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Plus que quelques jours avant la sortie de mon prochain roman !
Quelques jours après la Saint-Valentin, et alors que les JO d’Hiver font l’actualité, ma romance aura pour cadre le patinage artistique.
Le titre ? Échange de patins. Il sera publié sous mon pseudo, Arsène K., chez Jenn Ink Editions.
Diane, patineuse douée, se lance un nouveau défi en remplaçant son partenaire blessé. Elle se lance dans un nouveau duo avec un patineur aussi talentueux et séduisant que mystérieux… et finalement touchant. Toute ressemblance avec un célèbre couple de patineurs français (pardon, franco-québécois...) n’est qu’une coïncidence...
« Échange de patins » est une romance assumée pour nos cœurs de guimauve. Mais c’est aussi une histoire sportive cachant de bouleversants secrets.
Replongeons quelques années plus tôt. Il y a plus de 12 ans, un auteur complètement inconnu, policier de son État, sortait un polar frappant et sonnant juste. Code 93 révélait Olivier Norek : un auteur proposant une intrigue à la fois simple et implacable. Et avec ça, le souci du réalisme. Un réalisme brut montrant Paris et sa banlieue sous la plus hideuse des manières.
2011. Une jeune toxicomane est découverte dans un piteux état. Violée, martyrisée et abandonnée comme un déchet, elle n’intéresse personne, pas même sa famille qui choisit de ne pas l’identifier. Un an plus tard, c’est un autre corps qui est découvert, celui d’un autre toxicomane, affreusement brûlé. Puis, un autre homme à qui on a ôté les testicules de son vivant. Or, rien ne se passe comme prévu. A l'intérieur du corps du premier homme, un portable se met à sonner, tandis que le second se réveille. Le capitaine Coste a devant lui une affaire épineuse qui va l’amener bien plus loin que ce qu’il prévoyait.
Une première vraie réussie
Voilà un de ces polars qui ont fait la réputation des auteurs français : intrigue bien ficelée, ici avec crédibilité, du réalisme (le pedigree de Norek, ancien lieutenant de police explique cela) et des messages derrière ce roman fort distrayant.
Norek suit ses personnages, les abandonne quelques pages pour s’intéresser à l’assassin et revient afin de continuer à boucler l’affaire. Pour autant, le lecteur ou la lectrice ne sont jamais perdus complètement. Ajoutez à cela un policier sérieux mais désabusé et des collègues souvent bien campés.
Cela donne cette plongée dans un Paris très, très noir.
Une première vraie réussie. Olivier Norek venait de naître.
Décidément, la SF est un genre apportant souvent son lot de surprise, y compris lorsqu’il s’agit de post-apocalyptique, un domaine pourtant archi-rebattu ad nauseam. Or, voilà qu'arrive la bonne surprise de Terre II de Brigitte Valotto (éd. Advixio), un roman se déroulant dans un futur proche.
Lou, 18 ans, suit son père et sa mère jusqu’en Suisse, alors qu’une attaque extra-terrestre dissémine des centaines de millions d’êtres humains. Une fin du monde à la H.G Welles, contée par une adolescente d’aujourd’hui. Dès les premiers chapitres, Terre II se présente comme un récit d’initiation qui voit Lou seule, puis réfugiée dans un bunker, en compagnie d’une star et de ses proches. Mais Lou fuit de nouveau. Le lecteur perd un moments sa trace, au profit de Théo, un de ces extra-terrestres venu d’une Terre jumelle, une Terre I. Lui et ses compagnons viennent coloniser notre planète, Terre II, donc, pour donner une nouvelle chance à leur race.
Belle ambition philosophique
Commençant comme un classique roman young adult post-apocalyptique, Terre II s’oriente à partir de la deuxième partie dans une partie beaucoup plus sombre. Destructions, exterminations et génocides laissent apparaître la volonté de Brigitte Valotto de proposer une Guerre des Mondes version 2025 renvoyant à notre époque et à ses inquiétudes.
