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  • Emoción à tous les étages

    L'Ensemble Emoción c’est cinq musiciens et musiciennes de cinq pays différents : Joris Laenen, pianiste, trompettiste et arrangeur belge, Christoph Schmitz, violoncelliste vénézuélien, Patrizia Portz, violoniste germano-péruvienne et Ferdinand Schaefer percussionniste allemand. Toutes et tous sont membres de l'Orchestre philharmonique du Qatar. Il faut ajouter à ces instrumentistes la chanteuse de jazz franco-libanaise Sevine Abi Aad.

    Emoción vient de sortir l’album Open your eyes consacré essentiellement au tango, qu’ils revisitent avec flamme. Cette année marque les 100 ans d’Astor Piazzolla : l’occasion était trop bonne pour le groupe de lui rendre hommage à travers plusieurs reprises ("Escualo", "Détresse", "Yo Soy Maria", "Vuelvo Al Sur" et le mélancolique "Oblivion" en bonus).

    Nous parlions de Sevine Abi Aad. La chanteuse franco-libanaise étincelle littéralement dans cet opus. Pour "Open Your Eyes", l’interprète venue du pays du cèdre se fait crooneuse dans ce titre écrit par Joris Lanenen et qui mêle le jazz, la pop et la musique de chambre.

    La chanteuse franco-libanaise étincelle littéralement dans cet opus

    Avec le morceau "Milonga Para Sonja", on est au cœur du projet musical du groupe avec cette entrée dans un tango, inédit là encore, composé par Joris Laenen mais qui marche ici sur les traces d’Astor Piazzolla.

    Emoción ne se contente pas de reprendre des standards du tango : il les transforme avec enthousiasme, talent et audace : "Détresse" de Piazzolla devient un jazz cool autant qu’un tango à l’étrangeté lunaire. Parlons aussi de "Vuelvo Al Sur" interprétée avec délicatesse par  Sevine Abi Aad. Parlons aussi de "La Cumparsita", le classique de Gerardo Matos Rodríguez. Pas du tout impressionné, le groupe choisit de le proposer dans une version enlevée et légère : une danse virtuose, joyeuse et festive.  

    Prouvant qu’Emoción ne se contente pas d’un seul registre, "November" s’écoute comme une authentique création contemporaine (Joris Laenen en est l’auteur) alors que "Lullaby" est porté par la chanteuse franco-libanaise aux magnifiques envolées qui ne sont pas sans rappeler la BO de Dancing in the Dark.

    "Open your eyes", annonce Emoción avec ce premier album. Disons plutôt que c’est à une ouverture des oreilles et des esprits que nous invite ce séduisant groupe sans frontière. 

    Emoción, Open your eyes, 2021
    https://www.emocionmusic.com
    https://www.facebook.com/emocionmusic

    Voir aussi : "Histoires de tangos par Lucienne Renaudin Vary"
    "Le trio Sōra vous souhaite un joyeux anniversaire, M. Beethoven"

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  • Forever Bastien et Taly

    On entre dans le premier EP du duo Bastien & Taly avec le sourire, tant la joie de vivre, de danser et d’aimer éclate à chaque note. "Mibalé" s’écoute comme un vrai futur tube de world chaleureux et lancinant, porté par la voix de Taly, originaire de la République Démocratique du Congo et qui chante ici en lingala.

    La musique représente un moyen pour Bastien et Taly de faire passer un message d’acceptation de l’autre. Leur projet musical est aussi l’occasion de constituer un espace d’expression pour intervenir sur la question de la diversité culturelle. Pour, Taly qui chante depuis son plus jeune âge, son art est autant un exutoire qu’un moyen d’expression, comme elle le dit elle-même.

    Avec "Elikia" nous sommes toujours dans une appropriation des sons africains, ce qui ne veut pas dire que leur EP éponyme reste sur les rivages de l’Afrique. Car Fabien et Tally savent se baigner dans le courant pop international avec plaisir comme le prouvent "Thanks", une pop funk intense et aux qualités dansantes indéniables. "Forever", en anglais lui aussi est une chanson qui appelle au lâcher prise, à l’appréciation du moment présent et au retour à soi.

    Bastien & Tali proposent avec leur EP métissé et envoûtant le meilleur des remèdes à la morosité qui viendrait vous clouer sur place. À écouter sans modération.

    Bastien & Taly, Bastien & Tally, EP, Baco Music, 2021
    https://www.facebook.com/Bastien.and.Taly
    https://www.instagram.com/bastien_taly
    Lien digital

    Voir aussi : "50 ans et un double album pour Zaïko Langa-Langa"

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  • 50 ans et un double album pour Zaïko Langa-Langa

    Il fallait bien ça pour fêter 50 ans de carrière : le groupe Zaïko Langa-Langa, emmené par Jossart N'yoka Longo, sort un double hommage en forme de feux d’artifice. Voilà une superbe occasion de parler de world music tout droit venue d’Afrique, et plus précisément 14 titres de rumba congolaise, une goutte d’eau si on les compare aux 30 albums, aux 325 chansons, aux tournées dans plus de 40 pays,  aux successions depuis 1970 de 44 chanteurs, 37 guitaristes, 10 batteurs, 39 danseuses ou 8 claviéristes, sans compter son influence sur la danse et la musique, au point de créer l'une des plus grandes écoles de musique congolaise d’aujourd’hui.

