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terrorisme

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    Laurent Galandon, au scénario, et Dominique Mermoux, pour le dessin, signent une BD engagée en cette période de commémoration, deux ans après l'attentat contre Charlie Hebdo. Les auteurs s'intéressent à un aspect oublié du terrorisme. On sait que Daesh recrute essentiellement en draguant des jeunes gens, garçons ou filles, et parfois des adolescents mineurs. Mais que se passe-t-il dans les familles de ces fraîchement convertis au djihad ?

    L'Appel raconte l'histoire d'un garçon ordinaire, Benoît, parti du jour au lendemain en Turquie pour répondre à l'appel de l'organisation terroriste Daesh. Sa mère, Cécile, tente à la fois de le faire revenir avec elle mais aussi de comprendre ses motivations (le garçon n'a pas reçu d'éducation religieuse chez lui). Cette petite femme pugnace et courageuse s'aperçoit, au fur et à mesure d'une enquête qu'elle mène seule, qu'il s'est passé un événement traumatisant pour l'adolescent que personne n'avait su détecter.

    Cette BD suit le parcours d'une maman déboussolée. Tout en refusant le moindre pathos, L'Appel fait figure de témoignage pour que l'on n'oublie pas que derrière de jeunes convertis aveuglés, il y a aussi des parents déboussolés.  

    Laurent Galandon et Dominique Mermoux, L'Appel, éd. Glénat, 2016, 124 p. 

  • Connaître le monstre Daech

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    kader abderrahim,daech,terrorisme,religionAlors que la guerre contre Daech se poursuit au Moyen-Orient et que l’Organisation de l’État islamique a fait de la France l’une de ses cibles favorites, il faut lire l’ouvrage de Kader A. Abderrahim, Daech, Histoire, enjeux et pratiques de l’Organisation de l’État islamique. Ce chercheur à l’Iris, spécialiste du Maghreb et de l’islamisme se fait vulgarisateur et pédagogue pour expliquer les origines, les tenants et les aboutissants du groupe terroriste le plus redoutable que le monde ait enfanté.

    Trois parties composent cet essai, constitué de chapitres que l'auteur termine à chaque fois par un court résumé très pédagogique. La première partie traite de l’islamisme, si mal connu et propice à tous les malentendus. Des quatre écoles juridiques de l’islam au wahhabisme, en passant par le salafisme et la Nahda (Renaissance), le chercheur brosse en quelques pages synthétiques les courants théologico-politiques d’un islam protéiforme et à l’histoire complexe. Cette première partie se termine par trois chapitres sur les relations entre l’islam et le nationalisme, sur le cas particulier de la Turquie laïque puis sur "la sécularisation de l’islam en France".

    La deuxième partie de l’ouvrage de Kader A. Abderrahim retrace l’histoire du terrorisme islamique. Le découpage de l’auteur est à la fois clair et pertinent : à la fois chronologique et géographique, chaque chapitre traite de points chauds, de conflits, de crises graves et de rivalités qui ont été autant de jalons ayant conduit à la naissance d’un monstre politique. Le lecteur pourra se replonger dans quarante ans d’une histoire politico-religieuse : le djihad afghan (1979-1989) qui a vu monter un certain Oussama Ben Laden, la crise (1980-1987) puis la guerre civile algérienne avec les GIA (1992-1999), l’assassinat de Sadate en 1981 qui voit la naissance de l’islamisme égyptien avec notamment Ayman Al-Zawahiri, le développement des Frères Musulmans, l’islamisme tunisien, la particularité libyenne, l’émergence d’Al-Qaïda, le 11 septembre, le cas à part du Hezbollah, le nationalisme palestinien, l’intrusion de l’islamisme dans les Balkans et en Tchétchénie, le Kurdistan ("La revanche des Kurdes") et la France.

    La troisième partie, absolument passionnante, s’intéresse au cas de Daech et pourquoi son développement exceptionnel est en train de remodeler la carte du monde. Contrairement à Al-Qaïda, l’organisation criminelle de l’État islamique s’avère un monstre hybride capable d’imposer son calendrier aux diplomates et aux politiques : "Le terrorisme de Daech bouleverse nos grilles d’analyses traditionnelles et nous impose une redéfinition de notre rapport à ce Moyen-Orient". Kader A. Abderrahim montre à quel point l’Occident, et en premier lieu les Etats-Unis, sont tétanisés par la violence et les ambitions d'un groupe encore vigoureux, surmédiatisé et prêt à attaquer n'importe qui et n'importe quand. Le chercheur montre à quel point l’État islamique constitue un danger mondial pour des musulmans – d'autant plus déstabilisés que Daech profite de l'affrontement entre sunnites et chiites –, comme pour l'Europe impuissante et tétanisée.

