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  • Ma consœur à la Maison Blanche

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    Il ne reste plus que quelques jours pour découvrir sur Canal+ Menaces sur la Maison Blanche d’Erik Van Looy. Il ne faut pas s’arrêter sur le titre français qui pourrait faire penser à un de ces blockbusters américains des années 90, lorsque Harrisson Ford jouait le rôle des Présidents survitaminés et indestructibles.

    Sous ses airs yankees, le long-métrage que propose en ce moment la chaîne cryptée a cette première caractéristique originale d’être 100 % belge, tournée autour de Bruxelles et jouée en flamand.

    Menaces sur la Maison Blanche ose le thriller complotiste à partir d’une intrigue tenue et maligne. Lors d’une visite en Europe de la Présidente américaine (Saskia Reeves), un groupe terroriste infiltré au cœur de l’appareil d’État américain kidnappe la femme et l’une des filles du premier ministre belge (Koen De Bouw). On lui promet qu’elles seront rendues s’il assassine lui-même la Présidente américaine lors de sa visite officielle.

    Voilà le premier homme belge face à un dilemme insupportable, et avec pour toute aide celui de sa collaboratrice Eva (Charlotte Vandermeersch), enlevée elle aussi. Le premier ministre a quelques heures devant lui pour faire face à un groupe d’extrémistes bien décidés à semer le chaos en Europe, "pour réveiller le monde".

    Menaces sur la Maison Blanche est un petit bijou de série B, à la facture qui ne dépaysera pas les fans de film d’action, à ceci près que les lieux de ce thriller se situent au cœur de l’Europe, avec dans le rôle principal un fringant premier ministre, formant avec sa collaboratrice un duo attachant pris au piège dans un piège diabolique et palpitant. Comme le dit l’organisateur de ce complot : "Des avions qui s’écrasent dans des tours on a déjà vu. Mais un premier ministre obligé d’abattre la Présidente des USA, reconnaissez que c’est spécial."

    Menaces sur la Maison Blanche, d’Erik Van Looy, avec Koen De Bouw, Stijn Van Opstal, Charlotte Vandermeersch, Saskia Reeves, Adam Godley, Truus de Boer, Wim Willaert
    et Nathan Wiley, Belgique, 2016, 1h55

    Sur Canal+, jusqu'au 24 novembre

  • Ivre de vers et d’alcool

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    Le lecteur français trouvera dans Sur l’Écriture (éd. Au Diable Vauvert), passionnant recueil de lettres de Charles Bukowski, l’un des meilleurs moyens de découvrir l’un des plus grands poètes américains des cinquante dernières années. Dans sa postface, Abel Debritto parle de cette anthologie comme d’une "photographie très nette de l’humeur de Bukowski à cet instant précis."

    La correspondance de l’auteur de Women ou des Contes de la Folie ordinaire commence en 1945. Le jeune Henry Charles Bukowski, tout juste 25 ans, s’adresse avec un certain culot à la revue Story qui vient de lui refuser un de ses textes : "Si jamais vous aviez besoin d’un lecteur de manuscrit en plus, n’hésitez pas à me faire signe. Je ne trouve aucun boulot nulle part, donc autant m’adresser directement à vous."

    Cette première lettre donne le ton d’un recueil nous faisant pénétrer dans le quotidien autant que dans l’esprit d’un homme à la dérive qui sera toute sa vie obsédé par l'alcool, les femmes ("Les femmes sont meilleures que nous. Tout autant qu'elles sont... Les femmes ne sont pas conçues pour le mal. Les hommes le sont"), les courses de chevaux, mais surtout l’écriture. Artiste maudit, écrivain dans la dèche et peinant à vendre ses textes, Charles Bukowski s’accroche désespéramment à un idéal littéraire : "L’écriture est juste le résultat de ce qu’on est devenu jour après jour au fil des ans… C’est une vie qui se passe de toute considérations morales et mortelles" écrit-il le 27 mars 1986.

    Le lecteur suit le long chemin qui le mène du statut d’écrivain pauvre, maudit et ignoré, "avec ses bouffées de spleen, des envies de suicide, des rêves avinés" à celui d’idole de la contre-culture américaine. Dans sa correspondance, Bukowski parle de son admiration pour Céline, Kafka, Dostoïevski ou John Fante (lettres du 31 janvier 1979 et du 2 décembre 1979). Par contre, il ne se prive pas de se montrer critique et féroce contre quelques-uns de ses contemporains, dont Ernest Hemingway, Karl Shapiro ou Allen Ginsberg. La route est longue vers le succès. Elle est ponctuée par les excès de toute sorte, et en premier lieu l’alcool. On est également frappé par la légèreté avec laquelle il arrose les éditeurs de textes perdus dans la nature ("Je suis bordélique", avoue l’écrivain américain en août 1961, qui regrette de ne pas avoir le même sens de la méthode que son ex femme Barbara Fry) ou de dessins formidables récupérés par des graphistes sans scrupule (l’histoire de l’enseigne de Texaco dans la lettre d’avril 1962).

    La reconnaissance vient avec la parution plus ou moins régulière de poèmes :"Un peu vieux pour débuter en poésie : j’ai eu 38 ans", avoue-t-il non sans morgue. Nous sommes en 1958 et Bukowski parvient à placer des histoires et à réveiller les critiques, souvent peu élogieuses pour ses textes underground. Bukowski défend en 1960, avec sa langue verte, sa conception d’une littérature âpre, indépendante et rigoureuse : "La plupart des merdes ‘modernes’ sont des coquilles vides… Il y a des faux-poètes dans toutes les écoles." Bukowski se voit en écrivain rigoureux, en marge et autant critique envers ses contemporains de la beat generation que pourfendeur de l’american way of life, lui qui a multiplié des dizaines de métiers avant de se consacrer corps et âmes à l’écriture. Une écriture souvent noyée, du reste, dans l’alcool : "La bouteille et les poèmes sont parfois les seuls alliés pour surmonter une mauvaise passe" (6 juillet 1988).