    Sève, le titre de l’album, se révèle tel un arbre gorgé de vie auquel on viendrait cueillir quelques fruits revigorants. Le musicien culte congolais s’est entouré de ses amis – musiciens, chanteurs, choristes – pour proposer un album à la fois, riche, dense et aux multiples variations, pour entrer dans une carrière impressionnante. Zaïko Langa-Langa. considéré comme l'un des fondateurs de la rumba, est une légende de la culture congolaise, pour ne pas dire une institution et un monument du patrimoine. À Kinshasa, le 30 octobre 1974, à l'occasion du mythique match de boxe entre Mohammed Ali et George Foreman, Zaïko Langa-Langa était déjà là, sur scène, aux côtés de James Brown et de Tina Turner pour le grand concert de cette rencontre sportive autant qu’historique.

    Le mythique match de boxe entre Mohammed Ali et George Foreman

    Sève fait figure d’événement, avec ses titres de rumba congolaise. De rumba, oui : car c’est aussi dans ce pays d’Afrique que cette musique et cette danse ont connu un succès important dans les années 1920 et après les années 60.

    Zaïko Langa-Langa propose dans son opus des titres à la fois rythmés ("Ayessa Ngwasuma", Sielumuka Ngwsuma", le long et fluide "Ambiance Eyenga", "Lutonzol", "Ayesa Folk" ou encore "Ayesa Folk") et usant de créativité et de recherches musicales, jusqu’à proposer des fusions de styles, à l’instar de  "Sielumuka Folk" avec ses rythmiques échevelées et joyeuses. Le titre "Bilan négatif" a, lui, des accents eighties et est servi par une belle virtuosité des voix.

    Les voix : voilà sans doute l’une des grandes caractéristiques du célébrissime groupe congolais. "Système Ya Benda" séduit grâce à la voix sensuelle de Jossart N'yoka Longo, tandis que dans "Yaka M", il se lance dans un parlé-chanté poétique et languissant, de quoi donner envie de danser peau contre peau sous les lampions de ce coin d’Afrique. Le talk-over est également de mise pour le morceau de près de 7 minutes, "Alita Wanyi", dans lequel éclatent avec bonheur les percussions et les cuivres. Tout aussi étincelant et coloré est "Juventus", aux voix fraîches s’enroulant avec gourmandises dans des arabesques séduisantes.

    Avec "Classement sans suite", nous voilà avec un éclatant morceau de samba porté par un chœur féminin taquin. "Ambiance Eyenga" propose de son côté plus de 9 minutes d’une rumba fluide et colorée, d’une grande fluidité, servie par une voie envoûtante. C’est aussi un des plus beau morceau de Sève et le plus bel hommage qui soit à Zaïko Langa-Langa et à la rumba congolaise.

    Zaïko Langa-Langa, Sève, Prozal / Quart de Lune, 2020
    Page Facebook de Zaïko Langa-Langa

    Voir aussi : "World music progressive avec Aziz Sahmaoui & University Of Gnawa"

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  • Violoncelles confinés

    Le violoncelle est à l’honneur avec le documentaire signé par le Duo Brady, Et le violoncelle dans tout ça ? Le violoncelle, mais aussi la musique en général, un secteur bien mal en point depuis l’apparition d’un certain virus chinois.

    Cela fait un an que le monde entier semble avoir retenu son souffle : des pans entiers de la société et de l’économie ont été mis en veille en attendant le retour de jours meilleurs. Le monde de l’art a été particulièrement impacté. Le 14 novembre 2020, au cœur du second confinement, 12 violoncellistes et plusieurs techniciens se sont rencontrés au Lavoir Moderne Parisien pour témoigner sur la manière dont ils vivent leur travail et leur art.

    Le film s’articule autour de trois questions posées : "L’impact de l’arrêt des concerts", "Et la culture dans tour ça ?" et "« Un temps donné ?"

    Pour répondre au premier point, au-delà de l’aspect matériel et financier, les musiciens et musiciennes avouent leur désarroi : "On a du mal à se projeter", dit l’une d’elle. L’ingénieure du son Anaïs Georgel déplore n’avoir travaillé que sur un seul concert en un an. Et même si le système d’intermittence du spectacle permet au moins de tenir financièrement, reconnaît Louis Rodde, les conditions des artistes sont de plus en plus compliquées.  