    Plusieurs chapitres brossent un tableau géographique et idéologique de Daech : sa naissance, ses relais, son organisation, ses différences avec Al-Qaïda, ses différences antennes (Irak, Syrie, Afrique subsaharienne, Lybie, Maghreb, Turquie, Arabie Saoudite) et les dangers qui nous menacent : "Nous avons été frappés et nous sommes tétanisés par la peur d'être frappés à nouveau. C'est bien le piège que nous tend Daech, parvenir à nous paralyser et à obscurcir notre entendement". C'est à cet entendement que s'adresse finalement Kader A. Abderrahim. Un ouvrage salutaire à lire absolument.

    Kader A. Abderrahim, Daech, Histoire, enjeux et pratiques
    de l’Organisation de l’État islamique
    , éd. Eyrolles, 2016, 191 p.



  • Dans l’enfer du Taj Mahal

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    Beaucoup d’entre nous sont passés à côté de Taj Mahal, sorti il y a un an peu après les attentats du 13 novembre, et qui mérite de figurer parmi les fleurons du suspense français. Nous avons droit à une séance de rattrapage en ce moment puisque Canal+ diffuse sur son bouquet de chaînes ce petit bijou.

    Aucune star pour le deuxième film de Nicolas Saada, auteur du remarqué Espion(s), aucun grand moyen et un film tourné ni en France ni aux États-Unis mais en Inde, une intrigue sèche comme un coup de trique et un sujet d’actualité – le terrorisme – traité avec minimalisme.

    Nous sommes en 2008. Louise (Stacy Martin), 18 ans, se trouve déracinée pour deux ans à Bombay avec sa mère et son père parti travailler en Inde. La famille est logée dans le froid et luxueux hôtel Taj Mahal. Un soir que Louise se trouve seule dans la suite familiale, une attaque terroriste a lieu dans l’établissement. La jeune fille n’a pour tout contact avec ses parents qu’un téléphone. Elle va devoir s’en sortir seule.

    Les films sur la survie sont pléthores (voir aussi cet article, "Flukt, alors !") mais on aurait tort de limiter Taj Mahal à l’histoire d’une adolescente terrorisée tentant d’échapper à l’enfer promis.

    Nicolas Saada se fait maître dans l’art d’instiller l’angoisse par petites touches. Dans le huis-clos d’une chambre d’hôtel, la peur surgit grâce à des détails, des bruits, des scènes suggérées, des coups de feu éclatant en échos. Pas d’effets spectaculaires mais tout se joue sur presque rien : le visage de Louise, la recherche d’un chargeur de portable, les progressions dangereuses à l’intérieur de la suite ou les effets d’ombres et de lumières.

    L’hyperréalisme est là, dans l’interprétation sans esbroufe, presque documentaire. Nicolas Saada prend à contre-pied le public habitué au sensationnel dans les films sur le terrorisme. Il y a par exemple cette scène où la mère – d’origine américaine – tente avec pathos de réconforter sa fille en lui chantant au téléphone une berceuse. Louise s’en étonne : "Maman, qu’est-ce que tu fais ? – J’essaye de te calmer. – Ça ne me calme pas du tout !"

    Taj Mahal fait monter la pression avec un réalisme acéré. Réaliste, Nicolas Saada l’est aussi lorsqu’il montre, dans la première partie du film, des rues de Bombay. Déracinée, la famille occidentale découvre un pays à la fois fascinant et inquiétant. Les habitants locaux adressent des regards accusateurs aux trois expatriés. Le spectateur devient témoin du malaise, annonciateur du drame qui va se jouer quelques minutes plus tard.

    Alors que la partie s’est jouée, Nicolas Saada ose une ultime scène, cette fois à Paris. Avec une clairvoyance rarement vue dans un film sur le terrorisme, le réalisateur affronte le problème de l’indicible et des survivants devant affronter leurs démons. Un ultime coup de maître, génial et poignant.