    Car l’écriture est bien ce qui motive l’homme. Une écriture sincère, spontanée, ancrée dans la vérité ("Je ne retravaille pas mes poèmes") et qui n’est pas sans virulence lorsqu’il est question des éditeurs frileux, des directeurs de magazine hautains, des fans, des critiques ou des confrères écrivains. À ce sujet, le lecteur s’arrêtera sans doute plus longuement sur deux lettres d’août 1965 adressées à Henry Miller. L’écrivain, écorché vif, suicidaire et parfois insupportable (les Français se souviendront à ce sujet de ce personnage scandaleux véhiculée par la séquence culte de l’émission Apostrophe en 1978), se transforme en admirateur autant qu’en confrère devenu une référence contemporaine. Une étude critique de l’œuvre de Charles Bukowski paraît d’ailleurs peu de temps plus tard, en 1969.

    Avec la reconnaissance nationale et internationale, vient la période des scandales qui vont coller à la peau de Bukowski jusqu’à la fin de sa vie. Le 30 octobre 1970, il parle ainsi de la nouvelle Christ with Barbecue Sauce qui vient d’être publiée et qui traite de cannibalisme. Sa publication fait du bruit : "C’est une histoire drôle car elle peut s’appliquer à toutes les variables humaines dépourvues de culpabilité." Le 13 août 1972, il défend avec véhémence son œuvre face aux critiques d’Alta, poète et éditrice féminine : "Je me réserve le droit de créer librement selon ce que me dicte la réalité, l’humour ou même une lubie." Le 8 novembre 1973, face à une levée de boucliers de lecteurs réclamant la fin de publications de nouvelles de Bukowski, celui-ci réagit avec un mélange de dédain et de fierté. Il y parle de "révolution… dans les Arts" et se décrit comme "un récepteur, pas un penseur." Il ajoute ce commentaire : "La nature de mon travail dans l’ensemble n’est qu’une spéculation." Le 22 janvier 1985, c’est cette fois contre l’interdiction dans les librairies néerlandaises de son livre sulfureux  Contes de la Folie ordinaire que se dresse Charles Bukowski : "La censure est l’outil de ceux qui éprouvent le besoin de passer certaines réalités sous silence."

    Alors qu’il est dans la cinquantaine, Bukowski n’est plus cet écrivain maudit et fauché mais un auteur pouvant se permettre de négocier ses émoluments ("J’aime bien voir des $$$$ débouler dans ma vie"), sans pourtant perdre de vue ce qui est au cœur de sa vie : l’écriture : "C’est le miracle des miracles de gagner sa vie parle biais de la machine à écrire" (novembre 1970). Il écrit également ceci le 27 mars 1986 : "Et quand mon squelette reposera au fond du cercueil, si je dois y passer, rien ne pourra m’enlever le souvenir de ces nuis splendides, assis là devant cette machine."

    La lettre brève et touchante qui clôt le recueil est celui d’un auteur approchant de ses derniers jours. Presque cinquante ans plus tôt, Charles Bukowski tentait sans succès de publier des textes dans la revue Story. En février 1993, il voit trois de ses poèmes sélectionnés dans le magazine Poetry qui l'avait toujours snobé. L’écrivain, devenu célèbre et reconnu, ne cache pas sa joie : "Maintenant, voilà, je suis des vôtres… Merci, on peut dire que cette nouvelle année me gâte… Plus je vieillis, plus cette folie magique semble s’emparer de moi. Très étrange, mais je l’accepte."

    Charles Bukowski, Sur l’Écriture, éd. Au Diable Vauvert, 2017, 322 p.
    http://charlesbukowski.free.fr
    https://bukowski.net

  • L'odyssée de Nicci, vers l'infini et au-delà

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    Je vous ai trouvé une lecture idéale pour cet été. Je ne vous parle pas de polars, de romans historiques ou d’une guimauve sentimentale. Non, l’un des musts pour cet été est de mettre dans votre valise un livre de fantasy, et de la bonne si possible.

    Terry Goodkind a signé L’Épée de vérité, un cycle de 15 volumes (sans les préquelles), bien connu des amateurs de fantasy. La Maîtresse de la Mort est le premier volume de son nouveau cycle, Les Chroniques de Nicci.

    Cette Nicci, aux lointains airs de Daenerys Targaryen et au doux surnom de "Maîtresse de la Mort", est une magicienne apparue avec L’Épée de vérité. Elle devient le personnage principal de cette nouvelle série de Terry Goodkind.

    Accompagnée du sorcier Nathan Rahl, un autre revenant du précédent cycle, la magicienne a été chargée par le seigneur Richard Rahl de visiter les limites de l’empire connu – et au-delà. C’est en diplomate vers des terres inconnues que Nicci entend aussi tourner une page de sa propre existence et retrouver "sa vie et sa liberté".

    Les voyageurs entament la mission par la visite de Rouge, une voyante réputée. Le sorcier se voit délivrer son Livre de Vie, sensé contenir le passé et le l’avenir de son possesseur. Or, le futur des deux envoyés pourrait bien se situer dans un étrange lieu, Kol Adair, dans une zone de l’Ancien Monde.

    Ainsi commence cette première Chronique de Nicci. La magicienne et Nathan sont bientôt rejoints par un troisième compagnon, Bannon. Le voyage de ces ambassadeurs d’un nouveau genre devient une odyssée épique et picaresque dans des régions inconnues et reculées. L’aventure, les dangers, les rencontres impromptues et les morts brutales jalonnent ce premier volume passionnant où l’imagination de Terry Goodkind fait merveille : attaque de selka et de morts-vivants, découvertes de villes surnaturelles, raid d’esclavagistes Norukai, affrontement avec l’impitoyable Juge Suprême et, the last but not the least, la guerre contre les éléments naturels de vie et de mort à partir du Surplomb du Monde.

    Nicci, dangereuse et mystérieuse magicienne guerrière, porte à elle seule cette odyssée aux rebondissements incessants. Les derniers chapitres ouvrent même la porte non seulement à une suite mais aussi à un futur cycle : gageons que nous pourrons trouver en librairie d’ici quelques années de nouvelles chroniques autour des érudits et mémorialistes du Surplomb du Monde, Oliver et Peretta, chargés de faire le voyage inverse de celui de Nicci.

