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nord

  • Audrey Fleurot, Hyperlucide, Perchée et Ingérable

    Pour parler de la nouvelle série à succès de TF1, HPI, il est bien entendu impossible de ne pas commencer par Audrey Fleurot.

    Omniprésente du début à la fin, elle joue avec un plaisir certain le rôle d’une HPI (traduisez par "Haut Potentiel Intellectuel") qui peut se targuer d’avoir un QI dépassant les 160. Une qualité exceptionnelle qui n’est a priori pas un atout capital dans la vie de la jeune femme. Morgane Alvaro est une mère célibataire de trois enfants qu’elle élève seule dans un modeste quartier pavillonnaire lillois et elle alterne les petits jobs pour boucler ses fins de mois.

    Au moment où la série commence, elle exerce comme femme de ménage dans les enceintes d'un commissariat de Lille. Une nuit, elle tombe par hasard sur les pièces d’un dossier criminel concernant un crime et la disparition d’une avocate. Morgane devine instantanément des détails capitaux qui ont mis les inspecteurs sur de fausses pistes. Lorsque la commissaire Céline Hazan découvre que la femme de ménage, au look improbable et à la tchatche frisant l’insolence a mis le nez dans les dossiers confidentiels, elle décide de ne pas la poursuivre mais au contraire de lui proposer un poste de consultante. Morgane accepte contre la promesse que la police rouvre l’enquête sur la disparition d’un ancien compagnon.

    On est allergique ou non à l’interprétation extravertie de cette surdouée aux looks improbables

    Soyons clair. On est allergique ou non à l’interprétation extravertie de cette surdouée aux looks improbables. On peut imaginer d’ailleurs le plaisir qu’on eut les costumiers et costumières dans leur travail. Passée la surprise de cette HPI grande gueule, ayant un peu de mal avec l’autorité et déboulant avec fracas au milieu des fonctionnaires de police, le spectateur se prend au jeu d’enquêtes qui font plus appel à l’observation et à la déduction qu’aux méthodes scientifiques et de la médecine légiste.

    De ce point de vue, Morgane Alvaro excelle dans l’art de capter des petits détails capables de débloquer des enquêtes mal engagées : la disparition d’une avocate, la mort d’un client dans un hôtel, la disparition de deux enfants ou le décès d’une vétérinaire. Les réalisateurs ont privilégié une mise en scène rythmée, ponctué de clins d’œil et de flashs.

    À côté de l’inarrêtable Audrey Fleurot,  l’excellent Mehdi Nebbou joue le rôle d’Adam Karadec, obligé d’être le binôme de cette femme de ménage, catapultée auxiliaire de la police du jour au lendemain. Évidemment, entre le flic bougon et l’hypersensible imprévisible et ingérable, les relations ne vont pas être simples.

    HPI se prend pour ce qu’elle est : une série policière, populaire et familiale. L’humour est omniprésent, servie par une Audrey Fleurot parfaite dans ce rôle. Les mauvaises langues diront qu’elle prend toute la place, mais après tout, c’est bien ce qu’on lui demande. Mission assurée donc. 

    HPI, série policière française de Stéphane Carrié, Alice Chegaray-Breugnot et Nicolas Jean, avec Audrey Fleurot, Mehdi Nebbou, Bruno Sanches, Marie Denarnaud et Bérangère McNeese, 2021, TF1, le jeudi soir en ce moment
    https://www.tf1.fr/tf1/hpi

    Voir aussi : "Lutte des classes au Chastain Hospital"

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  • De la friture dans le nord

    Voici une websérie qui se déguste aussi facilement qu’un bon cornet de frites. Son nom ? Fritures, justement. La première saison est en ligne depuis cette rentrée.

    La facture "cheap" de cette création de Jonathan Rio – une modeste baraque à frites perdue au milieu de la campagne du nord – est compensée par une réalisation impeccable et une interprétation sans faille de ses deux interprètes principaux, Maryne Bertieaux et Michel Masiero.

    Elle, c’est Éléna, jeune femme enthousiaste bien dans son époque malgré un passé de petites et grandes galères ; lui, c’est Archibald, son oncle au grand cœur mais bourru, mais aussi un peu old school ("alscoul"). Il est propriétaire du "Lys d’Or", une friterie qu’il tient contre vents et marées depuis 30 ans, et qu’il s’apprête à céder à sa nièce hyper motivée.

    En attendant la cession du petit commerce, voilà nos deux compères réunis pour tenir la baraque, et ce n’est pas sans problèmes : entre petits heurts et plans foireux (un braquage désopilant dans l’épisode 6), des clients difficiles, un voisinage encombrant (un festival de musique dans l’épisode 7) ou des histoires de familles (l’objet du tout premier épisode).

    Éléna et "Archi" doivent enfin et surtout apprendre à se dompter et à s’accepter avec leur fort caractère : étincelles garanties dans l’huile de cuisson !

    Fritures propose des tranches de vie humoristiques qui nous font grâce des caricatures des gens du nord avec accent. La saison de la série est déjà disponible et est à découvrir sans modération sur Youtube.