L’autrice épure son roman pour en faire un conte raconté à la première personne. Les voix de Lou et de Théo se succèdent, montrant de singuliers liens entre une jeune terrienne obligée de survivre seul et un alien en mission pour sauver sa civilisation.
C’est l’effet miroir qui intéresse Brigitte Valotto. Celui de ses deux protagonistes mais aussi de ces deux Terres qui s’affrontent. La lutte du bien et du mal, l’esprit d’autodestruction de l’être humain tout autant que sa capacité de résistance et de fraternité constituent le message central de la dernière partie du livre. Lou et Théo vont devoir faire des choix cornéliens pour que la vie soit finalement la grande vainqueur d’un roman de SF d’une belle ambition philosophique. À découvrir.
Je vous avais parlé de Los Angeles, la tragédie en vers de Jean Hautepierre, un choix stylistique rare – quoique pas inédit – et qui vient donner un bon coup de fouet au théâtre contemporain. Deux ans après cette pièce, voilà que l’auteur publiait une suite, La Sonora (éd. de l'Œil du Sphinx) bouclant un cycle de quatre tragédies autour du thème de l’apocalypse.
Un mot d’abord sur le titre et le thème de cette œuvre. Sonora fait référence à un État du Mexique, au cœur des années 1850, d’une expédition armée menée par Gaston de Raousset-Boulbon, un aventurier français, écrivain et surtout mercenaire plus que militaire qui fonde un État indépendant fantoche au cœur du Mexique, la République de Sonora.
Ici, nous ne sommes ni au Mexique ni dans les années 1850 mais dans nos latitudes, après qu’une apocalypse ait balayé la surface du globe. Nous retrouvons Stello, déjà présent dans Los Angeles.
On peut saluer l’ambition littéraire de Jean Hautepierre
Après que "la danse" se soit achevé, notre héros médite, devant le Docteur Noir, sur le néant mais aussi sur son retour en grâce. Son adversaire se nomme Le Roi Jaune. Une lutte eschatologique semble inévitable.
On peut saluer l’ambition littéraire de Jean Hautepierre qui propose ici une tragédie en vers, faisant par là un pied de nez à la littérature moderne. La pièce n’a pas été jouée – ou pas encore, à l’instar de Los Angeles. Peu importe. Le texte se prête bien au livre. D'ailleurs, on peut imaginer les difficultés d’un metteur en scène face au dispositif scénique : chœurs, tirades exigeantes… et deux chevaux (acte III).
Jean Hautepierre vient faire se marier littérature classique et œuvres modernes, à l’instar de Lovecraft. Archaïsme et contemporain viennent se percuter dans la violence, le bruit mais aussi les plaintes sur la fin du monde. Éloquent, bizarre et atypique pièce, à découvrir.
La composition en alexandrin est un exercice si rare et si complexe que son utilisation par des auteurs contemporains donne paradoxalement à ces œuvres une éloquente modernité. La preuve avec Los Angeles, une tragédie de Jean Hautepierre sortie en 2022 aux éditions ODS.
Los Angeles – littéralement "la cité des anges" – ne pouvait pas mieux se prêter à cette pièce s’interrogeant sur l’apocalypse, la vie, la mort, la lutte entre bien et le mal mais aussi la folie.
Le premier acte démarre dans un casino. Einstein disait que Dieu ne joue pas aux dés. Stello, le personnage principal de la tragédie, lui, mise dans une cité que l’on dirait perdue. "En vain pour toi tourne sans fin la roue du monde", commente le chœur des démons. Jean Hautepierre choisit en effet de faire se dialoguer, pour l’essentiel, Stello et des chœurs. Ne surviennent qu’épisodiquement un Docteur Noir, réincarnation moderne du Docteur Faust, un ange, Galadriel et Satan.
L’utilisation de l’alexandrin est tout sauf accessoire
On aura compris que dans cette vision fantasmagorique de Los Angeles, Jean Hautepierre a voulu écrire une tragédie antique de notre époque. Un choix qui n’est pas nouveau chez lui (Néron, Jean Sobieski). L’utilisation de l’alexandrin est tout sauf accessoire. Dans cette vision noire (et même très noire), la versification traditionnelle donne à la poésie le dernier mot. Voilà une tragédie atypique, a priori jamais jouée, et dont la découverte au format livre reste tout à fait pertinente.