    En attendant, cette dernière production de Terry Goodkind ne trahit pas l’essence de la fantasy, la littérature de l’imaginaire par excellence. Tout y est : quête pour sauver le monde, luttes entre le bien le mal, héros attachants, messages édifiants ("Mes vœux, je fais en sorte qu'ils se réalisent, et ma chance je la fabrique", dit par exemple la magicienne), voyages initiatiques ("L'avenir et le destin dépendant à la fois du voyage et de la destination"), créatures fantastiques et civilisations créées de toute pièce. Ajoutez à cela quelques dragons, des femmes fatales, de l’humour et des dialogues vivants : Terry Goodkind offre à ses millions d’admirateurs le parfait compagnon de lecture et de voyages.

    Terry Goodkind, La Maîtresse de la Mort,
    Les Chroniques de Nicci
    , tome 1, éd. Bragelonne, 2017, 478 p.

    http://www.terrygoodkind.fr

  • Pleure, ô pays bien-aimé

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    On avait quitté Carrie Mathison à Berlin, dans une cinquième saison 5 décevante de Homeland. Décevante mais ambitieuse et à risques, car les showrunners, Howard Gordon, Alex Gansa et Gideon Raff devaient faire faire à cette création de Showtime un virage fondamental, après la mort brutale d’un de ses personnages principaux.

    Contre toute attente, Homeland a rebondi en Europe dans ce qui peut être vu, rétrospectivement, comme une saison intermédiaire. Pour les douze derniers épisodes, c’est cette fois aux États-Unis que Carrie Mathison (Claire Danes), Saul Berenson (Mandy Patinkin) et Peter Quinn (Rupert Friend) ont posé leurs valises.

    Le pays vient d’élire leur prochaine Présidente. Elizabeth Keane (Elizabeth Marvel) est une femme politique détestée par la moitié de la population, en dépit de la mort héroïque de son fils au champ de bataille en Irak. En retrait de la CIA, Carrie Mathison travaille dans un cabinet d’avocats. Elle a en charge un dossier hautement sensible : l’arrestation d’un jeune homme accusé de propagande djihadiste. Dans le même temps, elle tente de prendre sous son aile son ami Peter Quinn, gravement blessé et traumatisé après sa mission en Allemagne. Même si elle est dans le privé, Carrie entretien toujours d’étroits liens avec la CIA. Saul Berenson et Dar Adal (F. Murray Abraham : brillant, comme à son habitude) s’agitent, complotent et agissent en sous-main dans cette période troublée et à haut risque qui précède l’investiture de la présidente élue.

    Les créateurs de la série osent un virage sans doute bien plus fondamental dans cette nouvelle saison. Ils nous proposent une intrigue à tiroirs et aux enjeux complexes : guerres contre l’État islamique, conflits stratégiques autour du nucléaire iranien et de la Corée du Nord, travail en sous-main du Mossad et crises à l’intérieur du pays avec les adversaires du Patriot Act, les faucons républicains et des groupuscules extrémistes.

    Depuis six ans, Homeland est, en dépit de son caractère fictionnel, l’un des baromètres les plus pertinents pour interpréter l’état des relations internationales et des États-Unis. En collant au plus près de l’actualité (même si les créateurs n’ont pas anticipé l’élection du président populiste Donald Trump), la série d’espionnage et de contre-espionnage interroge une Amérique nerveuse, souffrante et en mal de repères.

    Carrie Mathison joue bien évidemment le rôle central. Au-dessus d’elle, s’agitent, telles des fourmis dans leur tanière, des hommes et des femmes aux mobiles mystérieux. Les protagonistes aiguisent leurs armes et usent de tous les stratagèmes pour parvenir à leur fin. Le pays pourrait bien en être la première victime.

    La précédente mission de Carrie Mathison et consorts en Europe entraînait le spectateur dans une intrigue intéressante mais classique. Pour cette saison, après les quatre premiers épisodes plutôt poussifs, la série prend subitement son envol. Les victimes s’additionnent, les coups de théâtre se multiplient et les masques tombent, jusqu’à un dernier épisode (America First) qui fera date. Un cliffhanger d’anthologie annonce une saison 7 que les fans de Homeland attendent déjà en trépignant d’impatience.

    Homeland, saison 6, avec Claire Danes, Mandy Patinkin, Rupert Friend, F. Murray Abraham et Elizabeth Marvel, 2017, sur Canal+, jusqu’au 1er septembre 2017
    http://www.sho.com/homeland

  • 5.000 amies

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    En l'honneur de la Journée internationale de l'amitié, le 30 Juillet prochain, le recueil de nouvelles américaines Sisterhood Folios: Live Out Loud (pas encore traduit en français) s’est donné pour objectif d'avoir un impact positif sur 5.000 femmes grâce à ce livre. À partir du 31 Juillet, et pendant 24 heures, Sisterhood Folios: Live Out sera disponible pour seulement 99 cents. Les 50 premiers qui téléchargeront et publieront une critique sur Amazon seront remboursés de leur achat.
     
    Dans The Sisterhood Folios: Live Out Loud, 19 histoires nous parlent de ces femmes qui ont choisi de sortir de leur zone de confort et de se mettre à nu. Elles nous parlent de liens humains, d’attention, de bienveillance mais aussi d’amour.

    Le lecteur découvrira dans The Sisterhood Chronicles Folios: Live Out des récits de relations fortes et réconfortantes, de chagrins d'amour, de voyages initiatiques et de rencontres aussi fortuites que vitales, dans une approche qui est très similaire à la mission d’un militaire, dans ce champ de bataille qu’est notre existence.

    In honor of International Day Of Friendship on July 30 The Sisterhood folios: Live Out Loud is on a mission to positively impact 5,000 women with their book. For 24 hours starting on July 31 The Sisterhood folios: Live Out Loud will be made available to everyone for only 99 cents. The first 50 that download and post a review on Amazon will be refunded their $0.99

    In The Sisterhood folios: Live Out Loud you will find 19 stories from average women who have stepped out of their comfort zone to bare their own souls. These connections are supportive, caring and passionate, and filled with love.

