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fantastique

  • Magie et chocolat

    La barre était haute. Et même doublement haute. Presque vingt ans après l’adaptation par Tim Burton de Charlie et la Chocolaterie, le chef d’œuvre de Roald Dahl, on se demandait ce que donnerait ce Wonka, le préquel laissant tomber le jeune Charlie pour préférer se concentrer sur le chocolatier génial autant que doux-dingue.

    Le film commence par l’arrivée dans une ville imaginaire, à mi-chemin entre Paris et Londres, du jeune Wonka, bien destiné à faire fortune grâce à ses recettes inouïes de chocolat et quelques souverains en poche dont il est vite "libéré" dès ses premiers pas sur le vieux continent. Qu’importe : il se donne vingt-quatre heures pour damer le pion à trois hommes d’affaires influents qui ont mis la main sur le marché du chocolat grâce à un trust bien sûr illégal.

    Le challenge du jeune homme s’avère d’autant plus coriace qu’une aubergiste le retient prisonnier suite à une malencontreuse signature sur un contrat. Noodle, une jeune fille captive comme lui, s’allie avec Wonka pour qu’il se libère autant qu’il parvienne à réaliser son rêve.

    Un Wonka brillant, virevoltant, rêveur, enthousiaste, en un mot génial

    Tim Burton avait déjà mis la barre très haut, avec son Charlie et la Chocolaterie et un Wonka incroyable interprété par Johnny Depp. Qu’allait donner ce préquel ? Paul King a trouvé avec la jeune star Timothée Chalamet un Wonka brillant, virevoltant, rêveur, enthousiaste, en un mot génial – comme le chocolatier lui-même.

    La magie est à chaque coin de rue dans ce film d’une poésie incroyable. Magie des recettes du chocolatier. Magie de la boutique qu’il ouvre, même si les choses ne vont pas se passer comme il veut. Nous sommes dans une histoire mêlant l’histoire d’une ambition, la recherche de l’amour maternelle, la lutte contre le mal (avec mention spéciale aux escrocs Scrubitt et Bleacher) et bien sûr beaucoup de chocolat, dans des recettes évidemment infaisables.

    Tout cela est coloré par de la musique, des danses et des scènes féeriques, à l’instar de la fuite du zoo, qui promet de rester dans les annales.

    Un Wonka brillant qui parvient même à concurrencer, voire dépasser, le film de Tim Burton. 

    Wonka, film fantastique américain de Paul King,
    avec Timothée Chalamet, Calah Lane, Hugh Grant, Keegan-Michael Key
    et Paterson Joseph, 2023, 116 mn

    Voir aussi : "Résurrection d'un art"

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  • Lumineuse Obscurité

    Les courts-métrages sont une source inépuisable d’inspiration et de découvertes pour le cinéma. Il était bien normal que Bla Bla Blog fasse des focus réguliers sur cet univers artistique.

    Svetalana Trébulle avait déjà fait parler d’elle avec La Louve, sorti en 2019. La revoilà avec un nouveau court, L’Obscurité, deux films qui seront projetés le 12 janvier à 19h00 à la Maison des Auteurs, à Paris (7 rue Ballu, Paris 9e).

    L’Obscurité, c’est celle d’Alexandre, un jeune homme qui voit sa vie s'assombrir au fur et à mesure que sa vue décline. Hanté par des cauchemars et des crises d'angoisse, il cherche désespérément un remède à sa cécité. Mais la médecine traditionnelle ne lui offre aucune solution. Il entreprend une quête qui le mène dans une forêt lointaine. Sa mère, qui cache des secrets sur son enfance, accepte à contrecœur de l'accompagner dans ce voyage initiatique. Alexandre espère y trouver des réponses à ses questions et à ses peurs, mais il risque aussi de découvrir des vérités troublantes.

    Le fantastique, le conte, les paysages sauvages et oniriques

    Le fantastique, le conte, les paysages sauvages et oniriques. On retrouve la patte de Svetlana Trébulle, son regard pointant en direction de l’enfance mais aussi du conte. Avec L’Obscurité, le modernisme (la scène dans la voiture) percute de plein fouet le monde du chamanisme, au service d’une quête qui n’est pas juste la recherche d’une guérison des yeux par une sorcière. C’est aussi le voyage vers une enfance. Svetlana Trébulle en a fait un film à la forte dimension personnelle : "Ce film est né de mon expérience personnelle, celle d'une immigrée russe qui a quitté son pays à 22 ans pour venir en France. J'ai dû me construire une nouvelle vie, loin de mes racines, de ma culture, de ma famille".

