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  • Valérian et Laureline, agents très spatiaux

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    Un peu plus d’un mois après sa sortie à grands frais, pourquoi ne pas revenir sur Valérian et la Cité des Mille Planètes ? Le dernier opus de Luc Besson, rêve d’enfant du réalisateur du Cinquième Élément autant que défi artistique et pari commercial, propose une adaptation du couple de SF le plus connu et le plus glamour de la bande dessinée.

    En collaboration avec ses deux créateurs, le dessinateur Jean-Claude Mézières et le scénariste Pierre Christin, Luc Besson propose de rendre justice à Valérian et à Laureline, dont les aventures ont été largement pompées par les créateurs de Star Wars. Le résultat : la plus grande superproduction française (197 millions d’euros), si grande que l’avenir de la société de production EuropaCorp dépend de la réussite ou de l’échec du film.

    Valérian et la Cité des Mille Planètes adapte l’histoire de L'Ambassadeur des Ombres (1975) et non pas la BD de 1971, L'Empire des Mille Planètes, dont le film de Luc Besson reprend une partie du titre.

    Nous sommes en 2740. Les agents gouvernementaux Valérian et Laureline sont chargés de récupérer un réplicateur – en réalité une charmante bestiole dotée d’un pouvoir de reproduction d’objets physiques, dont une étrange perle. Après le succès par nos agents de cette mission, le précieux réplicateur est amené sur Alpha, une base spatiale héritée de l’ISS et peuplée de 17 millions d’êtres vivants humains et surtout d'extra-terrestres. Mais des créatures jusque-là inconnues, venues de la mystérieuse planète Mül, viennent dérober le réplicateur et enlever, par la même occasion le Commandeur Filitt. Les agents Valérian et Laureline se lancent dans une course à la recherche de ces êtres fascinants et comme venus de nulle part.

    De mauvaises langues ont fait la fine bouche devant ce grand et beau divertissement populaire. Luc Besson sait faire ce qu’il sait le mieux faire : raconter une histoire, faire vivre ses personnages sans temps mort et aussi montrer que le cinéma français peut rivaliser avec les blockbusters américains. À n’en pas douter, voilà qui a fait grincer pas mal de dents outre-atlantique.

    Dane DeHaan et Cara Delevingne, dans les rôles respectifs de Valérian et Laureline, jouent le rôle d’agents spécieux et spatiaux en pleine forme. Ils cavalcadent, se battent, croisent des créatures extra-terrestres et extraordinaires et ne manquent pas de se chercher dans un jeu digne de "je t’aime moi non plus", avec une fin entendue dès le début. Une mention spéciale est décernée à Cara Delevingne – certes pas suffisamment rousse pour le rôle – pour son interprétation d’une Laureline courageuse, bravache et qui ne s’en laisse pas conter.

    À l’heure de l’écriture de cette chronique, après le flop de Valérian aux États-Unis et le succès au box-office français (4 millions d’entrées), les producteurs ont les yeux rivés sur la fréquentation en Chine, pour l’heure rassurante mais sans garantie d’une suite, pourtant déjà écrite par Luc Besson. Ce qui serait d'ailleurs fort dommage.

    Valérian et la Cité des Mille Planètes, de Luc Besson, avec Dane DeHaan, Cara Delevingne, Clive Owen, Rihanna et Ethan Hawke, EuropaCorp, France, 2017, 138 mn, toujours en salle
    "Star Wars pris la main dans le pot de confiture"
    "Laureline et Valérian, bons pour le service"

  • Star Wars pris la main dans le pot de confiture

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    J'avais évoqué il y a quelques mois les emprunts de Star Wars à la série de bande-dessinées Laureline et Valérian ("Laureline et Valérian, bons pour le service"). Le magazine Marianne s'intéresse dans son hors-série consacrée à la saga de George Lucas (décembre 2015), à cette affaire de similitudes plus que troublantes.

    Dans une interview donnée au journaliste Vincent Bernière, le dessinateur Jean-Claude Mézières revient, avec un mélange d'amusement et de dépit, sur la manière dont les auteurs de Star Wars ont, semble-t-il, allègrement pompé sur les aventures des agents spatio-temporels Laureline et Valérian : "On dirait du Valérian !" se serait-il exclamé en découvrant le premier épisode tournée, Un nouvel Espoir (1977). Un pillage en bonne et due forme que les opus suivants ont confirmé : extraterrestres aux similitudes troublantes, décors de mégalopoles ressemblant comme deux gouttes d'eau, Dark Vador inspiré par les Connaisseurs de L'Empire des Mille Planètes (1971) ou le Faucon Millenium copié sur le vaisseau du couple d'agents spatiaux...

    De simples coïncidences ? Voire. Car Star Wars est bien pris la main dans le pot de confiture lorsqu'il reprend des épisodes de la bande-dessinée : Léia en bikini, otage de Jabba dans Le Retour du Jedi (1983), est une reprise d'une scène similaire avec Laureline (Le Pays sans Étoiles, 1972) et la cryogénisation de Han Solo (L'Empire contre-attaque, 1980) n'est pas sans rappeler la capture de Valérian dans une matière translucide dans L'Empire des Mille Planètes. Vincent Bernière précise que selon Jean-Pierre Dionnet, le rédacteur en chef de Métal Hurlant, tous les réalisateurs américains de science-fiction – Ridley Scott, Steven Spielberg ou George Lucas – ont largement pompé dans ce magazine culte auquel a collaboré Mézières.

    Ce dernier raconte comment il a cherché à contacter George Lucas en 1994, moins pour faire valoir ses droits – qui auraient été légitimes – que pour proposer ses services. Mais le réalisateur, qui commençait à travailler sur la remastérisation des épisodes IV, V et VI, resta muet et jamais l'inspiration des créateurs de Laureline et Valérian ne fut officiellement admise. Au sujet de ces pillages à répétition jamais reconnus, le dessinateur dit, non sans amertume : "Au début, on trouve cela inadmissible et puis on s'habitue... Cela fait des lustres que mes albums se promènent. Il n'est pas difficile d'envoyer quelqu'un en France pour se procurer des albums de science-fiction... Cela dit, quand on emprunte si lourdement quelque chose à quelqu'un, on peut, peut-être, le mentionner."

    Le créateur des agents spatio-temporels a bien tenté de lancer une équipe d'avocats pour défendre ses œuvres, mais c'était contre la série Babylon 5. Et devant la bataille judiciaire qui s'annonçait, l'éditeur Dargaud préféra jeter l'éponge.

    Un autre réalisateur, Luc Besson, s'est indigné de ce qui peut être considéré comme du vol caractérisé de propriété intellectuelle : "Les Américains t'ont assez pillé. Moi, je t'engage", lance-t-il à Mézières. Ce dernier fait partie de l'aventure du Cinquième Élément (1997). Et c'est toujours Luc Besson qui devrait permettre à Laureline et Valérian d'arriver sur grand écran (date de sortie prévue : été 2017). L'affront cinématographique devrait être lavé. Ou presque.

    "On dirait du Valérian !", interview de Jean-Claude Mézières par Vincent Bernière, in Marianne, hors-série Star Wars, décembre 2015
    Laureline et Valérian, bons pour le service"
    "Le réveil d'une épopée"