    Skimming the pages of The Sisterhood Chronicles folios: Live Out Loud you will find narratives describing heartwarming relationships, heartache, and journeys of self-discovery created by interactions with people brought into our lives; something very similar to the Army’s mission. Living out loud can mean something to one person and create a completely different scenario to someone else. Yet, no matter what the circumstance, as long as we embrace true authenticity and the people that make our lives possible we will always succeed!

    "If you loved reading Chicken Soup for the Soul when you were younger, you will love this book. The Sisterhood Chronicles: Live Out Loud, contains narratives describing heartwarming relationships, heartache, and journeys of self-discovery created by interactions with people who show up in our lives. This book connects with the deepest part of you when you least expect it to give you the inspiration and awareness to create your life from the place of your deepest hearts' desire! A must read for the truth-seeking woman who knows that community and sisterhood truly is the key to fulfillment"  (Marni Battista, MAEd, CPC).

    "In The Sisterhood Chronicles, has woven the different stages of what it is to be a woman and takes us with her on an emotionally connected journey to inspire us, uplift us, and bring home to us the depths of being a woman." (Agapi Stassinopoulos, author of Wake Up to the Joy of You).

    Carol Starr Taylor, The Sisterhood Chronicles: Live out Loud,
    Creative Publishing Group, 2017
    "Lorsque ma vie recommencera"
    http://www.un.org/fr/events/friendshipday

  • When my life will begin again

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    In French, there is no translation stricto sensu to "sisterhood." To qualify the links between sisters, our language uses the term "fraternité" ("brotherhood"). This word is valid for both sexes. Some will also say that, symbolically, it also ignores any idea of ​​emotional ties between sisters – whether it is real sisters ou soul sisters. These links form the plot of The Sisterhood Chronicles: Live out Loud, prefaced by Heidi Allen.

    In this collection, 18 women chronicle moments of life – these "little pieces", as Marla David says (Peace By Piece: Forging a Path Forward Through Writing). Testimonies, family paintings, introspections, encounters or personal narratives compose a book with great homogeneity.

    The reader will not find any sensational events. The Sisterhood Chronicles gives us to see often tragic but ordinary facts: a child 's disease (Natasha Koss, From Rock Bottom I Found My Truth), abandonment and separation (Peace by Piece), the hatred of a mum (Carol Starr Taylor, Mamma Mia), unhappy childhood (Teresa Ursini, Know Thyself), sexual Abuse (Gwenda Lambert, Now, I Sing Again), domestic violence (Andrea Judit, Unchained - or I Was Married to a Narcissist and Survived), bereavement (Gillian Joy Whyatt, Daddy: I ​​was always his Angel and now he's mine), addicts (Adriane Breese Lloyd, The Wind Beneath my Wings) or fear (Amy Stockwell, 6 Steps For Living Your Truth), depression (Jennifer Febel, Unbroken).

    Sisterhood Chronicles: a depressing collection that would give you cravings for rope? Not at all ! Because what interests the authors is how to meet the challenges of life, even in the most desperate situations. Moreover, it is no coincidence that many of these women work as coaches (Marla David), specialist teachers (Michelle Biggers), therapists (Andrea Judit Goldberger), researchers (Petra Reiss Wilson), lecturers (Jennifer Febel) or consultants (Claudine Claudine Pereira). This is why these women explain why they write about yoga, meditation, listening to oneself, unconscious, lucid dreams or spiritual guides (Claudine Pereira, Life Lessons Learned From the School of Hard Knocks! What Would I Tell My Younger Self).

    In The Main Message: You Can Change Your Life, Michelle Main talks about a life with existential anxiety, which the author says is freed from the most conventional therapies (massage therapy, naturopathy or equine therapy). Unbroken talks about a young woman "broken" by life, until the reconquest of her own person. This revival can be achieved through writing, following the example of Marla David (Peace by Piece: Forging a Path Forward Through Writing by Marla David), a chronicle about the concept of life: "Life is a quest. Life is a thrill. Life is a romance. Life is a lark. Life is!"

    In The Sisterwood Chronicles, there is this frank and disconcerting confidence of Lauren Dickson: "I do not want to find my other half" (On the Wrong Side of Love). Samantha King talks about the Grail which is the balanced between work and personnal life (The Holy Grail of Womanhood). This illusion leads millions of women in a series of alienations: "As women, we are pulled in a million different directions based on whatever is screaming the loudest — sometimes that’s our career/business; sometimes it’s our marriage; sometimes it’s other areas of our personal life…" Samantha King writes how she was able to overcome this dilemma: "The ‘a place for everything and everything in its place’ philosophy was thrown out the window. My empire (I call it a fempire) is more than just my career, and I’m not the only woman in this boat."

    To leave her comfort zone is an invitation proposed by several chroniclers to be able to find oneself, to be fulfilled ("Be yourself, everyone else is already taken", said Oscar Wilde), to be guided by his passions or accomplish a "journey towards love" (Lauren Dickson, On the Wrong Side of Love). And in this battlefield that can be a life, there are the others, the close ones, an husband (Teresa Ursini, Know Thyself) or some friends.

    These friends - whether friends for life or friends of a season, as Heida Allen recalls in his preface - are at the center of this delightful novel by Lucia Colangelo, My Vintage Collection. In this chronicle about friendship (the "sisterhood" of the title), the author makes the search for bottles of wine the opportunity to talk about her friends. Each bottle - European, Greek or Italian wines, but singularly no French wine ! - is identified with one of those women : "These women were truly like fine wine, they all have a journey that created their individuality, their complexity."

    The French reader will be able to find in his American voices matter to question universal life lessons that speak to us of "life out loud": fighting and not living in the past, taking up the challenges (Gillian Joy Whyatt, Daddy: I ​​was always his Angel and now he's mine), accepting his faults and convincing himself that the we can win big wars with small victories (My Beautiful Pathetic Life). The French reader may be fascinated by this very American spirit of believing in a divine destiny ("For every one who leaves, God has someone even greater in store for me, and I keep my hope in that", writes Lauren Dickson). At the same time, this spirit can encourage individual freedom to get along, to understand oneself and to undertake.