    C’est à découvrir à la Maison des Auteurs, le vendredi 12 janvier à 19 heures.

    L’Obscurité, court-métrage fantastique et dramatique de Svetlana Trébulle,
    avec Ishtan Nekrasov, Carole Devalland, Liza Paturel, Claire Guillamaud,
    Evan Paturel et Richard Dahl Boifot, 2023, 21 mn

    En projection à la Maison des Auteurs le 12 janvier 2024 à 19h00, 7 rue Ballu, Paris 9e 
    https://www.oward.co/fr/p/svetlanatrebulle
    https://www.sacd.fr/fr/la-maison-des-auteurs
    https://www.linkedin.com/in/svetlanatrebulle

    Voir aussi : "La Louve de Svetlana Trébulle continue son parcours fantastique"

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  • Un lointain air de Jules Verne

    Voilà un étonnant roman, comme venu d’un autre siècle, plus précisément du XIXe siècle ou des premières années du XXe. Avec Heureux qui, comme Hannibal, paru aux éditions Arthaud, Dominique Lanni nous entraîne sur les pas d’un personnage qui nous est finalement assez familier.

    Il s’appelle Walter Sinclair et peut se targuer, à l’instar de Phileas Fogg, d’une brillante naissance et fréquente un de ces nombreux clubs londoniens qui ont d’ailleurs droit à un savoureux passage.

    En mai 1905, lors d’un discours enflammé, ce jeune, passionné et érudit aristocrate parie pouvoir refaire le voyage d’Hannibal Barca qui a rallié, lui et son armée, l’Italie, avec ses éléphants en 218 av. J.-C. Cette aventure, Walter Sinclair propose de la refaire plus de deux millénaires plus tard, afin de prouver qu’elle était possible. Mais avec quels moyens et quels soutiens ? Le jeune Anglais n’est soutenu ni par son père ni par ses pairs et, manque de chance, il se fait détrousser au moment où il commence son voyage.

    C’est alors qu’il tombe sur Plaisant. Ce domestique français est au service d’un maître au titre et patronyme célèbre, le Baron de Münchhausen. Ce dernier se propose d’aider Sinclair dans ce projet un peu dingue. 

    Le vrai héros est le Baron de Münchhausen

    La vraie invention de Dominique Lanni n’est ni Walter Sinclair, sorte de clone de Phileas Fogg, ni Plaisant, autre Passepartout, plus peureux et geignard – il faut dire qu’il est Français – que le domestique malin et courageux du Tour du monde en quatre-vingts jours. En réalité, le héros de son roman est le Baron de Münchhausen, lointain descendant de l’authentique officier allemand, rendu célèbre grâce au roman aventureux et fantastique de Rudolf Erich Raspe. Histoires dans l’histoire à l’exemple des romans gigognes qui faisaient florès au XVIIIe siècle (On pense à Jean Potocki et à son Manuscrit trouvé à Saragosse), l’aristocrate allemand conte d'ailleurs quelques unes des aventures de son célèbre aïeul, ajoutant du fantastique à l’aventure déjà incroyable des trois extravagants voyageurs du début du XXe siècle.

    Celle qui attend Walter Sinclair et ses sbires dans le vrai monde ? Un périple à travers l’Europe avec tous les moyens de locomotion possibles et imaginables pour l’époque : sur terre en train, sur mer par bateau, dans les airs par Montgolfière, avant de démarrer en Espagne leur expérience à vocation historique grâce à trois éléphants chipés au Roi d’Espagne lui-même. Entre-temps, nos héros auront côtoyé un pilote d’aéronef mal nommé Parfait, des courtisans madrilènes, un roi dépassé, des aubergistes plus ou moins scrupuleux et des brigands de grand chemin. Le voyage se termine en Italie, mais non sans un dénouement qui pourrait bien laisser augurer une suite, tout aussi fantastique.

    Vrai roman d’aventure, le Heureux qui, comme Hannibal de Dominique Lanni se veut également un  hommage et une déclaration d’amour les classiques de la littérature que furent les livres de Jules Verne – bien sûr – mais aussi Les Aventures fantastiques du baron Münchhausen, Don Quichotte, Le Manuscrit trouvé à Saragosse… jusqu’à 2001 L’Odyssée de l’Espace d’Arthur C. Clarke.  

