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À Londres, Mike vit dans la rue, il va de petits boulots en larcins, jusqu’au jour où il se fait incarcérer. À sa sortie de prison, aidé par les services sociaux, il tente de reprendre sa vie en main en combattant ses vieux démons.
Un Certain Regard 2025 - Prix du meilleur acteur pour Frank Dillane
Des quasi-inconnues, donc, et que le Duo Alma propose de redécouvrir. Voilà qui est une nouvelle preuve que le répertoire classique entend bien se dépoussiérer et se renouveler en sortant de l’ombre des compositrices oubliées.
Nous voilà partis donc entre l’Amérique et l’Europe avec, pour commencer, la new-yorkaise Amy Marcy Beach (1867-1944). Concertiste brillante, célèbre jusqu’en Europe, la compositrice s’est longtemps plainte, à juste titre, de ne pas avoir été considérée à son juste niveau. "Je n'ai jamais eu vraiment le droit de signer mes compositions à mon nom donc je me devais de les signer au nom de mon mari", avoua-t-elle ainsi. Une faute, ici, réparée. Le Duo Alma propose dans leur album sa Sonate pour violon op. 34, écrite en 1899. Il est rare d’avoir des œuvres de musique classique venues des jeunes États-Unis ; ça l’est d’autant plus venant d’une compositrice telle qu’Amy Beach. Née Cheney. Sa sonate montre clairement son influence européenne, celle du postromantisme (un Allegro moderato se déployant avec mélancolie et un Largo con dolore paradoxalement rassurant). Le Scherzo: Presto laisse deviner une compositrice plus légère qu’il n’y paraît, non sans un esprit français à la Satie. Quant à l’Allegro con fuoco, il se déploie avec générosité et mélancolie, marquant du même coup l’ambition d’une compositrice généreuse et passionnée.
Des quasi-inconnues
La deuxième compositrice qui a les honneurs de l’album est Marguerite Canal (1890-1978). Elle s’est d’abord faite connaître comme pédagogue et chef d’orchestre puisqu’elle a été la première femme à diriger un orchestre à la fin de la Première Guerre Mondiale, en l’occurrence l’orchestre de l’Union des Femmes Professeurs et Compositeurs de Musique. Le Duo Alma propose trois courtes pièces, un Lied, l’Idylle op. 20 et la mélodie Élévation qui donne son nom à l’opus. Marguerite Canal s’inscrit dans le courant néoromantique avec ces mélodies dans la droite lignée de Gabriel Fauré. Clara Danchin et Anna Jbanova s’en emparent avec délicatesse et justesse, rendant justice à une musicienne attachante et pleinement ancrée dans le XIXe siècle.
Dernière compositrice de cet enregistrement, Irina Poldowski (1879-1938) ne dira sans doute rien à l’auditeur ou l’auditrice. Son pedigree est pourtant fameux puisqu’elle est la dernière fille du compositeur polonais Henryk Wieniawski. Sa Sonate pour violon et piano laisse deviner une écorchée vive (Andante languido) et une artiste entre tradition et modernité, à l’instar du Finale, plein de passion et de fureurs. Ainsi, le Scherzo:Vivace, plein d’allants mais aussi de pièges, est abordé avec maîtrise par les musiciennes du Duo Alma. Le livret nous apprend que la mort du premier enfant d’Irina Poldowski lui laissa des cicatrices ouvertes tout au long de sa vie. Douloureux est d’ailleurs l’adjectif qui sied le mieux à cette compositrice que l’on se met d’emblée à aimer. Rien que pour ça, on peut remercier le Duo Alma.
Focus sur l’édition 2017 de L’Orestie d’Eschyle publiée par Larousse. L’auteur ? Un vieux monsieur de près de 2500 ans. Auteur classique, le tragique grec est l’auteur de plus de cent pièces de théâtre, dont seulement sept nous sont parvenues. Parmi celles-ci, il y a les trois volets de sa trilogie L’Orestie, Agamemnon, Les Choéphores et Les Euménides. Elles sont présentes aux éditions Larousse dans une version moderne qu’il est bon de découvrir ou de redécouvrir.