    These 18 chronicles are universal lessons for finally beginning to live.

    Carol Starr Taylor, The Sisterhood Chronicles: Live out Loud,
    Creative Publishing Group, 2017

    "Lorsque ma vie (re)commencera"
    "5.000 amies"

  • Lorsque ma vie (re)commencera

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    En français, il n’existe pas de traduction stricto sensu à "sisterhood." Pour qualifier les liens entre sœurs, notre langue utilise le terme de "fraternité" ("brotherhood"). Ce mot est valable pour les deux sexes. Certains diront aussi que, symboliquement, il rend aussi nulle et non avenue toute idée de liens affectifs entre sœurs – que ce soit les celles de sang ou celles de cœur. Ces liens forment la trame de The Sisterhood Folios: Live out Loud (littéralement : Folios fraternels : Vivre à haute Voix), dirigé par Carol Starr Taylor, préfacé par Heidi Allen, et qui sort en ce moment aux États-Unis (aucune sortie en France n'est prévue pour l'instant).

    Dans ce recueil, 19 femmes chroniquent des tranches de vie, ces "little pieces", comme le dit Marla David (Peace By Piece: Forging A Path Forward Through Writing). Témoignages, tableaux familiaux, introspections, rencontres ou récits personnels se côtoient dans un livre d’une belle homogénéité en ce qu’il traite de nos luttes quotidiennes, de nos traumatismes et des moyens de les dépasser.

    Le lecteur ne trouvera pas d’événements sensationnels. The Sisterhood Folios donne à voir des faits souvent tragiques mais – hélas – courants : la maladie d’un enfant (Natasha Koss, From Rock Bottom I Found My Truth), l’abandon et la séparation (Peace by Piece), le non-amour d’une mère (Carol Starr Taylor, Mamma Mia), les violences domestiques (Andrea Judit, Unchained – or I Was Married to a Narcissist and Survived), l’enfance étouffée (Teresa Ursini, Know Thyself), les abus sexuels (Now, I Sing Again de Gwenda Lambert), la peur (Amy Stockwell, 6 Steps For Living Your Truth), le deuil (Gillian Joy Whyatt, Daddy: I was always his Angel and now he’s mine), les dépendances (Adriane Breese Lloyd, The Wind Beneath my Wings; Surviving the loss of my identical twin), la dépression (Jennifer Febel, Unbroken) ou les corps qui souffrent (Petra Reiss Wilson, Destiny’s Child).

    Sisterhood Folios : un recueil déprimant qui vous donnerait des envies de corde ? Pas du tout ! Car ce qui intéresse les auteures c’est la manière de relever les défis de la vie, y compris dans les situations les plus désespérées. D’ailleurs, ce n’est pas un hasard si bon nombre de ces femmes exercent dans le développement personnel et la recherche psychologique et comportementale : coachs (Marla David), enseignants spécialisés (Michelle Biggers), thérapeutes (Andrea Judit Goldberger), chercheuses (Petra Reiss Wilson), conférencières (Jennifer Febel) ou consultantes (Claudine Claudine Pereira). Le "pedigree" de ces femmes explique pourquoi il est tant question dans ce recueil de séances de psy, de yoga, de méditation, d’écoutes de soi, d’inconscient, de rêves lucides ou de guides spirituels (Claudine Pereira, Life Lessons Learned From the School of Hard Knocks! What Would I tell My Younger Self).

    Dans The Main Message: You Can Change Your Life, Michelle Main aborde un parcours de vie marquée par l’angoisse existentielle, dont l’auteur dit s’être affranchie grâce aux thérapies des plus classiques aux moins conventionnelles (massothérapie, naturopathie ou thérapie équine). Unbroken est le parcours d’une jeune femme "cassée" par la vie, jusqu’à la reconquête de sa propre personne. Cette renaissance peut se faire par l’écriture, à l’exemple de Marla David (Peace by Piece: Forging a Path Forward Through Writing), une chronique en forme d’appel à la vie : "Life is a quest. Life is a thrill. Life is a romance. Life is a lark. Life is!" ("La vie est une quête. La vie est un frisson. La vie est une romance. La vie est une alouette !").

    Il est beaucoup question de liberté dans ce recueil, avec par exemple ce franc et déconcertant aveu de Lauren Dickson : "I don’t want to find my ‘other half’" ("Je ne veux pas rencontrer mon autre moitié", dans On the Wrong Side of Love). Il est encore question de liberté chez Samantha King lorsqu’elle parle de ce Graal qu’est la conciliation vie privée / vie professionnelle (Work/Life Balance: The Holy Grail of Womanhood). Cette illusion conduit des millions de femmes dans des impasses personnelles et dans une série d’aliénations : "As women, we are pulled in a million different directions based on whatever is screaming the loudest — sometimes that’s our career/business; sometimes it’s our marriage; sometimes it’s other areas of our personal life" ("En tant que femmes, nous sommes tiraillées entre un million de directions différentes. Ce sera à qui ce crie le plus fort : parfois c'est notre carrière / notre entreprise. Parfois c'est notre mariage. Parfois, ce sont d'autres domaines de notre vie personnelle")" Samantha King écrit comment elle a pu surmonter ce dilemme : "The ‘a place for everything and everything in its place’ philosophy was thrown out the window. My empire (I call it a fempire) is more than just my career, and I’m not the only woman in this boat" ("La philosophie ‘une place pour tout et tout à sa place’ a été jetée par la fenêtre. Mon empire (je l'appelle un fempire) est plus important que ma carrière, et je ne suis pas la seule femme dans cette galère.")

    Sortir de sa zone de confort est une invitation proposée par plusieurs chroniqueuses pour pouvoir se retrouver soi-même, s’accomplir (“Soyez vous-même, tout le monde est déjà pris” disait Oscar Wilde), se laisser guider par ses passions, et aussi – pourquoi pas – emprunter les "voyages vers l’amour" (Lauren Dickson, On the Wrong Side of Love). Et dans ce champ de bataille que peut être une vie, il y a les autres, les proches, un conjoint (Teresa Ursini, Know Thyself) et les amis.