    Taj Mahal, de Nicolas Saada, avec Stacy Martin,
    Gina McKee et Louis-Do de Lencquesaing, France, 2015, 143 mn

     

  • En pensant à Orlando, en parlant de Superfeat

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    Orlando_superfeat.jpg

    Orlando ou le "Bataclan américain".

    L'attentat terroriste de DAESH contre une boîte de nuit gay est aussi une attaque monstrueuse contre la communauté homosexuelle.

    Superfeat a réalisé ce dessin en 2011.   

    "Super prouesses de Superfeat"

  • Dans la peau d’un djihadiste

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    687708.jpgSoldats d’Allah est un documentaire exceptionnel, engagé et rude que tout citoyen devrait regarder pour saisir une partie – et une partie seulement – de la réalité du djihadisme en France.

    Pendant six mois, des journalistes (bien qu’un seul prenne la parole, visage caché et voix dissimulée) ont infiltré un réseau de partisans de DAESH installés en France. Les enquêteurs, restés dans anonymat pour des raisons de sécurité, sont parvenus, via les réseaux sociaux et des contacts directs, à sympathiser avec des "soldats" de l'Etat Islamique puis à les suivre dans leur quête folle d’un djihad en France. Ils ont filmé en caméra cachée pendant six mois cette plongée dans un de ces groupuscules ultra-violents et hyper fanatisés.

    Étonnamment, la cellule dormante qu'ils ont infiltrée ne se situe pas dans un quartier fiévreux de la région parisienne ou dans un des quartiers nord de Marseille mais au cœur de la France profonde, à Châteauroux (Indre). On y suit Ossama, 20 ans, gamin perdu et frustré et complètement radicalisé, avec la foi enchaînée au corps, à la recherche du paradis après sa mort en "martyr".

    C’est du reste la seule trace de religion dans cette enquête dangereuse. On devine les connaissances religieuses de ces djihadistes plus que succinctes et le reportage aborde peu les motivations politico-stratégiques de ces soldats de Daesh. Il est question dans les conversations d’Ossama et de ses sbires de guerre sainte, de plans d’attaques plus ou moins élaborées, d’entraînements militaires, de recherches d’armes, de discours enflammés au vocabulaire "daeshien" et de précautions pour maintenir leur clandestinité (bien que la plupart des individus rencontrés sont "surveillés" par les forces antiterroristes).

    La clandestinité passe par une utilisation prudente des moyens de communiquer : dans des fast-foods, des jardins publics, par courrier détruit après lecture ou via des réseaux sociaux sécurisés comme Telegram que les journalistes critiquent pour son refus de collaborer avec les autorités.

    Des informations et des moments surprenants parsèment cette enquête hors du commun : la haine rédhibitoire entre salafistes et partisans de Daesh (alors que les deux vocables sont en général indistinctement utilisés et confondus), la méfiance des djihadises pour la quasi-totalité des mosquées françaises et la personnalité de ces candidats au djihad - de jeunes hommes frustrés et aveuglés. Et puis, il y a ces scènes hallucinantes : un mariage célébré par téléphone en plein jardin public, un attentat suicide par un Français parti mourir au Moyen-Orient, les échanges de missives pour organiser des coups, les témoignages du père d’Ossama, impuissant à freiner les pulsions de son fils, ou les réactions des candidats du djihad à l’annonce des attentats du Bataclan et du Stade de France. Du reste, ces attentats marquent la dissolution du groupuscule qui s’apprêtait à s'attaquer à une caserne d'Orléans, cible privilégiée d'Ossama qui semble porter une rancune personnelle tenace à l'égard de l'Armée française.

    Soldats d’Allah est un documentaire hallucinant, engagé et démonstratif, non sans effets de mise en scène. Un reportage choc sur une enquête au terme de laquelle un journaliste, lui-même de culture musulmane, avoue que durant ces six mois il n’a pas vu Allah !

    Soldats d’Allah de Marc Armone et Saïd Ramzy, 2016, 1H27
    Canal + Investigations, jusqu’au 15 mai 2016

  • Nous n'oublierons pas

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    charlie.jpg

  • Le Top 10 de Bla Bla Blog pour 2015

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    Les fins d'année sont propices aux bilans de tout genre. À mon tour, je voulais conclure cette année 2015 par un point sur une année pleine pour ce blog. 125 articles ont été publiés cette année : livres, cinéma, télévision, musique et philosophie ont été les principaux thèmes abordés. Plusieurs posts sont sortis du lot, de par les réactions qu'ils ont suscitées (messages, commentaires, likes sur Facebook ou retweets). Voici le top 10 de ces articles.