    Dominique Lanni, Heureux qui, comme Hannibal, éd. Arthaud, 2020, 448 p.
    https://www.arthaud.fr/heureux-qui-comme-hannibal/9782081484986
    https://www.facebook.com/dominique.lanni.7/?locale=fr_FR

    Voir aussi : "Carlin d’écrivain"

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  • Tout l’univers

    Everything Everywhere All At Once, succès surprise de 2022 et grand vainqueur des Oscars cette année, vaut sans doute bien plus encore. La comédie familiale et SF de Daniel Kwan et Daniel Scheinert a eu le mérite de secouer les spectateurs. C’est l’occasion rêvée en ce moment de voir ou revoir ce film incroyable, puisqu’il est disponible sur Canal+.

    Commençons par brosser l’intrigue d’une histoire qui nous mène vraiment très, très loin.

    Evelyn Wang (géniale Michelle Yeoh !) s’occupe avec son mari Waymond ( Ke Huy Quan) d’une laverie automatique, en aussi mauvaise posture que sa vie privée et familiale. Complètement dépassée, Evelyn doit gérer une inspectrice des impôts coriace, une fille insupportable en pleine crise d’identité (Stephanie Hsu), un vieux père handicapé qui vient d’arriver de Hong Kong et un mari (trop) gentil tentant d’arrondir les angles comme il le peut. Par-dessus le marché, un divorce pend au nez de la pauvre Evelyn.

    Lors d’un rendez-vous des plus délicats avec l’administration qui menace de saisir les biens, Evelyn se trouve propulsée dans le multivers. Elle se nomme Aklpha Evelyn et doit combattre Jobu Tupaki et sa troupe armée d'Alpha Gong Gong - qui a le visage de sa fille.

    EEAAO ringardise sérieusement le Docteur Strange et ses camarades d’Avengers


    Michelle Yeoh s’est imposée dans le cinéma grâce à des films d’action et de kung-fu (Tigre et Dragon, Demain ne meurt jamais). Visiblement, l’actrice sexagénaire (sic) a gardé quelques beaux restes, tant Everything Everywhere All At Once ("EEAAO" pour la faire courte) est riche de scènes de combat, chorégraphiées avec talent.

    Le film des "deux Daniel" peut être vu comme un hommage au cinéma et à tous les cinémas. Le spectateur curieux trouvera sans problème des références aux films de kung-fu. Mais pas que : citons 2001 : L’Odysée de l’espace, Matrix, le moins connu Paprika de Satoshi Kon, les comédies musicales américaines des années 50, sans compter ces centaines de clins d’œil, le moindre n’étant pas celui en référence aux films Marvel et aux récits des metaverses.

    Le multivers est en effet au cœur de ce film intimiste. Le moins que l’on puisse dire est qu’EEAAO ringardise sérieusement le Docteur Strange et ses camarades d’Avengers, et tout cela avec un budget tout autre, un sens certain du récit, un humour incroyable et des scènes bouleversantes.

    EEAAO est un énorme coup de poing qui transforme un film, qui aurait pu être un grand foutraque et un clip sans queue ni tête, en portrait d’une femme submergée et perdant pied. Il y est question d’identité, de l’art de vivre ensemble, de se retrouver et de faire de la famille une grande aventure humaine.

    Avec EEAAO, Michelle Yeoh a trouvé sans doute là la rôle de sa vie. Et le spectateur n’est pas prêt d’oublier Jamie Lee Curtis, méconnaissable et exceptionnelle, elle aussi. 

    Everything Everywhere All At Once, comédie fantastique américaine
    de Daniel Kwan et Daniel Scheinert, avec Michelle Yeoh, Stephanie Hsu, Ke Huy Quan,
    James Hong et Jamie Lee Curtis, 2022, 139 mn, Canal+

    https://www.canalplus.com/cinema/everything-everywhere-all-at-once/h/20326176_40099

    Voir aussi : "Jeu de massacre"

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  • Menés en bateau

    Fiction historique, drame psychologique ou récit fantastique ? Le moins que l’on puisse dire c’est que la série 1899 proposé par Netflix embrouille à souhait les spectateur tout au long de ses huit épisodes. Le suspense, les chausse-trappes et les pièges ne manquent pas. C’est d’ailleurs à l’image de ces passages secrets dissimulés dans les différentes parties du Kerberos.