    Ces amis – que ce soit les amis pour la vie ou les amis d’une saison, comme le rappelle Heida Allen dans sa préface – sont au centre de cette délicieuse nouvelle de Lucia Colangelo, My Vintage Collection. Dans cette chronique sur l’amitié (le "sisterhood" du titre), l’auteure fait de la recherche de bouteilles de vin l’occasion de parler de ses amies. Chaque flacon – des vins européens, grecs ou italiens, mais singulièrement aucun français – est identifié à une de ces femmes que la narratrice a invitée chez elle, un soir : "These women were truly like fine wine, they all have a journey that created their individuality, their complexity" ("Ces femmes étaient vraiment comme du bon vin, elles ont tous un voyage qui a créé leur individualité, leur complexité").

    Le lecteur français pourra trouver dans ses voix américaines matière à s’interroger sur des leçons de vie universelles qui nous parlent de "la vie à haute voix" (Life out loud) : se battre, ne pas vivre dans le passé, relever les défis (Gillian Joy Whyatt, Daddy: I was always his Angel and now he’s mine), accepter ses défauts et se convaincre que ce sont les petites victoires qui permettent de gagner des guerres : "I learned that the small victories win the war", (My Beautiful Pathetic Life). Le lecteur français pourra être fasciné par cette esprit très américaine de croire en un destin divin : "For every one who leaves, God has someone even greater in store for me, and I keep my hope in that" ("Pour tous ceux qui partent, Dieu me réserve quelqu'un d’encore meilleur pour moi, et je garde cet espoir"), écrit Lauren Dickson, tout en encourageant la liberté individuelle de s’en sortir, de se comprendre soi-même et d’entreprendre. Ce qu’Amy Stockwell résume ainsi : "God gives his toughest battles to those who are strong enough to handle them.” ("Dieu donne ses batailles les plus difficiles à ceux qui sont assez forts pour les gagner").

    Ces 19 chroniques "sororelles" sont autant de leçons universelles pour enfin commencer à vivre. Commencer ou recommencer.

    Carol Starr Taylor, The Sisterhood Chronicles: Live out Loud,
    Creative Publishing Group, 2017
    "When my life will begin again"

  • Étrange affaire

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    the-affair.jpgL'âge d'or de la série télévisée que nous traversons – car il s'agit bien d'un âge d'or à l'échelle mondiale, alimenté essentiellement par de grandes chaînes américaines (HBO, Showtime pour l'essentiel) – nous offre régulièrement des créations originales tenant la dragée haute aux productions cinéma.

    Prenez The Affair, dont la chaîne Canal+ diffuse en ce moment la première saison. Il est question dans cette série (dont je n'ai pu voir pour le moment que les premiers épisodes) d'une histoire d'adultère somme toute tristement banale et cruelle. Noah Solloway  (interprété par Dominic West), professeur d'université new-yorkais et romancier coule une vie ordinaire avec sa femme et ses quatre enfants. Le spectateur découvre la vie trépidante et pas toujours drôle de cette famille bien installée : deux adolescents insupportables et cruels (une scène de "suicide" au début du premier épisode est digne de rester légendaire !), deux enfants en bas âge très – trop – envahissants, une femme sûre d'elle mais sans grande fantaisie (et un  brin castratrice), un beau-père à l'autorité pesante. C'est d'ailleurs chez ce fameux beau-père riche et influent grâce à sa réussite dans le monde des livres et du cinéma, que toute cette petite famille se retrouve pour des vacances estivales, à Montauk. Dans cette station balnéaire, Noah fait la connaissance d'Alison Lockhart (Ruth Wilson), une jeune femme, mariée elle aussi. Cette simple serveuse tente de se relever d'un terrible deuil – la mort d'un enfant quelques années plus tôt. Le coup de foudre est annoncé entre ces deux personnes que tout semble opposé – un homme brillant à la réussite apparente et une femme modeste et brisée.

    Voilà un pitch apparemment classique. Sauf que les partis pris plutôt audacieux des auteurs de cette série méritent que l’on s’intéresse à The Affair.

    Tout d'abord, l'histoire de cette liaison est commentée par les deux protagonistes dans un commissariat de police, devant un inspecteur bienveillant. Le titre de cette série, comme d'ailleurs les dialogues en off, indiquent que ce dont il est question est une affaire – crime, accident ou suicide ? – dont le spectateur ignore tout, si ce n'est que Noah et Alison sont a priori interrogés en tant que témoins. L'autre parti pris, bien plus original, est de proposer dans chaque épisode deux versions des mêmes événements considérés du point de vue des deux protagonistes. Des versions sensiblement différentes, se jouant parfois sur des détails. Où est la vérité de cette étrange affaire ? Réponse à la fin de cette saison... ou pas.     

    The Affair, saison 1, Canal+

    Article publié précédemment le 3 novembre 2014

  • L'histoire d'un garçon

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    boyhood1.jpgA priori, rien d'exceptionnel dans l'histoire de Boyhood (littéralement "Une Enfance") : "On y suit le jeune Mason de l’âge de six ans jusqu’ à sa majorité, vivant avec sa sœur et sa mère, séparée de son père. Les déménagements, les amis, les rentrées des classes, les premiers émois, les petits riens et les grandes décisions qui rythment sa jeunesse et le préparent à devenir adulte", indique le synopsis officiel du film. 

    Or, la force de cette histoire américaine, celle d'un garçon ordinaire et de sa famille confrontés aux petits et grands heurs de l'existence, est de nous confronter de plain-pied avec le temps qui passe. Et avec quelle ambition ! Car le réalisateur a fait le choix, insensé de tourner son film en temps réel, de 2002 à 2013.

    Durant douze ans, le réalisateur Richard Linklater a réuni chaque année les acteurs de cette fiction pour nous parler de destinées et du temps qui passe. Cette aventure humaine autant qu'artistique est proprement passionnante. Le spectateur suit le parcours de Masson (Ellar Coltrane) et de sa sœur Samantha (Lorelei Linklater), les déboires sentimentaux de leur mère Olivia (Patricia Arquette) et la trajectoire libre de Masson Sr (Ethan Hawke), un père indépendant et fantasque, absent mais pourtant omniprésent.