    Fritures, websérie française de Jonathan Rio, avec Maryne Bertieaux et Michel Masiero,
    saison 1, 10 épisodes, production de Real Productions, Wéo et Pictanovo, 2020

    https://youtube.com/channel/UCuiEqprrtDsgX3YFcdFaGPw
    https://www.facebook.com/fritureswebserie
    https://www.real-productions.net/films/fritures

    Voir aussi : "Sacré Graal"

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  • Archive du Nórd

    Stéphane Grangier (Nórd) et Craig Walter, le chanteur anglais d’Archive, ont uni leur force et leur talent dans un album ample et ambitieux, Ce Siècle.

    Pas moins de 14 titres mêlant textes denses à la Noir Désir ("Ce siècle a des allures d’enfer / Un point pour toi un point pour les autres / J’observe les sept têtes sortir de la mer / Un océan de gaz et de mazout", Ce siècle), rock aiguisé (Alors sans cesse) ou psychédélique (Ce siècle), pop anglaise des années 70 (Burning inside), violons lyriques (Foule étrange), chanson française (Les mots du monde) et une techno savamment dosée (Into the void).

    Le duo franco-anglais fonctionne à merveille dans cet album début de siècle sombre, romantique et élégant qui nous parle de notre époque faite d’incommunicabilité, de désespoir, de guerres et d’une nature prête à reprendre sa vengeance ("Et la mer un jour recouvrira le tout et nous nagerons / Pour toujours", Foule étrange).

    Il y a de l’épaisseur et de la grâce chez Nórd jusque dans ces chansons plus intimes, comme c’est le cas pour As-tu ("As-tu la pluie / Comme chaque automne / Qui te parle quand la fin est proche / As-tu la foi / Que je te donne") ou bien Je n’ai pas dormi ("Je n’ai pas dormi / je retenais la nuit / Je suspendais mes yeux à la lumière du jour / J’attendais qu’on me dise encore un jour un signe / Pour que j’existe"). Il y a du Noir Désir dans ces titres rock à la fois sombres et aux textes ciselés (Je m’égare). Mais il n’est pas non plus absurde de chercher chez Nórd l’influence de brillants aînés, que ce soit Alain Bashung (Ce siècle), Yann Tiersen (Un monde à part), Léo Ferré (Les mots du monde), Jacques Brel (Je ne voulais pas t’aimer), le Serge Gainsbourg des années 80 (Je fume) ou encore The Doors (Burning Inside). Le duo anglo-français cite volontiers d’autres figures musicales : Serge Reggiani, Hubert-Félix Thiéfaine, Janis Joplin ou encore The Velvet Undergound. Rien que ça.

    On ne peut qu’être admiratif devant ce qui est un authentique concept album conçu avec un soin particulier, autant dans le son que dans le texte ("Et nos mains se soignent en se caressant le corps délétère / D’une statuette de marbre / Arrogant sûr de nous-même quand l’autre répond / Je suis moi"). Nórd fait preuve d’une belle présence vocale et un engagement sans faille (Je fume). Il est servi et accompagné par un orchestre de 40 musiciens, preuve que Ce siècle appartient déjà à la gamme des albums hauts de gamme. Du bel ouvrage.

    Parallèlement à la sortir de cet album prévu début 2018, Stéphane Nórd sortira son roman Je suis célèbre (éd. Écrans) un récit initiatique explorant l’envers du monde de la musique, en résonance avec Ce siècle. Chaque chapitre du livre s’ouvrira par un texte de chanson de son dernier opus.

    Nórd, Ce siècle, Sony Music / Sterne / Canitro & Co / High Valley, début 2018
    Stéphane Nórd, Je suis célèbre, éd. Écrans, janvier 2018

  • Elles sont parties pour le Nord

    cover79746-medium.png1917. Wilma, onze ans, se réveille par un glacial matin d'hiver dans la cabane qu'elle habite avec son père, trappeur dans le Grand Nord canadien. Celui-ci, de retour d'une expédition vers la ville, lui rapporte un cadeau : un étrange livre à la couverture de cuir, finement illustré, Le Merveilleux Voyage de Nils Holgersson à travers la Suède. La vie simple et rude de la jeune fille, rythmée par les saisons, en sera à jamais bouleversée, car c'est dans les pages du roman qu'elle rencontre pour la première fois Akka...

    Dans le Canada sauvage du début du XXe siècle, Wilma, courageuse et déterminée, mène un combat héroïque pour la sauvegarde du plus grand oiseau migrateur de l'Amérique du Nord.    

    Inspiré de l’histoire vraie de la grue blanche, une espèce en voie de disparition, Patrick Lecomte tisse dans son premier roman, Elles sont parties pour le Nord, les destins croisés d’une jeune femme passionnée et d’un oiseau mythique, symbole de calme, de pureté et de loyauté.  

    Un récit envoûtant, promesse d’évasion, où la poésie de la nature – les grands espaces, le ciel immense – rencontre la magie de la lecture. 

    Patrick Lecomte, Elles sont parties pour le Nord, éd. Prélude 2016