    Ce bateau doit relier l’Europe et New-York, emportant avec lui plusieurs centaines de passagers, de toutes origines et de toute culture. Nous sommes à l’orée du XXe siècle. Dans le bâtiment, aussi gigantesque qu’inquiétant, il y a ce couple français mal assorti, mal heureux, avec un mari cocaïnomane, une jeune Japonaise et son inquiétante servante ou encore deux frères espagnols dont l’un est prêtre. Il y a aussi une jeune femme, Maura Franklin, à la recherche de son frère qui était sur le navire jumeau du Kerberos, le Prometheus, mystérieusement disparu. C’est sans compter non plus sur les nombreux passagers de la troisième classe et sur les membres de l’équipage, dont le Capitaine Eyk Larsen.

    Pendant le long voyage, un message de détresse du Prometheus est reçu. Le cauchemar peut commencer. 

    Un univers steampunk

    Jantje Friese et Baran bo Odar, les créateurs de la série Dark, ont su ménager leurs effets pour cette série, prenant un malin plaisir à multiplier les personnages, les intrigues, les indices et les détails parfois les plus insolites : des trappes indiquées par des logos kabbalistiques, une petite pyramide, deux passagers clandestins dont un enfant, des machineries étranges nous renvoyant dans un univers à la Jules Verne. Après tout, nous sommes en 1899 et l’auteur des Voyages fantastiques est encore bien frais dans les mémoires.

    Cet univers steam-punk est servi par d’incroyables décors et un casting cosmopolite où les acteurs jouent dans leur propre langue. Les effets visuels désarçonnent et servent un récit sans cesse entre le drame intime, la folie, le rêve et le fantastique.

    Le spectateur doit attendre les dernières minutes du dernier épisode pour avoir le fin mot de cette étrange histoire. Rien que pour cela, cela aura valu le coup de s’accrocher.

    1899, série dramatique germano-allemande de Jantje Friese et Baran bo Odar,
    avec Emily Beecham, Aneurin Barnard, Andreas Pietschmann, Miguel Bernardeau,
    Maciej Musiał, Anton Lesser, Yann Gael, Mathilde Ollivier,
    José Pimentão, Isabella Wei, Gabby Wong et Jonas Bloquet, Netflix, 2022, 8 épisodes

    https://www.netflix.com/fr/title/80214497

    Voir aussi : "Guillermo del Toro, entre Hitchcock et Twilight Zone"

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  • Conte de coton

    Il y a quelques jours, Bla Bla Blog consacrait une chronique à l’art book de Jessica Cioffi, aka Loputyn. Après cette première approche, pourquoi ne pas parler du premier tome de sa bande dessinée Cotton Tales (éd. Shockdom) ?

    On y retrouve l’univers de la dessinatrice italienne, sans compter sa patte inimitable. Loputyn s’inspire de la littérature gothique du XIXe siècle et de l’imagerie traditionnelle de cette période : chemises à jabot, robes à crinoline, redingotes et coiffures à l’avenant.

    Cotton Tales se déroule dans un décor victorien, au cœur d’un domaine aristocrate. Nicholas, se réveille après un accident de cheval qui lui a fait perdre une partie de sa mémoire. Sa perception en a été tout autant altéré. Le jeune homme est le seul à voir autour de lui d’étranges lapins blancs, parfois agressifs. Une nuit, il surprend une apparition en la personne d’une certaine Letitia. Et si ce fantôme était réel ? 

    Des planches à l’aquarelle d’un raffinement exceptionnel

    Loputyn affiche sa singularité grâce à son style réellement unique. Ses planches faites à l’aquarelle sont d’un raffinement exceptionnel. Elles servent un récit gothique et onirique trouvant autant son influence chez Henry James que chez Oscar Wilde et Lewis Caroll.

    Ses histoires de fantômes, de personnages hantés et de dangereux manipulateurs – la BD n’en est pas exempt avec le (très) jeune père de Nicholas ou les inquiétants Baron Emil et Marquise Gabriela Ward – sont servies par une dessinatrice subtile. Les traits de Nicholas ou de Christopher sont si fins que ces personnages pourraient être tout aussi bien masculins que féminins.

    La vraie-fausse fantôme Letitia, semblant elle aussi tout droit sortie d’un roman des sœurs Brontë, garde tout son mystère, et le premier volume de ce "conte de coton" promet quelques confrontations, avec du fantastique en arrière-plan.    

