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  • Voyages aquatiques

    Le duo La Source, formé par la chanteuse Mélodie Orru et le violoncelliste Pierre Le Bourgeois, propose en ce moment son premier album.

    Oui, un premier album ! Voilà qui peut étonner, tant cet opus frappe par sa justesse et son solide caractère. Mais aussi son audace, audace jusqu’à la conception de l’album. Il a été enregistré grâce à un studio mobile installé dans un camion, chaque titre a été enregistré en conditions live, sans ajout d’effets artificiels, laissant les réverbérations naturelles sculpter l’espace sonore. Accompagnés par l’ingénieur du son Édouard Bonan, qui a assuré l’enregistrement et le mix, ils ont parcouru plusieurs sites — Château de la Guerche, Villa des Îles (deux sites qui font l’objet de brefs instrumentaux), lavoirs, forêts, grange, cave et bords de rivière — afin de capter la richesse acoustique propre à chacun.

    On parle souvent de piano-voix dans la chanteuse ; ici, il s’agit d’un piano-violoncelle. Avec son timbre à la Enzo-Enzo, Mélodie Orru chante cette source qui est celle d’une rivière, allégorie du temps qui s’écoule (De l’autre côté), la nature faisant figure de territoire à la fois familier (celui de nos souvenirs mais aussi de nos rêves) et mystérieux.

    La Source propose ainsi un beau voyage, plus symbolique que réel. Jusqu’au bout du monde s’adresse ainsi à une petite fille que portait la chanteuse. Le violoncelle de Pierre Le Bourgeois accompagne avec une économie de moyens le texte poétique et sensible qui fait de ce groupe une belle découverte de la scène française.

    Une belle découverte de la scène française

    L’environnement est un thème régulièrement traité dans la chanson actuelle. C’est le cas également dans le premier album du duo navigant entre Vienne et Indre et Loire, avec toujours l’élément aquatique au centre de l’opus. Or, ici, La Source parvient à rendre, tant musicalement que textuellement, le rythme de l’eau, si insaisissable, de la source à l’océan (Coule l’eau) : l’éternel recommencement, ses mouvements, la pluie, les éléments et surtout sa beauté insaisissable. Insaisissables comme ces jours et ces nuits qui passent : "Toi la Nuit dans le Jour / Toi le Jour dans la Nuit / J’aperçois tes contours / Entre deux insomnies" (Toi la nuit). Ce qui n’empêche pas le duo de parler de la fin, du deuil et de ces visages disparus au milieu d’autres disparus : "Sur le rivage, sur le rivage / Tous tes visages, tous tes visages / Toi nulle part et toi partout" (La dernière étincelle).

    La beauté de l’eau est célébrée tout au long de l’album, à l’instar de J’aime l’eau ("J’aime l’eau de pluie / Qui bat sur la nuit / J’aime l’eau de nos ébats / Et quand l’horizon étend ses bras / Avec l’eau le ciel se confond ici-bas") ou dans Goutte à goutte, un titre dans lequel le duo fait le choix de la polyphonie, comme une prière profane.

    Dans La rivière qui n’existait pas, étrange chant triste, La Source chante avec regret – et c’est d’actualité cet été – un cours d’eau invisible, presque fantomatique – car asséchée, aurions-nous envie de dire. Plus loin, c’est d’un fleuve qu’il s’agit. Mélodie Orru lui donne la parole : "Je voudrais être un fleuve / Enfanté d’un ruisseau / Au ventre de la terre / Avec le ciel dans l’eau".

    On est, oui, dans un beau voyage aquatique. L’eau fait figure de voyageuse infatigable, traversant paisiblement des paysages et des pays (Tout de loin venu), jusqu’à la conclusion d’un périple poétique et plein de fraîcheur, de délicatesse et de justesse (Deux soleils).

    La Source, L'atelier du Pélican / Absilone, 2026
    En concert le 14 mai 2027 : Saison « De bouches à Oreilles » – Liglet (86)
    Le 15 mai 2027 : Saison « De bouches à Oreilles » – Scorbé Clairvaux (86)
    Le 29 ou 30 mai : Les 3T – Chatellerault (86) / https://www.3t-chatellerault.fr
    https://www.compagniemaisonmere.com/index.php/la-source
    https://www.facebook.com/profile.php?id=61560424734126
    https://www.instagram.com/melodieorru

    Voir aussi : "Takata takata, voilà les Dassin"

  • Honneur aux dames

    Il est probable que les noms de Mel Bonis, Amy Beach, Amanda Röntgen-Maier, Rebecca Clarke et Dora Pejačević ne diront rien à la plupart des auditeurs et auditrices. Clara Schumann, Nadia et Lili Boulanger un peu plus. Ces compositrices oubliées font l’objet d’un passionnant album de compilation, Ladies First (Indésens) interprété par deux autres femmes, la violoniste suisse Rachel Kolly et la pianiste indo-américaine Pallavi Mahidhara.

