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féminisme

  • Est-ce que les femmes doivent êtres nues pour entrer dans un musée ?

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    Et si, depuis qu’ils existent, les beaux-arts ne marchaient que sur une jambe ? Personne ne contestera que depuis que les musées sont musées, la moitié de l’humanité – en l’occurrence les femmes – est oubliée. Il semblerait que l’art, un domaine pourtant ô combien universel, ait été de tout temps masculin – si l’on omet toutefois la place des mannequins, des muses et autres modèles… qu’ils soient déshabillés ou non.

    Les Guerrilla Girls avaient tapé du poing sous la table il y a quelques années en détournant, pour une affiche engagée, l’Odalisque d’Ingres, avec cet appel : "Est-ce que les femmes doivent êtres nues pour entrer au Met de New-York ? Moins de 5 % des artistes de la section art moderne sont des femmes mais 85 % des nus représentent des femmes." No comment. 

    Il est vrai qu’à côté de quelques noms connus – Louise Bourgeois, Frida Kahlo, Tamara de Lempicka, Cindy Sherman ou Niki de Saint Phalle (voir illustration) – les musées du monde ont largement participé à l’exclusion des femmes dans un système culturel et social incontestablement machiste.

    Cette exclusion, le site Women’s Art et son compte Twitter proposent de le combler en mettant à l’honneur artistes connues ou moins connues du monde entier. Et l’on s’aperçoit avec effarement et consternation que les beaux-arts sont passés, de mauvaise foi ou non, à côté d’une kyrielle de chefs-d’œuvre et de de génies féminines.

    5 % des artistes art moderne sont des femmes
    mais 85 % des nus représentent des femmes

    Même si Artemisia Gentileschi (1593-v.1652) a été remise enfin à l’honneur depuis quelques décennies, peu d’entre-nous connaissent les œuvres monumentales de la sculptrice américaine Enid Yandell (1869-1934, vidéo ci-dessous), le travail de la peintre, designeuse et illustratrice argentine et surréaliste Leonor Fini (1907–1996) ou savent que l’un des premier mangaka était... une femme, Machiko Hasegawa (1920-1992).

    Il faut saluer la pugnacité et la passion des auteur·e·s de Women’s Art qui ne s’arrêtent pas à relire, revisiter et critiquer l’histoire orientée de l’art occidental : ce sont aussi les artistes contemporaines venus du monde entier qui sont mises à l'honneur, que ce soit la peintre malaisienne Fadilah Karim, la photographe iranienne Newsha Tavakolian, la finnoise Miina Äkkijyrkkä et ses impressionnantes sculptures métalliques en carcasses de véhicules ou encore l’artiste de mix-média ivoirienne Massogona Sylla.

    Bien entendu, le combat féministe est au cœur de la démarche de Women’s Art, comme le rappelle de nombreuses publications Twitter. Il reste aux musées du monde entier à se réveiller et à donner enfin aux artistes féminines actuelles ou disparues leur vraie place : une moitié de l’humanité, qui a été longtemps sous silence, souhaite que les femmes mises à l’honneur sur les cimaises des musées ne soient plus simplement les modèles nus d’Ingres, Manet ou Picasso.

    https://twitter.com/womensart1
    https://womensartblog.wordpress.com
    "Les femmes au musée : des muses mais aussi des artistes",
    in Newvoradio.fr, 9 mars 2017 

  • Union TV : un nouveau média pour une nouvelle révolution sexuelle

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    Le vénérable Union entrerait-il dans une nouvelle ère ? Créé en 1972, le magazine érotique et libertin fait lentement mais sûrement sa mue. Après l'édition web, c'est une chaîne de télévision qui vient de naître fin janvier (disponible sur la box SFR). Nous avons rencontré Flore Cherry, responsable de la transformation digitale à Union, pour en savoir plus sur ce nouveau média.

    Union TV a la spécificité par rapport à ses concurrents (Dorcel TV, XXL ou Pink TV) de ne pas proposer que des programmes hard. Ils sont certes visibles de minuit à 5 heures du matin, mais, plus tôt dans la nuit, de 23 heures à minuit, Union TV propose aussi des rubriques plus sérieuses mais tout aussi alléchantes. Des conseils de sexologues, sexothérapeutes confirmés, artistes et youtubeurs (Jessica Pirbay, M'sieur Jérémy ou Clémity Jane) proposent un "autre discours sur la sexualité" , indique Flore Cherry.

    Derrière l'évolution numérique et audiovisuelle d'un titre emblématique de la presse adulte se joue un combat à fleuret moucheté autour d'un marché du sexe traditionnel, dominé par une population mâle et âgée , comme le regrette la responsable digitale d'Union.

    Le X doit-il se limiter à proposer des films calqués sur le même modèle stéréotypé : luxe, mannequins et grosses limousines ? Certes, des entreprises spécialisées ont trouvé là un excellent filon et surtout un public averti. Il n'en reste pas moins vrai que "les grosses boîtes de X sont enfermés dans un discours", avec finalement "peu d'évolutions", regrette Flore Cherry, tout en pointant du doigt "une inertie de l'innovation et un business model en panne."

    Aussi important que le bien manger, le sport ou la déco

    D'autres types de pornos sont possibles, ajoute-t-elle : celui créé par des féministes comme la réalisatrice Erika Lust, les propositions intéressantes des cam girls ou les nouvelles approches de l'érotisme qui commencent à poindre, y compris dans la publicité (par exemple un récent spot de Paco Rabanne).

    Le X et l'érotisme sont à la croisée des chemins. La rédactrice d'Union appelle à une évolution des mœurs, dans laquelle le féminisme "doit prendre la main sur le sexe..."

    En quoi consisterait ce changement de paradigme ? Flore Cherry parle de "life style" : le sexe doit devenir non plus un sujet caché mais une préoccupation quotidienne et sérieuse, aussi importante que le bien manger, le sport ou... la déco. "Choisir de bien baiser pour prendre soin de soi," ajoute-t-elle.

    Le chemin est encore long et il passera aussi par l'éducation et par des changements de comportements, notamment chez les garçons. Quant aux filles, elles doivent revendiquer leur plaisir et leurs désirs. Flore Cherry se dit consciente que certains hommes risquent, suite au coup de tonnerre de l'affaire Weinstein et du phénomène de société #MeToo, de réfléchir à deux fois avant de se lancer dans une drague trop insistante. Mais est-ce si mal ? "Les trois pas en arrière de l'homme ce sont aussi les trois pas en avant de la femme" énonce Flore Cherry.

    Union TV, nouvelle vitrine d'un média plus que quadragénaire, entend bien être à l'avant-garde de cette autre guerre des sexes.

