Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Cinéma - Page 65

  • Le cinéma s'affiche (et s'anime)

    Parce que le cinéma c'est aussi ses affiches, à la fois indispensables, souvent marquantes mais rarement commentées, le réalisateur mexicain Pablo Fernández Eyre a choisi de leur laisser la vedette grâce à un clip visible sur Internet. 

    Grâce à lui, seize affiches d’œuvres importantes du 7e art (Shining, Lost in Translation, Rocky ou encore Eraserhead) prennent vie et s'animent.

    Cette initiative est d'abord et surtout un hommage aux artistes et graphistes aux affiches de cinéma insuffisamment reconnues à leur juste valeur. Il y a quelques années de cela, l'Académie des Césars attribuait une statuette récompensant une affiche. Cela a été, hélas, un feu de paille.

    Grâce à l'initiative de Pablo Fernández Eyre, l'affiche de cinéma est mise en vedette.

    Golem 13

  • Une partie de football contre le djihadisme

    Le cinéma français consacrait cette année le film Timbuktu d'Abderrahmane Sissako, bouleversant tableau d'un village malien écrasé par l'Islam radical.

    Pour traiter du djihadisme international avec une telle puissance et une telle justesse, il fallait une musique à la hauteur. Celle d'Amine Bouhafa parvient à relever le défi haut-la-main. C'est l'ambition qui frappe d'emblée l'auditeur : instruments traditionnels, la voix bouleversante de Fatoumata Diawara, un orchestre à cordes "sublimant" (le mot est du compositeur lui-même) les scènes du film.

    L'extrait sans doute le plus inoubliable de Timbuktu est celle de la partie de football, sans ballon, qui mérite de figurer parmi les scènes d'anthologie du cinéma. Le compositeur tunisien a composé et orchestré pour l'occasion un des plus morceaux de sa bande originale. Bouleversant et lyrique, cette partie de foot – et la bande-son qui l'accompagne – est la plus belle réponse aux fondamentalistes interdisant toute forme de distractions – musiques, jeux, sports...

    Le 13 novembre, ce sont justement des endroits dédiés aux loisirs, au sport et à la culture auxquels qui ont été pris pour cible par des terroristes islamiques.

    Amine Bouhafa, Timbuktu, 2014
    Timbuktu, film franco-mauritanien de Abderrahmane Sissako
    avec Ibrahim Ahmed dit Pino, Toulou Kiki, 2014, 1H48

  • 42 heures pour un court : la jeunesse, la comédie et l'audace récompensées

    presquebonneidee.pngCe week-end avait lieu la 9e édition de 42 heures pour un Court. J'avais l'honneur de faire partie du jury de ce "triathlon vidéo", en compagnie de Jean-François Szczepanek, Anne-Lise Gaudichon, Françoise Pastor Strazzieri et Anne Berrou. Rémi Julienne est le parrain de ce festival de court-métrage.

    Neuf équipes (sur les dix engagées) avaient 42 heures pour écrire, réaliser et monter un court-métrage de 5 à 9 minutes, à partir de contraintes exigées par les organisateurs. Cette année, les concurrents avaient le choix entre quatre thèmes imposés : le harcèlement moral au travail, le mariage pour tous, l'économie de partage et le recul de l'âge de départ à la retraite. Neuf lieux de tournage à Montargis étaient également imposées et tirées au sort.

    Le dimanche 25 novembre, après la projection, le jury s'est réuni pour délibérer et choisir les gagnants de cette édition 2015.

    La jeunesse, la comédie et l'audace ont été récompensées par un jury impressionné par la bonne tenue et la qualité des films proposés cette année. Aucun n'a démérité et tous ont fait preuve d'originalité. 

    Deux films sont sortis grands gagnants de cette édition, deux comédies réalisées par de jeunes, voire de très jeunes réalisateurs, qui mériteraient leur place dans des festivals nationaux sur le court-métrage. 

    Une Presque bonne Idée de Sébastien Deschamps (Rapace Prod) s'est vu récompensé du premier prix, le Chien d'Or, et d'un double prix d'interprétation féminine ex-aequo pour Audrey Baudoin et Mélanie Poiget. Cette comédie sur le covoiturage est menée tambour battant, sans fausse note, avec des trouvailles à chaque plan et une direction d'acteurs sans faille. 

    Un autre court-métrage sur le covoiturage, Co-Voit' de Vincent Cottier (Universal Arts), a reçu le prix du Chien d'Argent et un prix d'interprétation masculine pour Armand Lacroix. Le jury a salué un film au scénario simple et mené jusqu'au bout, un rôle principal particulièrement convaincant et une chute dans le dernier plan venant donner un éclairage supplémentaire à cette comédie, du reste techniquement bien maîtrisée. Co-Voit' a également reçu le prix du public. 