    "Et la culture dans tour ça ?" À cette question, les musiciens parlent de son importance capitale, comme du manque flagrant de concerts, de représentations, de rencontres avec le public mais aussi avec leurs homologues, "ce qui ne sera jamais compensé par le distanciel." La question de faire de l’art en pleine crise sanitaire s’avère être un problème insoluble. Michèle Pierre, du Duo Brady, avoue son dépit, certes avec le sourire : démarcher devient vite autant fastidieux que décourageant et, ajoute son acolyte  Romain Chauvet, les cours à distance ont pu être amusants lors du premier confinement, mais ils finissent par ne plus faire rire personne, quand ils ne découragent pas.  

    Violoncelliste et fromager

    La question "Un temps donné ?" s’interroge sur la manière de mettre à profit ces périodes de confinement, sans spectacles, sans cours en présentiel et sans interventions publiques dans les écoles ou les hôpitaux :  le temps doit être mis à profit pour s’arrêter de courir et ne plus être dans le stress, réagit Amandine Robilliard. Cet état d’esprit était présent pendant le Grand Confinement de Printemps. Les artistes interrogés reconnaissent aussi que cette période hors-norme peut être un moyen de "forger le son" de son instrument, de travailler sur un répertoire, de créer… voire de s'essayer au chant !

    Des plages musicales ponctuent ces entretiens montés de manière dynamique : Le chant des oiseaux de Pablo Casals par Justine Metral du Trio Metral,  la Suite pour violoncelle de Cassado, (3e mouvement) par Romain Chauvet et Bach, évidemment, par Amandine Robilliard. Côté création, le documentaire permet de découvrir  NH,, une création du Duo Brady ainsi qu’une improvisation afro-brésilienne par Olivier Schlelgelmilch. Louis Rodde, du trio Karenine, interprète de son côté Henri Dutilleux et sa première des Trois Strophes sur le nom de Sacher, tandis qu’Ela Jarrige s’attaque à la première suite de Benjamin Britten.

    L’un des beaux passages du film est un trio de Chloé Lucas (contrebassiste), Gauthier Broutin (violoncelle baroque) et Agnès Boissonnot (viole de gambe), trois des quatre membres du quatuor Cet Étrange Éclat, avec une délicate sonate de Francesco Geminiani.

    Et le violoncelle dans tout ça ? parvient à déjouer le piège de l’apitoiement. Pour preuve, ce focus sur Frédéric Deville, violoncelliste parisien free-lance et… fromager. Il présente l’une de ses créations, Eurydice, un morceau mélancolique et traversé d’espoir tout en même temps.

    Le spectateur découvrira avec plaisir et émotion cette bande de musiciens, partageant en commun l’amour de leur instrument, de leur art, et l’envie de  "jouer avec les copains".  Ce qu’a permis cette rencontre du Lavoir Moderne.

    Duo Brady, Et le violoncelle dans tout ça ?, réalisé par Michèle Pierre et Paul Colomb
    Interviews conduites par Guillaume Ulmann,
    documentaire français, 2020, 50 mn

    http://www.duobrady.com
    https://www.facebook.com/duobrady

    Voir aussi : "Le trio Sōra vous souhaite un joyeux anniversaire, M. Beethoven"
    Hors-série Grand Confinement

    Photo : HL MMOSCONI - Documentaire Duo Brady

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  • Manuel Anoyvega Mora, premier album

    Comme son nom l’indique, il souffle sur Cubacuba, l'album de Manuel Anoyvega Mora un parfum de Caraïbes. 40 ans de carrière mais un premier album : pour l’occasion, le pianiste cubain est accompagné de Pierre Guillemant à la contrebasse, Abraham Mansfarroll Rodriguez à la batterie, Guillaume Naturel au saxophone et à la flûte et Inor Solotongo aux percussions.

    On entre dans la danse dès le premier morceau, Veneracion : un jazz latino, frais et rythmé dans lequel le musicien ne trahit ni ses origines ni ses appétences pour le jazz… et la salsa. Un jazz frais et mené tambour battant donc (Alizé), comme si le musicien proposait dans son opus un bœuf avec ses amis.

    Manuel Anoyvega Mora est un pianiste à la technique sans faille. Sa touche magique le place dans le sillage de très grands interprètes jazz et classiques (Preludiosa Mantanzas, Marinna). L’opus alterne plages de détachement debussyennes (Soplos de Musas) et moments dansant au tempo irrésistible (Ilduara Carrandy).

    Cuba ! Cuba ! Perla Preciosa est un authentique morceau de bravoure proposant, en un titre, un concentré du talent de Manuel Anoyvega Mora : du rythme, de la virtuosité, de la densité, des couleurs (Ah, cette flûte poétique !) et des voix heureuses d’être là.

    On navigue entre ses mouvements, comme un bateau affrontant tous les temps (Frescoson) : résolument voyageur, Manuel Anoyvega Mora fait de son jazz un brillant exemple de mariage franco-cubain.

    Manuel Anoyvega Mora, Cuba Cuba, Fofo Production / Caroline International, 2019

    Voir aussi : "Mais qui sont ces Cubains ?"

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