    Union TV, disponible chez SFR
    http://www.union.fr

  • Le super pouvoir des femmes invisibles

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    Les femmes ont relevé la tête ces derniers mois et ne sont plus prêtes à accepter n’importe quoi. À la faveur de l’affaire Weinstein, le "Balance ton porc" est devenu un hymne de révolte féministe largement médiatisé. Un hymne qui ne doit cependant pas faire oublier une catégorie de femmes invisibles : les comédiennes de plus de 50 ans. Elles sont aujourd’hui défendues au sein de l’AAFA (Actrices et Acteurs de France Associés), avec la commission AAFA-Tunnel de la comédienne de 50 ans.

    Ce collectif rappelle que les femmes constituent la plus grande proportion d’artistes-interprètes de 20 à 35 ans, mais autour de 50 ans ce sont les hommes qui sont majoritaires. Aujourd'hui, d’après l’INSEE, une Française sur deux a plus de 50 ans. Or, cette majorité réelle dans la vie est traitée comme une minorité invisible dans les fictions. Alors que la démographie confirme d’année en année la part de plus en plus grande des femmes de plus de 50 ans dans la société, les fictions sont exposées à la probabilité inverse. Qu’on se le dise : les personnages féminins ne vieillissent pas ; ils disparaissent des écrans.

    "À partir de 50 ans, les femmes développent un super pouvoir : elles deviennent invisibles. Surtout à l’écran !", ironise Anne Le Ny (Télérama mai 2014). Dit autrement, passé un certain âge, pour une femme, les chances de pratiquer le métier de comédien devient de plus en plus ardu. Peu de branches professionnelles supporteraient cette double discrimination basée sur le sexe et l’âge, sans se voir aussitôt cloué au piloris. Pas le milieu du spectacle qui semble accepter sans ciller le tunnel promis aux comédiennes de plus de 50 ans.

    Née en décembre 2015, la commission AAFA-Tunnel de la Comédienne de 50 ans s'est donnée comme premier objectif  de lever l'omerta, c'est à dire de rendre visible l'invisibilité des femmes de 50 ans dans les fictions.

    Le tunnel promis aux comédiennes de 50 ans et plus

    Un combat minoritaire et réservé à une niche de la population ? Marina Tomé répond par la négative : "Notre réalité professionnelle est en effet le reflet d’une image des femmes, stéréotypée, préjugée ou ignorée, portée par les fictions. Elle est aussi le reflet de ce que vivent les femmes dans la société en général : même plafond de verre, mêmes inégalités sociales, salariales et même condescendance a priori pour ce qu’une femme crée, fait ou produit. Que l’on soit caissière, chercheuse au CNRS ou artiste, c’est pareil."

    La commission AAFA-Tunnel de la comédienne de 50 ans se mobilise en premier lieu pour appeler un chat un chat : nommer ce tunnel et cette double discrimination "c’est déjà sortir de la solitude et de la remise en question personnelle."

    Ce collectif entend également collecter des études sur ce sujet comme des expériences vécues, en France comme à l’étranger afin de communiquer et de sensibiliser l’opinion.

    Dans l’univers impitoyable du spectacle, cette commission entend peser de son poids pour faite bouger les lignes auprès des institutions, des professionnels et des médias.

    Un lobby féministe est sans nul doute en train d’émerger pour donner de la voix et mettre de nombreuses professionnelles sur le devant de la scène.

    http://aafa-asso.info/tunnel-de-la-comedienne-de-50-ans

    Elles sont où ?” n°1
    Elles sont où ?” n°2
    Elles sont où ?” n°3
    Mannequin Challenge 2017

  • Le top 10 de Bla Bla Blog en 2017

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    198 articles ont été publiés sur Bla Bla Blog en 2017. Quels ont été les plus populaires ? Nous vous avons fait, comme pour les années 2015 et 2016, un top 10, avec quelques figures marquantes, connues ou moins connues, et surtout de jolies surprises.
    Cette chronique présente ce classement, accompagné d’une présentation, d’extraits et évidemment de liens pour lire ou relire les articles marquants de cette année.

     10  Âmes qui vivent

    Un livre et un roman pour commencer ce classement. En février dernier, nous consacrions une chronique au roman de Sabrina Philippe, Tu verras, les Âmes se retrouvent toujours quelque part (éd. Eyrolles). Près d’un an plus tard , la popularité de cet article s’est confirmée : il entre à la 10e place de notre classement.

    704390995.jpgExtrait
    "À quoi reconnaît-on un bon roman ? Sans doute à ce qu’il soit un page-turner et que chaque fin de page nous attire vers la suivante. Et à quoi reconnaît-on un excellent roman ? Sans doute à ce que sa lecture agisse en nous à la manière d’un excellent thé qui infuserait, nous rendant différent de ce que nous étions avant la lecture de la première page. Le roman de Sabrina Philippe, Tu verras, les Âmes se retrouvent toujours quelque part (éd. Eyrolles), appartient à cette seconde catégorie. L’auteure, psychologue et chroniqueuse pour la radio et télévision, signe ici un premier roman sur le thème de la rencontre d’âmes par-delà le temps, qu’elle choisit de traiter sous une forme d’un roman psychologique envoûtant.
    Tu verras, les Âmes se retrouvent toujours quelque part débute par le récit à la première personne d’une séparation cruelle. La narratrice, présentatrice de télévision (l’auteure a travaillé plusieurs années pour le petit écran), doit gérer sa vie mise sens dessus-dessous après le départ de son compagnon. Seule et minée par la dépression, elle erre telle une zombie à travers Paris et finit par tomber sur un café de l’Île Saint-Louis qui devient son havre. C’est là qu’elle tombe sur une femme plus âgée qu’elle, une ancienne journaliste et écrivain, une habituée "aux yeux clairs" et à "l’intelligence tourmentée". Entre les deux, une conversation s’engage..."
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     9  Dans les villes de grande solitude

    Fanny de la Roncière est une des belles découvertes de Bla Bla Blog. La voir dans ce classement 2017 est une vraie satisfaction, autant qu’un indice de son incontestable talent. La chronique de Bla Bla Blog qui lui était consacrée en mars dernier présente une œuvre et une artiste attachantes.

    1100194762.jpgExtrait
    "Bien entendu, Fanny de la Roncière ce sont d'abord ces petites nanas à la Pénélope Bagieu, que ce soit cette Bretonne joyeusement déshabillée sous une pluie iroise, ces bandes de copines désœuvrées ou bien ces trentenaires nonchalantes croquées avec humour. Tous ces personnages tendres et attachants sont à découvrir sur le site de l'artiste.
    Mais Fanny de la Roncière excelle surtout dans un autre genre, tout aussi graphique mais dans un style diamétralement opposé : les villes.
    Les cités que l’artiste "arrache" à son imagination ne sont pas de simples collages comme le spectateur pourrait le penser de prime abord. Fanny de la Roncière utilise des techniques mixtes où intervient une part de hasard…
    "
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     8  La vie sexuelle de Laura L.