    Voilà qui est à la fois audacieux et pertinent, tant il est indispensable de sortir de l’enfer de l’oubli ces musiciennes – parce qu’elles étaient justement musiciennes - et pas musiciens.

    On tombe d’emblée sous le charme de la Sonate en si mineur d’Amanda Röntgen-Maier (1853-1894). Disparue prématurément à l’âge de 41 ans, cette violoniste et compositrice suédoise, reconnue à sa juste valeur, a du, comme beaucoup de femme de cette génération, mettre fin à sa carrière publique. La Sonate pour violon date de 1878. Elle a 25 ans et prouve la grande maîtrise d’une pièce tendue, solide et aux lignes mélodiques irrésistibles (Allegro). Le mouvement lent Andantino a cette facture néo-romantique surfant sur les influences de Robert Schumann, Félix Mendelssohn ou Brahms. Plus enlevé est l’Allegro molto vivace, et néanmoins emprunt de nostalgie.

    Mel Bonis (1858-1937) est une compositrice française, toujours très peu jouée et enregistrée. Elle a pourtant laissé un catalogue de près de 200 œuvres. Sa Pièce n° 2, avec ici l’Allegretto non troppo, Op. 84 est présentatrice des influences de la musique française de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. L’influence de Gabriel Fauré et de Debussy est évidente dans cette pièce de 1910 néo-classique, saluée par Saint-Saens qui alla jusqu’à s’étonner… qu’une femme puisse écrire si bien. Le violon de Rachel Kolly et le piano de Pallavi Mahidhara font planer une lumière étrange sur court mouvement.

    On peut remercier Rachel Kolly et Pallavi Mahidhara d’avoir pris leur "bâton de pèlerin"

    La notoriété de Clara Schumann (1819-1896) n’est plus à faire ; mais que ce fut long et dur, tant son mari Robert lui a fait de l’ombre. Ses Trois romances pour violon et piano op. 22 sont proposées. Le romantisme est roi dans cette œuvre datant de 1855.

    Amy Beach (1867-1944) a connu la gloire comme interprète dans son pays, les États-Unis, mais aussi en tournée en Europe. On la découvre ou redécouvre ici dans une Romance, son opus 23 dédiée à la violoniste Maud Powell. Nous sommes en 1893 et les artistes américaines sont encore très marqués par les influences du vieux continent. Très bientôt, ils ou elles parviendront à imposer leur propre langage. En attendant, nous voilà avec une romance à la facture néo-romantique, élégante et délicate, qui a fait le succès de la musicienne, et que Rachel Kolly et Pallavi Mahidhara interprètent avec un plaisir visible.

    Dora Pejačević (1885-1923) est une vraie belle découverte. Cette compositrice croate a beau avoir appartenu à l’aristocratie austro-hongroise (elle était comtesse), elle est, à sa façon, une révolutionnaire – oubliée, hélas, en raison de son sexe. Elle a baigné dans un milieu intellectuel particulièrement revigorant – Ibsen, Thomas Mann, Rilke, Kierkegaard ou Nietzsche. Voilà qui forge un caractère, un tempérament et un langage ! Elle a aussi été une interprète ayant couru les salles de spectacle dans toute l’Europe. Sa Sonate pour violon n° 2 "Slavique", op. 42 date de 1919. Elle a en fait été écrite en 1917, en pleine première guerre mondiale, au cours de laquelle l’artiste s’est courageusement engagée comme ambulancière. Dora Pejačević n’entend pas se laisser enfermer dans un style. Le romantisme côtoie l’expressionnisme. Au rythme dansant de l’Allegro, qui n’est pas dénué de noirceur ni d’éclats de passion voire de colère, répond une sorte de chant funèbre qu’est l’Andantino, lancinant et implacable par moment, souvent bouleversant dans cette pièce qui nous parle surtout de la fin d’un monde et d’une époque. Rappelons que nous sommes à l’époque durant la Grande Guerre. Même le dernier mouvement Allegro molto vivace, vif et rythmé, ressemble à une danse macabre, d’une grande modernité – comme d’ailleurs l’ensemble de l’opus. Sacré pari et bonne idée pour Rachel Kolly et Pallavi Mahidhara que d’avoir eu l’idée de proposer cette formidable musicienne qui mériterait d’être plus présente en concerte et en album.