    Le Chien de Bronze est allé à Somnisphère de Lucile Boissier (TGCM). Ce film fort et d'une grande originalité, laisse augurer une carrière prometteuse pour la réalisatrice. Somnisphère a marqué le jury pour le choix assumé de son histoire (entre univers cyberpunk, onirisme et engagement écologique), l'originalité de traitement et la richesse des thèmes abordés. Le fait que ce court-métrage traite en filigrane d'une histoire d'amour est un atout supplémentaire pour ce film. 

    Une mention spéciale est allée au film Jusque dans tes rêves (Alexandr 2.0) pour son audace visuel, ses qualités techniques, le jeu de son actrice principale et aussi le traitement scrupuleux du thème choisi (le harcèlement moral). 

    Le jury a également choisi de décerner une mention spéciale à l'acteur Chris Surgiao pour son interprétation solide et émouvante qui a donné un éclat particulier au film Frontière (Créalid).

    Les autres films proposés, qui n'ont pas démérité, étaient : Prédateurs (Bloodhound), T'échanges, tu gagnes ou tu perds (Cinemax Romeo My Love), No Noces pour Tous (Bald and Bold) et Nina et les Garçons (Novely Studios).

    42H pour un Court : le palmarès

    Somnisphère par art-et-culture-montargis

  • Dans le jury de "42 heures pour un court"

    b57c3745bfb86d0babfc274422adca74.pngLe dimanche 25 octobre, j'aurai le plaisir de faire partie du jury du festival "42 heures pour un court", à Montargis. 

    Cette manifestation en est à sa neuvième édition. Le principe de "42 heures pour un court" (Triathlon vidéo de Montargis) est de réaliser et monter un court-métrage (de 6 à 8 minutes hors génériques) en 42 heures. Le film produit sera une œuvre originale (documentaire, art vidéo, narration, fiction, expérimental, animation, etc.) en respectant les contraintes imposées.

    Cette année, dix équipes participent cette année avec, comme tous les ans, une contrainte de lieu et un sujet au choix à traiter parmi quatre faits de société : le mariage pour tous, le recul de l'âge de la retraite, le harcèlement moral au travail et l'économie partagée (covoiturage, couchsurfing, etc.).

    La projection des courts-métrages en compétition aura lieu le dimanche 25 octobre à 15 heurs au Tivoli de Montargis. J'aurai l'honneur de faire partie du jury, en compagnie de Claire-Lise Gaudichon, Jean-François Szczepanek, Françoise Pastor-Strazzieri et Anne Berrou. Voir ce lien pour en savoir plus sur le jury de cette édition

    Bonne chance aux équipes sont en plein travail depuis le vendredi 23 octobre 2015, 19 heures.

    Art & Culture Montargis : 42 heures pour un Court

  • Et pendant ce temps-là, le 21 octobre 2015

    CR1uoCgWIAQ2pVi.jpg

  • Kurosawa : morts-vivants et aliénés

    A l'occasion de la sortie de son tout nouveau long-métrage, Vers l'autre Rive (sortie, le 30 septembre 2015), Kyoshi Kurosawa fera l'objet ce mois-ci à Paris d'une rétrospective, du 16 au 22 septembre 2015 au cinéma Reflet Médicis.

    C'est l'occasion pour le bloggeur de revenir sur un film plus ancien du cinéaste japonais, Tokyo Sonata, à travers une critique écrite pour l'association des Cramés de la Bobine.

    Kiyoshi Kurosawa, réalisateur japonais (qui n’a aucun lien de parenté avec Akira Kurosawa), s’est d’abord fait illustré dans des films d’horreur et d’épouvante : des longs-métrages comme Cure, Kaïro ou Charisma (puis l'incontournable Shokuzai en 2012) l’ont fait connaître dans le monde entier après un début de carrière chaotique. Depuis plusieurs années, tout en ne reniant pas ce genre cinématographique, il a choisi de tourner des films plus réalistes, non sans succès puisque Jellyfish a par exemple fait partie de la sélection officielle à Cannes en 2003.

    En 2008, Cannes a honoré une nouvelle fois Kiyoshi Kurosawa en le sélectionnant dans la catégorie Un Certain Regard pour Tokyo Sonata, qui a reçu finalement le Prix du Jury.

    Ce drame suit une famille japonaise confrontée à la crise économique, au chômage mais aussi aux traditions patriarcales japonaises multiséculaires et en pleine déliquescence en ce XXIe siècle.