    Chaud les bananas… En huitième position, Laura Lambrusco est parvenu à tirer son épingle du jeu, grâce à son roman d’une belle facture, Comment j’ai raté ma Vie sexuelle (éd. Act). Comme quoi, l’audace peut payer. Un livre drôle et percutant à découvrir absolument.

    997818073.jpgExtrait
    "Récit, roman, ou autofiction ? La catégorie du livre de Laura Lambrusco, Comment j’ai raté ma Vie sexuelle (éd. Act), importe sans doute moins que la facture décomplexée d’un ouvrage à la langue aussi verte qu’un gazon irlandais et aussi pétillant qu'un verre de lambrusco.
    En 14 chapitres, cette auteure qui n’a pas froid aux yeux dévoile tout de ses frasques amoureuses, de ses parties de jambes en l’air et de sa vie sociale régie par les petits boulots, les fins de mois difficiles et les amants et maîtresses de passage.
    A l’instar de Catherine Millet (
    La Vie sexuelle de Catherine M.), mais avec plus de légèreté et de verve, Laura L. ne cache rien du sexe dont elle a exploré les moindres recoins, dans toutes les positions et avec à peu près n’importe qui. Voilà qui fait d’elle quelqu’un de tout indiqué pour nous parler "sérieusement" du sujet le plus universel, le plus partagé mais aussi le plus caché : "La baise, l’amour, les pratiques bizarres, l’exclusivité sexuelle dans le couple, la bisexualité, l’homosexualité, la beauté, la branlette, l’enculage, le cocufiage, le mariage, les gosses, le boulot, les boîtes à partouze… et encore tout un tas de questions qui font chier, au fond, parce qu’elles dérangent l’ordre social plus que nous-mêmes"..."
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     7  Nathalie Cougny, en adoration

    En 2016, nous avions découvert la romancière, peintre et femme engagée Nathalie Cougny. Et elle avait fait partie du top 10. Et elle était, également à une très belle septième place. Nous la retrouvons cette année, presque sans surprise, bien placée dans notre classement pour son recueil de poésie, Adoration (Mon petit éditeur). Il faut ajouter que l’année 2017 a été riche pour cette singulière artiste. Ajoutons que la chronique qui la place aussi bien a été aussi l’une des dernières publiées par Bla Bla Blog.

    couv jpeg.jpgExtrait
    "Sur Bla Bla Blog, nous adorons Nathalie Cougny pour des tas de raisons : son caractère entier, son opiniâtreté, son engagement auprès de causes qui lui tiennent à cœur (le féminisme et la protection de l’enfance) mais aussi et surtout son travail d’artiste se jouant des barrières et des étiquettes. N’avait-elle pas présenté au Julia (Paris 3e) en décembre 2015 son roman Amour et Confusions… (éd. Sudarènes) dans le cadre d’une exposition de peintures et de photos, au cours de laquelle étaient accrochée ses propres toiles ? Plus récemment, c’est le théâtre que l’artiste a choisi d’investir, à travers Sex&love.com, une pièce abrupte et sincère – sur l’amour et les femmes, toujours.
    Nathalie Cougny est entière, sincère et sans artifice. La poésie tient pour cette raison une place essentielle dans sa vie comme dans son œuvre. Mais il s’agit d’une poésie proche de nous, sensuelle et au plus près des corps : "
    Ma poésie traite essentiellement du sentiment amoureux. Depuis des changements importants dans ma vie personnelle, je pose des mots en musique, celle des émotions du corps et de l’âme" dit-elle au sujet de son dernier ouvrage""
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     6  Eva-Léa, la coureuse de rêves

    Une découverte musicale a singulièrement affolé les compteurs sur Bla Bla Blog. La responsable ? Eva-Léa, une chanteuse qui lançait son premier EP à la rentrée, avant une série de concerts. Ce top 10 permettra de refaire un coup de projecteur mérité et opportun sur cette musicienne prometteuse.

    1888742989.jpgExtrait 
    "Eva-Léa sort son premier EP en septembre prochain, avant une série de concerts à Paris. Qui est cette Eva-Léa ? Une fille d’ici et d’aujourd’hui qui, du haut de ses 27 ans, est bien décidée à faire une place au soleil sur la scène de la chanson française.
    Dans une pop acidulée aux délicates touches électroniques mais aussi 80’s, Eva-Léa propose six titres portés par une voix fraîche et posée avec une belle assurance.
    Dans Élégie, le premier titre que l’on pourrait qualifier d’"électro onirique", Eva-Léa ose, dans une veine gainsbourienne, une ode moderne et baudelairienne : “Le temps qui tonne et qui traîne me tue / Sous les nuages dans l’étang j’attends nue / Qu’un coup d’éclair me transforme en statue"..."
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     5  Game of Thrones pour les nuls

    C’est une demie-surprise de voir un article sur Game of Thrones. La célèbre série de HBO déboule en bonne place dans notre classement. C’est la première fois qu’une série suscite autant l’intérêt des lecteurs de Bla Bla Blog. Il est vrai que l’adaptation du cycle de romans de fantasy de GRR Martin a fait un énorme buzz mondial à l’occasion d’une septième (et avant-dernière) saison attendue par ses fans.

    2425440072.jpgExtrait 
    "Le compte à rebours a commencé pour les millions de fans de Game of Thrones. Il faudra attendre le 16 juillet 2017 pour découvrir la saison 7 de la série culte de fantasy, inspirée de l’œuvre de George RR Martin.
    Première mauvaise surprise pour celles et ceux qui suivent les aventures de Tyrion Lannister, Daenerys Targaren ou Jon Snow, cette saison ne comportera que 7 épisodes (au lieu de 10). Et comme une mauvaise nouvelle n’arrive jamais seule, une saison supplémentaire, encore plus courte, viendra clôturer la saga, sans doute courant 2019..."
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     4  Où es-tu Berry ?

    C’est une artiste que l’on aime : Berry. L’interprète de Mademoiselle, du Bonheur ou de Las Vegas Parano s’était montrée discrète depuis son second album, Les Passagers, sorti en 2013. Que devenait-elle ? Bla Bla Blog a voulu répondre à cette question. Une chronique qui n’a pas laissé indifférent. Espérons revoir Berry très bientôt pour un nouvel album. Nous l'attendons de pied ferme.