L’Orestie appartient presque à un genre à part, celui de la saga troyenne. La Guerre de Troie a fortement marqué les auteurs et poètes Grecs. Ils en ont fait le décor de beaucoup d’œuvres. Agamemnon en fait partie. Le roi d’Argos revient au pays après dix ans de guerre. Il porte sur lui le meurtre de sa fille Iphigénie, sacrifiée pour la victoire des Grecs contre les Troyens. La reine Clytemnestre, sa femme, est là. Elle ne l’attendait plus et se montre tour à tour heureuse, troublée et finalement déconcertée. Elle a un amant, Égisthe, n’a pas oublié la mort de sa fille et constate que son mari amène avec lui une esclave troyenne, l’ex-princesse troyenne Cassandre. Le drame est là. Clytemnestre tue son mari et cette esclave. Un meurtre qui n’est que le début d'un cycle de meurtres.
Crime-vengeance-crime
Le processus crime-vengeance-crime est enclenché dans Agamemnon. Dans Les Choréphores, Oreste, le fils du roi, entreprend de laver sa mort en tuant sa propre mère. Eschyle vient puiser dans la mythologie et la religion qui nourrissent sa réflexion sur le mal et l’interdit.
Nous sommes dans un triple drame suivant le conflit dévastateur de Troie, comme si la victoire sur la cité ennemie appelait à un retour de bâton. La Grèce a subi de plein fouet une guerre dont les femmes semblent être des protagonistes fondamentales et surtout des victimes. Comme pour L’Orestie. Clytemnestre est celle qui déclenche le cycle de la mort par jalousie autant que par douleur.
Dans cette histoire de drames mêlant chœurs, incantations, dialogues faisant avancer le récit et lamentations, Eschyle parle de la manière dont la violence s’enclenche et comment les déesses de la vengeance (les Érinyes) peuvent se transformer en celles de la justice (Les Bienveillantes). Une vision poétique autant qu’éthique qui n’a pas prise une ride.
C’est vers la Région Centre Val de Loire qu’il faut tourner les yeux et les oreilles pour découvrir la pianiste ukrainienne Svetlana Andreeva, lauréate de la 16e édition du Concours international de piano d'Orléans 2024. Elle a par la suite effectuée une tournée en 2025 dans cette Région – Orléans, Montargis, Blois, Tours, Vierzon pour ne citer que quelques villes. Mysteria était le nom de cette tournée. C’est aussi celui de son premier album (chez b.records), tout entier consacré aux compositeurs du XXe et XXIe siècle. L’opus a été enregistré au Conservatoire de Chinon, avec le soutien de l'association Maison Henri Dutilleux - Geneviève Joy, Rencontres et création musicale.
Mystérieux Leoš Janáček (1854-1928) qui commence ce programme avec sa suite Dans les brumes. Le cycle du compositeur tchèque peut être qualifié de néoromantique. Il se pare d’accents folkloriques et d’innovations musicales contemporaines. Janáček, de par sa singularité, est considéré depuis une soixantaine d’années comme une figure majeure de la musique contemporaines. Pas étonnant que Svetlana Andreeva l’ait inclus dans son programme. Les quatre mouvements du cycle semblent se répondre dans une synergie aussi séduisante que dépaysante (l’Andante qui ouvre la pièce). Le compositeur de tchèque se joue du rythme, sans jamais laisser de côté la mélodie (le délicat Andantino). Les notes semblent s’échapper d’elles-même. La pianiste les dompte, les ramène sans cesse sur le droit chemin, avec un mélange de douceur et d’assurance (Molto Adagio). Il y a une profonde mélancolie dans cette œuvre de 1912, à la fois moderne en dépit de son âge et attachante – comme du reste l’homme qui l’a écrite.
Dans ce programme, on passe presque naturellement à Alexandre Scriabine (1871-1915). Il est présent avec la Sonate pour piano n°7 op. 64, singulièrement intitulée Messe blanche. Elle a été écrite en 1912, dans les dernières années du compositeur. Mysteria, le titre de l’album de Svetlana Andreeva sied à merveille au musicien russe, personnalité exceptionnelle et fantasque autant qu'artiste prolifique. Il a écrit cette Messe blanche comme une pièce mystique et a-religieuse. Elle est composée d’un seul mouvement, l’Allegro, déroulant sous une forme atonale les tourments intérieurs d’un homme et un artiste considéré aujourd'hui comme un jalon majeur de la musique du XXe siècle. Sa Messe noire, la Sonate pour piano n°9 op. 68 vient lui répondre. En un seul mouvement également, elle sonne différemment : d’une noirceur mystérieuse, elle semble ramper, insidieuse, tel un mal couvant sous les cendres. La pianiste ukrainienne sait donner sa place aux silences et aux inquiétantes respirations.
