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Articles et blablas - Page 4

  • On dirait qu’on fait la guerre

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    Ce sont deux grands enfants qui se trouvaient ce 10 novembre sur la scène du Tivoli à Montargis pour "jouer à la guerre". Play War, créé et interprété par Alexandre Finck et Adrien Fournier, de la Compagnie Discrète, propose une revisite burlesque des films de guerre américains.

    Deux soldats, un capitaine et son subalterne de l’armée américaine, sont parachutés chez l’ennemi en pleine guerre du Vietnam. Ces deux bras cassés vont devoir user de toutes les armes pour se sortir des griffes de l’ennemi retors, échapper à leurs fourbes geôliers et prendre la poudre d’escampette.

    La Compagnie Discrète a intelligemment construit le spectacle autour de l’idée du cinéma : après un générique au graphisme soigné, les deux acteurs traversent le mur d’écran pour rejoindre la scène : effet garanti. Au passage, Play War est également une condamnation de tous les conflits, à travers une fin étonnante qui prend le public de court.

    Aucune parole (ou presque) pour ce spectacle de mimes dans lequel les deux acteurs, en treillis et rangers, jouent (à) la guerre en même temps qu’ils rendent hommage à ces films qui ont marqué l’histoire du cinéma : Apocalypse Now, Platoon, Rambo ou Voyage au Bout de l’Enfer. Alexandre Finck et Adrien Fournier délectent le public avec les poncifs du genre : le soldat surjouant l’héroïsme, le pioupiou dépassé et l’ennemi viet-cong insaisissable, cruel et forcément vaincu... On retiendra en particulier le parachutage et l’arrivée sur les terres ennemies, la scène de la roulette russe et la course en moto hilarante.

    Après plusieurs représentations au Tivoli de Montargis, Play War tournera en France en fin d’année et courant 2019. Pour retrouver notre âme d’enfant, lorsque nous lancions à nos camarades de jeu : "On dirait qu’on fait la guerre..."

    http://www.compagniediscrete.com/play-war.html
    Play War, le 1er décembre 2018 au (H)AMAC / Jeux de Vilains, Lailly-en-Val (45), le 17 Janvier 2019 à Challans (85), le 27 Février 2019 à la Passerelle de Fleury-les-Aubrais (45) et en octobre 2019 au Théâtre de l'Opprimé à Paris 

    Voir aussi : "Duel pour violoncelle et piano"
    "L'apocalypse, c'est now !"

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  • Tatiana de Rosnay, ce sont ses fans qui en parlent le mieux

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    Tatiana de Rosnay est une auteure qui a su fédérer autour d’elle une communauté de fans et d’admirateurs. Pour ce dossier spécial, nous avons choisi d’interroger Mathilde, une de ses nombreuses fans. Pour mieux entrer dans l’univers de Tatiana de Rosnay, nous lui avons posé quelques questions auxquelles elle a bien voulu répondre. Mathilde est également bloggeuse (http://mathytistoire.blogspot.fr) et a été une auteure récemment primée pour un concours de nouvelles organisé par le site Aufeminin.

    Mathilde, bonjour. Merci de répondre à nos questions. Bla Bla Blog a commencé il y a quelques semaines un hors-série spécial sur Tatiana de Rosnay. Qu’en penses-tu ?
    C’est une excellente idée ! J’ai été ravie d’apprendre que Bla Bla Blog se lançait dans cette aventure. Ce blog a décidément bon goût !

    Et toi, quand as-tu découvert Tatiana de Rosnay ?
    Je crois que c’était en mai 2008. Dix ans, déjà ! Et la première rencontre hors des pages, à l’automne 2010, dans une librairie du 7e arrondissement de Paris, à l’occasion de la sortie de l’adaptation d’Elle s’appelait Sarah.

    Quel livre de Tatiana de Rosnay as-tu lu pour la première fois ?
    J’ai découvert Tatiana de Rosnay par La Mémoire des murs. Il m’a été offert pour mon anniversaire. Je ne connaissais pas encore l’auteure. J’aime les livres que l’on vous offre, que l’on a choisi pour vous parmi ceux présents en librairie. Un livre, c’est aussi une rencontre. Je pense que ça en dit beaucoup à la fois sur la personne qui a fait ce choix et aussi sur soi-même. Sans ce cadeau, je me dis que j’aurais peut-être pu passer à côté quoique je pense qu’un tel titre m’aurait un jour ou l’autre interpellée. Qui ne s’est jamais dit : "Ah, si les murs pouvaient parler… ?" Je me souviens l’avoir dévoré.

    Combien de livres d’elle as-tu lu à ce jour ? Tous ?
    Presque. J’aime bien garder le dernier en date quelques temps pour patienter avant le suivant. Il me reste donc à lire Tamara par Tatiana. Les chroniques de Bla Bla Blog écrites à l’occasion du dossier spécial m’ont donné envie de tous les relire tout en sachant que l’expérience ne sera pas la même. On aimerait parfois ne jamais avoir ouvert certains livres pour pouvoir les découvrir avec le regard de la première fois.

    Peut-on dire que tu es une inconditionnelle de cette auteure ?
    Ma bibliothèque me dit que oui ! Entre les romans, les recueils de nouvelles, les ouvrages collectifs, on peut difficilement nier les choses ! J’aime aussi dénicher d’anciennes éditions ; j’ai notamment trois éditions de Spirales, deux du Cœur d’une Autre, de La Mémoire des murs, du Voisin etc. Elles me sont très précieuses. L’ensemble occupe un niveau de ma bibliothèque. J’ai un léger problème avec les livres, impossible de me freiner. C’est à la fois une maladie et un remède. J’ai aussi une immense affiche du film Boomerang, mais quand je dis immense, je n’exagère rien. J’ai légèrement sous-estimé la taille d’une colonne Morris… Ça valide bien le côté inconditionnelle, non ?