    Les acteurs et vieillissent avec leurs personnages et le petit garçon au visage d'ange (six ans au début du film) voit se transformer au cours du film en un élégant et charismatique jeune homme de dix-huit ans.

    Dans ce joyau, un véritable OVNI cinématographique, peut-être l'un des meilleurs films de 2014, s'égraine l'histoire d'un garçon, dans lequel fiction et réalité sont liées comme jamais.  

    Boyhood, de Richard Linklater, avec Ellar Coltrane, Patricia Arquette, Ethan Hawke
    et Lorelei Linklater, Etats-Unis, 2014, 2h46 mn

  • True Detective : les références

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    Il y a peu je parlais de la série True Detective, et de son succès tant critique que public. Une saison 2 débarque d'ailleurs d'ici quelques semaines. Le site Tumblr Tea and a movie nous offre une analyse cinématographique de la série d'HBO. On y découvre les multiples références de True Detective, à travers une courte vidéo. Les clins d'œil de cette série abondent : Seven de Finscher, Massacre à la Tronçonneuse de Tobe Hopper, Les Moissons du Ciel de Terrence Malick,  Le Silence des Agneaux de Jonathan Demme mais aussi... L’Enfance d’Ivan d'Andreï Tarkosvki.

    Une invitation supplémentaire à découvrir ou redécouvrir la création du showrunner Nic Pizzolatto.

    Tea and a movie
    True Detective : comparisons and references

    True Detective: Comparisons and References from MrRTJL on Vimeo.

  • Un détective, un vrai

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    true-detective-poster-16x9-1.jpgÀ quoi peut bien tenir la réussite d'une série ? La question se pose s'agissant de True Detective, créée par le talentueux scénariste et showrunner Nic Pizzolatto, quasi plébiscitée, récompensée à de multiples reprises et devenue une véritable référence du petit écran. 

    L'intrigue est pourtant d'une confondante simplicité : deux inspecteurs interrogent d'anciens policiers au sujet d'un dossier criminel classé sur lequel ils ont travaillé vingt ans plus tôt. Au milieu des années 90, une jeune femme est découverte assassinée. La mise en scène morbide et à connotation religieuse, des objets trouvés (des bois de cerf et une mystérieuse sculpture en bois) et la concordance avec une autre disparition indiquent qu'un serial-killer pourrait être à l'origine de ce crime. De fausses pistes en vrais indices, les policiers en charge de l'enquête mettent la main sur un coupable tout désigné. Mais les choses ne vont pas s'avérer aussi claires. Au bout de plusieurs années, le dossier est rouvert. 

    Rien de révolutionnaire dans ce pitch, en tout cas rien qui ne bouleverse profondément l'histoire de la fiction policière. Pour tout dire, l'enquête semblerait être même par moment le prétexte pour faire le portrait des deux personnages principaux, chacun  paumé à sa manière. Le premier, Martin Hart (Woody Harrelson), policier installé, marié et père de deux filles, s'annonce vite comme moins lisse qu'il n'y paraît. Personnage hâbleur, il va d'adultère en adultère. Son acolyte, Rust Cohle (le génial Matthew McConaughey), débarque dans le commissariat auréolé d'une réputation de policier doué et pugnace mais également d’une personnalité trouble. Peu aimé, cynique, indépendant, il s'avère être un détective hors du commun et doué pour faire confesser des suspects, lorsqu'il ne sombre pas dans ses travers : les drogues, l’alcool et la misanthropie. La performance de Matthew McConaughey, par ailleurs producteur de cette série créée par Nic Pizzolatto, est à saluer. L'acteur, oscarisé pour son rôle dans Dallas Buyers Club (2013), est impressionnant de présence. Son  partenaire Woody Harrelson parvient à imposer lui aussi son personnage de père de famille en voie de perdition. Je ne peux pas passer sous silence Michelle Monaghan qui joue à la perfection un second rôle particulièrement convaincant. 

    La mise en scène de Cary Fukunaga, soignée et impressionnante (je pense à un plan séquence vertigineux de dix minutes au cours du quatrième épisode), est au service de deux protagonistes, à la fois différents et solidaires pour le service de la même cause : la recherche de la vérité, une vérité qui mettra vingt ans à être dévoilée au grand jour.     

    Il existe un autre personnage important dans cette série : la Louisiane. Une Louisiane à la fois magnifiée et terrible. Les paysages sont filmés dans toute leur beauté. Et au milieu des bayous, se terrent les plus lourds secrets et les pires criminels qui puissent se voir. Ils sortiront de l'ombre grâce à la perspicacité et à la pugnacité d'un détective, un vrai.  

    True Detective, saison 1, Canal +, en ce moment
    True Detective, saison 2, Canal +, bientôt

  • Le Président est un salaud (et sa femme ne vaut pas mieux)

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    HOC.jpgLa saison 2 de House of Cards s'était achevée par un coup machiavélique de l'ancien vice-président le menant à son objectif ultime : la Maison Blanche.

    À la tête de la première puissance mondiale, Francis Underwood se révèle, dès le début de la saison 3, un Président américain aussi impopulaire auprès de ses administrés qu'il n'est (délicieusement) insupportable pour les millions de fidèles de cette série américaine. Interprété avec maestria par Kevin Spacey, le politicien prépare ses armes et ses cartouches contre des ennemis bien décidés à ne pas lui laisser un strapontin pour les prochaines élections, les sondages ne lui donnant aucune chance de l'emporter. Son plus fidèle soutien est sa propre femme, Claire Underwood (brillante Robin Wright), pistonnée par son mari ambassadrice à l'ONU, pour le meilleur et pour le pire. 

    Dans ce nœud de vipère qu'elle la maison blanche (un "château de cartes", comme le proclame le titre de la série), le spectateur assiste aux manœuvres d'un Président cynique, prêt à tout pour faire passer une loi impopulaire ("L'Amérique au Travail"), affronter un chef d'État russe sombre et aussi retors que lui (et dont le mimétisme avec Vladimir Poutine est frappante !) ou s'affirmer comme chef de guerre (et "assassin").    

