rencontres sur Internet : "Votre doux visage / Apparaît sur mon écran / Qui êtes-vous ? / C’est une belle image / Voyez-vous ? / J’ai lu tous vos messages / Mais vos paroles et vos mots doux / Je m’en fous."

    Y Crois-Tu peut s’écouter comme le titre phare de l’album. Il est aussi, sans doute, avec Mortel, l’un des tout meilleurs de l’artiste : "J’attendrai mille ans mon garçon / Je fais la guerre, j’ai mes raisons / Comme le vent sculpte un caractère / Je suis la vague mais pas la mère." Fishbach propose des textes finement travaillés, à l’exemple de Ma Voie Lactée : "Tu ne fais que lire / Dans la dentelle / Un avenir / Si loin de l'éternel / Je sais bien qu'un jour / Tu reverras la mer / Encore et toujours / Les hommes à la tempête."

    Un Autre Que Moi s’impose comme un vrai titre électro et le chant de combat d’une fille "élancée comme une panthère dans la fumée" : "Qu'ils nous retrouvent / On ne se rendra pas / Et qu'ils approuvent / J'ai jamais dit ça / Je découvre une autre que moi / On se retrouve dans un attentat."

    À Ta Merci a l’audace des albums à la noirceur somptueuse. Dans Feu, la chanteuse nous entraîne dans une crypte musicale pour un chant funèbre et amoureux, auquel vient répondre On Me Dis Tu, un titre enlevé sur la mort, écrit à la première personne, et non sans humour noir, par la grande faucheuse. Tout aussi gothique, il y a Invisible désintégration de l’univers, une audacieuse composition soutenue par un chœur venu d’outre-tombe.

    L’album se termine sur le titre qui lui donne son nom, À Ta Merci. Fishbach propose un morceau lumineux, fruit d’une artiste au romantisme sombre et sans concession : "Si je demeure à ta merci / Il n’y a pas l’ombre d’un souci / Je tombe… / Tu joues à la marelle / Mais n’atteins pas le ciel / Moi je n’ai plus vingt ans." Les mots sont placés avec justesse sur une orchestration d’une sobriété bouleversante, hypnotique et envoûtante.

    Le samedi 2 septembre, Fishbach viendra clôturer en beauté la septième édition du festival À la folie... Pas du tout !, au Monastère Royal de Brou à Bourg-en-Bresse

    Fishbach, À Ta Merci, Entreprise, A+LSO, 2017
    Fishbach au festival À la folie... Pas du tout !, Monastère Royal de Brou à Bourg-en-Bresse, samedi 2 septembre 2017
    Concert tout public à 20h30, dans le 2e cloître
    "Fishbach, jamais rien vu d'aussi mortel"

    © Fishbach

  • Persona grata

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    Edgär c’est Simon & Garfunkel dopés à l’électro. Le duo français s’invite en persona grata dans un univers pop-folk revisité. Venus d’Amiens, Antoine Brun et Ronan Mézière, à la composition, se livrent dans une osmose de voix quasi parfaite et nous offrent un premier EP Persona, qui est à découvrir en ce moment.

    Dans le premier titre Two Trees, les musiciens nous offrent une ballade planante, au point que rarement l’expression "techno psychédélique" n’a aussi bien porté son nom. L’auditeur saluera la précision de ce premier morceau minéral, tout comme sa légèreté musicale. Les voix ne font qu’une, s’entremêlent et s’envolent dans des arabesques zen.

    On retrouve la même facture cristalline dans The Painter. La rythmique y est cependant plus soutenue. Les deux nordistes imposent un titre éthérée et aérien, avec chœurs, cordes et bien entendu ces deux voix venues d’ailleurs.

    Teacup est le retour à de la pop-folk plus traditionnel. Les ordinateurs sont partiellement remisés au profit d’une guitare sèche et des voix plaquées plus sobrement.

    Edgär c’est l’électro à visage humain : un duo venu d’ailleurs et une sorte de chaînon manquant entre Simon & Garfunkel et la scène électro française.

    Edgär, Persona, Elegant Fall Support, 2017
    En concert le 1er juin au Petit Bain, Paris, avec Vanished Souls et Pamela Hute