    Qu’est-ce qui fait qu’on devient accro à Tatiana de Rosnay ?
    Comment ne pas l’être ? Pour ma part, j’ai été réellement bouleversée par Elle s’appelait Sarah. J’ai rarement autant pleuré en lisant et, pourtant je suis une vraie madeleine. Les larmes coulaient et gondolaient le papier. Ce livre fait partie de ceux que je n’oublierai jamais. Un véritable choc. C’est toutes ces émotions qui font que l’on devient accro. Au-delà de l’écrivain, il y a aussi la femme que j’admire pour son humanité, sa générosité, ses combats (Le Refuge, la ligue des auteurs professionnels, entre autres) et son humour. Tatiana occupe une grande place dans ma bibliothèque et dans mon cœur.

    "Ça ne se dit pas ça, si ?"

    Je ne connais rien sur Tatiana de Rosnay mais je voudrais la découvrir. Tu me conseillerais quel livre ?
    Comme on peut s’en douter, je parle de Tatiana de Rosnay autour de moi et on me pose alors cette question. Cela dépend bien évidemment du lecteur que vous êtes. J’ai souvent conseillé de commencer par Boomerang ou Spirales. Ce dernier est assez court et très efficace, je pense que c’est une bonne façon de découvrir l’auteure.

    Entre nous, il n’y a pas un livre qui t’a déçu chez elle ?
    Ça ne se dit pas ça, si ? Bon, j’ai tout de même une réponse à cette question. Non pas que je n’ai pas aimé Le Voisin, mais je l’ai lu au mauvais moment. Je voulais en faire mon premier livre de 2011 histoire de bien commencer l’année, mais la grippe s’est invitée et la fièvre me faisait délirer (ou alors, était-ce ce l’inquiétant Léonard Faucleroy qui agissait un peu trop ?) Étant très (trop) sensible aux bruits, cette histoire de voisin a encore fait monter la température. J’ai déjà eu envie de glisser le décret cité au début du roman dans quelques boîtes aux lettres… Je compte le relire très prochainement.

    Quels thèmes te touchent particulièrement chez Tatiana de Rosnay ?
    Je crois que ce sont les secrets et les non-dits familiaux qui me fascinent, lorsque le rideau se lève sur les ombres du passé et que les vies en sont bouleversées. Il y a aussi le fait que les personnages sont toujours très humains ; ils apparaissent avec leurs qualités, leurs forces, leurs fragilités et leurs failles.

    Y a-t-il un sujet que tu souhaiterais que Tatiana de Rosnay traite dans un de ses prochains livres ?
    J’aimerais beaucoup lire une autre biographie. Sur une célèbre actrice américaine qui ne cesse de fasciner le monde entier, par exemple. J’ai adoré celle consacrée à Daphné du Maurier dont je n’avais lu que quelques nouvelles auparavant. Il ne faut pas avoir peur d’y plonger même si l’on est plus habitué au roman. Je vois bien un roman avec une jeune héroïne très forte, un personnage proche d’Emma González. Je ne sais pas pourquoi. Et pourquoi pas un livre pour les enfants afin que les plus jeunes aient eux aussi la chance de la lire ? Ou un spin-off sur l’un des personnages rencontrés précédemment ? Un come-back d’Angèle Rouvatier [Boomerang] !

    S’il y avait un seul livre d’elle que tu emmènerais sur une île déserte, lequel serait-il ?
    Une île déserte soit, mais chaude ou froide ? Je préfère savoir, je suis météo-sensible. S’il fait chaud, j’imagine que la nostalgie de la pluie me donnerait envie de passer mon temps avec la famille Malegarde [Sentinelle de la Pluie]. Sur une langue de terre froide, je crois que Manderley For Ever serait parfait à condition d’avoir réussi à faire un feu au préalable.

    As-tu lu son dernier ouvrage sur Tamara de Lempicka ? Et si oui que pourrais-tu nous dire de lui ?
    Oui. Je n’ai pas pu m’empêcher de le parcourir sitôt acheté, mais je le lirai en profondeur plus tard. Le plaisir n’en sera que décuplé. Quelque chose me dit que ce "plus tard", ne saurait tarder… Découvrir le fruit du travail de Tatiana et de sa fille, Charlotte, est particulièrement émouvant.

    Si tu avais Tatiana de Rosnay devant toi aujourd’hui, que lui dirais-tu ?
    Comme j’ai toujours envie de dire mille choses, mais qu’à peu près 99% ne sortent pas, il ne reste souvent qu’un grand merci ce qui paraît bien peu face au bonheur de la lire !

    Merci, Mathilde, pour ces réponses.
    Avec plaisir.

    Pour illustrer cette chronique, Mathilde a choisi Drôle d'époque de Clara Luciani. Un excellent choix...

    http://www.tatianaderosnay.com
    http://mathytistoire.blogspot.fr
    Aufemin.com

    Voir aussi : "Tatiana de Rosnay, son œuvre"

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  • Zola, le journaliste politique

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    Coup de projecteur sur une aventure littéraire autant que scientifique autour d'Emile Zola, l'un des auteurs français les plus lus et les plus appréciés en France. 

    Le Montargois Claude Sabatier vient de sortir le premier volume des Chroniques politiques de Zola (éd. Classiques Garnier). Pour présenter cet ouvrage, la Librairie des écoles de Montargis (18 rue du Loing) organise une rencontre avec l'auteur le samedi 10 novembre 2018 à 17 h 00.