     10  Montargis la Chinoise

    Cette série d'articles retrace l'aventure chinoise d'une modeste sous-préfecture du Loiret, Montargis, devenue, grâce aux hasards de l'Histoire, et à quelques jeunes hommes ambitieux et enthousiastes (dont Zou Enlai et surtout Deng Xiaoping) , la ville qui a vu naître la Chine communiste au début des années 1920. Une histoire étonnante et passionnante.

    amitié chine.jpgExtrait : "Pourquoi Montargis est-elle la plus chinoise des villes françaises, au point d'être reconnue jusqu'à Pékin ?
    Un visiteur qui débarque dans cette modeste sous-préfecture du Loiret pourrait être étonné par des plaques touristiques en français et en mandarin, disséminés dans différents endroits de la ville, balisant un parcours touristique consacré à ce pays lointain...
    " (la suite ici)

     9  Spéciale Stanley Kubrick

    Je publiais en début d'année une série de 10 articles consacrés au réalisateur américain Stanley Kubrick. Outre une biographie de l'auteur, plusieurs posts étaient consacrés à quelques-uns de ses plus grands films (2001 L'Odyssée de l'Espace, Shining, Eyes Wide Shut, Barry Lyndon) ainsi qu'à un focus sur Kubrick et la musique.

    2001-l-odysee-de-l-espace-1968-g.jpgExtrait : "Stanley Kubrick naît le 26 juillet 1928 à New-York dans une famille de la petite bourgeoisie du Bronx. Élève moyen timide mais néanmoins d’une très grande curiosité, il se destine très jeune à la photographie, domaine où il exerce son premier métier à 17 ans dans la revue Look, luxueux magazine concurrent de Life.
    Cette première expérience sera décisive dans sa future carrière de cinéaste. Dès sa toute première création, un reportage photographique sur le boxeur Walter Cartier (
    Le Boxeur professionnel, 18 janvier 1949), le jeune Stanley Kubrick démontre déjà un grand sens du cadrage et de la lumière..." (la suite ici)

     8  Cléo ou de jolis débuts (les filles ça pleure sous vent)

    Cléo publie ses textes – poésie, haïkus, calligrammes ou aphorismes – sur Twitter (pour l'instant ?). L'article que je lui ai consacré a reçu un joli écho sur le réseau social où elle publie principalement. Une auteure à découvrir de toute urgence.

    PoesiedeCleo.jpgExtrait : "C'est par hasard que j'ai découvert La PoésieDeCléo, sur son compte Twitter @nothingbut66. L'artiste est également active sur Instagram.
    Il est de notoriété que l'Internet, et en particulier les réseaux sociaux, sont un vivier intarissable d'expressions artistiques.
    Le compte de Cléo (impossible de nommer autrement cet artiste bien mystérieuse qui a pris pour pseudonyme le nom d'une des neuf Muses) offre le meilleur d'un genre dénigré par le milieu éditorial traditionnel : la poésie.

    Au fil des jours, voire des heures, et ce depuis 2011, l'auteure publie textes courts ("J'ai mis du rouge à lèvres Du noir à mes genoux Et puis des bottes Pour sauter dans les flaques"), haïkus, calligrammes ou aphorismes ("Je Tu Elle Les conjugaisons sont mortelles")..." (la suite ici)

     7  Une partie de football contre le djihadisme 

    Quelques jours après les attentats de novembre à Paris, ce focus sur la bande originale du film Timbuktu était une manière de traiter d'un événement capital de notre actualité.

    Timbuktu foot.pngExtrait : "Le cinéma français consacrait cette année le film Timbuktu d'Abderrahmane Sissako, bouleversant tableau d'un village malien écrasé par l'Islam radical.
    Pour traiter du djihadisme international avec une telle puissance et une telle justesse, il fallait une musique à la hauteur..."