    091.jpegExtrait
    "On avait quitté Berry en 2012, avec l’album Les Passagers. La chanteuse avait choisi le fil conducteur du voyage pour des chansons délicates et pudiques, portées par une voix caressante, l’une des plus belle sans doute de la scène française. Est-elle revenue de ses voyages ? Où est-elle aujourd’hui et quelle est son actualité ?
    Il convient au préalable de faire quelques rappels sur la carrière de Berry, commencée en 2008 avec un premier album, Mademoiselle, remarqué par la critique et le grand public. Disque d'or, il a été suivi de plusieurs centaines de concerts en France comme à l'étranger (Brésil, Corée du Sud ou Serbie). Mademoiselle ce sont 10 joyaux musicaux que la chanteuse a sculpté avec ses acolytes Manou et Lionel Dudognon.
    L’univers de celle qui a commencé sur les planches de théâtre est déjà là, dans des chansons intimistes, mélancoliques et non sans noirceur, portées par une orchestration soignée et une voix claire et chaleureuse...
    "

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     3  Julia Palombe : Au lit, Citoyens !

    En cette année électorale, Bla Bla Blog avait consacré un dossier "Présidentielles". Julia Palombe, une des candidates - n’ayant toutefois pas passé le stade des 500 signatures - a accepté de répondre à des questions sur son projet politique, avec le parti du Jouir Ensemble. Tout un programme...

    3108138628.jpgExtrait
    "Candidate à l'élection présidentielle, l'auteure, danseuse, chanteuse et actrice Julia Palombe s'est lancée dans la course vers l’Élysée, avec, chevillée au corps, son engagement pour "la liberté, l'égalité et les sexualités." En septembre 2016, son un livre manifeste Au lit citoyens !" (éd. Hugo Doc-Blanche) signe le départ de sa campagne aux Présidentielles, avec le parti du Jouir Ensemble. Tout un programme !
    Entre deux meetings et trois concerts, Julia Palombe a accepté de répondre au questionnaire "Présidentielles 2017" de Bla Bla Blog. Qu'aimez-vous et qui aimez-vous, Julia ?..."
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     2  Deborah de Robertis l’ouvre

    Art, provocation, engagement… et aussi une pointe d’humour pour cette deuxième place occupée par la performeuse Deborah de Robertis. L’artiste a fait des galeries de musées prestigieux (Louvre, Orsay) le lieu de performances scandaleuses et placées sous le signe du féminisme, particulièrement d’actualité en cette année.

    3763625566.jpgExtrait
    "Ça s’est passé au Louvre le 15 avril 2017. Deborah de Robertis, artiste franco-luxembourgeoise féministe, engagée et aux performances sulfureuses, pose dénudée au milieu d’un parterre de touristes venus mitrailler et filmer La Joconde. Devant ce public médusé et vite acquis à sa cause, Deborah de Robertis expose son sexe, comme elle l’avait d’ailleurs fait au Musée d’Orsay en 2014 devant le tableau L’Origine du Monde de Gustave Courbet. La scène, brève et violente, est interrompue par les gardiens du musée et par l’auguste établissement qui choisit d’évacuer le public.
    Le 29 septembre dernier, Deborah de Robertis présentait au Silencio, le sélect club imaginé par David Lynch, son œuvre audiovisuelle, Ma Chatte mon ©. Ce film réalisé autour de sa performance d’avril "utilise les codes du rap US" et a été réalisé en "featuring" avec la rappeuse Mac Manu et le rappeur Yaway. À l’occasion de cette diffusion, un débat était organisé dans une salle pleine à craquer. Il réunissait Deborah de Robertis, son avocate Marie Dosé, la directrice du Centre culturel de Neimënster Ainoha Achotegui et la philosophe et féministe Geneviève Fraisse venus commenter cette performance..."
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     1   Fishbach

    C’est l’artiste qui a fait explosé tous les compteurs de Bla Bla Blog. Cette année, Fishbach occupe une première place plus que méritée. Le moins que l’on puisse dire c’est que la musicienne n’est pas passée inaperçue sur la scène française. La sortie de son premier album en début d’année était attendue, après un premier EP remarqué en 2016. En consacrant plusieurs articles sur Fishbach, Bla Bla Blog a fait mouche : vous avez été nombreux à nous suivre et à montrer votre intérêt pour une artiste hors-norme.

    4112684903.jpgExtrait
    "Je vous préviens, Fishbach ne va pas vous laisser indemne. Son premier EP éponyme, sorti il y a un peu plus d'un an, est un mélange de d’électro-rock nerveux et de pop survitaminée. Dans la grande veine de ses aîné(e)s des années 80, l'artiste originaire de Charleville-Mézières ne craint pas de saturer ses titres de guitares saturées et de laisser sa voix puissante se noyer dans des torrents de synthétiseurs, tel le chant amoureux, sombre et gothique Tu vas vibrer : "Tu vas vibrer / comme un chien dans une caisse".
    La jeune chanteuse, que certains comparent déjà, pour son énergie déployée, à Catherine Ringer - certains ont même cité Jeanne Mas - pioche dans la new wave, ce mouvement musical que l'on pensait à tort disparu corps et âme depuis la fin des années 80...
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  • La femme est l'avenir de l'homme planqué

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    Durant la Grande Guerre, un soldat déserte en se travestissant en femme. Le synopsis du film d’André Téchiné, Nos Années folles, est la trame d’une autre œuvre, le roman de Frédéric Lenormand, Seules les Femmes sont éternelles (éd. de la Martinière). L’auteur des Nouvelles Enquêtes du Juge Ti (éd. Fayard) inaugure avec ce polar enlevé et haut-en-couleur une nouvelle série policière : Les Enquêtes de Loulou Chandeleur.

    Loulou Chandeleur est en réalité Raymond Février, brillant inspecteur de police que l’armée appelle pour venir mourir dans les tranchées. Très peu pour ce fin limier, bien décidé à faire le mort pour échapper à la patrie plutôt qu’à l’être vraiment dans la boue. Le fonctionnaire Ray déserte donc en disparaissant et choisit, avec la complicité de Léonie, une prostituée qu’il a tirée d’affaire, de se travestir en femme sous l’identité de Loulou Chandeleur.

    Et parce qu’il est un enquêteur hors-pair, c’est aussi comme enquêteur – ou plutôt enquêtrice – que Ray/Loulou réapparaît dans un Paris en guerre, vidé de ses hommes partis au front et peuplé de femmes devenus conductrices de tramway, ouvrières ou détectives privées. C’est justement une détective privée qui recrute Loulou Chandeleur pour l’agence qu’elle dirige depuis la mobilisation de son père. La sémillante mais inexpérimentée Cecily Barnett va former avec cette employée douée et tombée du ciel un duo détonnant.

    Leur première affaire concerne une étrange histoire de chantage : la baronne Schlésinger charge l’agence de détective de découvrir le maître-chanteur qui menace son fils Paul parti au front. Pour alléger le compte en banque de l’aristocrate bien sous tout rapport, le corbeau laisse sur son passage des macchabées. L’enquête mène Loulou et Miss Barnett dans des endroits interlopes et en compagnie de personnages peu recommandables, avant un dénouement inattendu.