    87539.pngClaude Sabatier, enseignant agrégé et docteur ès Lettres, avait sorti il y a quelques années un ouvrage sur Tachan (A propos de Tachan, éd. Arthemus, 2002), qui avait été le coup de cœur de l'Académie Charles Cros. Il sort aujourd'hui les Chroniques politiques (1863-1898) de Zola. Il en assure actuellement l’édition critique en tant que chercheur associé au Centre Zola dans le cadre de la publication par l’équipe de l’ITEM (Institut des Textes Et Manuscrits)-CNRS des Œuvres complètes de ce grand écrivain chez Classiques Garnier, collection Bibliothèque du XIXe siècle.

    Romancier célèbre pour les Rougon-Macquart, fresque sociale et politique d’une famille sous le Second Empire, Zola l’est un peu moins en tant que journaliste. Et pourtant, on redécouvre depuis peu sa vaste contribution à la presse de l’époque de 1863 à 1898 − point d’orgue avec le coup de tonnerre du « J’accuse » lançant l’Affaire Dreyfus. Le volume 1 évoque les débuts : Zola fait ses gammes et fourbit ses armes chez Hachette, s’essayant à la presse provinciale, populaire et mondaine, donnant sa pleine mesure dans les journaux républicains, où il répercute l’opposition croissante au Second Empire. Ses chroniques offrent une grande variété de thèmes – mondanité parisienne, flânerie méditative, vie politique – et déploient un large éventail de formes littéraires (récits, dialogues, lettres…) et de registres, du pamphlet à la satire. Le journaliste élabore des motifs et situations que le romancier développera ou transposera : la presse, alimentaire et polémique, annonce l’œuvre romanesque à venir.

    Je vous invite à découvrir cet ouvrage critique et à venir discuter avec Claude Sabatier à la Librairie des Ecoles de Montargis.

    Sous la direction de Claude Sabatier, Emile Zola, Chroniques politiques. tome 1 (1863-1870)
    Avec 
    Didier Alexandre, Philippe Hamon, Alain Pagès et Paolo Tortonese
    éd. Classiques Garnier, 669 p.
    Rencontre avec Claude Sabatier à la Librairie des écoles, 18 rue du Loing, Montargis

    Le samedi 10 novembre 2018 à 17 h 00
    https://www.lalibrairiedesecoles.com

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  • L’‎Œil du Frigo débarque sur Bla Bla Blog

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    À partir de lundi prochain, Bla Bla Blog ouvre son site à L’‎Œil du Frigo, un blog décalé et passionnant qui nous fera entrer dans l’univers de quelques-uns des grands films de l’histoire du cinéma grâce à des scènes… de frigo. De frigo ? Je vous imagine ouvrir de grands yeux - les mêmes, du reste, que j'ai fait en découvrant L’‎Œil du Frigo.

    Outre le fait que l’invention du cinéma soit quasi contemporaine à celle du réfrigérateur (1895 pour le premier et 1913 pour le Domelre, le premier frigo domestique fonctionnel), les cinéastes ont régulièrement utilisé des scènes, souvent aussi courtes qu’essentielles, autour de notre habituel appareil électroménager.

    Dès lundi, chacune de ces chroniques, postée à midi juste avant votre pause déjeuner, permettra de s’arrêter sur un film et sur une de ces séquences autour d’un réfrigérateur.

    Il est possible ensuite que vous ne verrez plus votre frigo de la même manière. Le premier film chroniqué sera Seven. Rendez-vous lundi prochain.

    http://www.loeildufrigo.fr

    © Nevil

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  • #AlertonsLesEnfants

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    Nathalie Cougny n’est pas une inconnue pour les lecteurs de Bla Bla Blog. Peintre et auteure, elle s’est aussi engagée depuis près de huit ans dans un combat en faveur des enfants et contre les agressions sexuelles faites aux mineur(e)s.

    Le hashtag #AlertonsLesEnfants a été lancé, parallèlement à un clip d’information qui s’adresse moins aux adultes qu’aux enfants eux-mêmes. D’après un rapport européen de 2015, 1 enfant sur 5 aurait subi des violences sexuelles. 2 enfants meurent de maltraitance par semaine en France aujourd’hui dans un silence quasi total. 120 millions de filles ont subi un viol dans le monde et d’après l’UNICEF il y aurait 154 000 victimes de viol ou tentatives de viol en France sur les mineurs. Il faut aussi rappeler qu’en France 59 % des agressions sexuelles sont commises sur des mineur·e·s, avec des conséquences désastreuses pour leur futur et la difficulté de se reconstruire. C’est dire l’importance d’une telle initiative.

    Le clip C’est mon Corps, c’est ma Vie ! se veut un outil pédagogique et préventif en direction des plus jeunes : "Leur expliquer les différents termes employés et, ainsi, les sensibiliser, mais également les responsabiliser pour plus tard."

    C’est mon corps, c’est ma vie ! a été réalisé et produit par Nathalie Cougny, Julien Cougny et Nils Bayon, avec le soutien de Varion Productions. Ana et Maxime (11 ans) et Mélanie (20 ans) jouent et prêtent leur voix pour ce clip qui entend permettre de lever les nombreux tabous sur les agressions sexuelles faites aux mineurs, tabous qui desservent cette cause : "Expliquez dès le plus jeune âge, avec des mots simples, mais aussi avec les « vrais » mots, c’est comme ça que nous ferons évoluer les mentalités, par l’éducation. Parlez aux enfants ne doit plus être un tabou ! Le plus difficile après une agression sexuelle, c’est d’en parler."