    Nadia Boulanger (1887-1979) et sa sœur Lili Boulanger (1893-1918) n’ont pas été oubliées, tant ces deux femmes (la seconde est morte prématurément à l’age de 24 ans) sont des exceptions en musique classique. Elles ont été admirées, sont toujours jouées et ont eu une influence majeure dans la musique du XXe siècle. Rachel Kollu a adapté pour violon et piano la pièce Soleils couchants de Nadia Boulanger datant de 1905. Nous sommes en pleine Belle Époque. Le symbolisme et le néoromantisme imprègnent cette pièce mystérieuse. Il s’agit d’une mise en musique d’une pièce de Verlaine. On y devine des accents impressionnistes et debussyens, interprétés avec subtilité par  Rachel Kolly et Pallavi Mahidhara.

    Toujours dans une veine néoromantique, l’auditeur ou l’auditrice se laissera bercer par sa Nocturne de 1911 et l’alerte Cortège de 1914, quelques années après sa mort qui a laissé inconsolable sa sœur Nadia.

    L’album se termine par une dernière découverte, en l’occurrence la compositrice anglaise Rebecca Clarke (1886-1979). La pièce Midsummer Moon date de 1926. Il faut saluer sa modernité, sans pour autant que le classicisme soit balayé. Une grande mélancolie règne sans cette œuvre. Rebecca Clarke était une altiste reconnue comme altiste géniale et a tourné en Europe et dans le monde. Voilà une artiste farouchement éprise de liberté, ce que l’on devine à l’écoute de ce morceau semblant faire la synthèse entre romantisme debussyen et expressionnisme. En trois mots : indépendance, audace et génie.

    On peut remercier Rachel Kolly et Pallavi Mahidhara d’avoir pris leur "bâton de pèlerin" pour donner une chance à ces consœurs que l’on fini, comme elles par aimer.

    Elles méritent d’entrer dans le répertoire aussi naturellement qu’une mélodie de Fauré, une ballade de Brahms ou une suite de Debussy. 

    Ladies First, Bonis – Schumann – Beach – Boulanger,
    Rachel Kolly (violon) et Pallavi Mahidhara (piano), Indésens Calioppe, 2026

    https://indesenscalliope.com/boutique/ladies-first
    http://rachelkolly.com
    https://www.facebook.com/rachelkolly
    https://www.pallavimahidhara.com
    https://www.facebook.com/pallavimahidharapianist

    Voir aussi : "Brahms doublement suisse (et même triplement)"

     
     
     
     
     
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  • Pompei, Sotto le Nuvole

    Les Cramés de la Bobine présentent à l'Alticiné de Montargis le film Pompei, Sotto le Nuvole. Il sera visible du 23 au 29 septembre. Soirée débat le mardi 29 septembre à 20H30.

    Pompéi, Naples, le Vésuve. Des vies sous la menace du volcan : archéologues, pompiers, éducateurs, marins, photographes… La terre tremble et le passé infuse dans le présent de tous. En donnant voix aux habitants, le film compose un portrait inédit de la ville, comme une machine à voyager dans le temps.
    Prix spécial du Jury
    Mostra de Venise 2025

    Pompei, Sotto le Nuvole, documentaire italien de Gianfranco Rosi, 2025, 115 mn
    https://www.cramesdelabobine.org/spip.php?article5244

    Voir aussi : "Les Matins merveilleux"

  • Âme de musicien, âme de cinéphile

    Revoilà Philippe Guilhon-Herbert, après un formidable album Ravel et une interview exclusive pour Bla Bla Blog, le pianiste français revient avec Cinéma (Indésens). Comme son titre l’indique, l’album est consacré aux musiques de film.

    Voilà un genre adoré par le grand public et de plus en plus plébiscité par le milieu classique qui, au fur et à mesure des années, a fini par reconnaître que ce genre dépassait largement l’illustration sonore d’un film. Mieux, il y avait des chefs-d'œuvre trouvant largement leur place dans un concert ou un album classique. Philippe Guilhon-Herbert reconnaît par ailleurs que le cinéma est son autre grande passion. Quoi de plus logique donc, que cet album.

    La preuve avec cet opus dominé d’une bonne tête par des pièces de Michel Legrand. L’auditeur ou l’auditrice retrouvera ainsi Romance, extrait des Parapluies de Cherbourg et What Are You Doing The Rest Of Your Life de The Happy Ending. Ajoutons à cela le titre Pieces Of Dreams tiré du film éponyme. Outre le jazzy et nostalgique I Will Say Good Bye, citons aussi ce bijou qu’est Sea And Sky, One Day Summer 42 ou Years Of My Youth.

    Philippe Guilhon-Herbert fait un tour par le classique et Prokofiev, via La Danse des couteaux de Roméo et Juliette. Il est vrai que ce morceau de Prokofiev a été archi-utilisé tant par le cinéma que la télévision, voire la publicité.

    Faites entrer l’accusé

    Cinéma est une authentique récréation, tant le pianiste y semble à l’aise. Le piano seul suffit à son bonheur et à notre bonheur, tant l’instrumentiste y semble à l’aise.