"Construire sa propre maison close par les mots !", "Le langage cru fait-il mieux passer des messages ?", "Quelle relation entre auteur et lecteur érotique ?", "Quels sont les secrets pour un roman érotique à succès ?" Voilà quelques unes des questions qui seront posées lors du Salon de la littérature érotique, de retour le dimanche 30 novembre, de 14 heure à 20 heure, à La Bellevilloise.
Maïa Mazaurette sera, cette année encore, l’invitée vedette. Mais pas que. On y trouvera aussi Chloé Saffy, Esther Teillard, Octavie Delvaux, mais aussi Mathilde Biron, Maylis Castet, Maud Serpin, Rose Brunel, Rita Perse ou Magali Croset-Calisto. Cette nouvelle garde érotique témoigne d’une créativité bouillonnante. Elles investissent le roman, l’essai, la poésie, la BD et même la consultation clinique ou la psychologie du désir, au service de l'une des plus grandes préoccupations des femmes et des hommes.
Les femmes ont fait de la littérature érotique un terrain de jeu et de création
Autrices, penseuses, créatrices de fantasmes et architectes du désir, ces invitées du salon transforment le paysage littéraire en un espace plus libre, plus incarné, plus audacieux. Car les femmes ont fait de la littérature érotique un terrain de jeu et de création qui a profondément transformé ce genre lentement boudé, moqué ou banni.
Ces autrices – bien que des hommes soient également présents – redessinent les frontières de l’érotisme, inventent d’autres cadres narratifs, questionnent les clichés, déconstruisent la honte et proposent de nouvelles représentations du plaisir féminin.
Ce salon se veut un espace de liberté proposera un espace de liberté, de réflexion et d’expression autour du sexe et du désir. Au menu : des rencontres avec les artistes, des lectures, des jeux, des performances pour faire de la littérature un terrain d’exploration sensible.
Bla Bla Blog a soutenu depuis le début ce salon hors-norme. Pas de raison qu'il arrête !
Le peintre John Singer Sargent est largement méconnu en France. Voilà pourquoi le livre de l’historienne d’art Sandrine Andrews tombe à pic (Sandrine Andrews, John Singer Sargent, éd. Larousse), tout comme l’exposition qui est consacré à Sargent au Musée d’Orsay jusqu’en janvier 2026. Mais qui est donc ce peintre dont la notoriété aux États-Unis a été et reste encore aujourd’hui exceptionnelle, mais qui est pourtant si discret par chez nous ? Pour le savoir, Sandrine Andrews propose une découverte passionnante d’un homme que l’on compare à Whistler pour sa célébrité comme pour son apport esthétique.
Il convient de rappeler tout d’abord que nous fêtons cette année le centième anniversaire de la mort du peintre, né en 1856. Ses jeunes années de formation sont d’autant plus marquées par la révolution impressionniste que le garçon, né et élevé dans une famille bourgeoise et éduquée (son père est chirurgien et sa mère une musicienne et aquarelliste), voyage fréquemment en Europe – il est d’ailleurs né à Florence. Ses talents sont précoces. En atteste un croquis bluffant de vues montagneuses alors qu’il n’a que 14 ans.
Sargent fait ses gammes en Italie, comme le montre le magnifique portrait de Rosina Ferrara (Portrait d’une fille de Capri). Cette petite huile sur carton, exposée à Denver, n’est que le premier exemple de ce qui va faire la notoriété du peintre : les portraits, et notamment des portraits de femmes : El Jaleo, La dame à la rose et surtout le stupéfiant et saisissant portait de Madame X (ou Madame Gautreau).
En Europe, c’est à Paris que le jeune homme s’arrête. Il découvre Le Louvre, côtoie le milieu culturel de la capitale (que l’on pense à Gabriel Fauré qu’il portraitise avec succès), se ballade au jardins du Luxembourg et fréquente les concerts de l’Orchestre Pasdeloup. Il côtoie aussi ses homologues français, dont son ami Claude Monet.