    C’est mon corps, c’est ma vie ! de Nathalie Cougny, Julien Cougny et Nils Bayon
    avec le soutien de Varion Productions

    #AlertonsLesEnfants
    http://www.nathaliecougny.fr

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  • Juste un moment d’égarement

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    Il y a quelques chose du Voisin dans le Spirales de Tatiana de Rosnay (éd. Plon), un thriller psychologique écrit quatre ans plus tard. On peut même dire que Le Voisin, La Mémoire des Murs (2003) et Spirales font partie d’une trilogie noire dans laquelle des femmes ordinaires se débattent dans des lieux oppressants et où la mort rôde, menace et finit par frapper.

    Dans le Voisin, comme dans Spirales, il est question de deux femmes aux points communs frappants : deux mères de famille effacées et cloîtrées dans une existence morne, deux anonymes contraintes de se sortir d’un piège qui peut s’avérer fatale, deux personnes déconsidérées et catapultées dans des circonstances exceptionnelles. D’un côté, nous avons Colombe confrontée à un voisin bruyant et au-dessus de tout soupçon. De l’autre, nous avons son aînée de quelques dizaines d’années, Hélène, une quinquagénaire qui "ne se plaignait de rien. D’ailleurs, de quoi pourrait-elle se plaindre ? Son existence feutrée, calme, stable, ne lui apportait que des petites joies prévisibles, faciles à digérer".

    Voilà pour camper le personnage, propulsé en quelques minutes dans un véritable cauchemar. Aimantée par un inconnu qui l’alpaguée dans la rue, Hélène le suit dans un appartement sordide et fait l’amour avec lui : c’est un moment d’égarement qu’elle n’a jamais connu, un "accouplement sauvage, charnel dans lequel elle puisait une volupté frénétique". Cette parenthèse adultère, Hélène la considère comme une respiration dans sa vie trop calme et trop lisse. Une respiration qu’elle se promet de garder secrète, alors même que cette mère de famille, qui n’avait jamais dévié de sa rigueur, se demande si elle aura une suite ou non. La réponse à cette interrogation ne se fait pas attendre : son amant s’effondre, victime d’un malaise, et meurt sur le coup. Affolée, Hélène se hâte de se rhabiller et s’enfuit. Lorsqu’elle est de retour chez elle, et certaine que personne ne l’a vue, elle s’aperçoit qu’elle a oublié dans l’appartement son sac à main où se trouvent ses papiers.

    Un accouplement sauvage

    Spirales est, comme son titre l’indique, le récit d’un piège diabolique. L’auteure ausculte, telle une entomologiste, un être ordinaire se débattant pour sortir d’un labyrinthe. Tatiana de Rosnay tourne autour de son personnage avec la même empathie que dans Le Voisin. Le terme de thriller psychologique n’a jamais aussi bien porté son nom que dans cette histoire où la lutte pour retrouver sa vie d’avant se heurte à des considérations morales sur la responsabilité et le remord : "Le pli était pris. Quelque chose en elle s’était fortifié. Elle ne s’était pas effondré. Elle avait fait face. Elle avait incorporé la nouveauté comme un organisme avale un corps étranger et le fait sien. En elle, désormais, vivait une entité à part, une bride d’acier qui la faisait tenir".

    À l’instar d’Alfred Hitchcock dans ses propres films, Tatiana de Rosnay apparaît aussi dans une scène de café ("Un long visage fin, des cheveux cendrés… un regard de chat") et converse avec une Hélène aux abois. Hitchcockien : le terme fait complètement sens pour ce thriller psychologique digne de Daphné du Maurier, l’auteure de Rebecca et des Oiseaux. Dans la brève conversation qui a lieu entre Hélène et cette cliente plongée dans l’écriture, cette dernière adresse une leçon à la femme adultère qui s’est mise dans un sacré pétrin : "Le train lancé à toute vitesse. Le train de la vie. Comment l’arrêter ? Et bien, on ne peut pas. Ou alors on saute du train. Et c’est la fin."

    Cette invitation au combat et à assumer ses actes, Hélène l’assume à sa manière, au prix de mille efforts. La mère de famille bourgeoise et effacée devient une femme déterminée, jusqu’au dernier chapitre à la fois rempli de zones d’ombres et déstabilisant. Le Voisin se terminait par une sorte de renaissance ; dans Spirales, le lecteur y trouvera une fin presque aussi perverse que le parcours de cette femme qui a eu le malheur de succomber à un bref, intense mais fatal moment d'égarement.

    Tatiana de Rosnay, Spirales, éd. Plon, 2004, 200 p.
    http://www.tatianaderosnay.com

    Voir aussi : "Tatiana de Rosnay, son œuvre" 
    "Ne dors pas ma belle"
    "Tatiana de Rosnay sur les pas de Daphné du Maurier"

     

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  • Lunar Storm à la Boule Noire

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    Lunar Storm poursuit son chemin après avoir enregistré son premier album So Far From Home. Le groupe indie rock sera le 10 novembre prochain à la Boule Noire et se produira pendant environ une demi-heure dans le cadre du Festival Emergenza, un tremplin entendant récompenser les groupes amateurs de la région parisienne en leur permettant de jouer dans des salles mythiques (Boule Noire, New Morning, Alhambra et Bataclan) et pour les lauréats, de participer à un grand festival en Allemagne. 

    Le billet au tarif de 11€ permet l’accès à une soirée concert placée sous le signe de l’éclectisme où se relaieront des groupes rock, rap et reggae. A l’issue de chaque performance, le public sera invité à voter à main levée. A l’issue de la soirée, les trois groupes qui ont obtenu le plus de votes passeront en demi-finale et seront amenés à jouer au New Morning dans le courant du mois de février. Lunar Storm se produira à 20h30.