    (la suite ici)

     6  Escroc, gourou et artiste 

    Je consacrais, le 19 décembre dernier, un article au sujet de l'enquête qu'a menée Bernard Hasquenoph, journaliste et bloggeur, sur le photographe, milliardaire, gourou et escroc Aahe. Un reportage exemplaire qui est aussi un coup de gueule contre des institutions culturelles imbues d'elles-mêmes et se croyant intouchables. 

    vlcsnap-2013-06-26-15h09m51s189.pngExtrait : "Le crime pourrait-il réellement être considéré comme un des beaux-arts, pour reprendre le roman de Thomas de Quincey ? Il semblerait en tout cas qu'il ait sévi impunément dans les plus grands sites culturels du monde, au su et au vu de beaucoup de spécialistes. C'est le journaliste Bernard Hasquenoph, journaliste et bloggeur pour Le Louvre Pour Tous, qui a mis fin à une escroquerie artistique qui aurait pu rendre chèvre encore quelques années le microcosme feutré des musées..." (la suite ici)

     5  Les super prouesses de SuperFeat 

    Un coup de projecteur mérité sur l'illustratrice et animatrice Superfeat. Un style inimitable, de l'humour (noir), un univers poétique et surréaliste. À découvrir absolument !

    tumblr_mqiqkxPXoq1s5dmlco1_400.gifExtrait : "Quelque part, entre Pierre de la Police et Topor, vit SuperFeat, une jeune illustratrice, graphiste et animatrice qui se serait nourrie de films de David Lynch, de poèmes dadaïstes et de bandes dessinées de Joann Sfar pour créer un univers surréaliste, poétique, déjanté, sexy et bourré d'humour noir (voir aussi ce texte de Superfeat publié sur ce blog, avec l'aimable autorisation de l'auteur).
    Comment reconnaît-on la marque d'un véritable artiste ? Sans doute à ceci : qu'il puisse être immédiatement reconnaissable par le public et qu'il ait la capacité de nous aimanter..."
    (la suite ici)

     4  Random : Que personne ne sorte

    Ce post, publié le 3 décembre 2015, était consacré à la webserie française Random. La saison 1 s'est achevée, récompensée par une pluie de récompenses internationales ainsi que par une diffusion en replay sur la première chaîne française. Une révélation qui vient à point nommer alors que les séries françaises ont la réputation d'être des peines-à-jouir ! Une saison 2 est en préparation pour 2016.

    random2.jpgExtrait : "Une fois n'est pas coutume, TF1 se distingue dans sa programmation en proposant Random, l'une des séries françaises les plus originales du moment.
    Ne cherchez cependant pas cette fiction sur la TNT. Cette production originale a eu l'exclusivité de Mytf1.fr. C'est mieux que rien, me direz-vous, la chaîne commerciale n'étant sans doute pas prête à troquer quelques épisodes de Joséphine Ange Gardien contre une production ambitieuse ou innovante..." (la suite ici)

     3  42 heures pour un court : la jeunesse, la comédie et l'audace récompensées

    Membre du jury 2015 du festival de court-métrage de Montargis "42 heures pour un court", j'ai été aux premières loges pour témoigner de la qualité d'une programmation. Dans le bilan que je fais de cette édition, je saluais les trois films couronnés, trois œuvres drôles, culottées et réalisées par de jeunes artistes plein d'avenir.

    presquebonneidee.pngExtrait : "Ce week-end avait lieu la 9e édition de 42 heures pour un Court. J'avais l'honneur de faire partie du jury de ce "triathlon vidéo", en compagnie de Jean-François Szczepanek, Anne-Lise Gaudichon, Françoise Pastor Strazzieri et Anne Berrou. Rémi Julienne est le parrain de ce festival de court-métrage. Neuf équipes (sur les dix engagées) avaient 42 heures pour écrire, réaliser et monter un court-métrage de 5 à 9 minutes, à partir de contraintes exigées par les organisateurs. Cette année, les concurrents avaient le choix entre quatre thèmes imposés : le harcèlement moral au travail, le mariage pour tous, l'économie de partage et le recul de l'âge de départ à la retraite. Neuf lieux de tournage à Montargis étaient également imposées et tirées au sort..." (la suite ici)

     2  Le Globecroqueur en Iran 

    Ce guide de voyage du Globecroqueur, alias Philippe Bichon, retrace un voyage hors du commun en Iran, loin des clichés sur ce pays dont nous abreuve l'actualité internationale. L'auteur et dessinateur nous dévoile un pays légendaire, attachant et fascinant, sans nous cacher toutefois les travers d'une république islamique corsetée par les interdits religieux. Un carnet de voyage richement illustré qui donne envie de faire son sac à, dos et de filer découvrir ce pays qui reste le berceau de notre civilisation.