    "Je suis avec vous mes sœurs"

    La vraie originalité de cette première enquête de Loulou Chandeleur réside dans l’histoire de travestissement, inspirée par l’authentique subterfuge du soldat déserteur Paul Grappe. Ici, Frédéric Lenormand en fait le point de départ d’un roman policier à la Arsène Lupin, virevoltant, ponctué de rebondissements, de traits d’humour et de dialogues qui font mouche. En endossant, pour sa survie, les atours que lui conseille Léonie ("Décidément, la femme était l’avenir de l’homme planqué."), Ray devient un semblable de celles qu’il considère très vite comme ses semblables.

    Métamorphosé, l’ancien policier élevé dans une société machiste découvre la réalité de ces Françaises tenant à bout de bras l’arrière d’un pays plongé dans une guerre inhumaine : "Sa mission était de se battre pour la vie. Cela pouvait très bien se faire en jupe, personne n’avait besoin d’un pantalon pour ça. Il regarda les femmes autour de lui, celle qui se lamentait, celles qui retournaient à leur travail, et se dit : « Je suis avec vous mes sœurs ! »"

    L’émancipation féminine est aussi au cœur de Seules les Femmes sont éternelles. Il y a par exemple cette scène de "sédition" au cors de laquelle Loulou et Cecily se muent en suffragettes au cours d’une investigation auprès d’ouvrières : "Miss Barnett (…) se sentait devenir la Cecily Engels de Loulou Marx."

    Devenu femme "dans un océan d’autres", Ray n’en reste pas moins un homme devant soigner sa couverture s’il veut vivre parmi les "survivantes", ce qui ne va pas sans dilemme : "Il avait le choix entre s’exiler dans des tranchées dépourvue de femmes ou rester ici sans pouvoir profiter de sa chance."

    Le lecteur se plongera enfin avec plaisir dans un polar à l’ancienne qui est aussi un roman historique pour sa peinture plus vraie que nature de la vie à l'arrière du front. Et parce que le crime ne s’arrête pas pendant la guerre, on peut faire confiance à Loulou Chandeleur et son amie Cecily Barnett pour mener à bien leurs enquêtes, que ce soit en jupon ou en pantalon.

    Frédéric Lenormand, Seules les Femmes sont éternelles,
    Une Enquête de Loulou Chandeleur
    , éd. de la Martinière, 286 p., 2017

     

  • Deborah de Robertis, ou le droit qu’elle l’ouvre

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    Bla Bla Blog a consacré une chronique récente à Deborah de Robertis, auteure de performances remarquées, spectaculaires et engagées au Musée du Louvre : en septembre dernier, l’artiste franco-luxembourgeoise a exhibé son sexe devant le tableau de La Joconde, devant un public de visiteurs médusés et finalement acquis à la cause de cette féministe qui a fait de son corps une arme autant qu’un instrument artistique.

    Suite à cet événement (qui a fait l’objet d’un film, Ma Chatte mon ©), le parquet avait décidé de renvoyer l’artiste en comparution immédiate et le musée du Louvre de déposer plainte pour sa performance réalisée devant la Joconde. L’artiste avait été placée en garde à vue pour délit d’exhibition sexuelle.

    Le 18 octobre dernier, le tribunal correctionnel de Paris a relaxé Deborah de Robertis du chef d’exhibition sexuelle. Il a considéré que cette accusation était infondée, en raison de l’absence de l’élément matériel du délit (la pilosité cachait "ces organes génitaux que vous ne saurez voir...") et de l’élément intentionnel du délit (l’intention était de porter un message" militant et artistique", et "non sexuel"). Le tribunal a estimé que le travail de Deborah de Robertis ne pouvait constituer une infraction d’exhibition sexuelle du fait de sa dimension politique, militante et artistique. 

    L’artiste commente ainsi ce rendu judiciaire : "Cette victoire artistique et judiciaire s’inscrit dans une bataille qui risque de s’éterniser : le musée du Louvre n’a pas manqué de demander au tribunal de m’interdire tout accès à ses galeries et d’ordonner la suppression sur la Toile de toutes images provenant de mes performances. Il s’agit donc clairement de censure, d’atteinte à ma liberté de création, d’expression, et d’aller et venir. Le musée du Louvre, dans ce qu’il charrie de pire, a connu ici un premier et cinglant échec : en tentant d’interdire mon travail et de radier mon sexe de ses galeries,  il a cru pouvoir décider de ce qui pouvait ou non être vu. Mon œuvre a envahi ses murs, et continuera à les occuper."

    "Deborah de Robertis l’ouvre"

  • Deborah de Robertis l’ouvre

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    © Deborah De Robertis & Jean Paul Lubliner

    Ça s’est passé au Louvre le 15 avril 2017. Deborah de Robertis, artiste franco-luxembourgeoise féministe, engagée et aux performances sulfureuses, pose dénudée au milieu d’un parterre de touristes venus mitrailler et filmer La Joconde. Devant ce public médusé et vite acquis à sa cause, Deborah de Robertis expose son sexe, comme elle l’avait d’ailleurs fait au Musée d’Orsay en 2014 devant le tableau L’Origine du Monde de Gustave Courbet. La scène, brève et violente, est interrompue par les gardiens du musée et par l’auguste établissement qui choisit d’évacuer le public.

    Le 29 septembre dernier, Deborah de Robertis présentait au Silencio, le sélect club imaginé par David Lynch, son œuvre audiovisuelle, Ma Chatte mon ©. Ce film réalisé autour de sa performance d’avril "utilise les codes du rap US" et a été réalisé en "featuring" avec la rappeuse Mac Manu et le rappeur Yaway. À l’occasion de cette diffusion, un débat était organisé dans une salle pleine à craquer. Il réunissait Deborah de Robertis, son avocate Marie Dosé, la directrice du Centre culturel de Neimënster Ainoha Achotegui et la philosophe et féministe Geneviève Fraisse venus commenter cette performance.

    Vulgaire délit d’exhibition sexuelle – qui a d’ailleurs conduit l’artiste en garde à vue après une nouvelle "exposition" le 24 septembre, toujours au Louvre ? Acte de revendication d’une féministe s’érigeant en modèle d’émancipation appelant aux "les prémices d’une nouvelle ère" ? Simple buzz médiatique ? Ou bien authentique démarche créative devant le plus célèbre tableau du monde, devenu si iconique que les visiteurs du Louvre ne le regardent même plus et se contentent de le photographier et le filmer ?

