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hugh grant

  • Les yeux grand ouverts

    Au jeu des petites différences, ou du moins des points communs, le spectateur trouvera peut-être dans la série The Undoing des similitudes avec un long-métrage vieux d’un peu plus de 20 ans, Eyes Wide Shut. Évidemment, nous ne sommes pas ici dans la perfection scénaristique et visuelle de Stanley Kubrick : Undoing, adaptation des Premières impressions de Jean Hanff Korelitz respecte les canons classiques de la série thriller, tout en prenant soin du décorum d’une famille bourgeoise new-yorkaise broyée par un scandale et un meurtre.

    Nicole Kidman est Grace Fraser, la personnage principale, une psychanalyste et mère de famille installée, mais sans Tom Cruise cette fois. C’est une autre star qui joue son mari de Nicole Kidman, un homme au comportement et au passé trouble : Hugh Grant, un chirurgien à la mise impeccable et au parcours a priori sans faille. C'est aussi un autre médecin, comme l’était Bill Harford, le personnage d'Eyes Wide Shut, happé par une nuit à la fois inquiétante et excitante.

    Les premières apparitions de l’actrice australienne renvoient bien sûr au début de Eyes Wide Shut, avec une vue de New York (cette fois le matin) et la toilette de Grace, en petite tenue. Nul doute que David E. Kelley s’est permis un coup d’œil appuyé en direction de son brillant aîné.

    Maligne, tordue et d’une perversité réjouissante

    Pour Uncoming, le récit tient plus de Hitchcock que de Kubrick : une jeune et mystérieuse femme, Elena Alves débarque dans le petit milieu propret et bon chic bon genre de Grace Fraser. Très vite, la sémillante psychanalyste est troublée par la présence vénéneuse de cette mère de famille désargentée et artiste peintre.

    Le jour où son mari Jonathan disparaît sans laisser de trace, Grace s’inquiète puis prend peur. Le chirurgien n'a pas emmené son portable et il n'a été enregistré dans aucun des hôtels où il devait se rendre pour raison professionnelle. Or, dans le même temps, Elena est retrouvée sauvagement assassinée dans son atelier. Dès lors, pour la brillante psy, sa vie bascule entre cauchemar éveillé, révélations insupportables et reproches de son père (Donald Sutherland). Sa vie bien rangée d’avant s’écroule comme un château de carte.

    Un couple au bord de la rupture, des secrets, des fantasmes, et au bout du compte des drames : The Undoing séduit autant qu’il intrigue, en faisant de ses personnages des êtres finalement plus tordus et secrets qu’on ne le soupçonne au début.

    Il n’y a bien sûr pas la marque de l’auteur d’Eyes Wide Shut, ni non plus la froide et implacable cruauté, mais le showrunner David E. Kelley parvient à donner à la mini-série américaine l’allure d’un polar à la Joël Dickers : maligne, tordue et d’une perversité réjouissante.


    The Undoing, série américaine de David E. Kelley, avec Nicole Kidman, Hugh Grant, Donald Sutherland, Noah Jupe, Édgar Ramírez et Matilda De Angelis,
    HBO, saison 1, 6 épisodes, sur OCS

    https://www.hbo.com/the-undoing
    https://www.canalplus.com/series/the-undoing/h/14892140_50047

    Voir aussi : "Hors-série Stanley Kubrick"

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  • Un seul être vous manque et votre frigo est dépeuplé

    L'Œil du frigo s'intéresse cette semaine à la célibataire la plus célèbre du monde : Bridget Jones. Oui, il y a moyen de disserter sur le réfrigérateur pour une femme autour de qui se joue des problématiques comme la solitude, la frustration et la recherche de l'amour. Sans oublier ce havre de paix et de réconfort qu'est son appartement... et sa cuisine. Et au centre de sa cuisine, il y a le sempiternel réfrigérateur. 

    Aujourd'hui, nous allons du côté de Bridget Jones. Je ne présente plus ce film sur la plus célèbre célibataire du grand écran. Le premier épisode est absolument divin. Certes, Bridget est miss naïve, miss oie blanche, mais sa vie est aussi vide que son frigo. Son frigo: parlons-en. Non pas que je sois absolument phénoménal pour parler du vide, quoique, avec quelques notions de physique, je devrais y parvenir, mais surtout parce que vide c'est vide !

    Oui, je sais : on sait très bien que vide ce n'est pas tout à fait vide à partir du moment où il y un matériel qui entoure le vide. Mais quand même : là, on touche le vide sidéral. La représentation unique du vide lorsqu'on se fait larguer comme Bridget. Elle est au bord du gouffre et se demande s'il ne vaut pas mieux se faire dévorer par les chiens... Le grand vide lorsqu'on se prend ce genre de claque ressemble au frigo de Bridget, même si on a mis des photos moches dessus.

    Ceux qui lisent depuis le début se disent : "Il n'a pas vu qu'il y avait un fromage dans le frigo, ce qui rend le vide plus sympathique (vous savez sans doute que les parois du frigo sont faites de vide pour conserver le froid à l'intérieur), bien qu'entouré de vide." Je m'y perd un peu, peut-on être entouré de vide ? Bon sujet de philosophie au bac. Je reprends : Bridget a un frigo vide avec un fromage moisi dedans. Vous voyez ? Je l'ai vu ! je n'ai pas le regard si vide...