    Loputyn, Cotton Tales, tome 1, éd. Shockdom, 2022, 128 p.
    https://fr.shockdom.com/boutique/fusion/cotton-tales-vol-1
    https://stay-hop.com/collections/loputyn
    https://www.facebook.com/jessica.cioffi.14
    https://www.instagram.com/loputyn

    Voir aussi : "L'art de Loputyn"

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  • Guillermo del Toro, entre Hitchcock et Twilight Zone 

    Dès l’ouverture des huit épisodes de la série Cabinet de curiosités, son créateur Guillermo del Toro lorgne clairement du côté de la Quatrième Dimension (Twilight Zone) mais aussi de la série Alfred Hitchcock présente qui ont fait les belles heures de la télévision dans les années 50 et 60.

    Cette nouvelle série de Netflix laisse cependant de côté la SF et le polar pour le fantastique. Guillermo del Toro, comme Rod Steiger et Alfred Hitchcock à leur époque, intervient au début de chaque épisode comme maître de cérémonie et aussi garant de la singularité des univers. Pour cette première saison, huit épisodes d’une durée d’une heure environ sont proposés. 

    Et quels univers ! Car, à côté d’histoires se passant à notre époque (Le Lot 36, L'Autopsie, La Prison des apparences), on voit l’influence des du gothique victorien (Rats de cimetière, Le Modèle,  Cauchemars de passage). L’influence d’Edgar Allan Poe, mais aussi HP Lovecraft qui voit deux de ses nouvelles adaptées ("Le Modèle de Pickman" pour l’épisode de Le Modèle et "Dreams in the Witch House" pour Cauchemars de passage).

    Des demeures hantées, des artistes maudits et des rats. Beaucoup de rats.

    Ce sont des histoires de monstres tapis, de revenants bienfaiteurs ou non, de personnages sataniques ou fous (ou les deux), sans oublier des demeures hantées, des artistes maudits et des rats. Beaucoup de rats.

    À la réalisation, Guillermo del Toro a fait appel à des réalisateurs et réalisatrices Ana Lily Amirpour, Panos Cosmatos, Catherine Hardwicke, Jennifer Kent, Vincenzo Natali, Guillermo Navarro, David Prior et Keith Thomas. Il a lui-même supervisé – et parfois scénarisé – ces histoires.

    Questions acteurs et actrices, citons F. Murray Abraham dans le rôle d’un médecin légiste en proie avec une créature surnaturelle, Kate Micucci dans celui d’une épouse taxidermiste humiliée et pas finie et Rupert Grint, endossant après son personnage de Ronald Weasley celui d’un homme ne parvenant pas à se faire à la mort de sa sœur.  

    Un tel concept, variant les plaisirs, présente le risque d’avoir des épisodes de qualités inégales. C’est la loi du genre, et Le Cabinet de curiosités n’y échappe pas. La Prison des apparences, avec cette histoire d’une Américaine moyenne tentant de s’intégrer dans une micro-société bourgeoise, est franchement réjouissante, avec un humour noir sanglant et une série de messages sur le féminisme et la société de consommation. On peut être moins sensible à L’Exposition et ce piège machiavélique tendu à quatre artistes de la fin des années 70. Ajoutez à cela une bonne grosse dose de gore et d'hémoglobine pour la majorité des épisodes. Personnes sensibles : s'abstenir.

    Mention spéciale pour La Murmuration et cette émouvante histoire de deuil au sein d’un couple d’ornithologues. Il y est question de morts mystérieuses, d’apparitions, de bruits étranges, d’une maison hantée et aussi d’oiseaux. Ne parlions nous pas d’Alfred Hitchcock en début de chronique ?

    Cabinet de curiosités, série fantastique américaine de Guillermo del Toro
    avec Guillermo del Toro, Lize Johnston, Kevin Keppy, Tim Blake Nelson,
    Sébastien Roché, David Hewlett, F. Murray Abraham, Glynn Turman,
    Kate Micucci, Ben Barnes, Crispin Glover,
    Rupert Grint, Peter Weller, Andrew Lincoln et Essie Davis, saison 1, 8 épisodes, 2022, Netflix

    https://www.netflix.com/fr/title/80209229

    Voir aussi : "Sombres pensées"

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  • Une pièce de plus dans la saga One Piece

    Peut-on regarder le dernier One Piece (Red) sans avoir jamais vu aucun des films précédents ni non plus les quelques cent tomes des mangas éponymes. La réponse est : oui. Pour les non-familiers, One Piece est l'une des plus fameuses saga japonaise shōnen (dans le jargon, un manga destiné aux adolescents, donc bien genré…) qui a été créée en 1997 par Eiichirō Oda.