Nous sommes réellement en plein mysticisme dans ce passionnant opus
Nous sommes réellement en plein mysticisme dans ce passionnant opus. Il faut rappeler que le mystère était, au Moyen Âge, un théâtre religieux destiné aux fidèles. Et c’est ainsi que Svetlana Andreeva a conçu son album : comme une authentique œuvre théâtrale. Il est de nouveau question de mysticisme avec l’œuvre d’un compositeur bien vivant, Thierry Escaich (né en 1965). Le compositeur français a écrit Les litanies de l’ombre en 1991. La pianiste fait un grand bond dans l’histoire tout en restant cohérente dans son choix. Ni laïque ni complètement religieuse, cette pièce est marquante dans la carrière de Thierry Escaich. L’architecture robuste de ces Litanies, influencées par le répertoire grégorien, laisse toute sa place aux rythmes et aux élans. Tourmentée et à l’écriture moderne et désarçonnante, l’œuvre est aussi profondément mystique, comme si le bien et le mal s’affrontaient dans un combat eschatologique.
Il n’est pas très étonnant que Svetlana Andreeva ait choisi de proposer la suite Masques de Karol Szymanowski (1882-1937). Le compositeur polonais l’a écrite entre 1915-1916 pendant son séjour en Ukraine où il est né. Les trois pièces de Szymanowski, Schéhérazade, Tantris le bouffon et Sérénade de Don Juan laissent à entendre l’influence de Debussy, mais aussi de Stravinski dans son approche moderne des grands mythes. Svetlana Andreeva se fait délicate et lumineuse dans ces pièces oniriques et mystérieuses justement ! Comme Janáček, le néoromantisme se fait moderne et contemporain, sans jamais trahir le goût pour le folklore et la culture de ses pays – la Pologne et l’Ukraine.
Place, pour terminer, à la plus jeune compositrice de ce programme (et la seule femme aussi), à savoir Aigerim Seilova. Née en 1987, la musicienne kazakh peut se targuer de bien belles récompenses. Svetlana Andreeva joue Blackout, une pièce pour piano et électronique. Une alliance détonante et d’une folle modernité, par deux artistes expatriées et vivant toutes les deux en Allemagne. La pianiste ukrainienne dialogue avec les sons et les boucles d’une pièce intériorisée et nerveuse. Le mystère est là, total et séduisant, déstabilisant et culotté. Hyper-moderne aussi. Svetlana Andreeva passe de l’ombre à la lumière. Chouette !
Étrange aventure musicale que nous propose Child Of Ayin. Elle commence avec le nom même de l’album, Top of the Sinaï. Où sommes-nous ? Au Moyen-Orient ou aux États-Unis ? Ou bien en France, puisque derrière le Child of Ayin se cache Jonathan Sellem, un artiste franco-américain nourri à la pop, au blues et à la country ?
Top of the Sinaï, c’est une traversée inspirée et inspirante, comme si un chaman avait ressuscité dans le grand ouest américain. Chaque morceau de l’opus, inspiré par la médiumnité et la numérologie (l’une des passions du musicien), est associé à un chiffre de 1 à 12. Puisque nous parlions d’influences, Hell Is Where The Angels Grow, avec ses voix féminines habitées, ressemble à la bande-son d’un western spaghetti. Évidemment, l’esprit d’Ennio Moriconne n’est pas loin.
Pour Break The Curse, plus sauvage, le blues-rock nous entraîne toute bride abattue dans un ouest américain fantasmé, avec pour seul horizon la liberté contre la vacuité et l’épuisement (Burn out). La liberté mais aussi la soif de s’ouvrir intérieurement et au monde. "Le moment est venu pour moi de vivre pleinement, de vivre pleinement et de m'élever", dit-il en substance dans l’introspectif et éloquent Rise ("The time has come for, me to switch sides, and rise"). Dans cette revisite de l’âme et de la musique américaine, Child of Ayin assume tout, y compris le rock, y compris l’esprit cow-boy, y compris l’esprit american way of life, le tout avec un accent guerrier assumé et qu’on aura le droit de critiquer ("Walking walking like a hero, proud Amerca grow and grow bless the flag and the holy Lord, All America", Capitaliska).