    Deborah de Robertis ne serait-elle qu’une provocatrice, dont les actes se limiteraient à des délits d’exhibitions sexuelles ? Marie Dosé rappelait au cours du débat que jusqu’à récemment la justice n’a poursuivi que des hommes pour ce type d’agression, les femmes ne pouvant être que de fragiles victimes... L’avocate s’interrogeait parallèlement au sujet de la pudeur et de l’atteinte aux bonnes mœurs, lorsqu’il est question de dénuder une poitrine, comme chez les Femen : "Qu’est-ce qui dit qu’une poitrine masculine est plus sexuelle qu’une poitrine féminine ?"

    L’exhibition est partout dans notre société, était-il rappelé, y compris des exhibitions à visée commerciale et publicitaire. Est-il tenable que Deborah de Robertis soit sanctionnée pour un travail artistique ? L’artiste franco-luxembourgeoise a fait de son corps un instrument politique et de son sexe un medium – avec un copyright de bon aloi. Genevièvre Fraisse citait de son côté Michel Foucault : "Le sexe qui parle." Cette affirmation forte prend tout son sens s’agissant du travail de Deborah de Robertis : "Si j'ouvre mon sexe au lieu d'ouvrir ma bouche, c'est parce que c'est là où réside la transgression. En faisant ce geste, ce n'est pas mon sexe que j'expose, mais l'état du droit."

    Finalement, les performances des 15 avril et 24 septembre, ont permis à Mona Lisa de sortir du tableau de Léonard de Vinci et de s’incarner à travers une femme d’aujourd’hui. Le modèle venait ainsi prendre sa revanche sur le chef d’œuvre désincarné et Mona Lisa, la muse, prenait symboliquement sa revanche sur l’artiste. Une revanche déshabillée ? L’artiste et performeuse rappelle que La Joconde a probablement posé nue…

    Outre une suite judiciaire probable, Deborah de Robertis va continuer à asséner son message féministe à travers une campagne de crowdfunding où un objet phare est mis à l'honneur : les culottes d'artistes. "Lorsque j'ai exposé à la Fiac, j'ai eu l'impression de faire le tapin, alors tant qu'à "faire la pute", pourquoi ne pas vendre mes culottes ?" dit-elle. Provocatrice jusqu’au bout, en plus d’être drôle et douée.

    "Cachez ces seins"
    http://www.union.fr/actus/les-blablas-cul-ture/deborah-robertis-louvre-179285.html

  • Homo erectus on line

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    nc_sex_love_recto.jpgComme 6 millions de personnes, Alice, divorcée, mère de quatre enfants, a choisi de s’inscrire sur un de ces milliers de site de rencontre sur Internet. Elle nous raconte dans Sex&love.com de Nathalie Cougny (éd. Sudarènes), son expérience de l’homo erectus à l’heure de l’e-rencontre. 

    Comment trouver l’amour sur Internet ? Vaste et grave sujet. "Si tu penses rencontrer l’homme de ta vie sur un site de rencontres, autant te préparer psychologiquement pour ne pas sombrer dans une dépression pré-orgasmique." Et Alice d'ajouter : "Ne dis pas non plus que tu cherches l’homme de ta vie, c’est d’un ringard, dis plutôt que tu cherches les hommes de votre vie."

    Dans un monologue mordant, la candidate au grand amour (ou à un grand amour) fait un portrait à charge des sites de rencontres ("le plus gros annuaire de baise interplanétaire organisée") comme de leurs abonnés. Tout y passe : l’addiction aux Meetic, Gleeden et autres Attarctive World, la loi de la jungle pour trouver le partenaire d’un soir et plus si affinités, l’obsession des flashs, les fiches descriptives un peu trop belles pour être honnêtes, la plaie des hommes mariés ("les lâches") ou le véritable abattage pour multiplier les rencontres et les chances : "Au bout d’un certain nombre de rencontres, c’est tout juste si tu ne deviens pas une machine, t’as plus de sentiment, c’est comme si t’étais à la chaîne, ça défile et tu fais plus que de regarder c’qui cloche chez le mec et dès qu’y a un défaut de fabrication, hop, poubelle, au suivant. Bah oui, y a tellement de mecs que tu vas forcément trouver la perfection."

    Alice ne passe pas sous silence le moment mémorable – qu’il soit heureux ou malheureux – de la première rencontre, moment d’excitation et souvent de déception : "Tout se joue dès la première minute, le premier regard, le tout premier battement de cil. Bah ouais, va pas planter ton battement de cils, parce qu’à l’instant même de la rencontre, on sait tout de suite si ça va durer : deux minutes, deux jours ou deux mois." Quoique, dit-elle en substance, tout cela varie selon l’expérience du candidat : "Quand tu t'inscris en général t’es limite dépressive, où tu viens de te faire larguer où, comme moi, t’as demandé le divorce, donc dans les deux cas ça va pas trop fort … t’arrive toute timide, innocente, fragile et désemparée … puis au fil des mois ... quand t’as un peu plus d’expérience et que tu reprends le contrôle de tes facultés ... tu te transformes, sans t’en rendre compte, tu deviens Terminator, La Guerre des Mondes et Alien en même temps."

    Au-delà de cette plongée dans l’univers des sites de rencontre, ce dont il est question est aussi la relation homme-femme. Le genre masculin reçoit au passage quelques coups de canif : annonces à côté de la plaque, photos de profil embellies ou coupées pour cacher une calvitie et surtout l’obsession du coup d’un soir pour ces messieurs.

    Derrière le discours léger et virevoltant, se cachent des considérations sur la question de l’incompréhension entre femmes et hommes ainsi que de l’égalité des sexes : "Ça suffit qu’on nous prenne pour des vagins en puissance. Vous allez voir les mecs qui est-ce qui domine maintenant. Ouais, parce que vous jouez les gros durs, mais n’empêche que l’ascenseur pour le septième ciel c’est que si on en a envie et pas autrement."

    Une nouvelle preuve que les relations hommes-femmes, traitées ici avec humour et sous l’angle des sites de rencontre, restent un sujet de débat intarissable. Mais tout n’est pas à jeter dans l’univers impitoyable de l’e-rencontre, comme le rappelle Nathalie Cougny et son personnage : "Les deux tiers des personnes ayant noué une relation avec une personne rencontrée sur Internet déclarent avoir vécu une véritable histoire d’amour."

    Sex&lov.com sortira en librairie aux éditions Sudarènes à partir du 2 juin 2016.

    Nathalie Cougny, Sex&love.com, éd. Sudarènes, 2016
    Nathaliecougny.fr
    Sex&love.com "Alice se libère !"
    avec Elise Lissague, mis en scène par Bruno Romier, Comédie Angoulême du 18 au 28 mai

  • Une fille tellement jolie

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    Nordine le Nordec dénonce les violences quotidiennes faites aux femmes au travers de son clip : "Une fille tellement jolie".