    Depuis que j'ai commencé ces rubriques sur le frigo dans le cinéma je n'ai jamais vu un frigo si vide, ou alors dans le futur. Car même si parfois il est vide, la porte est remplie, histoire de dire qu'on se nourrit derrière une porte... Ici le message est clair : c'est vide et le fromage est moisi. Ce qui veut dire qu'elle va en baver... Elle va devoir d'abord nettoyer le moisi qui a pris naissance dans le frigo et s'envoyer le fromage avec des céréales ou autre saloperies.

    Bridget l'a bien cherché quand même! Car laisser son frigo vide à ce point, voire moisir à ce point c'est jouer avec le feu. Je dirai même que c'est prémonitoire. Si elle avait ouvert le frigo le matin même, elle aurait dû se douter qu'il allait lui arriver quelque chose de grave entraînant un grand vide (Pour paraphraser Lamartine : "Un seul être vous manque et votre frigo est dépeuplé"). Elle aurait dû réagir, se faire livrer des courses et tout serait rentré dans l'ordre. Bon je sais il n'y a pas grand monde qui connait le langage des frigos mais ces derniers gagnent à être connus.

    Alors surveillez votre frigo, il vous donnera j'en suis sur plus d'indications sur votre vie que madame Irma.

    ODF

    Le Journal de Bridget Jones, comédie de Sharon Maguire
    avec Renée Zellweger, Hugh Grant et Colin Firth
    Grande-Bretagne, États-Unis et France, 2001, 97 mn

    Voir aussi : "L’‎Œil du Frigo débarque sur Bla Bla Blog"
    "Bridget Jones"

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  • Coup de frigo à Nothing Hill

    Ah, l'amour... Toujours l'amour... C'est sur l'une des plus marquantes comédies romantiques que se penche L’‎Œil du frigo. Coup de foudre à Notting Hill a bien sa place dans cette rubrique réfrigérante. Focus sur un des face-à-face les plus glamour du cinéma. Et la scène se passe, bien entendu, devant un frigo.  

    Nous voici donc dans le conte de fée où un jeune libraire, William Thacker (Hugh Grant), rencontre par hasard une jeune et célèbre star de cinéma, Anna Scott (Julia Roberts). Comme par hasard, ce jeune couple improbable finit chez le jeune libraire dès leur première rencontre. On frôle la naïveté suspendue au doux sourire de Julia Roberts et aux yeux de chien battu du sémillant Hugh Grant. Mais voilà : pour ne pas aller trop vite dans cette scène de connaissance, le réalisateur Roger Mitchell installe entre les deux protagonistes un frigo. A moitié vide certes, avec juste quelques œufs et des abricots qui servent de rempart aux deux acteurs. Le beau Hugh, ne sachant que dire, se plonge la tête dans le frigo à la recherche de quelques plaisirs frais qui ne semblent pas au goût de la belle. Elle décline cette invitation à fricoter devant le frigo.

    Il faut dire que nous sommes en 1999, veille de l'an 2000. Et même si l'on craint la fin du monde, personne n'a oublié la scène de frigo ultra sexe de Kim Bassinger et Mikey Rourke dans 9 Semaines et Demi. Alors, on ne la fait pas à Anna : elle dira non à tout ce que lui propose William, notamment à cette drôle d'idée de déguster des abricots au miel pour cacher le goût de l'abricot.

    Franchement, quand j'y pense, utiliser un frigo pour sortir des tirades aussi graveleuses, j'avoue que j'en perds mon frigo. Sacré réalisateur, qui arrive avec ce trivial appareil d’électroménager et quelques répliques à plonger le couple dans un registre sexuel alors qu'un frigo fait rempart de son corps.

    Un grand merci aussi à l'assistant réalisateur qui nous a placé un bocal d'abricots au miel dans le réfrigérateur pile au moment de la tirade… Pour l’œuf dans la porte, j’avoue que je n'ai pas d’explication terrienne à vous donner.

    Enfin, on comprend qu'elle ne dit pas non à tout, et c'est bien là l'essentiel, car lorsque l'ombre du frigo aura disparu, elle sera plus vulnérable et peut être même qu'elle pourrait se laisser aller à imiter Kim Basinger...

    Voilà un bel exemple pour vous expliquer à quel point le frigo est rentré dans l'inconscient collectif du cinéma et des frigos aux cinéma. Si l'on vous propose de goûter quelques fruits défendus devant un réfrigérateur, sachez à quoi vous attendre – ou sinon, lisez L’‎Œil du frigo. Une belle comédie sentimentale tout en sourire et en dents blanches à voir absolument

    ODF

    Coup de foudre à Notting Hill , comédie de Roger Michell
    avec Julia Roberts et Hugh Grant, Grande Bretagne, 1999, 124 mn

    Voir aussi : "L’‎Œil du Frigo débarque sur Bla Bla Blog"
    "Coup de foudre à Nothing Hill Frigo"
     

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