Madame X
D’où vient alors la désaffection chez nous de ce peintre à la fois élégant et sensible ? Peut-être, justement, à ce portrait de Madame X, injustement boudé et moqué lors de sa présentation. Sargent choisit de préférer d’autres horizons : l’Italie, donc, mais aussi l’Espagne (Marie Bulloz Pailleron), le Maroc (Fumée d’ambre), avant une escale en Angleterre. Là, sa peinture subtile se prête parfaitement bien aux scènes de jardins et de genres. Son talent dans le portrait se trouve en plus confirmé (l’étonnant et préraphaélite portrait de l’artiste Ellen Terry en Lady Macbeth). Puis, enfin, les États-Unis où, définitivement, la notoriété de Sargent dans les portraits explose, au point qu’il se plaint de trop en faire. La dernière étape, qui n’est pas la moins étonnante, est son choix de revenir en Europe en pleine Première Guerre Mondiale afin de croquer et de témoigner des ravages du conflit. Il meurt quelques années plus tard, auréolé d’un prestige incroyable – aux États-Unis…
Cet ouvrage de Sandrine Andrews est une formidable découverte d’un peintre oublié dans nos latitudes. Un livre richement illustré qui ne pourra que compléter une visite de l’exposition que lui consacre Orsay.
Jolie découverte que ce roman américain de Jane Smiley, sorti en 2022 et publié en France l’an dernier chez Rivages, sous le titre Un métier dangereux.
Ce métier dangereux c’est d'abord celui pratiqué par Eliza Ripple à Monterey en Californie. Nous sommes en 1851. Eliza est prostituée depuis la mort de son mari. Or, paradoxalement, elle vit cette "reconversion" dans un bordel tenu par Madame Parks comme une chance. Son mariage se passait mal. Après avoir été séparé de ses parents, elle était malmenée par son époux, si bien que sa nouvelle vie apparaît en comparaison, et paradoxalement, bien plus douce. Elle rencontre Jean, prostituée comme elle, mais cette fois dans un établissement réservé aux femmes. Les deux femmes deviennent amies au moment où un premier meurtre de prostituée a lieu. Puis un second… Eliza et Jean mènent l’enquête.
Les atouts de ce policier
Ce roman vraiment intéressant même thriller et réflexion sociale, le tout avec deux héroïnes prostituées, très courageuses pour ne rien gâter. Voilà les atouts principaux de ce policier étonnant qui prend le temps de s'écouler, avec singulièrement peu de violences - si l'on excepte la découverte de corps. On est dans un western finalement assez méditatif, tout en restant très réaliste.
Jane Smiley ne cache pas que pour ce roman, elle s’est solidement documentée afin de rendre le récit le plus réaliste possible. C’est simple : on se croirait dans la Californie précédant de dix ans la Guerre de Sécession. C’est une Amérique déchirée qui cohabite tant bien que mal, violente et impitoyable envers les gens de couleur et les femmes – car le "métier dangereux", ici, est en réalité celui de "femme".
Les meurtres sont les enjeux de ce roman qui se termine avec la résolution des crimes, bien sûr. Mais là n’est pas l’essentiel. Ce qui intéresse l’autrice américaine ce sont ces deux héroïnes attachantes et plus particulièrement la condition féminine. La prostitution semble être paradoxalement moins un problème qu’une solution, si l’on pense à la nouvelle liberté dont jouit Eliza. Lorsque Jane Smiley parle des clients de la jeune prostituée, elle le fait avec détachement, sans vulgarité, sans cacher que le danger est quotidien.
Un métier dangereux refuse les scènes d’action et même l’enquête pointilleuse pour s’attacher aux personnages, à leurs habitudes, aux longues ballades mais aussi aux réflexions sur la place de ces dames dans la société américaine. Souvent cantonnée à des rôles secondaires dans les westerns, la figure de la prostituée devient un personnage particulièrement révélatrice.