    1440094904.PNGExtrait :  "Amateurs de guides de voyage, ce carnet de route sur l'Iran est pour vous.
    Un voyage en Iran, dans le pays des ayatollahs, de la puissante République islamique chiite : étrange destination, me direz-vous. C'est pourtant ce qu'a entrepris Philippe Bichon, qui se surnomme lui-même le Grobecroqueur (il est l'auteur de plusieurs guides en Égypte-Syrie, en Inde et au Tibet).
    Pourquoi l'Iran ? Alors que vient de se terminer une des plus longues batailles diplomatiques de ces dernières années, l'accord sur le nucléaire iranien, l'ancien royaume perse est en passe de s'ouvrir au monde, via notamment le tourisme..
    ." (la suite ici)

     1  Voilà Marie

    C'est l'article phare de cette année, et sans doute aussi celui qui me tient le plus à cœur, tant les chansons de Marie Cherrier m'ont accompagné depuis plusieurs années. Une première place sans surprise et méritée pour l'une des plus belles voix actuelles de la chanson française.

    Marie Cherrier.jpgExtrait : "Puisque l'on est entre nous, je dois vous avouer que Marie Cherrier fait partie depuis longtemps des auteurs dont je voulais parler sur ce blog. Elle est ce genre d'artiste qui vous accompagne des années durant, offrant une présence rassurante et revivifiante. Voilà donc cet article, voilà Marie, alors que sort en ce moment son quatrième album studio, L'Aventure.
    Comment pourrait-on ne pas l'aimer, elle, son opiniâtreté à creuser son sillon artistique, son sens de l'écriture, ses saynètes (
    Le Curé, 7ème Ciel ou Café noir), ses mélodies et ses interprétations sensibles ?  La chanteuse poursuit son petit bonhomme de chemin, suivie par un public de fidèles..."
    (la suite ici)

  • Les Eagles Of Death Metal témoignent et promettent de revenir (si possible au Bataclan)

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    Attentats-a-Paris-le-temoignage-des-Eagles-of-Death-Metal.jpgJe publiais hier un article sur le groupe Eagles Of Death Metal qui a été au cœur de l'actualité, avec l'attentat au Bataclan au cours d'un de leur concert.

    Cette semaine, les EODM, survivants de la tuerie dans la salle de spectacles où ils se produisaient, témoignent pour Vice presque deux semaines après les événements du 13 novembre. 

    L'effroi, le choc et le chagrin n'empêchent pas les artistes de se projeter vers ce qu'ils font de mieux : la musique. Ils promettent déjà de revenir jouer à Paris et même d'être les premiers à rejouer au Bataclan lorsque la salle rouvrira.

    "Eagles of Death Metal Discuss Paris Terror Attacks", Vice, 25 novembre 2015
    "Eagles Of Death Metal, contre le pire et pour le meilleur"

  • Eagles Of Death Metal, contre le pire et pour le meilleur

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    eagles-of-death-metal-zipper-down.pngQui sont les Eagles Of Death Metal ? Le 13 novembre 2015, ce groupe de rock californien devenait – hélas ! – mondialement connu, suite à l'attentat au Bataclan, lors d'un de leur concert. Plusieurs terroristes de Daesh y faisaient un carnage, provoquant la mort de 90 spectateurs – jeunes voire très jeunes – et des centaines de blessés. En l'espace de quelques heures, ce groupe, jusque-là d'abord connu seulement des amateurs de rock, accédait à une tragique notoriété, au point sans doute d'entrer bientôt dans les livres d'histoire.

    Les Eagles Of Death Metal méritent de s'arrêter sur ce qu'il y ait de meilleur chez eux : leur musique et leurs choix artistiques.