    Petit rappel pour les non-initiés : le "One Piece" désigne le trésor qu’un pirate légendaire a caché dans le royaume imaginaire de Grand Line. Le héros à chapeau de paille, Luffy, qui a acquis des pouvoirs de super-héros en devenant un adolescent élastique, se lance lui aussi dans la piraterie et suit de picaresques individus – souvent aux pouvoirs extraordinaires – sur les mers. Parmi ses compagnons de voyage, il faut citer le fameux capitaine Shanks le Roux.

    Les mangas sont connus pour leur longueur et pour des séries de plusieurs dizaines de volumes. One Piece ne déroge pas à la règle : après 25 ans d’existence, la série livres compte cette année 101 tomes, la série animé pour la télé pas moins de 1 000 épisodes au bout de 20 ans et 15 films ont été réalisés pour le cinéma. Le dernier en date, One Piece Film: Red vient de sortir, et c’est celui-ci qui va nous intéresser.

    Au moment où commence l’animé, l’île imaginaire d'Élégia voit une star de la pop music, la sémillante Uta, se produire au cours d’un concert retransmis dans le monde entier. La jeune chanteuse, qui est la fille du pirate Shanks, a connu une ascension spectaculaire et est devenue une idole pour un large public, y compris chez nombre de pirates qui sont présents sur Élégia. Luffy, qui a connu Uta lorsqu’elle était enfant, est également là. La chanteuse a cependant un but qui dépasse largement la sphère artistique et musicale. Grâce à ses pouvoirs vocaux, elle entend bien instaurer une nouvelle ère : mettre fin à la piraterie pour commencer, puis envoûter les populations, les endormir et instaurer une paix mondiale, quitte à asservir les corps de ses auditeurs et les rendent dépendants. Ce projet utopique cache une menace plus terrible encore : la libération d’un esprit malfaisant, Tot Musica.

    Un film qui donne la part belle au fantastique, à la fantasy mais aussi à la musique

    Disons-le tout de suite : cette énième création de One Piece est avant tout destinée aux fans, dont certains et certaines se sont particulièrement révélés lors de projections publiques cet été. Mais passons. Les non-initiés parviendront cependant à raccrocher les wagons dans un film qui donne la part belle au fantastique, à la fantasy mais aussi à la musique. Les détracteurs verront dans le nouvel opus de la saga un – très – long clip musical, avec Hoshi en doublure vocale d’Uta, un choix logique au regard de l’univers de l’auteure de "La Marinière", et qui se sort honorablement bien dans cet emploi pour la bande-son de l'animé.

    Les connaisseurs de la saga seront sans doute déconcertés par le scénario. Pas d’explorations en bateaux dans le film ni de recherches de trésor, mais un épisode centré avant tout sur Uta, au destin forcément atypique. L’artiste adulée fait l’objet au cours du film d’un joli conte, une sorte de dessin animé dans le dessin animé, et de loin la séquence la plus réussie du film.

    Pour le reste, dans une facture manga assez classique, non sans quelques piques d’humour, le public assiste à des scènes menées tambour battant : une chanteuse illuminée, un jeune pirate volant au secours de ses amis, le secret d’une jeune enfant douée pour la musique, une force maléfique et surtout beaucoup, beaucoup, beaucoup d’actions.

    Les combats se succèdent aux combats, que ce soit dans le monde réel ou celui des rêves, au point de rendre le film parfois confus. La séquence finale de bataille contre le mal fait le choix du spectaculaire, au risque de devenir abstrait.  

    Il ne reste plus qu’à connaître la suite des aventures de Luffy et consorts, dans la quête du fameux "One Piece", le créateur Eiichirō Oda parlant déjà d’une fin programmée de ses héros pour les prochaines années. Les fans auront donc encore quelques beaux moments de plaisir devant eux. Et, si ce n’est déjà fait, ils se précipiteront sans aucun doute sur ce épisode du jeune pirate super-héros.

    One Piece Film: Red, animé japonais de Gorō Taniguchi, studio Toei Animation, 2022, 115 mn
    https://www.kana.fr/univers/one-piece
    https://onepiece.fandom.com/fr/wiki/Toei_Animation

    Voir aussi : "Complètement baba de bulles"
    "Ce que l’on fait et ce que l’on est"

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