    Lunar Storm, So Far From Home, auto-produit, sur les plateformes de téléchargement
    http://www.emergenza.net
    https://lunar-storm.fr/musique-rock-paris

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  • La Lutte des Classes : clap de fin

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    Durant ce week-end de la Toussaint, avait lieu le tournage de la Lutte des Classes, un court-métrage produit par l’association Éclectique, à Ingré (Loiret). Pour l’occasion, une équipe d’une vingtaine de personnes avait investi une école primaire, transformée pendant trois jours en un lycée pour les besoins du film.

    Alex Bongibault était à la mise en scène pour cette histoire de conseil de discipline, chargé de statuer sur le cas d’une lycéenne ayant provoqué une bagarre houleuse avec une autre élève. L’équipe technique était constituée d’Armand Medinger, pour le son, Samuel Beaubras et Marie Faranda pour les prises de vue, avec également Florence Blanchard, Karten Zajac et, bien sûr, Nora Méthivier à la direction générale.

    Les actrices et acteurs (Jennifer Dìas, Alicia Gonzalez, Flavie Kazmierczak, Pierre Richekare, Mikael Buxton, Aurélie Serrano, Mejgan Bayani, Sam Sam, Sylvie Mouillat, Nicolas Lefebvre et Nathalie Frebourg) étaient au diapason pour faire vivre les personnages de Diane, Sixtine, Charlotte ou Nathalie. L’histoire de La Lutte des Classes a été choisie par l’association Éclectique au terme d’un concours de scénario, dont le thème était :  "Les yeux du rêve."

    Les yeux du rêve, dans cette histoire de conseil de discipline, symbolisent la lucidité, la conscience, la connaissance et la compréhension que montre en particulier Diane (Jennifer Dìas). Cette professeure prend le parti de défendre Sixtine Ohana (Alicia Gonzalez) une élève dont elle est très attachée mais qui a commis un acte grave dans l'enceinte de son école, en s'en prenant à une autre lycéenne, Charlotte Balsan (Flavie Kazmierczak).

    Que ce soit dans une salle de réunion, au cours d’une classe de français ou bien dans une cour de récréation en pleine ébullition, l’ambiance du tournage mêlaient sérieux, concentration, bonne humeur et improvisation pour mettre dans la boîte ce qui devrait être un court-métrage diffusé au cours du printemps prochain.

    Bla Bla Blog n’a pas fini donc de parler de ce projet ciné.

    La Lutte des Classes, un film de Alex Bongibault, sous la direction de Nora Méthivier, scénario de Bruno Chiron
    avec Jennifer Dìas, Alicia Gonzalez, Flavie Kazmierczak, Pierre Richekare,
    Mikael Buxton, Aurélie Serrano, Mejgan Bayani,
    Sam Sam, Sylvie Mouillat, Nicolas Lefebvre et Nathalie Frebourg

    https://eclectiquecontact.wixsite.com/eclectique

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  • La Lutte des classes, l’équipe technique

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    J-1 avant le début de la grande aventure et le tournage du court-métrage La Lutte des Classes à Ingré (45). Nous parlions des interprètes de ce film, voici maintenant l’équipe technique, indispensable à la réalisation de ce projet.

    Nora M-D : Direction général, production et post production. Polyvalente Présidente de l’association Éclectique

    Alex Bongibault : Réalisateur en chef, Alex participe à la captation vidéo des spectacles de l’association depuis deux ans déjà. 

    Armand Medinger : Technicien son, perchiste, Armand est musicien de l’association, il s’est également occupé du son du dernier spectacle produit par Éclectique. C’est son domaine pro et il est à l’origine du projet Les yeux du rêve. 

    Samuel Beaubras : Prise de vue, cameraman et cadreur. Samuel est un musicien de l’association passionné par le cinéma. 

    Marie Faranda : Prise de vue, cameraman et cadreur. Elle est comédienne et viens tous juste de rejoindre l’association. Elle travaille en binôme avec Samuel. 

    Florence Blanchard : Accessoiriste, maquilleuse. Également une nouvelle dans l’association. 

    Karten Zajac : Directeur de la photographie, technicien polyvalent. Karten va prendre des photos durant le tournage et aider à mettre en place les décors. Il est le secrétaire de l’association. 

    Clara Leprince : Assistance de production, en charge d'une partie de la logistique, notamment les caméras. Assistante dans tous les projets de l’association. 

    La Lutte des Classes, un film de Nora Méthivier, scénario de Bruno Chiron
    avec Jennifer Dìas, Alicia Gonzalez, Flavie Kazmierczak, Jonas Latour,
    Mikael Buxton, Aurélie Serrano, Mejgan Bayani,
    Sam Sam, Sylvie Mouillat et Nicolas Lefebvre

    https://eclectiquecontact.wixsite.com/eclectique

    Voir aussi : "La Lutte des Classes, les interprètes"
    "La Lutte des Classes, le pitch"
    "La lutte continue"

     

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  • Dhafer Youssef, la world music des sphères

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    Une sorte de syncrétisme guide l'album de Dhafer Youssef, Sound of Mirrors. Nous pouvons même dire que les reflets dont parle le titre nous propulsent vers un kaléidoscope assez unique. Ce sont des musiques dont on ne parvient plus à savoir d'où elles viennent exactement : traditions indiennes, arabes, turques, occidentales, religieuses, folk (Chakkaradaar "Atithi Devo Bhava" suite) ou bien new age (Shanti "Atithi Devo Bhava" suite) ?