    Le clip est visible en bas de cet article ou sur ce lien.

    Nordine le Nordec : site officiel


  • Comment faire de son homme un Bonhomme

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    snoods-adulte-evingel-4.jpgEt si, en cette journée internationale pour les droits des femmes, on parlait… des hommes ? Ou plutôt des "Bonhommes" comme le dit la bloggeuse Evingel.

    Celle qui se surnomme le "Couteau suisse humain" (graphiste, photographe, réalisatrice, professionnelle dans l’événementiel, et j’en passe) a choisi, dans son Manuel du Bonhomme, disponible pour l'instant uniquement sur Internet, de mettre en avant la galanterie et de donner quelques leçons aux hommes.

    Evingel, Vanessa Fataccy de son vrai nom, n’est pourtant pas dans une posture passéiste mais au contraire dans une réflexion moderne sur la vie en société. Dit autrement, il s’agit bien de savoir-vivre et de bien vivre ensemble dont il est question, ce qui n’exclue pas l’émancipation féministe : "Force est de constater que la galanterie a disparu de nos jours, j’ai trouvé intéressant de comparer certains comportements. Ce que les hommes font et qui nous plaît, ce qu’ils font et qui nous déplaît et ce que nous attendons d’eux sans l’exprimer. Les hommes n’ont pas toujours tort, les femmes n’ont pas toujours raison. On essaye de nous faire croire que nous sommes égaux, alors que nous ne faisons que nous compléter, d’où cette perte de galanterie au nom de l’ÉGALITÉ." C’est elle qui souligne.

    Son cheval de bataille est ce retour à la galanterie, patiemment détricotée de 1789 à 1968. Au risque de passer pour une "réac", Evingel constate qu’avec l’émancipation féminine se passer des hommes est devenu, pour beaucoup de célibataires, à la fois simple et séduisant : "On pense que l’on peut se passer des hommes. Résultat ? Les hommes ne trouvent plus leur place et se laissent de plus en plus aller" (Amina, mars 2016). Que ces propos viennent de la bouche d’une femme – trentenaire, ambitieuse et indépendante – ouvre un débat intéressant. Evingel n’est pas tendre avec nous, les homme, dont elles fustige le comportement en société, le manque de galanterie, le laisser-aller, le je-m’en-foutisme et la difficulté à assumer ses responsabilités.

    Et puisqu’Evingel n’est pas rancunière avec nous, elle propose de nous faire quelques leçons sur la manière d’être un "Bonhomme" : sincère (y compris et surtout avec les femmes), pouvant assumer ses choix, mais aussi élégant, courtois et gentleman. C’est précisément l’objet du Manuel du Bonhomme qu’elle propose sur son blog : un ouvrage sous forme de chroniques drôles et pertinentes. Parodiant les guides de bonnes manières qui faisaient florès au XIXe siècle, l’auteure assène quelques leçons pour nous, les hommes : "Le garçon demande à une femme s’il peut l’embrasser, le Bonhomme le fait, quitte à se ramasser une claque !" (leçon 1), "Le garçon donne son dos après avoir fait l’amour à une femme, le Bonhomme la prend dans ses bras" (leçon 7), "Le garçon va faire à manger à une femme une fois en se vantant de l’avoir fait, le Bonhomme va le faire 2 jours de suite sans rien dire" (leçon 17), "Le garçon demande à une femme si elle veut qu’il porte son lourd sac, le Bonhomme le fait" (leçon 21).

    Si avec ça les hommes n’arrivent pas à mieux se tenir, ce sera à désespérer du genre masculin.

    Evingel, Manuel du Bonhomme
    "Evingel, celle qui veut apprendre aux hommes à mieux se tenir", Amina, mars 2016
    Lle Manuel du Bonhomme est aussi sur ce lien

  • Les femmes font-elles fausse route ?

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    badinterDans Fausse Route, c'est un bilan lucide et sévère de 60 ans de féminisme et de combats pour le droit des femmes que propose Elisabeth Badinter.

    L'intellectuelle, qui ne cache pas son admiration pour Simone de Beauvoir et son combat d'avant-garde pour l' émancipation féminine (Le Deuxième Sexe, en 1949), brosse un tableau sombre de la condition des femmes au début du XXIe siècle.

    Malgré la fin du patriarcat et l'éclatement des archétypes – quoique cela soit à relativiser – la route pour l'égalité des femmes semble avoir fait fausse route. Elisabeth Badinter trace les contours de ce qu'est aujourd'hui la condition des femmes : des courants féministes engagés (soulignons que ce livre a été écrit avant l'apparition des Femen), un nouvel ordre moral en train de s'imposer, la vision manichéenne des relations hommes/femmes de certaines intellectuelles, la domination masculine (incontestable lorsqu'il est question de pouvoir politique et économique) et son corollaire la violence masculine, la victimisation générale de la société (conceptualisée par Pascal Bruckner), le questionnement sur la sexualité et sur ses nouveaux modèles ou la crise économique touchant plus les femmes que les hommes.

    Au final, la lutte pour l'égalité homme et femme reste semée d'embûches, malgré la vitalité de certains courants féministes. Outre le fait que certains hommes aimeraient faire payer aux femmes la fin de leur imperium, de nouvelles normes semblent s'abattre sur la condition féminine : la tentation du séparatisme, la victimisation, l'inégalité domestique, économique et politique, la maternité et l'allaitement devenus des pièges, le corps marchandisé et instrumentalisé ("corps-objet ou sexe-machine"), le concept de sexualité "innocente" des femmes contre une sexualité masculine "forcément brutale" des hommes, le rejet de l'égalité hommes-femmes dans certains quartiers avec le voile islamique et les violences faites "aux sœurs et aux cousines" (l'essai date de 2003 et rien ne s'est arrangé depuis).

    Le tableau général d'Elisabeth Badinter est sévère et contribue à alimenter le débat sur la condition féminine. La philosophe s'attaque en fin de volume au relativisme sexuel et prône moins la parité générale que la réconciliation pour le partage : "Hommes et femmes ne constituent pas deux blocs séparés. D'une part, on ne vote pas en fonction de son sexe, mais de ses intérêts et de son idéologie. D'autre part, il y a moins de différence entre un homme et une femme de même statut social et culturel, qu'entre deux hommes et deux femmes de milieux différents. Contrairement à ce qu'on a voulu faire croire, la différence sexuelle est peu de chose au regard de la différence sociale et la mère chômeuse avec deux enfants n'a pas la même priorité que la mère énarque ou chef d'entreprise."

    Elisabeth Badinter, Fausse Route, éd. Odile Jacob, 2003, 221 p.

  • La femme est-elle un homme comme les autres ?