    Tokyo Sonata est le portrait à la fois cru et subtil de quatre personnages englués dans des contradictions, des voies sans issues, des révoltes ou des interrogations sur leur raison de vivre : le père, ancien cadre supérieur, subit de plein fouet la mondialisation économique et se retrouve subitement désœuvré et humilié par le chômage ; la mère, femme triste et soumise, voit sa vie complètement chamboulée du jour au lendemain suite à un événement autant inattendu que cocasse ; le fils aîné choisit de "déserter" le domicile pour une cause qu’il juge importante tandis que le cadet découvre un but dans sa vie – devenir pianiste classique professionnel. Pour ce but, il choisit de se battre malgré son jeune âge. Kiyoshi Kurosawa parvient au sublime dans l'ultime scène qui voit ce projet commencer à prendre forme.

    Loin d’être le simple portrait d’une famille japonaise, ce film brillant d’un réalisateur capital du cinéma japonais est aussi une œuvre universelle sur la lutte quotidienne et la révolte, comme sur la crise économique mondiale, source monstrueuse d'aliénation. Qu'un cinéaste longtemps cantonné aux films d'horreur et d'épouvante s'emploie à décrire une société japonaise paumée ne peut qu'interpeller chacun d'entre nous. 

    Rétrospective Kurozawa, du 16 au 22 septembre 2015 au cinéma Reflet Médicis
    Tokyo Sonata
    de Kiyoshi Kurosawa, avec Koji Yakusho, Teruyuki Kagawa, Kyôko Koizumi, Haruka Igawa, Yû Koyanagi et Kai Inowaki, Japon, 2008, 119 mn
    Les Cramés de la Bobine

  • Quand Angèle rencontre Tony

    Angèle et Tony a été une des surprises de l'année 2011, un film âpre et réaliste tenu à bout de bras par un couple d'acteurs inspirés.

    Angèle, c'est Clotilde Hesme (César du meilleur espoir féminin en 2012), longue brindille sauvage dont le spectateur apprend au cours du film son passé tragique, son projet familial, comme les conditions de son arrivée à Cherbourg. Tony, c'est Grégory Gadebois (César du meilleur espoir masculin en 2012), marin-pêcheur droit et bourru, empêtré dans un deuil impossible depuis la disparition de son père en haute-mer. Ces deux personnages que tout sépare a priori se croisent, se toisent, s'apprivoisent, se séparent et finissent par adopter mutuellement leurs déchirures. 

    Alexis Delaporte, dans ce premier long-métrage remarqué et multiprimé, maîtrise de bout en bout une histoire simple de gens simples, malmenés par l'existence ou par la société. Angèle et Tony, grâce à la force de leur interprète comme à la direction d'acteurs, deviennent des personnages bouleversants et universels. La mer omniprésente, les regards entre Angèle et Tony, les silences éloquents, la photographie magnifique (je pense aux superbes scènes d'Angèle sur sur VTT en pleine campagne normande), des scènes touchantes (par exemple le spectacle pour enfant) : tout concourt à la réussite de ce film exceptionnel.      

    Alexis Delaporte, Angèle et Tony, avec Clotilde Hesme et  Grégory Gadebois,
    France, 2014, 87 mn

     

  • Un été meurtrier

    Depuis quand n'a-t-on pas vu de polar français au caractère aussi bien trempé que L'Été meurtrier ?

    Les raisons de ce succès cinématographique de ce film de 1982 tient d'abord au scénario adapté du roman de Sébastien Japrisot, qui l'avait d'ailleurs écrit pour Jean Becker. Convaincu par le livre, le  réalisateur releva le défi.

    L'autre ingrédient capital de ce long-métrage noir et sulfureux tient son actrice principale. Isabelle Adjani tenait là l'un de ses plus beaux rôles : femme fatale autant que meurtrie, celle que l'on surnomme "Elle" se sert de son physique pour faire tourner les têtes des hommes du village et fomenter une vengeance contre un village qu'elle hait plus que tout. Star au zénith, Isabelle Adjani qui recevra un César pour ce rôle, est entourée dans L'Été meurtrier d'acteurs qui font plus que tirer leur épingle du jeu. Suzanne Flon sera elle aussi récompensée pour son rôle de "Cognata". Citons aussi Alain Souchon, Pin-Pon dans le film, le pompier sans histoire et naïf qui va devenir le jouet de l'érinye provinciale. Un autre second rôle brille par sa présence, François Cluzet (Mickey), qui tournait là son cinquième film. 

    Mais en dehors de ces brillants personnages, de cette histoire de souffre, de pleurs et de sang, de son actrice glamour au sommet de son art, soulignons l'autre grande qualité du film : la plongée dans un village provençal ordinaire des années 70, avec des habitants simples, bien loin de certains archétypes du polar à la française qui inonde petits et grand écrans. C'est en cela aussi que le caractère bien trempé de L'Été meurtrier détonne.

    L'Été meurtrier, film de Jean Becker, avec Isabelle Adjani, Alain Souchon,
    Suzanne Flon et François Cluzet et Michel Galabru, 1982, 130 mn