    La meilleure image de cet opus à la facture moyen orientale est sans doute celle de ces paysages accidentés dans lesquels les échos nous renvoient des sons à l'infini et dont l'origine se perd. La comparaison est d’autant plus bienvenue pour le titre Humankind dans lequel la voix de Dhafer Youssef se lie et se confond avec celle d’un hautbois. Ou est-elle se demande l'auditeur ?

    Pour cet album world music enregistré à Bombay puis Istanbul avant un mixage à Göteborg en Suède, l'artiste tunisien et joueur de oud s'est entouré de quelque figures venues de tous horizons : Zakir Hussain aux tablâ, le guitariste norvégien Eivind Aarset et le clarinettiste turc Hüsnü Şenlendirici.

    Les rythmes sont hypnotisants (Dance Layan Dance, qui est un hommage à sa fille). Les titres se déroulent tels des voyages intérieurs (Al Wadood), lorsqu'ils ne sont pas mélancoliques (Satya "Satyagraha" suite). La voix de Dhafer Youssef gravit les octaves jusqu'à atteindre des sommets rarement entendus (Ruby Like Wine).

    Un vrai cheminement intérieur

    "L'exotisme" (je viens d’employer un gros mot...) est roi dans un album qui se joue des frontières musicales (Journey in Bergama) : "J’ai senti que, partant d’un socle culturel indien, nous pouvions aller vers un propos plus universel... Cet enregistrement m’a fait l’effet d’une ode à l’amitié et à la fraternité. Quand nous jouions ensemble, j’avais la nette sensation que des âmes sœurs se reflétaient. D’où le titre de l’album : Sounds Of Mirrors," commente Dhafer Youssef.

    Une grande modernité conduit Sounds of mirrors qui revisite a la sauce contemporaine des sons ancestraux (Like Dust I May Rise), parfois avec des accents pop et folk comme Nasikabhushani.

    Sounds of Mirrors est aussi et surtout un vrai cheminement intérieur (Satya "Satyagraha" suite), comme le revendique l’artiste : "Pour moi, c’est un disque plus méditatif, plus spirituel et plus facile d’accès que le précédent, Diwan Of Beauty and Odd. Mais attention ! Ici, rechercher une forme de paix profonde et de sagesse n’a rien de la démarche religieuse."

    Tout l'album de Dhafer Youssef invite à s'imprégner d'une musique à la richesse rarissime se cachant derrière chaque nuance d’instrument et chaque grain de voix.

    Dhafer Youssef, Sounds of Mirrors, Anteprima, 2018
    http://www.dhaferyoussef.com

     

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  • Complètement à l’ouest

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    Je confesse bien volontiers un mauvais jeu de mot pour cette chronique sur Boomerang (éd. Héloïse d’Ormesson), un roman de Tatiana de Rosnay paru en 2009 qui navigue entre Paris et la Vendée.

    Antoine Rey, brillant mais stressé architecte parisien, peine à se remettre d’un divorce traumatisant. Malgré des relations plus apaisées avec son ex-femme Astrid, il lui faut gérer ses trois enfants, une vie sentimentale frustrante, un travail qui l’oppresse et un père tyrannique. Un week-end, il décide d’emmener sa sœur Mélanie à Noirmoutier, autant pour fêter son anniversaire que pour faire un break avec sa vie parisienne. Ce bref séjour leur permet aussi de renouer avec les souvenirs de leur enfance, et surtout de leur mère, Clarisse, une femme décédée alors qu’ils étaient jeunes. C’est à Noirmoutier que la famille Rey au grand complet a passé des vacances pendant plusieurs saisons. Mais un lourd secret secret entoure Clarisse, dont l’existence comme la disparition sont nimbés de mystère. Mais ce passé refait violemment surface lors de ce week-end. Lors du voyage de retour, la voiture que conduisait Mélanie fait une embardée. Au moment de l’accident, elle s’apprêtait à faire une révélation à Antoine. Mais à son réveil à l’hôpital, elle ne s’en souvient plus.

    Comme pour À l’Encre russe et Sentinelle de la Pluie, c’est l’existence d’un homme paumé qu’ausculte Tatiana de Rosnay. En revisitant ses souvenirs familiaux et en particulier ceux ayant trait à sa mère, c’est sur lui-même que se retourne Antoine. Le passé lui revient en pleine face, tel un boomerang. La tragédie prend peu à peu forme, transformant les silences et les non-dits assourdissants de ses proches – et en premier lieu ceux de son père et de sa grand-mère – en preuves implacables d’un véritable complot contre une femme exceptionnelle à tout point de vue.

    Le passé lui revient en pleine face, tel un boomerang

    Le lecteur suit avec passion un livre qui aurait pu être un énième thriller. Cela fait-il de Boomerang un roman ténébreux ? Non, car Tatiana de Rosnay – qui apparaît elle-même en filigrane dans la scène du TGV – a voulu d’abord bâtir une histoire sur la reconstruction, la réconciliation et, au final écrire une histoire d’amour, un thème assez neuf dans son œuvre.

    Une histoire d’amour ou plutôt deux histoires d’amour. En entreprenant son enquête familiale sur le secret que Mélanie s’apprêtait à lui révéler, Antoine, un homme tombé dans une routine morne d’homme séparé, découvre la puissance dévastatrice d’une passion qui aura finalement eu raison de sa mère. Par la même occasion, c’est une renaissance que lui offre celle-ci, comme un boomerang traversant les années : l’accident de Mélanie entraîne en effet la rencontre d'Antoine avec le très beau personnage d’Angèle – une envoûtante embaumeuse. Cette femme, travaillant parmi les morts, et tout aussi romanesque qu’Astrid, conduit un homme intérieurement dévasté et psychologiquement moribond parmi les vivants. 