    Aux premières heures du drame, nombreux auront été ceux qui les ont identifié comme appartenant à un courant de death metal. Cette confusion a longtemps été assumée par les membres fondateurs d'EODM, Jesse Hughes et Josh Homme, l'ancien leader de Queens of the Stone Age. Jesse Hugues se plaît à raconter que ce nom d'Eagles Of Death Metal est venu après une soirée arrosée au cours de laquelle a été évoqué un croisement musical inédit entre le groupe de country-rock Eagles et le death metal. La notoriété du groupe tient du reste à un perpétuel jeu de fausses pistes, de détournements assumés et de seconds degrés.

    Si Eagles Of Death Metal est bien un groupe de rock, caractéristique pour ses guitares saturées, ses batteries testostéronées et ses voix puissantes, c'est pour mieux se jouer et se moquer des archétypes viriles du rock : sexe, drogue et alcool. Les fans des Rolling Stones apprécieront. Les Eagles Of Death Metal symbolisent “le droit naturel de l’homme de se moquer de tout. Des opinions. Des religions. Même de sa propre existence de rocker” comme l'écrit le Süddeutsche Magazin au lendemain des attentats de Paris.

    EODM s'est fait connaître du grand public grâce à deux titres tirés de leur premier album  Peace, Love, Death Metal et utilisés pour deux publicités : "Don't speak" pour Nike et "I Only Want You" pour Microsoft.

    Sorti en octobre, Zipper Down s'avère un excellent disque de rock, susceptible de séduire un large public, en plus de devenir emblématique pour la pire des raisons – l'un des plus terribles attentats que l'Europe ait connu dans son histoire. L'équipe de Jesse Hugues et Josh Homme se livre complètement avec "Complexity", punchy et brut, semblant avoir été enregistré par une bande de potes au fin fond d'un garage, et sans prise de tête : "That it's easier without complexity". Tout aussi rythmé, "Got A Woman" séduit par sa ligne mélodique facilement mémorisable, tout comme l'est d'ailleurs "Oh Girl", plus posé, plus sombre aussi. "Skin-Tight Boogie", revendiquant ses influences hard-rock, est tout en guitares lourdes, complexes et séduisant en diable. Mais impossible de ne pas parler de Zipper Down sans citer leur morceau devenu le plus célèbre : "Save A Prayer". Cette reprise plus que réussie d'un tube de Duran Duran est un savant mélange de rock (bien sûr), d'électro et de new-wave. Les réseaux sociaux et la presse ont largement favorisé l'engouement pour cette chanson, appelée à devenir l'hymne des victimes du Bataclan : "Don't save a prayer for me now, save it till the morning after". Des fans appellent, symboliquement, à hisser ce titre au sommet des charts anglais. La mission est presque remplie et les droits d'auteur de cette chanson devraient être reversés par Duran Duran aux victimes des attentats de Paris.

    Eagles Of Death Metal va-t-il continuer après cette épreuve ? Ou bien faire un doigt d'honneur aux soldats de Daesh et choisir de continuer, comme des milliers de ses admirateurs le réclament, avec sa joie de vivre, son exubérance communicative, sa créativité et son humour potache, si caractéristique de ce groupe azimuté ?

    Un humour qui était encore présent au soir du 13 novembre. En plein carnage du Bataclan, alors que, terrifiés, ils se trouvaient enfermés dans une loge en attendant le pire, un fan s'adressait ainsi au bassiste du groupe afin de baisser la tension insupportable à ce moment : "Mec, franchement j'ai préféré ton concert de juin à celui-ci".

    Eagles Of Death Metal, Zipper Down, Universal Int. Music, 2015
    Eagles Of Death Metal : la page Facebook

  • Une partie de football contre le djihadisme

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    Timbuktu foot.pngLe cinéma français consacrait cette année le film Timbuktu d'Abderrahmane Sissako, bouleversant tableau d'un village malien écrasé par l'Islam radical.

    Pour traiter du djihadisme international avec une telle puissance et une telle justesse, il fallait une musique à la hauteur. Celle d'Amine Bouhafa parvient à relever le défi haut-la-main. C'est l'ambition qui frappe d'emblée l'auditeur : instruments traditionnels, la voix bouleversante de Fatoumata Diawara, un orchestre à cordes "sublimant" (le mot est du compositeur lui-même) les scènes du film.

    L'extrait sans doute le plus inoubliable de Timbuktu est celle de la partie de football, sans ballon, qui mérite de figurer parmi les scènes d'anthologie du cinéma. Le compositeur tunisien a composé et orchestré pour l'occasion un des plus morceaux de sa bande originale. Bouleversant et lyrique, cette partie de foot – et la bande-son qui l'accompagne – est la plus belle réponse aux fondamentalistes interdisant toute forme de distractions – musiques, jeux, sports...