Médiumnité
Qu’on se le dise, en dépit de ces paroles rageuses, le Franco-américain reste, à l’instar du regretté John Lennon, un rêveur (Dreamer like me) qui ne demande qu’à sortir de la misère de ce monde. Et on est bien obligés, cette fois, d’aller dans son sens, surtout avec un titre folk-blues enlevé. Et lorsqu’il chante, sur un rythme country, "écoutez-moi tous ! J'ai un remède : je peux faire sourire les gens grâce à la musique et à la poésie. Tout ce que vous avez à faire, c'est appeler mon nom !" (Call My Name), on a envie de le suivre à coup sûr. Qui a dit que la country en pouvait pas être fédératrice ?
Cow-boy solitaire, affamé de grands espaces, Child of Ayin est tout autant un être inspiré, se voulant un chaman de notre époque (Make Me Sun), rêvant d’un nouveau monde, d’un nouvel ordre (sic) et d’une religion unissant chacun et chacune. C’est ce qu’il chante dans New World Under, un titre rock sacrément bien écrit et non sans visions prophétiques ou psychédéliques, comme on voudra ("I see thirteen crystal skulls, staring at the sun and the moon is looking back with a blood shot in the eye").
Étonnant artiste et singulier premier album que celui-là. Child iof Ayin s’appuie sur des paroles riches et imagées, à l’instar de celles d’Eternal Child, puisant ses influences dans les traditions indiennes. Un grand écart quand on pense au guerrier et yankee Capitaliska. Et si, finalement, le musicien n’était ni méchant ni bon mais juste un poète mal dans son époque (Midnight) et qui trouvait dans la musique une fuite salvatrice ?
Parlons, enfin, de Mary, l’un des meilleurs morceaux de l’album, est une jolie déclaration d’amour folk pour cette Mary, "tombée du ciel" ("Swirl and spin Mary came down / fall from heaven, into my arms").
Johnny, vit dans un total rejet de la société. Après avoir volé une voiture, il rejoint Londres pour habiter quelque temps chez son ex-petite amie Louise. Vagabond flamboyant et cynique, charmant et violent, il va déambuler plusieurs nuits dans les rues de la capitale.
Prix de la mise en scène et prix d’interprétation masculine au festival de Cannes
Le Café philosophique de Montargis proposera son prochain rendez-vous le vendredi 20 mars à la Médiathèque de Montargis, à 19 heures. Le sujet de la soirée portera sur cette question : "Sommes-nous fâchés avec le progrès ?"
La notion de progrès a été pendant des années un idéal. Il devait permettre, pensait-on, d’aller vers des sociétés plus évoluées, des techniques plus efficaces et des personnes plus heureuses. Les sciences devaient être la condition de ce progrès. Mais jusqu’où peut aller ce progrès si même la science nous met en garde contre l’emballement des évolutions technologiques ? Que recoupe la notion de progrès ? Le progrès améliore-t-il forcément notre vie ? Devons-nous au contraire nous en méfier ? Le progrès amène-t-il le bonheur ou, au contraire, promet-il notre malheur ? Peut-on dire que le progrès est une notion dépassée ? En quoi peut-on dire que nous sommes "fâchés" avec ce concept ? Qu’est-ce qui pourrait nous "réconcilier" avec lui ?
Ce sont autant de questions qui pourrons être débattues lors de la prochaine séance du Café philosophique de Montargis. Rendez-vous à l’Atrium de la Médiathèque de Montargis pour ce débat le vendredi 20 mars 2026 à 19 heures. La participation sera libre et gratuite.
La manière dont il regardait Diane, avec un mélange de séduction et d’aplomb, la mettait mal à l’aise. Elle était maintenant pressée de rentrer chez elle. Ça tombait bien : son bus arrivait. Elle regarda une dernière fois Rudy.
— Je dois y aller, lui fit-elle. J’espère que vous allez pouvoir vous entendre avec Ann-Carolyn.
— Espérons-le. J’espère de mon côté que ce n’est pas trop grave pour ton partenaire et qu’il sera vite remis sur pied, répondit-il avec civilité. Tu es sûre que tu ne veux pas que je te ramène ?
Elle secoua la tête tout en montant dans le bus, se retourna vers son interlocuteur et lui fit un signe de la main qui avait l’accent des adieux.