    La réconciliation avec la vie et l’amour sera d'abord celle de la rencontre avec une mère qu’il ne connaissait finalement pas. Impossible de ne pas accrocher à cette quête dans laquelle le passé se rappelle à nous.

    Tatiana de Rosnay, Boomerang, éd. Héloïse d’Ormesson, 2009, 379 p.
    http://www.tatianaderosnay.com

    Voir aussi : "Tatiana de Rosnay, son œuvre"
    "Sous l'eau"
    "Des hommes, des eaux et des arbres"

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  • T’as le bonjour d’Albert

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    Albert : son musée Somme 1916, sa basilique néo-byzantine, ses cimetières militaires et son jardin public. Devrions-nous maintenant ajouter sa brasserie, le Hygge Café ?

    Petite précision lexicale : qu’est-ce que le "hygge" ? Il s'agit d'un terme scandinave qui désigne une atmosphère de bien-être, intime et chaleureuse. Voilà qui nous met tout de suite dans l’ambiance.

    Il faut être honnête : entrer dans une brasserie tient souvent de l’aventure, tant ce genre d’établissement recèle le meilleur et le pire, comme si revendiquer une forme de gastronomie traditionnelle pouvait justifier le mauvais goût en matière d’art-déco ou une atmosphère poussiéreuse, avec un service qui sent la naphtaline et des plats lourds comme des obus de la Grosse Bertha.

    Une bonne partie de mes inquiétudes s’est effacée dès l’entrée de cet établissement situé en face de la basilique. C’est plutôt une ambiance de pub qui prévaut dans cette brasserie fréquentée d’Albert, et tenue par un Tourangeau dont le sens de l’accueil est exemplaire, et qui change pas mal de nombre de ses confrères et consœurs.

    Exemplaire

    Le décorum, soigné mais sans ostentation, rappelle que nous sommes dans une cité détruite pendant la première guerre mondiale : photographies anciennes, affiches et fac-similés de journaux d’époque sont omniprésents – en plus d’une petite bibliothèque pour les clients pas seulement attirés par les nourritures terrestres.

    Si vous voulez rester dans l’ambiance british de cet établissement, vous opterez, comme beaucoup de clients venues de la Perfide Albion, pour le traditionnel fish and chips. Lors de ma découverte du Hygge, j’ai de mon côté craqué pour un steak tartare le plus simple qui soit, accompagné d’une Judas, une bière belge sublime et au solide tempérament : diable ! Si vous entrez dans cette brasserie inoubliable, ne ratez surtout pas son tiramisu à la légèreté incroyable.

    Le Hygge Café, très couru paraît-il des touristes anglais, américains ou australiens (le centre John Monash n’est qu’à quelques encâblures), risque de ne pas être déserté d’ici la fin des commémorations du 11 novembre.

    Hygge Café, 29 place d’Armes, 80300 Albert
    Tél. 03 22 75 47 12
    Page Facebook du Hygge Café

    Voir aussi : "Les filles de La Plaisance"
    "Aussies au front"

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  • La lutte des classes, les interprètes

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    La lutte des classes diapo2.png

    Le tournage de La Lutte des Classes se précise. Il aura lieu à Ingré (Loiret), les 1er, 2, 3 et 4 novembre à Ingré. 

    Parmi les rôles titres de ce court-métrage, citons Jennifer Dìas, Alicia Gonzalez, Flavie Kazmierczak et Sylvie Mouillat dans les rôles principaux.

    La Lutte des Classes, un film de Alex Bongibault, sous la direction de Nora Méthivier, scénario de Bruno Chiron
    avec Jennifer Dìas, Alicia Gonzalez, Flavie Kazmierczak, Pierre Richekare,
    Mikael Buxton, Aurélie Serrano, Mejgan Bayani,
    Sam Sam, Sylvie Mouillat et Nicolas Lefebvre

    https://eclectiquecontact.wixsite.com/eclectique

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  • Obéir ou désobéir ?

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    Le café philosophique de Montargis se délocalise en novembre pour une séance spéciale au cinéma Le Vox de Château-Renard. Cette soirée spéciale aura lieu le vendredi 2 novembre à 20H30, après la diffusion du film Libre de Michel Toesca.

    "Obéir ou désobéir ?" Les animatrices et animateurs du café philosophique de Montargis proposeront un débat autour de la notion de liberté, de l’engagement et la désobéissance. Nous aspirons tous à vivre dans une société paisible, dans laquelle les lois entendent maintenir cette concorde. Mais que se passe-t-il lorsque ces lois me semblent "injustes" ? Peut-on considérer que c'est une raison suffisante pour ne pas lui obéir ? Comment vivre sa citoyenneté dans une société conflictuelle ? Quels principes peuvent nous conduire à la désobéissance ?

    Ce seront autant de questions qui seront débattues au Vox, le vendredi 2 novembre 2018, à partir de 20H30.

    http://cafephilosophique-montargis.hautetfort.com
    http://www.levox.fr/libre

  • Cali, métamec

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    2018 aura été marqué par de grandes légendes de la chanson française : il y a eu la découverte il y a un an de Lily Passion de Barbara dans sa version studio inédite, le décès de Charles Aznavour il y a deux semaines et, il y a quelques jours, la célébration des quarante ans de la mort de Jacques Brel. Mais il fait aussi compter sur Léo Ferré, dans l’actualité en ce moment avec la sortie de plusieurs reprises par Cali.