    Il ne lui était pas possible de passer à côté de l’une des pièces les plus incroyables et bouleversantes d’Ennio Morricone. Il interprète le thème central d’Il était une fois en Amérique, gardant sa mélancolie, la noirceur en moins, mettant en valeur les lignes mélodiques envoûtantes. Il est encore question d’Ennio Morricone qui a composé la musique du film Cinéma Paradisio, un grand succès à sa sortie mais que la postérité a surtout retenu pour sa BO.

    Autre monument de la BO : Georges Delerue. Sans surprise, c'est Le Mépris, qui a été choisi. Il est vrai que ce chef-d’œuvre est d’une modernité incroyable. Il ne perd jamais ni son efficacité ni son fil conducteur porté par une mélodie simple et inoubliable. L’arrangement pour piano devient une évidence sous les doigts de Philippe Guilhon-Herbert.

    Les accords du Messager parleront sans aucun à l’auditeur ou l’auditrice. Le génie de Michel Legrand a sans doute sa musique plus célèbre encore que le film de Joseph Losey – grâce notamment à l’émission Faites entrer l’accusé…

    Leigh Harline ne dira sans doute rien à beaucoup. Et pourtant, ce compositeur américain a été un prolifique auteur de musiques de film, notamment pour Disney. Philippe Guilhon-Herbert propose dans son Cinéma une version piano de When You Wish Upon A Star, tiré du Pinocchio de Disney. Une manière de montrer qu’ici comme ailleurs les interprètes classiques savent souvent garder leur âme de passionné et d’enfant.

    Cinéma, Philippe Guilhon-Herbert (piano), Indésens Records Calliope, 2026
    https://indesenscalliope.com/boutique/cinema
    https://www.facebook.com/pghpianist

    Voir aussi : "Philippe Guilhon Herbert : ‘Ravel est au plus près de mon parcours de musicien’"
    "Ravel nu"
    "Thierry Caens a le Smile"

  • Juste Goldman

    Et si l’on redécouvrait sans doute le meilleur livre de Joël Dickers ? Le Livre des Baltimore, sorti aux éditions de Fallois en 2015 est ressorti il y a moins de quatre ans chez Rosie & Wolfe, après la mort de Bernard de Fallois et la disparition de sa maison d’édition. Voici la parti éditoriale de cette chronique.

    Le Livre des Baltimore, le plus américain des ouvrages du romancier suisse, est une histoire famille mais aussi le récit d’une amitié autour des Goldman. Il y a en réalité "deux" Goldman : les Goldman-de-Baltimore et les Goldman-de-Montclair à laquelle appartient le narrateur, Marcus. Les premiers appartiennent à la classe aisée, portée par Oncle Saul. Les seconds vivent plus modestement à Montclair, dans le New-Jersey. Or, Marcus, dès l’enfance, a noué une soldie amitié avec son cousin Hillel, bientôt rejoint par Woody, un enfant abandonné par son père et qui a trouvé en Saul et Anita un nouveau foyer. Les trois forment le noyau du "Gang des Goldman", bientôt rejoints par un quatrième larron, Scott, un enfant handicapé et couvé comme un frère. Il appartient à la famille Neville. Sa sœur Alexandra va bientôt entrer dans le cercle des Goldman, loin des dissensions entre Baltimore et Montclair.

    Réconciliation et expiation

    C’est patiemment que Joël Dickers, par la plume de Marcus Goldman, écrit le Livre des Baltimore. Le lecteur ou la lectrice se laisse porter par un récit alternant passé et présent tout en proposant une mise en abîme dans lequel il est question de vérité, de secrets de famille, d’amitié, d’amour, de trahisons.

    Patiemment, l’auteur genevois déroule un récit au cœur de l’Amérique des années 1980-1990 – non sans un passage par les sixties et les seventies pour découvrir l’explication d’un divorce familial qui ne dit pas son nom. Écrit à la première personne, Le Livre des Baltimore parle aussi de la jeunesse, de l’adolescence, des rêves impossibles ou accomplis (et ce roman en est un), des promesses tenues ou non.

    Il faut entrer patiemment dans le livre, se laisser porter par son histoire et et ses histoires parfois agencées comme des poupées gigognes, en particulier dans les deux derniers parties, au moment du "Drame". Dans ce récit turbulent et traumatisant, Joël Dickers nous tient finalement une conclusion en forme de réconciliation et d’expiation.

    Joël Dickers, Le Livre des Baltimore, éd. Rosie & Wolfe, 2015, 2022, 597 p.
    https://joeldicker.com
    https://www.facebook.com/Joel.DickerCH


    Voir aussi : "Un coupable parfait et un crime qui ne l’est pas moins"
    "Les secrets de Nola Kellergan"