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    3-Barry-Lategan.jpgLe café philosophique de Montargis proposera sa prochaine séance le vendredi 26 février 2016, à 19 heures, à la brasserie du centre commercial de La Chaussée. Le débat portera sur cette question : "La femme est-elle un homme les autres ?"

    Le thème de l'identité masculine et féminine a fait débat dans l'actualité jusqu'à récemment avec le mariage pour tous et la polémique sur la théorie du genre. La question de la place de la femme dans la société et de l'égalité homme-femme est un sujet toujours brûlant. Comment définir un homme et une femme ? Quels rôles leur attribue-t-on ? Ces rôles sont-ils interchangeables ? Une égalité du genre doit-elle conduire à une indifférenciation des rôles ? Quid du féminisme ?Ce sont autant de points qui seront discutés et débattus le vendredi 26 février, à partir de 19 heures à la brasserie du Centre Commercial de La Chaussée de Montargis.

    La participation sera libre et gratuite.

    http://cafephilosophique-montargis.hautetfort.com

  • Celia Green, une dissidente universitaire

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    celia-green.jpgCelia Green est née à Londres en 1935. Elle est une figure à part dans le milieu universitaire en raison de ses travaux avant-gardistes en philosophie et psychologie.

    Pionnière dans ses recherches sur les phénomènes de perception, comme les rêves lucides ou les expériences de mort imminente, on lui doit notamment The Human Evasion (1969), Letters from Exile (2004)  mais aussi ses aphorismes.

    Profondément sceptique, attachée à l’individualisme, à la royauté et à la place de l’hérédité, Celia Green est critique sur la place accordée par la plupart des hommes aux activités triviales (nourriture, sexualité, activités quotidiennes), au détriment des interrogations sur des problèmes à résoudre ou sur les grandes questions philosophiques et scientifiques.

    Elle ne cache pas non plus ses réticences à l’égard du féminisme, notamment dans un de ses aphorismes célèbres : "Si vous pensez aux femmes comme être humain, elles sont exaspérantes en raison de leur faiblesse incroyable ; bien sûr, c’est très bien si vous n’avez pas à les considérer comme des êtres humains du tout" (The Decline and Fall of Science). 

    Ce qu'elle a pu écrire :

    "La plupart des recherches faites ont été déterminées par l'exigence qu'elles doivent, d'une manière assez évidente et prévisible, renforcer les théories approuvées ou à la mode."

    "L'étonnement est la seule émotion réaliste."

    "Justice sociale : expression de la haine universelle."

    "La chose la plus remarquable à propos de l'esprit humain est la gamme de ses limitations."

    La société est un mécanisme d'autorégulation pour empêcher l'accomplissement de chacun de ses membres."

    "Lorsque quelqu'un dit que ses conclusions sont objectives, il signifie qu'elles sont basées sur des préjugés que beaucoup d'autres personnes partagent."

    "Dans une autocratie, une seule personne agit à sa façon; dans une aristocratie quelques personnes agissent à leur manière ; dans une démocratie, personne ne suit son propre chemin."

    "Démocratie : tout le monde doit avoir une chance égale d'entraver tout le monde."

    "Les personnes pratiquant une religion sont une insulte à l’univers."

    "La race humaine en sait assez sur la réflexion pour l’entraver."

    "Une des plus grandes superstitions de notre temps est la croyance qu'il n'y en a pas."

    "La seule chose importante à réaliser sur l'histoire, c'est que tout a eu lieu dans les cinq dernières minutes."

    "Je ne peux pas écrire de longs livres ; je laisse cela à ceux qui n'ont rien à dire."

    http://www.celiagreen.com
    http://celiagreen.blogspot.fr

  • George Eliot, une femme libre sous le règne rigide de Victoria

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    george-eliot.jpgGeorge Eliot (1819-1880), de son vrai nom Mary Anne Evans, est un auteur britannique du mouvement victorien.

    Issue d’un milieu modeste, elle doit vivre avec la rigidité de la société anglaise, aux couches sociales très hiérarchisées. Elle y résiste grâce à l’école, à la découverte des arts et de la philosophie, aux voyages en Europe mais aussi aux relations considérées comme scandaleuses qu’elle entretient avec le philosophe et journaliste George Henry Lewes. Cette union libre et affichée est mal perçue et oblige la jeune femme à se tenir à l’écart de la société londonienne.

    À l’âge de 37 ans, elle écrit son premier ouvrage, Amos Barton, le premier volet des Scènes de la Vie du Clergé. Elle choisit un pseudonyme masculin, George Eliot, afin d’être mieux perçue par les critiques. Elle révèle sa véritable identité après la parution de son roman Adame Bede qui s’avère un succès. S’ensuivent une vingtaine d’ouvrages, dont Le Moulin sur la Floss (1860) et Middlemarch (1872). Ces deux derniers livres, considérés comme ses chefs d’œuvre, impose George Eliot comme une figure majeure de la littérature victorienne. Elle y excelle dans son art du réalisme, de l’érudition, de l’humour et de l’observation psychologique.     

    Ce qu'elle a pu écrire :

    "Il n’est jamais trop tard pour devenir ce que nous aurions pu être."

    "Examinez bien vos paroles et vous trouverez que, lors même que vous n’avez aucun motif d’être faux, il est très difficile de dire l’exacte vérité."

    "Les femmes heureuses, comme les nations heureuses, n'ont pas d'histoire."

    "Elle est comme les autres femmes. Elle croit que deux et deux feront cinq si elle pleure assez longtemps et fait assez d'histoires."

    "Nos actions agissent sur nous tout autant que nous agissons sur elles."

    "Dieu nous juge tous entiers et d'un regard, et non pas comme les hommes, sur des sentiments et des actes isolés."

    "Lors même que vous n’avez aucun motif d’être faux, il est très difficile de dire l’exacte vérité."

    "Les animaux sont des amis tellement agréables - ils ne posent jamais de questions, ils ne font aucune critique."

    "Nous sommes volontiers meilleurs pour les bêtes qui nous aiment que pour les femmes qui nous aiment. Est-ce parce que les bêtes ne parlent pas ?"

    "On prend parfois comme une mauvaise habitude d'être malheureux."

    "Pour récolter plus de roses, il suffit de planter plus de rosiers." 

    "Béni soit l'homme qui, n'ayant rien à dire, s'abstient d'en administrer la preuve en paroles !"

    "Je ne nie pas que les femmes soient stupides ; Dieu Tout Puissant les fit l’égal des hommes."

    "Nos actions sont comme nos enfants, qui vivent et agissent en dehors de notre propre volonté."

    "Une différence de goût en matière de plaisanteries gâte l’amitié." 

    "Une erreur vigoureuse et vigoureusement cultivée entretient du moins les germes de la vérité."