    Autant la saison 2 avait paru s'engluer dans une intrique parfois obscure, autant cette saison part sur les chapeaux de roues et réserve son lot de surprises et de vengeances. Avec, the last but not the least, au centre de House of Cards, l'un des plus beaux couples de salauds qu'on ait vu sur écran.  

    Netflix a déjà annoncé une future saison 4 de cette série shakespearienne.

    House of Cards, saison 3, Canal+, en ce moment

  • La vraie Laura Ingalls

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    laura-ingalls-wilder-ep-600x350.jpgPour des millions de personne, Laura Ingalls est l’éternelle gamine de La Petite Maison dans la Prairie. Cette série familiale culte a bercé l’enfance de nombreux spectateurs, fascinés par les aventures de la famille Ingalls, tirées d’une histoire vraie.

    Mais quel est la vérité sur Laura Ingalls ? Près de 60 ans après sa mort, c’est elle-même qui nous l’apprend, dans la version non-censurée de ses mémoires. En 1930 Laura Ingalls Wilder (du nom de son mari Almanzo James Wilder, lui aussi connu du grand public)  choisit d’écrire ses mémoires, qu’elle intitule Pioneer Girl. Mais son éditeur trouve le récit trop dur et choisit de le censurer et de l’édulcorer. La réécriture de cette autobiographie donne naissance à un premier ouvrage, La Petite Maison dans les Bois (Little House in the Big Woods).Face à ce succès, Laura Ingalls écrit la suite de cette saga familiale, s’étalant sur 11 volumes.  La popularité des Ingalls (Charles, Caroline, Mary, Carrie, Grace et bien entendu Laura) atteint son paroxysme avec l’adaptation télévisée à partir de 1975, un succès jamais démenti pour ce qui restait une œuvre familiale.

    Or, le public américain vient récemment de découvrir la "vraie" Laura Ingalls, à travers la publication inédite de la première version de son autobiographie, Pioneer Girl : The Annotated Autobiography. Ce qui est relaté est une histoire bien moins édifiante que l’image d’Épinal qu’en a laissé la fameuse série télévisée. On y découvre un Far West dur et violent, la vie misérable de la famille Ingalls ("À un moment donné, la famille a dû fuir en pleine nuit pour éviter de payer le loyer", dit l’éditrice Nacy Tystad Koupal dans une dépêche de l’AFP), l’alcoolisme et même la tentative de viol que Laura Ingalls a vécu alors que ses parents se rendaient au chevet d’une femme malade. 

    Gageons que cette autobiographie posthume sera bientôt traduite en français et aura le même succès qu’aux États-Unis, qui viennent de découvrir un autre aspect de leur histoire nationale – et aussi une figure emblématique de la vie littéraire américaine.

    Laura Ingalls, Pioneer Girl : The Annotated Autobiography, South Dakota State Historical Society , 2014 

  • Lady Vegas : la surdouée, le prof et la poissarde

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    lady Vegas.jpgTamara Drewe et Beth Raymer. Les héroïnes des deux films de Stephen Frears, Tamara Drew et Lady Vegas, ont au moins trois points communs : l’ambition de deux jeunes femmes de refaire leur vie, leur outrageante beauté qui va faire tourner la tête de quelques hommes et l’art de porter le mini-short !

    Mais là où Tamara Drewe (Gemma Aterton), le personnage principal du film éponyme, pose ses bagages dans le village de son enfance so british, la candide Beth (Rebecca Hall) entreprend de faire fortune dans la plus artificielle des villes occidentales, Las Vegas. Après une brève carrière dans le strip-tease à domicile, notre Lady Vegas y découvre sa voie dans les paris sportifs où elle s’avère vite surdouée et chanceuse. Elle y trouve, pour le coup, un ami attentif en la personne de Dink Heimowitz (Bruce Willis) et une famille de substitution dans laquelle Tulip (Catherine Zeta-Jones), l’épouse de Dink, finit, contre toute attente, par jouer un rôle non négligeable.

    On peut faire la fine bouche devant cette petite comédie de Stephen Fears. L’auteur des Liaisons dangereuses ou de My beautiful Laundrette offre, avec Lady Vegas, une escapade fraîche mais sans surprise dans le milieu de l’argent facile, avec un happy-end à la clé. Frears est cependant bien trop doué et malin pour se cantonner dans un film commercial uniquement distrayant. 

    Il convient de rappeler que Lady Vegas est aussi et surtout l’adaptation du récit de Beth Raymer, Lay The Favorite. Cette ancienne journaliste y conte son expérience de l’industrie du sexe et des jeux d’argent. Les chassés-croisés amoureux et amicaux, les ambitions et les jalousies sont l’occasion de brosser le portrait d’une Amérique libérale obnubilée par le Roi Dollar. "Las Vegas et Wall Street : même combat !" semble asséner Frears lorsque la fausse ingénue rejoint son petit ami Jeremy (Joshua Jackson) à New York, avant unes escapade professionnelle au Costa-Rica avec son nouvel associé Rosie (Vince Vaughn), le double sombre de Dink. Bravant les lois fédérales sur les jeux d’argent, Beth y découvre aussi amèrement le revers de cette fortune, avant une pirouette finale et une fin convenue. 

    Lady Vegas, modeste étape américaine dans la brillante carrière de Stephen Frears, trouve finalement son plus grand intérêt dans le jeu des acteurs. Rebecca Hall est la révélation de cette comédie sympathique pour son rôle d’ingénue ambitieuse et sexy. Bruce Willis, en contre-emploi, se distingue quant à lui en quinquagénaire installé, blasé et bienveillant. Soulignons enfin le retour sur les écrans de la trop rare Catherine Zeta-Jones : un brin cabotine, elle s’en sort plutôt bien dans le portrait d’une épouse superficielle, jalouse et poissarde. 

    Finalement, Stephen Frears a su tirer vers le haut cette comédie légère. Qui aurait pu en douter ?      

    Stephen Frears , Lady Vegas : Les Mémoires d'une Joueuse, 100 mn, 2012