    Le 13 novembre, ce sont justement des endroits dédiés aux loisirs, au sport et à la culture auxquels qui ont été pris pour cible par des terroristes islamiques.

    Amine Bouhafa, Timbuktu, 2014
    Timbuktu, film franco-mauritanien de Abderrahmane Sissako
    avec Ibrahim Ahmed dit Pino, Toulou Kiki, 2014, 1H48

  • Ce qu'ils ont attaqué

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    12250045_10203620160823945_1434622475724840818_n.jpgCe blog devait publier ce week-end une série d'articles sur une graphiste, une série télévisée et le film Apocalypse Now...

    Évidemment, aujourd'hui il est impossible de pas parler des attentats à Paris. 10 mois après Charlie Hebdo, la France est de nouveau la cible du djihadisme international.

    Qu'est-ce qui a été attaqué hier soir ? Une salle de spectacle, des restaurants, des bars, un stade de football. Autant de lieux à la fois populaires et symbolisant la vie, la jeunesse, le divertissement, la culture, l'art. Les auteurs ? Des illuminés (jeunes, sans doute ; manipulés, décérébrés et endoctrinés, certainement) agissant au nom de la religion, au mépris du genre humain. Et c'est la jeunesse de notre pays qui a payé le plus lourd tribut.

    À l 'époque de Charlie Hebdo ("Je suis Charlie"), Des voix de tout poil se sont pris après coup au journal satirique sur l'air du "Ils l'ont bien cherché"... Qu'auront-ils à commenter cette fois ? Les prochains jours le diront. Il est impératif que le cœur et la raison terrassent à la fois le fanatisme et le cynisme politique (déjà à l’œuvre aujourd'hui, alors que les victimes ne sont pas encore enterrées). La démocratie et la laïcité sont notre bien le plus précieux, alors que les religions ne sont pas encore dans les poubelles de l'histoire.

  • Larmes

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  • Je pense que vous serez d'accord avec moi

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    charb.jpgCharb, assassiné le 7 janvier 2015 lors de l'attentat contre Charlie Hebdo, avait publié un ensemble de chroniques, Manuel de l'Intolérance, surnommées ironiquement "Les fatwas de Charb".

    Il n'est pourtant pas question dans ce livre d'un réquisitoire contre les fanatiques de tout poil – qu'ils soient catholiques, musulmans ou juifs – mais de portraits féroces de ces sinistres individus que nous avons tous côtoyés ou de ces petits faits modernes qui peuvent nous pourrir la vie. Prenant à témoin le lecteur ("Je pense que vous serez tous d'accord avec moi..." est la locution qui clôt chaque billet), Charb ne prend aucun gant pour tirer à boulet rouge sur les jeunes papas gâteaux (et gâteux), les toilettes de train, les serveurs misogynes, "les radins de l'amour", les tongs, les lampes basse tension ou les tics de langage ("je gère"). Autant de travers de la vie contemporaine condamnés sous forme de "fatwas" par un Charb drôle et cinglant. 

    L'auteur termine ce recueil par un article sur "Mort à ceux qui ont peur de mourir". Un dernier billet qui prend tout son relief depuis la tuerie de Charlie Hebdo, transformant du même coup ce Manuel de l'Intolérance à l'humour très noir (sorti la première fois en 2009 mais réédité après les attentats de Paris) en une œuvre poignante.  

    Un tome 2 de ces fatwas impertinentes est sorti trois mois avant l'assassinat du directeur de Charlie Hebdo.

    Charb, Petit Traité d'Intolérance, Librio, 2012, 128 p.
    Strips Journal

  • Oh, mon Dieu ! Ils vont s'en prendre à nous !

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    charlie hebdo

    (Femme terrorisée s'accrochant à la vie !) "Oh, mon Dieu ! Ton dessin est pire que Charlie Hebdo ! Ils vont s'en prendre à nous ! Mais moi j'ai envie de voir mes petits-enfants grandir !
    - Oh, allez, ce n'est pas si grave... D'ailleurs, ils ont sans doute tué assez de dessinateurs... Peut-être que ça ne fait plus partie de leur plan..."