    Sur la pochette de l’album, celui-ci pose avec un chimpanzé, l’alter-ego de Pépée, le célèbre singe de Ferré disparu en 1968 et qui inspira un titre éponyme – mais qui n’est singulièrement pas présent dans cette série d’adaptations.

    C’est extra, Vingt ans, Ni dieu ni maître, Les anarchistes, Joli môme ou Avec le temps font partie des classiques que reprend Cali, dans un souci de dépoussiérer, de moderniser, voire de révolutionner des chansons de Ferré : c’est "une sorte de laboratoire musical" comme il le dit lui-même. Pour l’occasion, il s’est entouré de Steve Nieve au piano et de François Pioggio à la guitare.

    Cali se met au service des textes de Ferré avec le souci de proposer des arrangements parfois désarçonnants mais souvent très convaincants. Le choix de l’acoustique et de la simplicité guident un chanteur qui entend mettre en valeur, plutôt que d’étouffer, les textes de Ferré, que ce soit ceux de La Mélancolie ou de Paris je ne t’aime plus.

    Dans C’est extra, l’orchestration minimaliste est soutenue par des explosions de lumières et des averses de pianos, permettent de voir sous un autre jour un standard archiconnu.

    Cali s’approprie si bien les œuvres de son aîné que l’on penserait que certains titres, à l’exemple d’Ils ont voté, ont été écrits pour lui en 2018 : "A porter ma vie sur mon dos / J'ai déjà mis cinquante berges / Sans être un saint ni un salaud / Je ne vaux pas le moindre cierge /Marie maman voilà ton fils / Qu'on crucifie sur des affiches / Un doigt de scotch et un gin fizz /Et tout le reste je m'en fiche / Ils ont voté... et puis, après ?"

    Pour ce chef d’œuvre qu'est Les étrangers, Cali en fait une adaptation sèche, rythmée et presque ludique. On pourra préférer la version originale mais on n’enlèvera pas la prise de risques de l’interprète. Autre prise de risques : celle avec Vingt ans, cet impertinent, tendre et cruel hymne à la jeunesse : "Pour tout bagage on a vingt ans / On a des réserves de printemps / Qu'on jetterait comme des miettes de pain / A des oiseaux sur le chemin." Là, Cali choisit opportunément la modernité et l’électro. Pour Ni dieu ni maître, c’est le rock qui est préféré dans cette chanson sur l’anarchie et qui renvoie à cet autre titre emblématique, Les Anarchistes, aussi sombre et mélancolique que la version de Ferré pouvait être combative et engagée : "La plupart fils de rien ou bien fils de si peu / Qu'on ne les voit jamais que lorsqu'on a peur d'eux / Les anarchistes / Ils sont morts cent dix fois / Pour que dalle et pourquoi ?"

    Les guitares fument sur un rythme espagnol étouffant

    Outre le joyeux et mutin Joli Môme, un titre qui avait été écrit au départ pour Annie Butor, la belle-fille de Ferré, Cali propose une interprétation de La mémoire et la mer assez proche, dans les gènes, à l’original studio, mais avec une facture lo-fi et des percussions sombres qui lui confèrent une indéniable puissance nostalgique et une singulière patine du temps : "Je me souviens des soirs là-bas / Et des sprints gagnés sur l'écume / Cette bave des chevaux ras / Au ras des rocs qui se consument / Ô l'ange des plaisirs perdus / Ô rumeurs d'une autre habitude / Mes désirs dès lors ne sont plus / Qu'un chagrin de ma solitude."

    Impossible de ne pas parler de l’un des classiques le plus célèbres de Ferré. Avec le Temps renaît grâce un enregistrement audacieux par l’utilisation d’une guitare nue et un admirable jeu d’échos. L’auditeur peut féliciter Cali pour son interprétation sans fioriture, lui permettant de laisser les mots du poète dominer le sujet : "Avec le temps, va, tout s'en va et l'on se sent blanchi / Comme un cheval fourbu et l'on se sent glacé / Dans un lit de hasard et l'on se sent tout seul / Peut-être, mais peinard / Et l'on se sent floué par les années perdues."

    Cali, le "métamec", pour reprendre le titre de l’album posthume de 2000, se fait carrément aventurier pour Le flamenco de Paris qui devient, grâce à lui, une authentique création musicale. Les guitares fument sur un rythme espagnol étouffant, faisant de ce flamenco un vrai chant de mort.

    On s’arrêtera aussi longtemps et plusieurs fois sur ce joyau qu’est Thank You Satan : lumineux, majestueux et d’une belle épaisseur instrumentale et rythmique. Les mots de Ferré renaissent avec lyrisme dans une chanson qui n’est pas forcément la plus connue dans la discographie de Ferré : "Pour la solitude des rois / Le rire des têtes de morts / Le moyen de tourner la loi / Et qu'on ne me fasse point taire / Et que je chante pour ton bien / Dans ce monde où les muselières / Ne sont pas faites pour les chiens."

    L’album se termine avec un titre rare de Ferré, L'amour est dans l'escalier. Ce poème de Léo Ferré, mis en musique par Steve Nieve et François Poggio, est interprété par le Mathieu Ferré, son fils, au timbre de voix si familier. Cali semble quitter cet album d’adaptations réussies sur la pointe des pieds, en laissant le dernier mot à Léo Ferré lui-même. Il aurait eu 102 ans cette année, déjà.

    Cali chante Léo Ferré, BMG, sorti le 5 octobre 2018
    En concert à Paris, le 16 novembre 2018 au Théâtre Dejazet
    https://www.calimusic.fr

    Voir aussi : "Le retour de la femme mimosa"
    "Aznavour, le mal-aimé"